Issue du démembrement de l'Union soviétique, la Transnistrie est un territoire situé en Moldavie et le long de la frontière avec l'Ukraine. Elle a proclamé en 1990 son indépendance, non reconnue par les Etats constituant les Nations unies. Elle est étroitement liée à la Russie. Arte diffuse sur son site Internet deux documentaires : « Transnistrie : une poudrière à l'est de l'Europe » de Martin Koddenberg et Lina Schuller et « Moldavie : Transnistrie, le bastion russe ».
Issue du démembrement de l'Union soviétique, la Transnistrie - « trans », signifie « au-delà », et Nistru est le nom roumain du fleuve Dniestr ou Pridnestrovie - est un territoire étroit situé en Moldavie et le long de la frontière ukrainienne. Environ "465 000 habitants y vivent en 2025, soit une baisse de 35 % par rapport aux 706 000 qui y vivaient en 1990, un an avant l'effondrement de l'Union soviétique".
Des monuments de l'ère communiste demeurent en Transnistrie.
Dénommée aussi "république moldave du Dniestr", ce proto-Etat a proclamé son indépendance en 1990 quand l'URSS a implosé . Mais aucun Etat n'a reconnu son indépendance.
"La situation actuelle de la Transnistrie remonte à 1989, lorsqu'un décret établissant le moldave en alphabet latin comme seule langue officielle provoqua la colère des communautés russophones. Le 2 septembre 1990, les autorités locales proclamèrent la République socialiste soviétique moldave de Transnistrie (RSSPM) afin de préserver le modèle soviétique, mais cette entité ne dura que moins d'un an. Les tensions croissantes entre les forces pro-moldaves et les séparatistes soutenus par la 14e armée russe ont conduit à la guerre de Transnistrie, qui a duré de novembre 1990 jusqu'à la déclaration d'un cessez-le-feu en juillet 1992. Des troupes russes ont été déployées dans la région en tant que force de maintien de la paix."
La guerre du Dniestr, guerre de Transnistrie ou guerre civile de Moldavie, a opposé en 1992 l'armée transnistrienne, soutenue par la Russie, aux Forces armées moldaves sur les berges du fleuve Dniestr, près des villes de Bender/Tighina et Dubăsari. "La Transnistrie fait partie, avec la Crimée, les régions séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie ainsi que la Nouvelle-Russie (projet d'État censé regrouper les deux républiques sécessionnistes ukrainiennes auto-proclamées de Donetsk et Lougansk dans le Donbass et la diagonale Kharkov-Odessa), du « glacis géostratégique russe » qui permettrait à Moscou de contrôler économiquement, politiquement et militairement une zone d'influence qu'il qualifie d'« exclusive », et qui correspond dans les faits à un projet de protection contre les avancées de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord)". Le conflit s'est achevé par un cessez-le-feu et la Transnistrie a maintenu depuis son indépendance de facto.
La Transnistrie a élu son Président, Vadim Krasnosselski, a conçu son drapeau, et a pour capitale Tiraspol. Son Premier ministre est Aleksandr Rozenberg. La majorité des Transnistriens est russophone.
"Depuis 1992 une garnison permanente de quelques centaines de soldats russes. Si Moscou ne reconnaît pas officiellement la « République moldave du Dniestr » et considère que la Transnistrie fait bien partie de la Moldavie, le Président russe Vladimir Poutine a signé le 15 mai 2026 un décret facilitant la délivrance de passeports russes à ses habitants."
A la différence de ses concitoyens, le gouvernement moldave souhaite adhérer à l'Union Européenne (UE). Le 15 juin 2026, les négociations d'adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie à l’Union européenne ont commencé à Luxembourg. Sans que les aspirations sécessionnistes de la Transnistrie les entravent.
"Avant 1939, 300 000 Juifs vivaient en Transnistrie. Mais après l'occupation de la région par les troupes nazies en juillet 1941, des exécutions de masse commencèrent, visant non seulement les Juifs locaux, mais aussi ceux qui avaient fui la Bessarabie devant l'avancée des Allemands."
"En 2025, seuls 2 000 Juifs vivent ici, selon la définition de la Loi du retour d'Israël – qui exige au moins un grand-parent juif –, dont le Premier ministre du territoire, Aleksander Rosenberg. Presque aucun ne pratique sa religion ni ne respecte les règles de la cacheroute."
"Sur les 11 synagogues que comptait Tiraspol avant la chute du communisme, une seule subsiste en 2021. Logé dans un immeuble résidentiel, un groupe grisonnant d’une dizaine d’hommes et de femmes s’y réunit chaque dimanche. La jeune génération compte moins de 10 personnes." "En 2022, deux fosses communes ont été découvertes à Tiraspol, totalisant plus de 200 victimes. Selon certaines sources, ces victimes auraient été assassinées entre 1917 et 1930, sur ordre de Lénine et de Staline, la plupart d'entre elles étant des Juifs anticommunistes."
« Il est rare d’assister à la mort d’une communauté, mais c’est sous nos yeux en Transnistrie », constate Evgheni Bric, directeur de l’Institut Judaïca de Moldavie, une organisation à but non lucratif qui tente construire une identité commune chez les Juifs de Transnistrie et de Moldavie."
"De nos jours, la liberté de culte est assurée aux Juifs de Transnistrie, et l’antisémitisme y est marginal, d’après les Juifs locaux. Mais beaucoup veulent néanmoins partir pour des raisons économiques. Les salaires ici sont moitié moins élevés que ceux proposés en Moldavie, la nation pourtant la plus pauvre d’Europe."
"Un recensement de 1930 de la population de Bender, deuxième plus grande ville de Transnistrie, a révélé que la moitié de ses résidents déclaraient que leur langue maternelle était le yiddish. Des milliers de non-Juifs parlaient aussi la langue en raison de leur travail étroit et de leur commerce avec les Juifs. La plupart des Juifs de la ville ont été tués pendant la Shoah, et les quelques survivants ont émigré dès qu’ils ont pu". Une seule des dizaines de synagogues de Bender est encore en activité à l'initiative du mouvement Chabad-Loubavitch.
"D’autres villes de Transnistrie, comme Rybnitsa, jadis juive à un tiers, n’abritent plus de Juifs. L’un des plus connus (et le dernier) de la ville était Chaim Zanvl Abramowitz, un rabbin hassidique mort en 1995 aux États-Unis. Il faisait partie d’une poignée de Juifs orthodoxes qui, même sous Staline, étaient capables de mener une vie juive pratiquante, surtout grâce à sa popularité auprès de la population locale."
"Déjà l'une des régions les plus pauvres d'Europe en raison de la hausse des prix et de la stagnation des pensions, la Transnistrie a vu sa situation se détériorer considérablement depuis l'invasion de l'Ukraine par les Russes en février 2022. En janvier 2025, en plein hiver rigoureux, Gazprom, le géant russe de l'agroalimentaire, a décidé de cesser de fournir du gaz subventionné à la Transnistrie, créant ainsi une crise susceptible de déstabiliser le gouvernement pro-européen de Moldavie à l'approche des élections législatives du mois prochain."
"En conséquence, le revenu par habitant en Transnistrie a chuté de 12 % en 2025, selon les statistiques officielles, et le prix de l'essence a doublé. En 2020, la pension moyenne de 97 dollars par mois suffisait à peine à couvrir les 104 dollars nécessaires aux dépenses de première nécessité comme l'alimentation, les médicaments et les factures. Mais en 2025, la pension moyenne ne s'élève qu'à 113 dollars, couvrant à peine la moitié du coût de ces mêmes produits de première nécessité, qui coûtent actuellement 217 dollars. Et cela sans compter les vêtements, les produits d'hygiène, les transports et les dépenses imprévues comme les réparations domiciliaires ou les urgences médicales."
"La plupart des Juifs de Transnistrie sont âgés et démunis, avec une moyenne d'âge de 80 ans – parmi lesquels figurent des survivants de la Shoah. Nombre d'entre eux n'ont pas accès aux médicaments et souffrent de solitude. Leurs logements sont souvent vétustes et délabrés, sans chauffage central. Les coupures de courant sont fréquentes."
L'hiver 2024-2025, selon un rapport préparé pour l'American Jewish Joint Distribution Committee, le chauffage a été coupé pendant de longues périodes, obligeant les personnes âgées à dormir emmitouflées dans leurs manteaux, à se servir de chauffages de fortune et à faire tout leur possible pour supporter le froid. Un radiateur électrique coûte l'équivalent de 140 dollars et la facture d'électricité pour l'hiver environ 200 dollars. Si l'on ajoute le coût d'une couverture chaude, de la literie et des réparations de base, on arrive à environ 900 dollars pour l'hiver. « Pour la plupart des personnes âgées, ces sommes sont impossibles à réunir », a déclaré Natalia Tutorskaya, assistante sociale à Hesed. « L’hiver n’est pas seulement froid, c’est une menace pour la santé et la vie. »
"Comme en Transnistrie, la communauté juive de Moldavie a également été décimée par une émigration massive. Pourtant, la vie juive y a beaucoup mieux survécu, en partie parce qu’elle a absorbé une partie des milliers de Juifs ayant quitté la Transistrie. Chișinău, capitale de la Moldavie, compte quatre synagogues et une communauté juive d’environ 3 500 membres."
« Transnistrie : une poudrière à l'est de l'Europe »
Arte diffuse « Transnistrie : une poudrière à l'est de l'Europe » de Martin Koddenberg et Lina Schuller.
« La Transnistrie est une région séparatiste de la République de Moldavie, située à la frontière ukrainienne. Un État dans l’État, étroitement lié à la Russie sur les plans politique et économique. Longtemps alimentée par le gaz fourni gratuitement par Moscou, la région exporte pourtant majoritairement vers l’Union européenne. La Transnistrie qui connaît depuis 2025 une crise énergétique sans précédent devient un enjeu géopolitique. »
« Région sécessionniste de la Moldavie, ancienne république soviétique enclavée entre la Roumanie et l’Ukraine, la Transnistrie s’est dotée d’un drapeau, d’une monnaie et d’un gouvernement. »
« La petite république autoproclamée, qui n’est pas reconnue par la communauté internationale, entretient depuis des décennies des liens politiques, économiques et militaires très étroits avec Moscou. »
« Mais la guerre en Ukraine a fait vaciller sa fragile économie – le revenu annuel moyen est tombé à quelque 2 000 euros par habitant. Jusqu’au début de l’année 2025, celle-ci reposait sur le gaz fourni gratuitement par la Russie, alors que, paradoxalement, environ 80 % des exportations étaient destinées à l’Union européenne. Mais le voisin ukrainien a cessé à cette date de laisser passer ces vitales livraisons russes, ce qui a intensifié les tensions de l’enclave avec la Moldavie, d’autant plus que cette dernière a obtenu le statut de candidate à l’adhésion à l’Union européenne (UE) en 2022. »
« La région, longtemps marginalisée, est ainsi redevenue un enjeu géopolitique majeur, entre manœuvres des oligarques prorusses et pressions du Kremlin, d’une part, et gouvernement moldave soutenu par l'UE de l’autre. »
« Moldavie : Transnistrie, le bastion russe »
ARTE Reportage est « le magazine du grand reportage. Dédié à l’actualité internationale, "ARTE Reportage" documente les mutations et les bouleversements de notre monde. Des histoires marquantes, racontées par celles et ceux qui les vivent. Des reportages exceptionnels et exclusifs. Présenté par Andrea Fies et William Irigoyen tous les samedis à 18h50. »
Arte diffuse, dans le cadre d’ARTE Reportage, « Moldavie : Transnistrie, le bastion russe » de Corina Cojocaru Chiperi et Justine Sagot.
« Située sur la rive droite du fleuve Dniestr, coincée entre la république de Moldavie et l’Ukraine, la Transnistrie a proclamé son indépendance en 1991. »
« République séparatiste et autoproclamée, elle reste un point de tension permanent depuis un référendum sur son rattachement à la Russie, qui a largement confirmé la volonté sécessionniste de la population, un tiers russe, un tiers moldave, un tiers ukrainienne. »
« L’invasion de l’Ukraine par l’armée russe ravive les craintes moldaves d’une intervention de Moscou sur son territoire pour annexer la Transnistrie. C’est précisément là qu’est implantée la centrale qui fournit aujourd’hui 80% d’électricité à la Moldavie… »
« Transnistrie : une poudrière à l'est de l'Europe » de Martin Koddenberg et Lina Schuller
Allemagne, 2025, 27 min
Sur Arte le 18 avril 2026 à 18 h 20
Disponible jusqu'au 30/04/2030
Visuels :
© Wikimedia Commons CC BY 2.0/William John Gauthier
© DR
« Moldavie : Transnistrie, le bastion russe » de Corina Cojocaru Chiperi, Justine Sagot
France, 2022, 12 min
Auteures : Corina Cojocaru Chiperi, Justine Sagot
Disponible jusqu'au 08/03/2028
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