lundi 5 décembre 2016

« Cours sans te retourner » de Pepe Danquart


Arte diffusera les 5 et 10 décembre 2016 « Cours sans te retourner » (Lauf Junge lauf, Run Boy Run) de Pepe Danquart. « Inspiré d’une histoire vraie, le récit épique et émouvant de la survie miraculeuse, à travers la campagne polonaise, d’un petit garçon juif échappé du ghetto de Varsovie ».

Varsovie, 1942. Srulik, 8 ans, « parvient à s’échapper du ghetto de Varsovie grâce au sacrifice de son père. « Cours aussi longtemps que tu pourras », lui a-t-il ordonné avant de tomber sous une salve de mitraillette. Fuyant à toutes jambes dans la forêt, le garçon, pris en chasse par les officiers allemands et bientôt tenaillé par le froid et la faim, s’effondre sur le seuil de Magda. Bien que surveillée par les Allemands, la jeune femme le recueille et lui enseigne les rudiments de la religion catholique. Quand le danger devient trop pressant, Srulik reprend la route, mendiant du travail de ferme en ferme et cachant son identité pour survivre… »

"À hauteur d’enfant"
Le réalisateur allemand Pepe Danquart a adapté au grand écran Cours sans te retourner (2001), best-seller international – publié dans 17 pays et traduit en 15 langues - du romancier israélien Uri Orlev. Celui-ci relate l’histoire de Yoram Fridman. 

Yoram Fridman « a 5 ans quand la Seconde Guerre mondiale éclate. En 1942, il s’échappe du Ghetto de Varsovie et devra survivre seul jusqu’à la fi n de la guerre. Quelques années plus tard, il est retrouvé par une organisation juive à la recherche d’enfants juifs survivants de la guerre. C’est ainsi qu’il sera transféré dans un orphelinat à Łódź où il ira à l’école primaire et y rattrapera brillamment son retard. Après avoir reçu une Bourse universitaire pour suivre un Master en mathématiques, il devient assistant à l’Institut Polytechnique de Łódź. En 1962, il quitte la Pologne pour rejoindre sa future femme, Sonja, en Israël. Il y retrouvera sa sœur Fajga qu’il n’avait pas vue depuis 30 ans. Âgé de 80 ans aujourd’hui, il est professeur de mathématiques en Israël et partage sa vie avec son épouse Sonja, avec qui il a deux enfants et six petits-enfants ».

Né Jerzy Henryk Orlowski à Varsovie (Pologne) en 1931, Uri Orlev a survécu au ghetto de Varsovie, puis au camp de Bergen-Belsen. Orphelin de mère – celle-ci a été assassinée par les Nazis -, il fait son aliyah, avec son frère, après la Deuxième Guerre mondiale, et écrit en hébreu des romans pour la jeunesse dès 1976, pour des émissions radiophoniques et télévisuelles. Il a été distingué par le prix Hans Christian Andersen en 1996 et le prix Bialik en 2006.

Pepe Danquart « signe une œuvre aussi poignante qu’haletante, rythmée par les multiples épreuves traversées par Srulik ». 

« Mon film n’est pas uniquement destiné aux enfants. Jurek prend en main son destin comme un adulte, mais c’est aussi grâce à son intrépidité qu’il pourra surmonter tous les dangers. Nous sommes guidés tout au long de l’histoire par un petit garçon avec sa curiosité naturelle et son innocence, pour explorer le monde et y survivre, ce qui rend la monstruosité du génocide des juifs encore plus insoutenable. C’est l’histoire de la brutalité impitoyable de toute guerre, de ses traîtres, ses collaborateurs et ses profiteurs. Mais c’est aussi le récit de ceux qui, face à l’assassinat systématique des hommes et des femmes, même sous la menace, ont apporté leur soutien à ceux qui n’auraient pas survécu sans leur aide », a déclaré Pepe Danquart.

Et d’ajouter : « Au-delà de son côté aventureux, ce récit met aussi en exergue le conflit intérieur du jeune garçon qui, pour survivre, doit dissimuler son identité israélite en feignant d’être un orphelin polonais catholique. Au cours de sa lutte pour survivre, il oublie ses frères et sœurs, le visage de sa mère disparaît de ses souvenirs et il retrouve confort et sécurité dans des familles d’agriculteurs catholiques polonaises charitables. Ce questionnement interne lié à l’identité nous offre un nouvel angle d’approche à la fin du film. Ces deux angles de l’intrigue - les aventures dans la forêt et la disparition progressive de sa propre identité - m’ont passionné. Un des plus grands défis lors de la réalisation de ce film fut de retranscrire ces deux aspects ». 

Et de poursuivre : « Le moment clé du film apparaît lorsque le père sacrifie sa vie pour sauver celle de son fils : il lui murmure quelques mots à l’oreille, qui serviront de thème récurrent durant toute l’histoire : « Srulik, on n’a plus beaucoup de temps. N’oublie jamais ce que je m’apprête à te dire. Tu dois rester en vie ! Tu m’entends ? Trouve quelqu’un qui t’apprendra comment se comportent les Chrétiens, comment ils communiquent entre eux et comment ils prient… Et la chose la plus importante, Srulik : oublie ton nom. Efface-le de ta mémoire… Désormais, ton nom est Jurek Staniak. Staniak comme la dame de la boutique… Mais même si tu oublies tout, même ta mère et moi, tu ne dois jamais oublier que tu es juif ». À travers ce film j’ai souhaité raconter une histoire forte et authentique, sans fatalisme. Une histoire de courage, d’espoir et de survie ». 

« Incarné avec une épatante densité par les jumeaux Kamil et Andrzej Tkacz, le jeune héros navigue entre attaques délatrices et douces parenthèses auprès d’âmes bienveillantes ». Dans la forêt, il découvre d'autres enfants juifs ayant pu s'échapper du ghetto de Varsovie, leur survie difficile, précaire dans un milieu hostile.

« À travers le regard innocent de cet enfant, déchiré entre nécessité d’occulter ses origines et fidélité au souvenir de sa famille, Cours sans te retourner restitue ainsi la monstruosité absolue de l’époque, mais aussi ses éclats de solidarité. Entre réalisme et raffinement formel, un drame historique vibrant de vie et d’espoir ».

« Cours sans te retourner » de Pepe Danquart
2014, 99 min
Sur Arte les 5 décembre à 20 h50 et 10 décembre 2016 à 10 h 40
Auteur : Uri Orlev
Image : Daniel Gottschalk
Montage : Richard Marizy
Musique : Stéphane Moucha
Production : Bittersuess Pictures, Ciné-Sud Promotion, A Company Filmproduktion, B.A. Produktion, Quinte Film, Bayerischer Rundfunk/ARTE, ARTE France Cinéma, ARD Degeto, Hessischer Rundfunk, Mitteldeutscher Rundfunk, Rundfunk Berlin-Brandenburg
Producteur/-trice : Susa Kusche, Uwe Spiller, Pepe Danquart
Scénario : Heinrich Hadding, Pepe Danquart
Avec Andrzej Tkacz, Kamil Tkacz, Elisabeth Duda, Itay Tiran, Zbigniew Zamachowski, Jeanette Hain, Lukasz Gajdzis, Rainer Bock, Przemyslaw Sadowski 

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte et du dossier de presse du film.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire