Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mercredi 31 octobre 2018

Mel Brooks


Né dans une famille juive germano-russe, Mel Brooks est un scénariste, réalisateur, producteur et acteur américain comique. A la télévision, puis au cinéma, il s'est illustré dans la parodie de genres américains (Blazing Saddles, Silent Movie, Young Frankenstein), et a réalisé avec son premier film (Les Producteurs), un chef d'oeuvre. Arte diffusera le 31 octobre 2018 à 0 h 05 "Frankenstein Junior", par Mel Brooks. 

« Le chanteur de Gaza » par Hany Abu-Assad
« Pour Sacha » d'Alexandre Arcady
« Inch’Allah » d’Anaïs Barbeau-Lavalette
« Un Juif pour exemple » par Jacob Berger
« Un ami viendra ce soir » de Raymond Bernard
« Nu parmi les loups » de Frank Beyer
« Jacob le menteur » par Frank Beyer
« M. Kaplan », par Álvaro Brechner 
« The Producers » (« Les Producteurs ») par Mel Brooks
Les Enfants du Paradis, l’exposition
« Borat » de Larry Charles
« Cours sans te retourner » de Pepe Danquart
« Ushpizin » de Gidi Dar
« Schtonk ! » par Helmut Dietl
« L’évasion de Baruch » par Ewald André Dupont
« Le métis de Dieu » par Ilan Duran Cohen
« Ivan le Terrible » par Sergej M. Eisenstein
« Autant en emporte le vent » par Victor Fleming, George Cukor et Sam Wood
« L’Homme qui tua Liberty Valance » par John Ford
« Hôtel Rwanda » de Terry George
« Félix & Meira » par Maxime Giroux
« The Immigrant » par James Gray
« Scarface » de Howard Hawks
« Elser, un héros ordinaire », par Oliver Hirschbiegel
« Enfants prodiges » par Kurt Hoffmann
« La Bible » par John Huston
« Kaddish pour un ami » de Leo Khasin
« The Exchange » par Eran Kolirin
« Le Livre de la jungle » par Zoltan Korda
« Le serment » (The Promise) de Peter Kosminsky
« Fritz Bauer - Un héros allemand » par Lars Kraume
« Diabolo menthe » par Diane Kurys
« La Planète sauvage » par René Laloux
« Les trois lumières », par Fritz Lang
« M le maudit » de Fritz Lang
« Le Testament du Docteur Mabuse » par Fritz Lang
« Metropolis » de Fritz Lang
« Espions sur la Tamise » de Fritz Lang
« L’institutrice » par Nadav Lapid
« La journée de la jupe » par Jean-Paul Lilienfeld
« Nowhere in Africa » par Caroline Link
« Le dossier Odessa » par Ronald Neame


« Les Producteurs, c’est le meilleur de la comédie en un seul film. Mel Brooks fait preuve d’un incroyable et incontestable talent en entremêlant tragédie-comédie, comédie-tragédie, pitié, peur, hystérie, schizophrénie, délire inspiré et folie généreuse avec de la magie pure. […] Ceux qui ont vu le film et l’ont compris ont fait l’expérience d’un phénomène qui n’arrive qu’une seule fois dans une vie », a déclaré Peter Sellers.

Mel Brooks : un génie du rire 
Mel Brooks  est né Melvin Kaminsky le 28 juin 1928 à New York, dans une famille juive germano-russe. 

« Après s’être enrôlé dans l’U.S. Army en 1944, il débute à son retour d’Europe une carrière dans le stand-up », un one-man-show comique. 

En 1949, Mel Brooks « est repéré par Sid Caesar, célèbre humoriste pour la télévision américaine. Durant presque dix ans, il écrira de nombreux sketches aux côtés de Woody Allen ou Neil Simon, dont il sera parfois l’interprète ». 

« Puis, en 1962, il signe le scénario du court-métrage d’animation The Critic, dont il assure également la narration, et qui lui vaudra un Oscar ». 

« Trois ans plus tard, il coécrit avec Buck Henry (à qui l’on doit entre autres le scénario du Lauréat) la série télévisée Max la menace (Get Smart), hilarante parodie de film d’espionnage qui sera diffusée jusqu’en 1970 ». Une parodie des films de James Bond avec Don Adams dans le rôle de l'agent 86, doté de gadgets et d’une chaussure téléphone, et œuvrant pour l’organisation CONTROL.

« À près de quarante ans, Mel Brooks écrit et réalise son premier long-métrage, Les Producteurs, librement inspiré de son expérience passée dans le monde du spectacle. Ce film, qui a d’abord divisé la critique et le public, entrera bientôt au panthéon des chefs-d’oeuvre de la comédie américaine ».

Mel Brooks « sera par ailleurs l’un des premiers réalisateurs issus de la communauté juive à oser s’attaquer de plein fouet à l’ennemi juré, Hitler, et à le transformer en clown – heurtant au passage la sensibilité de nombreux spectateurs ». Il use de l’humour pour ridiculiser certains membres du show business.

« Pour son prochain film, Le Mystère des douze chaises (1970), Mel Brooks passe devant la caméra, aux côtés de Ron Moody et Frank Langella ». 

« Viendront ensuite ses célèbres parodies qui lui vaudront une renommée mondiale et assiéront sa réputation dans le genre de la comédie américaine, aux côtés de Woody Allen et Jerry Lewis : Le Shérif est en prison (1974) s’attaque au western, Frankenstein Junior (1974) aux films d’horreur ayant fait la gloire d’Universal dans les années 1930, La Dernière Folie de Mel Brooks (1976) aux films muets à la Mack Sennett, ou enfin Le Grand Frisson (1977) aux thrillers à la Hitchcock ». 

« Après une intense période d’activité dans les années 1970, Mel Brooks se fait plus rare durant les deux prochaines décennies, réalisant cinq nouveaux longs-métrages, dont le dernier date de 1995, Dracula, mort et heureux de l’être ». 

« Mais s’il a quelque peu freiné son activité de réalisateur, Mel Brooks poursuit toujours une prolifique carrière d’acteur – il fut particulièrement remarqué dans le remake du film de Lubitsch, To Be or Not to Be (Alan Johnson, 1983) aux côté de sa femme, l’actrice Ann Bancroft ». 

« Depuis, il s’est surtout spécialisé dans le doublage de films d’animation, mais apparaît également dans quelques séries américaines comme Dingue de toi (1992-1999) ou Larry et son nombril (2000- ) de Larry David ». 

« En parallèle, Mel Brooks a aussi créé sa propre société de production, Brooksfilms, à qui l’on doit notamment le chef-d’oeuvre de David Lynch Elephant Man (1980) ou La Mouche de David Cronenberg (1986) ». 

« Travailler avec Mel sur ma série a été l’une des choses les plus excitantes de ma vie. […] La première fois que j’ai entendu Mel, j’ai pensé que personne ne pouvait être aussi drôle. À ce moment, je me suis dit que je ne pourrai jamais devenir comique. À quoi bon ? Mel Brooks ne m’a pas fait entrer dans la comédie, il m’y a éloigné. J’ai passé des années à ne rien faire à cause de lui », a confié, admiratif, Larry David (Seinfeld, Larry et son nombril

En 2017, à l’âge de 91 ans, il a débuté  comme entertainer dans un casino à Las Vegas.

"Les Producteurs"

Le 22 août 2018, est sorti en France, dans une version restaurée, « The Producers » (« Les Producteurs ») réalisé par Mel Brooks. La « première comédie culte et déjantée de Mel Brooks ». Un chef d’œuvre oscarisé qui court sur le fil ténu entre le rire et le désespoir, le succès et l’échec, entre le respect et la provocation. Avec un duo comique clownesque génial, désopilant, irrésistible : Zero Mostel et Gene Wilder dans le rôle d’escrocs cyniques tablant sur l’échec de la comédie musicale qu’il monte – « Springtime for Hitler » - pour s’enrichir.

« Premier long-métrage de Mel Brooks en tant que scénariste et réalisateur, Les Producteurs est une plongée saisissante dans l’univers décalé du grand génie de la comédie loufoque à l’américaine ». 

« Jadis célèbre producteur à Broadway, Max Bialystock (Zero Mostel) est désormais contraint de soutirer de l’argent à de riches octogénaires libidineuses en faisant le gigolo. Un jour débarque le timide et névrosé Leo Bloom (Gene Wilder), chargé de vérifier ses comptes. Constatant certaines irrégularités, le comptable fait remarquer qu’il y aurait beaucoup d’argent à se faire en montant un spectacle qui s’avérerait être un flop immédiat. Les deux comparses décident de s’associer et tombent sur le projet parfait : une comédie musicale intitulée Le Printemps d’Hitler, écrite par un certain Franz Liebkind, faisant l’apologie du Troisième Reich. Max et Leo sont persuadés qu’ils tiennent là un four assuré. Mais le public sera-t-il du même avis ? » 

« Pour son coup d’essai cinématographique, Brooks réussit un coup de maître en frappant particulièrement fort. Seulement vingt-trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Les Producteurs repousse les frontières du bon goût avec son projet de comédie musicale à la gloire du Führer et de l’Allemagne nazie ! » 

« La première du Printemps d’Hitler figure parmi les nombreuses scènes d’anthologie de cette oeuvre d’une incroyable maîtrise, qui parvient à trouver le ton juste tout en assumant son humour grotesque outrancier et sa bonne dose de politiquement incorrect, le tout filmé dans un rythme endiablé. Le talent de Mel Brooks ne pouvait guère passer inaperçu ; il obtiendra pour cette oeuvre l’Oscar du Meilleur scénario original ».

« Évidemment, le ressort comique des Producteurs repose également en grande partie sur ses acteurs, en particulier sur le duo campé par Zero Mostel et Gene Wilder. À l’instar d’un Laurel et Hardy, voici deux héros que tout oppose, aussi bien sur le plan physique que psychologique, et dont l’alchimie fonctionne ici à merveille ». 

« Mention spéciale à la galerie de personnages secondaires, tout aussi hilarante : du metteur en scène travesti Roger De Bris à son assistant-amant Carmen Ghia, en passant par l’acteur L.S.D. jouant un Hitler en plein trip psychédélique ! » 

« Au passage, Mel Brooks livre une formidable satire du monde du spectacle où rien n’est jamais joué à l’avance – pas même le succès de son propre film, qui lancera sa carrière en tant que cinéaste ». 

Mais le film est plutôt reçu avec indifférence lors de sa sortie en France. Il est véritablement découvert par le public des cinéphiles lors de sa diffusion par le cinéclub d’Antenne 2 dans les années 1970.

Interdit en Allemagne, il ne sera visible que lorsqu’un festival le programmera dans le cadre d’un hommage aux films de réalisateurs juifs.

En 2001, il a été adapté en comédie musicale pour Broadway. Un succès !

En 2005, cette comédie musicale est adaptée au cinéma par Susan Stroman. Il est interprété par Nathan Lane, Matthew Broderick, Uma Thurman et Will Ferrell. Un échec commercial.

« Splendidement restauré en 4K à l’occasion de son cinquantième anniversaire, Les Producteurs se regarde avec un plaisir non dissimulé, preuve que les plus grands génies comiques traversent les époques et les modes sans ambages ! »

Pour son 50e anniversaire, « The Producers » a été restauré par Studiocanal à partir du négatif original et d’un interpositif en 4K 16 bits, avec le support technique d’Eclair.

Le 4 septembre 2018, il a été disponible en éditions Blu-RayTM et DVD.

Frankenstein Jr
Arte diffusera le 31 octobre 2018 à 0 h 05 "Frankenstein Junior", par Mel Brooks. "Pour une histoire d'héritage, l'arrière-petit-fils du docteur Frankenstein accepte de se rendre dans le château familial en Transylvanie... Une parodie hilarante du film d'épouvante et un bijou de dérision réalisé par un Mel Brooks au sommet de sa forme et interprété par son fidèle compère, l'épatant Gene Wilder."

"Arrière-petit-fils du docteur Frankenstein, Frederick Frankenstein n'est pas spécialement fier de son ascendance. Mais, pour une histoire de testament, il accepte de partir pour le château familial en Transylvanie. Igor, un serviteur bossu très intrigant, et la jolie laborantine Inga y vivent. Lui aussi docteur et spécialiste du système nerveux, Frederick décide de reprendre les expériences de son aïeul. Il réussit à créer un monstre, en implantant un cerveau dans un cadavre. Mais la créature se révèle difficile à contrôler…"

"Délirant ! Frankenstein Junior est considéré par les spécialistes de la carrière de Mel Brooks comme son film le plus réussi. Avec son compère l'acteur Gene Wilder, le réalisateur américain se surpasse dans l'exercice du loufoque, du troisième degré et du clin d'œil malicieux. Cette parodie des Frankenstein ou de La fiancée de Frankenstein de James Whale avec Boris Karloff multiplie les références aux films d'horreur qui suivront dans les années 1930. Mais jamais l’humour non-sensique cher au créateur de La folle histoire du monde ne se retourne contre son sujet. Son œuvre s'avère une déclaration d'amour, un hommage sincère (en noir et blanc et tourné dans certains décors utilisés par James Whale) aux films d'épouvante, ce genre à la fois très codifié et capable de se laisser régénérer, notamment par la dérision."

"Pour cet hommage parodique au cinéma fantastique classique, Mel Brooks et Gene Wilder, également comédien principal, ont choisi de tourner "Frankenstein Junior" en noir et blanc. Un choix risqué tant à l'époque, le public était habitué à ne voir que des films en couleurs. Mais la trivialité de la couleur aurait sans doute atténué l'aspect gothique surnaturel du film".

L'American Film Institute a classé "Frankenstein Junior" au 13e rang sur sa liste des 100 films américains les plus drôles. En 2003, le Comité de sauvegarde national du film aux États-Unis a jugé ce film  « culturellement, historiquement ou esthétiquement important » et l'a choisi pour être préservé par le National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès.


"Frankenstein Junior" par Mel Brooks
Etats-Unis, 1974
Image : Gerald Hirschfeld
Montage : John C. Howard
Musique : John Morris
Production : Gruskoff/Venture Films, Crossbow Productions, Jouer Limited
Producteur/-trice : Michael Gruskoff
Scénario : Mel Brooks, Gene Wilder
Avec Gene Wilder, Peter Boyle, Marty Feldman, Madeline Kahn, Cloris Leachman, Teri Garr, Kenneth Mars, Richard Haydn, Gene Hackman
Auteur : Mary Shelley
Sur Arte le 31 octobre 2018 à 0 h 05

« The Producers » (« Les Producteurs ») réalisé par Mel Brooks
Etats-Unis, 1968, 90 mn, Couleurs, 1.85:1, VISA : 37 642, VOSTF
Scénario : Mel Brooks
Directeur de la photographie : Joseph Coffey
Musique : John Morris
Producteur délégué Joseph E. Levine
Produit par Sidney Glazier
Avec Zero Mostel, Gene Wilder, Dick Shawn, Kenneth Mars, Christopher Hewett, Andreas Voutsinas

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Les citations proviennent du dossier de presse et d'Arte. Cet article a été publié le 22 août 2018.

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