Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)
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jeudi 30 juillet 2026

La Transnistrie

Issue du démembrement de l'Union soviétique, la Transnistrie est un territoire situé en Moldavie et le long de la frontière avec l'Ukraine. Elle a proclamé en 1990 son indépendance, non reconnue par les Etats constituant les Nations unies. Elle est étroitement liée à la Russie. Arte diffuse sur son site Internet deux documentaires : « Transnistrie : une poudrière à l'est de l'Europe » de Martin Koddenberg et Lina Schuller et « Moldavie : Transnistrie, le bastion russe ».

L’Ermitage, la naissance du musée impérial – Les Romanov, tsars collectionneurs
« Hiroshima, la défaite de Staline » par Cédric Condon 
« Goulag - Une histoire soviétique » de Patrick Rotman
« Le procès » par Sergei Loznitsa 

Issue du démembrement de l'Union soviétique, la Transnistrie - « trans », signifie « au-delà », et Nistru est le nom roumain du fleuve Dniestr ou Pridnestrovie - est un territoire étroit situé en Moldavie et le long de la frontière ukrainienne. Environ "465 000 habitants y vivent en 2025,  soit une baisse de 35 % par rapport aux 706 000 qui y vivaient en 1990, un an avant l'effondrement de l'Union soviétique".

Des monuments de l'ère communiste demeurent en Transnistrie.

Dénommée aussi "république moldave du Dniestr", ce proto-Etat a proclamé son indépendance en 1990 quand l'URSS a implosé . Mais aucun Etat n'a reconnu son indépendance. 

"La situation actuelle de la Transnistrie remonte à 1989, lorsqu'un décret établissant le moldave en alphabet latin comme seule langue officielle provoqua la colère des communautés russophones. Le 2 septembre 1990, les autorités locales proclamèrent la République socialiste soviétique moldave de Transnistrie (RSSPM) afin de préserver le modèle soviétique, mais cette entité ne dura que moins d'un an. Les tensions croissantes entre les forces pro-moldaves et les séparatistes soutenus par la 14e armée russe ont conduit à la guerre de Transnistrie, qui a duré de novembre 1990 jusqu'à la déclaration d'un cessez-le-feu en juillet 1992. Des troupes russes ont été déployées dans la région en tant que force de maintien de la paix."

La guerre du Dniestr, guerre de Transnistrie ou guerre civile de Moldavie, a opposé en 1992 l'armée transnistrienne, soutenue par la Russie, aux Forces armées moldaves sur les berges du fleuve Dniestr, près des villes de Bender/Tighina et Dubăsari. "La Transnistrie fait partie, avec la Crimée, les régions séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie ainsi que la Nouvelle-Russie (projet d'État censé regrouper les deux républiques sécessionnistes ukrainiennes auto-proclamées de Donetsk et Lougansk dans le Donbass et la diagonale Kharkov-Odessa), du « glacis géostratégique russe » qui permettrait à Moscou de contrôler économiquement, politiquement et militairement une zone d'influence qu'il qualifie d'« exclusive », et qui correspond dans les faits à un projet de protection contre les avancées de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord)". Le conflit s'est achevé par un cessez-le-feu et la Transnistrie a maintenu depuis son indépendance de facto.

La Transnistrie a élu son Président, Vadim Krasnosselski, a conçu son drapeau, et a pour capitale Tiraspol. Son Premier ministre est Aleksandr Rozenberg. La majorité des Transnistriens est russophone. 

"Depuis 1992 une garnison permanente de quelques centaines de soldats russes. Si Moscou ne reconnaît pas officiellement la « République moldave du Dniestr » et considère que la Transnistrie fait bien partie de la Moldavie, le Président russe Vladimir Poutine a signé le 15 mai 2026 un décret facilitant la délivrance de passeports russes à ses habitants."

A la différence de ses concitoyens, le gouvernement moldave souhaite adhérer à l'Union Européenne (UE). Le 15 juin 2026, les négociations d'adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie à l’Union européenne ont commencé à Luxembourg. Sans que les aspirations sécessionnistes de la Transnistrie les entravent.

"Avant 1939, 300 000 Juifs vivaient en Transnistrie.  Mais après l'occupation de la région par les troupes nazies en juillet 1941, des exécutions de masse commencèrent, visant non seulement les Juifs locaux, mais aussi ceux qui avaient fui la Bessarabie devant l'avancée des Allemands."

"En 2025, seuls 2 000 Juifs vivent ici, selon la définition de la Loi du retour d'Israël – qui exige au moins un grand-parent juif –, dont le Premier ministre du territoire, Aleksander Rosenberg. Presque aucun ne pratique sa religion ni ne respecte les règles de la cacheroute."

"Sur les 11 synagogues que comptait Tiraspol avant la chute du communisme, une seule subsiste en 2021. Logé dans un immeuble résidentiel, un groupe grisonnant d’une dizaine d’hommes et de femmes s’y réunit chaque dimanche. La jeune génération compte moins de 10 personnes." "En 2022, deux fosses communes ont été découvertes à Tiraspol, totalisant plus de 200 victimes. Selon certaines sources, ces victimes auraient été assassinées entre 1917 et 1930, sur ordre de Lénine et de Staline, la plupart d'entre elles étant des Juifs anticommunistes."

« Il est rare d’assister à la mort d’une communauté, mais c’est sous nos yeux en Transnistrie », constate Evgheni Bric, directeur de l’Institut Judaïca de Moldavie, une organisation à but non lucratif qui tente construire une identité commune chez les Juifs de Transnistrie et de Moldavie."

"De nos jours, la liberté de culte est assurée aux Juifs de Transnistrie, et l’antisémitisme y est marginal, d’après les Juifs locaux. Mais beaucoup veulent néanmoins partir pour des raisons économiques. Les salaires ici sont moitié moins élevés que ceux proposés en Moldavie, la nation pourtant la plus pauvre d’Europe."

"Un recensement de 1930 de la population de Bender, deuxième plus grande ville de Transnistrie, a révélé que la moitié de ses résidents déclaraient que leur langue maternelle était le yiddish. Des milliers de non-Juifs parlaient aussi la langue en raison de leur travail étroit et de leur commerce avec les Juifs. La plupart des Juifs de la ville ont été tués pendant la Shoah, et les quelques survivants ont émigré dès qu’ils ont pu". Une seule des dizaines de synagogues de Bender est encore en activité à l'initiative du mouvement Chabad-Loubavitch.

"D’autres villes de Transnistrie, comme Rybnitsa, jadis juive à un tiers, n’abritent plus de Juifs. L’un des plus connus (et le dernier) de la ville était Chaim Zanvl Abramowitz, un rabbin hassidique mort en 1995 aux États-Unis. Il faisait partie d’une poignée de Juifs orthodoxes qui, même sous Staline, étaient capables de mener une vie juive pratiquante, surtout grâce à sa popularité auprès de la population locale."

"Déjà l'une des régions les plus pauvres d'Europe en raison de la hausse des prix et de la stagnation des pensions, la Transnistrie a vu sa situation se détériorer considérablement depuis l'invasion de l'Ukraine par les Russes en février 2022. En janvier 2025, en plein hiver rigoureux, Gazprom, le géant russe de l'agroalimentaire, a décidé de cesser de fournir du gaz subventionné à la Transnistrie, créant ainsi une crise susceptible de déstabiliser le gouvernement pro-européen de Moldavie à l'approche des élections législatives du mois prochain."

"En conséquence, le revenu par habitant en Transnistrie a chuté de 12 % en 2025, selon les statistiques officielles, et le prix de l'essence a doublé. En 2020, la pension moyenne de 97 dollars par mois suffisait à peine à couvrir les 104 dollars nécessaires aux dépenses de première nécessité comme l'alimentation, les médicaments et les factures. Mais en 2025, la pension moyenne ne s'élève qu'à 113 dollars, couvrant à peine la moitié du coût de ces mêmes produits de première nécessité, qui coûtent actuellement 217 dollars. Et cela sans compter les vêtements, les produits d'hygiène, les transports et les dépenses imprévues comme les réparations domiciliaires ou les urgences médicales."

"La plupart des Juifs de Transnistrie sont âgés et démunis, avec une moyenne d'âge de 80 ans – parmi lesquels figurent des survivants de la Shoah. Nombre d'entre eux n'ont pas accès aux médicaments et souffrent de solitude. Leurs logements sont souvent vétustes et délabrés, sans chauffage central. Les coupures de courant sont fréquentes."

L'hiver 2024-2025, selon un rapport préparé pour l'American Jewish Joint Distribution Committee, le chauffage a été coupé pendant de longues périodes, obligeant les personnes âgées à dormir emmitouflées dans leurs manteaux, à se servir de chauffages de fortune et à faire tout leur possible pour supporter le froid. Un radiateur électrique coûte l'équivalent de 140 dollars et la facture d'électricité pour l'hiver environ 200 dollars. Si l'on ajoute le coût d'une couverture chaude, de la literie et des réparations de base, on arrive à environ 900 dollars pour l'hiver. « Pour la plupart des personnes âgées, ces sommes sont impossibles à réunir », a déclaré Natalia Tutorskaya, assistante sociale à Hesed. « L’hiver n’est pas seulement froid, c’est une menace pour la santé et la vie. »

"Comme en Transnistrie, la communauté juive de Moldavie a également été décimée par une émigration massive. Pourtant, la vie juive y a beaucoup mieux survécu, en partie parce qu’elle a absorbé une partie des milliers de Juifs ayant quitté la Transistrie. Chișinău, capitale de la Moldavie, compte quatre synagogues et une communauté juive d’environ 3 500 membres."

« Transnistrie : une poudrière à l'est de l'Europe »
Arte diffuse « Transnistrie : une poudrière à l'est de l'Europe » de Martin Koddenberg et Lina Schuller.

« La Transnistrie est une région séparatiste de la République de Moldavie, située à la frontière ukrainienne. Un État dans l’État, étroitement lié à la Russie sur les plans politique et économique. Longtemps alimentée par le gaz fourni gratuitement par Moscou, la région exporte pourtant majoritairement vers l’Union européenne. La Transnistrie qui connaît depuis 2025 une crise énergétique sans précédent devient un enjeu géopolitique. »

« Région sécessionniste de la Moldavie, ancienne république soviétique enclavée entre la Roumanie et l’Ukraine, la Transnistrie s’est dotée d’un drapeau, d’une monnaie et d’un gouvernement. »

« La petite république autoproclamée, qui n’est pas reconnue par la communauté internationale, entretient depuis des décennies des liens politiques, économiques et militaires très étroits avec Moscou. »

« Mais la guerre en Ukraine a fait vaciller sa fragile économie – le revenu annuel moyen est tombé à quelque 2 000 euros par habitant. Jusqu’au début de l’année 2025, celle-ci reposait sur le gaz fourni gratuitement par la Russie, alors que, paradoxalement, environ 80 % des exportations étaient destinées à l’Union européenne. Mais le voisin ukrainien a cessé à cette date de laisser passer ces vitales livraisons russes, ce qui a intensifié les tensions de l’enclave avec la Moldavie, d’autant plus que cette dernière a obtenu le statut de candidate à l’adhésion à l’Union européenne (UE) en 2022. »

« La région, longtemps marginalisée, est ainsi redevenue un enjeu géopolitique majeur, entre manœuvres des oligarques prorusses et pressions du Kremlin, d’une part, et gouvernement moldave soutenu par l'UE de l’autre. »

« Moldavie : Transnistrie, le bastion russe »
ARTE Reportage est « le magazine du grand reportage. Dédié à l’actualité internationale, "ARTE Reportage" documente les mutations et les bouleversements de notre monde. Des histoires marquantes, racontées par celles et ceux qui les vivent. Des reportages exceptionnels et exclusifs. Présenté par Andrea Fies et William Irigoyen tous les samedis à 18h50. »

Arte diffuse, dans le cadre d’ARTE Reportage, « Moldavie : Transnistrie, le bastion russe » de Corina Cojocaru Chiperi et Justine Sagot.

« Située sur la rive droite du fleuve Dniestr, coincée entre la république de Moldavie et l’Ukraine, la Transnistrie a proclamé son indépendance en 1991. »

« République séparatiste et autoproclamée, elle reste un point de tension permanent depuis un référendum sur son rattachement à la Russie, qui a largement confirmé la volonté sécessionniste de la population, un tiers russe, un tiers moldave, un tiers ukrainienne. »

« L’invasion de l’Ukraine par l’armée russe ravive les craintes moldaves d’une intervention de Moscou sur son territoire pour annexer la Transnistrie. C’est précisément là qu’est implantée la centrale qui fournit aujourd’hui 80% d’électricité à la Moldavie… »


« Transnistrie : une poudrière à l'est de l'Europe » de Martin Koddenberg et Lina Schuller
Allemagne, 2025, 27 min
Sur Arte le 18 avril 2026 à 18 h 20 
Disponible jusqu'au 30/04/2030
Visuels
© Wikimedia Commons CC BY 2.0/William John Gauthier
©  DR

« Moldavie : Transnistrie, le bastion russe » de Corina Cojocaru Chiperi, Justine Sagot
France, 2022, 12 min
Auteures : Corina Cojocaru Chiperi, Justine Sagot
Disponible jusqu'au 08/03/2028

mercredi 29 juillet 2026

Ruth Orkin (1921-1985)

Ruth Orkin (1921-1985) était une photographe et réalisatrice - Le Petit Fugitif (1953) et Lovers and Lollipops (1955) - juive américaine. Membre de la Photo League, célèbre pour son cliché American Girl in Italy (1951), fascinée par le mouvement, cette streetphotographer a aussi photographié des stars hollywoodiennes et New York au fil des saisons. Elle était l'épouse du photographe juif américain émérite Morris Engel (1918-2005). Pour le 75e anniversaire de cette icône réalisée à Florence (Italie), Ruth Orkin Photo Archive édite un coffret en édition limitée retraçant son histoire.


"Si mes photographies font ressentir au spectateur ce que j'ai fait quand je les ai prises pour la première fois, alors j'ai atteint mon objectif." Ruth Orkin

Ruth Orkin (1921-1985) était née dans une famille juive - Mary Ruby, actrice, et Samuel Orkin, fabricant de bateaux-jouets - à Boston. Elle vit à Hollywood où sa mère joue dans des films muets. 

En 1931, elle reçoit son premier appareil photo, un Univex à 39 cents, et photographie son entourage amical. Agée de 17 ans, pour visiter l'exposition universelle de 1939, elle parcourt les Etats-Unis à vélo, de Los Angeles à New York, en trois semaines, et photographie tout au long de son périple.

En 1940, Ruth Orkin étudie le photojournalisme au Los Angeles City College, puis, en 1941, devient la première coursière des studios MGM : elle aspire à un emploi de directrice de la photographie. Elle découvre les discriminations du syndicat hostile à l'adhésion de femmes, et démissionne. Durant la Deuxième Guerre mondiale, en 1941, elle rejoint le Women's Army Corps afin de se former à la technique cinématographique. En 1943, elle est libérée, sans avoir bénéficié de cette formation.

En 1943, Ruth Orkin se fixe à New York pour continuer sa carrière de photojournaliste indépendante dans un milieu plutôt masculin. Elle gagne sa vie comme photographe de boîte de nuit et, dans la journée, réalise des portraits de bébés. Elle peut enfin acheter son premier appareil photo « professionnel » et saisit la vie quotidienne dans la Big Apple : les enfants qui jouent, etc.. 

Ainsi, est publié en 1946, son premier grand essai photo, "Jimmy, le conteur", dans le magazine Look.

En 1947, Ruth Orkin photographie Leonard Bernstein pour le New York Times. Pour des commandes notamment de Life, Look13, Ladies' Home Journal, elle voyage dans le monde.

Ainsi, elle se rend en 1951 en Israël pour Life. Dans le jeune Etat recréé, elle saisit en particulier, au travers d'une lucarne ronde, les visages apeurés de "réfugiés juifs à l'aéroport de Lydda/Lod". 

Sur le chemin du retour aux Etats-Unis, Ruth Orkin voyage en Europe, notamment en Italie où elle crée ses oeuvres photographiques parmi les plus connues.

Sa photographie la plus célèbre ? American Girl in Italy (1951) de la série Don't Be Afraid to Travel Alone. Le cliché représente Ninalee Craig (connue alors sous le nom de Jinx Allen), étudiante en art américaine âgée de 23 ans, et sa modèle dans la série, déambulant avec assurance à Florence devant des hommes italiens la regardant avec insistance. Selon Ninalee Craig, l'image n'a pas été mise en scène et cette photo, comme les autres prises ce jour-là, visait à montrer notamment le plaisir pour une femme de voyager seule.

La jeune modèle de cette série se souvenait. Ruth Orkin lui a dit« Tu sais quoi, je pourrais probablement gagner un peu d'argent si on s'amusait et qu'on montrait ce que c'est que d'être une femme seule. » Toutes deux passent plusieurs heures dans les rues de la capitale toscane. Dans ce cliché, « mon expression n’est pas celle de la détresse. C’était exactement comme ça que je me promenais dans la ville. Je me voyais comme Béatrice de la Divine Comédie de Dante. Il fallait marcher en toute assurance et conserver sa dignité à tout moment. La dernière chose à faire serait de regarder ces hommes dans les yeux et de sourire. Je ne voulais pas les encourager. Cette image a été interprétée de manière sinistre, mais c’était tout le contraire. Ils s’amusaient, et moi aussi. » Pour Ruth Orkin, cette photo représentait le défi et la force, un message adressé aux femmes, de ne pas permettre aux hommes de les dissuader de poursuivre leurs rêves."

En 1952, Orkin épouse le photographe, cinéaste et membre de la Photo League Morris Engel (1918-2005) ; le couple a deux enfants : Andy et Mary Engel. 

Ruth Orkin et Morris Engel collaborent - écriture, production, réalisation, montage - sur deux grands films indépendants - avec  avec l'écrivain et cinéaste Raymond Abrashkin sur Le Petit Fugitif (Little Fugitive, 1953)nommé aux Oscars en 1953 ; Lovers and Lollipops (Amants et sucettes, 1955) - qui rencontrent le succès. 

Ruth Orkin revient à la photographie pour saisir des célébrités : Lauren Bacall, Doris Day, Ava Gardner, Tennessee Williams, Marlon Brando et Alfred Hitchcock.

Elle a aussi pris des clichés en couleurs de Central Park vu à travers la fenêtre de son appartement. Les photographies qui en résultent sont rassemblées dans deux livres, A World Through My Window (1978) et More Pictures from My Window (1983).
 
Ruth Orkin est décédée en 1985 à New York.

Après sa mort, sa fille Mary Engel, archiviste et réalisatrice, a créé Ruth Orkin Photo Archives afin de préserver son héritage, et a créé, dans un but similaire, un site Internet dédié à son père Morris Engel. Elle dirige Orkin/Engel Film and Photo Archive et a réalisé deux documentaires sur ses parents : Ruth Orkin/Frames of Life et Morris Engel: The Independent.

Les oeuvres de Ruth Orkin sont conservées dans les collections permanentes de musées et galeries important, notamment le MOMA et la Centre international de la photographie.

Dans sa biographie "Ruth Orkin" (Actes Sud, PhotoPoche), Anne Morin remarque : "Ce qui passionne Ruth Orkin, c’est le cinéma, c’est l’image en mouvement, c’est le temps. Face à la difficulté de s’établir en tant que femme cinéaste aux États-Unis dans les années 1940, elle invente un langage visuel très particulier, à l’intersection de la photographie et du cinéma. Du road movie au roman photo en passant par de nombreux reportages, ses séries emblématiques sont empreintes de théâtralité, de rythme et de narration."

"Ruth Orkin. Una Nuova Scoperta"
En 2023, les salles Chiablese des musées royaux de Turin ont proposé l'exposition "Ruth Orkin. Una Nuova Scoperta" (Ruth Orkin. Une nouvelle découverte). 

"La plus grande rétrospective jamais organisée en Italie de Ruth Orkin (Boston 1921 – New York 1985), photojournaliste, photographe et réalisatrice américaine, l'une des plus importantes du XXe siècle."

Sous le commissariat d'Anne Morin, organisée par diChroma, produite par Società Ares srl avec les Musei Reali et le patronage de la municipalité de Turin, l'exposition "rassemble 156 photographies, pour la plupart originales, qui retracent le parcours de l'une des personnalités les plus importantes de la photographie du XXe siècle, en particulier entre 1939 et la fin des années 1960, à travers des œuvres clés telles que VE-Day, Jimmy Tells a Story, American Girl in Italy, l'un de ses clichés les plus emblématiques de l'histoire de la photographie, des portraits de personnalités telles que Robert Capa, Albert Einstein, Marlon Brando, Orson Welles, Lauren Bacall, Vittorio De Sica, Woody Allen et d'autres."

« En tant que conservatrice et historienne de la photographie », explique Anne Morin , « j’ai toujours pensé que l’œuvre de Ruth Orkin n’avait pas reçu la reconnaissance qu’elle méritait. Pourtant, si cette photographe a un destin fascinant, son travail l’est tout autant. Cette exposition vise à redécouvrir le travail de cette femme qui aspirait à devenir réalisatrice et qui, confrontée à un monde du cinéma dominé par les hommes, a dû trouver sa place ailleurs. Elle n’a pas renoncé à son rêve, mais l’a abordé différemment, créant un langage photographique singulier, d’une richesse extraordinaire et novateur. L’œuvre photographique de Ruth Orkin parle d’images, de cinéma, de récits et, en fin de compte, de vie. Cette exposition est l’hommage définitif rendu à cette jeune femme qui a réinventé la photographie. »

« Suite au succès retentissant de l'exposition Vivian Maier », déclare Edoardo Accattino , PDG d'Ares srl, « nous présentons à Turin une nouvelle exposition consacrée à Ruth Orkin, photographe élégante et raffinée. Il s'agit de la plus vaste anthologie jamais réalisée sur l'une des photographes les plus importantes du XXe siècle, dont l'œuvre reste encore méconnue aujourd'hui. C'est pourquoi nous avons souhaité créer un parcours immersif qui guidera les visiteurs à la découverte de cette artiste sensible dont l'œuvre extraordinaire ne manquera pas de captiver le public turinois. »

« L’exposition monographique consacrée à Ruth Orkin », explique Enrica Pagella, directrice des Musées royaux , « s’inscrit dans la continuité des expositions dédiées à la photographie, élément fondateur de la Sale Chiablese, un espace que les Musées royaux réservent principalement à l’art contemporain et à la réflexion sur les moyens de communication qui ont contribué à transformer le visage de l’histoire et de la société. Après Vivian Maier. Unpublished et Focus on Future. 14 photographes pour l’Agenda 2030 des Nations Unies, cette anthologie propose une réflexion approfondie sur les différents langages qui ont permis à l’artiste d’être reconnue et de s’imposer sur la scène photographique mondiale, témoignant de la primauté et du caractère visionnaire d’un regard qui mérite encore d’être exploré, fidèle au récit d’une époque où l’affirmation des genres était une conquête lointaine, même dans le domaine artistique. »

L'exposition "aborde son œuvre sous un angle inédit, à la croisée de l'image fixe et de l'image animée. Fascinée par le cinéma, Ruth Orkin rêvait de devenir réalisatrice, notamment grâce à l'influence de sa mère, Mary Ruby, actrice du cinéma muet, qui l'a propulsée sous les feux de la rampe hollywoodienne dans les années 1920 et 1930. Cependant, durant la première moitié du XXe siècle, le chemin vers cette carrière était semé d'embûches. Ruth Orkin fut ainsi contrainte d'abandonner son rêve de devenir cinéaste, ou du moins de le réinventer et de le transformer. Grâce à un cadeau, son premier appareil photo, un Univex à 39 cents, elle se tourna vers la photographie, sans jamais renoncer à sa fascination pour le cinéma."

"C’est précisément cette occasion manquée de réaliser sa vocation qui l’a contrainte à inventer un langage à la confluence de ces deux arts sœurs, entre l’image fixe et l’illusion de l’image animée, un langage qui induit une correspondance constante entre deux temporalités non parallèles. À travers une analyse très précise de l’œuvre d’Orkin, l’exposition nous permet de comprendre les mécanismes déployés pour évoquer le fantôme du cinéma dans son travail. Cela se produit dès son premier Road Movie, en 1939, lorsqu’elle traverse les États-Unis à vélo, de Los Angeles à New York. À cette occasion, Ruth Orkin tient un journal qui se transforme en une séquence cinématographique, un reportage relatant ce voyage et dont la linéarité temporelle se déploie chronologiquement. Inspirée par les carnets et albums dans lesquels sa mère documente le tournage de ses films, et utilisant le même type de légendes manuscrites, l’artiste insère l’image photographique dans un récit qui suit le schéma de la progression cinématographique, comme si les photographies étaient des images fixes d’un film jamais tourné et dont 22 pages sont exposées."

"L'itinéraire comprend également des œuvres telles que Les Joueurs de cartes ou Jimmy raconte une histoire , de 1947, dans lesquelles Ruth Orkin utilise la caméra pour filmer, ou plutôt pour capturer des moments, laissant au regard du spectateur le soin de composer la scène et de reproduire le mouvement, mais aussi les images et le film Le Petit Fugitif (1953), nominé pour l'Oscar de la meilleure photographie et lauréat du Lion d'argent à la Mostra de Venise, qui raconte l'histoire d'un garçon de sept ans nommé Joey (Richie Andrusco) qui s'enfuit à Coney Island après avoir été trompé et avoir cru avoir tué son frère aîné Lennie, et que François Truffaut considérait comme fondamental pour la naissance de la Nouvelle Vague."

"Au début des années 1940, Ruth Orkin s'installe à New York, où elle devient membre de la Photo League, une coopérative de photographes new-yorkais, et établit des collaborations prestigieuses avec d'importants magazines, à tel point qu'elle devient l'une des principales photographes féminines de l'époque."

"C’est durant cette période qu’elle réalisa certaines des photographies les plus intéressantes de sa carrière. Avec « Vue d’en haut », Orkin capturait des scènes de rue perpendiculairement depuis une fenêtre, saisissant des personnes totalement inconscientes d’être l’objet de son regard : un groupe de femmes nourrissant des chats errants ; un père qui, après avoir acheté une tranche de pastèque, l’offre à sa fille devant l’étal d’un vendeur ambulant ; deux policiers encerclant un matelas usé abandonné dans la rue ; deux fillettes jouant à tournoyer l’une sur l’autre ; un groupe de marins marchant d’un pas rapide, reconnaissables à leurs chapeaux qui se détachaient comme des disques blancs sur l’asphalte gris."

"Bien des années plus tard, elle est revenue à ce type de photographie : depuis une fenêtre donnant sur Central Park, l'artiste a répété le même geste et le même cliché, à différentes saisons, enregistrant la physionomie des arbres, les teintes de leurs feuilles : le sujet est précisément le temps et son flux, sous la forme d'une séquence qui évoque l'élasticité du temps cinématographique."

L'exposition "retrace également le reportage réalisé pour le magazine LIFE en 1951 en Israël, suivant l'Orchestre philharmonique israélien, ainsi que son voyage en Italie, avec des visites à Venise, Rome et Florence. C'est dans cette dernière ville qu'elle rencontra Nina Lee Craig, une étudiante américaine, à qui elle demanda de poser pour un reportage visant à illustrer, par l'image, l'expérience d'une femme voyageant seule à l'étranger. Ce reportage devint « American Girl in Italy », l'une de ses photographies les plus emblématiques et célèbres de l'histoire de la photographie. La scène immortalisant Nina Lee Craig arpentant les rues de Florence, entourée d'hommes qui lui font des clins d'œil, inspira Ruth Orkin et la poussa à créer le reportage photographique qu'elle recherchait depuis longtemps."

« Ruth Orkin - Bike Trip, USA, 1939 »
En 2023-2024, la Fondation Henri Cartier-Bresson a proposé l’exposition « Ruth Orkin - Bike Trip, USA, 1939 ».

« Pour la première fois en France, la Fondation Henri Cartier-Bresson a présenté une exposition entièrement consacrée à la photographe américaine Ruth Orkin (1921-1985). Reconnue internationalement pour la photographie intitulée American Girl in Italy (1951), image iconique d’une femme qui voyage seule, Ruth Orkin réalise, alors qu’elle est adolescente, un projet avant-coureur : la traversée des États-Unis d’Ouest en Est. »

« En 1939, alors qu’elle est âgée de 17 ans et vit chez ses parents à Los Angeles, Ruth Orkin entreprend de traverser seule les États-Unis, du Pacifique à l’Atlantique. Elle voyage à vélo… ou, pour être plus précis, avec celui-ci. Elle parcourt les longues distances en voiture, en train ou en bus, utilisant surtout sa bicyclette pour visiter les grandes villes : Chicago, Philadelphie, Washington, New York, Boston et San Francisco. »

« Durant quatre mois, la jeune femme réalise près de 350 photographies : des vues urbaines, beaucoup d’autoportraits et d’étonnantes compositions à travers le cadre de son vélo. Dans chacune des villes qu’elle traverse, la presse locale s’intéresse à son histoire, l’interviewe et la photographie. Grâce à cette publicité inattendue, elle est conviée partout, reçoit des invitations pour des spectacles et même un nouveau deux-roues. »

« Le but déclaré d’Orkin à son départ était de visiter l’Exposition universelle de New York. Mais l’aventure transcontinentale se révèlera beaucoup plus décisive. Ce sera pour elle un moment déterminant de formation et d’émancipation, vérifiant ainsi le dicton populaire selon lequel : l’important n’est pas la destination, mais bien le voyage lui-même. »

« L’exposition rassemblait une quarantaine de photographies et des documents d’archives, dont le manuscrit de Ruth Orkin sur cette aventure. »

Le commissaire de l’exposition était Clément Chéroux, directeur, Fondation HCB, auteur du catalogue "Ruth Orkin - Bike Trip, USA, 1939". "L’extraordinaire voyage inaugural d’une des grandes photographes du XXe siècle révélé pour la première fois. En 1939, à 17 ans, Ruth Orkin traverse seule les États-Unis avec son vélo, son appareil photo et seulement 25 $ en poche. Ce « bike trip » à travers les États-Unis, la mène de Los Angeles à New York où elle compte visiter l’exposition universelle. Sa traversée et son audace, exceptionnelles pour l’époque, suscitent la curiosité de la presse locale qui lui consacre de nombreux reportages lors de son passage. C’est au cours de cette épopée vélocipédique que Ruth Orkin esquisse les prémices de son écriture photographique. Ses photographies de scènes de rue, de bâtiments découpés par des jeux subtils de lumière, ses images poétiques et touchantes, dans lesquelles elle n’hésite pas à mettre en scène son destrier de métal, seront montrées pour la première fois en France à l’occasion d’une exposition à la Fondation Henri Cartier-Bresson. En 1951, devenue photographe professionnelle (après avoir été coursière pour les studios MGM !), Ruth Orkin réalisera son image la plus célèbre, American Girl in Italy, montrant une femme qui voyage seule, sous les regards des hommes qui l’entourent et occupent l’espace public, comme un clin d’œil à son expérience personnelle".

Dans l'introduction, Anne Morin souligne : "Ce qui passionne Ruth Orkin (1920-1985), c’est le cinéma, c’est l’image-mouvement, c’est le temps. Face à la difficulté de s'établir en tant que femme cinéaste aux États-Unis du début du XXe siècle, elle invente un langage visuel à la croisée de la photographie et du cinéma. Du road movie (**Bicycle Trip**, 1939) au roman photo (**American Girl in Italy**, 1951) en passant par des nombreux reportages et le montage du célèbre film **Little Fugitive** (précurseur de la Nouvelle Vague), ses séries emblématiques sont empreintes de théâtralité, de mouvement et de narration. Au-delà de l’image en mouvement et en deçà de l’image fixe, son écriture photographique imbrique constamment ces deux temporalités."
 
« Ruth Orkin, photographe oubliée hantée par le cinéma »
Arte diffuse sur son site Internet « Ruth Orkin, photographe oubliée hantée par le cinéma ».

« 40 ans après sa disparition, l’héritage de la photographe Ruth Orkin sort de l’ombre dans une exposition tournante en Europe consacrée à son héritage et le rêve de toute sa vie : le cinéma. Présenté à Stockholm Kulturhuset Stadsteatern jusqu’au 16 mars 2025 avant d’autres dates européennes, l'événement dévoile une grande artiste oubliée de l’Histoire, comme tant de ses consœurs. »

75 ans d'une icône
La célèbre photographie American Girl In Italy a été prise le 22 août 1951 à Florence. Pour son 75e anniversaire, Ruth Orkin Photo Archive édite un coffret en édition limitée, et distille des informations sur ce cliché : "l’image icône et huit images supplémentaires (dont une variante inédite d’American Girl in Italy) qui révèlent toute l’histoire de ce matin d’août dans l’Italie d’après-guerre. Le coffret comprend en outre deux photographies bonus et un essai commémoratif de Mary Engel. Avec une édition de 75 exemplaires, c’est la seule fois que ces tirages seront produits sous forme de collection dans ce format.
L’ensemble a été imprimé par LTI Lightside et a été organisé par Mary Engel et Stephen McCamman.
PHOTOGRAPHIES DU COFFRET
Tirages pigmentaires noir et blanc, 35,5 × 45,7 cm (14 × 18 po)
1. American Girl in Italy
2. American Girl in Italy (Variation) — jamais tirée auparavant
3. Couple in MG
4. Jinx in Goggles
5. Jinx and Carlo on Scooter
6. Jinx Sitting with the Locals
7. Jinx Staring at Statue
8. Jinx at American Express Office
9. Jinx and Justin at Cafe
10. Jinx Through the Beads
Photographies bonus
11. Ruth and Jinx on Balcony (photographe inconnu)
12. Planche-contact d’American Girl in Italy
 
DÉTAILS DU COFFRET
Tirage total : 75 exemplaires, plus épreuves d’artiste
Coffret portfolio de qualité muséale
Étiquette personnalisée portant le titre de la collection
Catalogue American Girl in Italy — DÉTAILS DES TIRAGES
Tirages pigmentaires d’archive sur papier Canson Baryta
Certificat d’authenticité signé par Mary Engel, directrice du Ruth Orkin Photo Archive
Signature de Ruth Orkin gaufrée à sec sur chaque tirage
Tampon de la collection du 75e anniversaire, au verso"
 
CONTACT
Mary Engel
Directrice, Ruth Orkin Photo Archive
Courriel : Orkinphoto@aol.com
www.orkinphoto.com
@ruthorkinphoto


France, Allemagne, 2025, 3 min
Image : Paul Rhys
Journaliste : Alexia Luquet
Disponible jusqu'au 15/01/2026

dimanche 26 juillet 2026

Le studio Léon & Lévy (1864-1917)

Éditeur-photographe et imprimeur, deuxième « plus important éditeur de cartes postales en France », le studio Léon & Lévy a créé un patrimoine photographique qui accompagne l'expansion coloniale de la France sous le Second Empire et la IIIe République en proposant une vision d'un Orient exotique.

En un demi-siècle d'activité, le studio Léon & Lévy (1864-1917) a constitué un patrimoine documentaire et artistique varié sur le monde, notamment l'Orient.

Moyse Léon (1812- ?)  est le beau-père d'Isaac, dit Georges Lévy (1833-1913).

« Moyse Léon et Isaac dit Georges Lévy débutent comme assistants au sein du studio photographique parisien Ferrier-Soulier sous le Second Empire ». 

« Ils fondent leur propre studio dès 1864 et vendent des tirages sur papier albuminé, principalement des vues stéréoscopiques, sous la signature Léon et Lévy « L. L. ». 

« La firme Léon & Lévy participe à l’Exposition Universelle de 1867 où elle remporte la Grande médaille d’or de l’Empereur. En 1874, le studio Léon et Lévy devient J. Lévy et Cie, Isaac Georges Levy étant seul directeur de la société à partir de cette date. A l’arrivée des deux fils de Georges Lévy en 1895, Ernest et Lucien, la société prend de l’ampleur et devient Lévy & fils, les œuvres conservent de fait la signature « L. L. ». 

« Cette firme photographique a une activité intense, éditant des tirages vendus à l’unité́, des albums compilant des photographies de voyages ainsi que des cartes postales, le tout entre 1864 et 1917, date à laquelle ils cessent leurs activités ». 

En 1922, la société fusionne avec les studios Neurdein "lors de leur rachat par l'imprimeur Émile Crété" et sa dénomination est dorénavant « Lévy et Neurdein réunis ».

« La collection Léon et Lévy a été rachetée en 1970 par l’Agence Roger-Viollet. » 

« Aujourd’hui, ces négatifs sur plaques de verre sont conservés par la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et diffusés en exclusivité par l’Agence Roger-Viollet. » Créée en 1938 par Hélène Roger-Viollet à Paris, sur la rive gauche de la Seine, l’agence photographique Roger-Viollet « est une des plus anciennes agences françaises. Ses collections constituent un fonds photographique unique en Europe avec plus de 6 millions de documents couvrant plus de 180 ans d’histoire parisienne, française et internationale ». 

« L’Orient en grand. Une épopée photographique au format panoramique »
En 2021-2022, la Galerie Roger-Viollet a présenté cinquante photographies panoramiques des studios Léon et Lévy dans l’exposition « L’Orient en grand. Une épopée photographique au format panoramique ». 

« Maroc, Tunisie, Algérie, Egypte, autour des années 1900, les studios Léon & Lévy envoient leurs opérateurs photographes parcourir le monde et en particulier à destination de l’Orient méditerranéen ». 

« Ils se déplacent avec leurs encombrantes chambres photographiques employant d’imposantes plaques de verre au format 16 x 42 cm. Ces dimensions inhabituelles leur permettent d’obtenir des vues panoramiques horizontales et verticales, d’une qualité exceptionnelle. »

« Ruines romaines, Touaregs priant dans le Sahara, oasis, scènes de rue à Marrakech, à Tunis et au Caire, portraits de la tribu des Ouled Naïl en Algérie, dahabiehs sur le Nil et pyramides de Gizeh, rythment cette aventure autour de la Méditerranée. »

« Ce regard européen sur un monde lointain était destiné à l’édition de cartes postales et d’albums photographiques à l’attention d’une clientèle curieuse de voyages exotiques difficilement accessibles à l’époque. »

« Les tirages modernes de l’exposition sont en vente à la Galerie Roger-Viollet ».


« Le monde colorié à la main. Photographies du XIXe siècle du studio Léon & Lévy » 
En 2026, la Galerie Roger-Viollet a présenté  l’exposition « Le monde colorié à la main », des photographies du XIXe siècle du studio Léon & Lévy ». « Pour la première fois un ensemble de 67 tirages contemporains issus de ces plaques de verre stéréoscopiques. »

« La galerie Roger-Viollet a présenté pour la première fois un ensemble de 66 tirages contemporains issus de ces plaques de verre stéréoscopiques, aujourd’hui détenues et conservées par la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. » 

« Peu de temps après l’invention de la photographie par Nicéphore Niepce, en 1826-1827, et la possibilité de diffuser des images fixes à grande échelle, les ingénieurs mettent au point le procédé des vues stéréoscopiques sur verre. Celui-ci permet de restituer en relief paysages, scènes de rue et portraits, offrant une nouvelle expérience visuelle du monde. » 

Représentant une rue animée londonienne avec ses bus à impériale tirés par des chevaux (vers 1865) ou l'intérieur d'une maison japonaise donnant sur un jardin (vers 1900), voire un "Nubien paré pour le combat" vers 1880, ces photographies délicatement colorées informaient, ouvraient sur le monde et faisaient rêver. 

« Les opérateurs du studio Léon & Lévy sont envoyés aux quatre coins du globe — du Japon à l’Espagne, de l’Égypte aux États-Unis. Le plus souvent anonymes, ces photographes ont pour mission de restituer avec la plus grande fidélité les sites et lieux touristiques tout en réalisant des portraits des « populations autochtones ». Ils photographient notamment le Kotel ou mur des Lamentations, à Jérusalem alors dans l'empire Ottoman.

« À ces images, cependant, il manque encore l’essentiel : la couleur. » 

« De retour à Paris, dans les ateliers du studio Léon & Lévy, d’autres petites-mains entrent en jeu. Tels les peintres miniaturistes, à l’aide d’aquarelle et de pinceaux de martre, des coloristes appliquent les teintes sur une plaque de verre insérée entre le positif photographique et une plaque de verre dépoli. Le ciel, les vêtements, l’architecture se parent alors de couleurs, laissant cette fois libre cours à l’imaginaire et à la sensibilité des exécutants. » 

« Avant même l’apparition de la carte postale, ce commerce de l’image coloriée manuellement constitue une véritable industrie, mobilisant des centaines de salariés. Observées à l’aide d’un stéréoscope, ces photographies coloriées proposent à une clientèle bourgeoise un voyage immobile, à la fois outil de connaissance et invitation à l’évasion.
 
A partir de 250 euros (format 30 x 30 cm). 
Tirage numéroté limité à 30 exemplaires. 
Impression jet d’encre pigmentaire de qualité muséale, sur papier Rag Photographique Infinity Canson 310g.

Chronologie du studio Léon & Lévy 

« Second Empire (1852–1870) 
Moyse Léon et Isaac, dit Georges Lévy, débutent comme  assistants au sein du studio photographique parisien Ferrier-Soulier. 

1864 
Fondation du studio Léon & Lévy. Commercialisation de tirages sur papier albuminé, principalement des vues stéréoscopiques, signées « L. L. ». 

1867 
Participation à l’Exposition universelle de Paris. Le studio reçoit la Grande Médaille d’Or de l’Empereur. 

1874 
Le studio devient J. Lévy et Cie. Isaac Georges Lévy est alors seul directeur de la société. 

1895 
Entrée des deux fils de Georges Lévy, Ernest et Lucien. La société prend le nom de Lévy & fils, tout en conservant la signature « L. L. ». 

1864 – 1917 
Période d’activité du studio : édition de tirages à l’unité, d’albums de voyages puis de cartes postales. (Des centaines de salariés) 

1917 Cessation des activités du studio Léon & Lévy. 

1970 La collection Léon & Lévy est rachetée par l’Agence Roger-Viollet. 
Aujourd’hui Les négatifs sur plaques de verre sont conservés par la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Les tirages son diffusés en exclusivité par l’Agence Roger-Viollet. »


Du 26 février 2026 au 5 juin 2026
Du 7 octobre 2021 au 8 janvier 2022
6, rue de Seine. 75006 Paris
Tél. : 01 55 42 89 00
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h
Visuels :
Affiche
Les pyramides et le sphinx de Gizeh (Egypte), vers 1900.
1111-3 © Léon & Lévy / Roger-Viollet

Le port et la ville d’Alger.
Algérie, vers 1875.
Détail d’une vue stéréoscopique.
Impression jet d’encre pigmentaire sur papier coton Rag Photographique Infinity Canson 310g, sans marges, encadrement aluminium anodisé noir mat.
Édition limitée à 30 exemplaires numérotés.
Tirage seul 40x40cm 330 € / Encadré 430 €
Tirage seul 30x30cm 250 € / Encadré 340 € (exposé)

Charing Cross à Londres.
Angleterre, vers 1865.
Détail d’une vue stéréoscopique.
Impression jet d’encre pigmentaire sur papier coton Rag Photographique Infinity Canson 310g, sans marges, encadrement aluminium anodisé noir mat.
Édition limitée à 30 exemplaires numérotés.
Tirage seul 40x40cm 330 € / Encadré 430 €
Tirage seul 30x30cm 250 € / Encadré 340 € (exposé)

Le Mur des Lamentations à Jérusalem.
"Palestine", vers 1870.
Détail d’une vue stéréoscopique.
Impression jet d’encre pigmentaire sur papier coton Rag Photographique Infinity Canson 310g, sans marges, encadrement aluminium anodisé noir mat.
Édition limitée à 30 exemplaires numérotés.
Tirage seul 40x40cm 330 € / Encadré 430 € (exposé)
Tirage seul 30x30cm 250 € / Encadré 340 €


Les citations proviennent de communiqués de presse. Cet article a été publié le 5 janvier 2022.