vendredi 28 octobre 2016

Hebron, ville biblique


Hebron, cité biblique, est située en Judée. Le 24 août 1929, à Hebron, à l'initiative du grand mufti de Jérusalem, Mohammed Amin al-Husseini, des Arabes de la Palestine sous mandat britannique ont massacré une soixantaine de Juifs, dont 24 étudiants, en ont blessé 53, ont pillé des maisons Juives et des synagogues. A l'issue de deux jours d'horreur, environ 435 Juifs ont survécu indemnes, dont 300 environ grâce à l'intervention de voisins arabes. Le 7 juillet 2017, à Cracovie (Pologne), lors de sa 41e session (2-12 juillet 2017) - peu après le 27e Festival de la culture juive (24 juin-2 juillet 2017) -, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a inscrit la "Vieille ville d’Hébron/Al-Khalil (Palestine)" simultanément sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril ainsi qu'en l'attribuant à la "Palestine".


Hebron est située en Judée, au sud de Jérusalem

Cité biblique
Cette ville biblique abrite le Tombeau des Patriarches (Ma-arat Hamakhpelah (מערת המכפלה), en hébreu : « grotte des doubles tombes ») : s'y trouvent des tombes jumelles où sont enterrés quatre couples bibliques majeurs : Adam et Ève ;  Abraham et Sarah ; Isaac et Rébecca ; Jacob et Léa. 

Le Tombeau des Patriarches a été édifié dans une grotte achetée par Abraham, premier patriarche de la Bible.

Hebron est donc la deuxième ville la plus sainte du judaïsme, après Jérusalem.

La présence Juive s'est poursuivie au fil des siècles à Hebron, dont les yeshivot attirèrent de nombreux étudiants. 

Relandi était un universitaire, géographe, philologue et cartographe polyglotte (hébreu, arabe, ancien grec, langues européennes) hollandais. Cet orientaliste est aussi l’auteur de et Antiquitates sacrae veterum Hebraeorum.

Ecrit en latin par Adrien Relandi, Palaestina, ex monumentis veteribus illustrata a été publié en 1714, à Utrecht, par G. Brodelet.

En 1695, Relandi séjourne en Palestina, où il se rend dans environ 2500 lieux mentionnés par la Bible ou la Mishna (compilation écrite de lois orales juives). Il dessine la carte de la Terre d’Israël, et selon la source, il mentionne le nom hébraïque et le verset l’évoquant ou son équivalent en latin et grec ancien. Il effectue aussi un recensement de la population dans les localités visitées.

Il constate notamment :

- aucun lieu d’Eretz Israël n’a un nom d’origine arabe. La plupart des noms de lieux ont une origine hébraïque, grecque, latine ou langues romanes, et n’ont pas un nom arabe originel. Ce qui est encore vrai actuellement. Il n’y a pas de significations en arabe à Acco (Saint-Jean d’Acre), Haïfa, Jaffa, Naplouse (Shehem), Gaza ou Jenine. Des villes comme Ramallah, El Halil et El Kuds (Jerusalem) manquent de racines historiques ou de philologie arabe. En 1695, Ramallah est appelée Bet’allah (de l’hébreu Beit El). Quant à Hebron  (Hevron), la cité porte le même nom ;

- la plupart de la terre est vide, désolée. La population, numériquement faible, est composée pour la plupart de Juifs, puis de chrétiens, etc.

Lors de l'ère ottomane, durant les soulèvements contre l'armée égyptienne, des bandes d'insurgés et la populace pillèrent en 1834, les quartiers dhimmis à Jérusalem, Hébron, Tibériade... 

Pogrom de 1929

Nommé en 1921 grand mufti de Jérusalem, Mohammed Amin al-Husseini a fomenté des révoltes arabes (1920, 1921, 1929, 1936-1939), des massacres antisémites à Jérusalem, Hebron (24 août 1929) et dans d'autres villes d'Eretz Israel, alors dénommée Palestine sous mandat britannique. 

A la mi-août 1929, à l'instigation du grand mufti de Jérusalem al-Husseini, une rumeur circule alléguant que les Juifs de la Palestine mandataire veulent reconstruire leur temple sur la mosquée al-Aqsa.

"Il y eut une terrible vague d’incitation à la haine anti-juive de la part des dirigeants arabes locaux. Shlomo Slonim, qui a beaucoup étudié cette période qui l’a marqué à vie, s’est toujours demandé « comment des amis ou voisins arabes, avec lesquels les familles juives vivaient en bonne harmonie, avaient pu soudain se transformer en monstres et assassiner des familles entières avec lesquelles ils parlaient voire riaient encore quelques jours auparavant ». Ces Juifs étaient tellement en confiance qu’ils avaient refusé l’offre de la Hagana de recevoir des armes, craignant « que cela ne soit interprété comme une provocation face à leur amis arabes ». En cette année 1929, le mufti de Jérusalem, Hadj Amin El-Husseini, qui fit plus tard allégeance à Hitler, voulut fédérer autour de lui tous les Arabes de Palestine et le monde musulman en lançant une violente campagne antisioniste et antijuive sur le thème « Al-Aqsa et les lieux saints de l’Islam sont en danger car les Juifs veulent s’en emparer ». Dans un prêche qui précédait de quelques jours le massacre de Hebron, Al-Husseini avait clamé « Quiconque tue un Juif aura droit au Monde futur » (dans « Hadj Amin et Berlin » – Jenny Leibel - 1966)", a écrit Shraga Blum.

Environ 500 Juifs se trouvent à Hebron le 23 août 1929. Jour des prières dans les mosquées, le vendredi 23 août 1929 après-midi, un étudiant de yeshiva est mortellement poignardé. Des Arabes frappent violemment des passants Juifs à Hebron.

Dans Le juif errant est arrivé (1930), livre qui réunit 27 articles, Albert Londres  évoque Hebron qui "est en Judée, c'est-à-dire dans les pierres. Dix-huit mille Arabes, mille Juifs". Il y décrit la barbarie des assassins Arabes musulmans lors du pogrom à Hébron le 24 août 1929, jour du chabbat : "Ils coupèrent les mains, ils coupèrent les doigts, ils maintinrent des têtes au-dessus d'un réchaud, ils pratiquèrent l'énucléation des yeux. (...) Sur les genoux de Mme Sokolov, on assit tour à tour six étudiants de la Yeshivah [école religieuse juive] et, elle vivante, on les égorgea. On mutila les hommes. Les filles de treize ans, les mères et les grands-mères, on les bouscula dans le sang et on les viola en chœur".

Lors de ce pogrom, avec des armes blanches, des Arabes de la Palestine sous mandat britannique ont massacré 63 Juifs, dont 24 étudiants, en ont blessé 53, ont pillé des maisons Juives, des synagogues, l'hôpital Juif qui soignait sans discrimination tous les patients, ont brûlé les Livres saints...

Environ 435 Juifs survivent indemnes, dont 300 environ grâce à l'intervention de voisins arabes. Ils se réfugient à Jérusalem. Ceux qui tentèrent de s'y réinstaller en furent empêchés par les Britanniques, qui craignaient un nouveau pogrom, en 1936, quand éclata la Révolte arabe.

Dès le 23 août 1929 et pendant une semaine, des foules Arabes ont  attaqué les Juifs de la vieille ville de Jérusalem, dans les environs de Jérusalem, à Sanhedria, Motza, Bayit Vegan, Ramat Rachel, dans la ville de Galilée de Safed. De petites communautés dans la bande de Gaza, à Ramla, Jenine, et Shehem (Naplouse) ont du être abandonnées.

Pendant les décennies suivantes, Hebron est Judenrein.

Lors de la guerre d'Indépendance, Hebron a été conquise, puis annexée par la (Trans)Jordanie.

En 1967, quand Israël gagne la guerre des Six-jours, les survivants du pogrom de 1929 souhaitèrent récupérer leurs maisons. Un problème irrésolu à ce jour. Devant l'interdiction de Moshe Dayan, ils s'inclinèrent.

Puis, des Juifs israéliens décidèrent de vivre à Hebron.

Âgée de 92 ans, Sara Muhammad 'Awwadh Jaber a déclaré lors d'une manifestation pour le droit au retour des Arabes palestiniens près de la frontière israélo-jordanienne, dans une interview diffusée par al-Aqsa, chaîne de télévision du Hamas dans la bande de Gaza, le 13 mai 2011 : "Je suis de Hebron, de la famille Jaber. Si Allah le veut, nous enterrerons les Juifs de nos propres mains. Nous les massacrerons comme nous les avons massacrés à Hebron. Nous, les gens de Hebron, avons massacré les Juifs. Mon père les a massacrés" Les Palestiniens devraient massacrer les Juifs comme nous les avons massacrés à Hebron".

En 2013, plus de 560 000 Israéliens vivent dans environ 200 localités en Judée et Samarie, dont 200 000 résident à Jérusalem. "Le droit des Juifs à vivre à Shiloh, Hebron ou Beth El est inaliénable. Ces sites sont les berceaux de la civilisation Juive, la naissance de la culture hébraïque. Nier le droit des Juifs dans ces parties historiques du foyer Juif serait moralement faux", a écrit Dani Dayan, ancien président du Conseil de Yesha (Conseil des localités de Judée et Samarie), dans The Guardian (7 juin 2013).

Migdal
Le 4 février 2003, association « d’utilité juive », Migdal (la Tour en hébreu) avait organisé, dans les salons de réception de l'Ecole Beth Haya Mouchka (Paris), son premier dîner de gala en soutien aux enfants et aux yichouvim de Hebron. Dans une ambiance bon enfant, parfois émouvante, les convives généreux ont acheté ou savouré des produits israéliens. Un autre mode de soutien à Israël. 

Migdal attendait 200 convives. Elle en a accueilli près de 500, dont Bernard Guenassia, secrétaire général d’ADEMA (Association des élus amis d’Israël), Yves Hazout, vice-président du KKL, Gil Taïeb, président de l'ABSI-Keren, le Rav Zini, Hervé Libermann, responsable des Restaurants du cœur juifs, le professeur Frédéric Nordman du Likoud, et d’autres personnalités communautaires. « Nous présentons nos excuses à la centaine de personnes que nous n'avons pas pu laisser entrer pour des raisons de sécurité », explique son responsable, David Bittan.

C'est dans une ambiance bon enfant que s'est déroulée ce dîner où alternaient projections de courts films célébrant "Israël, terre de nos ancêtres, de nos prières et de nos espoirs" ou « présentant les enfants de Hebron et les soldats de Tsahal, ainsi que les discours de solidarité avec les Israéliens, cibles du terrorisme, d'hommage à l'astronaute Ilan Ramon (1954-2003) et d'histoire de « la ville des Patriarches, et notamment le pogrom de 1929 ».

David Messas, grand rabbin de Paris, a insisté sur le « besoin d'unité et de solidarité ». 

Tandis que Linda Asmani, élue UMP de Paris, émue, affirmait la nécessité d’assurer « la sécurité à la communauté juive ».

C’est la voix étreinte par l'émotion de revoir la photo de sa petite-fille, Shalhevet Pass, assassinée par un tireur palestinien, que Rivka Zerbib a rappelé les miracles qui ont sauvé la vie de son époux et d'une de leurs filles victimes d’agressions à la hache et au poignard. « On est obligé d’avoir des forces. Le peuple Juif est toujours allé de l’avant », a précisé cette dame menue au regard bleu aigu. Avant d’ajouter : « Hebron appartient à toute l’humanité ». Le danger ? « Il est partout où sont les Juifs. Nous avons droit à la même protection que les habitants de Tel Aviv. Nous défendons le Caveau des Patriarches ».

L’argent récolté a permis d’acheter des gilets pare-balles pour les enfants, la construction d’une aire de jeux afin que ceux-ci grandissent en évacuant le stress et la tension induits par les attentats terroristes palestiniens, ainsi que la distribution de colis et de billets d’avions aux habitants et soldats de Hebron.

Migdal (la tour, en hébreu) a organisé son gala annuel le 8 février 2015 en faveur des soldats d’Israël.

Parlementaires amis
En octobre 2016, pour la première fois, une délégation de parlementaires européens et africains amis d'Israël s'est rendue à Hebron. 

Et ce, alors que l'UNESCO adoptait des résolutions islamisant le mont du Temple à Jérusalem.


Listes du Patrimoine mondial
Le 7 juillet 2017, à Cracovie (Pologne), lors de sa 41e session (2-12 juillet 2017) - peu après le 27e Festival de la culture juive (24 juin-2 juillet 2017) -, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a inscrit la "Vieille ville d’Hébron/Al-Khalil (Palestine)" simultanément sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril ainsi qu'en l'attribuant à la "Palestine". 


Sur les 21 membres du Comité, lors d'un vote secret, 12 pays ont voté Pour, trois ont voté Contre et six se sont abstenus. Quatre Etats européens membres de ce Comité, et qui auraient pu bloquer la résolution, ont refusé de le faire.

Un vote salué avec enthousiasme par Elias Sanbar, ambassadeur de la "Palestine" à l'Unesco. La "Palestine" était soutenue par le bloc Arabe, Cuba et le Zimbabwe.

"L’utilisation d’une pierre calcaire locale a marqué la construction de la vieille ville d’Hébron /Al-Khalil au cours de la période mamelouke entre 1250 et 1517. Le centre d’intérêt de la ville était le site de la mosquée Al-Ibrahim/le tombeau des Patriarches dont les édifices se trouvent dans l’enceinte construite au Ier siècle de notre ère pour protéger les tombes du patriarche Abraham/Ibrahim et de sa famille. Ce lieu devint un site de pèlerinage pour les trois religions monothéistes : judaïsme, christianisme et islam. La ville était située au croisement de routes commerciales de caravanes cheminant entre le Sud de la Palestine, le Sinaï, l’Est de la Jordanie et le nord de la péninsule arabique. Bien que la période ottomane (1517-1917) présente une extension de la ville dans les zones environnantes et apport de nombreux ajouts architecturaux, en particulier la surélévation des maisons avec la construction d’étages supplémentaires, la morphologie globale de la ville mamelouke a persisté dans l’organisation hiérarchique des quartiers déterminés par des rassemblements autour de l’origine ethnique, la religion ou la profession, et des maisons dont les pièces sont organisées selon un système d’arborescence".

Le Comité avait auparavant  aussi adopté une résolution sur Jérusalem stigmatisant l'Etat d'Israël.

Ces décisions ont suscité l'indignation de l'Etat juif qui a réduit encore sa contribution à l'UNESCO, des Etats-Unis, de l'Australie et du Canada.

"The world body should have instead recognized that Israel has fully preserved the cultural heritage and freedom of religion of all faiths by allowing Muslim, Christians and Jews to pray at Hebron’s Tomb of the Patriarchs Hebron. By contrast, Palestinians massacred and expelled the city’s Jewish population in 1929, while Jordan barred Jews from praying in Hebron from 1948 to 1967. By today’s vote, the committee failed to take into account its own expert advice, which opposed the Palestinian nomination for failing to properly recognize Hebron’s Jewish and Christian heritage. UNESCO asks all nominations for the World Heritage to be examined by the International Council on Monuments and Sites (ICOMOS), and to provide an expert opinion. ICOMOS opposed the Palestinian nomination, noting that they failed to highlight the “association of the wider town of Hebron with Jewish and Christian as well as Islamic culture… even though extensive remains testify to these links.” The experts also noted that the nomination failed to include “a clearer focus on sites relating to Jewish heritage. ICOMOS concluded in its report that it “considers that the comparative analysis has not so far justified consideration of this property for the World Heritage List” and rejected that the nomination meets any of the three criteria”, a déclaré UN Watch le 7 juillet 2017.

Et de poursuivre : "This week’s cynical and inflammatory decisions on Hebron and Jerusalem do nothing to advance the peace process, and only threaten to alter the delicate status quo at Jewish, Christian and Islamic holy places in the region, instead of preserving the outstanding universal value of these sites. Founded in 1945 to combat the doctrine of the inequality of men and races, UNESCO today has sadly become a serial perpetrator of inequality. The U.S. under President Obama cut funding as a result of such actions. This week’s provocative actions are liable to push the U.S. to eventually withdraw from UNESCO for good. UNESCO’s actions send a message to bad actors in the Middle East, pouring fuel on the fires of incitement to terror that already poison educational curricula".  

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Cet article a été publié par Actualité juive, et dans ce blog le 7 février 2015, puis les 25 août  et 28 octobre 2016.

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