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lundi 6 août 2018

« La bombe » par Rushmore Denooyer


Arte diffusera le 7 août 2018 à 20 h 50 « La bombe » (The Bomb) par Rushmore Denooyer. « Comment vivre avec une invention capable de détruire la planète ? S'appuyant sur de spectaculaires archives récemment restaurées et rendues publiques, une captivante plongée dans l'histoire de la bombe atomique, de sa conception à la manière dont elle a changé le monde. »
« La bombe » par Rushmore Denooyer 

« Tout a commencé assez innocemment. En 1938, deux chimistes allemands découvrent accidentellement la fission nucléaire ». Une révolution technologique.

Physicienne juive née en Autriche, Lise Meitner forge le terme "fission" et publie la découverte dans la revue Nature.

« Comme l'avait pressenti Einstein, ce phénomène physique pourrait s'accompagner d'un colossal dégagement d'énergie. Les physiciens du monde entier en sont certains : grâce à la fission nucléaire, l’arme la plus puissante jamais inventée va pouvoir voir le jour. Mais ils redoutent aussi que les Allemands soient les premiers à la posséder. »

La lettre Einstein–Szilárd a été écrite par Leó Szilárd, physicien, signée par Albert Einstein et adressée au Président américain Franklin D. Roosevelt le 2 août 1939. Szilárd avait consulté les physiciens hongrois Edward Teller et Eugene Wigner. La lettre alerte sur le risque que l'Allemagne puisse développer des bombes atomiques et suggère que les Etats-Unis lancent leur programme nucléaire. Elle a joué un rôle auprès du Président et il en est résulté le projet Manhattan pour développer les premières bombes atomiques.

« Quand les Américains entrent en guerre en 1941, cette menace les pousse à se lancer dans une course effrénée. « Pour la première fois, nous étions maintenant capables de notre propre destruction en tant qu’espèce », rappelle ainsi l’historien américain Richard Rhodes. »

« Avec l’aide du Royaume-Uni et du Canada, les États-Unis initient le projet Manhattan dont ils confient les rênes scientifiques au physicien Robert Oppenheimer » (1904-1967), physicien brillant et polyglotte choisi par le lieutenant-général Leslie Groves, officier au sein du Corps d'ingénieurs de l'US Army. Groves lance une production d'uranium aux Etats-Unis. Mais la quantité obtenue est trop faible. Les Etats-Unis s'orientent vers le plutonium. Mais le temps presse. Les Forces de l'Axe dominent cruellement l'Europe et l'Extrême-Orient.

Robert Oppenheimer, « celui que l'on surnommera « le père de la bombe atomique » va coordonner les efforts de 130 000 collaborateurs, dont le physicien communiste Klaus Fuks, et disposer d'un budget colossal de 2 milliards de dollars pour réaliser une bombe de destruction massive » dans le cadre du Projet Manhattan. Et ce, dans un endroit secret, isolé, entouré de fils barbelés : Los Alamos, au Nouveau Mexique, dans l'Ouest des Etats-Uni. Les préjugés sexistes prévalent : les femmes travaillent comme dactylos, bibliothécaires, etc. La confidentialité est cruciale. On appelle Los Alamos ".la Colline". On développe l'idée d'impulsion, en comprimant une boule de plutonium. Comment utiliser le plutonium ? Tel s'avère en 1944 le défi complexe à relever. Deux milliards de dollars ont été dépensés dans ce projet.

Au décès de Roosevelt, le vice-président devenu président Truman ignore tout du Manhattan Project. Au Pacifique, après la capitulation du IIIe Reich, la guerre continue. L'empire japonais sera donc la cible de la bombe. En juillet 1945, un premier essai a lieu une nuit. Une nouvelle ère débute. Pour écourter la guerre, pour éviter un conflit terrestre contre des Japonais usant de kamikazes, le président Truman envisage la bombe atomique et lance un ultimatum au Japon. Celui-ci refuse et émet des conditions à sa reddition.I

« Quelques jours après la réussite des premiers tests,  le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique, le président Truman donne son feu vert pour utiliser l'arme atomique contre le Japon. Les villes japonaises d'Hiroshima, le 6 août, et Nagasaki, le 9, vont être ravagées par « Little boy » et « Fatman » ainsi que les ont surnommées les équipages des bombardiers qui les ont larguées. Après la capitulation de l’empereur Hirohito, le monde entier découvre les terribles ravages de la puissance de feu atomique ». Pourquoi les autorités japonaises qui avaient détecté l’arrivée de ces bombardiers américains ne les ont-elles pas signalées ou n’ont-elles pas tenté de les abattre ? Parce qu'ils "n'avaient aucune considération pour la vie de leurs citoyens ou leur souffrance".

La Deuxième Guerre mondiale est finie. Les journaux évoquent la bombe atomique. Une invention américaine. Staline veut rattraper le retard scientifique de l'Union soviétique qui a infiltré deux sources indépendantes, dont le physicien allemand Klaus Fuks, à Los Alamos.

« Mais, alors que la bombe A devint le symbole d’une Amérique triomphante, les premiers essais russes en 1949 vont rappeler que les frères ennemis peuvent désormais se menacer mutuellement de destruction totale… »

 Le Dr. Stafford L. Warren est responsable de la santé des personnels œuvrant au Projet Manhattan. Il s'oppose au retour sur leur navire des matelots exposés aux radiations lors des essais atomiques, afin d'éviter des contaminations. L'Opération Crossroad est arrêtée afin de réduire les risques pour leur santé.

Les médias montrent les ravages des bombes nucléaires sur les êtres humains. L'opinion publique américaine est bouleversée par les images des Japonais irradiés.

La bombe devient un élément de la dissuasion géopolitique. Lors de la Guerre froide, les deux superpuissances s'opposant via des intermédiaires. Aux Etats-Unis, au sein de l'Atomic Energy Commission (AEC), Lewis L. Strauss, son président, prône une bombe à hydrogène et combat Oppenheimer.

« C’est une histoire tout à la fois scientifique, politique et culturelle que raconte ce formidable documentaire du cinéaste américain Rushmore DeNooyer (Téléscope Hubble – Une mission à haut risque). Pendant un an et demi, le réalisateur a pu puiser dans les photographies et les films récemment déclassifiés par le Département de la Défense américain afin d'exhumer les documents les plus passionnants ». Quid des archives de l’Union soviétique, de la France et du Japon ?

« Étayé d’impressionnantes images de champignons atomiques au-dessus du désert du Nouveau-Mexique et du Pacifique, mais aussi d’archives poignantes consacrées aux victimes d’Hiroshima et de Nagasaki, son récit convoque également les témoignages d'anciens hommes politiques, d'ingénieurs du projet Manhattan et d'historiens. Ces derniers s’interrogent : comment vivre avec une invention capable de détruire la planète ? »

L’éventuelle détention d’une arme atomique par le régime des ayatollahs iraniens ou par un mouvement terroriste islamiste ne représente-t-elle pas un danger majeur imminent ?


« La bombe » par Rushmore Denooyer
Etats-Unis, 2015
Sur Arte le 7 août 2018 à 20 h 50

Visuels :
La bombe "Fatman" (bombe A) larguée sur Nagasaki le 9 août 1945 par l'armée américaine.
"Le Gadget" (nom de code pour "la bombe") hissé sur la tour d'essai.
© Courtesy of Jack Aeby/Los Ala

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Les citations proviennent d'Arte.

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