mercredi 19 juillet 2017

« La Croix-Rouge sous le IIIe Reich, histoire d’un échec » de Christine Rütten

Le Comité international de la Croix-Rouge a célébré ses 150 ans. La Croix-Rouge sous le IIIe Reich, histoire d'un échec (2006, 52 minutes) est un documentaire intéressant de Christine Rütten. Le rappel de l’inaction de cette organisation internationale humanitaire face aux persécutions nazies contre les juifs, notamment dans les camps, lors de la Shoah (Holocaust). Une organisation partiale à l'égard de l'Etat d'Israël : accueil tardif en 2006 du Maguen David Adom en refusant que l’étoile de David soit son troisième emblème, dénomination erronée de "territoires occupés" de la Judée, de la Samarie, et de la bande de Gaza même après le retrait total des Israéliens de ce lieu en 2005. Le 22 juin 2017, Palestinian Media Watch (PMW) a révélé que "l'Autorité palestinienne abuse de la bonne volonté de la Croix-Rouge internationale pour payer les salaires aux terroristes palestiniens dans les prisons israéliennes". PMW a écrit au Premier ministre israélien Netanyahu pour l'en informer et lui suggérer un moyen de mettre un terme  à cette situation.  

Pourquoi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont le siège est à Genève (Suisse), n’a-t-il rien fait pour aider les victimes juives persécutées par les Nazis et pour informer le monde entier sur la Shoah, les conditions de survie dans les camps nazis d’internement dans l’assassinat des juifs dans les camps nazis d’extermination ?

Pour répondre à cette question, la réalisatrice Christine Rütten cite des archives et des témoins, anciens responsable de cette célèbre organisation internationale et survivants de la Shoah.

Antisémitisme et défense des intérêts de la Suisse
Dès 1934, lors de sa 15e conférence à Tokyo (Japon), les femmes du CICR proposent d’assurer une protection juridique aux civils prisonniers à l’instar de celle dont bénéficient les soldats prisonniers. Malgré la montée des périls – Hitler arrive au pouvoir en 1933 -, le CICR reporte la décision.

Malgré la Nuit de cristal qui coûte la vie à plus de 400 juifs, malgré les alertes – Max Braun écrit en décembre 1938 au CICR pour dénoncer les conditions inhumaines infligées aux milliers de détenus juifs dans les camps de concentration allemands -, Max Huber, président du CICR (1928-1944), minimise le problème dans une lettre bienveillante à la Croix-Rouge allemande. Il sait pourtant l’étroit contrôle de cette organisation nationale par les dirigeants nazis : les juifs en ont été exclus, la Croix-Rouge allemande est indifférente à l’égard des détenus de ces camps et ses membres exécutent le salut nazi.

Président du Tribunal international à La Haye, Max Huber dirige « deux grandes entreprises suisses et fait de bonnes affaires avec l’industrie allemande d’armement ».

Carl Jacob Burckhardt, vice-président du CICR, est très lié à l’Allemagne : jusqu’au début de la guerre en 1939, il est haut commissaire de la Société des Nations à Dantzig. « Suisse alémanique, il se montre très germanophile. Il admire la culture allemande et aprouve l’hostilité du IIIe Reich à l’égard de l’Union soviétique », explique Aram Mattioli, historien. Ainsi, quand le Conseil fédéral suisse refuse d’accueillir Goebbels, Burckhardt intervient. En 1935, il rencontre dans un camp le Prix Nobel de la paix (1935), le journaliste et pacifiste Karl von Ossietzky (1889-1938), « une chose tremblante et livide… avec un œil enflé, les dents cassées ». Ainsi le décrira-t-il après guerre dans ses Mémoires.

En 1936, invité du Führer en Allemagne, Burckhardt est enthousiasmé par son séjour d’une semaine. Dans son rapport au Comité, il estime inchangée la situation des prisonniers des camps de concentration et passe sous silence les persécutions visant les juifs dont il est au courant. Pour Daniel Palmieri, historien au CICR, les élites du CICR assimilent souvent juifs et communistes. Un amalgame qu’il juge « néfaste, car le CICR des années 1930 et 1940 est anti-communiste ». Pire, un rapport du CICR est élogieux sur le camp de Dachau, où sont assassinées lors de la guerre environ 30 000 personnes.

Les déclarations des dirigeants sur l’extermination voulue des juifs se multiplient. Les convois sillonnent l’Europe vers les camps nazis, en partance de gares, notamment de Berlin, où sont présents des délégués du CICR qui informent celui-ci par des rapports factuels précis.

Le CICR demeure silencieux en alléguant sa neutralité et l’absence de mandat international pour les prisonniers civils. Or, son statut l’autorise à toute action humanitaire jugée nécessaire.

Huber et Burckhardt restent indifférents et envoient leurs instructions à leurs délégués à Berlin : s’assurer que « les prisonniers de guerre sont bien traités par les Allemands ».

Maurice Rossel, alors jeune médecin et délégué du CICR, explique que celui-ci est alors « responsable de six millions de prisonniers de guerre pour lesquels des conventions avaient été signées et étaient respectées ». Et d’alléguer que la Croix-Rouge a demandé « sans arrêt » à visiter les camps de concentration et s’est vue opposer des refus des autorités nazies pour lesquelles il s’agit d’une « affaire strictement nationale ».

Pourtant, « Genève aurait pu faire pression sur les Allemands » en raison de la dépendance du IIIe Reich à l’égard du CICR et de sa volonté d’éviter tout clash avec ce dernier.

Ce n’est qu’à la fin de la guerre que le CICR « intervient en faveur des victimes des nazis » car ses dirigeants ne veulent pas « compromettre leurs bonnes relations avec les Allemands à cause des juifs et des communistes ».

L’une des missions du CICR consiste à rechercher les personnes portées disparues. Ses recherches concernent « presque exclusivement les soi-disant aryens. Des millions de juifs ont disparus depuis longtemps sans laisser de trace ». En avril 1942, la Croix-Rouge allemande reconnaît officiellement son incapacité de « communiquer des informations sur les détenus non aryens et n’est pas en mesure de donner suite à ce type de demandes ». Son directeur est « très impliqué dans l’assassinat d’innocents » : médecin SS, il « participe activement au programme d’euthanasie et aux prétendues expériences médicales sur les prisonniers des camps ».

A l’été 1942, lors du Congrès juif mondial, Gerhart Riegner, directeur de son bureau genevois, est informé de la Solution finale visant l’extermination des juifs « dans les pays contrôlés ou occupés par l’Allemagne », et en prévient Londres et New York. Il se rend compte que Burckhardt « est au courant depuis longtemps, et par deux sources d’information, et disait qu’il fallait ‘libérer le territoire des ses juifs’ », c’est-à-dire les exterminer.

Burckhardt dissimile au Comité ses informations, mais les femmes « insistent depuis longtemps pour lancer un appel public contre le génocide juif ». Le 14 octobre 1942, Philippe Etter, membre du CICR et du Conseil fédéral suisse, « se déplace exceptionnellement pour voter. Il veut empêcher à tout prix cet appel ». Pour ne pas heurter les Allemands… « Aujourd’hui, il est prouvé, documents à l’appui, que certains membre du Comité étaient antisémites », constate Aram Mattioli, historien. Une majorité du CICR s’oppose à cet appel public.

Quel aurait pu être la portée de cet appel ? « Le monde aurait été informé, et c’était important. Quand les Alliés ont annoncé en décembre 1942 que les juifs étaient exterminés. On pouvait dire : c’est une horrible opération de propagande contre l’Allemagne. Pourquoi le croire ? Si c’était venu d’une institution neutre comme le CICR, c’aurait pu convaincre beaucoup de monde », rappelle Saul Friedländer, historien et ancien enfant juif caché dans un internat catholique en France.

En février 1943, « en quelques mois, les nazis tuent trois millions de juifs et n’en font même pas mystère ».

Plus « la situation des juifs est désespérée, plus la Suisse durcit sa politique à l’égard des réfugiés ». Les parents de Saul Friedländer « sont refoulés à la frontière, et déportés à Auschwitz où ils sont assassinés ». Et cet historien d’indiquer que les autorités suisses savaient le destin mortel des juifs refoulés.

Le CICR a archivé près de 100 000 accusés de réception aux colis envoyés aux détenus des camps nazis. Seuls 10% des colis du CICR sont parvenus à ces détenus, et « presqu’aucun d’eux n’était juif ».

Depuis l’automne 1941, la ville de garnison Theresienstadt, dont la population tchèque avoisinait avant guerre 7 000 âmes, est transformée en camp de concentration où survivent 60 000 prisonniers.

En mai 1944, le chef des SS Heinrich Himmler « autorise la visite d’une délégation de la Croix-Rouge. Les préparatifs » débutent dès l’automne 1943. Pour ne pas donner l’image d’une ville surpeuplée, 15 000 détenus sont déportés à Auschwitz. « On prévoit minutieusement ce qui doit être vu le long d’un parcours bien défini ».

Doris Grozdanovičovà, à Theresienstadt depuis 1942, se souvient : « On a nettoyé les rues. On a construit un café. Bref, on a embelli la ville. Au début, on ne savait même pas ce qui se passait. Puis, on a appris que la Croix-Rouge allait venir. Et on a tous pensé que ce serait peut-être bénéfique pour nous ». Mais Jiři Kosta, prisonnier, relève l’absence d’une telle délégation en 1943.

Le 23 juin 1944, à 11h, Maurice Rossel, jeune délégué du CICR débute sa visite de Theresienstadt. Une ville qu’il prend en photos et qu’il juge « presque normale ». Il demande de ne pas séparer les chanteurs de la chorale, qui seront… « gazés ensemble à Auschwitz ».

Après cette mascarade, le soir, il « savoure le grand banquet » à Prague et rédige un rapport élogieux, vantant les « excellents soins médicaux prodigués ». Les détenus de Theresienstadt sont désespérés. Les convois reprennent…

Début juillet 1944, Maurice Rossel « remercie ses hôtes allemands » et les rassure sur la teneur de son rapport, jugeant les « conditions de vie satisfaisantes ». Il leur envoie quelques unes de ses photos qui servent la propagande nazie.

A ce jour, Maurice Rossel maintient sa version de « camp modèle » pour « riches juifs » : à Theresienstadt, « camp de théâtre, les gens n’étaient pas torturés, ne mouraient pas de faim ». Or, sur les 141 000 personnes détenues, plus de 30 000 meurent de faim et de maladie ; 90 000 sont déportés vers les camps d’extermination.

Forts de la réussite de leur mascarade entérinée par le CICR, les nazis réalisent un film, surnommé ironiquement par les détenus Le führer offre une ville aux juifs, vantant la qualité de vie des juifs à Theresienstadt. Doris Grozdanovičovà y joue le rôle d’une bergère. Seuls les délégués du CICR verront alors ce film en avril 1945, et jugent la propagande excessive.

En mai 1945, Himmler propose au CICR de visiter un camp à l’est de l’Europe. Le CICR ne lui répond pas.

Au cas où Maurice Rossel souhaite voir la destination des juifs déportés de Theresienstadt, les Allemands font construire à Auschwitz un « camp familial où les gens semblaient vivre normalement. Quand Eichman a compris que la Croix-Rouge ne viendrait jamais, toutes ces personnes ont été tuées dans ces chambres à gaz », explique Saul Friedländer.

En septembre 1944, lors d’une rapide visite à Auschwitz, Maurice Rossel apprend par les prisonniers britanniques que des déportés « sont gazés dans des douches ». Aujourd’hui, il reconnaît savoir à l’époque qu’il s’agissait d’un « camp final », d’extermination. Il demeure alors silencieux, remarque qu’à la Kommandantur, ils sont « fiers du travail qu’ils faisaient » et l’assurent que les « colis sont bien distribués ». Convaincu, Maurice Rossel le consigne dans son rapport. Dès son arrivée au camp, Jiři Kosta est mis au courant de l’extermination dans les fours crématoires que des déportés lui désignent.

A l’été 1944, les « détails du génocide sont révélés à l’opinion publique. Le rapport de deux prisonniers qui ont pu s’évader d’Auschwitz arrive à Genève. La presse suisse parle sans cesse de l’extermination des juifs hongrois ». La pression croît sur le CICR.

Un appel au gouvernement hongrois « permet d’arrêter les déportations ». Le CICR envoie le délégué Friedrich Born. Celui-ci parvient à sauver à l’automne 1944 de la déportation des juifs restants menacés de déportation par les nazis.

Dès 1942, la Croix-Rouge slovaque avait sollicité l’aide du CICR. En vain.

A l’automne 1944, Georges Dunand, délégué du CICR à Bratislava (Slovaquie) est tourmenté par son dilemme : aider les juifs persécutés ou respecter la neutralité du CICR. La plupart des 90 000 juifs slovaques ont été déportés, 5 000 se cachent, errent d’une cachette (bunker) – armoire, - à une autre, craignant d’être découverts ou dénoncés.

Laci Rotter se souvient de son cousin qui avait passé la guerre caché dans une chambre, sous un lit. A la libération, son cousin ne savait plus parler, car il n’avait communiqué avec personne pendant des années.

Du siège de la Gestapo, Alois Brunner « fait la chasse aux juifs ».

Arnold « Bumi » Lazar, Juif résistant, fait confiance à Georges Dunand qui lui remet ses sommes d’argent provenant d’organisations juives humanitaires et destinées à nourrir les juifs slovaques, etc. Georges Dunand sait qu’il prend des risques sans le soutien de sa hiérarchie ; il sauve plus de 1 000 juifs à Bratislava.

La défaite des nazis est chaque jour plus prévisible. Le CICR négocie avec les nazis « pour venir en aide aux déportés » et parvient à un accord peu avant la fin de la guerre. Burckhardt est autorisé à envoyer du personnel dans les camps.

Délégué du CICR envoyé au camp de Mauthausen, Louis Haefliger a connaissance d’une rumeur selon laquelle les SS vont tuer tous les déportés vivants. Il sait que les Alliés sont à proximité du camp. Et c’est lui qui va chercher les Américains qui libèrent le camp le 4 mai 1945.

Limogé après guerre pour n’avoir pas respecté les statuts et avoir enfreint les ordres de sa hiérarchie, Louis Haefliger qui en 1989 confie avoir « humainement bien agi ».

Après la Seconde Guerre mondiale, le droit international se dote d’instruments pour protéger les victimes civiles : le 8 décembre 1949, est adoptée la nouvelle convention de Genève, mais l’entrée du Magen David Adom, organisation juive humanitaire, est refusé.

Après la guerre, le CICR « prétend ignorer tout de l’ampleur du génocide juif ». Ce n’est que dans les années 1990, après la mort de ses dirigeants, qu’il reconnaît ses erreurs. Burckhardt, qui a succédé à Huber, à la présidence du CICR (1945-1948) a « empêché ce travail de mémoire ». Aram Mattioli précise : « On sait aujourd’hui, preuves à l’appui, dans les années 1950, Burkard a fait disparaître des dossiers des archives du CICR. Il s’agit sans doute de documents présentant la politique du CICR sous un jour défavorable ».

Après la guerre, des millions de réfugiés et d’apatrides victimes des nazis cherchent un havre qui les accueille. Les anciens nazis recherchés aussi, et sollicitent un passeport du CICR en usant de faux noms : « Ricardo Clemente, alias Eichmann, qui a organisé le génocide des Juifs d’Europe, Helmut Gregor alias Josef Mengele qui sélectionnait les Juifs à Auschwitz et les torturait en réalisant des expériences ‘médicales’ sur eux ».

Uki Goňi, historien, évoque l’accord entre l’Argentine et Heinrich Rothmund, directeur de la police suisse : « Les Nazis ne pouvaient pas quitter l’Allemagne parce que les forces d’occupation américaines et britanniques ne leur délivraient pas de visa. L’Argentine a donc proposé à Rothmund d’accueillir un certain nombre de réfugiés, à condition qu’il accepte de laisser entrer en Suisse des nazis sans papiers, pour qu’ils puissent de là gagner l’Italie. Rothmund a dit « Oh oui, nous avons environ 9 000 réfugiés ici, des rescapés des camps de concentration, et nous n’en voulons pas, surtout des juifs. Les Argentins ont répondu : « Nous ne voulons pas des juifs, mais des autres ».

Par cet accord, de nombreux criminels de guerre recommandés souvent par un « fasciste notoire » fuient, via le bureau du CICR génois, embarquent à Gênes en direction de l’Argentine intéressée par le savoir-faire allemand.

Après la guerre, « la Croix-Rouge allemande se consacre entièrement aux soldats allemands portés disparus ».

Les Alliés confient au CICR la direction du Service international des recherches (ITS) auquel s’adressent les victimes des nazis. L’ITS conserve les documents saisis après guerre sur les crimes nazis : dossiers des camps de concentration, liste des déportés et morts, pièces d’identité des détenus, etc. Plus de « 17 millions de données personnelles ne sont toujours pas traitées à ce jour. Le CICR a encore manqué une occasion d’aider les victimes. Depuis des années, les demandes [d’informations] s’accumulent par centaines de milliers ». Depuis 2006, le CICR s’efforce de résoudre ses dysfonctionnements : de nombreux survivants de la Shoah sont décédés sans avoir de réponse à leurs questions.

Dans le jardin des Justes, à Yad Vashem (Jérusalem), sont honorés quelques membres de la Croix-Rouge, dont Friedrich Born.

Le CICR et l’Etat juif
Plus qu’un échec, c’est d’une faute morale de la Croix-Rouge que ce documentaire intéressant démontre. Le CICR n’a pas seulement « abandonné à leur sort les victimes de la Shoah », mais aussi les futures victimes qu’il aurait pu/du sauver.

On peut regretter que ce documentaire ne mentionne pas l'inaction du CICR à l'égard des camps de prisonniers en Afrique.

Séquelles de cette attitude discriminatoire à l’égard des juifs ? Le CICR a accueilli tardivement, en 2006, le Maguen David Adom et l’a admis en son sein avec le Croissant-Rouge palestinien, et en refusant que l’étoile de David soit son troisième emblème.

Celui-ci est, aux côtés de la croix rouge et du croissant rouge, un cristal rouge.

Quant au soldat franco-israélien Gilad Shalit otage du mouvement terroriste Hamas dans la bande de Gaza, le CICR est critiquée pour son inaction et son inefficacité.

En outre, depuis deux mois, dans ses bureaux à Jérusalem (Israël), il abrite des terroristes de ce mouvement islamiste en avançant la 4e convention de Genève...

Enfin, le CICR maintient, notamment dans son rapport annuel, la dénomination erronée de "territoires occupés" de la Judée, de la Samarie, et de la bande de Gaza même après le retrait total des Israéliens de ce lieu en 2005. Et lors même que des experts en droit international réunis par le CICR  refusent cette dénomination pour la bande de Gaza.

Le 26 janvier 2016, Histoire diffusa Un vivant qui passe. "En 1979, alors qu'il réalise "Shoah", Lanzmann rencontre Maurice Rossel avec qui il s'entretient longuement. Délégué à Berlin par la Croix-Rouge pendant la guerre, Rossel se rendit à Auschwitz, en 1943, avant de visiter le "ghetto modèle" de Theresienstadt, en 1944, avec le plein accord des autorités allemandes. Il se laissa alors totalement aveugler par la mise en scène nazie, incapable de déceler la vraie nature des lieux. Claude Lanzmann revient avec lui sur ces instants pour essayer de comprendre comment il a pu se laisser ainsi abuser par les autorités nazies".

Le 22 juin 2017, Palestinian Media Watch (PMW) a révélé que "l'Autorité palestinienne abuse de la bonne volonté de la Croix-Rouge internationale pour payer les salaires aux terroristes palestiniens dans les prisons israéliennes". PMW a écrit au Premier ministre israélien Netanyahu pour l'en informer et lui suggérer un moyen de mettre un terme  à cette situation.

La loi de l'Autorité palestinienne (AP) précise que tous les Palestiniens arrêtés, dont ceux ayant commis des attentats terroristes, reçoivent un salaire de l'AP de la date de leur arrestation jusqu'au jour de leur libération. Le montant de ce salaire varie selon la durée de l'emprisonnement et va de 1 400 shekels à 12 000 shekels par mois. Or, l'AP allègue aux gouvernements étrangers que ces versements sont des "allocations sociales". Le Comité de Croix-Rouge internationale (ICRC) fournit les formulaires qui permettent le paiement de ces salaires aux terroristes. L

La Régulation 18 (2010), qui a fixé les procédures pour les paiements par l'AP aux terroristes palestiniens, précise qu'un "wakil" - un "agent autorisé" ou "mandat d'allocation" - sera désigné par le prisonnier pour déterminer qui reçoit le salaire. Elle autorise le prisonnier à désigner d'autres personnes que son épouse ou ses parents. La désignation d'un "agent" peut être autorisée seulement par un formulaire signé par le prisonnier. Le CICR, qui visite les prisonniers, leur apporte ce formulaire. Or, fourni ce formulaire n'est pas inclus dans le travail humanitaire du CICR.

PMW a interrogé le CICR. The ICRC in its response differentiated between two types of prisoners, "internees" and "detainees." "Detainees" includes those arrested, indicted or convicted of terrorism (see articles 66, 69 and 76 of Fourth Geneva Convention - GCIV), which includes the imprisoned Palestinian terrorists. In its response to PMW, about the "detainees" the ICRC referred to article 10 of GCIV which provides: 
"The provisions of the present Convention constitute no obstacle to the humanitarian activities which the International Committee of the Red Cross or any other impartial humanitarian organization may, subject to the consent of the Parties to the conflict concerned, undertake for the protection of civilian persons and for their relief."  (Emphasis added)"
"Since facilitating the payments of salaries to terrorists is not something the ICRC is compelled by GCIV to provide, and is certainly not part of the humanitarian work of the ICRC, all services to "detainees" requires the "consent of the Parties." This means that the ICRC cannot facilitate these payments to terrorists without the consent of the Israeli government".

"While it is unclear whether the ICRC knew, prior to PMW's query, that the PA is using the form it provides as a means to pay the terrorist salaries, the ICRC's response to PMW's inquiry stated that the organization provides the function as a "humanitarian" activity".

PMW "has notified Prime Minister Netanyahu of the ICRC activity. As mentioned, the activities of the ICRC as regards "detainees" are based on Article 10 of GCIV, which requires the consent of the Israeli Authorities. Since Prime Minister Benjamin Netanyahu has called numerous times for the Palestinian Authority to stop paying salaries to terrorist prisoners, today PMW has written to the Prime Minister to inform him that the ICRC in fact is facilitating the salary payments to terrorist prisoners. We have asked the Prime Minister, in his capacity as Minister of Foreign Affairs, to verify if Israel gave its consent to the ICRC to provide this authorization form to terrorists which facilitates their receiving salaries from the PA. Certainly, if that consent was given in the past, based on current Israeli policy it should now be revoked".

Visuels de haut en bas :
© DR
Logo du CICR
Carte officielle de Maurice Rossel
Doris Grozdanovičovà en bergère
Maurice Rossel interviewé
Logo du MDA
Les trois emblèmes du CICR

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Cet article a été publié le 26 septembre 2010, puis les 21 octobre 2013 et 27 janvier 2016. Il a été modifié le 18 juillet 2017.

2 commentaires:

  1. Bien que j'aie vue le film sur Arte:
    "La Croix-Rouge sous le IIIe Reich, Histoire d’un échec",j'aimerais savoir où trouver un lien sur Internet pour que d'autres, qui ne connaissent rien de la sombre période de Burckhardt,soient bien mieux informés qu'ils ne le sont aujourd'hui.
    Je reviendrai régulièrement sur ce site pour savoir si un tel lien existe ou si même il y a une version en anglais du même film.
    CT.

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  2. Ma grand-tante, pourtant de nationalité Suisse mais mariée en France, a éte déportée le 3.2.1944 par la Police Francaise le 3 février 1944 par le convoi n° 67 de Drancy vers Auschwitz où elle a éte assassinée par les Allemands. Quand ma grand-mère, qui vivait en Suisse ne sentait plus rien de sa soeur, elle a écrit maintes fois au Croix-Rouge à Genève où on était pas d'un très grand secours.
    Marschsalome@hotmail.com

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