dimanche 26 novembre 2017

« De Nuremberg à Tokyo » par Tim B. Toidze


« De Nuremberg à Tokyo » (« Death by hanging! » - Der Kriegsverbrecherprozess von Tokio » ; Judging Japan) est un documentaire réalisé par Tim B. Toidze. Après la Deuxième Guerre mondiale, le « tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient se voulait comparable à celui de Nuremberg : un modèle de justice pour juger les crimes de guerre du Japon. Orchestrée par le général MacArthur, qui supervise l'occupation américaine du pays depuis sa capitulation en août 1945, cette instance est aujourd'hui qualifiée de « mascarade hypocrite ». Un « fiasco judiciaire » ? Dans le cadre de la 18e édition du Mois du film documentaire, le Mémorial de la Shoah montrera ce documentaire le 26 novembre 2017.
« Un total de 828 audiences, 419 témoignages, 4 336 pièces versées au dossier entre les mains de 11 juges » originaires de onze pays distincts - Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Pays-Bas, Australie, Chine, Inde - « et 28 accusés : voilà en quelques chiffres les grandes données du procès de Tokyo, qui s'est ouvert en janvier 1946 et a duré deux ans, six mois et quinze jours ».

Débutant le 3 mai 1946, le « tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient se voulait comparable à celui mis en place à Nuremberg  : un modèle de justice pour juger les crimes de guerre du Japon ». Il jugeait « 28 hauts dirigeants japonais tenus pour responsable de la politique de conquête et de terreur menée par leur pays sur plus de trois décennies ».

« Il s'agit d'établir  leurs responsabilités dans les atrocités commises par l'armée japonaise entre 1931 et 1945 en Asie. De la Chine à la Birmanie en passant par l'Indonésie, la Corée et les Philippines, les troupes impériales ont répandu dévastation et horreur durant leur conquête. Le sort réservé à la ville de Nankin, en Chine, constitue un terrible exemple de ces exactions. Ainsi, l'acte d'accusation présenté aux juges dénombre 200 000 à 300 000 morts et 20 000 cas de viols ».

« Orchestrée par le général MacArthur, qui supervise l'occupation américaine du pays depuis sa capitulation en août 1945, cette instance est aujourd'hui qualifiée de « mascarade hypocrite ».

L'empereur épargné
Le « principal obstacle à la réalisation d'une justice impartiale tient surtout à l'absence au prétoire de l'empereur Hirohito ».

« Comment expliquer en effet que soient traduits devant la cour des responsables issus de seize gouvernements quand celui qui a été le plus haut dignitaire de l'État durant les quatorze ans de guerre n'a pas été cité à comparaître, même en tant que témoin ? »

« Pour s'assurer de la docilité du Japon dans une Asie appelée à devenir cruciale, notamment dans la lutte contre le communisme, MacArthur cherche à tout prix à le préserver ».

La « responsabilité impériale est alors minutieusement gommée et les atrocités commises par l'armée japonaise ne tardent pas à prendre le même chemin ».

« On a longtemps ignoré  ce qui se passait entre les juges dans les coulisses du tribunal. Ils ont débattu, lutté pied à pied pour finalement aboutir à un verdict à la simple majorité, cinq juges émettant un jugement séparé. Leurs dilemmes, les conflits et les arguments seront racontés dans ce film ».

« Enrichi d'archives d'une grande qualité, le documentaire, qui marie des infographies dynamiques et des dessins réalisés à la manière des estampes, éclaire d'une manière inédite les controverses qui ont émaillé ce grand procès oublié ».

Le documentaire « De Nuremberg à Tokyo » a été finaliste au 14e Focal International Awards dans la catégorie « Best Use of Footage in a History Production » (25 mai 2017, Londres) et a reçu le Prix du « Meilleur Projet Histoire » au Sunny Side of the Doc en 2014.

Quid des Juifs ? Âgée de 78 ans, Anne-Ruth Wertheim, néerlandaise Juive a témoigné en juillet 2013 sur son enfance en Indonésie, alors dénommée Indes orientales néerlandaises. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, pendant l’occupation de cet archipel par le Japon (mars 1942-août 1945), Anne-Ruth Wertheim a été internée en 1944 dans un camp spécifique destiné aux Juifs. Ceux-ci y ont été battus, sous-alimentés… L’internement des Juifs a débuté en 1943 : le Japon a interné des Juifs de pays autres que ceux des Alliés – Etats-Unis, Grande-Bretagne, etc. -, par exemple du Moyen-Orient, dont l’Egypte.

La Chine et d’autres pays de l’ancienne « sphère de co-prospérité » de l'Empire du Soleil Levant réclament depuis des années des « excuses sincères » du Japon pour les actes que le Japon militariste, impérialiste, a commis : environ 200 000 « femmes de réconfort », en fait esclaves sexuelles, généralement Coréennes, mais aussi Chinoises, Indonésiennes et ressortissantes d’autres pays sud-asiatiques -, ont été contraintes de se prostituer dans les bordels de l’armée impériale nippone, 300 000 morts lors du sac de Nankin, accompagné de viols et destructions lors des six semaines ayant suivi le 13 décembre 1937, attaque de Pearl Harbour, prétendues « expériences médicales », etc.

Dans le cadre de la 18e édition du Mois du film documentaire, le Mémorial de la Shoah montrera ce documentaire le 26 novembre 2017.

« De Nuremberg à Tokyo » par Tim B. Toidze
France, Canada, Japon, Arte France, Sundial Entertainment, ARTE France, RTS - Télévision Suisse, RTBF - Télévision belge, SRC - RADIO CANADA, RSI - Televisione Svizzera, NRK- Norwegian Broadcasting Corp., Phoenix Satellite TV (H.K.), Point du Jour, 2016, 57 Min
Sur Arte le 8 août 2017 à 22 h 30
Au Mémorial de la Shoah, dans le cadre de la 18e édition du Mois du film documentaire,, le 26 novembre 2017 à 17 h. En présence d’Annette Wieviorka, directrice de recherche, CNRS, Joël Hubrecht, Institut des hautes Études sur la justice, et Luc Martin-Gousset, producteur.
  
Visuels : © Point du Jour

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Les citations sont extraites d'Arte. Cet article a été publié le 8 août 2017.

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