dimanche 8 janvier 2017

« Liv Ullmann en plans rapprochés » par Georg Maas


Arte diffusera le 10 janvier 2017 « Liv Ullmann en plans rapprochés » (Liv Ullmann - Eine Nahaufnahme) par Georg Maas (2013). La « grande actrice norvégienne Liv Ullmann se livre au cinéaste Georg Maas, avec qui elle a tourné « D'une vie à l'autre ». Elle parle bien sûr de son travail avec son compagnon Ingmar Bergman, choisissant et commentant les scènes de leurs films communs, de « Persona » (1966) à « Sarabande » (2003) ».
  

Née en 1938 à Tokyo (Japon) dans une famille luthérienne, Liv Ullmann  « grande dame du cinéma aime à se présenter sans fard, au propre et au figuré. Même à l'écran, celle dont le visage est devenu si célèbre en plans rapprochés est rarement maquillée ».

Durant la Deuxième Guerre mondiale, son grand-père a été déporté au camp de Dachau car il avait aidé des Juifs à fuir la ville norvégienne où il vivait. Il est mort dans ce camp.

Formée à l’art dramatique à Londres, elle débute en Norvège sa carrière au théâtre où elle interprète la jeune Anne Frank. Elle met son talent au service d’œuvres de Brecht, Goethe, et Ibsen.

Le cinéma s’intéresse à elle dès 1957. Grâce à Bibi Anderson, elle rencontre Ingmar Bergman.

« Maniant émotion et humour, Liv Ullmann parle bien sûr de son travail avec son compagnon Ingmar Bergman, choisissant et commentant les scènes de leurs films communs » : Persona (1966), L’Heure du loup (1968), Une passion et La Honte (1969), Une passion (1969), Cris et Chuchotements (1972), Scènes de la vie conjugale (1973), Face à face (1976), L'Œuf du serpent et Sonate d’automne (1977) avec Ingrid Bergman, Sarabande (2003).

Elle poursuit parallèlement une carrière internationale : De la part des copains de Terence Young (1970), Le Visiteur de la nuit (The Night Visitor) de László Benedek et Les Émigrants (Utvandrarna) de Jan Troell (1971), Lost horizons (1973) de Charles Jarrot, Un pont trop loin (A Bridge Too Far) de Richard Attenborough (1977), La diagonale du fou (1983) de Richard Dembo, avec Michel Piccoli et Jean-Hugues Anglade, Un printemps sous la neige (The Bay Boy) de Daniel Petrie (1984), Speriamo che sia femmina (Pourvu que ce soit une fille, 1985) de Mario Monicelli, avec Philippe Noiret et Catherine Deneuve.

Avec le réalisateur Ingmar Bergman, elle a eu une fille, Linn, devenue journaliste.

Actrice, réalisatrice, scénariste, Liv Ullman a réalisé Sofie (1992), puis Kristin Lavransdatter (1995), Infidèle (2000), Mademoiselle Julie (2014).

Sofie relate l’histoire d’une jeune femme juive, de sa vie d’épouse et de femme seule dans une petite ville du Danemark, à la charnière des XIXe et XXe siècles. A l’initiative de producteurs, elle avait écrit un scénario d’après « Mendel Philipsen et fils » (Mendel Philipsen & søn), roman de l’écrivain et du metteur en scène danois Henri Nathansen (1868-1944), puis a réalisé le film. « Sofie parle d'êtres humains qui se touchent, qui sourient, qui pleurent. De nous ! L'important n'est pas que les personnages soient juifs mais qu'ils aient des traditions et des valeurs. Qu'ils prouvent l'attachement vital à leurs racines. On ne doit jamais oublier d'où l'on vient! C'est ça le fil rouge de mon film. C'est aussi une des choses essentielles dans ma vie. Moi, je suis chrétienne mais j'ai beaucoup d'amis juifs et je suis mariée à un Juif. Je ne voulais pas que mon film soit le regard d'une chrétienne sur le monde juif. Si j'aborde le «problème» des Juifs, qui ont souffert des holocaustes ignobles que l'humain commet, c'est pour mieux atteindre une universalité et faire prendre conscience aux spectateurs des autres minorités toujours persécutés à l'heure actuelle. Songez à ce qui se passe en Yougoslavie », a confié Liv Ullmann au Soir (14 janvier 1993).

Et d’ajouter : « Il est important que la voix des femmes soit entendue. Laissons parler les émotions, la voix du cœur et des sentiments et ne cherchons pas toujours à briller uniquement par notre intelligence. Pensons aux générations futures plutôt qu'à la prochaine réunion d'affaires! La voix patriarcale a été trop loin. Nous devons êtres fières d'être ce que nous sommes: indépendantes. Les femmes de 1993 sont aussi fortes qu'hier, mais les médias dictent à travers la pub et les films... ce que nous devons être. Cela nous complexe, nous affaiblit, et je dis non à ça. Regardez-moi. Avoir réalisé un film m'a apporté des... kilos! En effet, pour me tenir éveillée dans la salle de montage, je mangeais du chocolat. Cela m'a donné de merveilleux bras pour serrer mon petit-fils ! »

La subtilité et la gravité de son jeu ont été distinguées lors de nombreux festivals cinématographiques à Venise (1980), San Sebastián (1988), Montréal (1995), Copenhague (2003), Karlovy Vary (2005).

Liv Ullmann a écrit Devenir (1977) et Décisions (1985) sur son parcours et ses engagements : en 1980, elle a été la première ambassadrice itinérante de l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance ).

Elle « dit préférer désormais se trouver derrière la caméra, ou mettre en scène du théâtre : ses versions d’Un tramway nommé désir et d’Oncle Vania ont été très remarquées. Les répétitions à Oslo de la pièce de Tchekhov, filmées par Georg Maas, montrent une grande proximité avec les comédiens ».

Mais « Liv Ullmann parle aussi avec ce dernier, qui l’a dirigée dans D’une vie à l’autre, des divergences – notamment d’ordre esthétique – qui ont pu les opposer lors du tournage. C’était la première fois depuis très longtemps qu’elle acceptait un rôle principal. L’occasion pour elle de livrer sa vision du cinéma et de faire part des doutes qui l’assaillent encore après cinq décennies de carrière ! »

Parmi les engagements de Liv Ullmann : le soutien aux refuzniks, telle Ida Nudel, la survie de l’Etat d’Israël  où elle s’est rendue en 1980 à l’invitation de Hadassah pour le 120e anniversaire de la naissance de Henrietta Szold, fondatrice de Hadassah. Au cours du dîner organisé pour cet anniversaire, elle a chanté avec émotion une chanson de Hanoucca qu’elle avait interprété, à l’âge de 18 ans, quand elle avait interprété le rôle de Anne Frank. Puis, elle s’est rendu auprès de patients au Centre médical de l’université hébraïque, et a visité Yad Vashem.

Pourquoi une seule diffusion et à 3 h 15 ?
    
« Liv Ullmann en plans rapprochés » par Georg Maas
Allemagne, 2013, 53 min
Sur Arte le 10 janvier 2017 à 3 h 15

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire