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jeudi 28 juin 2018

Ava Gardner (1922-1990)


Ava Gardner (1922-1990) est une star hollywoodienne. Née dans une famille pauvre d'agriculteurs, elle est repérée par un talent scout de la MGM. Glamorous, elle affirme son talent en "femme fatale" (The Killers, 1946). Mariée successivement avec le jeune acteur Mickey Rooney, chef d'orchestre de jazz Artie Shaw puis le crooner et acteur Frank Sinatra, Ava Gardner choisit de vivre en Espagne, puis à Londres, en espaçant ses apparitions au cinéma. Arte rediffusera les 29 juin 2018 « Pandora » par Albert Lewin et 5 juillet 2018 "Ava Gardner. La Gitane d'Hollywood", documentaire de Sergio G. Mondelo (2016).

 
"La beauté d'Ava Gardner", chantait Alain Souchain.

Ava Gardner (1922-1990) est une star hollywoodienne dont le talent a semblé être occulté ou minoré, notamment aux yeux de l'intéressée, par une beauté sensuelle.

Née dans une famille pauvre d'agriculteurs chrétiens de Caroline du nord, elle garde des complexes d'avoir du arrêter précocement sa scolarité et de sa timidité.

Elle pose pour son beau-frère, photographe professionnel américain qui place ses clichés sur la devanture de son magasin à New York.

Un talent scout de la MGM est impressionné par sa beauté et sa photogénie exceptionnelles.

Ava Gardner signe un contrat avec ce studio hollywoodien qui lui offre des rôles de plus en plus importants.

Glamorous, elle affirme son talent en "femme fatale" (The Killers, 1946) dans lequel elle éblouit le public par sa sensualité.

Ava Gardner épouse successivement le jeune acteur Mickey Rooney (1942-1943), le chef d'orchestre de jazz juif Artie Shaw (1945-1946) qui l'incite à se cultiver en lui conseillant ses lectures, puis le crooner et acteur catholique Frank Sinatra (1951-1957).

Ava Gardner joue dans des films The Hucksters (1947), Show Boat (1951), Pandora and the Flying Dutchman (1951), The Snows of Kilimanjaro (1952), Knights of the Round Table de Richard Thorpe et The Band Wagon (1953), The Barefoot Contessa (1954), Bhowani Junction (1956), The Naked Maja (1958), On the Beach (1959), 55 Days at Peking (1963), Seven Days in May (1964), The Night of the Iguana (1964), The Bible: In the Beginning... (1966), The Life and Times of Judge Roy Bean (1972), Earthquake (1974), et The Cassandra Crossing (1976).

Alors qu'elle reprochait dans son livre de mémoires posthume à la MGM de lui avoir imposé des rôles stéréotypés, peu intéressants, Ava Gardner refuse le rôle de Mrs Robinson dans The Graduate. Peut-être pour privilégier sa vie personnelle. Ou par erreur, comme dans de nombreuses carrières d'acteurs.

Supportant difficilement l'image stéréotypée d'elle élaborée par les attachés de presse de la MGM, séduite par la vie nocturne animée en Espagne, elle s'y installe dans les années 1950 où elle fréquente les proches du général Franco, puis se fixe à Londres, en espaçant ses apparitions au cinéma. Regina Roma avec Anthony Quinn et Anna Karina lui permet de jouer une mère régentant son mari effacé et dominant son fils, et de révéler la maturité de son talent.

Elle apparaît en guest star dans des séries télévisées.

De graves problèmes de santé lui imposent de mettre un terme à son activité d'actrice.

"Ava Gardner. La Gitane d'Hollywood" est un documentaire de Sergio G. Mondelo (2016). "Elle tourna avec les plus grands, de John Ford dans "Mogambo" à Joseph L. Mankiewicz dans "La comtesse aux pieds nus", en passant par John Huston dans "La nuit de l’iguane". Derrière la beauté de l’actrice se cachaient les fragilités d’une femme tourmentée, que révélèrent ses années d’exil en Espagne sous la dictature de Franco."

"Était-ce pour fuir son mariage houleux avec Frank Sinatra ou la surmédiatisation qui l’étouffait, était-ce parce qu’elle était tombée amoureuse d'un autre homme, comme elle l’écrivit dans ses mémoires ? Il y a sans doute un peu de tout cela dans le départ d'Ava Gardner, qui, au sommet de sa gloire, quitte Hollywood pour s’installer en Espagne en 1955, à 32 ans, en pleine dictature franquiste. "Ava Gardner devient libre dans un pays totalitaire. C’est complètement paradoxal", analyse Frédéric Martinez, l’un des biographes de la star, dans ce passionnant documentaire de Sergio G. Mondelo déjà auteur de Pedro Almodóvar – Tout sur ses femmes, diffusé par ARTE. Il brosse ici un saisissant portrait d’une des plus belles femmes du monde, qui succomba aux accents du flamenco, à la puissance des corridas et au sex-appeal d’un acteur-matador sur le tournage de Pandora, à Tossa de Mar en 1951."

"Quatre ans après cette expérience européenne, elle décide de s’exiler à Madrid. S’ensuivent quinze années de fêtes et de passions amoureuses (toujours les matadors) qui se terminent par une chute de cheval qui la laisse brisée, au sens propre comme au figuré. À tel point que sa carrière cinématographique en pâtit, elle qui tourna avec les plus grands, de John Ford dans Mogambo à Joseph L. Mankiewicz dans La comtesse aux pieds nus, en passant par John Huston dans La nuit de l’iguane. Tissé d’images d’archives, d’extraits de films et de ses mémoires, d’interventions de biographes et de critiques, le film explore avant tout les fragilités de la femme derrière l’actrice. Car Ava, qui sombra peu à peu dans l’alcool, ne parvint jamais à se départir d’un manque d’estime de soi sans doute dû à une enfance pauvre et à la mort prématurée d’un père aimant."

Pandora
« En 1930, en Espagne, au large d’Esperanza, des pêcheurs remontent dans leurs filets deux corps sans vie. Geoffrey Fielding, un archéologue britannique, découvre que l’une des victimes est son amie Pandora Reynolds. Il se remémore le pouvoir d’envoûtement de cette belle chanteuse, notamment auprès de l'un de ses prétendants, Reggie Demarest, qui s’est suicidé par amour pour elle peu de temps auparavant, laissant ainsi le champ libre au séduisant coureur automobile Stephen Cameron. Fielding se souvient aussi qu'un jour, alors qu'elle se promenait avec le pilote, Pandora aperçut un yacht au large. Intriguée, elle le rejoignit à la nage et rencontra à son bord le mystérieux Hendrik Van der Zee, occupé à peindre le portrait de la mythique Pandore, dont le visage ressemblait trait pour trait au sien… »

« Exécutée en réalité par Man Ray, cette toile constituait un hommage au peintre surréaliste Giorgio De Chirico ».

« Empreints de cette picturalité, le cadre et la photo du film singularisent cet ovni cinématographique signé Albert Lewin, un des grands méconnus d’Hollywood, car jugé trop esthète par les studios ».

« Dans Pandora, le cinéaste mélange l’histoire de Pandore, la première humaine de la mythologie grecque, et la légende du Hollandais volant, condamné à errer éternellement sur les mers jusqu’à ce qu’une femme accepte de sacrifier sa vie par amour pour son capitaine ».

« Il y ajoute la ferveur des corridas et du sport automobile, ainsi qu’un soupçon de flamenco et de jazz, pour éblouir avec un film inclassable, entre documentaire, romance et fantastique. Ava Gardner n’a jamais autant resplendide. Quant à James Mason, il endosse avec brio le rôle du Hollandais maudit ».

« La fameuse scène de course sur la plage peuplée de statues grecques, notamment, a fait couler beaucoup d'encre. Lewin signe là un chef-d'oeuvre de surréalisme cinématographique. On oublie d'ailleurs l'histoire, subjugué par certaines scènes : celles de la plage ou de la corrida, les plans évoquant simultanément des tableaux de Chirico, de Dalí ou de Delvaux. Les ambitions du réalisateur  sont essentiellement esthétiques. Il reste très soucieux de créer une atmosphère envoûtante, tout en cherchant à restituer la réalité avec autant de fidélité que possible »


"Ava Gardner. La Gitane d'Hollywood", de Sergio G. Mondelo
2016
Sur Arte les 25 juin 2018  à 22 h 50 et 5 juillet 2018 à 15 h 35
Visuels :
Ava Gardner, décembre 1944
 © Bridgeman Images

Ava Gardner, 1941 (photo prise par Larry Tarr à New York)
© Photofest

Ava Gardner, 1948
© Photofest

Ava Gardner à son arrivée à l’aéroport de Barajas, à Madrid, le 8 avril 1953
© EFE/lafototeca.com

Ava Gardner, 1948
© Photofest

Ava Gardner, 1948
© Photofest

AVA GARDNER en 1952-1953
« Pandora » par Albert Lewin
Royaume-Uni, 1951
Image : Jack Cardiff
Montage : Ralph Kemplen
Musique : Alan Rawsthorne
Production : Dorkay Productions, Romulus Films
Producteur/-trice : Albert Lewin, Joseph Kaufman
Scénario : Albert Lewin
Acteurs : Ava Gardner
Nigel Patrick, James Mason, Sheila Sim, Harold Warrender, Marius Goring, Mario Cabré
Sur Arte les 25 juin 2018 à 20 h 50 et 29 juin 2018 à 13 h 35
Visuels : © Cohen Film Collection LLC/Jack Cardiff

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