mardi 22 août 2017

« Israël : le long de la ligne verte »


Arte rediffusera le 23 août 2017 dans le cadre d’Arte Reportage « Israël : le long de la ligne verte » (Israel: Entlang der Grünen Linie) signé par Stéphane Amar, Y. Weitzman, B. Rabinovitch et D. Jakubovitch et présenté par William Irigoyen. Le « rendez-vous du grand reportage » partial, et si représentatif de la ligne éditoriale biaisée de la chaîne publique franco-allemande.


« Dédié à l’actualité européenne et internationale, ARTE Reportage témoigne des soubresauts du monde. Des documents exceptionnels et souvent exclusifs, présentés en alternance par Andrea Fies et William Irigoyen, tous les samedis ».

Le 3 mai 2017, durant chabbat, Arte diffusa deux « documents » : l’un sur Israël, l’autre sur le Soudan du Sud.

Israël : le long de la ligne verte
Une « frontière longue de 350 kilomètres sépare Israël et la Cisjordanie ». Ce n’est pas une frontière, mais une ligne d’armistice, de cessez-le-feu comme l'indique, incidemment, le reportage.

Une « ligne tracée sur une carte d’État-major en 1949, qui court de la Galilée, au nord, jusqu'au désert de Judée, au sud, en traversant Jérusalem ». Donc, des territoires bibliques.

« Censée définir les contours d’un futur État palestinien » - non, le plan de partage de la Palestine mandataire de l’ONU prévoyait un Etat Juif, un Etat arabe et un corridor autour de Jérusalem -, cette « ligne verte » est « en fait une frontière introuvable ». Donc, n’est pas une frontière.

« Depuis leur victoire lors de la guerre des Six Jours en 1967, les Israéliens ne cessent de l’effacer ». On ne peut pas effacer ce qui n’existe pas. Ces territoires n'ont pas été "conquis", mais libérés de l'occupation jordanienne non reconnue par l'ONU. A quand un reportage sur les territoires non autonomes par la France - Polynésie française, Nouvelle Calédonie - selon l'ONU ?

De Jénine à Jérusalem, « l’équipe d’ARTE Reportage l'a longée pour mesurer les bouleversements qui, depuis un demi-siècle, rendent quasi impossible le partage du territoire entre Israéliens et Palestiniens ». Pourquoi le partager avec des Arabes palestiniens qui refusent tout partage ? « Ce barrage est fait pour humilier le peuple palestinien… Tout cela est notre pays. C'est une seule terre, la Palestine. C’est l'opinion du peuple palestinien, pas mon opinion personnelle », déclare un Arabe palestinien qui ne distingue pas entre les deux côtés de la Ligne verte. Quid de la bande de Gaza ?

Jérusalem, « c’est notre ville sainte, le roi David y a été couronné, son fils y a construit le Temple, Toute notre histoire est ici. Jérusalem fait partie du peuple juif », rappelle une Israélienne.

Quel est l'intérêt de ce énième reportage qui omet des vérités historiques ? Par exemple, pourquoi les Juifs ont-ils été empêchés de se rendre au Kotel lors de l'occupation illégale de la vieille ville de Jérusalem par la Jordanie, qui en 1948 y avait détruit une  cinquantaine de synagogues et profané des cimetières juifs ? La marche des drapeaux ne marque pas "la conquête" de Jérusalem, mais sa libération, prélude à sa réunification.

Et ce sont Véronique Cayla, présidente, Alain Le Diberder, directeur des programmes, et les responsables de secteurs d’Arte France qui ont refusé de diffuser Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, documentaire écrit et réalisé par Joachim Schroeder et Sophie Hafner. « Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme ». Un « documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande. Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes. Pour Arte France, « la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders », a résumé Luc Rosenzweig, journaliste. Finalement, Arte a diffusé ce documentaire une seule fois, sans l'annoncer sur les réseaux sociaux ni dans son programme le 21 juin 2017, à 23 h.

Le site Internet d'Arte reportage révèle que sur les neuf documentaires visibles en page d'accueil, deux concernent Gaza : Gaza, la grande évasion, et Gaza, la mer ne veut plus de moi. Un pourcentage disproportionné.

Rien par exemple sur le Yémen ravagé par une épidémie de choléra et sur les victimes civiles des bombardements notamment de l'Arabie saoudite luttant contre la rébellion houthiste soutenue par l'Iran. "C’est un pays aux portes de l’enfer que le patron des opérations humanitaires, Stephen O’Brien, a décrit, vendredi 18 août, au Conseil de sécurité de l’ONU... Sur les 27 millions d’habitants que compte le Yémen, deux tiers sont en état de malnutrition avancé, 7 millions sont menacés par la famine et 16 millions n’ont pas accès à l’eau potable. Et, comme si ces malédictions ne suffisaient pas, une épidémie de choléra a tué, depuis avril dernier, près de 2 000 personnes et 180 000 nouveaux cas se sont déclarés depuis juillet... La coalition militaire dirigée par Riyad est accusée d’entraver l’aide humanitaire et de crime de guerre contre les enfants". (Le Monde, 19 août 2017)

Soudan du sud : la guerre, la faim, les rebelles
Les Nuer « sont en guerre. Ce peuple de la haute vallée du Nil, qui a survécu à l'Empire Ottoman, aux colons Anglais et à la domination arabe au temps du Soudan uni, est aujourd'hui partie prenante du conflit qui déchire le Soudan du Sud ». 

« Assiégés par les troupes gouvernementales, encadrés par une armée rebelle qui les protège tout en les entraînant vers les plus grands dangers, les Nuer sont à nouveau menacés ». 

Des « dizaines de milliers de personnes sont déplacées ou réfugiées en Éthiopie. Mais les hommes n'ont d'autre choix que de se battre pour défendre la terre de leurs ancêtres ».
Pas un mot sur l’islamisme.
          

2016, 52 min
Sur Arte les 3 juin 2017 à 18 h 50, 23 août 2017 à 6 h 20

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 2 juin 2017.

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