Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mardi 23 janvier 2018

« Falafel sauce atomique » par Dror Shaul


Arte diffusera le 26 janvier 2018 « Falafel sauce atomique » (Atomic Falafel), par Dror Shaul. « Plus passionnées par Facebook que par la politique, deux adolescentes tentent d'empêcher une guerre nucléaire entre l’État hébreu et l’Iran. Une comédie satirique qui a fait sensation en Israël avant même sa sortie ».

Dror Shaul est un réalisateur israélien né en 1973. Il grandit dans le kibboutz Kissufim.

En 1999, il réalise Operation Grandma (Mivtsa Savta), court métrage distingué par des Prix Ophir en 2000. L’histoire se situe dans le kibboutz Yakum. Trois frères aux métiers et personnalités différents tentent d’enterrer leur défunte grand-mère adorée dans le cimetière de son kibboutz… Une comédie culte en Israël.

Suit un premier long métrage Sima Vaknin, A Witch (2003), avec Tiki Dayan, Lior Ashkenazi, Sharon Elimelech, Itzik Cohen, Ami Smolartchik. Sima, veuve sexagéanaire, découvre qu’elle possède des pouvoirs magiques. Vendant ses malédictions et bénédictions, elle devient célèbre, riche, et aspire au bonheur…

En 2003, Dror Shaul participa aux Sundance Directors and Screenwriters Labs sur son projet Sweet Mud. Là, il rencontre la réalisatrice new-yorkaise d’origine iranienne Shirin Neshat, devenue célèbre pour Women Without Men, Lion d’argent au Festival de Venise 2009. En 2003, Shirin Neshat lui avait dit  que « peut-être un jour, un Israélien et un Iranien feraient des films ensemble ».

Pour Sweet Mud (Adama Meshugaat), Dror Shaul s’inspire de ses souvenirs d’enfance dans les années 1970 dans un kibboutz avec sa mère veuve, mentalement instable. 

Présenté en première mondiale au Festival du film de Toronto en 2006, Sweet Mud est bien accueilli par les médias, notamment par le quotidien Yediot Aharonot et le Toronto Star, pour sa vision nuancée du kibboutz et le regard sensible sur un adolescent prématurément mûri. Il a remporté l’Ours de cristal à la Berlinale 2007, le Prix du Jury (catégorie Dramatique) au Festival de Sundance, les Prix Jeune public et Prix Nova au Festival de Montpellier, et de nombreux Prix en Israël, en Serbie et en Croatie. Il est proposé par Israël comme Meilleur film étranger pour les Oscar 2007.

Dror Shaul propose un sujet sur le nucléaire iranien à divers producteurs iraniens qui menacent de partir si ce sujet sensible – le programme nucléaire militaire iranien – est abordé. Un seul accepte, mais disparaît deux mois avant le tournage. Le financement du film associe donc seulement des producteurs allemands, israéliens, néo-zélandais. L’équipe technique du film comprend des exilés iraniens.

Avec Atomic Falafel, le réalisateur Dror Shaul « s’illustre une fois de plus par sa capacité à aborder des sujets sérieux avec distanciation et humour. Il livre ici un savoureux divertissement dénonçant l’ultramilitarisme de son pays ».

« Au milieu du désert israélien, Mimi élève seule sa fille de 15 ans, Nofar » dont le père décédé était iranien. « Sous la surface du terrain où elles ont installé leur food truck, qui ravitaille en falafels les soldats de la base militaire voisine, se trouve une centrale secrète de commandement censée anticiper une éventuelle attaque nucléaire iranienne ». 

Quand l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) « envoie des inspecteurs sur place, Mimi tombe amoureuse d’Oli, un Allemand chargé de vérifier les installations. Le général Haïm y voit une menace pour la sécurité nationale et entreprend de mettre fin à cette relation. Pendant ce temps, Nofar », qui, dans le cadre scolaire, cherche à compléter son arbre généalogique familial en effectuant des recherches sur la Toile, « tisse sur Internet des liens avec Sharareh », qui fait du rap et vit, en raison du métier de son père, « dans un village du nord de l’Iran où est enrichi du plutonium », à Natanz. « Les deux adolescentes deviennent amies et aident à leur manière Mimi et Oli à empêcher le déclenchement d’une guerre nucléaire… » Curieusement, l’AIEA n’inspecte pas un site nucléaire iranien…
             
Buzz
Présentée en première mondiale à Montréal (Canada) en 2015, « cette comédie sarcastique a fait beaucoup parler d’elle alors même qu’elle n’était pas encore sortie en salles. À l’origine de ce retentissement, une affiche géante placardée dans le centre de Tel-Aviv. Annonçant l’ouverture prochaine d’une ambassade iranienne dans la ville, elle a alimenté les spéculations des internautes sur les motivations de cette publicité ». Quand on téléphonait au numéro de téléphone indiqué sur l’affiche, on aboutissait à un message sur un répondeur téléphonique, intimant l’ordre, avec un accent iranien surjoué, d’aller voir le film.

Atomic Falafel « parodie tout en Israël : le leadership militaire et politique, la conversion, la circoncision, l’obsession de la jeunesse israélienne pour la technologie, sans parler des falafels (boulettes de pois chiches, Ndt) et de la tendance des sabra (Juif né en Israël, Ndt) à les inonder sous les épices les plus piquantes », analyse le Canadian Jewish News. Et d’ajouter : « Ce film épingle aussi de nombreuses forces extérieures exerçant des pressions sur Israël : l’Iran, l’AIEA ».

Une scène hommage au Dr Folamour de Stanley Kubrick, ce film est récipiendaire de nombreuses distinctions en particulier aux Festivals de New York et de Rome.

Diffuser ce film israélien durant chabbat, quelle délicate attention d'Arte !
      
« Falafel sauce atomique » par Dror Shaul
Allemagne, Nouvelle-Zélande, Israël, 2015
Image : Sebastian Edschmid
Montage : Tom Eagles, Nili Feller, Tal Keller
Musique : Joel Haines, Bahar Henschel
Production : United Channels Movies, General Film Corporation, Arden Film, Jooyaa Filmproduktion, Getaway Pictures, United King Films, Dash Ham, NDR, ARTE
Producteur/-trice : Chilik Michaeli, Avraham Pirchi, Tami Leon, Amir Feingold, Dror Shaul, Moshe Edery, Leon Edery, Andro Steinborn, Skady Lis, Minu Barati, Matthew Metcalfe
Scénario : Dror Shaul
Acteurs : Michelle Treves, Mali Levi Gershon, Alexander Fehling, Shai Avivi, Tara Melter, Costumes : Chen Gilad, Peri de Braganca
Décors de film : Yoram Shayer, Yasmin Khalifa
Chargé(e) de programme : Ulrike Dotzer, Andreas Schreitmüller
Son : Yahav Shemesh, Christoph Schilling
Sur Arte le 26 janvier 2018 à 20 h 55

Visuels :
Mali Levi Gershon, Alexander Fehling et Michelle Treves
Mali Levi Gershon, Alexander Fehling et Shai Aviv
Plus passionnées par Facebook que par la politique, deux adolescentes tentent d'empêcher une guerre nucléaire entre l’État hébreu et l’Iran. Une comédie satirique qui a fait le buzz en Israël avant même sa sortie.
© Merav Maroody

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sont d'Arte.

1 commentaire:

  1. Ben vrai! Si c'est de l'humour israélien, il pique davantage que la sauce pour le felafel! Moi, je n'ai pas pu en supporter plus d'une demi-heure. Déjà, la vision de l'état-major israélien avec un vieux chef ridicule avec un bandeau sur l'oeil, et de son adjoint au profil "youpin" sur lequel insiste lourdement la caméra, m'ont mis mal à l'aise. Lorsqu'est apparu le bel aryen blond aux yeux bleus, j'ai commencé à perdre de l'intérêt. Mais après la cinquième baise dudit aryen avec la vendeuse de felafel atomique, je me suis endormi. Haval al ha seret! Je ne saurai jamais à partir de quand il faut commencer à rire. Chalom!

    RépondreSupprimer