Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
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mercredi 11 juillet 2018

Walter Spitzer


Walter Spitzer est né en 1927 à Cieszyn. Rescapé de la Shoah, il survit grâce au dessin. Après la Deuxième Guerre mondiale, il poursuit une carrière de peintre, d’illustrateur et de sculpteur, notamment en concevant le monument en hommage aux victimes des rafles antijuives sous l’Occupation nazie. Le 15 juillet 2018, dans le cadre de la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv, le Mémorial de la Shoah projettera « Walter Spitzer, « L’alliance avec un peuple » » d’Andras Solymos, puis « Walter Spitzer, un monument pour mémoire  » de Gad Abittan.


« A travers ton art évocateur, Walter, c'est toi qui interpelles l'homme qui frappe à ta porte. Tu lui demandes s'il se souvient. Et grâce à toi, il répondra oui », a écrit Elie Wiesel.

De Walter Spitzer, on connaît le monument érigé à Paris en hommage aux victimes des rafles antisémites sous l'Occupation nazie. 

Dans « Sauvé par le dessin – Buchenwald », cet artiste nous confie les souvenirs de son enfance juive heureuse à Cieszyn (Pologne), près de la Tchécoslovaquie. 

Élevé dans une famille polyglotte et aisée, il est animé de trois passions : le dessin, la lecture et la photo. 

A l’école, il subit l’antisémitisme.

Dès septembre 1939, la discrimination antijuive fait prendre conscience aux parents de Walter de la gravité de la situation. 

L’auteur nous décrit les étapes dans « la logique Judenrein » : l’abandon forcé du foyer, le regroupement des Juifs dans un village, Strzemieszyce, la vie dans un ghetto, les séparations, la déportation vers Blechhammer, un camp de travaux forcés. 

Walter Spitzer se souvient de la violence, de l’épuisement, des maladies, de la résistance interne et de rares rencontres féminines. 

Grâce au dessin, il survit. Par le dessin, il témoigne, respectant sa promesse à ses compagnons déportés.

Après l’évacuation et les marches de la mort, c’est la libération et la découverte émerveillée de Paris avec l’US Army.

« A côté de son travail pictural propre, il a illustré les œuvres complètes romanesques d'André Malraux, de Jean-Paul Sartre, d'Henry de Montherlant, de Joseph Kessel, de Nikos Kazantzákis ».

Le 15 juillet 2018, à 14 h 30, dans le cadre de la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv, le Mémorial de la Shoah  projettera  « Walter Spitzer, « L’alliance avec un peuple » » d’Andras Solymos (France, documentaire, 35 mn, Andras Solymos production, 2018. « Le réalisateur est allé à la rencontre de l’homme de 90 ans dans son atelier, où l’on découvre une partie de son oeuvre, influencée par Rembrandt, Frans Hals, Watteau, Poussin, mais aussi par Picasso et Goya. À 16 ans, Walter Spitzer est envoyé dans un camp de travaux forcés en Silésie. Il a passé sa vie à transmettre au moyen de la peinture le sens des textes et de la Bible ainsi que l’enfer des camps. Son monument du Vél’d’Hiv est un hommage au peuple juif ».

Puis, sera projeté « Walter Spitzer, un monument pour mémoire » de Gad Abittan (France, documentaire, 16 mn, Centre audiovisuel de Paris, 1996). « En juillet 1994, le président Mitterrand inaugure une sculpture élevée à la mémoire de la rafle du Vél’ d’Hiv. Ce monument est une évocation de la Shoah à travers l’histoire personnelle de Walter Spitzer, son sculpteur, ancien rescapé des camps nazis. Ce film retrace le travail de l’artiste, son « œuvre de mémoire » en création dans son atelier ».

Une séance en présence des réalisateurs Andras Solymos et Gad Abittan, et de Walter Spitzer, et animée par Michaël de Saint-Cheron, chargé de valorisation du patrimoine Drac Ile-de-France.


Walter Spitzer, Sauvé par le dessin – Buchenwald, préface de Elie Wiesel. Ed. Pierre-Marcel Favre. 250 pages, 19 €. ISBN-13: 978-2828908058

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