Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mercredi 28 février 2018

« Italie, une simple histoire d’amour. Témoignages d’un ambassadeur d’Israël » de Mordechaï Drory



Mordechaï Drory relate ses souvenirs d’ancien ambassadeur d’Israël dans ce pays de 1986 à 1991. Des oublis, notamment sur la collusion entre l'Italie et le terrorisme palestinien. Le 2 février 2018, l'hebdomadaire italien L’Espresso a révélé la teneur des 19 journaux intimes et secrets écrits en arabe par Yasser Arafat de 1985 à octobre 2004. Ces journaux évoquent des accords politiques, notamment celui entre l’OLP et l’Italie, les négociations secrètes avec Yitzhak Rabin, des actes de guerre et des opérations de business, ainsi que la corruption de Silvio Berlusconi et d'Arafat.


Disponible uniquement sur Internet, ce livre numérique oscille entre l’ode à l’Italie et les souvenirs d’un ancien ambassadeur d’Israël dans ce pays de 1986 à 1991.

Mordechaï Drory se souvient de son combat pour améliorer l’image médiatiquement biaisée d’Israël et de ses relations avec des responsables au Vatican. Il analyse brièvement les relations entre les pays européens et l’Etat d’Israël et rappelle son rôle dans l’établissement des relations diplomatiques entre l’Etat d’Israël et l’Albanie.

Il retrace aussi l’histoire du peuple Juif et de l’Italie. Il évoque notamment le village Sannicandro (Pouilles), où des paysans se convertirent au judaïsme dans l’entre-deux-guerres sous l’impulsion de Donato Manduzio, un notable local, et firent leur aliyah après l’indépendance d’Israël.

L’auteur sourit, s’étonne ou s’alarme devant des particularismes italiens.

Des digressions ou des faits anecdotiques sans grand intérêt ennuient.

On est surpris par l’étrange hiérarchie des faits présentés. Il est ainsi dommage d’avoir privilégié l’aspect théologique des relations entre l’Eglise catholique et Israël au détriment de leur aspect politique. On peut regretter également que soient occultés les résistants italiens Juifs, les raisons de l’immigration en Italie des Libyens Juifs, etc.

Essayiste, ancienne journaliste et députée italienne, sioniste efficace, Fiamma Nirenstein a fait son aliyah voici quelques années et a été nommée ambassadrice d'Israël en Italie en août 2015.

Accord Italie/OLP
Un livre de Mordechaï Drory à lire à la lumière des déclarations au Corriere della Sera (8 juillet 2008) de l’ancien président italien Francesco Cossiga sur l’accord secret signé, dans les années 1970, entre le Premier ministre Aldo Moro et l’OLP (Organisation de libération de la Palestine).

Un accord qui réservait aux terroristes palestiniens une totale liberté d’action – transport d’armes et d’explosifs, bases, etc. - dans la péninsule en échange de l’immunité des personnes et biens italiens. Les Italiens Juifs en étaient exclus. Ils ont été ciblés par les attentats des terroristes palestiniens contre une compagnie israélienne à l’aéroport de Rome (27 décembre 1985) – alertés, les services de renseignements italiens n’avaient pas prévenu leurs homologues israéliens - et contre la synagogue de Rome (9 octobre 1982) - des dizaines de Juifs blessés et un enfant de deux ans, Stefano Tache,assassiné -.

Sans oublier le détournement du navire de croisière en Méditerranée, Achille Lauro, (octobre 1985) au cours duquel les terroristes du Front palestinien de libération tuent Leon Klinghoffer, retraité américain Juif paraplégique. Les Égyptiens ont autorisé les pirates à fuir par avion en Libye. Les Etats-Unis ont contraint cet avion à se poser sur une base de l’OTAN en Sicile. Plutôt que d’autoriser les Etats-Unis à arrêter les pirates, les autorités italiennes décidèrent de les laisser fuir, dont leur chef Abbas. « Puisque les Arabes étaient capables de causer plus de mal à l’Italie que les Américains, l’Italie a cédé devant les Arabes », a résumé Cossiga.

Le massacre à la gare de Bologne (2 août 1980) ayant fait 85 morts et plus de 200 blessés ? « Un incident causé par les amis de ‘la résistance palestinienne’ », indiquait Francesco Cossiga. Et de préciser que « les gens de l’OLP disposaient d’armement lourd à leurdomicile et étaient protégés par l’immunité diplomatique comme représentants dela Ligue arabe ». Curieusement,

Selon Cossiga, cet accord avait été élargi au Hezbollah : cécité des soldats italiens de la FINUL face au réarmement du mouvement terroriste en échange de l’absence d’attaques à leur encontre.

Le 14 août 2008, Il Corriere della Sera a publié l’interview de Bassam Abu Sharif du FPLP (Front de libération de la Paelstine) confirmant cet « accord Moro », et décrivant les négociations.

Le 2 février 2018, l'hebdomadaire italien L’Espresso a révélé la teneur des 19 journaux intimes et secrets écrits en arabe par Yasser Arafat de 1985 à octobre 2004. Ces journaux évoquent des accords politiques, notamment celui entre l’OLP et l’Italie, les négociations secrètes avec Yitzhak Rabin, des actes de guerre et des opérations de business, ainsi que la corruption de Silvio Berlusconi et d'Arafat.

"In particular, Mr. Arafat’s diaries reveal how he helped Mr. Berlusconi when the latter was on trial for illegally funding Bettino Craxi’s Italian Socialist Party. Mr. Arafat secretly met Berlusconi in 1998 in a European capital. Following that meeting, he decided to confirm Mr. Berlusconi’s false statement to the prosecutors, i.e. that the 10 billion lire (around 5 million euro) which were at the center of the trial were not destined to the Italian Socialist Party but to the PLO to support the Palestinian cause. In his Mr. Arafat explained in his diaries that he confirmed publicly this version to receive in return a substantial money transfer. The diaries feature also the details of Mr. Arafat’s account numbers and money transfers received".

"The diaries bring also to light the negotiations between Mr. Arafat and the Italian government in 1985, during the hijacking of the Achille Lauro cruise ship by four Palestinian terrorists. Italian prime minister was then Bettino Craxi, minister of Foreign Affairs Giulio Andreotti".

"Mr. Arafat diaries expose that it was Mr. Andreotti who allowed terrorist Abu Abbas to escape to Bulgaria and from there to Tunisia. Mr. Andreotti, according to what the diaries of the Palestinian leader unwrap, had always played important role in any international mediation that had to do with Palestine, and had often been a sort of hidden mediator between the PLO and the United States".

"The diaries show that the Palestinian leader never assumed responsibility for commissioning an attack. He just took notice of the massacres committed by fellow Palestinians, and commented about. When others proposed attacks, his replies were a short "You decide". After the bombs he had known of burst, the Palestine commander smiled and wrote: "Good, good".

"No PLO attack targeted Italy after 1985. "Italy is a Palestinian shore of the Mediterranean," Mr. Arafat wrote in his diaries, confirming the secret agreements between the PLO and the government in Rome to ensure that Italian territory was preserved from attacks".



Cet article a été commandé, mais non publié par L'Arche. Il a été publié sur ce blog le 21 mai 2012, puis les 16 août 2015 et 1er avril 2016.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire