lundi 15 février 2016

« Les trois lumières », par Fritz Lang


Arte diffusera « Les trois lumières » (Der Müde Tod), par Fritz Lang (1921). « Voyageuse lasse et solitaire, la Mort tente de séparer un jeune couple d'amoureux... Une légende expressionniste » démultipliée en trois contextes/décors distincts.

« L'amour est aussi fort que la mort », indique le Cantiques des cantiques.

Apparaissant en « voyageur à la silhouette longiligne et au visage triste, la Mort tente de séparer deux jeunes amants. Mais lasse de toujours triompher, elle accepte d'accorder à la jeune fille trois chances de sauver l'élu de son cœur. L'amoureuse est ainsi mise à l'épreuve en étant précipitée dans trois récits différents de couples en danger : à Bagdad, dans un décor des Mille et une nuits, à Venise sous la Renaissance, et en Chine dans le palais de l'empereur. Mais la jeune fille ne peut aider aucun des fiancés. La Mort lui laisse alors une dernière possibilité de sauver son amant : elle lui demande de lui apporter une autre âme en échange de celle de son bien-aimé. La jeune fille cherche en vain quelqu'un qui pourrait lui faire don de sa vie ».

Réalisé en 1921, ce « huitième film muet » de Fritz Lang affermit sa réputation « comme grand créateur expressionniste ».

Pendant sa période allemande - il fuit le nazisme pour la France puis les États-Unis -, Fritz Lang « se révèle comme étant le plus poète, le plus romantique et le plus germanique de tous les cinéastes d'expression allemande ».

Dans cette légende d'inspiration très germanique, dont le scénario est de la romancière populaire Thea von Harbou, que Fritz Lang épouse peu après le tournage -, le « réalisateur dessine une allégorie de l'existence comme un combat perdu d'avance devant la destinée ».

Avec une nouvelle orchestration enregistrée en ciné-concert le 12 février lors de la Berlinale 2016, interprétée par l'Orchestre symphonique de la Radio de Berlin sous la direction de Frank Strobel.

Les effets spéciaux de la séquence chinoise inspirent Douglas Fairbanks dans son film Le Voleur de Bagdad. Pour éviter toute concurrence, ce réalisateur et acteur américain avait acheté les droits  du film allemand, et en avait retardé la diffusion après la sortie de son film, en 1924.   

« Les trois lumières  », par Fritz Lang
Decla-Bioscop, 1921, 95 min
Scénario : Thea von Harbou, Fritz Lang
Décors : Hermann Warm, Walter Röhrig, Robert Herlth
Images : Erich Nitzschmann, Herrmann Saalfrank, Fritz Arno Wagner, Bruno Mondi, Bruno Timm
Musique : Cornelius Schwehr
Restauration : Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung Wiesbaden
Avec Lil Dagover
Walter Janssen
Bernhard Goetzke
Hans Sternberg
Carl Rückert
Max Adalbert
Wilhelm Diegelmann, Erich Pabst, Karl Platen, Hermann Picha, Paul Rehkopf, Max Pfeiffer, Georg John, Lydia Potechina, Grete Berger, Rudolf Klein-Rogge, Eduard von Winterstein, Paul Biensfeldt, Karl Huszar-Puffy
Sur Arte le 16 février 2016 à 0 h 35

Visuels : © ZDF/FWMS

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