vendredi 1 avril 2016

« Italie, une simple histoire d’amour. Témoignages d’un ambassadeur d’Israël » de Mordechaï Drory



Mordechaï Drory relate ses souvenirs d’ancien ambassadeur d’Israël dans ce pays de 1986 à 1991. Des oublis, notamment sur la collusion entre l'Italie et le terrorisme palestinien. Essayiste, ancienne journaliste et députée italienne, sioniste efficace, Fiamma Nirenstein a fait son aliyah voici quelques années et a été nommée ambassadrice d'Israël en Italie en août 2015.


Disponible uniquement sur Internet, ce livre numérique oscille entre l’ode à l’Italie et les souvenirs d’un ancien ambassadeur d’Israël dans ce pays de 1986 à 1991.

Mordechaï Drory se souvient de son combat pour améliorer l’image médiatiquement biaisée d’Israël et de ses relations avec des responsables au Vatican. Il analyse brièvement les relations entre les pays européens et l’Etat d’Israël et rappelle son rôle dans l’établissement des relations diplomatiques entre l’Etat d’Israël et l’Albanie.

Il retrace aussi l’histoire du peuple Juif et de l’Italie. Il évoque notamment le village Sannicandro (Pouilles), où des paysans se convertirent au judaïsme dans l’entre-deux-guerres sous l’impulsion de Donato Manduzio, un notable local, et firent leur aliyah après l’indépendance d’Israël.

L’auteur sourit, s’étonne ou s’alarme devant des particularismes italiens.

Des digressions ou des faits anecdotiques sans grand intérêt ennuient.

On est surpris par l’étrange hiérarchie des faits présentés. Il est ainsi dommage d’avoir privilégié l’aspect théologique des relations entre l’Eglise catholique et Israël au détriment de leur aspect politique. On peut regretter également que soient occultés les résistants italiens Juifs, les raisons de l’immigration en Italie des Libyens Juifs, etc.

Un livre à lire à la lumière des déclarations au Corriere della Sera (8 juillet 2008) de l’ancien président italien Francesco Cossiga sur l’accord secret signé, dans les années 1970, entre le Premier ministre Aldo Moro et l’OLP (Organisation de libération de la Palestine).

Un accord qui réservait aux terroristes palestiniens une totale liberté d’action – transport d’armes et d’explosifs, bases, etc. - dans la péninsule en échange de l’immunité des personnes et biens italiens. Les Italiens Juifs en étaient exclus. Ils ont été ciblés par les attentats des terroristes palestiniens contre une compagnie israélienne à l’aéroport de Rome (27 décembre 1985) – alertés, les services de renseignements italiens n’avaient pas prévenu leurs homologues israéliens - et contre la synagogue de Rome (9 octobre 1982) - des dizaines de Juifs blessés et un enfant de deux ans, Stefano Tache,assassiné -.

Sans oublier le détournement du navire de croisière en Méditerranée, Achille Lauro, (octobre 1985) au cours duquel les terroristes du Front palestinien de libération tuent Leon Klinghoffer, retraité américain Juif paraplégique. Les Egyptiens ont autorisé les pirates à fuir par avion en Libye. Les Etats-Unis ont contraint cet avion à se poser sur une base de l’OTAN en Sicile. Plutôt que d’autoriser les Etats-Unis à arrêter les pirates, les autorités italiennes décidèrent de les laisser fuir, dont leur chef Abbas. « Puisque les Arabes étaient capables de causer plus de mal à l’Italie que les Américains, l’Italie a cédé devant les Arabes », a résumé Cossiga.

Le massacre à la gare de Bologne (2 août 1980) ayant fait 85 morts et plus de 200 blessés ? « Un incident causé par les amis de ‘la résistance palestinienne’ », indiquait Francesco Cossiga. Et de préciser que « les gens de l’OLP disposaient d’armement lourd à leurdomicile et étaient protégés par l’immunité diplomatique comme représentants dela Ligue arabe ». Curieusement,

Selon Cossiga, cet accord avait été élargi au Hezbollah : cécité des soldats italiens de la FINUL face au réarmement du mouvement terroriste en échange de l’absence d’attaques à leur encontre.

Le 14 août 2008, Il Corriere della Sera a publié l’interview de Bassam Abu Sharif du FPLP (Front de libération de la Paelstine) confirmant cet « accord Moro », décrivant les négociations.



Cet article a été commandé, mais non publié par L'Arche. Il a été publié sur ce blog le 21 mai 2012, puis le 16 août 2015.

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