Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 7 juillet 2020

Peter Ustinov (1921-2004)


Peter Ustinov (1921-2004) était un comédien, producteur, écrivain, metteur en scène et réalisateur - Lady L - polyglotte britannique, puis dès les années 1960 suisse. Arte diffusera les 7 juillet 2020 "Spartacus" de Stanley Kubrick et 10 juillet 2020 "Meurtre au soleil" (Das Böse unter der Sonne) de Guy Hamilton d'après un roman d'Agatha Christie. 
  
Fred Astaire (1899-1987)
Lauren Bacall (1924-2014)
Frank Sinatra (1915-1998)
Barbra Streisand
Liv Ullmann


Sir Peter Ustinov (1921-2004) est né à Londres dans une famille aux ascendances variées. Son père travaille dans les services secrets allemands, puis en 1935, deux ans après l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler, sert le MI5, qui sera renommé M16 durant la Deuxième Guerre mondiale. D’origine franco-russe-vénitienne, sa mère est peintre et créatrice de costumes pour des ballets.

Un arrière-grand-père de Peter Ustinov était un missionnaire luthérien d’origine polonaise, converti au luthéranisme et s’était marié en Eretz Israël (Terre d'Israël), alors dans l’empire ottoman, avec une germano-éthiopienne.

Scolarisé à la Westminster School de Londres, il étudie l’art dramatique.

Il débute sa carrière comme dramaturge, et se fait apprécier comme imitateur et comédien comique.

En 1940, il rédige sa première pièce de théâtre Fishing for Shadows, interprète un rôle majeur dans la revue Swinging the Gate et met en scène House of Regrets.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, il s’engage dans les Commandos, rencontre l’acteur David Niven au Service cinématographique des armées, tourne dans One of Our Aircraft Is Missing (1943).

Après le conflit, Peter Ustinov, polyglotte (anglais, français, espagnol, italien, allemand, russe), mène une carrière à la radio – « In All Directions », série populaire (1952-1955) -, au cinéma, au théâtre - Crime et Châtiment (1946), Le Roi Lear (1979), Une soirée avec Peter Ustinov (1990-1993) - et à la télévision dans le Royaume-Uni et dans le monde, comme scénariste - L'Héroïque Parade (The Way Ahead) de Carol Reed (1944) -, auteur - The Love of Four Colonels (L’Amour des quatre colonels) en 1951, Le Beau Brummel (Beau Brummell) de Curtis Bernhardt en 1954, Comme de mal entendu en 1974 - réalisateur - Billy Budd (1962), Lady L (1965) - et comédien : Quo Vadis (1951) de Mervyn LeRoy, Lola Montès (1955) de Max Ophüls, Les Espions de Henri-Georges Clouzot en 1957, Spartacus (1960), Topkapi de Jules Dassin (1964), Jésus de Nazareth (1977) de Franco Zeffirelli et Un taxi mauve d'Yves Boisset, La Révolution française (1989) de Robert Enrico et Richard T. Heffron.

Il est distingué notamment par l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle en 1961, pour le rôle d’un trafiquant d’esclaves dans Spartacus, et celui d’un escroc dans Topkapi en 1965.

Peter Ustinov a été aussi nommé ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF.

En 2003, à Vienne, il a créé l’Institut Ustinov visant à rassembler des informations sur les cultures.

De ses trois mariages, il a eu quatre enfants.

"Spartacus"

Arte diffusera le 5 juillet 2020 "Spartacus", réalisé par Stanley Kubrick. 

"Tourné durant les derniers soubresauts du maccarthysme, ce film, mis en scène par Stanley Kubrick avec la complicité de Kirk Douglas, dénonce le fascisme à travers une révolte d'esclaves. Un des premiers péplums "adulte", porté par la magie du Cinémascope et une distribution impeccable : Kirk Douglas, Laurence Olivier, Charles Laughton, Jean Simmons et Tony Curtis."


"Rome, en l’an 69 avant J.-C. Batiatus, le directeur d’une école de gladiateurs de Capoue, rachète l’esclave thrace Spartacus pour lui apprendre à combattre et à mourir dans l’arène. Mais le jeune gladiateur refuse de se soumettre et prend la tête d’une révolte, regroupant des dizaines de milliers d’esclaves. À eux tous, ils infligent une défaite à l’armée du Sénat. Furieux d’avoir vu l’un de ses protégés être roué de coups par les insurgés, Crassus accepte de mater cette insurrection… "

"Spartacus connut un tournage orageux, à l’image de la rébellion qu’il met en scène. Figurant sur la "liste noire" des professionnels d'Hollywood désignés comme politiquement suspects par les zélotes du maccarthysme, Dalton Trumbo avait écrit le script sous un pseudonyme. Indignés par cette mise à l’index, Charles Laughton et Peter Ustinov révélèrent l’affaire à la presse, ce qui contraignit la production à rétablir son nom au générique. Auparavant, le réalisateur Anthony Mann avait quitté l’aventure, exaspéré par les ingérences de Kirk Douglas – acteur principal et commanditaire du film. Celui-ci engagea à sa place le jeune Stanley Kubrick, qui venait d’abandonner un tournage en raison du même type de différend, avec Marlon Brando cette fois." 

"D’un bout à l’autre de ce film fleuve, porté par l’efficacité hors pair du grand spectacle hollywoodien, l’esclave magnifique et ses compagnons nous communiquent leur jubilation à secouer un joug devenu insupportable, leur rage et leur souffrance quand la révolte est réprimée. Ce premier péplum "adulte" de l’histoire du cinéma reflète l’engagement du tandem Douglas-Kubrick. À travers la condition des gladiateurs, ils entendaient faire le procès d’une moderne tyrannie et des manipulations politiques. Le tournage en Cinémascope et le casting époustouflant contribuent aussi à la force épique du film". 


"Le projet de Spartacus est étranger à Stanley Kubrick et c’est en cours de tournage que Kirk Douglas, star et producteur du film contacte l’auteur des Sentiers de la gloire. Il recherche en Kubrick un complice plus obéissant et adapté que le vétéran Anthony Mann, en désaccord avec sa vision du gladiateur révolté et surtout pas assez rapide et malléable. Douglas assume la responsabilité de se séparer à l’amiable du maître du western après le tournage de plusieurs scènes importantes, parmi lesquelles une grande bataille et l’ouverture du film. Kubrick accepte de le remplacer et se retrouve à 28 ans à la tête d’une superproduction hollywoodienne. S’il s’adapte sans aucun problème aux contraintes d’un gros budget, il ne se soumet en aucune façon au contrôle de Douglas et se révèle bientôt aussi capricieux que la star. Le résultat final sera un succès commercial mais ne suscite qu’un enthousiasme modéré de la critique et des cinéphiles, qui distinguent mal les ambitions politiques du projet (adapté d’un roman de l’écrivain marxiste Howard Fast, scénarisé par le « black listé » Dalton Trumbo) des conventions kitsch du péplum hollywoodien. Quand on revoit le film aujourd’hui les combats dans l’arène, la transformation des esclaves en machines à tuer, l’ordonnance quasi géométrique de la scène de bataille finale sont pourtant de purs moments de cinéma kubrickien, qui anticipent les bagarres d’Orange mécanique, les duels de Barry Lyndon, les ballets spatiaux de 2001, l’odyssée de l’espace ou l’entraînement des recrues de Full Metal Jacket. En revanche, le message humaniste de Spartacus semble bien étranger aux préoccupations de Kubrick, qui préféra toujours s’intéresser aux antihéros grotesques ou névrosés plutôt qu’aux chefs messianiques. Devenu un classique, Spartacus est aussi un beau film, résultat d’une collaboration très tendue entre l’acteur aux idées progressistes et le jeune et génial artiste, qui peinera à cacher son scepticisme devant la validité d’une telle entreprise, et rechignera toute sa vie à inclure Spartacus dans sa filmographie officielle", a analysé Olivier Père.

En 2012, Open Road Media a publié I Am Spartacus! Making a Film, Breaking the Blacklist, de Kirk Douglas, alors âgé de 95 ans. Un livre électronique préfacé par George Clooney et illustré de photographies inédites du tournage. Et, dans sa version audio, ce livre est lu par… Michael Douglas, fils de Kirk Douglas, acteur et producteur de films ayant marqué l'histoire du cinéma.

« En 1959, Kirk Douglas met en chantier, en tant que producteur, un projet considérable : l'adaptation de Spartacus, best-seller d'Howard Fast. Stanley Kubrick sera le réalisateur, Douglas jouera le célèbre esclave rebelle, Laurence Olivier, Tony Curtis, Jean Simmons, Peter Ustinov, Charles Laughton tiendront des rôles secondaires. Pour l'adaptation, Douglas engage le grand scénariste Dalton Trumbo. Or celui-ci, inscrit sur la liste noire de Joseph McCarthy, vient de passer un an en prison. Il doit donc travailler sous pseudonyme.

 Dans ce livre publié aux Etats-Unis en 2012, l'acteur « décrit la mise en place d'un projet de grande envergure ; les relations orageuses avec Kubrick, avec qui il venait de tourner - et de produire - Les Sentiers de la gloire ; les caprices des acteurs, notamment la rivalité entre Ustinov et Laughton ; les difficultés pour parvenir à un montage définitif. Livre à la fois au passé et au présent, mémoires et prise de parole d'un acteur soucieux depuis toujours de la chose politique, I am Spartacus ! raconte l'épopée du film qui permit à Hollywood de tourner enfin la page de la liste noire  ».


« Quand je repense à Spartacus aujourd'hui - avec plus de cinquante ans de recul - je suis sidéré que toute cette histoire ait réellement eu lieu. Tout était contre nous : la politique de l'ère McCarthy, la concurrence avec un autre film - tout », observait Kirk Douglas.

"Meurtre au soleil"
Arte diffusera le 10 juillet 2020 "Meurtre au soleil" (Das Böse unter der Sonne) de Guy Hamilton. 

"Une célèbre actrice est assassinée sur une île paradisiaque en Méditerranée. Hercule Poirot (Peter Ustinov) reprend du service... Plein d’esprit et rondement mené, ce huis clos insulaire brille autant par son humour british que par la richesse de son casting : Jane Birkin, James Mason, Maggie Smith et Diana Rigg."

"Une affaire de fraude à l’assurance amène le détective Hercule Poirot sur une île enchanteresse de la riviera albanaise : il doit y surveiller Arlena Marshall (Diana Rigg, ex-Emma Peel), comédienne égocentrique, récemment remariée, soupçonnée d’avoir subtilisé un diamant. Celle-ci collectionne les ennemis dans le palace où elle est descendue : un producteur qui la presse de reprendre un rôle (James Mason), un échotier à qui elle refuse la sortie d’une biographie croustillante, une épouse jalouse et coincée (Jane Birkin), la propriétaire de l’hôtel (Maggie Smith), ancienne camarade de revue, excédée par ses caprices... Aussi, quand Arlena est retrouvée étranglée sur une plage, les mobiles ne manquent pas. "


"Sur cette île perdue au milieu de l’Adriatique (Majorque, en réalité), le Belge Hercule Poirot (Peter Ustinov) traque le mal sous le soleil sans s’affoler, gagné par la langueur estivale. Entre deux bains de soleil, la clientèle huppée de l’hôtel, tenu par l’élégante et pragmatique Daphne, s’échange des piques, dans un défilé de tenues au chic tapageur, qu’elle arborera pour la traditionnelle réunion dans le salon rococo, lorsque Poirot confondra le coupable. Plein d’esprit, ce huis clos insulaire à la mécanique bien huilée brille autant par son humour british, ses dialogues affûtés que par son impeccable casting. Une adaptation d’un roman d’Agatha Christie au délicieux parfum de vacances, enveloppée par la douce musique du grand Cole Porter." 


« Rendez-vous avec la mort » par Michael Winner 
« Rendez-vous avec la mort » (Rendezvous mit einer Leiche) est un film réalisé par Michael Winner, avec Peter Ustinov, Lauren Bacall, Carrie Fisher, John Gielgud, Piper Laurie, Hayley Mills, Jenny Seagrove, Michael Craig

« Une riche veuve est assassinée lors d'une croisière vers la Terre sainte. Peter Ustinov mène l'enquête dans le costume d'Hercule Poirot et Lauren Bacall lui donne la réplique ». Une adaptation du roman Appointment with Deathd'Agatha Christie.

« New Jersey, 1937. À la mort de Mr Boynton, ses enfants, Ginevra, Lennox, Carol et Raymond, apprennent que leur père a légué toute sa fortune à leur belle-mère détestée, Emily. Pour détendre l'atmosphère, celle-ci leur propose une croisière vers la Terre sainte. Sur le bateau, les passagers font connaissance. Il y a là Sarah King, une belle doctoresse, Cope, l'avocat, Hercule Poirot, lady Westholme, membre du Parlement, et son amie miss Quinton. Lorsqu'Emily est assassinée, Hercule Poirot se charge de l'enquête… »

« Peter Ustinov a incarné Hercule Poirot dans pas moins de six films en dix ans. Pourtant, en apparence, il est peut-être l'interprète qui ressemble le moins au célèbre détective privé belge, créé par Agatha Christie avec moins de cheveux et nettement plus de sveltesse. Mais le talent de l'acteur fait largement oublier ces détails physiques ».

« À l'image du héros, il fait montre d'un sens de l'humour très british, à peine entamé par une occasionnelle fatuité (toute continentale, selon la chauvine Agatha). Passant avec délectation ses suspects sur le gril, de Mort sur le Nil à Rendez-vous avec la mort, il campe un limier sédentaire, à la fois simple et distingué, incorruptible et débonnaire, qui ne se départit jamais de son bon sens ».


Un film bien joué par des grands comédiens, dont Lauren Bacall et Sir John Gielgud, au dénouement étonnant et dont l'action se situe en Eretz Israël.



“Le rire est la musique la plus civilisée du monde.”

“Les juifs nous ont donné Jésus-Christ et Karl Marx, et ils se sont payés le luxe de ne suivre ni l'un ni l'autre.”


L'optimiste est celui qui sait à quel point le monde peut être triste. Le pessimiste, celui qui le découvre tous les jours.”


“Si le monde explose, la dernière voix audible sera celle d'un expert disant que la chose est impossible.”


“Tout le monde fait des bêtises. Le fin du fin, c'est de les faire au moment où personne ne regarde.”


“Si les Anglais hésitent à aller voir une comédie le samedi soir, c'est qu'ils ont peur d'en rire à l'office du dimanche.”


“Si les Anglais ont inventé beaucoup de sports, c'est que, dès qu'ils se sentent dépassés dans l'un d'eux par une nation étrangère, ils en inventent un autre.”


“Les parents sont des os sur lesquels les enfants font leurs dents.”




"Spartacus", réalisé par Stanley Kubrick
Etats-Unis, 1960, 197 minutes
Auteur : Howard Fast
Scénario : Dalton Trumbo
Production : Bryna Productions, Universal Pictures
Producteur/-trice : Edward Lewis, Kirk Douglas
Image : Russell Metty, Clifford Stine
Montage : Robert Lawrence
Musique : Alex North
Avec Kirk Douglas, Laurence Olivier, Jean Simmons, Charles Laughton
Peter Ustinov, John Gavin, Tony Curtis, Nina Foch, John Ireland
Sur Arte les 5 juillet 2020 à 21 h, 7 juillet 2020 à 13 h 35
Visuels :
Scène du film
Kirk Douglas
© Universal


"Meurtre au soleilde Guy Hamilton
Royaume-Uni, 1981
Auteur : Agatha Christie
Scénario : Anthony Shaffer
Production : EMI Films, Titan Productions, Mersham Productions Ltd.
Producteur/-trice : John Brabourne, Richard B. Goodwin
Image : Christopher Challis
Montage : Richard Marden
Avec Peter Ustinov (Hercule Poirot), Colin Blakely (Sir Horace Blatt), Jane Birkin (Christine Redfern), Nicholas Clay (Patrick Redfern), Maggie Smith (Daphne Castle), Diana Rigg (Arlena Marshall), Roddy McDowall (Rex Brewster), Sylvia Miles (Myra Gardener), Denis Quilley (Kenneth Marshall), Emily Hone (Linda Marshall), James Mason (Odell Gardener)
Sur Arte les 1er juillet 2020 à 13 h 35 et 10 juillet 2020 à 13 h 35
Visuels : © ARD/Degeto 
Obwohl der langjährige Broadway-Star Arlena Marshall (Diana Rigg) seit kurzem verheiratet ist, scheint sie einem Ferien-Abenteuer mit dem jungen Patrick Redfern (Nicholas Clay) nicht abgeneigt. 


Meisterdetektiv Hercule Poirot (Peter Ustinov, li.) unterhält sich mit dem Broadway-Produzenten Odell Gardener (James Mason, re.): Er scheint als Einziger von den Hotelgästen kein Alibi für den Zeitpunkt zu haben, an dem Arlena Marshall ermordet wurde. 



« Rendez-vous avec la mort » par Michael Winner
Etats-Unis, 1988
Image : David Gurfinkel
Montage : Arnold Crust
Musique : Pino Donaggio
Production : Golan-Globus Productions
Producteur/-trice : Michael Winner
Scénario : Peter Buckman, Anthony Shaffer et Michael Winner
Acteurs : Peter Ustinov, Lauren Bacall, Carrie Fisher, John Gielgud, Piper Laurie, Hayley Mills, Jenny Seagrove, Michael Craig
Auteur : Agatha Christie
Sur Arte les 23 septembre 2018 à 20 h 50 et 3 octobre 2018 à 13 h 35
Visuels :
Peter Ustinov (Hercule Poirot) et Lauren Bacall (Mady Westholme)
Jenny Seagrove (Dr. Sarah King), John Gilegud (Colonel Carbury) et Peter Ustinov (Hercule Poirot)
Peter Ustinov (Hercule Poirot)
© Paramount Pictures

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Les citations sur le film sont d'Arte. Cet article a été publié le 30 septembre 2018.

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