Citations

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dimanche 24 décembre 2017

« Autant en emporte le vent » par Victor Fleming, George Cukor et Sam Wood


Arte diffusera le 25 décembre 2017 « Autant en emporte le vent » réalisé par Victor Fleming, George Cukor et Sam Wood, et produit par David O. Selznick, génial producteur juif américain. « Tiré du roman de Margaret Mitchell, ce classique raconte la vie tumultueuse de Scarlett O'Hara sur fond de guerre de Sécession... Un monument du cinéma, quintessence du savoir-faire hollywoodien de l'âge d'or, sublimé par le couple incandescent et subtilement sulfureux formé par Vivien Leigh et Clark Gable ». Un chef d'oeuvre hollywoodien qui a suscité une polémique injustifiée.


« Géorgie, 1861. La guerre de Sécession, opposant les États du Nord et du Sud, est sur le point d’éclater. À Tara, dans la plantation de la famille O’Hara, Scarlett se prépare pour le bal donné aux Douze Chênes, la propriété des Wilkes. La jeune fille y attire tous les regards, et notamment celui de Rhett Butler, un richissime homme d’affaires. Mais Scarlett n’a d’yeux que pour Ashley, dont elle est amoureuse. Or, on annonce les fiançailles de ce dernier avec une autre, la jeune Melanie Hamilton. Au cours d’une entrevue, Scarlett lui déclare néanmoins son amour, mais il la repousse. Bientôt, la guerre éclate… »

« Monument couronné par huit Oscars » - un nombre à nuancer -, « Autant en emporte le vent » est sans doute le film d’amour (ou de désir, car le double langage est constant) le plus célèbre de l’histoire du cinéma ». Si le choix de Clark Gable s'est vite imposé, celui de l'actrice devant incarner Scarlett était convoité par les stars qui n'ont pas hésité à tourner des essais. Finalement, Myron Selznick, agent artistique et frère du producteur David O. Selznick présente à ce dernier Vivien Leigh, comédienne britannique et alors compagne de Laurence Olivier.

« L'incendie d'Atlanta, la fuite vers Tara, le travelling qui suit le départ de Scarlett pour dévoiler un immense champ de bataille semé de morts et de blessés, avant de s'arrêter sur un drapeau flottant au vent, celui de la confédération… : la mise en scène – à laquelle ont participé George Cukor et Sam Wood, avant d'être congédiés pour incompatibilité avec l'orageux couple vedette – garde toute sa flamboyante efficacité, même quand on en connaît par cœur les séquences les plus spectaculaires, toujours aussi poignantes ». 

« Magnifiée par un Technicolor restauré pour la dernière fois en 1998, peu avant les 60 ans de ce chef-d'œuvre bientôt octogénaire, cette fresque sans temps mort représente la quintessence du savoir-faire hollywoodien de l'âge d'or ». Le couple flamboyant Clark Gable-Vivien Leigh contraste avec celui calme formé par Leslie Howard et Olivia de Havilland, toute de bonté et de dévouement. Vivien Leigh incarne avec brio une jeune Sudiste coquette, intelligente, bonne gestionnaire de son exploitation agricole Tara en Géorgie, indépendante, matérialiste, égoïste, et qui poursuit un rêve insensé sans percevoir, ou en prenant conscience tardivement que Rhett Butler s'avère l'homme de sa vie, le plus adapté à sa personnalité.

« L'attraction du brûlant duo Clark Gable-Vivien Leigh demeure elle aussi intacte, comme le talent de Hattie McDaniel, première actrice Noire récompensée d’un Oscar. Son merveilleux personnage de nounou avisée contrebalance discrètement l’absence totale – dans le livre comme dans le roman – de repentir politique sur la question de l’esclavage ».

Lors de la 12e cérémonie des Academy Awards du 29 février 1940, ce chef d’œuvre a reçu l’Oscar dans les catégories : Actress - Vivien Leigh -, Actress in a Supporting Role (meilleure actrice dans un second rôle) – Hattie McDaniel (Olivia de Havilland concourait aussi dans cette catégorie pour Gone with the Wind) -, de la Direction artistique – Lyle Wheeler -, Cinématographie (Couleurs) – Ernest Haller et Ray Rennahan -, Réalisation – Victor Fleming -, Film Editing (Montage) - Hal C. Kern et James E. Newcom -, Outsanding Production - Selznick International Pictures -, Writing (ScreenPlay) ou Scénario – Sidney Howard -.

Il a aussi été distingué par un Special Award à William Cameron Menzies "for outstanding achievement in the use of color for the enhancement of dramatic mood in the production of Gone with the Wind" et le Irving G. Thalberg Memorial Award décerné au producteur David O. Selznick. Huit Oscars et deux Awards prestigieux. Quatorze nominations, neuf victoires... L'Academy a su honorer l'équipe artistique et technique d'un film qui s'imposait par son ambition, son récit, sa distribution... Gone with the Wind a été le premier film en couleurs à remporter un Academy Award comme Best Picture (Meilleur film).

Clark Gable est nominé, mais Robert Donat remporte l’Oscar du meilleur acteur pour Goodbye, Mr. Chips, par Sam Wood.

Gone with the Wind est aussi sélectionné dans d’autres catégories : Sound Recording (Enregistrement sonore) - Samuel Goldwyn Studio Sound Department, Thomas T. Moulton, Sound Director -, et Music (Original Score) – Max Steiner -.

En 1940, avaient été sélectionnés d’autres chefs d’œuvre : Ninotchka par Ernst Lubitsch, Wuthering Heights par William Wyler, Mr Smith Goes to Washington par Frank Capra, Love Affair par Leo McCarey, Dark Victory par Edmund Goulding, Gulliver’s Travels par Dave Fleischer, The Wizard of Oz, par Victor Fleming, King Vidor, George Cukor et Norman Taurog...

Polémique
Des mouvements de gauche et suprématistes afroaméricains dénigrent l'histoire américaine qu'ils veulent expurger de pans entiers et de figures historiques qui leur déplaisent en apposant une grille de lecture morale sur l'Histoire. Ils détruisent les statues honorant des officiers confédérés morts pendant la Guerre civile ou Guerre de Sécession, etc.

Le Président américain Donald Trump s'est opposé à la démolition de monuments confédérés considérant que leur retrait était « une mise en mise en pièces » de l'histoire américaine : «George Washington possédait des esclaves (...). Est-ce qu'on va enlever ses statues? Et Thomas Jefferson ? Est-ce qu'on va enlever ses statues ? Il possédait beaucoup d'esclaves ».

En août 2017, "deux semaines après la tragédie de Charlottesville, un cinéma de Memphis a suspendu sa projection annuelle du film de Victor Fleming sorti en salles en 1939, estimant que cette œuvre aux dix Oscars, qui plonge dans la Guerre de Sécession, était insensible au public afro-américain". L'Orpheum, salle de cinéma du Tennessee, au sud des États-Unis, le projetait depuis 34 ans.

"Un cinéma de Memphis, au Tennessee, a déprogrammé Autant en emporte le vent, un authentique chef-d’œuvre de l’histoire du cinéma. Pourquoi ? Parce qu’il représenterait une vision du passé américain heurtant la sensibilité de certains militants particulièrement zélés. Alors vite, on le censure. C’est ainsi qu’on étouffe aujourd’hui la culture et la liberté d’expression. Quel sera le prochain film déprogrammé ? Vive l’interdit !", a écrit Mathieu Bock-Côté, docteur en sociologie québécois, le 31 août 2017

Et d'ajouter :
"Sans trop nous en rendre compte, nous entrons dans ce qu’on pourrait appeler la phase radicale de la révolution multiculturaliste. Et cela ne s’arrêtera pas. Tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, contredit les valeurs de la « diversité » pourra désormais être mis en procès.
Tôt ou tard, on brûlera des livres, ou du moins, on verra des militants rageurs faire le tour des bibliothèques pour les épurer. Au nom de la tolérance, on justifiera le fanatisme.
À tel philosophe, on reprochera d’avoir justifié le colonialisme. À tel écrivain, on reprochera son « sexisme ». L’anachronisme s’allie au fanatisme. Tous finiront par y passer.
Peut-être faudra-t-il une permission spéciale pour lire Aristote, Balzac, Flaubert, Houellebecq ou Kundera ?
D’ailleurs, bien des intellectuels sont déjà jugés infréquentables. On a inventé pour eux un nouvel index. Qui dit leur nom passe pour un monstre.
Il y aura toujours, ici ou là, un petit esprit pour crier au racisme et pour réclamer une purge.
En fait, cela existe déjà. On appelle ça le politiquement correct, et il règne à l’université.
Fanatisme
C’est un paradoxe fascinant : officiellement, l’université repose sur le culte de la plus grande liberté intellectuelle qui soit. Dans les faits, elle couve un nouveau fanatisme qui s’est révélé ces derniers mois à travers l’annulation de nombreuses conférences.
Les idées en contradiction avec la gauche multiculturaliste sont stigmatisées. S’il le faut, on misera sur la perturbation pour les interdire.
D’une statue déboulonnée à un film déprogrammé, jusqu’aux livres qui seront tôt ou tard retirés de la circulation, on assiste à une entreprise d’éradication culturelle.
Le constat est navrant : si les représentants autoproclamés d’une minorité victimaire pleurent en se disant blessés par une œuvre, nos dirigeants invertébrés se plieront devant eux et l’évacueront de l’espace public.
Nous vivons dans une société de plus en plus étouffante, de moins en moins libre".

« Autant en emporte le vent » par Victor Fleming, George Cukor et Sam Wood
Etats-Unis, 1939
Image : Ernest Haller
Montage : Hal C. Kern, James Newcom
Musique : Max Steiner
Auteur : Margaret Mitchell
Costumes : Walter Plunkett
Production : Selznick International Pictures, MGM
Producteur/-trice : David O. Selznick
Réalisation : Victor Fleming, George Cukor, Sam Wood
Scénario : Sidney Howard
Acteurs : Clark Gable, Vivien Leigh, Leslie Howard, Olivia de Havilland, Thomas Mitchell, Evelyn Keyes, Barbara O'Neil, Ann Rutherford, George Reeves, Fred Crane, Hattie McDaniel, Rand Brooks, Butterfly McQueen, Victor Jory, Everett Brown, Howard C. Hickman, Alicia Rhett
Sur Arte les 25 décembre 2017 à 20 h 55, 28 décembre 2017 à 13 h 55, 5 janvier 2018 à 13 h 50 et 9 janvier 2018

Visuels :
Affiche du film
Clark Gable (Rhett Butler)
Clark Gable (Rhett Butler) et Vivien Leigh (Scarlett O'Hara)
Vivien Leigh (Scarlett O'Hara)
Vivien Leigh (Scarlett O'Hara) et Hattie MacDaniel (Mammy)
Leslie Howard (Ashley Wilkes) et Olivia De Havilland (Melanie Hamilton)
© Warner Bros

David O. Selznick, with presenter Ernest Martin Hopkins
© http://www.oscars.org/oscars/ceremonies/1940/G?fid=7961

Les citations sont d'Arte.

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