vendredi 25 mars 2016

La géostratégie et l’islam au cœur du colloque du Gatestone Institute


Think tank américain, le Gatestone Institute a organisé un colloque les 23 et 24 mars 2015, à Paris, sur l’islam et des questions de géostratégies, notamment la diplomatie américaine à l’égard du programme nucléaire iranien. De célèbres orateurs ont loué la liberté d’expression cible des djihadistes et prôné une diplomatie américaine ferme à l’égard du programme nucléaire militaire iranien. Article republié alors que se réalise la prédiction de Johannes J. G. Jansen (1942-2015), universitaire et politicien néerlandais, un des orateurs de ce colloque : l'Union européenne (UE) s'effondre sous la vague des "migrants" - suspension durable des accords de Schengen, édification de murs entre pays. retour de contrôles aux frontières, explosion de violences, achat de la "paix" avec le dirigeant "ottoman", négociations sur l'abolition des visas pour les Turcs entrant dans l'UE et l'admission de la Turquie -, des attentats terroristes islamistes, signatures du djihad mondial, à Paris et à Bruxelles : faiblesses européennes - capacités militaires nationales rognées, absence d'armée européenne, larmes de Federica Mogherini, Haute Représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité et vice-présidente de la Commission, réconfortée par le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Judeh -,  en raison de la duplicité, du cynisme et de l'incompétence de dirigeants européens, d'une diplomatie suicidaire antisémite et anti-israélienne dans le cadre d'Eurabia, par les perspectives du Brexit, sortie de la Grande-Bretagne de l'UE, etc. Ce qui serait conforme à l'Histoire : disparition des empires. Ce qui pourrait permettre la réapparition de véritables Etats-nations souverains, d'authentiques démocraties, et leur union dans une Europe non fédérale. 


Fondé par Nina Rosenwald, le Gatestone Institute, organisation sans but lucratif, vise à la promotion des institutions de la démocratie et de la règle de droit, une capacité militaire pour assurer la paix dans le monde libre …

Il informe par les contributions d’une cinquantaine d’intellectuels, en éditant des livres et vise particulièrement les faiseurs d’opinion par des colloques, comme ceux à Paris aux printemps 2014 et 2015, où des experts prestigieux, souvent anglophones, présentent leurs analyses sur l’actualité et rompent généralement avec la doxa « politiquement correcte ».

Islam à réformer ?
Journaliste danois et fondateur en 2004 de l’International Free Press Society, critique de l’islam, inquiet par le nombre d’immigrants en Europe, Lars Hedegaard a souligné le refus des politiciens européens de désigner l’ennemi. Il a souhaité "l'arrêt de l'immigration de pays dont les citoyens n'ont pas pu être intégrés pendant cinq ans". S'il était favorable à la coopération avec les musulmans modérés acceptant la critique, il a constaté que des musulmans modérés ont retiré leurs masques au Danemark, et que ceux refusant la critique ne pouvaient être qualifiés de modérés.

Universitaire néerlandais spécialiste dans les études islamiques et eurodéputé, Johannes J. G. Jansen a prédit l’effondrement de l’Union européenne dont il listait les échecs, ainsi que ceux de ses principaux Etats membres : parlement “préservant différentes formes de socialisme”, dette publique importante, absence de croissance économique, taux de chômage élevé… Il a souhaité que les Pays-Bas quittent l’Union européenne, rétablissent les contrôles à leurs frontières, limitent le nombre de mosquées, interdisent à leurs hôtes de crier “Mort aux Juifs”, cessent de verser des aides sociales aux familles de terroristes, etc.

Journaliste britannique, Douglas Murray a insisté sur le clivage entre des dirigeants politiques refusant d’établir le moindre lien entre islam et islamisme, et le public plus averti.

Pour Amir Taheri, président du Gatestone Europe et contributeur dans de prestigieux journaux (The Wall Street Journal, Der Spiegel, L’Express, El Mundo), des “communautés musulmanes en Europe sont parfois plus radicalisées que dans des pays islamiques”, et “l’Europe exporte ses radicaux vers le Moyen-Orient”. Il a estimé que "l'islam est ce qu'en font les musulmans".

Certains orateurs - Daniel Pipes, Khaled Abu Toameh - ont privilégié le changement de comportements des musulmans sur la réforme de l’islam. Or, entre la fidélité littérale au Coran et d'éventuels commentaires de ce livre, l'islam a choisi voici plusieurs siècles le refus des interprétations. Les tentatives d'Atatürk en Turquie ou de Bourguiba en Tunisie d'applications d'un islam différent n'ont jamais été imitées, et sont menacées. Et l'Etat islamique démontre  la force d'attraction dans le monde d'un Islam strictement appliqué.

Nucléaire iranien
Lors de ce colloque, a émergé la figure du président du Gatestone Institute, l’ancien ambassadeur, représentant permanent des Etats-Unis aux Nations unies (2005-2006), John R. Bolton .

Sous-secrétaire d’Etat pour le contrôle des armes et la Sécurité internationale (2001-2005), John R. Bolton a servi dans les administrations des présidents Ronald Reagan et George H. W. Bush. Il a contribué à la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies, le 16 décembre 1991, déclarant nulle la conclusion de la résolution onusienne de 1974 alléguant que le « sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ».

Il a expliqué la difficulté pour les Etats-Unis à comprendre l’Union européenne « au système de prise de décision sclérosé ».  Il a déploré le déclin politique et le repli sur soi des Etats-Unis, s'éloignant de l'Europe et disposant de capacités militaires insuffisantes, notamment un nombre de vaisseaux de guerre trop faible. Le virage diplomatique américain a "permis l'émergence d'entités hostiles", notamment au Moyen-Orient caractérisé par un chaos menaçant les Etats-Unis. "En deux ans, les terroristes ont altéré les infrastructures pétrolières (Algérie), le Mali, le Niger, la Libye post-Kadhafi, le Soudan, le Yémen... Les Talibans reprendront le dessus au Pakistan dès le départ des Etats-Unis, ainsi qu'ils le disent  "Vous [Occidentaux] avez la montre. Nous avons le temps", et ils utiliseront ce pays comme une base du terrorisme mondial. Si l'Afghanistan et le Pakistan deviennent la base arrière des Talibans, ils auront un accès direct à l'arme nucléaire pakistanaise (60-200 ogives nucléaires). La prolifération nucléaire est une simple question de temps".

John R. Bolton récuse tout parallèle entre la bombe nucléaire obtenue par l'Union soviétique lors de la Guerre froide et celle en voie d'acquisition par l'Iran des ayatollahs, prélude à la course à l'armement nucléaire au Moyen-Orient. Une menace iranienne soulignée par le colonel britannique Richard Kemp.

Hillary Clinton ? John R. Bolton l’a connue étudiante extrémiste, dogmatique, et il ne pense pas qu’elle ait changé ou changera.

Djihads
Membre de la Chambre des Lords, Baroness Caroline Cox a analysé la stratégie pour créer une société musulmane parallèle dans le contexte où les musulmans sont minoritaires, notamment par le rejet de l’intégration, l’émergence d’une conscience musulmane, la création d’enclaves musulmanes régies par la sharia et une société islamique alternative. Elle a décrit les divers djihads visant la société britannique : politique – tentatives pour limiter la liberté d’expression concernant la critique de l’islam -, culturel - investissements dans les universités -, démographique - polygamie -, financier - finance islamique -, juridique – 80 tribunaux islamiques appliquant la sharia en Grande-Bretagne -, humanitaire, terroriste - attentats - et militaire. 

Cette fondatrice de Hart (Humanitarian Aid Relief Trust) a alerté sur le risque d’émergence de deux conditions féminines distinctes menaçant la règle démocratique d’une même loi s’appliquant à tous : celle de musulmanes jugées selon la sharia dans les tribunaux islamiques opérant une discrimination sexiste en matières d’héritage, de divorce, de témoignage, et victimes d’intimidations ou de violences dites « d’honneur » -, et celle de non-musulmanes régie par les lois du royaume britannique. 

En fait, le scandale du gang de neuf proxénètes musulmans, d’origine pakistanaise, pères de famille, chauffeurs de taxis ou employés, ayant violé, prostitué, battu en 2008 et 2009 à Rochdale 47 Britanniques chrétiennes blanches âgées de 13 à 15 ans, incite à nuancer cette distinction. D’autant que des gangs similaires ont sévi à Nelson, Oxford, Telford, High Wycombe, Londres… Ces jeunes chrétiennes blanches britanniques, issues de milieux pauvres, n’ont pas bénéficié de la protection des lois britanniques, car les services sociaux, le Procureur et la police craignaient d’être taxés de racistes s’ils intervenaient. Ces gangs musulmans leur ont infligé le sort des femmes dhimmis, celui des chrétiennes ou Yazédies esclaves sexuelles, vendues, violées par les terroristes de l’Etat islamique (ISIS).

Le situation en France est-elle si différente ? Le 5 mai 2015, la juge des libertés de Melun a remis en liberté un individu ayant tenté, dans la nuit du 28 au 29 avril 2015, de tuer une prostituée et ne cachant pas son intention de réitérer son crime. Le 7 mai 2015, le tribunal de Mâcon a condamné Florian Lapalus, 18 ans, et Adrian Pazola, 19 ans, tous deux soupçonnés d’avoir voulu incendier la mosquée turque de cette ville préfecture dans la nuit du 25 au 26 avril, à une peine de 30 mois d’emprisonnement, dont six mois fermes. Curieuse hiérarchie des peines selon la justice française où la vie d’un être humain vaut moins qu’une mosquée.


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Cet article a été publié le 15 mai 2015.

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