mardi 18 juillet 2017

21 rue La Boétie. Picasso, Matisse, Braque, Léger...


Le musée Maillol présente l’exposition 21 rue La Boétie. Picasso, Matisse, Braque, Léger... d’après le livre de la journaliste Anne Sinclair (© Editions Grasset & Fasquelle, 2012), petite-fille du marchand d’art français juif Paul Rosenberg (1881-1959). L’évocation intéressante de la carrière de ce galeriste d’envergure internationale, doté d’une méthode efficace pour promouvoir ses artistes et conserver la trace du parcours des œuvres vendues.

C’est rare : une exposition directement inspirée d’un livre dont elle emprunte le titre.

L’exposition 21 rue La Boétie « retrace le parcours singulier de Paul Rosenberg (1881-1959), qui fut l’un des plus grands marchands d’art de la première moitié du XXe siècle. Conçue par Tempora et réalisée par Culturespaces, cette exposition bénéficie du soutien actif de la petite-fille de Paul Rosenberg, Anne Sinclair, auteur du livre éponyme 21 rue La Boétie (paru aux Editions Grasset & Fasquelle, 2012) » et dont le portrait enfant, peint en 1952 par Marie Laurencin, illustre l’affiche.

« Marchand d’art passionné, homme d’affaires avisé et amateur éclairé, Paul Rosenberg fut l’ami et l’agent des plus grands artistes de son temps, qui allaient devenir des maîtres incontestés de l’art moderne. Sa galerie mythique a servi de pivot à la peinture moderne en France, et plus largement en Europe et aux Etats-Unis ».

La « carrière de Paul Rosenberg permet d’appréhender sous un prisme nouveau le double tournant, dans l’histoire de l’art, que représentent l’émergence de l’art moderne, puis, dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, le déplacement du centre mondial de l’histoire de l’art de Paris vers New York, en pleine crise de la Seconde Guerre mondiale. Mêlant histoire de l’art, histoire sociale et politique, l’exposition met en lumière un moment crucial du XXe siècle, dont Paul Rosenberg a été un témoin emblématique, à la fois acteur et victime ».

L’exposition 21 rue La Boétie au Musée Maillol « s’inscrit dans la nouvelle programmation du musée, mise en œuvre par Culturespaces, et recentrée sur l’art moderne et contemporain. Elle fait résonner les liens que Paul Rosenberg entretenait avec Aristide Maillol, que le marchand défendait dans sa galerie ».

Elle « rassemble une soixantaine de chefs-d’œuvre de l’art moderne (Pablo Picasso, Fernand Léger, Georges Braque, Henri Matisse, Marie Laurencin...), pour certains inédits en France et provenant de collections publiques majeures telles le Centre Pompidou, le Musée d’Orsay, le Musée Picasso à Paris, ou encore le Deutsches Historisches Museum de Berlin, ou d’importantes collections particulières comme celle de David Nahmad ».

De « nombreuses œuvres sont directement liées au marchand, pour avoir transité par ses galeries, à Paris ou à New York, alors que d’autres renvoient au contexte historique et artistique de l’époque ».

L’exposition décrit clairement le contexte socio-économique du marché de l’art au XXe siècle – une vidéo souligne sa centralisation à Paris avec une prédominance de galeries localisées dans la rive droite de la Seine -, ainsi que les atouts de Paul Rosenberg : aménagement de sa galerie en salons afin d’illustrer in concreto l’harmonie entre le mobilier de style Ancien Régime d’acheteurs (potentiels) et les œuvres d’artistes du XXe siècle qu’il promeut, propositions d’une offre variées mêlant des peintres célèbres – Delacroix, Ingres, Manet, Corot - et contemporains afin d’attirer des clients et d’influer sur leurs sensibilités artistiques, formation du goût des publics – français et étrangers, élites bourgeoises et visiteurs d’institutions culturelles -, conseils aux musées américains dans leurs acquisitions d’artistes d’avant-garde, constitution de fichiers précis détaillant l’œuvre, son auteur, son acheteur et la date de la vente, rythme élevé d’expositions, généralement individuelles – Cézanne en 1939, à l’occasion du centenaire de sa naissance et organisée au profit de l »Œuvre de l’allaitement maternel, Renoir -, durant environ un mois, assorties de catalogues – « Cent dessins de Picasso » en 1926, « Le Grand Siècle » organisée au profit des Amis du Louvre (1936) -, la prescience que les Etats-Unis accéderont à un rang privilégié dans le marché mondialisé de l’art, la conviction de devoir se hâter dans l’immédiat après-guerre pour récupérer, directement, en évitant de longues procédures judiciaires, les œuvres dont il avait été spoliées sous l’Occupation, etc.

On peut regretter l’absence d’informations sur les origines slovaques de la famille Rosenberg, ses conception et pratique du judaïsme, sa formation artistique, le destin de ses proches demeurés en Slovaquie, ses liens avec d’autres galeristes dont Daniel-Henry Kahnweiler, marchand d’art notamment de Picasso, et les Wildenstein, ses critères dans le choix d’artistes, la liste exhaustive de tous ses artistes, etc.

C’est d’autant plus curieux que l’exposition itinérante avait été inaugurée au Musée de La Boverie de Liège (Belgique) et a comme commissaire l’historien Elie Barnavi. 

Le commissariat de l’exposition est assuré aussi « par Benoît Remiche, Isabelle Benoit, Vincent Delvaux et François Henrard, de l’équipe Tempora, spécialiste belge de la conception, réalisation, promotion et gestion d’expositions (culturelles, historiques ou scientifiques) et d’équipements culturels fondé en 1998 par Benoît Remiche et Elie Barnavi. Tempora est liée par un contrat-cadre au Musée de l’Europe », dont Elie Barnavi est un des membres du Comité scientifique, « pour la réalisation de ses expositions et leur circulation en Europe et dans le reste du monde ». 

« Elaine Rosenberg, belle-fille de Paul Rosenberg, à New York, a permis la mise à disposition de ses archives, et Anne Sinclair est la marraine de l’exposition ». 

Ont collaboré au montage de l’exposition Sophie Hovanessian, directrice de la programmation culturelle et des expositions de Culturespaces, Agnès Wolff, responsable du service expositions, Sixtine de Saint-Léger, responsable des expositions pour le musée Maillol, et Camila Souyri, régisseur des expositions. La scénographie est signée Hubert Le Gall.  

La naissance d’une galerie
« J’ouvre prochainement de nouvelles galeries d’Art moderne, 21, rue La Boétie, où je compte faire des expositions périodiques des Maîtres du XIXe et des peintres de notre époque. J’estime toutefois que le défaut des expositions actuelles est de montrer isolément l’œuvre d’un artiste. Aussi ai-je l’intention d’organiser chez moi des expositions d’ensemble d’Art décoratif. Bien des personnes, qui ne sont pas assez sûres de leur goût ou du goût des Artistes, pris séparément, verraient leur tâche facilitée en jouissant d’un coup d’œil d’ensemble de l’étroite réunion de tous les Arts dans l’atmosphère d’une habitation privée. »
Paul Rosenberg, environ 1914 (archives de la famille)

Les « premiers pas de Paul Rosenberg sur le marché de l’art au début du XXe siècle à Paris sont évoqués. Fils du marchand Alexandre Rosenberg, Paul Rosenberg partage aussi l’amour de l’art avec son frère Léonce Rosenberg qui deviendra l’un des plus grands défenseurs des peintres cubistes à travers sa galerie de L’Effort Moderne ».

« Ouvert à la création de son siècle adossée à celle du XIXe siècle » (?), Paul Rosenberg «  ouvre sa propre galerie, en 1910, au 21 rue La Boétie à Paris. À cette même époque s’esquissent les prémices de sa collaboration avec Pablo Picasso qui donnera lieu à une vraie relation d’amitié ».

« Nous voici introduits dans une pièce immense, haute de plafond, les murs désertiques, la lumière nue, une pièce où les rideaux d’un brun grave pèsent sur le recueillement, où deux fauteuils solitaires tendus de velours foncé, comme deux Juges de l’Inquisition vous tendent leurs bras ; non, ils ne vous tendent pas les bras, ils vous prennent à la gorge. Approche des chefs-d’œuvre. Des ouragans de solitude, d’austérité traversent cette pièce. Le goût de l’Inexistence vous prend, l’inexistence de tout hors la surface peinte. (…)
Paul Rosenberg : il est vêtu de noir. Il a un visage nerveux d’ascète ou d’homme d’affaires passionné. » (Extrait de Cahiers d’Art, n°10, 1927, cité dans Anne Sinclair, 21 rue La Boétie, Paris, Bernard Grasset, 2012, p. 34)

Passeur de modernité
Les « grandes étapes de l’évolution de la peinture dans les années précédant la fondation de la galerie de Paul Rosenberg sont ici rapidement esquissées, des impressionnistes de la seconde moitié du XIXe siècle, aux Modernes, qui firent leur irruption sur la scène artistique avec le « scandale des Fauves » au Salon de 1905 ».

Paul Rosenberg « s’inscrit résolument dans le modernisme, dont il devient un acteur de premier plan. Il fait le choix de « l’avant-garde » - ce choix ayant les limites de ses propres goûts ; ainsi, il ne s’intéressera guère aux Surréalistes. En soutenant les artistes qu’il définit comme des « créateurs », Paul Rosenberg se considérera toute sa vie comme « un passeur » de cette modernité ».

Une « double stratégie se met en place, marchande et esthétique. Paul Rosenberg vend ce qu’il aime moins pour acheter et défendre ce qu’il aime vraiment – une méthode qui se lit dans l’espace de sa galerie, disposée sur deux étages où le visiteur et acheteur potentiel est invité à aller du plus familier au plus osé. Et, loin de tuer l’ancien pour faire place nette au nouveau, il inscrit celui-ci dans les pas de celui-là. La trajectoire de Picasso est à cet égard révélatrice : Picasso et le cubisme, Picasso et Ingres, Picasso et Renoir… »

« À travers le choix d’une vingtaine d’œuvres de premier plan (Picasso, Léger, Braque, Masson, Sisley, Cézanne), le visiteur est amené à mieux comprendre dans cet espace les choix esthétiques et commerciaux opérés par Paul Rosenberg au sein de sa galerie et par là même, à appréhender un moment clé de l’histoire de l’art ».

« Pour son numéro de décembre 1941-janvier 1942, la revue Art in Australia avait demandé – on l’a vu – à Paul Rosenberg de livrer sa vision de la peinture et évoquer les peintres demeurés en France.
Paul Rosenberg, arrivé depuis un peu plus d’un an aux Etats-Unis, est présenté par la revue comme un homme qui, plus que quiconque, connaissait les artistes du monde d’avant. Et Paul écrivait : « Les peintures en avance sur leur époque n’existent pas. C’est le public qui est parfois à la traîne de l’évolution de la peinture. Combien d’erreurs ont été commises, combien de jeunes futurs grands peintres ont connu la misère à cause de l’ignorance des marchands et leur refus de les soutenir, tout simplement parce qu’ils n’aimaient pas cet aspect de leur art ou parce qu’ils ne les comprenaient pas ! (…) Trop souvent, le spectateur cherche en lui-même des arguments contre leur art plutôt que de tenter de s’affranchir des conventions qui sont les siennes. »
Anne Sinclair, 21 rue La Boétie, Paris, Bernard Grasset, 2012, p. 106-107.

Le système Rosenberg
Paul Rosenberg « a été l’un des marchands les plus influents de son temps. Il le doit autant au choix de ses peintres qu’à une grande rigueur dans la gestion de ses affaires ».

Ici, la « méthode Rosenberg » mise en évidence dans cette section reflète, par effet miroir, ce qui constitue les fondements du métier de marchand d’art ».

Il « s’agit d’abord pour Paul Rosenberg de miser sur les « valeurs sûres » de l’art moderne, tout en rassurant la clientèle qui a besoin de l’être par un choix d’œuvres de maîtres du XIXe siècle. Paul Rosenberg parvient ensuite à tisser un réseau de clients fortunés, tant européens qu’américains : il est parmi les premiers à avoir compris l’importance du marché américain, se rend régulièrement aux États-Unis, où il fonde en 1923 une société commerciale avec Georges Wildenstein. Il parcourt le pays pour conseiller les nouveaux musées dont se dotent les villes de province. Il utilise alors tous les moyens modernes pour assurer la promotion de ses artistes : édition de catalogues, accrochages monographiques, publicité dans les journaux, participations à des salons et organisation d’expositions de bienfaisance… Enfin, la gestion de son stock obéit à une organisation stricte : un livre de stock précis note les allers et venues des œuvres ; chaque toile est répertoriée, indexée et photographiée ». 
« À travers un grand nombre de documents inédits (contrats avec ses artistes, fiches indexées, catalogues d’exposition, plaques en verre…) et une sélection d’œuvres de tout premier plan, le visiteur se figure la manière dont Paul Rosenberg dirigeait ses affaires et ce qui a contribué à faire de lui l’un des marchands les plus importants de son époque. Produit spécialement pour l’occasion, un film, intitulé 21 rue La Boétie et réalisé par Virginie Linhart, présente le parcours remarquable de cet homme d’exception et le contexte du marché de l’art dans lequel il émerge ».
« Comme l’a souligné de nombreuses fois la presse américaine, Paul fut, jusqu’à la guerre, le plus grand marchand en Europe, de Delacroix à Picasso. « Imaginez, racontait un grand journal californien dans les années quarante, être capable d’entrer dans le studio de Matisse ou de Picasso deux fois par an, de regarder quarante de leurs meilleures toiles et dire “je les prends toutes” ! Jusqu’à la guerre, c’est ce que faisait Paul Rosenberg. »
Anne Sinclair, 21 rue La Boétie, Paris, Bernard Grasset, 2012, p. 105.

L’assaut sur l’« art dégénéré »
L’exposition évoque « l’irruption brutale de la politique dans l’art ».

« Si Paris est encore préservée, la menace pèse sur l’Allemagne nazifiée des années 1930 ».

« Deux visions du monde s’affrontent et prennent le terrain artistique comme champ de bataille : celle des idéologues nazis défendant la pureté arienne à travers un retour et une glorification de la tradition germanique et celle des artistes modernes, porteurs d’idées nouvelles et émancipatrices ».

La notion d’« art dégénéré » (Entartete Kunst) est « illustrée notamment dans la double exposition de juillet 1937 à Munich, où l’on voit, à des fins de propagande, « l’art allemand » opposé à un art dit « dégénéré ».

« Conséquence de la politique menée par les nazis contre l’art moderne dit « dégénéré » : la vente de Lucerne de 1939, et cette question lancinante - faut-il acheter aux nazis ? La position intransigeante de Paul Rosenberg se confronte à celle, bien plus accommodante, de nombre de ses confrères, ou encore de certaines institutions muséales (Liège, Bâle…). Entre le goût du profit des uns, avides d’acheter des chefs-d’œuvre à vil prix, et le projet véritable de sauver les œuvres, les motivations des acquéreurs sont variées. Cependant, nombres d’acheteurs potentiels s’entendent pour ne pas surenchérir ».

« Sur des thématiques similaires, les tableaux modernes, « dégénérés », acquis par la Ville de Liège lors de la vente de Lucerne, sont confrontés à des œuvres de peintres allemands qui s’inscrivent dans l’esprit de ce retour à la tradition germanique porté par les nazis. Une confrontation esthétique, historique et culturelle qui donne à voir deux visions du monde diamétralement opposées ».

L’Occupation et l’exil, 1940-1945
Fuyant la France occupée par les Nazis, Paul Rosenberg suit la voie de l’exil, de Paris à New York via Bordeaux, « d’où il parvient à s’échapper avec sa famille grâce aux visas délivrés par le consul général portugais Aristides de Sousa Mendes ».
« Avant d’embarquer pour l’Amérique, Paul Rosenberg pense avoir mis en sécurité une partie de ses tableaux (dont la Nature morte à la cruche et Baigneur et baigneuses de Picasso) en lieu sûr dans un coffre-fort à Libourne mais celui-ci sera pillé par les soldats allemands ».

« En parallèle au parcours singulier de Paul Rosenberg est ainsi évoquée la spoliation des œuvres d’art par les nazis, leur regroupement dans la salle des « Martyrs » au Jeu de Paume puis le travail de pistage et de sauvetage des œuvres d’art par Rose Valland, alors attachée de conservation de cette institution ».

« Si l’on regarde de l’autre côté de l’Atlantique, le triptyque d’Arthur Kaufmann (Etude pour l’émigration spirituelle) représente les exilés de l’intelligentsia allemande. Il témoigne en filigrane de la montée en puissance des Etats-Unis et du basculement du centre de gravité du marché de l’art de Paris vers New York où Paul Rosenberg ouvre sa galerie au 79 East 57th Street à New York en 1941 ».

« À la même époque, cruelle ironie de l’histoire, la galerie de la rue La Boétie est réquisitionnée par les Allemands et devient l’Institut d’Etudes des Questions juives ».

« A l’issue du conflit, Paul Rosenberg reprend possession de sa galerie parisienne. Ne pouvant se résoudre à rouvrir son commerce, il met le lieu en vente mais prend soin, au préalable, de faire desceller les mosaïques de marbre commandées à Georges Braque en 1929, témoignage de leur lien d’amitié ».

« Le 4 juillet 1940, Otto Abetz, l’ambassadeur du Reich à Paris, adressa donc à la Gestapo la liste des collectionneurs et marchands juifs les plus connus de la place : Rothschild, Rosenberg, Bernheim-Jeune, Seligmann, Alphonse Kann, etc.
C’est dès ce jour-là que l’hôtel du 21 rue La Boétie aura été perquisitionné, avec saisie des œuvres d’art que Paul avait laissées, d’une bibliothèque de plus de mille deux cents ouvrages, de l’équipement de toute une maison (des meubles anciens aux accessoires de cuisine), de plusieurs centaines de plaques photographiques et de toutes les archives professionnelles de la galerie depuis 1906.
Figuraient aussi des sculptures, restées à Paris car difficilement transportables – dont un grand Maillol, et les deux statues célèbres de Rodin, Eve et L’Age d’airain, qui ornaient le hall de la rue La Boétie
Anne Sinclair, 21 rue la Boétie, Paris, Bernard Grasset, 2012, p. 266
    
La Libération et le combat pour la récupération
« L’histoire rocambolesque de la découverte par le lieutenant Alexandre Rosenberg, fils et futur successeur de Paul, de plusieurs dizaines d’œuvres de la collection de son père dans un train allemand saisi par son unité au nord de Paris, ouvre cette section. Un extrait du film de fiction de John Frankenheimer, Le Train, illustre à sa manière cet épisode ».

« Au cœur de cet espace est présenté le périple en France et en Suisse de Paul Rosenberg, accouru dès 1946 des Etats-Unis pour récupérer ses œuvres volées ».

« L’accent est plus particulièrement mis sur les vicissitudes d’une toile depuis sa sortie des mains de l’artiste jusqu’à sa situation actuelle. Robe bleue dans un fauteuil ocre de Henri Matisse sert d’exemple du trajet parfois sinueux que peut emprunter une œuvre. La toile fut achetée par Paul Rosenberg au peintre en 1937, volée par les nazis quatre ans plus tard dans le coffre-fort de Libourne et destinée à la collection particulière de Göring, achetée dans l’après-guerre par l’armateur norvégien Niels Onstad au marchand parisien Henri Bénézit et installée enfin au Centre d’Art Henie-Onstad (HOK) dans la banlieue d’Oslo avant d’être finalement restituée à la famille Rosenberg en 2012 ».

« De par leur destinée, ces tableaux portent en eux l’histoire du siècle ».

BIOGRAPHIE DE PAUL ROSENBERG

« Immigré de Slovaquie  en 1878, Alexandre Rosenberg, le père de Paul et de Léonce, se lance dans le commerce d’art et d’antiquités à Paris.

Paul (1881-1959) et son frère aîné Léonce (1878-1947) commencent leurs carrières au service de leur père dans sa galerie de l’avenue de l’Opéra et en assument ensemble la succession de 1906 à 1910. Léonce deviendra le marchand des peintres cubistes. Sa galerie L’Effort Moderne, au 19 rue de La Baume, fait figure de précurseur et réunit l’avant-garde des artistes de son temps.

En 1910, Paul ouvre en son nom propre une galerie au 21, rue La Boétie à Paris.

En 1936, fort de ses succès, Paul Rosenberg ouvre une nouvelle succursale à Londres, au 31, Bruton Street, avec son beau-frère Jacques Helft, célèbre antiquaire parisien.

En 1941, Paul ouvre une galerie à New-York au 16 East 57th Street.

Paul Rosenberg décède en 1959.

Déjà associé à la gestion de la galerie, son fils Alexandre en prend les rênes au 20 East 79th Street, New-York où Paul avait déménagé sa galerie en 1953 ».


Du 2 mars au 23 juillet 2017
Au musée Maillol 
61, rue de Grenelle. 75007 Paris
Tél : +33(0) 1 42 22 57 25
Tous les jours de 10 h 30 à 18 h 30. Nocturne le vendredi jusqu’à 21 h 30.

Visuels
Marie Laurencin (1883-1956), La répétition (Groupe de femmes), 1936, Huile sur toile, 120,5 x 120,5 cm, 1936
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle (Don de Paul Rosenberg, 1947).
© Fondation Foujita / ADAGP 2016 / © Photo : Centre Pompidou, MNAM-CCI,
Dist. RMN-Grand Palais / Droits réservés

Pablo Picasso (1881-1973), Portrait de Mme Rosenberg et sa fille, 1918, Huile sur toile, 130 x 97 cm
Musée Picasso Paris (Dation Micheline Rosenberg, 2008). © Succession Picasso 2016 © RMN - Grand Palais musée Picasso de Paris) - © Thierry Le Mage

Marie Laurencin (1883-1956), Anne Sinclair à l’âge de quatre ans, 1952, Huile sur toile, 27 x 22 cm, Collection particulière.
© Fondation Foujita / ADAGP, Paris, 2016

Henri de Toulouse-Lautrec, Justine Dieulh, 1891, Huile sur carton, 74 x 58 cm, Musée d’Orsay, Paris. - Photo © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Pablo Picasso, Nature morte à la tête antique, 1925, huile sur toile, 97 x 130 cm.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle (Don de Paul Rosenberg, 1946).
© Succession Picasso 2017 © Photo : Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN- Grand Palais - © Jacques Quecq d’Henripret

Jean Metzinger, Portait de Léonce Rosenberg en uniforme de soldat colonial,1924, mine graphite sur papier, 50 x 36,5 cm.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle (Legs de Mme Lucienne Rosenberg, 1995).
© ADAGP, Paris, 2016 © Photo : Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais -
© Philippe Migeat

Alfred Sisley, La route de Versailles, 1875, Huile sur toile, 47 x 38 cm, Musée d‘Orsay, Paris.
- Photo © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

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Les citations sont extraites du dossier de presse.

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