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mardi 26 juin 2018

La pénicilline


La pénicilline est un antibiotique, une toxine synthétisée par des moisissures du genre Penicillium. Elle est utilisée dans le traitement d'infections bactériennes. Arte diffusera le 26 juin 2018 « La pénicilline. Une révolution de la médecine » (Die Penizillin-Story) par Wilfried Hauke et le 28 juin 2018 à 6 h 25 « Résistance aux antibiotiques. À la recherche de nouvelles molécules » (Resistente Keime. Die Entdeckung neuer Antibiotika) par Bruce Mohun.

Le Prix Nobel de Médecine 1945 a été décerné à trois récipiendaires : Sir Alexander Fleming, Ernst B. Chain et Sir Howard Florey "for the discovery of penicillin and its curative effect in various infectious diseases » (pour la découverte de la pénicilline et ses effets curatifs dans différentes maladies infectieuses).

Découverte fortuite
En septembre 1928, à Londres, le Dr Alexander Fleming, bactériologiste, a découvert à son retour de vacances estivales, qu’une moisissure appelée Penicillium notatum avait envahi ses boites de Petri. En examinant ces boites grâce à son microscope, il a découvert avec surprise que la moisissure avait empêché la croissance normale de staphylocoques. Ses recherches ont montré non seulement que la moisissure de pénicillium empêchait la croissance de la bactérie mais qu’elle pourrait être exploitée pour combattre les maladies infectieuses. « When I woke up just after dawn on September 28, 1928, I certainly didn’t plan to revolutionize all medicine by discovering the world’s first antibiotic, or bacteria killer. But I guess that was exactly what I did. » se souvenait-il.

Ernst Boris Chain (1906-1979) n’a pas été honoré de la même manière que Fleming et Florey, un fait qu’il attribuait à antisémitisme rampant dans les universités d’Oxford et de Cambridge où il a effectué ses travaux majeurs.

Si Fleming a été le premier à explorer les propriétés de la pénicilline, il ne voyait pas comment l’extraire et était convaincu que ses qualités anti-bactériennes étaient inaptes pour agir dans le corps humain et avait cessé toute recherche dans la substance.

L’avancée scientifique déterminante est survenue quand le biochimiste juif allemand Ernst Boris Chain, après avoir lu l’article de Fleming sur la pénicilline dans le British Journal of Experimental Pathology a découvert le potentiel de la découverte quasi-oubliée de Fleming, résolu le mystère de la nature chimique de la pénicilline, isolé et concentré la substance antibactérienne.

La pénicilline a été expérimentée sur des souris à l’été 1940 et sur un être humain en septembre 1940. En mars 1942, une patiente, souffrant d’une infection menant à un empoisonnement du sang, est devenue la première civile à être traitée avec succès par la pénicilline. 

Avec le pharmacologue Florey, Chain  a trouvé comment produire massivement la pénicilline sous la forme d’un médicament. Ce qui a permis de sauver des millions de vie.

Né à Berlin, Chain était diplômé de biochimie et physiologie. Peu après l’avènement de Hitler au pouvoir, il fuit l’Allemagne et se réfugie en Angleterre où il est recruté comme professeur et chercheur par les universités de Cambridge et Oxford. Demeurées en Allemagne, se mère et sa sœur ont été tuées lors de la Shoah.

Lors d’une conférence à l’université de Londres en 1970, Ernst Chain a déclaré : « As far as my own actions are concerned, I am trying to be guided by the laws, ethics, and traditions of Judaism as formulated in the Old Testament ». Marié à la chimiste Anne Beloff, ce sioniste prônait une éducation juive pour les jeunes, et a envoyé ses enfants dans des kibboutz et leur a fait prodiguer une éducation religieuse. « We must have appropriately trained teachers who can transmit to the young that the traditions of Judaism are not archaic and dusty, but have great relevance to the problems facing us in the modern world ».

Au rabbin Baruch Horowitz, qui dirigeait la Jerusalem Academy of Jewish Studies, il a écrit : « I am quite certain of one fact. If we get too far from the basic ethical laws of Judaism, Israel as a country and the Jews living in the diaspora are doomed, and sooner or later they will disappear. Rabbi Horowitz is one of the rare people who can get the values of Judaism across to young people, and he can get them to accept that they are as valid today as they were when they were formulated 3,000 years ago ».

En 1965, lors de la World Jewish Conference of Intellectuals, Ernst Chain a déclaré : « While we have witnessed astonishing technological progress over the last 4,000 years, human relations have remained essentially unchanged since the time the Torah was written, and have to be regulated by very much the same laws. For this reason, the fundamental teaching of Judaism, as expressed in the Old Testament, and developed by the great sages of the Middle Ages, one unitarian Almighty, benevolent, all-pervading, eternal Divine force, of which the spirit of man was created an image, is for me still the most rational way of accepting man’s position and fate in this world and the Universe ».

Et dans son discours d’acceptation du titre de docteur en philosophie Honoris Causa de l’université Bar-Ilan, Ernst Chain a dit : « In the search for an ethical code of behavior we have to look for more lasting values than scientific discoveries or theories. We, the Jewish people, have had the extraordinary privilege to have been given a lasting code of ethical values in the divinely inspired laws and traditions of Judaism which have become the basic pillars of the Western world ».

Peu après la Deuxième Guerre mondiale, Ernst Chain est invité à faire son aliyah et il se voit proposer de diriger son propre département de biochimie au Weizmann Institute de Rehovoth. On lui promet de construire un immeuble dédié à la biochimie et la biologie selon ses demandes et qu’il pourrait fixer son salaire. Une proposition professionnelle soutenue par Chaim Weizmann. En avril 1946, il s’est rendu en Eretz Israël où il a donné une conférence à la Convention des chimistes palestiniens sur « la constitution chimique de la pénicilline » et s’est exprimé sur le même thème à l’Université hébraïque de Jérusalem. Mais Ernst Chain, après avoir hésité, a rejeté l’offre, vraisemblablement en raison de l’offre du Superior Institute of Health in Rome et de la guerre de 1948. Mais il a continue à soutenir l’Etat d’Israël renaissant en demeurant actif dans des associations juives et israéliennes. Il a reçu des titres honorifiques notamment de la Yeshiva University (1948) et de l’Albert Einstein College of Medicine (1961).

« La pénicilline. Une révolution de la médecine »
« De leur découverte il y a quatre-vingt-dix ans par Alexander Fleming aux limites de leur efficacité aujourd'hui, un documentaire captivant sur l'histoire et le rôle majeur des antibiotiques ».

« En venant chercher en 1945 le prix Nobel de médecine qui lui avait été décerné conjointement avec Howard Florey et Ernst Chain pour la découverte de la pénicilline, Alexander Fleming mettait déjà en garde : une utilisation trop fréquente ou une prise écourtée de leur antibiotique pouvait avoir des conséquences dramatiques ». 

« Le chercheur écossais avait vu juste. Si depuis la Seconde Guerre mondiale, la prescription des différentes familles d'antibiotiques a permis de soigner de nombreuses maladies infectieuses, de la tuberculose à la diphtérie, et fait gagner plusieurs années d'espérance de vie à l'humanité, la communauté scientifique sonne aujourd'hui l'alarme : « Les bactéries s'adaptent naturellement aux armes que nous employons contre elles », rappelle la pharmacologue Eva Maria Littinger ». 

« Par mutations permanentes, ces dernières élaborent en effet de nouveaux mécanismes pour neutraliser l'effet des traitements. « On prévoit que, vers 2050, les germes résistants aux antibiotiques feront partie des premières causes de décès, entraînant plus de victimes que les accidents de la route ou les cancers », renchérit Hinrich Schulenburg, biologiste de l'évolution.

« Le réalisateur Wilfried Hauke pousse la porte du laboratoire de l'hôpital londonien Saint-Mary, devenu musée, où Alexander Fleming découvrit, par hasard, en 1928, les surprenants pouvoirs d'une moisissure qui allait révolutionner la médecine moderne ». 

« Il nous entraîne ensuite dans les laboratoires européens où des chercheurs étudient aujourd'hui les résistances aux antibiotiques ». 

« Revenant sur les motivations du découvreur de la pénicilline, marqué par les ravages de la gangrène durant la Première Guerre mondiale, son film rappelle que cet antibiotique fut, à partir de 1944, refusé aux Allemands et aux Autrichiens par les Américains qui en contrôlaient la distribution. Mêlant images d'archives, reconstitutions et interviews de scientifiques, un documentaire captivant sur une arme thérapeutique majeure du XXe siècle qui pourrait bien ne plus l'être au XXIe ».

« Résistance aux antibiotiques. À la recherche de nouvelles molécules  » 
« Les antibiotiques sont à l'origine d'un recul considérable de la mortalité au cours du XXe siècle, mais leur utilisation massive a provoqué l’apparition de bactéries résistantes. Pour combattre ces dernières, il faut découvrir de nouvelles molécules ».

« Ils sont à l'origine d'un recul considérable de la mortalité au cours du XXe siècle ». 

« Sur le marché depuis près de soixante ans, les antibiotiques sont à 99 % issus de micro-organismes, principalement des bactéries. Problème : une majorité d'entre eux ont perdu leur efficacité du fait de leur utilisation abusive ». 

« Pire, la résistance aux antibiotiques s'intensifie partout dans le monde. Chaque année, elle cause ainsi le décès de 25 000 personnes en Europe et de 23 000 aux États-Unis. Un récent rapport évalue le nombre de morts qu'elle pourrait causer en 2050 à plus de dix millions ! »

« Certaines souches sont multirésistantes, c’est-à-dire résistantes à plusieurs substances. D’autres sont même devenues « toto-résistantes », soit résistantes à tous les antibiotiques disponibles… »

« Ce documentaire se concentre sur les recherches menées aux États-Unis, au Canada et au Panamá pour trouver de nouvelles molécules, dont les peptides antimicrobiens, présents chez certains êtres vivants (insectes, mammifères, crustacés ou champignons) ». 

« D'ici à 2020, il faudrait trouver une dizaine de familles de nouvelles molécules pour stopper l’avancée de la résistance ». 

« Le film, très instructif, montre que des solutions pourraient se loger dans la fourrure des paresseux, le sang des crocodiles ou la salive des dragons de Komodo ».

« Pénicilline juive »
La soupe ou le bouillon de poulet, c’est le mets que des mères juives concoctent quand leur enfant semble enrhumé. Une « pénicilline juive ».

En 2000, une étude publiée par The Journal of the American College of Chest Physicians a prouvée que ce mets pourrait contribuer à réduire l’inflammation des voies respiratoires supérieures.
  

« La pénicilline. Une révolution de la médecine » par Wilfried Hauke
Allemagne, 2017
Sur Arte le 26 juin 2018 à 22 h 25 et le 14 juillet 2018 à 16 h 45
Visuels :
Alexander Fleming
© Alexander Fleming Laboratory Museum London
Alexander Fleming
© dmfilm

« Résistance aux antibiotiques. À la recherche de nouvelles molécules » par Bruce Mohun
Canada, 2015
Sur Arte le 28 juin 2018 à 6 h 25

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Les citations sur les documentaires sont d'Arte.

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