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vendredi 15 février 2013

« Pour mon père » de Dror Zahavi


Arte diffusera les 15 et 25 février 2013 « Pour mon père » (Sof Shavua B'Tel Aviv, For my father), film germano-israélien de Dror Zahavi (2008). Un « jeune Palestinien sur le point de commettre un attentat-suicide est contraint de passer deux jours parmi les habitants de Tel-Aviv. Un film empli d'humanité sur la société israélienne ». Un film primé lors de nombreux festivals.

 

En novembre 2005, un islamikaze s’est « fait sauteur au marché du Carmel à Tel-Aviv, tuant quatre Israéliens. Ce jour-là, j’ai su combien il était nécessaire de réaliser un film qui essaie de révéler les visages derrière ces masques portés par ces « gosses » dans leurs vidéos « d’adieu »… Ce ne sont pas des monstres, mais des êtres humains avec leurs familles et amis, joie et détresse, des gens qui rêvent de mettre un terme à ce cercle de douleur et pourraient très bien vivre pacifiquement côte à côte », a déclaré Dror Zahavi.

Cela semble un brin naïf au vu de l’éducation à la haine des Juifs et des Croisés ainsi qu'au terrorisme de l’Autorité palestinienne.

« Trois hommes passent un des check-points séparant Israël de la Palestine. L’un d’eux, Tarek, un jeune footballeur dont les rêves de carrière ont été brisés par la construction du mur de séparation, porte une ceinture d’explosifs. Pour venger l’honneur de son père, il veut se faire sauter sur le marché de Tel-Aviv. Mais la mise à feu échoue et le jeune homme va passer deux jours parmi ceux qu’il est venu tuer. Le délai écoulé, il se trouve placé devant un dilemme douloureux… De l’autre côté du mur : Avec un humour grinçant, confinant parfois à l’absurde, Pour mon père dresse le portrait de deux sociétés piégées dans un face-à-face mortifère. Le jeune Tarek souffre des humiliations et des brutalités infligées au poste de contrôle tandis que la violence aveugle du kamikaze terrorise la population israélienne. Une fois de l’autre côté du mur, Tarek est confronté à la méfiance qu’il inspire en tant qu’Arabe, mais se lie également avec Katz, le vieil électricien, Keren, une jeune marchande qui tente d’échapper à l’emprise de sa famille orthodoxe. Il découvre les jeux d’enfants dans les ruelles ensoleillées, les relations de voisinage… Deux jours ont suffi pour donner à l’ennemi un visage. Un film d’une profonde humanité ». 

Telle est la présentation par Arte de ce film.

Déjà la terminologie est biaisée : « mur de séparation » au lieu de « barrière de sécurité anti-terroriste », « attentat-suicide » au lieu d’« attentat terroriste », « kamikaze » au lieu d’« islamikaze », « Palestine » pour « territoires disputés », « violence aveugle » au lieu de « violence ciblant des civils sans défense », etc.

Sans oublier les poncifs sur « l’emprise de la famille orthodoxe », idyllique histoire d’amour entre un séduisant Arabe palestinien et la jolie Israélienne malgré les différences culturelles et religieuses, etc.

Curieusement, Arte omet d’indiquer que ce futur islamikaze veut restaurer l’honneur de sa famille car son père est soupçonné de « collaborer » avec Israël.

Bref, pour son père, il va tuer des Juifs. Jusqu'où va le lien filial !?

Par certains aspects de son intrigue, ce film fait penser au controversé Paradise Now réalisé par Hany Abu-Assad (2005) : caméra du point de vue des Arabes palestiniens, etc.

Ce film a été nominé pour sept récompenses cinématographiques israéliennes en 2008 et primé : Meilleur Film, Festival international de Sofia 2009 ~ Prix du public, Festival international de Moscou 2008 ~ Meilleur film, Stony Brook Film Festival de New York 2009.

Arte a la « délicatesse » de le diffuser lors du shabbat. Pour éviter de heurter les téléspectateurs Juifs ?


Pour mon père de Dror Zahavi
Allemagne-Israël, 2008, 91 minutes
Scénario : Ido Dror, Yonatan Dror
Image : Carl F. Koschnick ~ Son : Eli Yarkoni ~ Montage : Fritz Busse
Avec : Shredy Jabarin (Tarek), Hili Yalon (Keren), Shlomo Vishinski (Katz), Joni Arvid (Abed), Shadi Pahareldin (Salim)

Diffusions les :

- 15 février 2013 à 22 h 15 ;
- 25 février 2013 à 13 h 50.
 

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Cet article a été publié le 15 février 2013 avant visionnage du film. Il a été actualisé après son visionnag.

5 commentaires:

  1. Très beau film qui ne devrait pas heurter les téléspéctateurs juifs mais au contraire les sortir de leur endoctrinement. Heureusement que la programmation d'Arte n'est pas liée aux contraintes religieuses de toutes sortes !

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  2. Superbe film. S'il pouvait ouvrir les yeux au monde, il nous confirme combien des notre enfance nous pouvons etre esclave de l'endoctrinement.
    quand protegerons nos enfants en ne leur transmettant pas nos propres souffrances? Notre devoir est d'ouvrir les yeux et ce realisateur y contribue.
    Bravo.

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  3. Pour mon Père de Dror Zahavi

    Préalable : Oui, que ce soit bien clair, la presse ne dénonce très rarement la culture de haine contre les juifs et les croisés. Oui, les médias occultent souvent ce qui devrait être dénoncé.
    Mais ici, il s'agit d'un film.
    Mon commentaire ci-dessous concerne donc LE FILM et seulement LE FILM
    ... que vous avouez n'avoir pas vu au moment d'écrire vos impressions !
    Le sujet n'est pas, en soi, le conflit entre Israël et les palestiniens.
    Il s'agit plutôt de quelques personnes écrasées par le poids, non seulement
    des dramatiques tourbillons de l'Histoire, mais aussi de leurs histoires personnelles.
    Mur de séparation ? En l’occurrence, oui. C'est bien cette « séparation »,
    (plus que sa justification politique), qui les condamne à ne pouvoir s'aimer.
    Attentat-suicide ? Oui, Tarek retire les clous de sa bombe et se suicide, en fait surtout pour que sa famille ne soit plus persécutée.
    Islamikaze ? Pas sur. Lors d'une réplique sur l'existence de Dieu, Tarek répond :
    « je n'en sais rien ».
    Sans le conflit de Keren avec sa famille orthodoxe, sans le problème familial
    de Tarek, sans le drame personnel de Katz, il n'y aurait simplement ... plus rien dans le scénario.
    Le sujet est donc bien l'amitié (ou amour) impossible ... à cause des familles,
    (et aussi des préjugés et du contexte historique) Cela ne vous rappelle rien ?
    (Quant à ce que vous appelez « l'idyllique » histoire d'amour, elle est plutôt embryonnaire)
    Dans son résumé, vous accusez ARTE de ne pas signaler que Tarek vient venger l'honneur de
    son père ... accusé de collaboration avec Israël.
    Si le résumé de ARTE donnait le story-board complet du film, image par image,
    qu'aurions-nous à découvrir lors de sa projection ?
    Rendons plutôt hommage à ARTE de diffuser autres choses que la soupe des autres chaînes ... et, justement, de se permettre plus que les trois lignes des commentaires habituels.

    Le film comporte bien évidemment une dose de naïveté, mais c'est du cinéma !
    Même le « Dictateur » de Chaplin a aussi, injustement, été critiqué pour naïveté.
    Et bien, quelques fois, AU CINEMA, et au CINEMA seulement, cela ne me dérange pas d'être naïf.

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  4. Je suis tombée par hasard sur ce film, n'en ayant jamais entendu parler. Cela m'a laissée libre d'accueillir, selon mes possibilités, la souffrance et l'espérance d'êtres humains qui ne peuvent pas m'être étrangers, qui ne me sont pas étrangers.. Huguette R.

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  5. Réponse au message du 25 février 2013 à 17 h 49

    1. Pourquoi cet anonymat ?
    Je signe mon article que j'ai actualisé après avoir vu le film.

    2. Il s'agit du conflit entre le monde arabe ou/et musulman et l'Etat d'Israël. Un conflit né du refus par ce monde de l'Etat Juif.

    3. Jean Gabin disait : "Un film, c'est primo une bonne histoire, deuxièmement une bonne histoire, et troisièmement une bonne histoire".
    Cet acteur talentueux accordait une importance méritée au scénario, à l'intrigue.

    4.Trêve de blablabla.
    "Tarek retire les clous de sa bombe et se suicide, en fait surtout pour que sa famille ne soit plus persécutée". Cet assassin tue des êtres humains sans défense. Quant à sa famille, qui la persécute ?
    Vous éprouvez une compréhension choquante pour cet assassin qui "retire les clous".
    Rien ne justifie l'assassinat commis par cet islamikaze convaincu que sa famille recevra une importante somme d'argent de l'Autorité palestinienne.

    5. C'est un islamikaze qui est persuadé rejoindre des vierges au Paradis d'Allah. C'est ce que disent les islamikazes.
    Tarek est un Arabe palestinien imaginé par un Juif israélien. Il est invraisemblable qu'en quelques minutes un islamikaze doute de Dieu.

    6. Cela devrait me rappeler quoi ? Pas "Roméo et Juliette" ou "West Side Story", tout de même !

    7. La diffusion d'Arte est partiale, biaisée, déséquilibrée sur ce conflit. Le choix de leurs mots et la manière de présenter cette histoire occultent certains faits majeurs.

    8. Le cinéma, ce n'est pas que la naïveté.
    C'est aussi la lucidité, l'honnêteté intellectuelle.
    Comparer ce film au "Dictateur" de Charlie Chaplin !?

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