vendredi 14 avril 2017

“Monsieur Gurlitt et le secret du trésor nazi”, par Maurice Philip Remy


Arte a diffusé “Monsieur Gurlitt et le secret du trésor nazi” (Der seltsame Herr Gurlitt), documentaire de Maurice Philip Remy (2014). « Retour sur le scandale provoqué par la découverte, en 2012, chez Cornelius Gurlitt”, fils d’Hildebrandt Gurlitt (1895-1956), “marchand d’art qui fut complice des nazis, de 1406 tableaux dont la provenance n'est toujours pas élucidée”, et dont une grande partie provient vraisemblablement de collections de Juifs spoliés. Cornelius Gurlitt est mort à 81 ans, le 5 mai 2014, dans son appartement de Schwabing près de Munich, après une opération cardiaqueLe 24 novembre 2014, le Musée des Beaux-arts de Berne a déclaré qu'il acceptait l'héritage de Cornelius Gurlitt, un « trésor » de "1620 gravures, dessins, aquarelles et une dizaine d'huiles découverts, dont 630 à la provenance régulièreet d'autres volées à des Juifs par les Nazis. La valeur de ce trésor ? Plusieurs millions d'euros. Les 13, 19 et 23 avril 2017Histoire diffusera Le marchand d'art d'Hitler, documentaire de Cal Saville : "Cette série A la recherche de l'art perdu revient sur l'histoire passionnante et étonnante de la disparition des plus grandes œuvres d'art. Certaines ont été retrouvées, mais d'autres manquent encore à l'appel. Ce premier épisode s'intéresse à la plus grande collection de biens spoliés de tous les temps. Mars 2012, à Munich, la police fait une descente au domicile du collectionneur allemand Cornelius Gurrlit. Cela remet sur le devant de la scène une affaire oubliée pendant soixante ans, impliquant le trésor de guerre des nazis, l'Art dégénéré et la collection privée d'Hitler. Menant une vie de reclus, Cornelius Gurlitt conservait un millier d'œuvres signées de peintres de renom comme Matisse, Chagall, Degas, Picasso... dont certaines n'ont jamais été vues. Quand elle est révélée par un magazine allemand, l'affaire frappe le monde entier. Qui est donc Cornelius Gurlitt ? Comment a-t-il réussi à passer inaperçu pendant si longtemps ? D'où viennent toutes ces œuvres d'art ? Pour répondre à ces questions, nous remontons aux années 30 dans l'est de l'Allemagne, dans la ville natale du père de Cornelius, l'historien et marchand d’art Hildebrand Gurlitt. Ce dernier officiait au service de différents musées allemands et côtoyait les artistes allemand d'avant-garde et les expressionnistes contemporains. A l'arrivée des nazis au pouvoir, il devint rapidement un des plus grands marchands d'art à la solde du régime et un acteur clé dans la lutte contre l'Art dégénéré... "


L’histoire de la famille Gurlitt, qui compte un peintre, est liée à Dresde.  

Hildebrandt Gurlitt
Historien de l’architecture, autodidacte, « mon grand-père a rendu l’art baroque populaire en Saxe », se souvient Cornelius Gurlitt. Un goût pour l’art que son grand-père transmet à ses enfants, dont son benjamin Hildebrandt Gurlitt, père de Cornelius, « homme aux multiples visages, collectionneur réputé, conservateur de musées et historien de l’art”, et dont la grand-mère Elisabeth Gurlitt, née Lewald et sœur de la femme de lettres Fanny Lewald, était Juive.

Engagé lors de la Première Guerre mondiale, Hildebrandt Gurlitt est nommé en 1925 directeur du Musée du Roi Albert (König-Albert-Museum) à Zwickau (Saxe). Il “fit découvrir des artistes novateurs que les nazis considéreront ensuite comme des tenants de l‘“art dégénéré“, dont Emil Nolde et Max Beckmann. Il transforme "une salle en espace d'art baroque". Des amis du Bauhaus conçoivent l'agencement des salles du musée. Des novations qui séduisent le public, mais qui déconcertent beaucoup. Ce qui cause son licenciement en 1930.

Hildebrandt Gurlitt s’établit en 1931 comme dirigeant d'une association promouvant l'art à Hambourg, en promouvant avec un goût sûr l’art moderne d’avant-garde. Nouveaux succès et mêmes ennemis d'un "art dévoyé".

Il est obligé de démissionner en 1933. Il vit difficilement et est frappé par les lois de Nuremberg qui le définissent comme "métis de seconde catégorie". Sa famille est surveillée, ses enfants interdits d'école.

Hildebrandt Gurlitt se lance dans le commerce d'art, comme galeriste et marchand d’art. De manière cachée, il vend l'art moderne.

L’exposition Art dégénéré (Entartete Kunst) est montrée à Munich, en 1937.

Plus de 20 000 œuvres d'art dit "dégénéré" ont été enlevées des cimaises et entrepôts des musées allemands afin d'être vendues.

Hildebrandt Gurlitt “deviendra rapidement un serviteur fidèle d’Hitler et sera chargé d'organiser son futur musée”, le Führermuseum à Linz (Autriche) où serait exposé l’art prisé par le dictateur nazi

C’est “un des quatre galeristes chargés par Goebbels de vendre les œuvres d'art dit « dégénéré » saisies par les nazis dans les collections des musées allemands et dans les collections privées de familles juives ». 

Hildebrandt Gurlitt négocie l'art moderne et les chefs d'œuvres des anciens maitres figurant dans les collections d'Allemands Juifs contraints de les vendre afin de pouvoir quitter l'Allemagne nazie. Mais ces Juifs spoliés sont obligés de verser une grande partie de la vente de ces œuvres à l'administration fiscale. 

En 1938, on estime la valeur des biens des Juifs à au moins huit milliards de Reich marks.

Hildebrandt Gurlitt se rend une dizaine de fois à Paris, y achète, notamment auprès d'intermédiaires, environ 200 œuvres d'art dont un célèbre Matisse.

Il déménage à Dresde en raison des bombardements.

Il achète aussi dans les pays occupés des œuvres d'art pour le compte d'Hitler. Il "profite de la flambée des prix".

En mars 1945, il fuit l'avancée des Russes, et est interrogé par les Alliés.

C’était un grand recycleur. Il travaillait pour les nazis. Comme il était à moitié juif, il a réussi ensuite à duper les Américains en réclamant dans les années 1950 des œuvres dont il a prétendu avoir été spolié », explique  Élizabeth Royer, une des spécialistes des spoliations sous l’Occupation et qui a transformé le sous-sol de sa galerie parisienne en bibliothèque ouverte aux chercheurs pouvant étudier ses photocopies d’archives rares consultées lors de ses recherches d’œuvres volées.


En 1947, il dirige la Société des amis des arts de Düsseldorf, rétablit l'image des peintres modernes, multiplie les expositions notamment à Sao Polo en présence de Thomas Mann.

Il meurt en 1956 dans un accident. 

Cornelius Gurlitt
Né en décembre 1932 à Hamboourg, Cornelius Gurlitt étudie l'histoire de l'art pour faire plaisir à son père. Il se fixe à Salzbourg (Autriche) en 1960 où il s'épanouit en artiste.

Munich, janvier 1968. Cornelius Gurlitt hérite plus de mille œuvres d’art – gravures, estampes, dessins, affiches, peintures à l’huile – au décès de sa mère âgée. Il décide de veiller sur son trésor.


C’est l’arrestation fortuite, en 2010, de Cornelius Gurlitt, lors d’un contrôle à la frontière suisse et la découverte de 9 000 euros en liquide convoyés par cet octogénaire qui amène l’administration douanière et fiscale allemande à le surveiller étroitement.


Cornelius Gurlitt fait expertiser Le dompteur de lion, une gouache de Max Beckmann, avant de le vendre aux enchères à Cologne en septembre 2011 au prix de 864 000 euros.

Lors d’une perquisition en 2011  à son domicile munichois, sont découverts 96 peintures, 675 estampes, 140 aquarelles et 299 dessins signés des maitres des XIXe et XXe siècles : Courbet, Matisse, Picasso, Renoir, Toulouse-Lautrec, Max Liebermann, Kirchner, Klee, Kokoschka, Nolde, Munch... Des artistes représentant l’impressionnisme, le cubisme, Die Brücke  (Le Pont) à l’origine avec Der Blaue Reiter  (Le Cavalier Bleu) de l’expressionisme allemand… Plusieurs centaines de ces œuvres auraient été montrées lors de l’exposition Art dégénéré (Entartete Kunst), à Munich, en 1937.
Ces chefs d’œuvre “sont discrètement saisies” et deux experts en art sont mandatés.


Ce n’est que deux ans plus tard, le 4 novembre 2013, que l’hebdomadaire allemand Focus  rend publique cette découverte par un article titré Meisterwerke zwischen Müll – Fahnder entdecken in München Nazi-Schatz in Milliardenhöhe et révélant des photos de la perquisition.

Sept jours plus tard, une commission est créée par le Procureur. Un site Internet est mis en ligne pour présenter des œuvres découvertes. Sur les 1280 œuvres saisies, 590 sont en cours d'examen, plus de 300 appartiennent à Cornelius Gurlitt qui avait accepté le legs de son père.

Cornelius Gurlitt réagit par une lettre demandant que son nom n'apparaisse plus dans les médias qu'il fuit. Il "communique avec la presse par des Post-it".

Une conférence de presse est organisée hâtivement. Vingt-cinq tableaux posant problème n'y sont pas mentionnés. Le Procureur se voit reprocher son long silence.

Novembre 2013. Cornelius Gurlitt sort de son domicile et répond aux questions du Spiegel. Ou plutôt pense à haute voix selon la journaliste du Spiegel. Avec émotion, il revoit pour la première fois les œuvres d'art saisies à son domicile.

Rebondissement le 10 février 2014. Porte-parole de l'avocat munichois de Cornelius Gurlitt, Stephan Holzinger déclare qu’une soixantaine d’œuvres  de Manet, Monet, Picasso et Renoir ont été saisies dans une maison de Gurlitt près de Salzbourg (Autriche).

Pourquoi aucune autorité judiciaire allemande et aucun historien d’art lié à cette première découverte ont-ils gardé le silence si longtemps ?


La “collection récupérée chez Cornelius Gurlitt serait-elle constituée de biens pris à des familles juives et à des musées étrangers pendant le règne nazi ? D’où proviennent ces trésors ? 


Cornelius Gurlitt prétend en être le propriétaire légal : elles appartenaient à son père Hildebrandt Gurlitt”.


Mais les ayants-droit de certaines œuvres de cette collection se sont manifestés. Ainsi ceux du marchand d’art et galeriste Paul Rosenberg, grand-père maternel d’Anne Sinclair, célèbre directrice éditoriale du Huffington Post, réclament la Femme assise de Matisse dont la trace était perdue depuis la Seconde Guerre mondiale.


Exeunt le silence, la discrétion et le secret gardés pendant des décennies.


Nourri notamment des interviews de Cornelius Gurlitt, ce documentaire allié à un site Internet bilingue allemand-anglais, factuel et argumenté, constituent deux vecteurs majeurs de la stratégie de communication, désormais offensive et publique, de cet octogénaire et de ses avocats, le professeur  Tido Park et Derek Setz. 


Un possesseur fermement décidé à conserver son trésor artistique, en arguant du droit – délais allemands de prescription, etc. - et de l’élément affectif. Et à en jouir dans le calme, sans les exposer au public. Et sans remord.



ADDENDUM : 
Le 26 mars 2014, Cornelius Gurlitt a mis un terme à la mission de son avocat Hannes Hartung, auparavant chargé des négociations avec les ayants-droit et adepte d'une ligne ferme à l'égard des revendications des ces derniers : il réclamait que son client soit indemnisé pour chaque retour d'œuvre d'art.

Selon les déclarations de Christoph Edel, avocat de Cornelius Gurlitt, la Süddeutsche Zeitung du 27 mars, son client serait disposé à restituer à leurs propriétaires ou à leurs ayants-droit Juifs les œuvres dont ils avaient été spoliés sous le nazisme. Parmi ces œuvres : le tableau de Matisse Femme assise de Matisse, qui serait remis aux héritiers du galeriste Paul Rosenberg. Cette œuvre pourrait atteindre 20 millions de dollars si elle était vendue aux enchères.

Le Henie-Onstad Art Center, fondation et musée créés par la célèbre championne olympique de patinage artistique et star  Sonja Henie (1912-1969) et son mari Niels Onstad (1909-1978), a annoncé qu'il restituerait La Femme en bleu, de Matisse, à la famille de Paul Rosenberg.

Le 8 avril 2014, l'accord conclu entre les autorités allemandes et Cornelius Gurlitt est révélé. Il stipule que les "œuvres issues de spoliations commises par les nazis seront rendues aux ayants droit des propriétaires spoliés, juifs pour la plupart". Les recherches pour retrouver les ayants droit des œuvres trouvées en Allemagne dureront un an. Au-delà de cette période, Cornelius Gurlitt les conservera. 

Cornelius Gurlitt est mort à 81 ans, le 5 mai 2014, dans son appartement de Schwabing près de Munich, après une opération cardiaque. Dans son testament, il lègue selon Süddeutsche Zeitung et la radio NDR ses œuvres à fondation de droit privé du Musée des beaux-arts de Berne (Suisse), son légataire universel. Ce musée a été « informé par un message téléphonique et écrit de Me Christophe Edel, l'avocat de M. Cornelius Gurlitt, décédé le 6 mai 2014 ». "Célibataire sans enfants, il n'a pas d'héritier direct, sa seule sœur étant décédée en 2012. La justice devra cependant se prononcer sur la légalité du testament".

Quel est l'avenir des quelque 1400 toiles conservées par le défunt ? "
Si certaines ont été spoliées à leurs propriétaires juifs pendant les années 1930, d'autres ont été acquises légalement par Hildebrand Gurlitt". Selon des médias allemands, des organismes autrichien ou suisse, pourraient hériter de ces œuvres. Le Süddeutsche Zeitung souligne que ce transfert d'œuvres hors du sol allemand signifie aussi que ces œuvres risquent de ne plus relever de la justice fédérale allemande, et que des recours d'ayants droit ne pourraient être formés. Le 6 mai 2014, le ministère allemand de la Justice a déclaré que l'accord conclu début avril 2014 entre Cornelius Gurlitt et l'État demeure valable. "Tous ceux qui pensent pouvoir faire valoir des droits sur des œuvres, dont ils s'estiment être les propriétaires légitimes, ont un an pour se faire connaître et apporter la preuve de leurs titres. Au bout d'un an, les autres œuvres devaient être définitivement acquises au vieil homme". 

Le 12 juin 2014, Femme assise de Matisse, tableau retrouvé chez lui, a été reconnu comme une oeuvre dont le marchand d'art Paul Rosenberg avait été spolié sous l'Occupation nazie.

Le 12 juin 2014, un groupe d'experts internationaux, présidé par la juriste Ingeborg Bergreen-Merkel et dénommé « Trésor artistique de Schwabing », a conclu que le tableau Femme assise de Matisse fait partie des œuvres dont le marchand d'art Paul Rosenberg avait été spolié, sans pouvoir éclaircir les circonstances par lesquelles Gurlitt a obtenu cette huile peinte vers 1924 demeurent inconnues.

Le musée bernois avait six mois, à dater de l’ouverture du testament, pour décider d’accepter ou non ce legs. En juillet 2014, sa direction a annoncé que ce délai lui sera nécessaire pour examiner toutes les questions soulevées avant de décider. A la mi-octobre 2014, ce musée suisse des Beaux-Arts a déclaré que "son conseil de fondation décidera le 26 novembre s’il accepte ou non l’héritage de la collection Gurlitt, qui compterait quelque 1400 toiles estimées à plusieurs millions de francs" suisses. 

Le 3 novembre 2014, Ronald Lauder, président du Congrès Juif mondial (CJM) a averti le musée des Beaux-arts de Berne (Suisse), d'une future "avalanche de procès" si ce musée acceptait le legs de Cornelius Gurlitt constitué d'une collection importante de tableaux ayant appartenu à des Juifs spoliés par les Nazis. Une telle acceptation ouvrira la boite de Pandore, selon Ronald Lauder qui a fait ces déclarations au Spiegel qui publie aussi l'interview de Monika Grütters, ministre de culture allemande. Monika Grütters a indiqué que le gouvernement allemand est en négociations avec ce musée à propose de 1280 tableaux et dessins de Chagall, Monet et Picasso, et a exprimé son optimisme sur l'issue de ces pourparlers. "Plus ancien musée de Suisse, il avait été désigné en mai comme l'héritier de la collection de Cornelius Gurlitt", après son décès. 

M. Lauder a invité de nouveau l'Allemagne "à plus s'investir dans la recherche des œuvres volées, notamment celles qui se trouvent toujours dans des musées", en légiférant. "L'idée que les choses vont trop lentement ne trompe malheureusement pas", a reconnu Mme Grütters, indiquant toutefois que l'Etat allemand avait triplé les crédits pour établir l'origine des œuvres. La législation doit changer en Allemagne, estime M. Lauder, c'est un point "très important. Les Américains pensent que les musées allemands se retranchent derrière (elle) car elle ne les contraint à rien". En novembre 2013, dans une entretien à l'AFP, il avait déjà enjoint l'Allemagne à restituer au plus vite les centaines d’œuvres d'art retrouvées chez Cornelius Gurlitt à leurs légitimes propriétaires".

Le 24 novembre 2014, le Musée des Beaux-arts de Berne a déclaré qu'il acceptait l'héritage de Cornelius Gurlitt, un « trésor » de "1620 gravures, dessins, aquarelles et une dizaine d'huiles découverts, dont 630 à la provenance régulièreet d'autres volées à des Juifs par les Nazis. La valeur de ce trésor ? Plusieurs millions d'euros. Environ 500 œuvres à l'origine litigieuse seront gardées en Allemagne dans l'attente d'informations sur leur origine. Christoph Schäublin, président du conseil de la Fondation du Musée des Beaux-Arts de la cité helvétique, a ajouté que "son institution allait coopérer avec les autorités allemandes pour restituer les œuvres volées ou extorquées aux propriétaires légitimes. S'il est avéré qu'un tableau ou un dessin provient de spoliations, il sera remis à un éventuel ayant droit. Mais si le groupe d'experts ne peut déterminer avec certitude qu'une œuvre a été volée, le Musée de Berne devra décider lui-même s'il veut prendre le risque de la récupérer ou pas". Il se conformera aux règles de la déclaration de Washington, "c'est-à-dire qu'il poursuivra au maximum ce travail d'identification des œuvres, de recherche en provenance et de restitution aux éventuels ayants droit". Monika Grütters, secrétaire d'État à la Culture, a annoncé que « l'Allemagne est déjà prête à restituer trois œuvres dont il a été prouvé qu'elles ont été dérobées à des juifs ». Parmi ces œuvres : Femme assise, tableau de Matisse volé au marchand d'art français, Paul Rosenberg, grand-père de la journaliste française Anne Sinclair.

Les autorités helvètes, l'ancien avocat de M. Gurlitt et l'antenne allemande de la Jewish Claim Conference ont salué cet accord.

"Cette décision s'accompagne en fait de la signature à Berlin d'une convention sur la gestion de cette succession. La ministre allemande de la Culture, Monika Grütters, le ministre de la Justice du Land de Bavière, Winfried Bausback, et moi-même assumons désormais conjointement le traitement des injustices", a déclaré Christoph Schäublin au Figaro (24 novembre 2014).

Les œuvres dont la provenance n'a pas pu été établie sont consultables "sur la base de données du site www.lostart.de et les éventuels réclamants - descendants de familles volées ou ayant vendu des biens en dessous de leur valeur alors qu'ils se trouvaient en détresse durant la Seconde Guerre mondiale - doivent se manifester auprès du chef du groupe d'experts, le Dr Ingeborg Berggreen-Merkel, Geschwister-Scholl-Str. 6 10117 Berlin, (tél.: 49 (0) 30 2061 487 10. office@taskforce-kunstfund.de)".

Uta Werner, cousine de Cornelius Gurlit âgée de 86 ans, a réclamé en justice l'héritage légué par cet octogénaire à ce musée.  Elle a décidé de faire valoir « ses droits sur l'héritage du collectionneur d'art Cornelius Gurlitt devant le tribunal des successions de Munich », selon l'agence de communication qui la représente.

Mme Werner considère "que le rapport d'un expert psychiatre, mandaté par elle-même et sa famille et rendu public cette semaine, est susceptible de remettre en cause la validité du testament au profit du musée de Berne car, au moment de sa rédaction, M. Gurlitt aurait souffert « d'obsessions paranoïaques ». Elle avance "un risque juridique, qu'elle prétend lever grâce à la procédure qu'elle engage. Par ailleurs, la famille s'engage, en cas de succès de sa démarche, à la « restitution sans conditions » aux ayants droit, des œuvres dont il serait démontré qu'elles sont issues de spoliations".

Le 24 mars 2015, Monika Grütters, ministre allemande de la Culture, a signé avec les ayants-droit du galeriste français Juif Paul Rosenberg, un accord permettant de leur restituer La Femme assise, de Matisse, peinture dérobée en 1940 à ce galeriste. « L'accord doit encore être approuvé par un tribunal des successions avant qu'une date ne soit fixée pour la restitution du tableau », a déclaré l'avocat des ayants-droit.

En mai 2015, ce tableau de Matisse a été restitué aux ayants-droit du galeriste Paul Rosenberg, dont la journaliste française Anne Sinclair.

Le 10 décembre 2015, à 23 h 35, France 3 diffusa Les marchands d'Hitler, documentaire de Stéphane Bentura, et dont le texte est lu par Stéphane Freiss. "En mai 2014, un vieux collectionneur est enterré dans le plus grand secret à Düsseldorf : Cornelius Gurlitt, l'ermite aux 1500 toiles du trésor nazi. C'est par cette scène que démarre le documentaire de Stéphane Bentura : sur cette collection secrète, retrouvée par hasard dans l'appartement de Cornelius Gurlitt en plein Munich, 70 ans après la guerre.  Ce trésor maudit, Cornelius le tenait de son père, Hildebrand Gurlitt. Il est la preuve que Gurlitt père, mort en 1956 en notable honorable, était un des plus grands profiteurs de guerre du régime nazi.  Pourvoyeur du musée d'Hitler et spoliateur de juifs, la vie d'Hildebrand Gurlitt nous entraîne, de Dresde à Berlin avant la guerre, en passant par Paris pendant l'Occupation allemande, dans les coulisses des spoliations et de la collaboration du marché de l'art français.  Pourtant en 1945, Hildebrand Gurlitt a failli être démasqué : capturé par les "Monuments Men", l'unité américaine chargée des pillages, Gurlitt joua une admirable partie de poker menteur et s'en sort. Son fils Cornelius vivra caché avec ce trésor, et poursuivra le sale commerce de son père. A travers le roman noir des Gurlitt, c'est une facette méconnue du nazisme, et de la collaboration dans le marché de l'art à Paris, que ce film nous fait découvrir".

En 2016, Histoire diffusa A la recherche de l'art perdu. Le marchand d'art d'Hitler, documentaire de Cal Saville. "Cette série revient sur l’histoire passionnante et étonnante de la disparition des plus grandes œuvres d’art. Certaines ont été retrouvées, mais d’autres manquent encore à l’appel. Ce premier épisode s'intéresse à la plus grande collection de biens spoliés de tous les temps. Mars 2012, à Münich, la police fait une descente au domicile du collectionneur allemand Cornelius Gurrlit. Cela remet sur le devant de la scène une affaire oubliée pendant soixante ans, impliquant le trésor de guerre des nazis, l'Art dégénéré et la collection privée d'Hitler. Menant une vie de reclus, Cornelius Gurlitt conservait un millier d’œuvres signées de peintres de renom comme Matisse, Chagall, Degas, Picasso... dont certaines n'ont jamais été vues. Quand elle est révélée par un magazine allemand, l'affaire frappe le monde entier. Qui est donc Cornelius Gurlitt ? Comment a-t-il réussi à passer inaperçu pendant si longtemps ? D'où viennent toutes ces œuvres d'art ? Pour répondre à ces questions, nous remontons aux années 30 dans l'est de l'Allemagne, dans la ville natale du père de Cornelius, l'historien et marchand d’art Hildebrand Gurlitt. Ce dernier officiait au service de différents musées allemands et cotôyait les artistes allemand d'avant-garde et les expressionnistes contemporains. A l'arrivée des nazis au pouvoir, il devint rapidement un des plus grands marchands d'art à la solde du régime et un acteur clé dans la lutte contre l'Art dégénéré..."

A la recherche de l'art perdu. Le marchand d'art d'Hitler, de Cal Saville
Sur Histoire les 5 février à 15h40, 7 février À 11h55, 11 février à 15h35, 17 février à 15h45, 19 février à 23h10, 23 février à 15h40, 29 février 2016 à 15h35

Monsieur Gurlitt et le secret du trésor nazi” (Der seltsame Herr Gurlitt), de Maurice Philip Remy
ZDF, 2014, 51 min
Diffusion le 19 mars 2014 à 22 h 25

© DR 
                   
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Les citations proviennent du dossier de presse.
Publié le 19 mars 2014, cet article a été modifié le 17 mai 2015.
Il a été republié les :
- 22 juin, 15 octobre et 26 novembre 2014. Histoire a diffusé Le marchand d'art d'Hitler : "cette série revient sur l'histoire passionnante et étonnante de la disparition des plus grandes œuvres d'art. Certaines ont été retrouvées, mais d'autres manquent encore à l'appel. Ce premier épisode s'intéresse à la plus grande collection de biens spoliés de tous les temps. Mars 2012, à Münich, la police fait une descente au domicile du collectionneur allemand Cornelius Gurrlit. Cela remet sur le devant de la scène une affaire oubliée pendant soixante ans, impliquant le trésor de guerre des nazis, l'Art dégénéré et la collection privée d'Hitler. Menant une vie de reclus, Cornelius Gurlitt conservait un millier d'œuvres signées de peintres de renom comme Matisse, Chagall, Degas, Picasso... dont certaines n'ont jamais été vues. Quand elle est révélée par un magazine allemand, l'affaire frappe le monde entier. Qui est donc Cornelius Gurlitt ? Comment a-t-il réussi à passer inaperçu pendant si longtemps ? D'où viennent toutes ces oeuvres d'art ? Pour répondre à ces questions, nous remontons aux... "
- 26 mars, 19 mai et 9 décembre 2015, 5 février 2016.

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