mercredi 3 mai 2017

« Les œuvres volées par Hitler ou l'incroyable sauvetage » de Petra Dorrmann et Gerhard J. Rekel


Arte rediffusa « Les œuvres volées par Hitler ou l'incroyable sauvetage » (Hitlers Madonna Und Die Retter Der Raubkunst, Hitler’s Mona Lisa) de Petra Dorrmann  et Gerhard J. Rekel (2013). La quête d’œuvres artistiques volées à des collectionneurs privées, souvent juifs, et à des musées par les Nazis et leurs collaborateurs.


Qui a sauvé le patrimoine artistique volé à des musées, galeristes, marchands d’art et collectionneurs par Hitler et ses sbires, dont Goering, et stocké dans la mine de sel d’Altaussee (Autriche), dans la région du camp de Mauthausen ?

Le Train, de John Frankenheimer (1964) et The Monuments Men de George Clooney (2013) soulignent et louent la stratégie des Alliés et de la résistance française pour empêcher tant d’œuvres d’arts volées par les Nazis dans les collections de musées, de collectionneurs et de galeristes d’être transportées en Allemagne.

La mine de sel d’Altaussee
Hitler et Göring partageaient un amour de l’art. Pas de n’importe quel art. Haïssant et bannissant “l’art dégénéré”, ils prisaient un art classique, conforme à la vision aryenne de l’art.

« Tout au long de la Seconde Guerre mondiale, Hitler et Göring ont envoyé leurs sbires pour piller les musées de pays occupés ou spolier les grands collectionneurs d'art d'origine juive ». Et ce, afin d’y choisir les chefs d’œuvres susceptibles d’enrichir le futur musée que le hrer rêvait d’édifier à Linz (Autriche), ville où il a été scolarisé, et la collection personnelle de Göring.

D’où l’énergie déployée par leurs sbires à piller des œuvres, parfois de façon concurrente, dans tous les musées des pays occupés ou à spolier les grands collectionneurs d’origine juive comme la famille Rothschild". La collection de Louis et Alphonse de Rothschild est célèbre.

"Dès le printemps 1944, Hitler ordonne de mettre à l’abri les œuvres d'art pillées les plus précieuses”. Où ? Dans plusieurs caches et mines, dont celle de sel d’Altaussee (Autriche) - le sel sert à fabriquer des explosifs. Un lac dominé de montagnes majestueuses.

Sur 42 000 m², ces chefs d'œuvres visaient à  "magnifier l'identité allemande" et présenter Hitler en "citoyen épris de culture".

De 1943 à 1945, plus de 6 500 pièces sont entreposées dans cette mine autrichienne : peintures (L'Astronome de  Vermeer), sculptures, bijoux, etc.

Parmi ce patrimoine artistique européen à la valeur inestimable regroupé dans la mine de sel d’Altaussee : la statue de la Madone de Bruges de Michel-Ange, L'Art de la peinture (De Schilderkonst) de Vermeer acheté en 1940 par Hitler à un collectionneur viennois, et le retable de Gand des frères Van Eyck, illustres représentants de l'école des primitifs flamands du XVe siècle. « Le musée d’Hitler », documentaire de Jan Lorenzen et Hannes Schuler (2005) s’intéresse particulièrement à l’enquête visant L’Adoration de l'Agneau mystique, célèbre et convoité retable des frères Hubert (Hubrecht ou Hubertus) Van Eyck (v.1366-1426), et Jan Van Eyck (v.1390-1441).

Après le suicide du Führer (30 avril 1945), et alors que les Alliés s’approchent de la mine de sel d’Altaussee, les nazis responsables de cet endroit, dont le Gauleiter August Eigruber, « se préparent à tout faire sauter”, et ce, au moyen de huit bombes de 500 kg chaque acheminées dans cette mine. « Des opposants à ce projet s'en mêlent. 
Quelques personnes ont connaissance de ce risque.

L'Armée rouge s'empare de Vienne. Sur le front ouest, l'armée américaine progresse, et découvre une cache de tableaux dissimulés par les Nazis.

3 mai 1945. Les travailleurs de la saline sont volontaires pour s'emparer des bombes. Ils vont obstruer les galeries.

A Altaussee, convergent des dirigeants nazis - Kaltenbrunner, Eichmann, Stangl - après le suicide d'Hitler.

"C’est le combat méconnu d’ouvriers et d’experts au service des nazis, de résistants anglais et locaux que relate ce documentaire”.

Issue de cette lutte : le 12 mai 1945, à l’arrivée des Monuments Men, dont Harry Ettlinger, Juif allemand réfugié aux Etats-Unis avant le conflit - son père tenait un magasin de mode féminine à Karlsruhe et choisissait ses modèles à Paris -, ce patrimoine culturel exceptionnel et précieux - environ 140 milliards d'euros - de plus de 22 000 œuvres d’art, notamment des tableaux de Vermeer, Rubens, Brueghel, Rembrandt, Tintoret et autres génies, demeure intact. Des nazis imposteurs se présentent aux Alliés comme des résistants, et parviennent à de hauts postes après guerre, notamment à la direction d'un musée viennois.

Ces chefs d’œuvres sont alors transportés dans un dépôt central à Munich (Allemagne).

Une partie est restituée à ses propriétaires.

La restitution des œuvres d’art s’avère difficile, parfois impossible pour d'autres propriétaires spoliés. Pour différentes raisons : délais de prescription, décès des propriétaires lors de la Shoah, recherches longues et coûteuses pour les propriétaires spoliés ou/et leurs ayants-droit qui parfois ne disposent pas de preuve, réticences et refus de musées de perdre des œuvres complétant avantageusement et enrichissant leurs collections, circonstances complexes de la spoliation, propriétaires contraints de vendre à bas prix leurs œuvres d’art, "vraies-fausses donations" telle celle de la famille Rothschild, etc.

« L’affaire Klimt » (Stealing Klimt) documentaire passionnant de Jane Chablani et Martin Smith (2006) évoque le rôle trouble de l’État autrichien et le combat difficile, long - 50 ans - et victorieux de Maria Altmann, octogénaire Juive américaine d'origine viennoise, pour récupérer des biens familiaux, dont cinq tableaux de Gustav Klimt (1862-1918) - deux portraits de sa tante Adèle Bloch-Bauer et trois paysages (1900-1907) - ayant appartenu à son oncle, Ferdinand Bloch-Bauer, spolié en 1938 par les Nazis.

Ce documentaire bénéficie de la contribution notamment de "l’écrivain autrichien Konrad Kramar, auteur d’un polar historique à succès sur cet épisode rocambolesque".

Harry Ettlinger a été l'invité de Vivement dimanche de Michel Drucker sur France 2 qui évoqua ces Monuments men et Rose Valland.

Histoire diffusa les 19 et 21 juillet 2014 Les vrais monuments men, réalisé par Werner Boote (55 minutes). "En pleine Seconde Guerre mondiale, les nazis dérobent  plus de 7000 oeuvres d’art qu’ils cachent dans les mines de sel autrichiennes d’Altaussee. Un immense trésor artistique composé de tableaux de Rembrandt, Vermeer, Brueghel, Raphaël, Titien, Michel-Ange... L’armée américaine crée alors une section spéciale : les monuments men, des professionnels de l’art chargés de sauver et récupérer ces oeuvres d’art. Mais l’endroit où elles se trouvent est le secret le mieux gardé des nazis. Soixante-dix ans après les faits, ce film raconte l’histoire de la plus grande chasse aux trésors du XXème siècle. Début mai 1945, dans le chaos des derniers jours de la guerre, deux mineurs vont jouer un rôle décisif en faisant pression sur un haut dignitaire nazi".

Le 14 mars 2016, à 15 h 50, Histoire diffusa A la recherche de l'art perdu. Les Monuments Men, documentaire de Cal Saville : "Dès l'arrivée d'Hitler au pouvoir, les spoliations se sont multipliées en Allemagne. Pendant toute la guerre, les nazis se sont servis dans les collections des pays européens qu'ils soumettaient. Hitler et Goebbels ont littéralement pillé l'histoire de l'art. Aussi, dès 1943, les Monuments Men, experts d'art, se donnèrent pour mission de parcourir l'Europe à la recherche des œuvres manquantes pour les recenser et les rendre à leurs propriétaires. Des mines souterraines aux châteaux isolés qui les abritaient, ils ont tout fait pour sauver les oeuvres. Les recherches continuent encore aujourd'hui, l'ensemble du trésor volé des nazis n'ayant pas été intégralement localisé".

Le 29 mai 2016, TF1 diffusera les Monuments Men, de Georges Clooney (2014).

  
« Les œuvres volées par Hitler ou l'incroyable sauvetage  » de Petra Dorrmann et Gerhard J. Rekel
Florian Film  et Arte, Allemagne, Autriche, 2013, 52 min
Sur Arte le 26 février à 22 h 10 et le 16 mars 2014 à 16 h, le 2 mai 2017 à 23 h 15
© DR

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Les citations sont extraites du communiqué de presse et du documentaire.
Cet article a été publié les 26 février, 2 mars et 17 juillet 2014, 14 mars et 29 mai 2016.

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