dimanche 22 octobre 2017

Steven Spielberg


Arte propose en octobre 2017 un cycle Steven Spielberg en diffusant quatre films du réalisateur américain juif : Duel, Les Dents de la mer, L’Empire du Soleil, et A.I. Intelligence artificielle (Artificial Intelligence: AI).


« Le seul moment que nous haïssons dans vos films, c’est quand le mot « Fin » apparaît sur l’écran », a déclaré le réalisateur français Claude Lelouch lors d’une cérémonie des César. 

Et c’est vrai.

Né dans une famille juive américaine, Steven Spielberg s’est révélé un jeune réalisateur hyper-doué. Il est parvenu à réaliser des films d’auteur populaires et souvent à succès, à assurer son indépendance en produisant ses films, en bénéficiant des produits dérivés de ses films, en marquant les rétines et mémoires des spectateurs par des scènes-cultes révélant son brio technique au service d’une histoire et sa maîtrise de la direction d’acteurs, en demeurant fidèle à une équipe performante. Une carrière construite sur plusieurs décennies avec passion.
            
Un « automobiliste est pris en chasse par le conducteur d’un rutilant poids lourd... Premier film de Steven Spielberg, une course-poursuite impressionnante de maîtrise et d’ingéniosité ».

« Sur une route californienne, David Mann, un représentant commercial, est suivi par un énorme camion. Alors qu’il tente de poursuivre son chemin, le routier le laisse passer puis le double, ralentit dangereusement et joue avec ses nerfs. Un combat sans merci s’engage entre les deux conducteurs… »

« En 1971, Steven Spielberg, 24 ans et alors inconnu du grand public, réalise « Duel » pour la télévision américaine. Le succès est tel que le film sort en salles à l’étranger deux ans plus tard, ouvrant ainsi les portes du septième art à celui qui deviendra l’une des personnalités les plus influentes du cinéma américain ». 

« Adapté d’une nouvelle de Richard Matheson, « Duel » met en scène un face-à-face acharné entre l’homme et la machine, personnifiée par les phares de l’imposant poids lourd, semblables à une paire d’yeux menaçants ». 

« Car le conducteur lui-même n’apparaît jamais à l’écran – à l’exception de ses santiags et de son avant-bras, laissant le spectateur dans le flou quant à ses réelles motivations ». 

« À partir d’un scénario d’une simplicité déconcertante, Spielberg alterne brillamment les angles de vue et distille un suspense angoissant, appuyé par la partition mécanique et entêtante du compositeur Billy Goldenberg. Un tour de force ».

Les Dents de la mer 
Un « requin boulimique sème la panique dans une station balnéaire... Magistralement orchestré par Steven Spielberg, le premier blockbuster hollywoodien a toujours la dent acérée. Avec Roy Scheider, Richard Dreyfuss et la musique obsédante de John Williams ».

« Un été, dans le Massachusetts. La découverte d'un cadavre atrocement mutilé met la petite cité balnéaire d'Amity en ébullition. Convaincu d'avoir affaire à un requin, le shérif Brody veut fermer les plages, mais se heurte au veto du maire, qui craint la réaction des commerçants, dans cette ville qui ne vit que l'été. Le lendemain, sous les yeux effarés des vacanciers, le requin dévore un jeune garçon. Le maire met la tête du squale à prix, tandis que Brody reçoit le renfort d'un jeune océanographe, Hooper. Tous deux embarquent sur le bateau de Quint, un chasseur de prime hâbleur et revêche, pour attraper le monstre, un requin blanc de plusieurs mètres, avide de chair humaine ».

« Ta, tan, ta tan ! » La « B.O. de John Williams, plusieurs fois récompensée, a contribué à l'aura du film ». 

« Tirant parti d'un tournage techniquement difficile, Steven Spielberg a l'idée géniale de raréfier les apparitions de son requin en carton-pâte, au point d'utiliser la caméra subjective et l'obsédant ostinato de Williams pour signaler son approche ». 

« Ancrée dans une Amérique banale, épinglée pour son âpreté au gain, prise en main par trois héros ordinaires, et magistralement interprétés, cette irruption savamment orchestrée du monstrueux dans le train-train quotidien n'en est que plus efficace ». 

« Avec ces « Dents de la mer » maintes fois copiées, au frisson intact plus de quarante ans après, Spielberg s'impose comme un maître du film catastrophe et inaugure l'ère du blockbuster ».

L’Empire du Soleil 
« La survie d'un enfant dans un camp de concentration japonais durant la Seconde Guerre mondiale... Adaptation du livre autobiographique de l'écrivain J. G. Ballard, un tournant dans l'oeuvre de Steven Spielberg, avec le jeune Christian Bale et John Malkovich ».

« Shanghai, 1941. Alors que la guerre sino-japonaise fait rage depuis trois ans déjà, les Occidentaux continuent de vivre dans une opulence insouciante, à l'abri de la concession internationale. Mais en décembre 1941, l'armée japonaise, qui va passer à l'attaque à Pearl Harbor, envahit la ville. Élevé dans le luxe par des parents aimants qui n'ont pas vu venir le danger, un petit garçon anglais passionné d'aviation, James, est séparé d'eux par la foule des fuyards. Errant dans la ville, il croise la route d'un jeune trafiquant américain, avec qui il se retrouve interné dans un camp de concentration… »

« Comme dans beaucoup des films de Spielberg, un enfant héros parvient à supporter la dureté de la réalité grâce à la force de ses rêves, et se découvre dans l'adversité des forces insoupçonnées ». 

« Mais en adaptant le livre autobiographique de l'écrivain J. G. Ballard, plus connu pour ses romans de science-fiction, l'alors jeune réalisateur d'« E.T. » ouvre un tournant dans son œuvre : c'est la première fois qu'il aborde de front la tragédie historique qui l'obsède, celle de la Seconde Guerre mondiale ». 

« Comme « La liste de Schindler », qu'il préfigure, « Empire du soleil » a profondément divisé la critique à sa sortie, certains accusant le cinéaste de trahir la vérité des faits au profit des bons sentiments ». 

« Trente ans après la polémique, cette épopée hollywoodienne en forme de récit initiatique, portée par deux futures stars qu'il est émouvant de (re)découvrir si jeunes (Christian Bale, alors âgé de 9 ans, et le déjà grand Malkovich), est devenue un classique ».

A.I. Intelligence artificielle  
« Abandonné par sa mère adoptive, un enfant-robot fait tout pour la retrouver... Une planète submergée par les océans, les méandres de l'intelligence artificielle, des robots vus comme une menace, traqués, au ban de la société ». 

« Sorti en 2001, ce film, échafaudé sur les cendres d'un projet de Kubrick, prouve une fois de plus le talent visionnaire de Spielberg. Avec Jude Law, une troublante hybridation entre conte naïf et science-fiction crépusculaire ».

« Dans un monde ravagé par le dérèglement climatique, les « méca », des androïdes, font marcher l'économie. Le professeur Hobby s’emploie d'ailleurs à mettre au point un robot plus avancé, capable d'aimer. Son entreprise propose à Monica et Henry, qui tentent de commencer à faire le deuil de Martin, leur fils mourant, d'accueillir ce méca nouvelle génération. Baptisé David et très attachant, celui-ci fait fondre les réticences de Monica. Mais Martin guérit et une rivalité toxique naît entre les deux garçons. Monica refuse de rendre David à l'usine, qui le détruira. La mort dans l'âme, elle l'abandonne dans la forêt. Dès lors, l'enfant-robot n'aura de cesse de la retrouver ».

« S'il montre avec subtilité à quel point la présence d'un androïde – si « humain » qu'il en est angoissant – brouille les repères, « A.I. » convoque aussi, sous le manteau de la science-fiction, les obsessions du cinéaste : la persécution des juifs, à travers celle des robots, et l'enfance meurtrie, plongée trop tôt dans le chaos de l'âge adulte ». 

« C'est d'ailleurs un méca prostitué, campé par un Jude Law clownesque, qui, tel un sulfureux (mais dévoué) mentor, guide David dans cet univers dévoyé. Une troublante hybridation entre conte naïf et science-fiction crépusculaire ».

La scène finale suscite un malaise, une gêne.


1971, 86 minutes
Auteur : Richard Matheson
Image : Jack A. Marta
Montage : Frank Morriss
Musique : Billy Goldenberg
Production : Universal Television Group
Producteur/-trice : George Eckstein
Scénario : Richard Matheson
Avec Dennis Weaver, Eddie Firestone, Tim Herbert, Carey Loftin, Lucille Benson, Shirley O’Hara, Jacqueline Scott, Lou Frizzell
Sur Arte le 30 octobre 2017 à 20 h 50

1975, 119 min
Auteur : Peter Benchley
Image : Bill Butler
Montage : Verna Fields
Musique : John Williams
Production :Universal Pictures, Zanuck-Brown Productions
Producteur/-trice : Richard D. Zanuck, David Brown
Scénario : Peter Benchley, Carl Gottlieb
Avec Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Lorraine Gary, Murray Hamilton, Carl Gottlieb
Sur Arte le 22 octobre 2017 à 20 h 55

1987, 144 min
Auteur : J.G.Ballard
Image : Allen Daviau
Montage : Michael Kahn
Musique : John Williams
Production :Amblin Entertainment, Warner Bros., Robert Shapiro Production
Producteur/-trice :Steven Spielberg, Kathleen Kennedy, Frank Marshall
Scénario : Tom Stoppard
Avec Christian Bale, John Malkovich, Miranda Richardson, Nigel Havers, Joe Pantoliano, Leslie Phillips, Robert Stephens, Paul McGann, Masato Ibu, Emily Richard, Rupert Frazer, 
Sur Arte le 29 octobre 2017 à 20 h 55

2001, 137 min
Auteur : Brian Aldiss
Image : Janusz Kaminski
Montage : Michael Kahn
Musique : John Williams
Production : Warner Bros., DreamWorks Animation, Amblin Entertainment, Stanley Kubrick Productions
Producteur/-trice : Bonnie Curtis, Kathleen Kennedy, Steven Spielberg
Scénario : Ian Watson, Steven Spielberg
Avec Jude Law, Haley Joel Osment, Frances O'Connor, William Hurt, Sam Robards, Jake Thomas
Sur Arte le 23 octobre 2017 à 20 h 50

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Les citations sont d'Arte.

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