Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mardi 23 octobre 2018

Le chaos libyen


La Libye est constituée de trois régions : la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque. Implantés depuis des millénaires, les Juifs ont du le quitter, essentiellement des années 1940 aux années 1970. Un Etat Judenrein plongé dans le chaos depuis l'intervention militaire en 2011 sous l'égide de l'ONU de puissances occidentales, dont la France : trafics (êtres humains, armes, drogues, pétrole), attentats de l'Etat islamique (ISIS ou ISIL) ou Daech... Arte diffusera le 23 octobre 2018 "Libye - Anatomie d'un crime("Libyen - Vergewaltigung als Waffe"), par Cécile Allegra. 


Ancienne colonie italienne dès 1911, placée en 1947 sous administrations française et britannique, le royaume fédéral de Libye proclame son indépendance en 1951 sous les auspices de l’ONU (Organisation des Nations unies). 

La création utopique d’un Etat-nation appliqué sur des régions habitées par des tribus musulmanes au comportement clanique et se reconnaissant dans l’oumma. Une utopie affectant aussi la "Palestine".

La Libye est constituée de trois régions : la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque.

La Libye est constituée de trois régions : la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque. 

Implantés depuis des millénaires, les Juifs ont du le quitter, essentiellement des années 1940 aux années 1970. 

Un Etat Judenrein plongé dans le chaos depuis l'intervention militaire en 2011, sous l'égide de l'ONU (Organisation des Nations unies), de puissances occidentales, dont la France : trafics (êtres humains, armes, drogues, pétrole), attentats de l'Etat islamique (ISIS ou ISIL) ou Daech... 

Juifs
Les Juifs vivaient en Libye depuis plus de 2 000 ans.

Sous domination islamique, ils ont été soumis au statut cruel et déshumanisant de la dhimmitude.

L'Empire ottoman s'efforce de l'alléger vers 1850.

En 1890, l'Alliance israélite universelle (AIU) s'implante en Libye en ouvrant une école.

La colonisation italienne a permis à la communauté juive de devenir florissante..

Vers 1939, les lois antisémites du régime fasciste italien ont visé aussi les Juifs en Libye.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Juifs subissent l'alliance entre les fascistes et les nazis. Environ 2 000 Juifs ont été contraints de rejoindre des camps de travail en traversant le désert. Un cinquième a péri.

En 1941, les Allemands ont occupé la Libye.

Les Juifs de Cyrénaïque ont été internés dans le camp de Giado, à 250 km de Tripoli. Les conditions de vie dans ce camp étaient horribles. En 1943, les troupes britanniques ont libéré le camp.

L'Armée militaire britannique était accompagnée de soldats juifs de la Palestine mandataire. Ce qui a impressionné vivement les Juifs libyens.

De février à mai 1944, les Juifs détenteurs de nationalités étrangères et expulsés de Tripoli ainsi que certains originaires de Benghazi ont été déportés au camp de Bergen-Belsen, tandis que la plupart des Juifs étrangers contraints de quitter Benghazi ont été déportés au camp d'Innsbruck-Reichenau situé en Autriche et lié au camp de Dachau.

 Shmuel Trigano a établi une chronologie qui présente maints points communs avec celle des autres pays Arabes, de la Turquie, de l'Iran à l'égard de leurs Juifs :
"Janvier 1945 : Émeutes anti-juives, pillage des quartiers juifs de Tripoli (60% des biens juifs détruits, 135 morts). Les militaires complices. Évacuation forcée des Juifs. Détention provisoire des Juifs de la Hara à Tripoli et à Benghazi.
1948 : Émeutes".
A la fin des années 1940, vivaient 40 000 Juifs en Libye.
"12 juin 1951, loi sur la nationalité (art 11, clause 27) :
- Les non-musulmans sont astreints à un statut personnel régi par leur tribunaux (rabbiniques), à l’instar des dhimmis de l’époque pré-moderne.
- Les Juifs ne sont pas autorisés à voter et à occuper une fonction politique.
La loi sur la nationalité dispose aussi que les Juifs n’ont pas droit à des passeports ou au certificat de nationalité libyenne mais à des documents de voyage dont le renouvellement, à expiration, n’est pas automatique.
1954 : Interdiction et nationalisation des clubs sportifs Maccabi.
Liaisons postales avec Israël suspendues, restriction de l’émigration vers Israël, interdiction du tourisme à destination d’Israël.
9 mai 1957 : Décret obligeant les Juifs libyens ayant des parents en Israël à se déclarer au bureau libyen du boycott (or 90% des Juifs étaient déjà partis)
3 décembre 1958 : Dissolution de la communauté juive tripolitaine, désormais administrée par un commissaire
  1960 :
- Interdiction d’acquérir de nouveaux biens pour les Juifs
- Les Juifs ne peuvent pas voter, prétendre à des charges publiques, servir dans l’armée ou dans la police
- 2 avril 1960 : Fermeture des écoles de l’Alliance Israélite Universelle.
  1961, loi n°6 : Séquestre des biens des Juifs se ren dant en Israël. Un conservateur général est chargé de les liquider.
15 juillet 1961 : Un certificat de nationalité est exigé pour tout acte commercial mais les Juifs ne peuvent l’obtenir.
Années 1960: Interdiction d’employer des Juifs dans les entreprises pétrolières
Eté 1963 : Une personnalité juive de 84 ans, Halfalla Nahum, est assassinée à Tripoli, des personnalités juives sont agressées et blessées
1967 : Émeutes" (18 morts) lors de la Guerre des Six-jours. Cesare Pasquinelli, ambassadeur d'Italie en Libye, a ordonné aux missions diplomatiques italiennes d'étendre leur protection aux Juifs. Quelques musulmans ont aidé des Juifs.
Dans les semaines suivantes, invités à quitter "provisoirement" le pays par le gouvernement libyen, les Juifs ont pris la voie de l'exil en étant autorisé à emporter avec eux une valise et l'équivalent de 50 dollars. La plupart sont allés en Israël et 2 000 en Italie".
"1969 : Campagne contre les Juifs
1970 : Cimetières juifs rasés. Confiscation des biens juifs.
1978 : Destruction de 64 synagogues et transformation de 78 synagogues en mosquées ou à Benghazi en église copte."
2002 : Esmeralda Meghnagi, dernière Juive, est décédée.
Résultat de cet exode contraint : la Libye est devenu un pays Jüdenrein.
          
Kadhafi et après
Arrivé au pouvoir en 1969 par un coup d’Etat qui renverse la monarchie – le roi Idris séjournait à l’étranger -, le colonel Mouammar Kadhafi, « Guide de la Révolution », a dirigé en dictateur durant quarante-deux ans la Libye créée en 1951. Sous sa férule, est proclamée la Jamahiriya arabe libyenne ou « Etat des masses » (1977-2011), nouveau nom de la République arabe libyenne, et les velléités de forces centrifuges sont affaiblies. Sont prônées le panarabisme, le panafricanisme. Et est encouragé le terrorisme. 

A la suite du « printemps arabe », de l’intervention militaire d’Etats occidentaux, de la Turquie et de l’OTAN ainsi que de l’assassinat en 2011 de Kadhafi, la Libye est déchirée par des divisions politiques, et a sombré dans la guerre civile, le chaos.

Après la rencontre le 25 juillet 2017 à La-Celle-Saint-Cloud entre le Premier ministre Fayez el-Sarraj du gouvernement d'entente nationale et le chef de l'Armée nationale libyenne Khalifa Haftar, le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé que des élections se tiendront en Libye « au printemps ».

« Les démineurs de Benghazi  »
« Des immeubles d’habitation aux terrains de jeux de Benghazi, la deuxième ville de Libye, des groupes djihadistes alliés à l’État islamique ont caché des pièges explosifs meurtriers. Pendant deux ans, un journaliste libyen a suivi les hommes chargés de déminer les décombres de la ville, au péril de leur vie ».

« Au commencement, ils étaient dix-huit. Des pères de famille chargés d’arpenter les rues dévastées de Benghazi, deuxième ville de Libye, pour y déceler et désamorcer, sans détecteurs ni protection, les mines dissimulées dans les décombres ». 

« Partout, des immeubles d’habitation aux terrains de jeux, des groupes djihadistes alliés à l’État islamique ont caché ces pièges explosifs meurtriers au moment où l’armée du futur maréchal Haftar les repoussait hors de la ville ». 

« Le journaliste et caméraman libyen Osama al-Fitori a suivi deux années durant ces démineurs aux mains nues pour présenter un visage méconnu de son pays exsangue, à travers des hommes attachés à le reconstruire, envers et contre tout. À l’issue du tournage, seul l’un d’entre eux restait encore indemne ».

« Dans le chaos libyen  »
« Dans le chaos libyen » est un documentaire réalisé par Juri Mazumdar.

 Le "politologue libyen Abdulsalam Hamtoun, exilé de longue date en Allemagne, livre sa vision, non dépourvue d'espoir, de l'évolution possible du pays".

« Depuis la déflagration des révolutions arabes puis les bombardements de l’Otan contre le régime de Kadhafi en 2011, la Libye s’est embourbée dans une guerre civile interminable ».

« Dans le pays, l’intervention occidentale a laissé le goût amer d’une « révolution volée ». 

« Le politologue Abdulsalam Hamtoun, parti en Europe en 1984, n’a pas perdu l’espoir d’un renouveau démocratique pour son pays : membre de l'Assemblée constituante, élue par le peuple en 2014, il poursuit ses travaux entre Benghazi, le Fezzan (sud-ouest de la Libye) et l’Allemagne », observé par la caméra du documentariste. 

« Quelles institutions refonder dans un pays traversé de fractures communautaires, religieuses et politiques irréconciliables, où le pouvoir se trouve aux mains des milices, des clans et des islamistes ? » s'interroge ce documentaire

« En accompagnant le politologue, ce documentaire « Dans le chaos libyen » réalisé par Juri Mazumdar offre un éclairage historique et humain d’un chaos qui semble sans fin ».

"Libye - Anatomie d'un crime"
 Arte diffusera le 23 octobre 2018 "Libye - Anatomie d'un crime("Libyen - Vergewaltigung als Waffe"), par Cécile Allegra. "Reposant sur de rarissimes et effroyables récits de victimes, cette investigation exceptionnelle révèle le système de viols de masse qui, en Libye, cible les hommes. Une première brèche dans le mur de silence qui entoure cette entreprise de déshumanisation." Peur, méfiance à l'égard de l'institution judiciaire, sentiment d'humiliation... Ainsi, sont résumés les sentiments de ces "fantômes qui errent dans les rues de Tunis".


"Le viol est devenu, depuis une trentaine d’années, une arme de destruction massive en Bosnie, au Rwanda, au Congo et en Syrie. Alors que les femmes et les enfants en sont les premières cibles, dans la poudrière libyenne, ce crime de guerre érigé en système frappe d’abord les hommes. Exilés libyens à Tunis, Emad, un militant, et Ramadan, un procureur, tentent dans la clandestinité de recueillir les preuves d’une barbarie dont les victimes restent emmurées dans l’indicible. À force d’opiniâtreté, ces activistes, aidés par Céline Bardet, une juriste internationale, obtiennent les premiers récits circonstanciés d’une poignée d’hommes qui ont subi ces supplices". 

"Anéantis, le fantomatique Yacine, Nazir ou encore Ahmed livrent des bribes effroyables de leur histoire et de leur intimité saccagée. La voix brisée, ils racontent les prisons clandestines, la violence, les humiliations et les tortures commises par les milices armées dans un pays plongé dans le chaos depuis la chute de Kadhafi. Dans ce cycle sans fin d’horreur organisée, les migrants aussi sont utilisés. Détenu dans une dizaine de geôles, Ali, tout juste libéré, témoigne, lui, de la généralisation du viol qui vise systématiquement les Tawergha, une tribu noire ostracisée."

"Dans les pas de ces militants isolés qui luttent au péril de leur vie pour que justice soit rendue devant les tribunaux internationaux, Cécile Allegra lève le voile sur l’ampleur de ce crime de guerre jusqu'ici totalement occulté. Au fil des témoignages et de ce qu'ils révèlent des méthodes employées, des sévices vécus et de leur efficacité à broyer l'humanité des prisonniers se dessine l’enfer d’un pays dévasté, qui engendre rapts, vengeances et tortures. En faisant résonner la voix des victimes, ce film bouleversant participe d'une patiente et difficile quête de vérité, dans l’espoir, un jour, d’enrayer cette mécanique mortifère."



"Libye - Anatomie d'un crimepar Cécile Allegra
France, 2018

Sur Arte le 23 octobre 2018 à 22 h 45
Visuels :
Samir ©Cinétévé.jpg


Tripoli empty harbor ©Cinétévé.jpg


« Les démineurs de Benghazi » par Osama Al-Fitori
Allemagne, 2018, 45 min
Sur Arte le 12 juin 2018 à 23 h 30
Visuels : © Osama Alfaitouri

Allemagne, 2018
Sur Arte le 13 juin 2018 à 0 h 15
Visuels : © Juri Mazumdar

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Les citations sur les documentaires sont d'Arte. Cet article a été publié le 12 juin 2018.

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