lundi 7 août 2017

« Hiroshima, la véritable histoire » par Lucy Van Beek


Arte diffusera le 8 août 2017 « Hiroshima, la véritable histoire » (Count-Down in ein neues Zeitalter: Hiroshima ; Hiroshima : The Aftermath) par Lucy Van Beek. « Soixante-douze ans après la déflagration d'Hiroshima, cette enquête de grande ampleur éclaire aussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre. Un regard indispensable sur un événement qui a provoqué tant d’aveuglement ».
  

Dès 1943, le président américain Franklin D. Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill ont convenu d’exiger la capitulation inconditionnelle des forces de l’Axe constituées du IIIe Reich, de l’Italie fasciste et du Japon impérial.

La bombe atomique américaine était destinée à l’origine à être larguée en Allemagne, leader des forces de l’Axe. Mais l’Allemagne nazie avait déjà capitulé en juillet 1945 quand cette bombe a été prête à l’emploi.

Restait un seul Etat membre des forces de l’Axe encore engagé dans la Deuxième Guerre mondiale : le Japon.

« Les noms sont entrés dans la mémoire collective, et ils résonnent encore de manière macabre. Le projet atomique américain s’appelait « Manhattan Project », la bombe, « Little Boy », et l’avion qui a ouvert sa soute, « Enola Gay ». 

« Le 6 août 1945, sur ordre du président Truman, un bombardier B-29 largue sur Hiroshima la première arme nucléaire jamais utilisée lors d’une guerre. « Il y eut un anneau de feu rouge et aveuglant, un scintillement de couleurs. Je ne devrais pas le dire, mais c’était magnifique », confie un des survivants. « L’aube d’une ère nouvelle », assurent certains scientifiques ». « Quatre vingt mille Japonais paient de leur vie sur-le-champ ce basculement de l’histoire de l’humanité, au moins cent quarante mille au total trouveront la mort ». 

« Si, bien entendu, les suites immédiates et dantesques de l’explosion sont l’épicentre du documentaire, elles n’en constituent pas l’unique objet ». 

« Grâce à la révélation d’étonnants secrets, « Hiroshima, la véritable histoire » dissipe les écrans de fumée qui ont, en grand partie à cause de l’habile désinformation occidentale, détourné le monde de la réalité des faits ».

Le documentaire souligne combien les autorités japonaises, au plus haut niveau, ont su que des bombardiers américains se dirigeaient vers Hiroshima, puis Nagasaki, et n'ont rien fait pour les intercepter, alors qu'ils disposaient de plusieurs heures pour le faire.

Test grandeur nature
« Cette investigation ambitieuse éclaire aussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre ». 

« Little Boy était-elle un « mal nécessaire » pour forcer les Japonais à capituler ? Le film démontre que le pays de l’empereur Hirohito avait de toute façon déjà perdu la guerre et s’apprêtait à négocier ». 

« Les objectifs de Truman étaient autres : tester « in vivo » l’efficacité de la bombe et devancer les Russes dans la course à l’armement ». 

« Même duplicité après la seconde explosion atomique, à Nagasaki, le 9 août : les Américains coupent du monde les zones japonaises dont ils ont pris le contrôle, font des études scientifiques mais ne soignent personne ». 

« Le quotidien des irradiés est occulté : considérés comme des pestiférés, ils doivent subir l’emprise rapace des mafias japonaises et la désagrégation des rapports humains ». 

« Dans le même temps, aux États-Unis, une propagande gouvernementale massive tente de légitimer les bombes et de rendre populaire le recours au nucléaire ». 

« Bénéficiant d’images d’archives inédites et de documents confidentiels, le film de Lucy van Beek met en avant de nombreux  témoignages, notamment japonais (experts, agents secrets, survivants). Les souvenirs et les histoires individuelles qu’ils esquissent aboutissent tous au même constat : les ondes de choc d’Hiroshima n’ont pas encore disparu ».

En 2016, Victor Davis Hanson a écrit l’article The Horrors of Hiroshima in Context dans lequel il indiquait le nombre de victimes des deux bombes américaines à Hiroshima et Nagasaki, environ 140 000 Japonais, et poursuivait :  
« Japan had just demonstrated with its nihilistic defense of Okinawa -- where more than 12,000 Americans died and more than 50,000 were wounded, along with perhaps 200,000 Japanese military and civilian casualties -- that it could make the Americans pay so high a price for victory that they might negotiate an armistice rather than demand surrender.
Tens of thousands of Americans had already died in taking the Pacific islands as a way to get close enough to bomb Japan. On March 9-10, 1945, B-29 bombers dropped an estimated 1,665 tons of napalm on Tokyo, causing at least as many deaths as later at Hiroshima.
Over the next three months, American attacks leveled huge swaths of urban Japan. U.S. planes dropped about 60 million leaflets on Japanese cities, telling citizens to evacuate and to call upon their leaders to cease the war.
Japan still refused to surrender and upped its resistance with thousands of Kamikaze airstrikes. By the time of the atomic bombings, the U.S. Air Force was planning to transfer from Europe much of the idle British and American bombing fleet to join the B-29s in the Pacific.
Perhaps 5,000 Allied bombers would have saturated Japan with napalm. The atomic bombings prevented such a nightmarish incendiary storm.
The bombs also cut short plans for an invasion of Japan -- an operation that might well have cost 1 million Allied lives, and at least three to four times that number of well-prepared, well-supplied Japanese defenders.
There were also some 2 million Japanese soldiers fighting throughout the Pacific, China and Burma -- and hundreds of thousands of Allied prisoners and Asian civilians being held in Japanese prisoner of war and slave labor camps. Thousands of civilians were dying every day at the hands of Japanese barbarism. The bombs stopped that carnage as well.
The Soviet Union, which signed a non-aggression pact with Japan in 1941, had opportunistically attacked Japan on the very day of the Nagasaki bombing.
By cutting short the Soviet invasion, the bombings saved not only millions more lives, but kept the Soviets out of postwar Japan, which otherwise might have experienced a catastrophe similar to the subsequent Korean War.
World War II was the most deadly event in human history. Some 60 million people perished in the six years between Germany's surprise invasion of Poland on Sept. 1, 1939, and the official Japanese surrender on Sept. 2, 1945. No natural disaster -- neither the flu pandemic of 1918 nor even the 14th-century bubonic plague that killed nearly two-thirds of Europe's population -- came close to the death toll of World War II.
Perhaps 80 percent of the dead were civilians, mostly Russians and Chinese who died at the hands of Nazi Germany and Imperial Japan. Both aggressors deliberately executed and starved to death millions of innocents.
World War II was also one of the few wars in history in which the losers, Japan and Germany, lost far fewer lives than did the winners. There were roughly five times as many deaths on the Allied side, both military and civilian, as on the Axis side.
It is fine for Secretary of State Kerry and President Obama to honor the Hiroshima and Nagasaki victims. But in a historical and moral sense, any such commemoration must be offered in the context of Japanese and German aggression.
Nazi Germany and Imperial Japan started the respective European and Pacific theaters of World War II with surprise attacks on neutral nations. Their uniquely barbaric war-making led to the deaths of some 50 million Allied soldiers, civilians and neutrals -- a toll more than 500 times as high as that of Hiroshima.
This spring we should also remember those 50 million -- and who was responsible for their deaths ».

« Hiroshima, la véritable histoire » par Lucy Van Beek
2014, 95 min
Sur Arte le 8 août 2017 à 20 h 50

Visuels
Survivant couché sur la paille
Vue d'Hiroshima, peu après le bombardement
Bâtiment détruit après le bombardement atomique
Dégâts dans le centre d'Hiroshima après le bombardement atomique à Hiroshima
Soldat japonais marchant parmi les ruines
© NARA

Champignon atomique à Hiroshima, le 6 août 1945
Genre : Documentaire
Credit : © Bob Caron/NARA

Lanternes pour la paix
Koko Kondo lors du jour commémoratif des lanternes flottantes
Tetsushi Yonezawa priant lors du jour commémoratif du bombardement atomique sur le Japon
Yoshie Oka priant lors du jour commémoratif du bombardement atomique sur le Japon
© Brook Lapping

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Les citations sont extraites d'Arte.

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