Citations

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mercredi 13 mars 2019

Gerda Taro (1910–1937)


Gerda Taro (1910–1937) était une photojournaliste juive allemande talentueuse ayant fui le nazisme en s'installant à Paris. Compagne de Robert Capa dont elle a contribué à la naissance de sa légende comme photographe américain, elle est rendue célèbre par ses reportages sur la guerre d'Espagne. Après des décennies de marginalisation, voire d'oubli, divers livres, expositions ou documentaires ont réhabilité Gerda Taro en la plaçant parmi les meilleures photographes de guerre. Le 14 mars 2019 à 18 h 30, le Centre Edmond Fleg Marseille organise la rencontre "La fille au Leica", avec Helena Janeckzek, auteur du livre éponyme, et Marguerite Pozzoli, traductrice. 

Gerda Taro (Stuttgart, 1910 – Brunete, Espagne, 1937) est « l’une des premières femmes photojournalistes reconnues ». « Née Gerta Pohorylle à Stuttgart, elle est élevée à Leipzig dans une famille juive de classe moyenne » originaire de Galicie.

A l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933, cette « militante socialiste » a fui l'Allemagne nazie. Avec son amie Ruth Cerf, elle s'installe à Paris où elle survit en exerçant divers métiers. Elle est membre du groupe Leipziger Kreis aux côtés de Trudel Frank-Fromm, Ruth Cerf et Willi Chardack. Le lieu de rendez-vous de ce groupe auquel se joignent des membres du S.A.P en exil, dont Willy Brandt ? Le café Capoulade sur le boulevard Saint-Michel. Gerda Taro collabore comme assistante à l'agence Alliance-Photo fondée par Maria Eisner, Pierre Verger et Pierre Boucher.

Gerda Taro se lie à un jeune photographe hongrois,  « André » Friedmann, dont elle a contribué à écrire la légende de "photographe américain". Elle se lance dans la photographie. Alors que Capa utilise son Leica, elle recourt à son Roflex Korelle donnant des photos carrées.

Le 4 février 1936, Gerda Taro a obtenu sa carte de presse de l'A.B.C.-Press-Service, agence de photos néerlandaise.

Au printemps 1936, les deux jeunes photographes "se réinventent pour devenir Robert Capa et Gerda Taro ». En août 1936, ils se rendent en Espagne comme photographes indépendants afin de « documenter la cause républicaine pour la presse française.

« Pionnière du photojournalisme », Gerda Taro s’intéresse quasi-uniquement à la « photographie dramatique des lignes de front de la guerre d’Espagne. Son style se rapproche de celui de Capa, mais diffère par son intérêt pour les compositions formelles et le degré d’intensité avec lequel elle photographie des sujets morbides. Taro travaille aux côtés de Capa, avec lequel elle collabore de près. Lors d’un reportage sur la bataille de Brunete, conflit décisif de la guerre d’Espagne, elle est mortellement blessée par un char allemand. Taro fut la première femme photographe tuée lors d’un reportage de guerre ».

Le 1er août 1937, lors de son enterrement au cimetière du Père-Lachaise, son éloge funèbre est dit par Pablo Neruda et Louis Aragon. Sa tombe située près du mur des Fédérés, est conçue par le sculpteur Alberto Giacometti à l'invitation du poète et romancier communiste Louis Aragon : cet artiste "l'orne d'une simple vasque et d'un oiseau mythologique, le faucon Horus, symbole de lumière et de résurrection".

En 1938, en hommage à Gerda Taro, Robert Capa a publié "Death in the Making", réunissant leurs photographies communes.

Après la mort de Robert Capa en 1954, l'agence Magnum a attribué à Capa des photographies prises par Gerda Taro.

Ce n'est que récemment que l'oeuvre de Gerda Taro est sortie de l'oubli.

En 2013, le musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahJ) avait présenté l'exposition La valise mexicaine. Capa, Taro, Chim.

Le 1er août 2018, Google a rendu hommage à Gerda Taro par un Doodle.

Le 14 mars 2019 à 18 h 30, le Centre Edmond Fleg Marseille et l'Institut culturel italient organisent la rencontre autour de "La fille au Leica", avec Helena Janeckzek, auteur du livre éponyme, et Marguerite Pozzoli, traductrice. "Si Robert Capa est universellement connu, Gerda Taro, sa compagne qui connut une fin tragique à vingt-six ans, lors d’un reportage sur la guerre d’Espagne, l’est beaucoup moins. Helena Janeczek fait revivre une figure étonnamment émancipée pour son époque, une femme élégante et lumineuse, plus proche de nous que jamais."


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