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mercredi 4 décembre 2019

Antisémitisme récurrent dans des aéroports français


En 2011, des militants anti-israéliens ont crié "Mort aux juifs" à l'aéroport de Roissy. A l'été 2014, des agents d'Aéroport de Paris multiplient les propos et actes vexatoires et blessants à l'égard des passagers Juifs : lors de l'embarquement vers l'Etat d'Israël, notamment au comptoir d'El Al, à la détaxe, etc. Des graffitis en arabe ont été découverts sur quatre avions de la compagnie britannique Easyjet et un avion de la compagnie espagnole Vueling dans des aéroports français, dont au minimum un tag "Allah Akbar", selon des sources policières et aéroportuaires. A l'automne 2019, à l’aéroport Saint-Exupéry de Lyon, la distribution des bagages d'un vol en provenance de Tel -Aviv a été retardée sans raison ni explication. 

Des aéroports français sont les lieux d'incidents graves, inquiétants, aux relents parfois antisémites.

"Mort aux Juifs"
C'est au comptoir d'embarquement de la firme aéronautique israélienne El Al que des actes antisémites récurrents sont survenus.

Le dimanche 18 septembre 2011, vers 13 h-14 h, au comptoir d’embarquement de la compagnie aérienne israélienne El Al à l'aéroport de Roissy (près de Paris), des militants pro-palestiniens ont empêché l’enregistrement des passagers et de leurs bagages en partance pour l’Etat d’Israël. Ce qui a perturbé le trafic aérien.


Des activistes ont crié : « Mort aux Juifs ! », « Mort à Israël ! »


« Selon les témoins et les victimes sur place « une horde de sauvages a terrorisé, menacé, et intimidé les passagers », précise le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme) ».


Les policiers sont demeurés passifs.


Il a fallu les réactions indignées du BNVCA et de Dominique Lunel, lobbyiste et « mandataire de nombreuses associations juives », pour que le préfet de Seine-Saint-Denis, département où est situé cet important aéroport francilien, et la police (PAF, Police aux frontières) ramènent le calme. 


Le BNVCA souhaite que « les responsables soient interpellés et traduits devant la justice pour trouble à l’ordre public et incitation à la haine. Le BNVCA « souligne que le « palestinisme » est la source essentielle de l’antisémitisme dans notre pays ».


« Il faut rester vigilant à l’approche de la déclaration de la Palestine à l’Organisation des Nations unies, faire respecter le droit en France, et ne pas laisser des extrémistes mener des actions de ce genre. Les autorités doivent être particulièrement sévères à l’égard de ceux qui importent le conflit au Proche-Orient et d’idéologies qui n’ont pas leur place en France », a déclaré Dominique Lunel.


Ces activistes ont révélé l’inanité à distinguer leur antiisraélisme de l’antisémitisme. Leur haine des Juifs, quelle que soit leur nationalité, ils l’ont vociférée en toute impunité. Tout comme ont agi en toute impunité ceux qui ont prôné le boycott des produits de l’Etat Juif dans des grandes surfaces en saccageant bruyamment des rayons entiers d’articles. Des actions filmées et montrées sur Internet.


Il est surprenant et désolant que des forces de l’ordre soient restés inactives face à ces troubles à l’ordre public et n’aient pas réagi en entendant ces menaces de morts contre des Juifs. Ignorance de la distinction entre un délit et la liberté d’expression ? Manque de formation ? Tolérance ou compréhension ? Ces agents auraient-ils tardé à intervenir si ces violences s’étaient produites par exemple devant le desk d’Air France ?


Nous avons interrogé le groupe Aéroports de Paris sur l’inactivité des forces de l’ordre. Nous transmettrons leur réponse dès réception.


Le 19 septembre 2011, Mélanie Coviaux, responsable Presse Paris-Charles de Gaulle m’a conseillé de m’adresser « directement aux forces de l’ordre afin d’obtenir une réponse ».


Nous avons interrogé la préfecture de Bobigny. Celle-ci nous a déclaré que cinq individus ont été interpellés, dont quatre placés en garde à vue pour non déclaration de manifestation. Le cinquième est poursuivi pour outrage à agent.


Une « protestation » revendiquée
Le site Internet d’EuroPalestine a publié un communiqué sur la « protestation » qui a duré « plus d’une heure et demie dans tout le terminal 2 sans incident » pour « protester contre l’expédition militaire annoncée par la LDJ [Ligue de défense juive, Nda] contre les Palestiniens ». Parmi les slogans : « LDJ fascistes, Sarkozy complice ! », « Sarko, Guéant, vous participez au massacre d’enfants » ! Une violence verbale et une « protestation » injustifiables.


Ces activistes seraient donc intervenus ce 18 septembre 2011 car la LDJ avait annoncé le 3 septembre 2011 un « voyage de solidarité » du « 19 au 25 septembre » en « solidarité avec nos frères israéliens vivant sur la terre de nos ancêtres de Judée et Samarie ». Un argument convaincant ? Non, car les dates de départ ne coïncident pas. D'autant que, le 18 septembre 2011, la LDJ indique sur son site, photo à l'appui, que des « militants de la Ligue bronzaient déjà sous le soleil de Judée et Samarie ».


Un prétexte pour des activistes pro-palestiniens soucieux de faire monter la tension en France à l’approche du vote onusien sur la « Palestine » ? Vraisemblablement.


En tout cas, une tension inutile dont ont fait les frais les passagers, en particulier les enfants et les personnes âgées.

Antisémitisme en 2014
En août 2014, JSS News publie une série de trois articles sur des actes antisémites visant en juillet 2014 des passagers français Juifs à destination d'Israël : vexations et fausses informations par des employés non israéliens au comptoir d'El Al lors de l'embarquement, propos agressifs "Tu n'as qu'à rentrer chez toi dans TON pays", humiliations bureaucratiques et chronophages d'employés issus de la diversité, dont certains membres du syndicat CGT, au risque de retarder le départ de l'avion, etc.

Divers témoignages révèlent de l'antisionisme : « Un jeune homme, probablement musulman, est là, habillé avec son uniforme Aéroport de Paris. Une fois l’administratif de l’embarquement terminé, alors que je m’approche des douanes, le type me dit: « le vol pour la Palestine, c’est porte 32… »

Le troisième témoignage de JSS News serait drôle s'il ne révélait pas les tracasseries bureaucratiques inventées par un agent d'ADP dès qu'il sait que son interlocuteur a la nationalité israélienne. Par contre, dès que l'interlocuteur se présente comme originaire d'Afrique du nord ou du Liban, cet agent renseigne clairement et précisément son interlocuteur.

Graffitis djihadistes
En 2014, des graffitis en arabe ont été découverts sur quatre avions de la compagnie britannique Easyjet et un avion de la compagnie espagnole Vueling dans des aéroports français, dont au minimum un tag "Allah Akbar", selon des sources policières et aéroportuaires. Trois cas ont été observés à l'aéroport de Lyon (centre-est), et deux cas à Roissy-Charles-de-Gaulle, près de Paris". A Roissy, le 24 novembre 2014, l'inscription "Allah Akbar" "a été notamment retrouvée sur la trappe à carburant d'un appareil d'Easyjet, arrivé la veille de Budapest. Elle a été effacée avant que les passagers embarquent". La société britannique, qui dessert 17 aéroports en France, a admis qu'un "petit nombre" de graffitis en arabe avait été vus en France sur des avions de la compagnie "dans les deux dernières semaines". Elle "n'a pas précisé à l'AFP la signification de ces inscriptions qui ne sont, selon elle, pas toutes en arabe". "Notre équipe de sécurité est habituée à évaluer toute menace potentielle" et ces graffitis n'ont pas été "considérés comme un problème de sécurité tant par nous que par les autorités", ajoute-t-elle. 

Ces graffitis ne sont "pas un phénomène lié aux attentats" terroristes islamistes du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis. Ils sont apparus depuis des mois, par intermittences, sur diverses compagnies aériennes. Les enquêteurs estiment que ces inscriptions ont été "inscrites avant l'arrivée de ces avions sur les plateformes aéroportuaires françaises". Ces tags suscitent des interrogations sur la sécurité dans les aéroports. Le 27 novembre 2015, Philippe Riffaut, préfet délégué pour la sécurité et la sûreté des aéroports de Roissy et du Bourget, a indiqué que les "autorisations de travail des 86 000 personnes travaillant dans la "zone réservée" des aéroports parisiens allaient être examinées".

"A supposer que nos dirigeants n'aient pas lu, ou pas voulu lire, "Les mosquées de Roissy" une photo qui connut une large diffusion aurait pu les alerter. On y voyait des syndicalistes CGT de l'aéroport faire la quenelle. Même la CGT (nationale) trouva ça écœurant. Les mis en cause expliquèrent benoîtement qu'ils ignoraient que ce geste avait une connotation anti juive. Et quand on découvrit que le comité d'entreprise qu'ils contrôlaient distribuait à la pelle des billets pour le spectacle de Dieudonné ils répondirent, en vrais démocrates qu'ils étaient, que telle était la demande de leurs adhérents. On vient d'apprendre hier que 5 employés d'ADP [Aéroports de Paris, Ndr] ont, après le carnage de Paris, été privés pour "radicalisation" de leur habilitation à travailler sur l'aéroport. Et dans la foulée, il fut annoncé qu'il y en avait eu en tout 57 depuis les attentats de janvier. Ce qui avait été passé sous silence sans doute pour ne pas choquer. Si l'on veut connaître les raisons -purement objectives- de ce qui se passe depuis des années à Roissy, un simple constat statistique s'impose. ADP est le premier employeur de Seine Saint Denis. Recommandation lui est faite de recruter autant que possible une main d'œuvre locale. Le catholicisme n'est pas la religion dominante dans le 93"(département de Seine-Saint-Denis)", a écrit Benoït Rayski (Atlantico, 29 novembre 2015).

Aéroport Saint-Exupéry de Lyon
Le 10 novembre 2019 vers 17 h 20, à l’aéroport Saint-Exupéry de Lyon, la distribution des bagages d'un vol Transavia en provenance de Tel-Aviv (Israël) a été retardée durant deux heures, sans raison ni explication. Et ce, alors que le terminal était alors quasi-vide, et que les passagers d'autres vols récupèrent leurs valises environ dix minutes après leur arrivée.

"Au  bout de 50/55 min d’attente, le public du tapis 02 commence à s’échauffer et il est clair que tout le monde a déjà compris ce qu’il se passe : les bagagistes retiennent volontairement nos bagages comme ils l’ont déjà fait plusieurs fois lors d’arrivée en provenance de Tel-Aviv !!! Plusieurs personnes, et à juste titre, perdent patience, haussent la voix. Tout leur donne raison car à ce stade et après une bonne heure d’attente, aucun  responsable  de l’aéroport ne vient s’enquérir de notre situation, sachant que de nombreuses personnes âgées attendent depuis plus d’une heure leurs valises. Se sentant sans doute, et pour cause, délaissées, méprisées, ostracisées, attaqués pour ce qu’ils sont à savoir des juifs (pour 95% des passagers du jour ), un petit nombre de personnes décident de trouver un responsable pour avoir des informations et connaître le motif de ce retard totalement disproportionné", relate CoolAmNews le 11 novembre 2019.

Et de préciser que ce groupe tente d'ouvrir la porte d'un bureau, découvre un personnel feignant la surprise dans une atmosphère tendue : "Face à une absence d’explications du personnel présent, et uniquement confrontés à des quolibets et des avertissements teintés de menaces, un ou deux passagers, croyant voir le chariot portant nos bagages (situé à 20 m de la salle d’attente des bagages), décident d’aller chercher eux-mêmes  leur valise. A ce moment-là, un bagagiste intervient physiquement pour bousculer un passager !!!! Et un début de rixe s’ensuit où tout est confus, mais très rapidement, au bout de quelques secondes, les passagers, aidés de 2/3 agents aéroportuaires, ramènent le calme afin d’éviter tout débordement. Deux gendarmes arrivent dans la foulée, et tous, nous tentons, malgré plus d’une heure d’attente et surtout de mépris de la part du personnel, de retranscrire calmement la situation à l’officier de gendarmerie présent : certes quelques-uns lèvent le ton mais sont rapidement circonscrits par la foule qui exprime surtout son ardent souhait de récupérer ses valises et d’en finir avec cette tartuferie. Et là, au lieu d’imposer la remise rapide de nos bagages, les gendarmes, puis successivement des agents aéroportuaires, vont nous tenir un discours du genre : “Ce n’est pas de notre ressort, les bagagistes, compte tenu des violences, sont désormais réticents à vous livrer nos valises etc. Certains passagers avaient des trains à prendre et l’ont loupé à cause de la volonté  manifeste d’un certain nombre de bagagistes salariés ou sous-traitants de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry, de retarder sciemment, la livraison des valises aux voyageurs en provenance de Tel-Aviv, capitale économique et touristique de l’Etat d’Israël, et ce n’est pas la première fois que cela se produit à Lyon Saint Exupéry !!! De deux choses l’une : soit la direction de l’aéroport ferme les yeux et devra assumer des troubles lors des prochains vols car il y a fort à parier que la petite bande de bagagistes militants anti sionistes / anti sémites voudra réitérer son coup d’éclat, soit elle n’a pas les moyens ni le courage de mettre fin aux agissements de ces extrémistes et là c’est plus grave. Dans les deux cas, l’image de l’aéroport, de la compagnie Transavia, en pâtit car comme lors des fois précédentes , de nombreuses vidéos et témoignages vont sans doute circuler et à juste titre car il est regrettable et inadmissible  qu’en 2019, en France , on mette deux heures pour livrer des valises à des passagers, pour des raisons politiques à forte connotation raciste et antisémite. Nous avons pu enfin, après avoir supplié le personnel présent, récupérer nos valises vers 19h20, soit deux heures après l’atterrissage!!!!"


Le 11 novembre 2019, Lyon Aéroport a twitté : "Vol 4971@Transavia: délai de livraison bagage très exceptionnel de 2h. Nous regrettons l’expérience dégradée pour les passagers. Nous étudions avec la compagnie, responsable de la livraison des bagages, les causes de cet incident opérationnel".

Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a exprimé "sa plus vive inquiétude quant aux retards récurrents dénoncés depuis déjà plusieurs mois" et s'est interrogé sur "les causes réelles qui les engendrent".

Le 12 novembre 2019, Coolamnews publiait un communiqué de l’aéroport de Lyon :
"Suite à l’article publié hier sur le site de Coolamnews concernant un retard de plus de deux heures dans la livraison des bagages du vol de dimanche en provenance de Tel-Aviv, le service « écoute client » de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry nous envoie les précisions suivantes.
Le vol en provenance de Tel Aviv 4971 de Transavia est arrivé à 17.24. C’est une période de fort trafic sur l’aéroport (pour info traitement en même temps de 7 autres vols sur l’aéroport par la société d’assistance en escale à qui la compagnie sous-traite cette activité).
A 18.26, des passagers du vol forcent les portes en zone réservée. Ce qui est formellement interdit. Les services de la Police aux Frontières et la Gendarmerie des Transports Aériens sont immédiatement intervenus.
Un agent de la société sous-traitante de la compagnie aérienne en charge de la livraison des bagages des vols est blessé à la main suite à cette tentative d’intrusion.
Le personnel de la société a alors exercé son droit de retrait suite à cet événement ce qui a généré un retard supplémentaire.
L’aéroport a mobilisé et coordonné les renforts pour gérer le reste des bagages à délivrer.
Les premiers bagages ont été délivrés à partir de 19.15 et les derniers à 19.26, soit 2 heures après l’arrivée de l’avion.
Délai de livraison non-conforme
Ce délai de livraison n’est pas conforme à la fluidité du parcours client que l’aéroport souhaite pour les passagers. Suite à cet incident opérationnel très exceptionnel, nous comprenons le mécontentement des passagers concernés et nous regrettons de ces désagréments. Nous rappelons toutefois que l’accès en zone réservée est strictement interdit pour des raisons de sécurité, ce qui reste la priorité absolue.
Nous travaillons avec la compagnie aérienne pour que son service soit plus performant en période de forte affluence comme ce dimanche soir.
Enfin, nous entendons les accusations portées par certains passagers. Nous avons lancé avec la compagnie une analyse afin d’identifier clairement les raisons de ce retard de livraison bagages et permettre d’apporter des solutions."
Le 12 novembre 2019, Aéroport de Lyon diffusait ce communiqué de presse "Vol Transavia TO4971 Tel Aviv - Lyon du 10/11/2019" :
"Dimanche 10 novembre, le vol en provenance de Tel Aviv (TEV) 4971 de Transavia (TO) est arrivé à 17.24 à Lyon-Saint Exupéry, avec 181 passagers à son bord.
Suite à une attente anormalement longue de la livraison de leurs bagages, des passagers ont manifesté leur mécontentement auprès de la société en charge de la livraison des bagages prestataire de la compagnie Transavia.
Les bagages ont finalement pu être livrés entre 19h15 et 19h26, avec l’aide du personnel de l’aéroport. Suite à l’analyse détaillée de l’incident, il s’avère que ce retard important est dû à une erreur opérationnelle de ce prestataire.
Lyon Aéroport déplore naturellement cet événement et comprend le mécontentement des passagers concernés.
Suite à cet incident opérationnel, Lyon Aéroport a pris contact avec Transavia et son prestataire afin qu’ils mettent en place immédiatement un plan d’actions visant à assurer que cette situation ne se reproduira pas et que le service de la compagnie aérienne sera plus performant en période de forte affluence.
L’expérience dégradée qu’ils ont vécue ne correspond absolument pas au niveau de qualité de services que l’aéroport propose habituellement à ses passagers.
Ce retard est en effet tout à fait exceptionnel à l’aéroport Lyon-Saint Exupéry. Concernant la compagnie Transavia et son prestataire Aviapartner, en charge de la gestion des bagages de leurs passagers, le temps de livraison moyen du 1er bagage tous vols confondus est de 24 min, et de 23 min pour les vols de Transavia en provenance de Tel Aviv (moyenne depuis le 1er janvier 2019)".
Lyon-Magazine a publié deux articles sur cette affaire. Dans le second, elle donnait la parole au personnel de l'aéroport :
"Selon Atef Ben Hamouda, délégué syndical d’UNSA, le retard dans la livraison des bagages n’était absolument pas volontaire. « Un collègue était en train de décharger des bagages d’un vol Air Algérie quand il a vu débarquer une dizaine de personnes en furie, qui se saisissaient des valises en pensant que c’étaient les leurs. Il leur a demandé de retourner dans l’aéroport car elles n’avaient pas le droit d’être ici après avoir forcé une porte aimantée. Elles lui ont fracturé le doigt, il est arrêté jusqu’au 25 novembre. Une collègue a ensuite été étranglée. Les deux vont porter plainte », nous indique-t-il.
« C’est déjà la deuxième intrusion sur les pistes après l’épisode de la voiture folle (en septembre 2018 ndlr). On ne se sent plus en sécurité », regrette Atef Ben Hamouda, qui trouve « choquant de passer pour des antisémites ».
« Cela n’a rien à voir avec la provenance des vols et des bagages. C’est un problème de sous-effectif. Les passagers des vols d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, ils attendent comme les autres », nous indique un autre bagagiste lyonnais. Ce soir-là, de nombreux avions sont arrivés dans la soirée, et la situation était difficilement gérable pour les quelques bagagistes dépêchés sur les pistes."
Le 12 novembre 2019, le Centre Simon Wiesenthal (CSW)- Europe s'est indigné dans un communiqué intitulé "Protestation du Centre Wiesenthal : des passagers arrivés de Tel-Aviv à l’aéroport de Lyon seraient victimes d’une forme habituelle et délibérée de boycott antisémite
"Dans une lettre adressée à Clive Sauvé-Hopkins, directeur général de la société de services aéroportuaires Aviapartner, le directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal, Shimon Samuels, s’est dit « choqué d’apprendre que, dimanche après-midi, les passagers du vol Transavia Tel-Aviv-Lyon ont dû attendre deux longues heures leurs bagages. Il semble qu’il s’agisse d’une forme délibérée de boycott de la part des bagagistes d’Aviapartner ».
La lettre se poursuivait en ces termes : « Quand ces passagers ont protesté en voyant que ceux de vols arrivés après eux avaient reçu leurs bagages en temps voulu, la police a dû intervenir et s’interposer en médiateur pour leur permettre de récupérer les leurs.
« Les bagagistes d’Aviapartner auraient allégué qu’ils étaient surchargés de travail et que les passagers de ce vol s’étaient montrés agressifs… Cependant, le panneau des arrivées (des vols gérés par Aviapartner) affichait que le vol Transavia de Tel-Aviv avait atterri une heure après celui d’Air Algérie parti de Sétif et arrivé à 16h15, 20 minutes avant le vol TAP de Lisbonne, 30 minutes avant un autre vol Air Algérie parti d’Alger, et suivi d’une série de vols arrivés à 17h55 en provenance de Casablanca, Paris et Francfort.  Tous les passagers des autres vols dont le service est assuré par cette société ont reçu leurs bagages en temps voulu, ceux de Tel-Aviv ont dû patienter pendant deux longues heures… »
La lettre indiquait qu’« apparemment, aucun des passagers des vols mentionnés ci-dessus n’a protesté contre un quelconque retard dans la livraison de ses bagages. Il semble que tous les passagers des autres vols desservis par Aviapartner ont reçu leurs valises en temps voulu, dans un délai normal d’une demi-heure après l’atterrissage. Seuls les passagers de Tel-Aviv ont dû attendre deux longues heures ».
Selon d’autres sources, le retard de livraison des bagages en provenance de Tel-Aviv est habituel à l’aéroport de Lyon et semble être une forme délibérée de discrimination de la part d’une poignée d’employés, discrimination motivée par des raisons politiques.
Incidemment, le même aéroport a été le théâtre d’un scandale : en mars 2018, un bagagiste a proféré sur Twitter des propos violemment antisémites et homophobes (voir https://www.20minutes.fr/societe/2237743-20180314-lyon-employe-aeroport-vire-provisoirement-apres-propos-homophobes-antisemites-reseaux-sociaux). L’employé aurait réintégré son poste après un renvoi de courte durée.
« Toute forme de boycott d’Israël ou de citoyens israéliens – selon la définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste – est considérée comme un acte antisémite par la loi française. Vos services ont semble-t-il ouvert une enquête sur ce dernier épisode, constatait M. Samuels. Nous espérons qu’elle sera rapide, transparente et concluante, et qu’elle donnera lieu à des mesures disciplinaires établies par la direction d’Aviapartner au sein de toute votre société », concluait M. Samuels.
Copie de cette lettre a été adressée aux actionnaires institutionnels et individuels de l’aéroport de Lyon."
Le 13 novembre 2019, le député Meyer Habib a posté sur son compte Facebook la lettre qu'il a adressée à Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports en commentant ainsi :
"SOUPÇONS DE DISCRIMINATION ANTISÉMITE A L’ENCONTRE DES PASSAGERS EN PROVENANCE D’ISRAËL A L’AÉROPORT DE LYON SAINT-EXUPERY - MA LETTRE AU SECRÉTAIRE D’ÉTAT CHARGÉ DES TRANSPORTS
Saisi par beaucoup d’entre vous, dont de nombreux administrés, suite cet incident qui a suscité un tollé, vous trouverez ci-joint ma lettre d’hier à Jean-Baptiste Djebbari".
Près de trois semaines après les faits, l'aéroport n'avait pas informé sur l'enquête interne diligentée sur ces faits graves.

Le 3 décembre 2019, je publiais cet article en l'actualisant par ces faits récents. Je le signalais sur Twitter par deux posts, l'un en français, l'autre en anglais.

Le 4 décembre 2019, Lyon Aéroport me répondait sur Twitter en envoyant vers son communiqué du 13 novembre 2019
"This delay was due to an operational error by the airline's baggage service provider due to high traffic. The average delivery time on flights from Tel Aviv is 23min compared to 24min on other Transavia flights. More informations here:" ("Ce délai a été causé par une erreur opérationnelle par le prestataire du service des bagages de la compagnie aérienne en raison d'un trafic important. La durée moyenne sur les vols de Tel Aviv est de 23 minutes comparée à 24 minutes sur d'autres vols de Transavia. Plus d'informations ici")
Curieusement, Lyon Aéroport et Transavia n'ont pas indiqué le nom du prestataire chargé de remettre les bagages à leurs propriétaires passagers dudit vol.

Articles sur ce blog concernant :
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Cet article a été publié le 18 septembre 2011, 11 août 2014 et 29 novembre 2015.

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