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lundi 27 décembre 2021

Ava Gardner (1922-1990)


Ava Gardner (1922-1990) est une star hollywoodienne. Née dans une famille pauvre d'agriculteurs, elle est repérée par un talent scout de la MGM. Glamorous, elle affirme son talent en "femme fatale" (The Killers, 1946). Mariée successivement avec le jeune acteur Mickey Rooney, chef d'orchestre de jazz Artie Shaw puis le crooner et acteur Frank Sinatra, Ava Gardner choisit de vivre en Espagne, puis à Londres, en espaçant ses apparitions au cinéma. Arte diffusera le 27 décembre 2021 "La comtesse aux pieds nus" (Die barfüßige Gräfin) de Joseph L. Mankiewicz, puis "Ava Gardner. La Gitane d'Hollywood", documentaire réalisé par Sergio G. Mondelo (2016). 

 
"La beauté d'Ava Gardner", chantait Alain Souchain.

Ava Gardner (1922-1990) est une star hollywoodienne dont le talent a semblé être occulté ou minoré, notamment aux yeux de l'intéressée, par une beauté sensuelle.


Née dans une famille pauvre d'agriculteurs chrétiens de Caroline du nord, elle garde des complexes d'avoir du arrêter précocement sa scolarité et de sa timidité.


Elle pose pour son beau-frère, photographe professionnel américain qui place ses clichés sur la devanture de son magasin à New York.

Un talent scout de la MGM est impressionné par sa beauté et sa photogénie exceptionnelles.


Ava Gardner signe un contrat avec ce studio hollywoodien qui lui offre des rôles de plus en plus importants.


Glamorous, elle affirme son talent en "femme fatale" (The Killers, 1946) dans lequel elle éblouit le public par sa sensualité.

Ava Gardner épouse successivement le jeune acteur Mickey Rooney (1942-1943), le chef d'orchestre de jazz juif Artie Shaw (1945-1946) qui l'incite à se cultiver en lui conseillant ses lectures, puis le crooner et acteur catholique Frank Sinatra (1951-1957).


Ava Gardner joue dans des films The Hucksters (1947), Show Boat (1951), Pandora and the Flying Dutchman (1951), The Snows of Kilimanjaro (1952), Knights of the Round Table de Richard Thorpe et The Band Wagon (1953), The Barefoot Contessa (1954), Bhowani Junction (1956), The Naked Maja (1958), On the Beach (1959), 55 Days at Peking (1963), Seven Days in May (1964), The Night of the Iguana (1964), The Bible: In the Beginning... (1966), The Life and Times of Judge Roy Bean (1972), Earthquake (1974), et The Cassandra Crossing (1976).

Alors qu'elle reprochait dans son livre de mémoires posthume à la MGM de lui avoir imposé des rôles stéréotypés, peu intéressants, Ava Gardner refuse le rôle de Mrs Robinson dans The Graduate. Peut-être pour privilégier sa vie personnelle. Ou par erreur, comme dans de nombreuses carrières d'acteurs.


Supportant difficilement l'image stéréotypée d'elle élaborée par les attachés de presse de la MGM, séduite par la vie nocturne animée en Espagne, elle s'y installe dans les années 1950 où elle fréquente les proches du général Franco, puis se fixe à Londres, en espaçant ses apparitions au cinéma. Regina Roma avec Anthony Quinn et Anna Karina lui permet de jouer une mère régentant son mari effacé et dominant son fils, et de révéler la maturité de son talent.

Elle apparaît en guest star dans des séries télévisées.


De graves problèmes de santé lui imposent de mettre un terme à son activité d'actrice.


"Ava Gardner. La Gitane d'Hollywood"

Arte diffusera le 27 décembre 2021, "Ava Gardner. La Gitane d'Hollywood", documentaire réalisé par Sergio G. Mondelo (2016). 


"Elle tourna avec les plus grands, de John Ford dans "Mogambo" à Joseph L. Mankiewicz dans "La comtesse aux pieds nus", en passant par John Huston dans "La nuit de l’iguane". Derrière la beauté de l’actrice se cachaient les fragilités d’une femme tourmentée, que révélèrent ses années d’exil en Espagne sous la dictature de Franco."


"Était-ce pour fuir son mariage houleux avec Frank Sinatra ou la surmédiatisation qui l’étouffait, était-ce parce qu’elle était tombée amoureuse d'un autre homme, comme elle l’écrivit dans ses mémoires ? Il y a sans doute un peu de tout cela dans le départ d'Ava Gardner, qui, au sommet de sa gloire, quitte Hollywood pour s’installer en Espagne en 1955, à 32 ans, en pleine dictature franquiste.

"Ava Gardner devient libre dans un pays totalitaire. C’est complètement paradoxal", analyse Frédéric Martinez, l’un des biographes de la star, dans ce passionnant documentaire de Sergio G. Mondelo déjà auteur de Pedro Almodóvar – Tout sur ses femmes, diffusé par ARTE. Il brosse ici un saisissant portrait d’une des plus belles femmes du monde, qui succomba aux accents du flamenco, à la puissance des corridas et au sex-appeal d’un acteur-matador sur le tournage de Pandora, à Tossa de Mar en 1951."

"Quatre ans après cette expérience européenne, elle décide de s’exiler à Madrid. S’ensuivent quinze années de fêtes et de passions amoureuses (toujours les matadors) qui se terminent par une chute de cheval qui la laisse brisée, au sens propre comme au figuré. À tel point que sa carrière cinématographique en pâtit, elle qui tourna avec les plus grands, de John Ford dans Mogambo à Joseph L. Mankiewicz dans La comtesse aux pieds nus, en passant par John Huston dans La nuit de l’iguane. Tissé d’images d’archives, d’extraits de films et de ses mémoires, d’interventions de biographes et de critiques, le film explore avant tout les fragilités de la femme derrière l’actrice. Car Ava, qui sombra peu à peu dans l’alcool, ne parvint jamais à se départir d’un manque d’estime de soi sans doute dû à une enfance pauvre et à la mort prématurée d’un père aimant."


"Les chevaliers de la Table ronde"

Arte diffusa le 8 juillet 2020 "Les chevaliers de la Table ronde" (Die Ritter der Tafelrunde ; Knights of the Round Table) de Richard Thorpe (1953).

"Angleterre, VIe siècle. Le roi Arthur rêve de rétablir la paix dans son royaume, déchiré par des luttes intestines. Il s'allie avec deux preux chevaliers dont l'un, Lancelot, se prend de passion pour la belle reine Guenièvre... Robert Taylor et Ava Gardner dans une excellente adaptation de la merveilleuse légende du roi Arthur. Le premier film en Cinémascope produit par la MGM."


"Angleterre, VI e siècle. Le roi Arthur rêve de rétablir la paix dans son royaume, déchiré par des luttes intestines. Il s'allie avec deux preux chevaliers dont l'un, Lancelot, se prend de passion pour la belle reine Guenièvre. Le second, Mordred, est jaloux de l'influence du premier auprès du roi. Sous la pression de sa femme, la fée Morgane, il essaie par tous les moyens de le discréditer..."

"Si le film se concentre sur l'histoire d'amour entre Lancelot et Guenièvre, la reconstitution historique n'en est pas moins superbe et la distribution prestigieuse se hisse à la hauteur de la merveilleuse légende du roi Arthur."


"Pandora, la Gitane d'Hollywood"
Arte rediffusa le 29 juin 2018 « Pandora » réalisé par Albert Lewin (1951).

« En 1930, en Espagne, au large d’Esperanza, des pêcheurs remontent dans leurs filets deux corps sans vie. Geoffrey Fielding, un archéologue britannique, découvre que l’une des victimes est son amie Pandora Reynolds. Il se remémore le pouvoir d’envoûtement de cette belle chanteuse, notamment auprès de l'un de ses prétendants, Reggie Demarest, qui s’est suicidé par amour pour elle peu de temps auparavant, laissant ainsi le champ libre au séduisant coureur automobile Stephen Cameron. Fielding se souvient aussi qu'un jour, alors qu'elle se promenait avec le pilote, Pandora aperçut un yacht au large. Intriguée, elle le rejoignit à la nage et rencontra à son bord le mystérieux Hendrik Van der Zee, occupé à peindre le portrait de la mythique Pandore, dont le visage ressemblait trait pour trait au sien… »

« Exécutée en réalité par Man Ray, cette toile constituait un hommage au peintre surréaliste Giorgio De Chirico ».

« Empreints de cette picturalité, le cadre et la photo du film singularisent cet ovni cinématographique signé Albert Lewin, un des grands méconnus d’Hollywood, car jugé trop esthète par les studios ».

« Dans Pandora, le cinéaste mélange l’histoire de Pandore, la première humaine de la mythologie grecque, et la légende du Hollandais volant, condamné à errer éternellement sur les mers jusqu’à ce qu’une femme accepte de sacrifier sa vie par amour pour son capitaine ».

« Il y ajoute la ferveur des corridas et du sport automobile, ainsi qu’un soupçon de flamenco et de jazz, pour éblouir avec un film inclassable, entre documentaire, romance et fantastique. Ava Gardner n’a jamais autant resplendi. Quant à James Mason, il endosse avec brio le rôle du Hollandais maudit ».

« La fameuse scène de course sur la plage peuplée de statues grecques, notamment, a fait couler beaucoup d'encre. Lewin signe là un chef-d'œuvre de surréalisme cinématographique. On oublie d'ailleurs l'histoire, subjugué par certaines scènes : celles de la plage ou de la corrida, les plans évoquant simultanément des tableaux de Chirico, de Dalí ou de Delvaux. Les ambitions du réalisateur  sont essentiellement esthétiques. Il reste très soucieux de créer une atmosphère envoûtante, tout en cherchant à restituer la réalité avec autant de fidélité que possible »

"La comtesse aux pieds nus"
Arte diffusera le 27 décembre 2021 "La comtesse aux pieds nus" (Die barfüßige Gräfin ; The Barefoot Contessa) de Joseph L. Mankiewicz. "Aux côtés d'Humphrey Bogart, la sublime Ava Gardner donne vie à Maria Vargas, bergère tuée par son prince charmant, dans un film qui condense tout l’éclat et l’esprit de Joseph L. Mankiewicz."
  
"Il pleut sur la statue et sur l’enterrement de la comtesse Maria Torlato-Favrini. Son ami et confident Harry Dawes assiste aux funérailles et, en tant que metteur en scène, ne peut s’empêcher d’observer combien la cérémonie aurait été du goût de la défunte. Il se souvient de leur première rencontre, dans un cabaret de Madrid, où un richissime producteur était venu chercher une nouvelle vedette pour Hollywood…"  
 
"Des flash-back, des fragments incomplets et surtout la voix intérieure de quelques figures clés évoquant la vie de Maria Vargas : comme toujours chez Mankiewicz, la parole prime sur l’action. Elle fait naître l’événement, apparaître un décor, se mouvoir des personnages. La construction est d’autant plus efficace qu’elle s’appuie sur trois acteurs admirables. Humphrey Bogart, n’en déplaise aux fans de Marlowe, n’embrasse pas l’héroïne à la fin (ou alors sur la joue). Il incarne un metteur en scène lucide et humain dans un monde de cinéma où règnent l’argent et le pouvoir. Edmond O’Brien accède quant à lui au devant de la scène dans le rôle à la fois méprisable et drôle d’Oscar Muldoon, homme à tout faire d’un producteur plein de morgue – ce qui lui valut un Oscar. Enfin, Ava Gardner, dont la beauté illumine l’écran sans éclipser son talent d’actrice, sait préserver le mystère. Elle joue une fille du peuple devenue étoile à Hollywood puis comtesse en Italie. Mais le scénario de sa vie dérape, la romance tourne court. Mankiewicz, à la fois scénariste, réalisateur et producteur, épingle au passage les paillettes cannoises et hollywoodiennes dans un film qui tient autant de la satire que du conte de fée cruel."

Meilleur acteur dans un second rôle (Edmond O’Brien), Oscars et Golden Globes 1954.

"La Comtesse aux pieds nus peut être considéré comme le chef-d’œuvre de Mankiewicz, qui parvient à s’imposer comme l’auteur complet du film, cas assez rare dans le cinéma américain des années 50. Après avoir connu des relations plutôt tumultueuses avec les patrons de studios de la MGM et de la Twentieth Century Fox, Mankiewicz déjà réalisateur, scénariste et producteur est parvenu à accéder à une liberté et une indépendance que les autres cinéastes peuvent lui envier. Il est parti s’installer sur la côte est des Etats-Unis, loin de Hollywood, où il crée sa propre société de production, Figaro Inc. Le premier film qu’il produit pour Figaro Inc. est La Comtesse aux pieds nus, qui obtiendra un réel succès critique et public. C’est un film qui prend le cinéma comme toile de fond, mais il n’y est pas vraiment question des coulisses de l’usine à rêves. Les protagonistes qui représentent la décadence et la vulgarité de Hollywood – un réalisateur sur le déclin, un producteur cynique et méprisant, un associé servile et une starlette – sont introduits hors de leur univers, dans un cabaret de Madrid. Mankiewicz ne filme pas Hollywood dans ses aspects les moins reluisants, mais plutôt la vie privée d’une danseuse de flamenco devenue star un peu par hasard, et qui connaîtra un destin flamboyant et tragique", a analysé Olivier Père.

Et il poursuit : « J’ai essayé de faire un conte de fées qui corresponde à la vie d’aujourd’hui, une version amère de Cendrillon » déclara Mankiewicz au sujet de son film. Rarement cinéaste nous a offert un portrait aussi intime d’une femme, et par la même occasion d’une actrice. Si Mankiewicz s’inspire de la biographie de Rita Hayworth pour écrire le personnage de Maria Vargas, Ava Gardner s’en empare et livre une sublime interprétation où elle révèle beaucoup d’elle-même. Par ses qualités d’écriture et de mise en scène, et sa magnifique photographie en Technicolor signée Jack Cardiff, La Comtesse aux pieds nus tend à la perfection. Cinéaste de l’intelligence, Mankiewicz réalise un mélodrame sur la quête impossible de l’amour et du bonheur, avec en son centre une femme sensuelle à la beauté fatale, qui paiera de sa vie son désir de liberté et d’absolu."



"Ava Gardner. La Gitane d'Hollywood", de Sergio G. Mondelo

2016
Sur Arte les 25 juin 2018  à 22 h 50 et 5 juillet 2018 à 15 h 35

Visuels :
Ava Gardner, décembre 1944
 © Bridgeman Images

Ava Gardner, 1941 (photo prise par Larry Tarr à New York)
© Photofest

Ava Gardner, 1948
© Photofest

Ava Gardner à son arrivée à l’aéroport de Barajas, à Madrid, le 8 avril 1953
© EFE/lafototeca.com

Ava Gardner, 1948
© Photofest

Ava Gardner, 1948
© Photofest

AVA GARDNER en 1952-1953

« Pandora » par Albert Lewin
Royaume-Uni, 1951
Image : Jack Cardiff
Montage : Ralph Kemplen
Musique : Alan Rawsthorne
Production : Dorkay Productions, Romulus Films
Producteurs : Albert Lewin, Joseph Kaufman
Scénario : Albert Lewin
Acteurs : Ava Gardner, Nigel Patrick, James Mason, Sheila Sim, Harold Warrender, Marius Goring, Mario Cabré
Sur Arte les 25 juin 2018 à 20 h 50 et 29 juin 2018 à 13 h 35
Visuels : © Cohen Film Collection LLC/Jack Cardiff

"Les chevaliers de la Table ronde" de Richard Thorpe
Etats-Unis, 1953
Auteur : Thomas Malory
Scénario : Talbot Jennings, Jan Lustig, Noel Langley
Production : MGM
Producteur/-trice : Pandro S. Berman
Image : Freddie Young, Stephen Dade
Montage : Frank Clarke
Musique : Miklos Rozsa
Avec Robert Taylor (Lancelot), Ava Gardner (Reine Guenièvre), Mel Ferrer (Roi Arthur), Anne Crawford (Fée Morgane), Stanley Baker (Sir Mordred), Felix Aylmer (Merlin l'Enchanteur), Maureen Swanson (Lady Elaine)
Sur Arte le 8 juillet 2020 à 13 h 35

"La comtesse aux pieds nus" de Joseph L. Mankiewicz
Italie, Etats-Unis, 1954, 
Scénario : Joseph L. Mankiewicz
Production : Figaro Inc.
Producteur : Joseph L. Mankiewicz
Image : Jack Cardiff
Montage : William Hornbeck
Musique : Mario Nascimbene
Avec Humphrey Bogart (Harry Dawes), Ava Gardner (Maria Vargas), Edmond O'Brien (Oscar Muldoon), Marius Goring (Alberto Bravano), Valentina Cortesa (Eleanora Torlato-Favrini), Rossano Brazzi (Vincenzo Torlato-Favrini), Elizabeth Sellars (Jerry Dawes) et Warren Stevens (Kirk Edwards)
Sur Arte le 27 décembre 2021 à 13 h 35

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sur le film sont d'Arte. Cet article a été publié le 28 juin 2018, puis le 8 juillet 2020.

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