Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 31 août 2022

« Quand les immigrés étaient les bienvenus » de Frédéric Laffont

Arte diffusera le 31 août 2022 à 22 h 45 « Quand les immigrés étaient les bienvenus » (Gast-Arbeiter. Die Entwurzelten Marokkos), documentaire de Frédéric Laffont. « À partir d’une enquête d’Ariane Chemin, comment un certain Félix Mora a recruté en masse de jeunes Marocains pour les mines du Nord et de Lorraine. Une autre histoire de la France et de l’immigration, racontée par ses acteurs ».


"Mora veut, Mora a !" Dans les années 1960 et 1970, Félix Mora sillonne en DS le sud du Maroc en quête de muscles à bas coût pour les mines de la France gaullo-pompidolienne ». 

« Dans les vallées du Haut-Atlas, le crieur ou le caïd annonce son arrivée à des cohortes de paysans berbères candidats à l'exil, alignés par numéros des heures durant sous le soleil ».

« Ancien militaire, l’agent recruteur des Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais examine et palpe les corps ». 

« Lahcen Tighanimine (ainsi rebaptisé du nom de son village), Hammou Chakouk et les autres attendent avec anxiété son verdict : tampon vert sur les torses nus, l’espoir d’argent pour la famille et la fierté ; rouge, le retour au bled et la honte ». 

« Mora aurait ainsi recruté plus de 80 000 mineurs pour le Nord et la Lorraine ». 

« Après deux jours et trois nuits à fond de cale, dans les entrailles du paquebot Lyautey, le débarquement à Marseille est suivi du transfert, avant la descente dans les galeries de poussière noire, aux côtés d’Italiens, d’Espagnols et de Polonais, mieux payés ». 

« À la fermeture des mines dans les années 1980, les "Mora" découvrent les chaînes des usines automobiles Renault et Peugeot, ouvriers d’une France industrielle déclinant au crépuscule des Trente Glorieuses ». 

« Vient le temps du regroupement familial, des naissances et des cités qui achève de les convaincre de rester… »

Les descendants de ces mineurs sont au nombre de 600 000 actuellement. Le documentaire montre l'efficacité de l'ascenseur social républicain fondé sur le mérite, le travail scolaire : en une génération, c'est l'accession à la bourgeoisie, à la "beurgeoisie" par des études valorisantes.

« À sa fille Mariame, sociologue, qui l’interroge sur la violence de la méthode du "négrier des Houillères", Lahcen Tighanimine répond simplement : "T’es pas contente d’être ici ?"

« Lucides et enjoués, ces retraités racontent sans nostalgie leur épopée industrieuse, loin des arganiers et des palmiers-dattiers de l’Atlas, et le choix d’un destin : "On a pensé à la vie devant nous…" 

« Devenus pères et grands-pères de centaines de milliers de Français, les anciens mineurs, touchants, témoignent avec précision et sans pathos ». 

« À rebours des débats identitaires empoisonnés, leur récit, au présent, dessine tout en nuances une histoire de France et de l’immigration méconnue, entre travail, exploitation, dignité, rêves accomplis et mémoire, et montre combien la traversée de la Méditerranée revêt, aujourd'hui comme hier, une dimension mythologique ».

Le documentaire n'explique pas le choix pour le patronat lorrain ou du nord de la France de l'immigration, et de celle marocaine. Certains anciens mineurs berbères parlaient-ils leur langue ? Pourquoi une fille de ces mineurs, après avoir eu un troisième cycle universitaire, porte-t-elle le voile islamique ? Quels sont les liens avec le Maroc qui favorise, par des bourses généreuses, les études supérieures de ses ressortissants ? L'islam est souvent éludé : apparemment, la première génération ne mangeait pas hallal. Quid des deuxième et troisième générations ? Quid des mosquées et de la pratique religieuse ? Comment s'est déroulée cette grève des mineurs ? Quelle syndicalisation ?



« Grand reporter au Monde et coautrice du film, Ariane Chemin revient sur l’épopée, des vallées du Haut-Atlas aux noires galeries des houillères en France, d’immigrés marocains surnommés les "Mora", du nom de leur recruteur. Propos recueillis par Sylvie Dauvillier. »

« Comment en êtes-vous venue à vous intéresser au recrutement de ces milliers de Marocains pour les mines françaises ?
Ariane Chemin : En 2018, lors d’une enquête à Trappes, j’ai rencontré le doyen de la Grande Mosquée, qui ne parlait pas bien le français mais m’a expliqué être arrivé en France soixante ans plus tôt, par "Mora". Sur Internet, j’ai appris qu’un certain Félix Mora, un homme du nord de la France, chef de la main-d’œuvre des Houillères, avait embauché entre 80 000 et 120 000 Marocains dans les mines. J’ai commencé à enquêter dans le Pas-de-Calais et en Lorraine. Je me souviens qu’à l’époque, lors de la Semaine de la presse à l’école, j’en avais parlé devant deux classes. Dans chacune d’elles, un élève m’a parlé d’un grand-père venu avec Mora. Il fait partie de ces personnes qui ont fait l’histoire de France mais dont le nom ne circule qu’oralement.

Qui était Félix Mora ?
Ce ch’ti est le plus puissant des "recruteurs" des Trente Glorieuses. Ancien militaire, il est l’homme d’une époque, celle du protectorat français du Maghreb. Il est chargé par les Houillères de trouver de la main-d’œuvre dans le Sud marocain entre 1960 et 1980. Les jeunes des villages du Souss se précipitaient car il offrait la chance de gagner dix fois mieux sa vie. Son protocole d’embauche paraît terrible aujourd’hui. Mora voulait du "muscle". Il inspectait oreilles et dents, puis apposait un tampon sur la poitrine : vert pour les élus, rouge pour les recalés. Il sélectionnait des hommes le plus souvent analphabètes – un risque de syndicalisation en moins. Certains l’ont traité de négrier, ce qu’il n’était pas : même mal payés et en contrats précaires, ces travailleurs marocains étaient salariés.

Entre les vallées du Haut-Atlas et les mines du Nord, des hommes encore gamins franchissaient avec lui une mer, un monde, un siècle. Ils partaient pour l’inconnu avec un courage extraordinaire, passant brutalement de la lumière à l’obscurité des mines de charbon. La traversée de la Méditerranée sur le Lyautey constitue un des moments puissants du film, renvoyant chacun à son imaginaire, ses représentations des migrants et des rites d’initiation.

Le film montre qu’ils choisissent leur destin en toute conscience…
La parole de ces anciens mineurs est précieuse, car leur récit dépasse la simple biographie de Mora, dont le réalisateur, Frédéric Laffont, a choisi de ne faire qu’une ombre, un fantôme. Les travailleurs marocains racontent l’histoire de l’immigration française. Une génération part en célibataire dans l’idée de passer deux-trois ans en France. Puis viennent les femmes qui rêvent aussi de repartir. Des enfants naissent, grandissent, vont à l’école, et arriment définitivement leurs parents à la France…

Frédéric Laffont n’a fait aucun "casting" des intervenants pour ce film. Il a gardé dans le montage final tous les témoignages recueillis. Chacun raconte à sa manière, sans rancœur mais sans naïveté non plus. La voix de Mariame, la fille de Lahcen Tighanimine, qui "guide" ce film, porte, elle, les questions de la seconde génération. C’est aussi elle qui traduit les paroles recueillies dans le documentaire : le français de ces témoins reste souvent difficile, car les cours d’alphabétisation n’étaient pas suivis. Les "Marocains de Mora" étaient là pour fermer les mines puis rentrer chez eux après 1988.

Ces témoins avaient-ils le désir de témoigner ?
C’est un schéma classique connu des sociologues comme Mariame et des journalistes : quand on est pauvre, on est convaincu que sa vie n’a pas d’intérêt, même lorsqu’elle est rocambolesque, dangereuse, audacieuse et palpitante. Une projection a été organisée en juin avec des acteurs du film et leurs enfants, et il me semble que tout le monde était heureux que cette histoire, qui concerne désormais quelque 600 000 personnes en France (toutes générations confondues), acquière une "visibilité".

Qu’est-ce qui vous a marquée lors de vos entretiens ?
La mémoire vive – Victor Hugo disait que l’exil est une longue insomnie, et c’est vrai. Une mémoire de chair, concrète et physique. Je me souviens d’Hammou Chakouk, qui pour m’expliquer que Mora cherchait des gens capables de se faufiler dans une galerie d’un mètre de hauteur, a glissé sous la table à thé… Ou de ces fins traits noirs encore visibles dans les plis des bras et les doigts des anciens mineurs. Avec Mariame, nous avons accompagné monsieur Tighanimine de sa maison de Mantes jusqu’à Lens : pour ce premier retour près de cinquante ans après, il s’était habillé comme un prince. Non sans mal, on a retrouvé l’endroit où il descendait chaque matin, la fosse 13. Il n’en restait qu’une plaque, comme une plaque d’égout, en pleine forêt. Sa fille et moi redoutions sa tristesse devant cette forme d’effacement. Mais non, il a éclaté de rire. À notre retour, il a dit : "C’est le plus beau jour de ma vie."

Comment expliquez-vous le silence sur cette histoire ?
Peut-être par la volonté de ne pas se faire remarquer, par l’envie de cacher à ses enfants des souvenirs douloureux. Le manque de récits de première main explique aussi cet effacement. Les mineurs marocains ne sont pas allés à l’école et cette histoire ne s’est guère transmise qu'oralement. À part un numéro de lampe, une carte de salarié de la mine, une médaille parfois, ou quelques radios de visites médicales pour détecter la silicose, il existe peu de traces écrites de ce passé. De manière générale, on connaît mal l’histoire de l’immigration maghrébine. Elle est le fruit, jusqu’au second choc pétrolier, en 1978, d’un projet d’État. Paris encourageait ces recrutements dans le cadre d’une politique d’immigration voulue et choisie, qui a contribué au boom des Trente glorieuses. Il n’est pas inutile de le rappeler… »


« Quand les immigrés étaient les bienvenus » de Frédéric Laffont
France, 2021, 54 mn
Auteurs : Ariane Chemin, Frédéric Laffont, en collaboration avec Mariame Tighanimine 
Coproduction : ARTE France, Bellota Films
Sur Arte le 31 août 2022 à 22 h 45
Sur arte.tv du 24/08/2022 au 29/10/2022
Visuels :
Ce documentaire de Ariane Chemin et Frédéric Laffont s' attache aux pas de ces dizaine de milliers de travailleurs immigrés et à celui qui les a " recrutés"
© Bellota Films

mardi 30 août 2022

Liyahou Haddad, victime d'un assassinat antisémite

Liyahou Haddad, juif handicapé âgé de 34 ans, a été assassiné à coups de couteau et de hache le samedi 20 août 2022, à Longperrier (Seine-et-Marne), par Mohammed Dridi, 
âgé de 24 ans et d'origine tunisienne. Un assassinat révélé par le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) le 28 août 2022. Le compte Facebook de Baha Dridi, présenté comme celui du suspect, révèle sa piété - chahada ou shahada, profession de foi islamique, réitérée dans plusieurs posts - son soutien aux "Palestiniens", sa haine de la France, du blasphème et d'Israël, ainsi que son mépris envers le Président de la République Emmanuel Macron et son épouse Brigitte MacronD’origine djerbienne (Tunisie), la victime a été enterrée le 1er septembre 2022 au matin à Beer Sheva, où vit sa famille d'origine djerbienne (Tunisie).

Le MRAP débouté de sa plainte contre Laurent Dominati
« La condition juive en France. La tentation de l’entre soi » par Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël
Un sondage français biaisé sur l’évolution de la relation à l’autre 
La Présidence Hollande, les gouvernements Ayrault, Valls et Cazeneuve, c'était bien pour les Français Juifs ? 
« Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe » par Joachim Schroeder et Sophie Hafner
Soirée spéciale de France 2 sur l’antisémitisme 
L’antisionisme : une forme d’antisémitisme ?
Des « Blacks, Blancs, Beurs » antisémites ont attaqué des Juifs lors de l'opération défensive « Protective Edge » (2/2) 
Interview de Maitre Axel Metzker, avocat de la famille Selam
Le procès du gang des Barbares devant la Cour d'assises des mineurs de Paris (1/5) 

Le samedi 20 août 2022, Liyahou Haddad, juif âgé de 34 ans, a été assassiné à Longperrier, ville située au nord-est de Paris (Seine-et-Marne) par Mohammed Dridi. Celui-ci "a lui-même prévenu la police, selon les informations du BNVCA et d'i24NEWS. Jusque là sans casier judiciaire, il a été interpellé puis mis en examen pour meurtre". La victime et le prévenu auraient été mis en contact par des relations communes.

Le dimanche 28 août 2022, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) a révélé, dans un communiqué, cet assassinat.

« L’assassinat aurait été commis par un suspect de confession musulmane... [Le suspect a] fracassé le crâne de sa victime au moyen d’une hache, et aurait même commencé à enterrer le corps. L’auteur présumé des faits, qui témoignent d’un terrible acharnement, a lui-même prévenu la police, a été interpellé et placé en détention... Le suspect aurait déclaré lors de son arrestation que la victime, qui cohabitait avec lui, lui devait 100 euros et ne les avait pas rendus. Et dans un deuxième temps, il aurait avoué qu’il l’avait tué parce qu’il était Juif... L’inquiétude est avivée par le silence qui entoure cette affaire ».

Le BNVCA a demandé « que les faits soient examinés en envisageant le caractère antisémite, et en ne l’écartant pas a priori ». Son avocat se constituera partie civile « afin de vérifier si le caractère antisémite est à confirmer ».

Le communiqué du BNVCA circulait sur les réseaux sociaux. 

De nombreux Internautes, donc Damien Rieu, ancien candidat du Rassemblement national (RN), puis de Reconquête !, parti d'Eric Zemmour, ont diffusé cette information tragique. 

Certains diffusaient des copier-coller du compte Facebook d'un Baha Dridi vivant à Montreuil, originaire de La Courneuve, maudissant la France, montrant une photographie de La Mecque, et écrivant en arabe la shahada ou chahada, affirmation de la foi du croyant musulman. 

Il s'est photographié avec d'autres individus.

Ce Baha Dridi a indiqué parmi ses autres noms, comme pseudos : "Muhammed", "Mohammed" et "Kaatrevintréze" (93, département de la Seine-Saint-Denis situé dans la banlieue au nord de Paris et à forte population immigrée musulmane, Nda).

Dans un post illustré du drapeau "palestinien" sur lequel est écrit en lettres capitales "PRAY FOR GAZA" (Priez pour Gaza, ndt), Baha Dridi a écrit : 
"Ya ALLAH détruit la colonie des sionistes sanguinaires et criminels en Palestine. Amîne
Ya ALLAH anéantit les par ta Puissance. Amîne
Ya ALLAH anéantit les par ta Force. Amîne
Ya ALLAH accorde la victoire à l'Islam et aux musulmans. Amîne".
Le lundi 29 août, l'Observatoire juif de France (OJF) diffusait un "communiqué de presse urgent" indiquant notamment : "D’après des informations qui viennent de nous être communiquées Monsieur Eyal Haddad (Zal) avait l’habitude de dire le Kaddish au cimetière de Pantin. Nous sommes consternés par le silence des autorités, de la presse, des chaines d’information et Institutions juives et pas seulement juives. Nous demandons avec gravité que nos Institutions soient plus réactives face aux dangers auxquels les juifs de France sont confrontés." 

Le Président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), Yonathan Arfi, twittait sur cet assassinat : 
« Le Crif exprime sa pleine solidarité à la famille d'Eliahou Haddad, tué le 19 août à Longperrier (77). Nous espérons rapidement des informations et demandons que toutes les pistes soient explorées à ce stade, y compris l'éventualité du facteur aggravant d''antisémitisme »

Mais des radios juives occultaient ce meurtre dans leurs flashes d'informations.

"Le suspect aurait asséné des coups de couteau et de hache à la victime Eyal Haddad pour la tuer, avant de l'enterrer et de prévenir les autorités. Il aurait avoué son crime deux jours plus tard, le dimanche", a déclaré, en se fondant sur "des informations transmises par l'institut médico-légal", Noémie Halioua, correspondante à Paris d'i24news.

"D'après les premiers éléments de l'enquête, les deux hommes avaient été présentés par des amis communs. Le suspect, âgé de 24 ans et d'origine tunisienne, logeait chez sa victime depuis plusieurs jours en échange de travaux effectués dans sa maison."

"Selon le procès verbal, le suspect aurait justifié son acte par des attouchements sexuels répétés, affirmant que Eyal Haddad aurait tenté à plusieurs reprises de le forcer à avoir des rapports sexuels avec lui, et qu'il se serait montré particulièrement entreprenant le soir du meurtre".

"Contacté par i24NEWS à propos de cette hypothèse, l'avocat de la famille, Elie Korchia, a affirmé qu'il s'efforçait de rassembler des éléments afin de mieux cerner la personnalité et les penchants du suspect, et déterminer si la possibilité d'un crime de haine était avérée. Il a toutefois insisté sur le fait que rien ne permettait d'accréditer cette thèse pour le moment".

"Cela ne semble pas être une attaque antisémite", a déclaré lundi au Jerusalem Post un haut responsable d'une grande organisation juive à propos du meurtre de Haddad. Selon le responsable, les dirigeants juifs ont été informés de ce meurtre depuis au moins une semaine et ils sont en contact avec les forces de l'ordre. "Nous faisons pression en ce moment pour que les autorités comprennent s'il s'agit réellement d'un meurtre antisémite ou plutôt d'une simple bagarre entre amis", a-t-il déclaré et il a ajouté qu'il semble que l'attaque soit liée à "une relation interpersonnelle". Les deux personnes se connaissaient très bien".

Et le quotidien israélien de poursuivre : "Le responsable a assuré que son organisation est en contact permanent avec le ministère de l'Intérieur en France. "S'il s'agit d'un meurtre avec un motif antisémite, nous aimerions le savoir, mais si ce n'est pas le cas - nous devons aussi le savoir", a-t-il déclaré. Il a ajouté que "cela fait trois mois que trois Juifs ont été tués dans des situations étranges en France, et nous devons donc comprendre s'il y a une raison derrière ces situations terribles.".

Le mardi 30 août 2022, les radios juives franciliennes ont évoqué cet assassinat en soulignant la piste antisémite.

Sur RCJ, radio du Fonds social juif unifié (FSJU), Me Elie Korchia, avocat de la famille de Liyahou Haddad, a indiqué qu'il s'agissait pour le moment d'un meurtre - l'intention de tuer n'étant pas prouvée -, qu'il était allé lundi au Tribunal pour obtenir le dossier et que le suspect avait été incarcéré.

"La famille est éplorée, et se serait passée maintenant d'une médiatisation... L'enterrement est prévu demain. L'intérêt est de respecter son deuil, laisser la police travailler... On est dans un crime atroce, à l'arme blanche, avec une hache et un couteau, un déchainement de violence. Ces deux personnes se connaissaient... Le suspect n'a jamais déclaré "J'ai tué parce qu'il était juif ou parce qu'il me devait cent euros". Il ne faut pas être pollué par de fausses informations... La possible circonstance aggravante d'antisémitisme n'est pas exclue. Le sujet est complexe. Tout sera fait pour la manifestation de la vérité", a déclaré Me Elie Korchia sur Radio J.

Hervé Tétier, procureur par intérim de Meaux, a précisé dans un communiqué transmis à l'AFP :
"Le 21 août, un individu se présentait aux services de police en déclarant avoir tué deux jours plus tôt un homme chez lequel il était hébergé à Longperrier (77). 
Les recherches immédiatement entreprises au domicile indiqué permettaient la découverte du corps de M. Liyahou HADDAD, enfoui dans le terrain. 
L'autopsie de la victime, âgée de 44 ans, établissait une  mort violente par arme blanche. 
Dans ses auditions, le mis en cause âgé de 24 ans déclarait connaitre la victime depuis plusieurs années et avoir été hébergé chez elle, par intermittence. Il expliquait que son geste était intervenu en réaction à des attouchements prodigués à son encontre par la victime dans un contexte d'alcoolisation.
Une information judiciaire était ouverte le 23 août 2022. A l'issue de son interrogatoire de première comparution, l'individu était mis en examen du chef d'homicide et placé en détention provisoire.
Les investigations sont depuis cette date menées sous l'autorité d'un juge d'instruction et sur commission rogatoire confiée au groupement de gendarmerie de Seine-et-Marne.
L'information judiciaire s'attachera à recueillir toutes les preuves utiles pour établir les circonstances exactes des faits, les motifs de l'agression et préciser la personnalité du mis en examen, ainsi que la nature des relations entretenues avec la victime.
Si l’enquête ne comportait pas d’élément objectif mettant en lumière une motivation discriminatoire, et notamment antisémite, tout élément permettant de l’établir donnera lieu à des réquisitions du parquet tendant à une aggravation de la qualification pénale retenue ».
"Une source proche du dossier avait indiqué lundi à l’AFP qu’il avait été tué à coups de hache et de couteau."

Me Elie Korchia a twitté : "Suite au communiqué de presse du Procureur de la République de Meaux, je veillerai aux côtés et dans l'intérêt de la famille Haddad, à ce que toute la lumière soit faite dans l'instruction en cours sur les circonstances et les motivations de ce crime horrible."

Sur Radio Shalom, Moshé Lewin, conseiller du Grand Rabbin de France, rabbin de la synagogue du Raincy et vice-président de la Conférence des rabbins européens, a dit : "Il y a eu un conflit d'ordre sexuel qui aurait eu lieu. Des demandes de cette personne décédée. Chaque fois qu'il y a eu de l'antisémitisme, le Consistoire ou d'autres ont été très vigilants. Dans une autre affaire, un tram à Bobigny, certains avaient avancé la piste antisémite. On ne les entend plus. Pour le moment il n'y a rien. Ayons cette réserve de vérifier les choses. Me Elie Korchia est aussi le Président du Consistoire de France. Rien n'est écarté. Par nature, les enquêteurs n'écartent rien. Il y a un travail très important fait par le SPCJ. Faisons confiance aux organisations... Il faut être prudent sur le mot antisémitisme" pour éviter de "crier au loup" sans raison et n'être plus cru.

Sur i24news, Me Elie Korchia a confié être interpelé par les posts du meurtrier sur Facebook et que ce criminel était en situation irrégulière en France : "Chaque dossier [d'antisémitisme] est différent. Il faut le travailler". Meyer Habib, député français, a révélé que la famille de la victime l'avait rapidement contacté et a insisté sur la gentillesse de Liyahou Haddad, "en surpoids" et qui avait des animaux : "Depuis mercredi dernier, je suis au courant de cette affaire". Un orateur a craint une "banalisation du meurtre d'un Juif en France". Quant à l'essayiste et romancier Joseph Macé-Scaron, il a analysé avec pertinence les posts sur Facebook du suspect en y détectant un profil psychologique particulier, nombriliste, aspirant à un islam quasi-rédempteur et en pointant le point commun entre plusieurs assassinats antisémites : le meurtrier connaissait sa victime qui l'accueillait avec gentillesse à son domicile.

Devant le cercueil de Liyahou Haddad, quelques dizaines se sont recueillies en écoutant un homme pieux rendre hommage au défunt.

Le jeudi 1er septembre 2022,
sur Radio Shalom, la sœur de Liyahou Haddad a exprimé son émotion. Shana B. Marer Bismuth, dirigeant l'association Paul Marer, a appelé à des dons, qui bénéficieront de reçus Cerfa, afin d'atteindre plus de 20 000 euros destinés à financer l'enterrement Liyahou Haddad. Elle est joignable au 06 51 43 08 35 ou via le site Internet de l'association.

Long silence
La polémique sur les propos de Sandrine Rousseau en date du 27 août 2022 - "Il faut changer aussi de mentalité pour que manger une entrecôte cuite sur un barbecue ne soit plus un symbole de virilité" - a obnubilé plusieurs jours les médias, notamment les chaines d'informations. 

Le Parisien a publié un article le 24 août 2022 sur ce crime.

Pourquoi ce silence médiatique et politique durant quatre à cinq jours ? Pour ne pas interférer dans la visite officielle (25-27 août 2022) du Président de la République Emmanuel Macron en Algérie et ne pas être accusé de rendre plus difficile cette visite ? 

Pourtant, l'annonce de cette visite, dont la délégation devait comprendre le Grand Rabbin de France Haïm Korsia, avait suscité des messages haineux officiels de musulmans. Une opposition dont les médias mainstream s'étaient faits l'écho. In fine, Haïm Korsia avait déclaré avoir été testé positif au coronavirus, et ne s'était pas joint à cette délégation. Et cette visite s'est soldée par un cuisant échec - aucun contrat, notamment de fourniture de gaz, n'a été signé - et le Président Emmanuel Macron a été copieusement insulté.

Les déclarations alambiquées du rabbin Moshé Lewin ont visé à rassurer ses coreligionnaires. A-t-il réussi ? On peut en douter tant des dirigeants communautaires sont discrédités auprès de très nombreux Français juifs. Doit-on rappeler les noms de Juifs français abandonnés par des instances communautaires - Dr Lionel Krief, David Amzallag - et ceux sur lesquels des bribes de vérité ont été trouvées non par des enquêteurs, mais par la famille de la victime, tel Jérémie Cohen, alors que le Crif relayait la parole officielle "rassurante" ? Souvenons-nous du silence de dirigeants communautaires après les assassinats de Sarah Halimi au printemps 2017 - un silence suivi de prises de paroles relayant les propos du Procureur - et de Jérémie Cohen en février-mars 2022. Doit-on comprendre que selon Moshé Lewin, la famille isolée de Jérémie Cohen, qui sollicitait récemment la générosité publique pour financer des plaintes judiciaires, aurait du continuer son enquête, et donc manifester ainsi sa défiance envers la police et la justice ? 

Pourquoi des dirigeants communautaires, notamment ceux qui alertent sur l'antisionisme ou "l'anti-israélisme", sont-ils si précautionneux alors que des éléments probants accréditent l'antisémitisme/antisionisme de l'assassin présumé ? Ignoreraient-ils qu'en arabe, les Israéliens sont désignés "Yahoud" (juifs) ?

Quant à l'intentionalité, est-il fréquent, voire normal, de se munir d'un couteau et d'une hache, et de s'acharner ainsi sur une victime ?

Une configuration communautaire nouvelle est apparue. Comme dans l'assassinat de René Hadjadj, ce sont des Internautes juifs qui ont cherché, trouvé et rendu publics les posts antijuifs et anti-israéliens de Mohamed Didi. Des preuves précieuses pour ajouter la circonstance aggravante d'antisémitisme. Et ce sont des dirigeants communautaires qui ont réitéré des messages de soutien à la famille de Liyahou Haddad et de demande que l'enquête recherche les motivations, notamment l'éventuel antisémitisme, du criminel. Comme si ces posts ne justifiaient pas immédiatement l'ajout de cette incrimination.

Car le compte Facebook de Baha/Mohamed Dridi fourmille de posts, messages et vidéos réitérant l'attestation de la foi islamique, dénigrant et dédaignant le Président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron, hostiles à la liberté d'expression et au blasphème - vidéo d'une manifestation au Pakistan contre les caricatures de Mahomet, d'une cérémonie présidée par le chef de l'Etat rendant hommage à Samuel Paty -, à l'Etat d'Israël - drapeau brûlé, arrestation d'un terroriste "palestinien" à son domicile par des soldats israéliens -, et indignés par le "deux poids/deux mesures" dont bénéficieraient les Juifs. 

Que fait cet individu, immigré irrégulier, haineux en France où il était arrivé en 2017 et dont il aurait du ou devait être expulsé ? Pourquoi Facebook n'a-t-il pas censuré ses posts, messages et vidéos ?

Selon Eric Zemmour, la France enregistrerait près de 400 000 entrée par an, soit deux millions d'entrées durant le premier quinquennat du Président Emmanuel Macron.

En 2022, Gérald Darmanin a déclaré : « Le petit-fils d'immigrés que je suis ne fait pas le lien entre immigration et délinquance... Il serait idiot de ne pas dire qu'il y a une part importante de la délinquance qui vient de personnes immigrées... 48 % des gens interpellés pour des actes de délinquance à Paris, 55 % à Marseille et 39 % à Lyon sont des étrangers... Bien sûr que l'étranger n'est pas par nature un délinquant. Mais il est évident que nous avons un problème de délinquance étrangère. Un étranger qui commet un acte de délinquance grave doit être expulsé très vite, parce qu'il crache sur le sol qui l'accueille. La question est “quel est le niveau d’acceptation qu’on doit avoir d’un étranger qui commet des actes de délinquance sur le territoire national ? Il faut qu’on ait ce débat, car on peut être démocrate et ferme, et il ne faut pas le laisser au Rassemblement national ni à la vindicte populaire des réseaux sociaux ».


Articles sur ce blog concernant :
Avant le communiqué du parquet, le prénom de la victime a été diffusé en des orthographes variés : "Eyal", "Eliahou".

« Instagram - La foire aux vanités » d’Olivier Lemaire

Arte diffusera le 30 août 2022 à 22 h 20 « Instagram - La foire aux vanités » (Instagram - Das toxische Netzwerk) d’Olivier Lemaire. « Lancé il y a un peu plus de dix ans, le réseau social Instagram a conquis la planète. Cette enquête exhaustive décrypte les rouages de son ascension et met en lumière ses effets délétères. » 
 


Arte propose le dossier « La puissance des réseaux sociaux en question ». « Les "Facebooks Papers" s'enchaînent : derrière ce nom se cachent des documents dérobés par la lanceuse d'alerte Frances Haugen et décryptés par des médias. Ils dénoncent l'échec du réseaux social dans la modération de contenus haineux dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis, en lien avec l'attaque du Capitole. Ce n'est pas la première fois que cette ancienne cheffe produit chez Facebook dénonce les failles du réseau social : elle avait déjà mis en cause les algorithmes de Facebook, qui mettent en avant les contenus les plus clivants et les plus violents, encourageant les internautes à la haine. Ce n'est pas la seule critique que l'on peut faire aux réseaux sociaux : Instagram est ainsi décrit comme particulièrement dégradant et nocif pour les petites filles. Dans ce dossier, retrouvez un large panorama de documentaires et d'analyses pour comprendre les problèmes que posent les réseaux sociaux ».

Arte réunit des reportages dans son dossier « Insta Art ». « Les NFT, œuvres d'art certifiées au format pixel, ne se négocient pas auprès des galeristes ou aux enchères, mais sur des plateformes de cryptomonnaies. Instagram, la vitrine virtuelle pour les artistes, en est remplie, mais l'art de la blockchain n'est pas le seul à se trouver dans la galerie infinie. Les artistes @aevtarperform et @filipcustic remettent en question les stéréotypes avec leurs avatars surréalistes. Un cours accéléré sur l'art sur Instagram ». 

En 2010, Kevin Systrom, Américain passionné par la photographie, et le Michel Mike Krieger, Brésilien polyglotte, tous deux ayant étudié à Stanford, créent Instagram, "application, réseau social et service de partage de photos et de vidéos". Ils forgent ce nom en associant "Insta" (Instant camera, appareil photographique instantané) et "gram" du vocable anglais "telegram".

En 2012, Facebook Inc., devenu Meta, acquiert Instagram. 

Instagram se vante de son milliard d'abonnés - ceux-ci doivent avoir au moins treize ans -, dont les trois quarts vivent hors des Etats-Unis en 2018.

Il est critiqué pour sa censure. Le 27 octobre 2020, il a annoncé avoir mis à jour sa politique sur la nudité, notamment sur les photographies de poitrines. "Nous n'autorisons pas le fait de se compresser les seins, car c'est souvent associé à du contenu pornographique, mais nous savons que nous avons commis des erreurs dans la manière dont cela a été appliqué, notamment à l'égard de la communauté grande taille... Avoir des retours de membres de la communauté 'body positive' nous a aidés à comprendre les limites de cette politique et comment nous pouvions l'améliorer", a déclaré une porte-parole du réseau social dans un communiqué. "Plier les doigts en un mouvement de pression" qui "entraînera un changement de forme des seins" conduira "à la suppression de la photo. Les règles d'Instagram sur la nudité interdisent notamment les "gros plans sur des fesses complètement exposées" et les "mamelons de femmes découverts". A de nombreuses reprises, la modération a supprimé des photos de femmes grosses montrant leurs formes et leurs bourrelets ou couvrant leurs seins".

"Ces règles avaient été dénoncées dans une campagne menée notamment par la mannequin Nyome Nicholas-Williams, qui promeut une mode inclusive. "Espérons que ce changement de politique mettra fin à la censure des corps noirs et gros", a réagi la mannequin sur Instagram". 

L'initiative a aussi été saluée par la DJ Barbara Butch, dont la photo en une du magazine français Télérama sur la grossophobie avait été censurée par le réseau social. "Cette règle a enfin sauté" et sera "en place réellement dès mercredi. 
Et si du coup on lançait un petit challenge pour vérifier que le réseau social s'y conforme bien ?", a-t-elle réagi.

Le 10 août 2021, nouvelle polémique. Instagram a supprimé temporairement, 
pour non respect des "règles d'utilisation", l'affiche de Madres Paralelas, film de Pedro Almodóvar : en noir et blanc, une goutte de lait est suspendue à un téton ; l'ensemble semble former l'iris et la pupille d'un œil pleurant. "Honte à vous Instagram", a écrit Javier Jaen, graphiste espagnol auteur de l'affiche, qui a invité les Internautes à partager son visuel. Le 11 août 2021, Instagram a présenté des excuses et remis en ligne les messages ayant diffusé cette affiche.

Le 28 juillet 2022, Adam Mosseri, dirigeant d'Instagram, a annoncé que "l’application allait temporairement suspendre des changements de configuration qui lui permettait d’imiter sa rivale TikTok, dans une interview à la newsletter spécialisée Platformer". Un succès des abonnés du réseau social hostiles à ces mutations. "Après une campagne des utilisateurs contre ces nouvelles fonctionnalités, l’application compte notamment arrêter un test sur l’affichage dans l’application des photos et des vidéos en plein écran, comme il est d’usage sur TikTok. Le nombre de contenus « recommandés » aux utilisateurs par son algorithme, va aussi diminuer, au moins temporairement".

« Instagram - La foire aux vanités »
Arte diffusera le 30 août 2022 à 22 h 20 « Instagram - La foire aux vanités » (Instagram - Das toxische Netzwerk) d’Olivier Lemaire. « Lancé il y a un peu plus de dix ans, le réseau social Instagram a conquis la planète. Cette enquête exhaustive décrypte les rouages de son ascension et met en lumière ses effets délétères. »

« Deux milliards d’utilisateurs actifs chaque mois, 100 millions de vidéos et photos partagées quotidiennement : lancé à l’automne 2010, au cœur de la Silicon Valley, par Kevin Systrom, américain, et Mike Krieger, brésilien, deux étudiants de l’université de Stanford, le réseau Instagram a connu une ascension fulgurante ».

« Surfant sur le développement de la photographie sur mobile, l’application, initialement conçue pour retoucher (grâce à ses fameux filtres) et partager des clichés, attire rapidement des célébrités et attise la convoitise des géants du numérique ». 

« En 2012, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, qui flaire son potentiel commercial, la rachète pour la somme faramineuse de 1 milliard de dollars ». 

« La publicité y fait son apparition deux ans plus tard, favorisant l’explosion du marketing d’influence ». 

« Désormais, les marques se tournent vers les personnalités les plus suivies pour promouvoir leurs produits ». 

Instagram s'est imposé comme le premier tour-operator.

« Les stars aux millions d'abonnés, comme Cristiano Ronaldo ou Kim Kardashian, engrangent des revenus astronomiques, tandis qu’au bas de la hiérarchie, soumis à une concurrence impitoyable, les "nano-influenceurs" se contentent de contrats payés en nature ou d’avantages promotionnels ». 

« Transformé en gigantesque centre commercial, le réseau abreuve ses utilisateurs de visions modifiées de la réalité, entre corps jeunes et dénudés, spots touristiques aussitôt pris d’assaut et images esthétisées de nourriture, labellisées "food porn". 

« Conséquences : les opérations de chirurgie esthétique se multiplient chez les jeunes, enrichissant des praticiens peu scrupuleux, tandis que l’anxiété et la dépression progressent de façon inquiétante chez les adolescents, particulièrement perméables à ces idéaux standardisés ».

« Pointé du doigt pour ses dérives, le réseau a pourtant trouvé un second souffle pendant la pandémie, devenant un lieu d’expression artistique, de l’intime et des combats portés par les minorités ». 

« De sa naissance à ses récentes évolutions, Olivier Lemaire (Le musée et le milliardaire anticonformiste, Let’s Dance) s’appuie sur une foule de témoignages (l’influenceuse Maya Borsali, le "Dr. Miami", chirurgien star des réseaux sociaux, le sociologue Dominique Boullier, l’autrice d’Instagram sans filtre Sarah Frier, mais aussi des familles d’adolescents victimes de cette tyrannie de l'image…) pour décrypter l’influence d’un réseau qui formate notre vie, bouleverse notre économie et redessine notre rapport au réel, souvent pour le pire. » 



« Instagram - La foire aux vanités » d’Olivier Lemaire
France, 2022, 87 min
Auteurs : Olivier Lemaire, Nicolas Combalbert
Coproduction : ARTE France, Capa Presse
Sur Arte les 30 août 2022 à 22 h 20, 16 septembre 2022 à 2 h 00
Disponible du 23/08/2022 au 28/10/2022
Visuels :
Mayadorable, 19 ans, influenceuse, 1 million d' abonnés sur Instagram
Le " Food Porn" phénomène culinaire et social d' Instagram. 260 millions de publications
Mayadorable, 19 ans, influenceuse, 1 million d' abonnés sur Instagram
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