Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

lundi 10 décembre 2018

Le Seyfo, génocide des Assyriens


Seyfo ou Sayfo (épée, en araméen) est la dénomination du génocide commis, pendant la Première Guerre mondiale, par les Turcs à l'égard des Assyriens de l'Empire ottoman. De 250 000 à 500 000 Assyriens ont été tués. Ce qui représente près de 50-70% des Assyriens vivant dans la Sublime Porte. "En partenariat avec la Commune de Woluwe-Saint-Pierre, le CCLJ (Centre communautaire laïc Juif), son programme d’éducation à la citoyenneté  « La haine, je dis NON ! », Les Territoires de la Mémoire présentent, avec le soutien de l’Institut Syriaque de Belgique et de l'European Jewish Fund, dans le cadre de "Mémoire de nos mémoires", du 12 au 21 décembre 2018, une exposition "Génocide-Seyfo 1915", relative au génocide des Arméniens, des Assyriens-Araméens et des Grecs du Pont (1915 - Empire ottoman)."

« Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman. Stigmatiser, détruire, exclure » 
Le Seyfo, génocide des Assyriens
Attaques contre les chrétiens d'Orient : la réponse des démocraties face à l'intolérance islamiste ? 

"L'identité de la nation assyrienne(syriaque) actuelle est fondée sur l'héritage direct des Sumériens, des Akkadiens, des Assyriens, des Babyloniens, des Araméens et des Chaldéens qui ont dominé la Mésopotamie durant l’Antiquité (entre 4000 et 539 av. J.-C.). Parmi leurs rois les plus célèbres citons: Sargon le Grand, Hammourabi, Sennachérib ou Nabuchodonosor qui ont régné dans les cités d’Ur, de Babylone ou de Ninive", écrit l'Institut syriaque de Belgique.

Et d'ajouter : "Avec l'invention de la roue, de l'écriture (symbolique puis cunéiforme), des systèmes d'irrigation des terres, des techniques de guerre, du développement de l'art (monuments et bas-reliefs), ... l'Empire assyrien s'est agrandi au fil des siècles pour dominer tout le Proche-Orient vers le 7e siècle avant J.-C."

La chute du royaume assyrien date de 605 avant l'ère commune. 

"La langue officielle des premiers empires était l'akkadien (langue sémitique) en parallèle avec le sumérien. A partir du 18e siècle avant J.-C., la langue araméenne (langue sémitique au même titre que l'arabe et l'hébreu) se diffuse dans tout le Proche-Orient et au-delà, favorisant les échanges économiques, la diplomatie et la culture. Elle sera même la langue officielle de l'Empire perse à partir de 539 av. J.-C. Plusieurs dialectes de la langue araméenne vont apparaître. Citons en particulier celui de la cité d'Edesse (royaume d'Osroène) qui prendra le nom de langue syriaque (mot utilisé par les Grecs pour désigner les Assyriens)", complète cet Institut.

Les Assyriens figurent parmi les premiers peuples ayant opté pour le christianisme.

Avec la conquête Arabo-islamique, les Assyriens sont contraints à la conversion à l'islam, à l'esclavage ou à la dhimmitude.

Comme les Juifs, les Assyriens, étaient réduits au statut de dhimmis. La « charîa détermine, en fonction des modalités de la conquête, les droits et les devoirs des peuples conquis qui gardent leur religion à condition de payer une capitation mentionnée dans le Coran et donc obligatoire. Le Coran précise que cet impôt dénommé la jizya doit être perçu avec humiliation (Coran, 9, 29). Les éléments caractéristiques de ces infidèles conquis (dhimmis) sont leur infériorité dans tous les domaines par rapport aux musulmans, un statut d’humiliation et d’insécurité obligatoires et leur exploitation économique » (Bat Ye’or). 

« Le peuple de l’islam » est indigné par le rescrit impérial Hatt-i Humayoun (3 février 1856). Celui-ci « réaffirme l’égalité de droits » et suscite « des « réactions » de la communauté musulmane qui était auparavant la communauté religieuse dominante [et qui] est à présent privée de son droit sacré. Pour le peuple de l’islam, c’est un jour de larmes et de deuil » (Ahmed Djevded Pacha (1822-1895) historien et juriste ottoman).

A la fin du XIXe siècle, les Assyriens de l'Empire ottoman sont composés de Nestoriens, Chaldéens, Jacobites et Orthodoxes. 

En 1895, dans l'Empire ottoman, Arméniens et Assyriens ont été les cibles de massacres hamidiens - plusieurs centaines de milliers de morts assassinés - organisés par le sultan Abdülhamid II, surnommé "Grand saigneur" ou "Sultan rouge", à fin d'extermination. Ce qui a suscité l'indignation notamment du président américain Cleveland. En Iran, les Assyriens ont été alors victimes de massacres similaires.

Est méconnu le génocide commis lors de la Première Guerre mondiale, au même moment que le génocide des Arméniens par les Turcs, selon le même modus operandi – déportations, massacres, viols, rapts -, à l’égard des Assyriens vivant dans l’empire Ottoman. 

Dénommé Sayfo ou Seyfo (épée), le génocide assyrien ou araméen / chaldéen / syriaque a un lourd bilan : 250 000 à 400 000, voire 500 000 Assyriens tués, soit environ 50-70 % de la population assyrienne en ce début de XXe siècle. Les historiens divergent quant à l'évaluation du nombre de victimes qui varient selon le périmètre retenu de la zone où vivaient les Assyriens. Dans son dossier pédagogique, cet Institut évalue à plus de 500 000 le nombre de victimes du Seyfo.

Le génocide des Arméniens a été décrit avec précision et analysé avec pertinence dans Ambassador Morgenthau's Story (1918) de Henry Morgenthau, ambassadeur des Etats-Unis à Constantinople (1913-1916), qui a aussi évoqué celui des Grecs et des Assyriens. Des témoignages ont été recueillis immédiatement auprès des survivants.

Les Assyriens vivent actuellement au Moyen-Orient : en Syrie, en Iraq, en Iran et Turquie. La diaspora Assyrienne s'est établie aux Etats-Unis, en Jordanie, en Suède, en Allemagne, en France, notamment à Sarcelles, dans la banlieue parisienne,

En 2010, le Parlement suédois a reconnu le Seyfo. En 2015, l'Assemblée nationale d'Arménie a adopté une résolution reconnaissant ce génocide...

Exposition
"En partenariat avec la Commune de Woluwe-Saint-Pierre, le CCLJ (Centre communautaire laïc Juif), son programme d’éducation à la citoyenneté  « La haine, je dis NON ! », Les Territoires de la Mémoire présentent, avec le soutien de l’Institut Syriaque de Belgique et de l'European Jewish Fund, dans le cadre de "Mémoire de nos mémoires", du 12 au 21 décembre 2018, une exposition "Génocide-Seyfo 1915", relative au génocide des Arméniens, des Assyriens-Araméens et des Grecs du Pont (1915 - Empire ottoman)."

"Lors du vernissage, le 11 décembre 2018 à 18 h, dans le hall de la maison communale de  Woluwe-Saint-Pierre, une sélection de panneaux de l’exposition du CCLJ sur le génocide de 1915 ainsi qu’une sélection de panneaux de l’exposition « Seyfo » de l’Institut Syriaque de Belgique seront présentées (dossiers pédagogiques à disposition du public)." 

"Enfin, le Centre Socio-Culturel Arménien de Belgique nous réserve la primeur de la présentation de son nouvel outil pédagogique destiné à l’enseignement de ce génocide. Soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles et en partenariat avec l’UGAB-Europe et le CCLJ, cet outil comprend  un dossier pédagogique relatif au film « The Promise » de Terry George (2016) et des capsules vidéo en ligne qui portent sur plusieurs aspects du génocide de 1915 et sur les liens entre l’Arménie et la Belgique."


Du 12 au 21 décembre 2018. Vernissage le 11 décembre 2018 à 18 h 30
Au Hall « population » de la Maison Communale de Woluwe-Saint-Pierre
Avenue Charles Thielemans 93 à 1150 Bruxelles (Parking en sous-sol)
Du lundi au vendredi de 8 h 30 à 13 h - le mercredi de 14 h à 16 h - le jeudi de 16 h à 19 h.

Articles sur ce blog concernant :

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire