A l’été 2023, « la
série documentaire "
Les coulisses de l'Histoire" revient avec 4 épisodes inédits. Cette collection documentaire nuance certaines idées ancrées dans la mémoire collective, en restituant les faits dans toute leur complexité. Avec le temps, la connaissance du passé s'affine, mais les idées reçues restent parfois tenaces. »
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« Une lecture revue et corrigée, déroulée dans des récits limpides tissés de saisissantes archives. »
« Dans l'immédiat après-guerre, accorder une patrie aux juifs est loin d'être une priorité. » Ce devait l'être depuis le mandat confié par la Société des Nations (SDN) au Royaume-Uni pour permettre l'avènement d'un "foyer national juif" dans son berceau historique, spirituel : "Eretz Israël" (Terre d'Israël) dénommée alors "Palestine".
Les priorités : reconstruire les voies de communication, gérer le nombre important de prisonniers de guerre allemands, surtout rapatrier les "dizaines de millions de personnes déplacées", etc. "La logistique fait des prouesses".
« À l'automne 1945, 70 000 survivants de l'Holocauste attendent toujours, dans des camps de déplacés, qu'on statue sur leur sort. » Ce sont des "rescapés" de la Shoah.
"Ils ont tout perdu et n'ont nulle part où aller", dit la voix off du film. Certains sont revenus chez eux : leurs appartements ou maisons étaient occupés par des gens refusant de les leur rendre, regrettant publiquement leur retour et s'étonnant qu'ils fussent encore vivants. Des pogroms en Pologne ont eu lieu contre ces rescapés de la Shoah.
« En Palestine, où la population juive déjà installée rêve de constituer un État indépendant, la puissance d'occupation anglaise limite les visas d'entrée. » Il s'agit de la Palestine mandataire où la puissance mandataire britannique privilégie ses intérêts géopolitiques : bonnes relations avec des monarques arabes pour ménager son influence dans ce "carrefour stratégique, centre névralgique au Moyen-Orient", près du canal de Suez, où l'oléoduc transportant le pétrole irakien arrive à Haïfa. Ainsi, elle a promis aux Arabes de réduire à 1250 visas par mois le nombre de visas accordés aux Juifs. Dès les années 1930, sous la pression Arabe, elle avait réduit le nombre de Juifs autorisés à émigrer en Palestine mandataire ; ce qui a empêché le sauvetage des Juifs fuyant les Nazis dès 1933.
"Présents sur le territoire depuis des temps immémoriaux, les Palestiniens, chrétiens comme musulmans, considèrent les Juifs comme des envahisseurs, des colons. Pour eux, le sort tragique des rescapés de la Shoah ne peut servir de prétexte à l'invasion de leur pays" ! Un mensonge non étayé de la moindre preuve : quelle découverte archéologique prouve la présence de ces "Palestiniens", dont la quasi-totalité est arrivée dans la deuxième moitié du XIXe siècle d'Europe et d'Eurasie, ou était des Bédouins nomades ? Quel pays ? C'est un mandat. Les habitants non juifs se sentaient membres de la "Grande Syrie" lors du démembrement de l'empire ottoman.
"Pour les 500 000 Juifs déjà installés en Palestine, la venue massive des survivants de l'Holocaust est d'une importance capitale. Depuis l'installation des premiers pionniers, entreprenants et bâtisseurs, ils n'ont cessé de prospérer", malgré le terrorisme Arabe et la complicité entre les nazis et des dirigeants arabes comme le grand mufti de Jérusalem omis par ce film." Leurs exploitations agricoles, les fameux kibboutz, arrachés au désert se sont multipliés. En quelques années, Tel Aviv est devenue une métropole moderne de 200 000 habitants... Sionistes de la première heure, ils aspirent à fonder un Etat aussi vaste qu'au temps des rois David et Salomon. Autrement dit, bien que minoritaires, ils revendiquent la Palestine tout entière" conformément au droit international... "La population Arabe leur est deux fois supérieure, et l'extermination des Juifs d'Europe les a privés du principal foyer d'émigrants sur lequel ils comptaient pour la supplanter. Alors, tant que les Britanniques restreignent les conditions d'émigration, leur projet d'Etat est voué à l'échec".
"Forte d'une communauté juive de cinq millions d'âmes", la Fédération sioniste américaine, milite pour la création d'un Etat Juif dans un contexte défavorable : guerre froide et intérêts pétroliers du Département d'Etat.
« À la tête de l'Agence juive, sorte d'embryon de gouvernement, David Ben Gourion travaille à exaucer ce vœu d'une terre promise. Mais sa volonté se heurte au jeu des grandes puissances : les États-Unis, par la voix de Harry Truman, se déclarent favorables à l'octroi de 100 000 visas pour l'entrée des déplacés juifs en Palestine, quand les Britanniques s'y opposent farouchement. » Et ce, alors que la Société des Nations avait confié en 1923, après la conférence de San Remo (1920), un mandat au Royaume-Uni afin de créer dans la Palestine mandataire un « foyer national pour le peuple Juif sur la base du lien historique existant entre le peuple Juif avec la Palestine dans le but de reconstruire leur foyer national dans ce pays, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existantes en Palestine », selon les termes de la déclaration Balfour du 2 novembre 1917.
« Alerté, le Kremlin voit dans ce conflit larvé l'occasion d'accroître les dissensions entre les alliés occidentaux et de s'ouvrir un accès au Moyen-Orient. »
« Après avoir autorisé les juifs des pays occupés par l'Armée rouge à franchir leurs frontières, changeant le rapport de forces des populations en Palestine, Staline va même jusqu'à donner, par l'intermédiaire de son représentant aux Nations unies, une voix pour la création d'Israël », tout en persécutant les Juifs dans l'Union soviétique, éliminant le Comité antifasciste juif...
Via la Tchécoslovaquie, « il fera livrer des armes au jeune État, attaqué par les Palestiniens au lendemain de sa proclamation officielle, le 14 mai 1948, ce qui n'empêchera pas le dictateur, par la suite, de refuser un visa aux juifs soviétiques cherchant à émigrer, et de réprimer toute tentative d'émancipation de cette population. »
Des filières d'immigration clandestine vers la Palestine mandataire se multiplient. Dans les Balkans, les passeurs envoyés par Ben Gourion les encadrent. "Un parcours harassant à travers les pistes et routes de montagne avant de gagner les petits portes discrets de la Méditerranée. Entassés sur des navires de fortune, malgré les conditions éprouvantes, les émigrants savourent le matin d'une nouvelle vie. Un répit de courte durée". La Royal Navy arraisonne nombre de ces embarcations, et détient les occupants dans un camp près de Haïfa. Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, le travailliste britannique Ernest Bevin prévient : "Que les juifs d'Europe ne mettent pas trop en avant leur situation raciale. S'ils cherchent à forcer le passage en jouant des coudes, qu'ils ne s'étonnent pas d'un regain d'antisémitisme à travers l'Europe".
"A l'été 1946, une vague d'attentats cible les intérêts britanniques : installations militaires, voies de communication, infrastructure pétrolière" du port de Haïfa - "les dommages s'élèvent à un quart de millions de livres sterlings" -, centre d'impôts et QG militaire britannique au King David Hotel - 11 morts et plus de 40 blessés ; l'organisateur de l'attentat avait prévenu par téléphone la direction du QG - à Jérusalem... Près de 200 soldats britanniques meurent cet été. "La répression qui s'abat est sans pitié. Plus de 3000 sympathisants sont emprisonnés. Le noyau dur du mouvement sioniste est décapité".
Transférés dans des bateaux-cages, les immigrants illégaux juifs sont dirigés vers Chypre où un camp vient d'être "spécialement construit pour eux". "Ils se retrouvent de nouveau derrière des barbelés, entourés de gardes armés". La "Grande-Bretagne montre qu'elle est déterminée à ne pas céder".
Ben Gourion réclame alors une "partie de la Palestine" mandataire. "Libres aux Arabes désireux de s'émanciper de créer leur Etat sur l'autre".
"Jamal al-Husseini, au nom de la majorité Arabe, proteste" : "Ces dernières trente années, l'arrivée d'immigrants étrangers nous a été imposée. Et aujourd'hui, ces immigrants, toujours minoritaires, réclament un Etat Juif dans notre pays dans lequel nous deviendrions la minorité". Jamal al-Husseini (1894-1982) a travaillé au secrétariat du comité Palestinien Arabe Action (1921-1934) et au Conseil suprême musulman. Lors de la grande révolte arabe, il a fui en Syrie en 1937, puis à Bagdad (Irak) en 1939. Arrêté par les Britanniques en 1941 en Iran, il est exilé en Rhodésie. Libéré à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il revient en Palestine mandataire en 1946. Il est le cousin du funeste Mohammed Amin al-Husseini, qui avait notamment dialogué sur une alliance avec Hitler, à Berlin, en 1941. Pourquoi ne pas l'avoir indiqué dans le documentaire ?
Les Américains saluent cette concession.
Cent mille soldats britanniques sont mobilisés dans ce "bourbier" alors que la guerre est finie depuis des années... Et des sommes importantes sont consacrés à cette présence militaire, alors que le Royaume-Uni traverse une crise économique. Le17 février 1947 , Bevin "annonce devoir porter la question devant l'ONU (Organisation des Nations unies). Les Arabes de Palestine viennent de perdre leur protecteur. A Moscou, Staline jubile."
Les polyglottes et brillants orateurs Moshé Sharett et Abba Eban assistent Ben Gourion à l'ONU. Le "mouvement sioniste a rallié à sa cause la plupart des Etats démocratiques".
14 mai 1947, Andrei Gromyko, ambassadeur de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) au Conseil de sécurité de l'ONU, déclare : "Il serait injustifiable de refuser ce droit au peuple Juif, surtout au vu de ce qu'il a subi pendant la Deuxième Guerre mondiale". A "la surprise générale, l'URSS se déclare favorable" à un Etat Juif. Le "monde arabe fait grise mine. Mais la partie n'est pas encore perdue. Pour dégager un compromis, une commission d'enquête est formée", et dirigée par le juriste suédois Emil Sandström. La mission du Comité spécial des Nations unies sur la Palestine (United Nations Special Committee On Palestine, UNSCOP) : "sillonner la région, interroger les deux parties, trouver une solution pour Jérusalem et les lieux saints".
A l'été 1947, Emil Sandström et onze délégués arrivent en Terre Sainte. Hormis quelques notables, les autorités arabes refusent de coopérer". Le documentaire évoque le "dénouement" de la population. La faute à qui ? Quid des riches familles musulmanes locales ou propriétaires terriennes vivant au Liban ?
Ben Gourion "a tout mis en oeuvre pour éblouir ses visiteurs : chants, danses... Une véritable tournée de propagande prend place. A l'honneur, les plus belles réalisations du sionisme : son industrie naissante, ses implantations agricoles prospères, son système scolaire performant".
La "Commission constate l'omniprésence de l'appareil répressif britannique : partout des barbelés, des check-points, des barrages".
"L'Agence Juive monte de toutes pièces une opération qui va marquer les esprits. Le 12 juillet 1947, un vieux rafiot rebaptisé Exodus appareille en Méditerranée. A son bord : 4500 rescapés de l'Holocauste encadrés par des militants prêts à en découdre. Pour Ben Gourion, l'objectif est d'instrumentaliser leur refoulement. Un calcul qui va s'avérer payant". Si le plan a été élaboré ainsi, pourquoi y a-t-il eu autant de couacs administratifs, diplomatiques, etc. ?
Au large de Gaza, un affrontement éclate entre les soldats britanniques et les passagers - 3 morts et 28 blessés parmi les passagers -. Le bateau en mauvais état est remorqué jusqu'à Haïfa. Les membres de l'UNSCOP assistent à l'arrivée du bateau. Les passagers "sont transférés en bateaux-cages pour être reconduits en Allemagne, le pays de leurs bourreaux".
Diffusées mondialement, les images "ébranlent la conscience de l'Occident".
De retour à New York, l'UNSCOP préconise la fin du mandat britannique, le partage de la Palestine mandataire en deux Etats indépendants et une zone internationale autour de Jérusalem.
Refus de la Syrie, l'Egypte, l'Irak et la Transjordanie qui "menacent d'une intervention militaire si le partage est voté. Du Caire à Bagdad, de Damas à Amman, la rue s'enflamme et réclame la guerre. En Palestine, des milices Arabes s'organisent, des armes sortent des cachettes. La possibilité d'un soulèvement du monde arabe est dans tous les esprits. Une aubaine pour Staline qui mise sur cette agitation pour déstabiliser la région".
A Washington, George Marshall, Secrétaire d'Etat, : "Le Moyen-Orient est une zone d'endiguement du communisme". La perspective d'un rapprochement entre le mouvement sioniste et l'URSS inquiète.
Le mouvement sioniste organise des manifestations et exerce des pressions sur le Président Truman. Le 11 octobre 1947, les Etats-Unis annonce leur décision de voter pour le plan de partage onusien. L'URSS et ses affidés se prononcent en faveur du plan. Mais, à quelques jours de la date du vote, les diplomates sionistes prennent conscience qu'il leur manque quelques voix pour l'emporter.
Jamal al-Husseini est un délégué du Haut Comité Arabe auprès de l'ONU (1947-1948). Il n'est pas si seul, ni faible. Fondée en 1945 au Caire (Egypte), la Ligue Arabe. En septembre-octobre 1948, il est le ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement égyptien-commandité de Toute la Palestine. Fabricant de pneus en caoutchouc, "M. Firestone se charge de convaincre les autorités libériennes" où se trouvent des plantations d'hévéas. "Des pressions analogues sont exercées aux Philippines et à Haïti. "La diplomatie du dollar"...
29 novembre 1947. La résolution de la Commission "ad hoc" pour la Palestine est adoptée par 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions. "Les Juifs exultent : après deux mille ans d'attente, ils touchent au but. Dans quelques mois, leur Etat verra le jour. Pourtant David Ben Gourion est moins optimiste et il écrit dans son Journal : "Aujourd'hui ils dansent, demain ils pleureront des larmes de sang".
"Côté Arabe, un énorme sentiment d'injustice prévaut. Amin al-Husseini, chef du mouvement national palestinien, déclare : "Nous lutterons. Nous n'accepterons aucun compromis". A Jérusalem, des troubles éclatent... Des magasins israélites sont vandalisés". Sept Juifs sont tués ce jour-là" lors de ces émeutes.
"Des milliers de Palestiniens prennent le maquis". Comme des résistants français contre les nazis !? Non, ils préparent leur jihad.
"Des localités juives sont harcelées. Bientôt les tirs isolés évoluent en batailles rangées".
Des "Etats arabes s'apprêtent à attaquer dès que le dernier soldat anglais sera parti. Ils ont des chars, des avions. Ben Gourion en est dépourvu. Il lui faut des armes, et vite. Une fois de plus, c'est Staline qui lui offre une planche de salut". Pour ses intérêts géopolitiques.
Ehud Avriel, "le meilleur agent du Mossad", se rend en Tchécoslovaquie, pays "à l'économie en piteux état, en manque de devises et sous la pression cruelle du Kremlin". Un "
fournisseur de premier choix" en armes, dont des "fusils Mauser confisqués aux Nazis". Des "surplus de l'usine Skoda sont mis à la disposition" d'Ehud Avriel.
C'est Golda Meir, proche de Ben Gourion, qui "est chargée de trouver les fonds pour régler la facture", essentiellement auprès des cinq millions de juifs américains. Son argument : "Les Juifs qui se battent en Palestine, la terre d'Israël, défendent la seule chose qui leur appartient. C'est une question de vie ou de mort. Tant que vous nous donnerez votre aide, l'Etat d'Israël sera rapidement en sécurité et en paix". Durant deux mois, elle va écumer les Etats-Unis. Les meetings, les galas, les tombolas se succèdent. Et l'argent coule à flot." Golda Meir récolte le double de la somme escomptée : 50 millions de dollars filent directement en Tchécoslovaquie. Les armes transitent par "la Hongrie et la Yougoslavie, trois démocraties populaires qui se sont pliées aux exigences du Kremlin".
"Le 3 avril 1948, une première livraison d'armes arrive en Palestine, enfouies sous une montagne d'oignons. L'armée de Ben Gourion s'en empare. Elles vont changer la donne du tout au tout".
"Le 14 mai 1948, le dernier carré des forces britanniques quitte la Palestine en catimini". Puis, "à 16h, David Ben Gourion proclame la naissance de l'Etat hébreu". Non, la renaissance de l'Etat Juif. "Nous, membres du Conseil national représentant le peuple Juif du pays d'Israël et le mouvement sioniste mondial, réunis aujourd'hui, jour de l'expiration du mandat britannique, en assemblée solennelle, et en vertu des droits naturels et historiques du peuple Juif, ainsi que de la résolution de l'assemblée générale des Nations unies, proclamons l'établissent d'un Etat juif sur la terre d'Israël, qui répondra au nom d'Etat d'Israël". Il "omettra de citer le rôle décisif joué par les Soviétiques dans cette création".
"Le lendemain, dès l'aube, des forces arabes déferlent sur le territoire de l'Etat nouveau-né. Un combat sans merci s'engage. Mais grâce aux armes fournies par les Tchèques, elle est prête à soutenir le choc. Au cours de sa progression, les villages arabes sont pris un à un. Fuyant les combats, beaucoup se sont vidés de leurs habitants. Ceux qui sont restés sont chassés par la violence ou l'intimidation." Quid des appels de dirigeants musulmans, locaux ou étrangers, exhortant les "Arabes palestiniens" à quitter leurs domiciles, et Israël, pendant ce jihad ?
"Puis, c'est au tour des grandes villes : Jaffa... Les Arabes sont expulsés.... Plusieurs centaines de milliers de Palestiniens prennent le chemin de l'exil". Combien ?