samedi 3 décembre 2016

Les Juifs de Tunisie pendant la Seconde Guerre mondiale



Le Centre de Documentation Juive Contemporaine (CDJC) a accueilli en 2002 l’exposition éponyme de la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie (SHJT). Avec la cérémonie commémorative à la Mairie du IVe arrondissement et le colloque à l’Université Paris Panthéon-Sorbonne, cet événement a commémoré le 60e anniversaire de la rafle des Juifs de Tunis le 9 décembre 1942. A l'initiative de la SHJT, la cérémonie commémorative de la rafle des Juifs de Tunis, aura lieu le dimanche 4 décembre 2016 à 10 h 45, au Mémorial de la Shoah, 17 rue Geoffroy l’Asnier – Paris IVe, en présence de différentes personnalités civiles, militaires et religieuses. La lecture des noms des Juifs déportés de Tunisie et des victimes de la barbarie nazie décédés dans les camps de travail en Tunisie sera suivie de la récitation des prières d’usage. Heure limite d’arrivée : 10 h 40".


Jewishrefugees.blogspot published WW2: 40 Tunisian Jews never returned

« Les Juifs d'Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale » de Claude Santiago et Antoine Casubolo


Le sort des Juifs de Tunisie pendant la Seconde Guerre mondiale est peu connu.

Il présente une double singularité.


A la différence du Maroc et de l’Algérie, la Tunisie a été occupée par les Nazis (novembre 1942-avril 1943).

De plus, des Juifs ont aussi été déportés de ce pays « vers les camps de concentration en ... avion », a précisé Serge Klarsfeld, président des Fils et filles de déportés Juifs de France (FFDJF).

Entre engagements et persécutions 

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 90 000 Juifs vivaient en Tunisie. Parmi eux, "une minorité italienne, importante par son poids économique et ses rapports avec l’Europe. Frappés dès 1938 par le statut des Juifs en Italie, les Juifs italiens sont en Tunisie considérés comme ennemis par le gouvernement français lors de l’entrée en guerre de l’Italie".

« En novembre 1940, l’amiral Esteva, résident général de France en Tunisie, édicte un statut applicable aux 69 500 Juifs. Discriminatoire, il diffère un peu de celui de Vichy », a indiqué Claude Nataf, président de la SHJT.

Mais la situation des Juifs empire vite. Eviction de la Fonction publique et d’activités libérales, numerus clausus, aryanisation des affaires, rackets par les Nazis, prises de notables en otages, camps d’internements, constitution d’un fichier Juif sous l’impulsion du colonel Hayaux du Tilly, action du colonel Rauff, chef de la SS, etc.


La liste est longue des souffrances des Juifs de Tunisie dont l’espoir de s’engager dans l’Armée française a été déçu par le gouvernement de la IIIe république et par le Comité de Libération nationale, comme l’a révélé l’historien Philippe Landau.

Le 9 novembre 1942, les Nazis envahissent la Tunisie. Ils "organisent des rafles dont la plus importante se déroule à Tunis.  Au total, près de 5 000 Juifs sont envoyés dans des camps de travaux forcés. À partir d'avril 1943, commenceront les premières déportations vers les camps en Europe".

Après "l’invasion germano-italienne de 1942", les Juifs italiens "subissent la persécution antisémite des occupants. La victoire alliée de mai 1943 ne met pas fin à leur situation"

Dans cette histoire douloureuse, il convient de relever l’action de Justes, tels ces Tunisiens musulmans qui ont hébergé à Mahdia la famille de l’actuel ambassadeur d’Israël, S.E. Nissim Zvili, qui, âgé d'un an, a porté l’étoile jaune.


Et comme le souligne Avraham Benabou, conseiller à l’ambassade d’Israël, il importe de mettre un visage derrière des chiffres, de décrire la vie des Juifs persécutés parce que Juifs, et non pour une quelconque revendication politique.

C’est ce que fait cette exposition claire qui se fonde sur des archives françaises, tunisiennes et allemandes, publiques et privées, et souvent inédites.


Ainsi sont présentées des figures de cette communauté, dont Moïse Borgel, son président.

C’est en hommage à ces Juifs persécutés que le rabbin Amos Haddad a récité les prières le 8 décembre 2002, lors d’une cérémonie particulièrement émouvante en présence de M. Zvili, Ridha Zguidane, conseiller à l’ambassade de Tunisie, d’élus et de représentants d’associations juives.

Addendum
La Société d'histoire des Juifs de Tunisie (SHJT) et l'Alliance israélite universelle (AIU) projetteront Histoire des Juifs d'Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondialedocumentaire d'Antoine Casubolo Ferro (2014)le 16 février 2014, à 16 h, à la Médiathèque Alliance Baron Edmond de Rothschild - 6 bis rue Michel-Ange, 75016 Paris -. Un débat suivra la projection.

La Société d'histoire des Juifs de Tunisie (SHJT) a commémoré le 7 décembre 2014, à 10 h 45, au Mémorial de la Shoah.

Le 17 juin 2015, à 11 h, la Mairie du IVe arrondissement de Paris a accueilli, dans le cadre du Festival des Cultures Juives, la conférence de Jean-Pierre Allali, historien, ancien rédacteur en chef de Tribune Juive, auteur de Les Juifs de Tunisie sous la botte allemande. Chronique d’un drame méconnupréfacé par Élie Wiesel (Éditions Glyphe, 2014)Juifs de Tunisie : liberté retrouvée, liberté enlevée, liberté sous contrôleLa "conférence était suivie d’une visite guidée de l’exposition de photos Les Juifs de Tunisie, de la dhimmitude à la liberté, dans cette Mairie.


Articles sur ce blog concernant :
  Cet article a été publié dans cette version plus concise par Actualité juive. Il a été republié dans ce blog le 6 décembre 2012 et le :
- 8 décembre 2013 à l'approche du 70e anniversaire de la rafle des Juifs de Tunis, le 9 décembre 1942 dont le souvenir sera rappelé lors de la cérémonie du 9 décembre 2013, à 10 h 45, dans la crypte du Mémorial de la Shoah, et lors de rencontre et projection l'après-midi ;
- 15 février et 6 décembre 2014, 17 juin et 6 décembre 2015,
Des liens renvoient vers des articles nuançant le rôle de dirigeants communautaires tunisiens. 

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