L'origine des skis remonte à des millénaires avant l'ère commune et l'usage était utilitaire A partir du XIXe siècle, se développe leur usage à fins scientifiques, politiques, sportives, de loisirs... Dans les années 1920, la baronne Noémie de Rothschild construit la station d'hiver Megève pour l'aristocratie et la haute bourgeoisie parisiennes. Arte diffuse sur son site Internet « La grande histoire du ski », documentaire de Pierre-Antoine Hiroz.
« Alfred Nakache, le nageur d’Auschwitz » de Christian Meunier
Victor Younki, dit « Young » Perez (1911-1945)
Victor Younki, dit « Young » Perez (1911-1945)
Jewishrefugees.blogspot published WW2: 40 Tunisian Jews never returned
L'origine des skis remonte à des millénaires avant l'ère commune - plus de 5200 ans en Suède, et plus de 10 000 ans en Mongolie - et l'usage était utilitaire : moyen de transport, chasse, guerre.
Ce n'est qu'à partir du XIXe siècle que le ski sert à des missions scientifiques - traversée à skis du Groenland en 49 jours par le jeune norvégien Fridtjof Nansen (1888), auteur du récit de son périple devenu un best-seller -, politiques - surveillance des frontières par les chasseurs alpins - ou à des fins de loisirs, sportives. "Des rendez-vous sportifs réunissent chasseurs alpins français, suisses et italiens. Face à ce spectacle, un public qui n’avait jamais mis les pieds en montagne se laisse tenter. De ski utile, on va bientôt passer au ski futile. Avec un corollaire inattendu : la pratique balbutiante du ski sert de tremplin à une forme d’émancipation féminine. Dès le début du XXe siècle, des élégantes en chapeaux et longs jupons dévalent les pistes, mais il faut attendre les années 1920 pour que Marie Marvingt (1875-1963), alpiniste, aviatrice et journaliste, se débarrasse de ses jupons et incite les skieuses à s’habiller comme les hommes pour dévaler les pistes."
"Au fil du temps, la technique change, le talon se fixe au ski, le matériel se modernise et les inventions permettent de démocratiser la pratique. Le premier tire-fesses apparaît à Davos, en Suisse, dans les années 1930. Les télécabines suivront".
La pratique du ski transforme les paysages, suscite l'essor économique et la renommée de modestes villages, et se démocratise.
Dans les années 1920, la baronne Noémie de Rothschild (1888-1968), épouse du baron Maurice de Rothschild (1881-1957) dont elle divorcera, philanthrope et mécène juive française, cherche dans les Alpes françaises une station de sports d'hiver comparable à celles suisses, en particulier celle à Saint-Moritz. Conseillée par son « professeur de ski » François Parodi ancien champion du monde de combiné nordique, elle achète des hectares au mont d'Arbois (village constitué de fermes d'alpage). En 1919, elle crée la Société française des Hôtels de Montagne (SFHM) pour édifier une station de sports d'hiver à Megève (du latin Media Aquarium, entre les eaux, car le village était situé entre deux torrents), en lieu et place d'un village à proximité du Mont Blanc, et promouvoir un art de vivre.
Deux ans plus tard, est inauguré le Palace des Neiges. Bénéficiant d'un des premiers spas des Alpes, il devient l'hôtel des célébrités mondiales. 1926, la baronne Noémie de Rothschild fait construire son chalet par l'architecte Henry Jacques Le Même. Elle est la fondatrice et présidente de l'Œuvre des séjours israélites à la campagne." En 1934, est ouvert un des premières téléphériques situé sur le Mont d'Arbois. En 1963, En 1945, l'Ecole de ski français (ESF), créée à Megève, est soutenue par la famille Rothschild. L'oeuvre de la baronne Noémie de Rothschild est poursuivie et amplifiée par son fils Edmond de Rothschild (1926-1997) qui en particulière acquiert en 1963 le Chalet du Mont d'Arbois, et son épouse la baronne Nadine de Rothschild, puis à la mort du baron, par sa veuve Nadine de Rothschild, leur fils unique le baron Benjamin de Rothschild (1963-2021) et son épouse Ariane de Rothschild, née en 1965, ainsi que leurs filles.
A Megève, station chic caractérisée par un art de vivre empreint d'élégance et de raffinement, se rendent l'aristocratie et la haute bourgeoise (milieux des affaires, de la finance) parisiennes pour leurs sports d'hiver et d'été (golf). "Dès 1937, de grands noms du ski français font parler d'eux dont quelques champions originaires de Megève : Emile Allais, Charles Bozon, Christine et Marielle Goitschel, Adrien et Henri Duvillard, Jean-Claude Killy, Guy Périllat..."
Dans l'article "Skiing Through Sour Cream. How the Borscht Belt paved the way for Jewish athletes (Skier à travers la crème sure. Comment la Borscht Belt a ouvert la voie aux athlètes juifs) publié par Lilith (26 novembre 2025), Eileen Pollack évoque le rôle, dans l'entre-deux-guerres et après la Deuxième Guerre mondiale, des stations touristiques situées dans les montagnes Catskill, dans la Borscht Belt (« ceinture du bortsch ») de l'Etat de New York; dans l'intégration ou l'assimilation à l'american way of life - de juifs ashkénazes qui apprennent là un mode de vie différent de celui de leurs parents en Europe. Dans ces stations touristiques, ces Américains, immigrés européens ou enfants, voire petits-enfants de rescapés de la Shoah, souvent issus de la bourgeoisie petite ou moyenne, ont appris des sports :
"Née juive et femme dans une Amérique où les femmes, les Juifs, les Noirs et les autres personnes marginalisées commençaient à peine à être autorisés à s'adonner aux loisirs dont tant d'hommes blancs hétérosexuels et chrétiens jouissaient depuis longtemps, je me sens investie d'une mission : partager quelques anecdotes sur la façon dont nous autres avons appris à patiner, à skier, à nager, à lancer et à frapper toutes sortes de balles...
Nous habitions à un ou deux kilomètres de Grossinger's, le plus célèbre complexe hôtelier juif que le monde ait jamais connu....
Le fait que Grossinger's ait même une patinoire de taille olympique, alors que si peu de clients savaient patiner, révèle à quel point les obstacles auraient été redoutables pour un Juif dans un sport nordique. Au début des années 1900, un garçonnet fougueux au grand nez nommé Irving Jaffee sillonnait le Bronx, distribuant des journaux sur ses patins à roulettes pour compléter le maigre revenu de son père, tiré d'une charrette à bras. Lorsqu'il découvrit les patinoires couvertes de la ville, le jeune Irving avait déjà les cuisses d'un champion de patinage de vitesse.
Le problème, c'est que ses patins empruntés étaient si grands qu'il devait porter neuf paires de chaussettes pour les maintenir aux pieds. Malgré son incroyable vitesse et sa détermination, Jaffee dut faire face à un antisémitisme féroce. Qui avait jamais entendu parler d'un Juif new-yorkais battant les descendants blonds et à la peau claire de Norvégiens, de Suédois et de Finlandais dans le sport nordique par excellence ?
Lors des sélections pour l'équipe olympique américaine, puis lors de deux Jeux olympiques consécutifs, Jaffee dut faire face à une opposition farouche, non seulement de la part des instances dirigeantes de son sport, mais aussi de ses propres coéquipiers. En 1932, le site olympique de Lake Placid, dans l'État de New York, arborait encore des panneaux menaçants interdisant l'accès aux chiens et aux Juifs. Pire encore, ses coéquipiers tentèrent de saboter ses chances en lui volant son matelas, qu'ils lui rendirent trempé, en l'éblouissant avec des lampes de poche pour l'empêcher de dormir et en l'insultant avec des propos antisémites. Malgré tout, il parvint à vaincre les Européens, devenant ainsi l'un des deux premiers Américains à remporter deux médailles d'or lors d'une même édition des Jeux olympiques d'hiver.
Malgré son triomphe, Jaffee ne put faire fructifier son talent pour subvenir aux besoins de sa famille qu'en vendant ses médailles. Désespéré de gagner sa vie, il accepta de participer à une opération de communication : il s'entraînerait à Grossinger's et tenterait de battre le record du monde du marathon de patinage de vitesse. Le coup d'éclat fut un succès retentissant : le 27 janvier 1934, une foule de 5 000 personnes assista à sa performance, l'acclamant tandis qu'il effectuait 75 tours du lac de l'hôtel en un peu plus de 26 minutes. Il devint directeur des sports d'hiver, l'hôtel lui faisant construire la patinoire olympique où j'ai moi-même pris des cours plus tard. Grossinger's devint alors le lieu des sélections olympiques de patinage de vitesse, de spectacles sur glace grandioses et des seuls championnats du monde de saut en baril. (...)
Même dans les années 1960, très peu de Juifs savaient skier. Le ski n'était pas vraiment un loisir courant dans les shtetls d'Europe ni dans les ruelles bondées du Lower East Side, et la plupart des stations de ski n'auraient pas accepté de clients portant un nom juif. Le comédien Buddy Hackett, qui a fait ses débuts à l'hôtel de mes grands-parents, plaisantait souvent : « Il suffit qu'un Juif entre dans un magasin et demande : “Combien coûtent les skis ?” pour qu'il se casse un os. »
C’est seulement dans les Catskills qu’un Juif pouvait s’aventurer sans danger sur une pente. « Là-bas, il n’y a même pas de neige », plaisanta Hackett, « c’est de la crème fraîche. »
Bien que mes parents aient refusé de m'acheter des skis — mon père subvenait aux besoins de sa mère et de sa belle-mère tout en économisant pour les études de leurs trois enfants —, ma mère n'avait aucun scrupule à me déposer au G avec les douze dollars nécessaires pour un forfait de ski et la location du matériel. Le G proposait des cours de ski, mais je me contentais de lacer mes chaussures, aussi légères que des Converse All-Stars, de chausser mes skis, d'attraper le téléski, d'atteindre le sommet de la piste, puis de dévaler la pente à toute vitesse.
Ce n'était pas aussi difficile qu'il n'y paraît — j'ai vu des jardins de banlieue plus pentus que la colline de Grossinger's — mais j'étais douée pour le ski, contrairement au patinage. À la fin de ma première journée, j'avais appris à faire du chasse-neige et je suis rapidement passée au slalom. Comme la plupart des citadins, je skiais en sweat-shirt et en jean ; nous méprisions profondément les jeunes femmes qui sortaient du chalet en pantalon moulant, cache-oreilles en fourrure et doudounes blanches moulantes bordées de fourrure. Pendant que nous faisions la queue au télésiège, nous leur donnions un coup de bâton pour débloquer leurs fixations ; puis, lorsqu'elles attrapaient le téléski, celui-ci les tirait en l'air, les faisant tomber de leurs skis et les laissant en tas. (...)
Aux États-Unis, le sport n'est pas seulement un moyen de rester en bonne santé et de garder l'esprit clair, mais aussi un moyen d'accéder à l'enseignement supérieur, à des cercles exclusifs comme les country clubs où peuvent se conclure des affaires et des mariages, ainsi qu'à l'amitié et au respect des camarades de classe, des collègues et des voisins.
Sans les Catskills, les Juifs auraient eu encore plus de mal à atteindre tous ces objectifs."
"Réputée pour ses montagnes à couper le souffle, ses pistes de ski de renommée mondiale et ses festivals culturels, Park City, dans l'Utah est une station de ski où la vie juive est en pleine expansion. Depuis 2013, le rabbin Yudi et Devori Steiger dirigent le centre communautaire Chabad-Lubavitch de Park City, impulsant un changement remarquable dans la vie juive de toute la région.« La communauté a connu un essor considérable ces dernières années, notamment grâce à la généralisation du télétravail », explique le rabbin Steiger. « Souvent, les gens viennent ici en touristes pour la randonnée, le ski et le golf, mais ils découvrent ensuite un endroit magnifique et un lien plus fort avec le judaïsme qu'auparavant, et ils finissent par s'y installer. »
La Société savoisienne d'histoire et d'archéologie (SSHA) a publié une étude sur les Juifs en Savoie sous le régime de Vichy :
"La loi d’octobre 1940 permet aux préfets d’interner dans des camps les ressortissants étrangers considérés comme juifs. La politique de discrimination promue par Vichy s’insinue au sein même de ces groupes de travailleurs étrangers : ces derniers regroupent des individus jugés comme indésirables par le régime, mais utilisés comme main d’œuvre corvéable et peu onéreuse... Les départements savoyards ne sont pas exempts de camps pour travailleurs étrangers, et deux d’entre eux serviront à regrouper plus particulièrement des juifs. En Savoie, dans le camp de Ruffieux, où les travailleurs s’occupent à des travaux forestiers, les juifs étrangers y sont distingués des autres travailleurs dès l’été 1941. Cette politique de ségrégation est poursuivie puisqu’au printemps 1942, date à laquelle ce camp ne compte plus que des juifs étrangers. Le même procédé apparaît dans le camp de Savigny en Haute-Savoie où les juifs ont remplacé les travailleurs espagnols. Ces « unités » prennent la singulière appellation de « groupes palestiniens ». A l’été 1942, loin d’être de petites unités, les deux camps savoyards s’avèrent être les deux plus gros GTE « palestiniens » placés sous le contrôle de l’Etat français : ils retiennent quelques 200 détenus chacun, sur un total de 1302 personnes juives (autour de 2 500 à la fin 1942 et de 1 500 en mai 1943). Le camp de Ruffieux se singularise par ses conditions de vie terrible (hygiène, matériels, travaux, encadrement, ravitaillement,…). Dans son ouvrage sur les camps de travail sous Vichy, Peter Gaida mentionne plusieurs rapports qui soulignent avec force cette situation déplorable. Le grand rabbin rappelle, entre autres, dans un compte rendu, que les travailleurs s’y trouvent à peine vêtus, tous en haillons, et beaucoup sans chaussettes. Un autre rapport adressé au rabbin, celui d’un aumônier israélite, précise que la discipline règne par le biais de la terreur et qu’il existe une cage souterraine d’1.30 m pour les punitions. Une lettre d’un juif, citée dans ce rapport, décrit les conditions extrêmes d’existence rencontrées par les détenus, qui n’ont qu’une alimentation médiocre et insuffisante, une hygiène inexistante, subissent des détournements de vêtement et de denrées au profit des dirigeants. Pourtant, face à ces conditions terrifiantes et bien que le camp n’est pas clôturé, on relève très peu d’évasions. La situation ne suscite que peu d’espoir, vu que ces juifs étrangers ne disposent d’aucun relais au sein de la population locale et connaissent très mal la région. Certains réussiront toutefois à passer en Suisse. A l’été 1942, le camp de Savigny qui regroupe entre 150 et 200 personnes est composé essentiellement d’hommes travaillant à faire du charbon de bois mais compte aussi quelques familles juives qui vivent dans des conditions difficiles au milieu des baraquements. Dans les premiers temps, les conditions de logement, d’hygiène et d’encadrement sont déplorables, les travaux harassants, et la paye est versée avec beaucoup de retard. De plus, les travailleurs prennent rarement des congés, des fiches d’hébergement devant être fournies pour cela. Avec le changement de commandement en novembre 1941, les conditions finiront par s’améliorer, sans oublier qu’il est possible de sortir du camp pour quelques heures, des permissions de quelques jours sont mêmes accordées, il devient envisageable pour les internés d’échanger avec la population locale voire d’entretenir des liens.
Sur le territoire savoyard, cette politique de discrimination et de ségrégation sociale orchestrée par Vichy s’applique à un nombre variable de personnes. La population juive vivant en Savoie et en Haute-Savoie n’est pas fixe, des fluctuations sont observées en fonction des déplacements opérés au sein même du territoire français. Il est possible de s’en faire une idée au printemps 1942. Alors que la Savoie compte 434 juifs français et 236 juifs étrangers dont plus du tiers provient de Pologne et d’Allemagne, la Haute-Savoie, quant à elle, recense 650 juifs français et 389 étrangers : essentiellement présents dans les centres urbains et touristiques. La Haute-Savoie à la particularité d’être frontalière avec la Suisse, en conséquence, le nombre de personnes juives transitant sur son territoire est considérable, sans pour autant pouvant être quantifiable. Jusqu’au début de l’année 1941, une part importante de ces israélites a pu passer en zone helvétique, même si le préfet de Haute-Savoie veille à ce que la police suisse lui remette les refoulés. Quelques estimations chiffrées des tentatives de passage illustrent parfaitement l’impossibilité de quantifier de façon précise la présence de la population juive dans le département. D’avril à septembre 1942, près de 2000 juifs entrés clandestinement sont appréhendés par la police helvétique. Un an plus tard, d’août à octobre 1943, ce sont 1610 juifs qui passent la frontière, et 129 sont refoulés à la frontière dont 25 seront par la suite déportés.
Jusqu’au début de l’année 1942, les populations savoyardes semblent globalement rester assez indifférentes aux mesures antijuives prises par le régime. Dans son rapport adressé au ministère, le préfet de Haute-Savoie note que le 1er statut des juifs est bien accueilli par la population locale. Cependant, l’application d’un programme antisémite ne peut que favoriser une décomplexion de la parole et des actes. A titre d’exemple, on notera à l’automne 1940, des actes de vandalisme contre des commerces juifs à Chambéry, et, à l’été 1941, l’affichage de tracts antisémites sur des magasins juifs à Aix-les-Bains. Un fait locale illustre bien, combien la judaïté d’une personne accentue toutes sortes de récriminations... Une fraction de la population, souffrant des privations, désigne de plus en plus les juifs, tout particulièrement étrangers, comme les responsables de cette situation. Ils deviennent pour une partie des habitants les boucs émissaires tout désignés de la hausse des prix et de la raréfaction de certaines marchandises...
Quelques 663 juifs ont été déportés depuis la Savoie et 380 à partir du département de Haute-Savoie".
Depuis plusieurs décennies, la pratique du ski s'est démocratisée. Et des séjours cacher dans les Alpes sont proposés à des tarifs abordables, à "Courchevel, dans la vallée française de la Tarentaise Valley, dans le complexe touristique à Crans-Montana en Suisse et à Pinzolo en Italie".
En 2024, l'hôtel-restaurant Pischa à Davos (Suisse) avait refusé de louer des luges aux juifs. Il l'avait annoncé dans une affiche en hébreu placardée sur sa devanture : « En raison de divers tristes incidents, notamment le vol d'un traîneau, nous ne louons plus d'équipements sportifs à nos frères juifs. Merci de votre compréhension ». "Dans un discours très clairement antisémite, les responsables de cet hôtels restaurant affirment en effet "que les clients juifs oublient parfois le matériel sur les pistes et ne viennent pas toujours le rapporter lorsqu'il s'agit de location". Et dans une inconscience totale, le gérant, Ruedi Pfiffner, affirme même : "Il n'y a aucun antisémitisme. Je suis prêt à parler aux personnes concernées (ndlr: les clients juifs)." Devant l'indignation générale, la direction de l'hôtel avait présenté ses excuses et retiré l'affiche. "Le refus de louer du matériel de sport n'est pas un cas isolé à Davos, avait souligné la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI). Il y a des hôtels, des restaurants et des magasins qui n'accueillent pas chaleureusement les hôtes juifs, selon la fédération. L'Association Suisse des Communautés Israélites (SIG) a décidé de porter plainte : "Le fait qu'une telle lettre soit accrochée publiquement est choquant, a déclaré le secrétaire général Jonathan Kreutner. Le contenu est hautement discriminatoire et antisémite." La police a ouvert une enquête pour discrimination et incitation à la haine."
« La grande histoire du ski »
Arte diffuse sur son site Internet « La grande histoire du ski », documentaire de Pierre-Antoine Hiroz.
« D'Émile Allais, premier médaillé olympique français, qui osa défier Hitler sur ses terres, à Dominique Perret, élu en l'an 2000 "meilleur freerider du XXe siècle", ce documentaire retrace tout schuss l'histoire de ce moyen de déplacement rudimentaire devenu phénomène de masse. »
« Deux planches de bois recouvertes de peau de renne : aujourd’hui encore, les nomades mongols perpétuent les coutumes de leurs ancêtres, qui furent parmi les premiers à chausser des skis, il y a plus de 10 000 ans. »
« Le ski n’est donc pas une invention récente – l’homme ayant toujours eu besoin de se déplacer sur la neige pour chasser –, mais son essor date de la première traversée du Groenland par le Norvégien Nansen, en 1888. »
« Dans le sillage de cet aventurier de l'extrême, les chasseurs alpins français popularisent ces drôles de patins fixés au pied. »
« Ski utile ou bien futile, le plaisir enivrant de la glisse et de la vitesse devient à la mode. Les femmes le transforment en vecteur d’émancipation, notamment en portant des pantalons, plus adaptés à la pratique. »
« Plus tard, lors des JO de 1936, les nazis instrumentalisent les victoires de leurs athlètes, et font des skis un équipement essentiel à la guerre. »
« Durant les Trente Glorieuses, les vacances à la neige, devenues un loisir de masse, bouleversent le visage des montagnes et de leurs habitants… »
« Depuis le début du XXe siècle, le ski est synonyme de nouveaux territoires à conquérir, qu’ils soient naturels, techniques ou commerciaux. Les stations apparues ex nihilo en haute montagne, comme Avoriaz, ou l’essor du free-style laissent croire à un présent perpétuel. Pourtant, le réchauffement climatique fait fondre les neiges et menace son avenir... »
« Émaillé d’archives et d’anecdotes surprenantes, ce documentaire donne la parole à des historiens du sport, des journalistes et des champions, évoquant aussi l’évolution de notre société vers le "tout-loisir" et la recherche effrénée de sensations fortes. »
"L’un des temps forts de ce documentaire richement illustré est de montrer les images rarement diffusées des Jeux olympiques d’hiver disputés en février 1936 à Garmisch-Partenkirchen, en Bavière. Hitler compte sur ses skieurs pour faire briller l’excellence allemande aux yeux du monde entier. De fait, ils montent sur tous les podiums… sauf un. A l’issue d’un combiné, Emile Allais (1912-2012) se fait une place dans le trio gagnant. Le jeune Français refusera de faire le salut nazi, son geste fera le tour du monde et contribuera à faire de lui un champion mythique".
« La grande histoire du ski » de Pierre-Antoine Hiroz
France, Suisse, 2020, 53 min
Coproduction : ARTE GEIE, MC4, Point Prod, RTS
Sur arte.tv du 25/01/2026 au 30/04/2026
Visuels :
© Gallica
© Montreux Oberland Bernois SA
© GPA Films
Articles sur ce blog concernant :

















%20L.jpg)
