dimanche 24 juillet 2016

« Borat » de Larry Charles


Arte diffusera le 24 juillet 2016 à 20 h 50  « Borat : Leçons culturelles sur l'Amérique au profit de la glorieuse nation du Kazakhstan » (Borat: Cultural learnings of America for Make Benefit Glorious Nation of Kazahkstan), film parodique de Larry Charles (2006). Une « parodie hilarante de documentaire » brodant sur l’enquête d’un journaliste kazakh très loufoque aux États-Unis.


Vivant à Kuçzek, le « journaliste kazakh et moustachu Borat Sagdiyev est envoyé » par le ministère de l’information Kazakh aux États-Unis pour filmer un reportage sur l’American way of life (mode de vie américain) afin d’améliorer la vie de ses concitoyens. « Au fil de ses pérégrinations » - New York, Washington, Caroline du sud, Los Angeles - avec son producteur Azamat Bagatov persuadé que les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ont été fomentés par les Juifs et son poulet, il « tente de nouer contact avec la population, tout en satisfaisant ses besoins naturels en pleine rue et en voulant acheter les jeunes filles qui lui plaisent... »

« Subversion par le rire »
C’est le deuxième film avec le personnage créé par Sacha Baron Cohen dans son émission télévisuelle Da Ali G Show. Un regard corrosif sur des stéréotypes.

« Mêlant caméras cachées et canulars, cet ovni, qui a fait connaître son héros, Sacha Baron Cohen, à un large public, a accumulé les entrées, les critiques positives, mais aussi les procès ». 

Il a suscité un incident diplomatique : lors de sa visite aux Etats-Unis, Noursoultan Nazarbayev, président du Kazakhstan, a évoqué le « problème Borat ». Mais il a ensuite admis que le film avait largement contribué à la célébrité du cette contrée d’Eurasie.

« Censuré par l'immense majorité des pays arabes », sauf le Liban, « interdit de distribution dans les cinémas russes, ce faux documentaire burlesque  a été accusé d'à peu près tous les griefs imaginables : racisme, antisémitisme » - Sacha Baron Cohen et Larry Charles sont juifs -, « islamophobie, sexisme, homophobie... »

L’ADL (Anti-Defamation League) a épinglé l’antisémitisme du personnage de Borat en soulignant que tous les spectateurs ne saisiraient pas le deuxième degré… Dès 2004, l’ADL avait été saisie par des plaintes de téléspectateurs outrés par la chanson « Throw the Jew down the well, so my country can be free!  Grab them by the horns, and we have big party! » interprétée par Borat dans l’épisode Peace du Da Ali G Show en août 2004. Sacha Baron Cohen est un Juif observant, dont la mère est née en Israël et la grand-mère vit à Haïfa. Lycéen, il était membre du mouvement Habonim Dror. Il a aussi vécu dans un kibboutz du nord d’Israël. Il a déclaré vouloir démasquer l’antisémitisme et l’apathie à son égard. 

Produite par le comédien britannique Sacha Baron Cohen, cette « parodie  hilarante de documentaire a outré les plus hautes autorités du Kazakhstan ». 

« Mais derrière son ton satirique et sa détonante cruauté, le très politiquement incorrect Borat vise en réalité l'Amérique pour en dénoncer l'obscurantisme et l'arrogance. Ainsi cette séquence en Virginie, dans laquelle un organisateur de rodéo conseille au reporter de se raser la moustache pour « ne pas ressembler à un musulman ». 

La langue parlée par Borat ? L’hébreu émaillé de phrases mêlant des idiomes slaves dont le tchèque, et non le kazakh. Quant à Ken Davitian, qui incarne Azamat Bagatov, il s’exprime en arménien.

« Déluge d'énergie et de cocasseries », laissant une large place à l’improvisation, à l’inattendu, le film américain « s'emploie à pratiquer la subversion à coups d'éclats de rire aussi féroces qu'efficaces ». 

Il a reçu un accueil enthousiaste du public. Sacha Baron Cohen a reçu le Golden Globe 2007 du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie.

En mars 2012, lors de la cérémonie de médailles d’un tournoi de tir sportif au Koweït, les organisateurs ont par erreur diffusé l’hymne tiré du film Borat, au lieu de l’hymne national du Kazakhstan. 


« Borat » de Larry Charles
Everyman Pictures, Four by Two, Dune Entertainment, Major Studio Partners, One America, Sacha Baron Cohen, Jay Roach, 2006, 80 min
Auteurs : Todd Phillips, Sacha Baron Cohen, Anthony Hines, Peter Baynham
Image : Anthony Hardwick, Luke Geissbuhler
Montage : James Thomas, Craig Alpert, Peter Teschner
Musique : Erran Baron Cohen
Scénario : Peter Baynham, Anthony Hines, Sacha Baron Cohen, Dan Mazer
Avec Sacha Baron Cohen, Ken Davitian, Pamela Anderson, Luenell Campbell, Bob Barr, David Corcoran
Sur Arte le 24 juillet à 20 h 50 
Visuels : © 2006 Twentieth Century Fox Film Corporation

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Les citations sont extraites du site d'Arte.

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