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dimanche 17 mars 2019

John Ford (1894-1973)


John Ford (1894-1973) était un réalisateur et producteur américain d'origine irlandaise qui a excellé dans les westerns (La Chevauchée fantastique, La Prisonnière du désert) et les films dramatiques sociaux (Les Raisins de la colère) ou psychologiques (Le Mouchard). Durant la Deuxième Guerre mondiale, ce militant anti-nazi a dirigé une unité d'opérateurs filmant les camps nazis de concentration. Arte diffusera le 17 mars 2019 « L’Homme qui tua Liberty Valance » (The Man Who Shot Liberty Valance ; Der Mann, der Liberty Valance erschoss) de John Ford, puis "John Ford - L'homme qui inventa l'Amérique" (John Ford - Der Mann, der Amerika erfand), documentaire réalisé par Jean-Christophe Klotz.

Fred Astaire (1899-1987)

John Ford (1894-1973) est l'un des réalisateurs américains les plus importants du cinéma américain. Sa carrière s'étale sur quatre décennies : ayant débuté avec le cinéma muet, il a su s'adapter au cinéma parlant.

"John Ford - L'homme qui inventa l'Amérique"
"John Ford - L'homme qui inventa l'Amérique" (John Ford - Der Mann, der Amerika erfand) est un documentaire réalisé par Jean-Christophe Klotz. "De "La prisonnière du désert" aux "Raisins de la colère", John Ford a contribué à bâtir la légende américaine. Avec pour fils rouges la Monument Valley qu'il immortalisa de si belle manière et le silence farouche qu'il opposait aux intervieweurs, un portrait à la mesure du géant du cinéma américain."

"À la fois conteur et bâtisseur de la légende américaine, John Ford (1894-1973) fut bien plus qu’un grand faiseur de westerns. En près de cinquante ans de carrière et cent cinquante films, dont quelques monuments de l’histoire du septième art – La chevauchée fantastique (1939), Les raisins de la colère (1940), La prisonnière du désert (1956) ou L’homme qui tua Liberty Valance (1962) –, le cinéaste le plus oscarisé d’Hollywood (quatre trophées du meilleur réalisateur) n’a cessé de fixer sur pellicule le grand récit de l’Amérique, pour dépasser le mythe et révéler ses failles. Dans les paysages somptueux de l'Ouest sauvage, notamment la Monument Valley, entre l'Arizona et l'Utah, où il revint tourner inlassablement, il a d'abord forgé sa vision rêvée de son pays – une nation humaniste, solidaire, offrant aux hommes et femmes de bonne volonté la liberté infinie de ses grands espaces. Mais son œuvre, nourrie autant de l’histoire américaine que de son propre parcours, se fera au fil du temps plus sombre et plus ambivalente."

"Le réalisateur Jean-Christophe Klotz évoque avec finesse les multiples facettes d'un cinéaste qui refusa aussi obstinément les questions des intervieweurs que l'embrigadement idéologique : le fils d’immigrant irlandais assoiffé de reconnaissance, le vétéran profondément marqué par la Seconde Guerre mondiale, le témoin révolté par l’oppression des minorités, notamment indiennes, le taiseux fuyant ses propres gouffres dans des beuveries méthodiques… Au travers notamment de somptueuses archives, d'interviews de proches et de spécialistes de l'œuvre, comme de séquences tournées dans l’Ouest américain (par exemple auprès des Navajos qui perpétuent les luttes de leurs aînés, mais aussi d'un meeting de campagne de Donald Trump, venu s'approprier l'héritage de John Wayne, acteur fétiche du cinéaste), ce documentaire fait "parler" les extraits des films les plus emblématiques de John Ford. À l'image d'un géant qui, disait François Truffaut, "a inventé le western, et peut-être engendré le cinéma lui-même", un portrait documentaire plein de souffle, qui met en valeur les multiples résonances de l'œuvre."

"Sur la piste des Mohawks"
"Sur la piste des Mohawks" est un western de John Ford. "En 1776, pendant la guerre d'indépendance américaine, un couple de colons fonde un foyer dans la vallée Mohawk, où vivent des Indiens. ... Une ode lyrique aux pionniers de l'Ouest par le maître John Ford, avec Henry Fonda et Claudette Colbert."

"1776. Pendant la guerre d'indépendance américaine, un jeune colon, Gil Martin, se marie avec Lana. Après la cérémonie, le couple part en chariot pour s'installer dans la ferme de Gil et fonder un foyer dans la vallée Mohawk, où vivent des Indiens. Dans une auberge, ils font la connaissance de Caldwell, un espion anglais borgne. Ils vont comprendre que les Britanniques royalistes manipulent les Mohawks en les incitant à répandre la terreur dans la vallée afin de chasser les colons. La ferme des Martin est la première à être brûlée."

"Dans la production pléthorique de John Ford, Sur la piste des Mohawks marque une date spéciale : c'est sa première approche de la couleur, sublimée par le Technicolor, notamment dans des scènes collectives composées comme des tableaux. Cette beauté plastique se met au service d'une ode lyrique aux pionniers de l'Ouest. Le cinéaste, qui réalisera trois films en cette année 1939 (dont La chevauchée fantastique), traite d'un de ses thèmes de prédilection : la force de la communauté confrontée à l'adversité et à la violence. À partir d'un scénario à rebondissements, il passe de la vérité à la légende, du détail réaliste à l'épopée. Un tour de force qui exalte non sans humour l'esprit d'aventure et la générosité, dans la plus pure tradition fordienne."

"Le fils du désert"
"Le Fils du désert"(3 Godfathers) de John Ford (1948) a été écrit par Frank S. Nugent et Laurence Stallings, d'après une nouvelle éponyme de Peter B. Kyne. En 1919, John Ford avait réalisé "Marked Men" d'après ce récit, mais ce film semble avoir disparu. "Trois bandits en cavale dans le désert se retrouvent avec un bébé sur les bras... Nourri de références bibliques, un superbe western de John Ford sur l'amour, l'amitié, l'expiation, le sacrifice et le pardon. Avec John Wayne, très attachant dans un rôle inhabituel."

"Après avoir dévalisé la banque de la petite ville de Welcome en Arizona, trois bandits, Robert, Pedro et William, s'enfuient dans le désert poursuivis par le shérif Perley et ses adjoints. William est blessé et leurs gourdes sont transpercées par les balles. Pour se réapprovisionner en eau, les trois hommes se dirigent vers un tanker sur la voie ferrée, mais Perley les a précédés et ils doivent rebrousser chemin, sans eau. Près d'un puits asséché, ils découvrent une jeune femme sur le point d'accoucher. Son mari, parti chercher du secours, l'a abandonnée dans un chariot. Grâce aux soins de Pedro, le bébé naît, mais la mère, à bout de forces, meurt en confiant son fils aux bandits."

"Loin des chevauchées, des guerres indiennes et des charges de cavalerie, Le fils du désert a tout d’une parabole sur l'amour, l'amitié, l'expiation, le sacrifice et le pardon", écrivait Patrick Brion dans John Ford (Éditions de la Martinière). Remake parlant des Hommes marqués (1919) du même Ford, cette variation humaniste autour du thème des Rois mages est dédiée à l'acteur Harry Carey. Décédé quelques mois avant le tournage, ce dernier tourna une vingtaine de films avec John Ford, dont Les hommes marqués. C'est d'ailleurs son fils, Harry Carey Jr., qui joue à son tour le rôle de William, l'un des trois parrains. Tourné dans la Vallée de la Mort, ce western séduit par ses magnifiques images Technicolor, baignées d'une lumière quasi divine."

Dans "Le Fils du désert (3 Godfathers, 1948), John Ford cinéaste transpose l’épisode biblique de la Nativité dans le désert californien – une grande partie du film fut tournée dans la Vallée de la Mort et le désert Mojave. Trois hors-la-loi en cavale après l’attaque d’une banque découvrent sur leur chemin une femme abandonnée, sur le point d’accoucher. Cette dernière, avant de mourir, leur confiera le bébé. Ce western empreint de religiosité est la deuxième version, sonore et en Technicolor, d’une histoire déjà filmée par Ford en 1919, Marked Men, avec Harry Carey en vedette. John Ford dédie Le Fils du désert à son premier acteur fétiche, mort d’un cancer en 1947. Le plus jeune des nouveaux Rois Mages, aux côtés de John Wayne et Pedro Almendáriz, n’est autre que Harry Carey Jr, qui apparaîtra dans plusieurs films de Ford. Marked Men était lui-même un remake d’une précédente adaptation cinématographique d’une nouvelle de Peter B. Kyne, The Three Godfathers (1916) de Edward LeSaint. Le livre inspirera au moins deux autres longs métrages, Hell’s Heroes (1929) de William Wyler et Three Godfathers (1936) de Richard Boleslawski", analyse Olivier Père.

Et Olivier Père de poursuivre : "Ford illustre cette parabole chrétienne en l’inscrivant dans un paysage naturel sauvage et inhospitalier magnifié par la mise en scène, qui saisit le petit groupe humain perdu dans l’immensité du désert. Les scènes de tempêtes de sable sont impressionnantes. Ford y fait preuve de son habituel génie du cadre. Le mariage entre les nombreuses séquences tournées en extérieurs et certaines où surgissent les artifices théâtraux des décors en studios produit un effet poétique, qui souligne la dimension de fable biblique du film. Le Fils du désert est un film sur la bonté, qui fait l’éloge du don de soi et de l’entraide, et montre trois brigands sur le chemin du sacrifice et de la rédemption. L’imagerie sulpicienne est contrebalancée par l’humour de Ford, son sentimentalisme et son goût pour les personnages truculents et foncièrement sympathiques."

« L’Homme qui tua Liberty Valance » 
« L’Homme qui tua Liberty Valance » (The Man Who Shot Liberty Valance ; Der Mann, der Liberty Valance erschoss) par John Ford. « Qui viendra à bout du sanguinaire Liberty Valance » dans ce Wild West ? « Quand John Ford revisite la légende de la conquête de l'Ouest, il réalise un chef-d’œuvre du western. Avec John Wayne en héros très discret, James Stewart, Lee Marvin et Vera Miles ».

« Après des années d’absence, le sénateur Stoddard et son épouse arrivent dans la petite gare de Shinbone. Intrigués, les journalistes locaux interrogent l’homme politique sur ce retour. Pressé de questions, celui-ci finit par tout raconter : au temps de la diligence, quand il n’était encore qu’un jeune avocat, il s’est fait dévaliser par Liberty Valance… »

 « On est dans l'Ouest ici. Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende." (« This is the West, sir. When the legend becomes fact, print the legend »). Cette réplique en forme d'aveu résume l’état d’esprit de John Ford, alors dans le dernier tournant de sa carrière  ».

 « Mais elle entame à peine le mythe de la conquête de l’Ouest tel qu'il l'a lui-même forgé » et du cow boy voué à la solitude et à l'oubli de l'Histoire.

 « Car si le cow-boy Doniphon, aussi vif pour dégainer que malchanceux en amour, tire sa révérence et laisse sa place à Stoddard, le frêle politicien, tous deux auront finalement contribué à briser la loi du plus fort. L'homme qui tua Liberty Valance raconte avec force le long cheminement d’une contrée sauvage vers la démocratie, à travers un triangle amoureux et une série d’affrontements ».

« La tendresse que Ford éprouve pour Tom, le héros oublié, joué par son acteur fétiche, un John Wayne à la prestance décontractée, avec un rien de mélancolie dans les yeux, rend le film très attachant »

Une réflexion cinématographique sur les apparences, sur les paradoxes entre réalité/Histoire et mensonge/mythe, sur l'amitié et l'amour, sur la fidélité, sur la victoire du droit par la force, sur l'emprisonnement dans un mythe, sur la presse - quatrième pouvoir - et l'archétype du journaliste honnête qui ose dénoncer les puissants malhonnêtes, sur le passage tumultueux de l'ère des Cattlemen vers la civilisation des Homesteaders dans un Etat en formation.

Un chef d’œuvre, à la structure très habile en flash backs, au regard parfois désenchanté, bouleversant, aux répliques cultes.

En 2007, ce film en noir et blanc a été inscrit pour le préserver sur la liste du National Film Registry de la Library of Congress car il est "culturellement, historiquement, ou esthétiquement significatif".

"L’Irlande, l’autre Far West de John Ford
Arte diffuse, dans le cadre d'Invitation au Voyage (Stadt Land Kunst), sur son site Internet jusqu'au 29 janvier 2021 "L’Irlande, l’autre Far West de John Ford" (Irland: John Fords anderer Wilder Westen).

"Dans l’ouest de l’Irlande, les landes verdoyantes du comté de Mayo et les grands lacs du Connemara font face à l’océan. Ces terres sont celles des ancêtres du réalisateur John Ford, l’un des plus grands metteurs en scène américains. En 1951, il s’installe dans l’ouest irlandais pour tourner “L’Homme tranquille”, une comédie dans laquelle il célèbre une nature préservée et rend hommage à cette Irlande tant fantasmée."


"L’Irlande, l’autre Far West de John Ford
France, 2019, 13 min

"John Ford - L'homme qui inventa l'Amérique" Jean-Christophe Klotz
France, 2018, 54 min
Sur Arte le 17 mars 2019 à 22 h 55
Visuels :
John Ford sur le tournage de "La chevauchée fantastique", 1939
© MPTV/ 1978 Ned Scott Archive
James Stewart,John Ford et John Wayne sur le tournage de "L'Homme qui tua Liberty Valance", 1962
© Alamy Stock Photo
Legende : Monument Valley depuis le "John Ford Point"
© Steve Dunleavy Photography, 2

"Sur la piste des Mohawks" de John Ford
Etats-Unis, 1939, 100 min
Scénario : Sonya Levien, Lamar Trotti
Production : 20th Century Fox
Producteur/-trice : Ralph Dietrich
Image : Bert Glennon, Ray Rennahan
Montage : Robert L. Simpson
Musique : Alfred Newman
Avec Claudette Colbert (Lana), Edna May Oliver (Gilbert Martin), Henry Fonda (Mrs. Mc Klennar), Eddie Collins (Christian Reall), John Carradine (Caldwell), Dorris Bowdon (Mary Reall)
Auteur : Walter D. Edmonds
Visuels :
Gil (Henry Fonda) et Lana (Claudette Colbert)
© 1939 Twentieth Century Fox

"Le Fils du désert" de John Ford
Etats-Unis, 1948
Image : Winton C. Hoch, Charles P. Boyle
Montage : Jack Murray
Musique : Richard Hageman
Production : Argosy,
Producteur/-trice : John Ford, Merian C. Cooper
Réalisation : John Ford
Scénario : Laurence Stallings, Frank S. Nugent, Avec John Wayne, Pedro Armendáriz, Harry Carey Jr., Ward Bond, Mae Marsh, Mildred Natwick, Charles Halton, Hank Worden, Jane Darwell, Guy Kibbee

Paramount Pictures, John Ford Productions, 1962
Auteur : Dorothy M. Johnson
Image : William H. Clothier
Montage : Otho Lovering
Musique : Cyril J. Mockridge, Alfred Newman
Producteur/-trice : Willis Goldbeck
Scénario : James Warner Bellah, Willis Goldbeck
Avec  James Stewart, John Wayne, Lee Marvin, Vera Miles, Edmond O'Brien, Andy Devine
Visuels : © Paramount Pictures
Sur Arte les 5 juin à 20 h 50 et 26 juin 2017 à 13 h 35, 17 mars 2019 à 20 h 50, 27 mars 2019 à 13 h 35
Visuels 
"Qui viendra à bout du sanguinaire Liberty Valance ? Quand John Ford, le maître du western, met en scène le déclin du genre qui a fait sa gloire. Avec John Wayne en héros très discret".
© Paramount Pictures

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 4 juin 2017.

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