Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) propose« Noa Eshkol (1924-2007). Danse et compositions ». « La première exposition en France consacrée à l’artiste israélienne Noa Eshkol (Degania, 1924 – Holon, 2007). Pionnière de la danse moderne, chorégraphe, et une prodigieuse artiste textile. L’exposition éclaire son oeuvre des années 1950 aux années 2000, ses extraordinaires wall carpets, ainsi que ses compositions chorégraphiques à travers des dessins, des photographies et des vidéos. » Dimanche 30 août 2026 à 11h15 : visite guidée de l'exposition par Pascale Samuel, Orlie Taïeb, conférencière du mahJ, ou Laure Bailleul, guide conférencière nationale en LSF. 17-20 mars 2027 à 20h au Théâtre de la Ville-Les Abbesses : "NOA ESHKOL, NOÉ SOULIER. A Suite Of Dances / A Day In The Studio", créations du groupe DANCE ON ENSEMBLE.
« Let’s dance ! Israël et la danse contemporaine » de Gabriel Bibliowicz et Efrat Amit
« Mr. Gaga. Le chorégraphe Ohad Naharin » par Tomer Heymann
« Mr. Gaga. Le chorégraphe Ohad Naharin » par Tomer Heymann
« Le mahJ présente la première exposition en France consacrée à l’artiste israélienne Noa Eshkol (Degania, 1924 – Holon, 2007). Pionnière de la danse moderne, chorégraphe, elle fut aussi une prodigieuse artiste textile. L’exposition éclaire son oeuvre des années 1950 aux années 2000, ses extraordinaires wall carpets, ainsi que ses compositions chorégraphiques à travers des dessins, des photographies et des vidéos. »
« Formée à Tel-Aviv à l’école de danse de Tille Rössler, puis à Manchester auprès du chorégraphe Rudolf Laban, Noa Eshkol est connue pour la conception, avec Avraham Wachman, dans les années 1950, d’un système révolutionnaire de notation du mouvement, dont l’utilisation dépassera largement le domaine de la danse. En 1951, Noa Eshkol fonde le Chamber Dance Quartet pour interpréter ses chorégraphies. Celles-ci sont dansées sans musique, au seul rythme du métronome, mettant en avant l'esprit du collectif, à l’instar de la vie au kibboutz, un monde de pionniers dont elle est issue. »
« En octobre 1973, pendant la guerre de Kippour, alors qu’un membre de sa troupe est mobilisé, Noa Eshkol abandonne la danse pour réaliser avec l’aide de ses danseurs de grands wall carpets (tapis muraux). Constituées de chutes de tissu et de vêtements de récupération, cousus sur de grandes toiles selon la technique de l’appliqué, ces compositions oscillent entre abstraction, nature morte et paysage. Cette activité, née d’un besoin de créer de ses mains pour faire face à une actualité anxiogène, donnera naissance à un corpus de quelque 1 800 oeuvres plaçant Noa Eshkol parmi les artistes textiles les plus originaux et les plus prolifiques du XXe siècle ».
« Cette rétrospective révèle une créatrice interdisciplinaire méconnue en France, dont le travail dans le domaine de la danse et du textile inspire aujourd’hui encore des danseurs et des artistes, comme l’Américaine Sharon Lockhart ou l’Israélienne Yael Bartana, dont des oeuvres sont présentées dans l’exposition. Son parcours singulier met en lumière la place de la danse dans la vie culturelle des premières années de l’État hébreu, ainsi que ses liens avec les avant-gardes européennes et américaines. Il souligne également l'impact des événements historiques sur la création en Israël. »
Le commissariat de l’exposition est assuré par Pascale Samuel avec Dorota Sniezek, la scénographie par Jean-Julien Simonot et le graphisme créé par Doc Levin, Léo Quetglas.
Le dossier de presse allègue que le père de Noa Eshkol, originaire d'Ukraine, est « arrivé en Palestine en 1914 ». Non. Levi Eshkol est alors arrivé dans l'empire Ottoman, qui ne comptait aucune "Palestine". L'empire Ottoman était divisé en wilayas (willayas ou vilayets), et en sandjaks, des régions ou circonscriptions administratives, "tels que les Sanjaks de Jérusalem, de Gaza et de Naplouse", a précisé le professeur Emmanuel Navon. Ce n'est pas la première fois que le mahJ recourt à tort au vocable "Palestine". Ce qui est indigne d'un tel établissement culturel. Celui-ci se vante de sa "politique en faveur du développement durable" dans le cadre du « Plan Climat Énergie » de la Ville de Paris" et "tient à proposer une restauration végétarienne" !? Le judaïsme ne l'impose pas. Mais requiert la vérité ("Emet").
« L’exposition est accompagnée de manifestations à l’auditorium, de workshops pour professionnels et amateurs avec le Chamber Dance Group – Noa Eshkol Foundation, d’ateliers pour le jeune public, de visites guidées et de séances de Feldenkrais. »
Du 17 au 20 mars 2027 à 20h au Théâtre de la Ville-Les Abbesses à Paris, seront présentées ces créations du groupe DANCE ON ENSEMBLE : "NOA ESHKOL, NOÉ SOULIER. A Suite Of Dances / A Day In The Studio". "DIALOGUE FÉCOND ENTRE DEUX CHORÉGRAPHES À PLUS DE 60 ANS D’INTERVALLE : PUISSANCE ET ÉLÉGANCE.
"Dance On, troupe de danseurs qui se sont rassemblés après avoir exercé leur talent dans les plus grandes compagnies mondiales, a constitué un répertoire unique, d’une grande valeur artistique. Ce n’est donc pas étonnant qu’ils se soient intéressés à la pionnière de la danse moderne israélienne, Noa Eshkol (1924-2007). Remarquable par son écriture minimaliste, la précision de son geste et sa sobriété, connue pour son système de notation du mouvement qui fait autorité, elle fut aussi une prodigieuse artiste textile. Ces qualités entrent en résonance avec l’épure du travail de Noé Soulier. La rencontre pensée par Dance On est bien vivante. À soixante-cinq ans de distance, les deux chorégraphes se retrouvent sur un point fondamental de leurs créations : l’art d’aller à l’essentiel." (Claire Verlet)
L’exposition bénéficie du soutien de la Noa Eshkol Fondation for Movement Notation (Holon) et de la galerie Neugerriemschneider (Berlin). .
Sections de l'exposition
Danser, danser et encore danser !
« Mon but : je veux danser, danser, danser pour toujours et continuer à danser. »
Noa Eshkol, 1943
« Après avoir suivi à Tel-Aviv l’enseignement de Tille Rössler, Noa Eshkol se forme à Manchester avec Rudolf Laban, puis à Londres chez Sigur Leeder. En 1951, à son retour en Israël, elle se détourne de ses maitres et de la danse expressionniste. Alors que sa génération trouve son inspiration dans la danse moderne américaine dans le sillage de Marta Graham, elle choisit une voie plus radicale et fonde en 1954 le Chamber Dance Quartet avec Naomi Polani (1927-2004), Mirale Sharon (1931-2017) et John G. Harries (né en 1928). »
« Dès ses premières chorégraphies, comme Peacock, Stork, ou Promenade, son style est clair et ses compositions minimales, sans décor ni costumes, au seul rythme du métronome permettant au spectateur de se concentrer sur les principales composantes de la danse : le corps, l’espace et le temps. »
« Le Chamber Dance Quartet deviendra le Chamber Dance Group. Il est actuellement constitué de la septième génération de danseurs, qui se retrouvent quotidiennement dans la maison de Holon, aujourd’hui siège de la Noa Eshkol Fondation for Movement Notation. »
« Écrire le mouvement »
« Comme toutes les langues universelles, la notation du mouvement repose essentiellement sur la croyance en la communauté des peuples ; cela signifie que les différences de race et de croyance ne sont pas des raisons de haine et de guerre, mais d’intérêt mutuel et de stimulation. »
Noa Eshkol, Arab and Israeli Folk Dance with the words, 1974
« Dans l’entre-deux guerres, plusieurs systèmes de notation de la danse permettaient de transcrire le mouvement en signes. Formée en Angleterre à la notation conçue par Laban, Noa Eshkol développe à partir de 1954 sa propre méthode avec Avraham Wachman (1931-2010). Leur système fonctionne comme une partition musicale. L’enjeu est double : transmettre et créer, car Noa Eshkol se considérait moins comme une chorégraphe que comme une « compositrice de danse », faisant jouer les corps comme des instruments. »
« Nommé Eshkol Wachman Movement Notation (EWMN), ce système permet l’écriture de tous types de mouvements, animaux ou humains. Il repose sur la division du corps en segments autonomes et sur la compréhension de la circularité de chaque déplacement des membres. Publié à Londres en 1958, il est présenté comme une invention israélienne à l’Exposition universelle de 1958 à Bruxelles. »
« Les danseurs du Chamber Dance Group apportèrent leur concours à l’illustration de la notation Eshkol-Wachman. Ainsi, John G. Harries mit son talent d’artiste au service des schémas explicatifs et Amos Hetz (né en 1933) produisit les modèles sphériques de représentation du mouvement. »
Decade
« Les années qui suivirent la création de l’État d’Israël furent profondément marquées par la Shoah. En 1953, c’est dans ce contexte que Noa Eshkol crée Decade (Décennie), chorégraphie commémorant le 10e anniversaire des soulèvements des ghettos au kibboutz Beit Lohamei Ha-Getaot (maison des combattants des ghettos), fondé en 1949 par des survivants. Un court film témoigne de cette célébration qui réunit de nombreux dirigeants politiques et les habitants des environs. »
« Près de 70 ans plus tard, en 2019, Yael Bartana (née en 1970 en Israël) réalise The Undertaker (Le Fossoyeur), une performance s’inspirant des mouvements de Decade. Filmée dans les rues de Philadelphie, berceau de la démocratie américaine, aujourd’hui particulièrement victime du fléau des armes à feu, une procession défile lentement et en portant la banderole « Bury our weapons, not our bodies » (« Enterrez nos armes, pas nos corps »). Les manifestants silencieux se rendent au cimetière militaire de Laurel Hill pour enterrer solennellement leurs fusils. »
Wall carpets
« Les seules règles […] que je me suis imposées : ne pas acheter de tissu, n’utiliser que des chutes, des chiffons et des vêtements usagés qui me tombent plus ou moins par hasard entre les mains. » Noa Eshkol, 1996
« Née d’une envie purement personnelle de créer quelque chose, elle ne répondait à aucune décision intellectuelle. […] Pas de règles, pas de théorie – seulement la passion ». Noa Eshkol 1996
« En octobre 1973, lors du déclenchement de la guerre de Kippour, Noa Eshkol cesse provisoirement son travail chorégraphique et déclare : « Il n’est plus temps de danser ». S’ouvre alors un nouveau chapitre avec la création de grands wall carpets (tapis muraux). »
« À partir de cette date, elle réalise des compositions textiles avec des chutes de tissu. Elle les assemble au sol, exclusivement avec des coupons récupérés dans les ateliers de la banlieue de Tel-Aviv. Elle se donne pour règle de ne jamais retailler les pièces de tissu. Ce qui l’intéresse, c’est de créer du nouveau à partir d’objets trouvés aux formes prédéfinies. »
« Noa Eshkol intitule ses premières oeuvres Yom Kippour, en écho à la période tragique de leur création, marquée par le deuil. Sobres, aux tonalités sombres, ces wall carpets ne laissent pas encore deviner les riches combinaisons de textures et de couleurs qui caractérisent les quelque 1 800 tapis qu’elle crée au cours des trois décennies suivantes. »
« Alors que ses chorégraphies sont soigneusement planifiées, monochromes et minimalistes, ses wall carpets sont spontanés et colorés. Leur variété témoigne d’une créativité sans cesse renouvelée et d’un lien profond avec les paysages et la nature de la terre d’Israël. Tout comme ses danses, ses oeuvres textiles résultent d’une pratique collaborative avec ses danseurs qui cousent les tissus agencés par Noa Eshkol. »
Une artiste inspirante
« L’Américaine Sharon Lockhart (née en 1964) découvre le travail de Noa Eshkol en 2008. Elle lui inspire deux installations cinématographiques : Quatre exercices et Cinq danses et neuf tapis muraux de Noa Eshkol. »
« Dans Quatre exercices, elle filme Ruti Sela, proche collaboratrice de Noa Eshkol, exécutant une série de compositions épurées. La précision des mouvements effectués par une danseuse âgée évoque le pouvoir de la mémoire collective et l’importance de la transmission. »
« Depuis 15 ans, l’intérêt d’une nouvelle génération pour l’oeuvre de Noa Eshkol a suscité la reprise des représentations publiques d’un répertoire chorégraphique pratiquement absent de la scène depuis 1972. »
Espace médiation : atelier mouvement et matière
« Au coeur de l'exposition, le public est invité à découvrir les pratiques artistiques de Noa Eshkol à travers deux espaces mêlant mouvement et matière. Il commence par observer son travail chorégraphique, centré sur le corps, l’espace et le temps. Les gestes sont rythmés par le métronome, sans décor ni costume. Les visiteurs peuvent reproduire ces gestes face à un écran. Le parcours se poursuit avec un espace dédié au textile, présentant des échantillons de tissus à toucher et un dispositif participatif permet de reconstituer collectivement l’oeuvre Peacock, représentant un paon déployant sa roue. »
Noa Eshkol 1924-2007
« 1924 Noa Eshkol naît au kibboutz Degania Bet, au bord du lac de Tibériade.
Ses parents, Rivka Marshak et Levi Eshkol, sont originaires d’Ukraine. Son père, arrivé en Palestine en 1914, est l’un des fondateurs du kibboutz en 1920.
1927 Rivka et Levi Eshkol divorcent. Noa vit avec sa mère pendant trois ans à New York, où celle-ci enseigne l’hébreu.
1938 Rivka et Noa s’installent dans une maison à Holon, au sud de Tel-Aviv, localité connue pour son industrie textile. Noa étudie le piano avec Frank Peleg, qui lui enseigne la notation musicale.
1943-1945 Noa s’engage dans l’Auxiliary Territorial Service, branche féminine de l’armée britannique. Elle sert en Égypte comme conductrice de jeep.
Elle étudie la danse à l’école de Tille Rössler. Représentante de la danse expressionniste allemande, formée à Dresde auprès de Gret Palucca, Rössler immigre dans les années 1930 en Palestine, où elle devient une des pionnières de la danse moderne.
1946-1948 En 1946, Noa Eshkol part à Manchester pour suivre les cours de l’Art of Movement Studio, fondé par Rudolf Laban et Lisa Ullmann. Elle étudie la cinétographie, système de notation du mouvement également nommé « Labanotation ». Elle s’installe ensuite à Londres pour suivre les cours de la Sigurd Leeder School of Dance.
1951 De 1951 à 1953, elle enseigne à l’École d’art dramatique du théâtre Cameri de Tel-Aviv, réputée pour son approche expérimentale. Avraham Wachman est l’un de ses élèves. Après avoir obtenu un diplôme d’architecture, il collabore à la formalisation de la notation Eshkol- Wachman (EWMN).
1953 Noa Eshkol conçoit la chorégraphie pour la célébration du dixième anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie au kibboutz des combattants du ghetto (Lohamei HaGeta’ot), fondé en 1949 par des survivants.
1954 Elle crée et dirige sa première compagnie, le Chamber Dance Quartet, dont les membres sont Naomi Polani, Mirale Sharon, John G. Harries et elle-même.
1955 Noa Eshkol et Avraham Wachman publient Movement Notation: a Proposal, qui deviendra la base de leur futur livre sur le système EWMN.
1956 Noa Eshkol cherche un éditeur à Paris avec Naomi Polani et John G. Harries.
1958 Noa Eshkol et Avraham Wachman publient Movement Notation à Londres, chez Weidenfeld & Nicolson. Présentation du système EWMN à l’exposition universelle de Bruxelles.
1960-1961 Noa Eshkol enseigne à Beit Zvi, première école d’art dramatique en Israël.
1963 Succédant à David Ben Gourion, Levi Eshkol, est élu Premier ministre.
1965-1985 Noa Eshkol enseigne au Kibbutzim College of Education à Tel-Aviv.
1968 Elle fonde la Movement Notation Society en Israël. Elle est invitée à l’université de l’Illinois pour participer aux recherches sur l’utilisation de l’informatique dans l’exploration du mouvement. Ses danseurs la rejoignent l’année suivante pour une tournée internationale.
1970-1973 Noa Eshkol applique son système aux danses folkloriques. Elle publie Folk Dances of Israel: Dances from the Yemen & Israeli Folk Dances.
1972 Dernière tournée du Chamber Dance Group lors du Festival dei Due Mondi à Spoleto, Italie.
1973 6 octobre 1973, début de la guerre de Kippour.
Shmuel Zaidel, l’un des danseurs de la troupe est mobilisé sur le front. Noa Eshkol suspend son travail sur le mouvement et commence à créer ses wall carpets (tapis muraux).
1978 Exposition personnelle au musée d’art de Tel-Aviv.
1980 Exposition « Noa Eshkol » au Kunstindustrimuseet à Copenhague.
1984 Noa Eshkol organise le 1er Congrès international sur la notation du mouvement réunissant pendant deux semaines à Tel-Aviv plus de 200 participants : théoriciens, praticiens, danseurs, philosophes et scientifiques. Elle participe à l’exposition « Soft- Hard » à Beit Ariela, Tel-Aviv.
1985-1988 Noa Eshkol et le Chamber Dance Group participent à la Conférence internationale sur la méthode coordonnée de notation et d’application de la danse à Nankin, en Chine. C’est la première délégation israélienne officiellement invitée en Chine.
1990 Noa Eshkol et le Chamber Dance Group participent au 2e Congrès international sur la notation du mouvement à Hong Kong.
1996 Exposition au musée d’art du kibboutz Eïn-Harod, en Galilée.
2007 Noa Eshkol décède le 14 octobre. Dans son testament, elle prévoit la création de la Noa Eshkol Fondation fot Movement Notation, basée dans sa maison à Holon. »
Catalogue de l'exposition
Noa Eshkol (1927-2007). Danse et compositions
Sous la direction de Pascale Samuel Coédition mahJ-Dilecta Bilingue français-anglais 196 pages 150 illustrations 35 €
Sommaire
PRÉFACE, Paul Salmona, directeur du mahJ
NOA ESHKOL. DANSE ET COMPOSITIONS, Pascale Samuel
LE VENT D’ÉTÉ DANS LES CHARDONS, Talia Amar
VERS UNE « NOTATION IDÉALE » ?
ABSTRACTION ET OBJECTIVITÉ MATHÉMATIQUE, Pauline Chevalier
INTRODUCTION DE MOVEMENT NOTATION, Noa Eshkol et Avraham Wachman
PRINCIPES DE LA NOTATION DU MOUVEMENT, Noa Eshkol et Avraham Wachman
NOA ESHKOL. DÉPLOYER L’OEUVRE D’UNE VIE, entretien de Lou Forster avec Mooky Dagan et Mor Bashan
UNE OEUVRE EN HABIT D’ARLEQUIN, Paul Salmona
« PAS DE RÈGLES, PAS DE THÉORIE – SEULE LA PASSION », Noa Eshkol
JOURNAL DE HOLON
Annexes
BIOGRAPHIE DE NOA ESHKOL
RÉPERTOIRE DES ENSEIGNANTS ET DES COLLABORATEURS DE NOA ESHKOL,
Lou Forster et Pascale Samuel
LISTE DES OEUVRES EXPOSÉES OURS DE L’EXPOSITION
English version
Préface du catalogue par Paul Salmona, directeur du mahJ
« Alors que les scènes européennes se ferment aux artistes israéliens depuis le 7-Octobre, le mahJ rend hommage à Noa Eshkol, une artiste majeure, méconnue en France. Danseuse, chorégraphe, théoricienne de la notation du mouvement puis plasticienne, son itinéraire et son oeuvre sont intimement liés à l’histoire du jeune État, depuis sa naissance au kibboutz Degania Bet en 1924 à l’organisation en Galilée de la commémoration du soulèvement du ghetto de Varsovie en 1953, en passant par la présentation de son système de notation à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958 ou par sa bascule dans la production de wall carpets après la guerre de Kippour en 1973. À travers la diversité de ses sources, l’exigence de sa démarche théorique et la richesse de ses compositions chorégraphiques et plastiques, elle incarne une identité israélienne à la fois liée à sa terre et cosmopolite, attentive aux traditions et éprise de modernité.
Née dans une famille originaire d’Ukraine, elle sera marquée par l’utopie des premières implantations agricoles en Palestine mandataire et conservera un attachement au travail de groupe. Ses danseurs seront, eux aussi, issus des kibboutzim, partageant cet esprit collectif, et inspirés par cette personnalité charismatique. Formée au Yishouv puis en Angleterre, où elle côtoie les grandes figures de la danse expressionniste allemande, elle est très tôt reconnue en Israël. La guerre de Kippour l’entraîne dans une direction nouvelle et suscite chez elle la production d’une oeuvre textile originale, considérable par son volume, et que l’artiste a refusé de vendre jusqu’à sa mort en 2007.
Ce sont cette vie singulière et cette oeuvre multiple que présente l’exposition « Noa Eshkol (1924-2007). Danse et compositions ». Conçue par Pascale Samuel avec Dorota Sniezek, elle s’appuie notamment sur la redécouverte de Noa Eshkol par des artistes contemporains comme l’Américaine Sharon Lockhart et l’Israélienne Yael Bartana, dont les oeuvres inspirées par Noa Eshkol sont présentées dans l’exposition.
Conçue en collaboration avec la Noa Eshkol Foundation for Movement Notation à Holon – soucieuse de perpétuer son oeuvre de théoricienne et de danseuse, mais aussi de diffuser l’oeuvre textile pour la faire enfin connaître –, elle bénéficie du soutien déterminant de la galerie Neugerriemschneider à Berlin et de la Pluriel fondation pour l'art contemporain.
L’exposition est enrichie du don par Hubert et Mireille Goldschmidt de Red-Pink Sea, première pièce de l’artiste à entrer dans les collections publiques françaises. Qu’ils soient remerciés pour leur ouverture et leur générosité, ainsi que l’ensemble des partenaires institutionnels qui ont permis la réalisation de ce projet. »
AUTOUR DE L’EXPOSITION
« Rencontre
› Mercredi 22 avril, 19h
Noa Eshkol, du kibboutz à la scène
Rencontre en présence de Pauline Chevalier, historienne de l’art, enseignante à l’université de Tours, Lou Forster, historien de l’art et dramaturge, animée par Pascale Samuel, commissaire
de l’exposition, mahJ
Figure historique du XXe siècle, Noa Eshkol laisse une empreinte profonde sur la danse israélienne et une oeuvre textile considérable.
Projection
› Mercredi 3 juin, 19h
Noa Eshkol par Sharon Lockhart
Projection des films de Sharon Lockhart, Five Dances and Nine Wall Carpets by Noa Eshkol
(2011, boucle) et Four Exercises in Eshkol-Wachman Movement Notation (2011, 16 min)
accompagnée par Marie de Brugerolle, historienne de l’art, enseignante et spécialiste de la
performance et Pascale Samuel, mahJ
Grands entretiens
› Jeudi 16 avril, 18h30
Ohad Naharin
Chorégraphe et directeur de 1990 à 2018 de la Batsheva Dance Company, Ohad Naharin est une figure majeure de la danse contemporaine. Né en 1952 à Mizra, en Israël, il intègre la compagnie en 1974. Parallèlement, il rejoint Martha Graham, étudie auprès de Maggie Black et David Howard, avant de danser avec Maurice Béjart. Ohad Naharin est à l’origine de la Gaga Dance. Fruit de ses recherches sur le mouvement, ce langage permet de développer les sensations et l’imaginaire du corps. Il constitue aujourd’hui l’entraînement quotidien des danseurs de la Batsheva. Parmi plus d’une vingtaine de créations, Sadeh21 rend hommage à Noa Eshkol et Decadance entre au répertoire du ballet de l’Opéra de Paris en 2018.
› Mercredi 27 mai, 19h
Yael Bartana
Conversation accompagnée de la projection de son film The Undertaker (2019, 13 min)
Artiste vidéaste israélienne, Yael Bartana dissèque les mécanismes du pouvoir et navigue entre sociologie et imaginaire. Son travail protéiforme (films, installations, photographies ou performances) s’attache à des sujets tels que l’identité nationale et le traumatisme, par le biais de cérémonies, de mémoriaux, de rituels publics et de rassemblements collectifs. Son oeuvre est entrée dans les collections de nombreux musées, notamment le MoMA, la Tate Modern ou le Centre Pompidou. Son film The Undertaker (Le Fossoyeur) suit une procession et un enterrement d’armes, dont les gestes lents s’inspirent des chorégraphies de Noa Eshkol, dont Decade (1953), commémorant le soulèvement du ghetto de Varsovie. »
« Visites guidées
Dimanche 30 août, 11h15 Par Pascale Samuel, Orlie Taïeb, conférencière du mahJ, ou Laure Bailleul, guide conférencière nationale en LSF
Nuit blanche
› Samedi 6 juin À la Ménagerie de verre
The Noa Eshkol Chamber Dance Group
Reformé en 2012, le Noa Eshkol Chamber Dance Group transmet aujourd’hui l’héritage de sa fondatrice grâce à l’engagement des danseurs historiques du groupe, et à l’implication d’une nouvelle génération de danseurs. À l’occasion de la Nuit blanche, et en collaboration avec la Ménagerie de verre, il propose un atelier à destination du public professionnel ainsi qu’une performance. L'exposition pourra être découverte en accès libre.
Atelier d'écriture
› Du 1er au 5 juin, 11h15
Du mouvement au mot, du textile au texte avec Noa Eshkol
Par Maïa Brami
Pionnière de la danse moderne en Israël, Noa Eskhol devient artiste textile lors de la guerre du Kippour. Ses 1 800 wall carpets révèlent le même élan vital que ses chorégraphies. Capter, révéler, représenter, inscrire, tisser, suspendre, sont autant de portes à ouvrir lors de ce stage qui joue le grand écart entre écritures conceptuelle et organique.
Visite et atelier Feldenkrais
› Dimanche 28 juin, 10h15
Par Rozenn Jacon, professeure de danse et de méthode Feldenkrais, et Orlie Taïeb, conférencière du mahJ.
Livret-jeu
À partir de 6 ans, conçu et illustré par le service éducation et médiation du mahJ
Disponible gratuitement à la billetterie
John G. Harries, Analyse d’une position du corps avec annotation manuscrite Années 1950
Encre sur bristol Holon, Israe, The Noa Eshkol Foundation for Movement Notation »
Le musée d’art et d'histoire du Judaïsme
« Installé dans le cadre prestigieux de l’hôtel de Saint-Aignan, au cœur du Marais à Paris, le mahJ retrace l’histoire des juifs de France, d’Europe et de Méditerranée à travers la diversité de leurs formes d’expression, de leur patrimoine et de leurs traditions, de l’Antiquité à nos jours.
Inauguré en 1998, il s’impose aujourd’hui comme l’un des musées les plus vivants de la capitale. En proposant au plus large public de découvrir l’ancrage très ancien des juifs dans la nation, et l’universalité de leurs productions artistiques et culturelles, le mahJ illustre deux mille ans de « cultures en partage ».
Depuis son ouverture, le mahJ a présenté plus de cent-vingt expositions, dont dernièrement « Alfred Dreyfus. Vérité et justice », « Le Dibbouk. Fantôme du monde disparu », « Joann Sfar. La vie dessinée », « Marcel Proust. Du côté de la mère », « Patrick Zachmann. Voyages de mémoire », « Chagall, Modigliani, Soutine... Paris pour école, 1905- 1940 », ainsi que des installations d’art contemporain comme C’est un petit chemin de Jérôme Zonder, Miqlat de Sigalit Landau, Shadow Procession de William Kentridge, L’Erouv de Jérusalem de Sophie Calle ou Big Bang de Kader Attia.
Sa collection s’enrichit régulièrement, notamment dans le champ de l’art contemporain et de la photographie. Elle compte plus de 12 000 oeuvres, dont plus de 3 500 acquises par dons et legs.
L’auditorium propose une centaine de séances par an, pour appréhender les dimensions multiples des cultures du judaïsme à travers la musique, la littérature, le théâtre ou le cinéma.
De nombreuses activités pédagogiques – visites guidées, conférences et ateliers – permettent d’accueillir chaque année des milliers de visiteurs – enfants, familles, groupes scolaires, étudiants et enseignants.
La bibliothèque ouverte à tous conserve plus de 27 000 volumes sur l’art et l’archéologie du judaïsme, et sur l’histoire des juifs de France, ainsi qu’une vidéothèque de plus de 3 000 oeuvres audiovisuelles. Et avec près de 6 000 titres, la librairie du mahJ offre un fonds de référence pour l’art, l’histoire et les littératures du judaïsme.
Le mahJ est engagé dans un ambitieux projet d’extension, avec le soutien du ministère de la Culture, de la Ville de Paris, de la Région Ile-de-France et de la fondation Pro mahJ. Doté d’un budget de 22,5 M€, il permettra d’augmenter de 35 % des surfaces du parcours permanent (passant de 907 à 1 226 m²) et de 34 % celles des expositions temporaires (passant de 455 à 609 m²). Il soulignera la longue histoire de la présence juive en France, de l’Antiquité à nos jours, et permettra la découverte du judaïsme comme culture vivante. Il s’enrichira de salles sur les juifs des marges du royaume à l’époque moderne, l’apogée du franco-judaïsme, l’immigration juive dans l’entre-deux-guerres, le sauvetage de juifs de France sous l’Occupation et les résistances juives, l’après-guerre et l’arrivée des juifs d’Afrique du Nord en Métropole, ainsi que sur la présence en France aujourd’hui de la troisième judaïcité du monde. Un effort important portera sur la médiation pour tous les publics.
Après des études préparatoires, le musée devrait fermer ses portes pour travaux en mars 2028, et rouvrir en 2030. »
Campagne d'affichage conçue pour les 20 ans du mahJ par l'agence graphique Doc Levin
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Fermé le lundi, sauf pour les groupes scolaires sur réservation
Visuels :
Affiche
Noa Eshkol, Red Tree, 1990, The Noa Eshkol Foundation for Movement Notation, Holon, Israel et neugerriemschneider, Berlin © The Noa Eshkol Foundation for Movement Notation, Holon, Israel - graphisme Doc Levin - Léo QuetglasPhoto Jens Ziehe, Berlin
Noa Eshkol, A Big Kolo (Folk Dance)
1978
Coton, batiste, crêpe, 222 x 204,5 cm
Holon, Israel, The Noa Eshkol Foundation for Movement Notation
Théodore Brauner (phot.), Noa Eshkol danse Peacocks [Paons].
Première interprétation par le Chamber Dance Group
Tel-Aviv, 1954-1956
Holon, Israel, The Noa Eshkol Foundation for Movement Notation
© Paris, Adagp, 2026
Noa Eshkol, Interior II (In Memoriam)
[Intérieur II (In Memoriam)]
2007
Coton, toile de jute, rayonne, fibre synthétique, polyamide, polyester 123 ×
184 cm
Holon, Israël, The Noa Eshkol Foundation for Movement Notation
Jacob Rosner (phot.), Danse de la hora, fête de Shavou'ot au kibboutz
1949
Jérusalem, musée d’Israël, don de Naomi Schwartz
Noa Eshkol, Red-Pink Sea [Mer rouge-rose]
1995
Coton, lin, fibres synthétiques, acrylique, 133 × 129 cm
mahJ, œuvre acquise grâce à un don d’Hubert et Mireille Goldschmidt
Du 17 au 20 mars 2027 à 20h
31, Rue des Abbesses. 75018 Paris, France
Tél. : 01 42 74 22 77
Ouverture de billetterie le 01/09/2026 à 12:00
Durée : 1 h 20
DANCE ON ENSEMBLE
Direction artistique Ty Boomershine
Lumières Martin Beeretz
Son Mattef Kuhlmey
A SUITE OF DANCES
Chorégraphie Noa Eshkol
Remontée par Mor Bashan (The Noa Eshkol Chamber Dance Group)
Assistée de Dror Shoval (The Noa Eshkol Chamber Dance Group)
Costumes Werkstattkollektiv
Conception sonore Mattef Kuhlmey
A DAY IN THE STUDIO
Chorégraphie Noé Soulier
Costumes Chiara Valle Vallomini
Avec en alternance Javier Arozena, Alba Barral Fernández, Anna Herrmann, Dominic Santia, Gesine Moog, Lia Witjes Poole, Marco Volta
Mentions de production
Production: DANCE ON Bureau Ritter. En collaboration avec le Cndc Angers. Ce spectacle s’inscrit dans le cadre des célébrations du 10e anniversaire de la compagnie Dance On Ensemble. Financé par la Kulturstiftung des Bundes (Fondation culturelle fédérale allemande). Financé par la Beauftragter der Bundesregierung für Kultur und Medien (Commissaire du gouvernement fédéral pour la culture et les médias). Dans le cadre de DanceMap, financé par Horizon Europe, le programme de financement de l'Union européenne pour la recherche et l'innovation. DANCE ON est un projet de BUREAU RITTER, financé par la Commissaire du gouvernement fédéral pour la culture et les médias.
Avec le soutien de Dance Reflections by Van Cleef & Arpels.
A lire sur ce blog :
Les citations proviennent du dossier de presse.






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