Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
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dimanche 1 mars 2020

Paul Newman (1925-2008)


Paul Newman (1925-2008) était un acteur, réalisateur, producteur et scénariste américain. Une star oscarisée et engagée en faveur du parti démocrate ainsi que du mouvement des droits civiques. Arte diffusera le 1er mars 2020 « Butch Cassidy et le Kid » (Zwei Banditen) par George Roy Hill avec Paul Newman, Robert Redford et Katharine Ross.



Paul Newman (1925-2008) était un acteur, réalisateur, producteur et scénariste américain né dans une famille vivant à Shaker Heights dans l'Ohio. Son père était juif, né de parents ashkénazes originaires de Pologne et Hongrie, et sa mère catholique d'ascendance hongroise et slovaque.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, Paul Newman aspire à servir comme pilote. Las ! L'Armée  détecte son daltonisme. De 1943 à 1945, Paul Newman participe à la guerre du Pacifique comme radio/mitrailleur d'un bombardier Grumman TBF Avenger. Il est blessé durant la bataille du golfe de Leyte.

Il se forme à la comédie à l'école d'art dramatique de Yale en 1951, puis à l'Actors Studio de New York, auprès de Lee Strasberg. Il débute rapidement à Broadway en jouant dans des pièces à succès : Picnic (1953) - il fait la connaissance de la comédienne Joanne Woodward - ou The desperate Hours (1955).

Dès 1954, Paul Newman tourne à Hollywood dans Le Calice d'argent (The Silver Chalice) de Victor Saville, avec Virginia Mayo, Pier Angeli, Jack Palance. 

En 1956, il interprète le boxeur Rocky Graziano, champion du monde des poids moyens (1947), dans Marqué par la haine (Somebody Up There Likes Me) de Robert Wise avec Pier Angeli et Everett Sloane. Paul Newman remplace James Dean, décédé lors d'un accident de la route. 

En 1958, il tourne Les Feux de l'été réalisé par Martin Ritt avec Joanne Woodward. Avec Martin Ritt, il jouera dans quatre autres films : Paris Blues et les westerns Le Plus Sauvage d'entre tous, L'Outrage et Hombre. En 1958, il joue le rôle de Billy the Kid dans Le Gaucher d'Arthur Penn et interprète le mari d'Elizabeth Taylor dans La Chatte sur un toit brûlant.

Après avoir tourné dans Exodus (1960), Paul Newman incarne en 1961un joueur de billard dans L'Arnaqueur réalisé par Robert Rossen. Un rôle repris face à Tom Cruise en 1986 dans La Couleur de l'argent de Martin Scorsese.  Une interprétation qui lui vaut l'Oscar du meilleur acteur dans un premier rôle.


Dans sa filmographie d'acteur : Pas de lauriers pour les tueurs (The Prize) de Mark Robson en 1963, Lady L. de Peter Ustinov, d'après un roman de Romain Gary, avec Sofia Loren, Le Rideau déchiré (1966) d'Alfred Hitchcock, Luke la main froide (1967) de Stuart Rosenberg, Butch Cassidy et le Kid de Feorge Roy Hill (1969) avec Robert Redford, L'Arnaque de George Roy Hill (1973), La Tour infernale de John Guillermin et Irwin Allen (1974) avec Steve McQueen, Le Policeman de Daniel Petrie (1981), Le Verdict de Sidney Lumet (1982) avec Charlotte Rampling, Le Grand Saut des frères Coen (1994), Une bouteille à la mer de Luis Mandoki avec Kevin Costner (1999), Les Sentiers de la perdition par Sam Mendes (2002) avec Tom Hanks...

Dès 1959, Paul Newman réalise On the harmfulness of tobacco, court métrage sur les dégâts causés par le tabac. En 1968, il assure la réalisation de Rachel, Rachel avec son épouse Joanne Woodward. Paul Newman remporte le Golden Globe du meilleur réalisateur. Sa filmographie comme réalisateur : Le Clan des irréductibles (1971), De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites (1972), L'Affrontement (1984) et La ménagerie de verre (1986).

Paul Newman était une star mondiale engagée en faveur du parti démocrate et du mouvement des droits civiques, ainsi que contre l'arme nucléaire. Alors qu'elle parlait dans une interview des inégalités salariales entre hommes et femmes, l'actrice Susan Sarandon a révélé que Paul Newman lui avait versé une part de son salaire en 1998 lors du tournage de L'Heure magique

Paul Newman a été distingué par l'Oscar du meilleur acteur pour sa performance dans La Couleur de l'argent (1986), le Prix humanitaire Jean Hersholt, un Golden Globe du meilleur réalisateur pour Rachel, Rachel (1968), ainsi qu'un Cecil B. DeMille Award et un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.


Passionné par les courses automobiles, Paul Newman découvre en 1968 la compétition automobile lors du tournage du film Virages dans lequel il incarne un pilote des 500 miles d'Indianapolis. Ce quinquagénaire atteint la deuxième place des 24 heures du Mans 1979 en équipage avec Rolf Stommelen et Dick Barbour sur une Porsche 935 du Dick Barbour Racing.
En 1978, est créée une écurie de CanAm à son nom. En 1983, Paul Newman associe son écurie de CART/Champ Car avec Carl Haas. L'écurie Newman/Haas Racing (devenue Newman/Haas/Lanigan Racing en 2007 et qui participe depuis 2008 au championnat IndyCar Series) a brillé dans des courses américaines avec des pilotes comme Mario Andretti, Michael Andretti, Nigel Mansell, Cristiano da Matta Sébastien Bourdais. En 2005, octogénaire, Paul Newman a concouru aux 24 heures de Daytona avec ses pilotes Sébastien Bourdais et Bruno Junqueira.

Paul Newman était philanthrope. En 1980, il crée le Centre Scott Newman afin d'aider les personnes souffrant d'addiction à l'alcool ou aux drogues en souvenir de son fils Scott Newman décédé à 28 ans en 1978 d'une overdose. En 1982, il lance une marque de produits alimentaires Newman's Own dont les bénéfices sont donnés à des organismes veillant sur les enfants atteints du cancer ou de maladies du sang.

« Exodus »
Arte diffusa le 26 janvier 2020 « Exodus », film historique épique réalisé par Otto Preminger (1960). « Le voyage de milliers de réfugiés juifs, en 1947, sur le vieux navire "Exodus" en direction de la Palestine. Otto Preminger retrace la naissance de l'État d'Israël dans une fresque majestueuse portée par Paul Newman et Eva Marie Saint ».

« En 1947, des réfugiés juifs européens en partance pour la Palestine mandataire sont refoulés par les autorités britanniques et placés dans des camps d'internement sur l'île de Chypre ». 

« Alors que les Nations unies s'apprêtent à se prononcer sur le plan de partage de la Palestine, Ari ben Canaan, un agent de la Haganah, une organisation paramilitaire sioniste, se fait passer pour un officier anglais et embarque des centaines de réfugiés sur un vieux navire rebaptisé Exodus ».

« Lorsque le subterfuge est découvert, Canaan menace de faire sauter le bateau et obtient ainsi du général Sutherland la levée du blocus britannique. L'infirmière américaine Kitty Fremont, qui s'est prise d'affection pour Karen, une jeune passagère à la recherche de son père biologique, fait partie du voyage vers Haïfa ».

« Tandis que Kitty se rapproche d'Ari, sa protégée s'éprend de Dov, un rescapé d'Auschwitz qui, une fois à terre, s'engage dans les rangs de l'Irgoun, une organisation clandestine aux méthodes violentes... »

A son neveu incarné par Paul Newman, un membre de l'Irgoun dit : Tu es dans la Haganah. Tu combats comme l'Irgoun. Mais ton coeur est Israël". 

« Fondée sur le best-seller de Leon Uris, dont Otto Preminger a confié l'adaptation – créditée – à Dalton Trumbo, scénariste inscrit sur la liste noire d'Hollywood, cette fresque de plus de trois heures entrelace destins individuels et grande histoire, amours contrariées et soubresauts politiques avec une fluidité époustouflante, dénuée de tout effet démonstratif ». 

« Si elle s'autorise quelques libertés avec les faits et dédaigne le point de vue des Arabes, cette épopée, tournée dans des décors naturels à Chypre et en Israël, dépeint avec finesse le traumatisme des rescapés de l'Holocauste – personnifié par Dov, interprété par Sal Mineo, dans une bouleversante séquence d'interrogatoire ». 

« Elle met aussi l'accent sur la confusion des autorités britanniques, les dissensions entre factions sionistes, les germes du conflit israélo-palestinien... » Eh non, ceux désignés comme Palestiniens du film sont les Juifs. Et le film démontre le rôle criminel du grand mufti de Jérusalem al-Husseini dans le conflit né du refus par les Arabes ou/et musulmans d'un Etat Juif.

« Rythmé par la partition exaltée d'Ernest Gold et magnifiquement interprété par Paul Newman et Eva Maria Saint, l'un des chefs-d'œuvre d'Otto Preminger ».


"Grâce à Sidonis/Calysta, on peut revoir Exodus (1960), le chef-d’œuvre d’Otto Preminger dans une édition combo Blu-ray et DVD d’excellente qualité. En 1947, à Chypre, des milliers de réfugiés juifs, en chemin pour la Terre Sainte, sont arrêtés par les Anglais et parqués dans des camps. Ari Ben Canaann (Paul Newman), un résistant, s’indigne de ces arrestations et prend la tête d’un périple qui les mènera jusqu’aux frontières de la Palestine. A bord d’un vieux bateau, l’Exodus, le héros et ses passagers affrontent tous les dangers dans un seul but : la liberté", écrit Olivier Père.

Et de poursuivre : "Exodus est la première grande fresque chorale d’Otto Preminger, dans laquelle la multiplicité des personnages, des opinions et des points de vue est censée restituer la réalité étudiée dans sa globalité et sa complexité – ici la naissance de l’Etat d’Israël. Exodus est une adaptation du roman éponyme de Leon Uris (inspiré d’événements réels) par le scénariste Dalton Trumbo. C’est avec ce film que Trumbo sort officiellement de la liste noire, puisque son nom apparaît au générique, alors qu’il était contraint de travailler sous pseudonyme depuis qu’il avait été condamné en 1947 à onze mois de prison pour « activités anti-américaines », puis réduit au chômage et à la clandestinité tant que dura la terrible chasse aux communistes à Hollywood. La même année, quelques mois plus tard, Kirk Douglas accepte également de mentionner le nom de Trumbo au générique du film qu’il produit et interprète, Spartacus de Stanley Kubrick. La décision courageuse de Preminger correspond à ses idées libérales et à sa haine de la censure, politique ou religieuse, qu’il combattit tout au long de sa carrière, l’utilisant parfois à des fins promotionnelles au moment de la sortie de ses films (par exemple La lune était bleue.)"

Et Olivier Père de conclure ; "Exodus apparaît comme l’apogée du classicisme et repose sur un art de l’équilibre et un génie de la composition plastique aussi bien que de la narration qui englobe destins individuels et histoire, violence et rétention, intelligence froide et émotion, scepticisme hautain et humanisme. Mais surtout, l’art de Preminger est un art de l’invisibilité, ce qui a certainement freiné sa reconnaissance comme auteur. Preminger est sans doute le cinéaste à avoir poussé à son plus haut degré de perfection les recherches sur le montage interdit, en créant des films non pas uniquement composés de plans-séquences, comme La Corde d’Hitchcock, mais donnant cette illusion de continuité par un travail sur la fluidité et l’harmonie à l’intérieur des plans et des séquences. Preminger est le cinéaste classique par excellence, car son art méprise l’expérimentation voyante et met la maîtrise de l’écriture cinématographique au profit de l’évidence, du réalisme et de la dramaturgie. Exodus est peut-être plus beau et le plus représentatif des chefs-d’œuvre de Preminger des années 60. Durant cette décennie, Preminger laisse éclater ses ambitions de cinéaste et producteur indépendants mais aussi son goût des grands sujets audacieux susceptibles de créer la controverse – ici le sionisme. La mise en scène de Preminger s’écoule dans Exodus comme un long fleuve majestueux, épousant le thème du film sur l’amplitude de l’histoire qui draine les conflits et les destins personnels. Le film contient plusieurs morceaux de bravoure, et les plus mémorables ne sont pas forcément les plus spectaculaires, bien à au contraire. Pour une seule scène, Exodus mérite sa place au panthéon des grands films de l’histoire du cinéma : celle où le jeune Dov Landau (Sal Mineo), interrogé par un chef de l’Irgoun, finit par avouer l’inavouable : enrôlé de force dans les sonderkommandos à Auschwitz, il fut contraint de participer au processus de la solution finale contre son peuple et de servir de prostituée pour les soldats allemands. Un long plan fixe dans la pénombre, avec une tache de lumière qui éclaire le visage de Sal Mineo perdu dans l’écran large, la seule puissance de la parole pour évoquer l’horreur : une leçon de mise en scène qui vient rappeler que l’esthétique et la morale ne peuvent se dissocier, que ce soit dans un documentaire ou une superproduction hollywoodienne".

« Butch Cassidy et le Kid »
Arte diffusera le 1er mars 2020 « Butch Cassidy et le Kid » (Zwei Banditen), western réalisé par George Roy Hill. « Un duo de bandits en cavale prend la tangente en Bolivie, accompagnés d'une jeune institutrice... Un western pop et libertaire réalisé par George Roy Hill en 1969 et qui marqua la rencontre entre Paul Newman et le jeune Robert Redford ».

« Deux bandits de renom, Butch Cassidy et le Kid, poursuivis par une patrouille aussi mystérieuse qu’acharnée, décident de prendre le large. Ils s’en vont en Bolivie, accompagnés par Etta, une jeune institutrice amante du Kid. Ils continuent là-bas leurs méfaits, jusqu’au jour où, cernés par la police et l’armée boliviennes, leur destin prend un tour tragique… »

« Sans le duo hors du commun formé par Newman et Redford, Butch Cassidy et le Kid n’aurait été qu’un buddy movie (un film sur la camaraderie masculine, exaltant des vertus viriles) de plus. Mais ici, l'un des héros ne sait pas nager, l'autre, pourtant chef de bande, n’a jamais tué, et leur comparse féminine, jouée par Katharine Ross, possède une réelle épaisseur, fait rare dans un western. On a qualifié le film de "western anachronique", la critique se déchaînant sur une œuvre qui prend sciemment ses distances vis-à-vis du contexte historique. Elle ne supportait pas la vision pop que George Roy Hill donne de l’Ouest. La scène où Cassidy et Etta se baladent à bicyclette à travers les champs sur le titre "Raindrops Keep Fallin’ on my Head" interprété par B. J. Thomas est représentative de l’esprit libertaire de la fin des années 1960, chantant la résistance individuelle dans une société brutale. Des trouvailles formelles (le film muet du début, le récit de voyage en images fixes) et une photographie somptueuse achèvent de faire de Butch Cassidy et le Kid un western étonnant ».



« Exodus » d’Otto Preminger
Etats-Unis, 1960
Auteur : Leon Uris
Scénario : Dalton Trumbo
Production : Carlyle Productions
Producteur : Otto Preminger
Image : Sam Leavitt
Montage : Louis R. Loeffler
Musique : Ernest Gold
Avec Paul Newman, Eva Marie Saint, Lee J. Cobb, Sal Mineo, Ralph Richardson, Peter Lawford, John Derek, Karen, David Opatoshu
Sur Arte le 26 janvier 2020 à 20 h 55
Visuels :
Jill Haworth est Karen Hansen et Sal Mineo joue le rôle de Dov Landau dans le film d' Otto Preminger " Exodus" (1960)
Eva Marie Saint (Kitty Fremont), Jill Hawroth (Karen Hensen) et Paul Newman (Ari Ben Canaan) sur le tournage du film d' Otto Preminger " Exodus" (1960)
Jill Haworth est Karen Hansen et Sal Mineo joue le rôle de Dov Landau dans le film d' Otto Preminger " Exodus" (1960)
Le bâteau Exodus et les réfugiés, scène du film d' Otto Preminger " Exodus" (1960)
© Otto Preminger Films - Carlyle

« Butch Cassidy et le Kid » par George Roy Hill
Etats-Unis, 1969
Scénario : William Goldman
Production : 20th Century Fox, Campanile Productions
Producteur/-trice : John C. Foreman
Image : Conrad L. Hall
Montage : John C. Howard, Richard C. Meyer
Musique : Burt Bacharach
Avec Paul Newman (Robert Leroy Parker/Butch Cassidy), Robert Redford (Harry Longabaugh/Le Kid), Katharine Ross (Etta Place), Strother Martin (Percy Garris), Jeff Corey (Sheriff Bledsoe), Henry Jones (Bike Salesman), George Furth (Woodcock)
Sur Arte le 1 mars 2020 à 20 h 55

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Les citations sont d'Arte.

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