Citations

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« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

lundi 9 novembre 2015

« Ode to Joy » de Rabih Mroué


Rabih Mroué est un metteur en scène, vidéaste et acteur libanais. Les Kammerspiele de Munich (Münchner Kammerspiele) à Munich présentent Ode to Joy. Une « performance » en allemand, arabe et anglais, politisée choquante dont Arte  a rendu compte dans Metropolis.


Né en 1967 à Beyrouth (Liban), Rabih Mroué est un artiste dont les œuvres sont présentées dans le monde, et un habitué des festivals.

Il « est l’auteur  d’une œuvre à la croisée du théâtre, de la performance et des arts visuels. En prise directe sur les réalités sociales et politiques du Liban, il cherche à rendre compte des questionnements et des contradictions qui agitent la société. Les rapports entre images, expression et représentation sont au cœur de Riding on a cloud, performance qui scrute le passage d’une photographie à une autre pour tenter de construire une histoire, aussi personnelle que collective ». 

En 2008, le Centre Pompidou a présenté l’exposition Les inquiets. Yael Bartana, Omer Fast, Rabih Mroué, Ahlam Shibli, Akram Zaatari. 5 artistes sous la pression de la guerre  assortie d’un catalogue et d'un dépliant gracieusement mis à la disposition du public, tous trois partiaux et problématiques notamment par leur terminologie biaisée, le mélange de fiction et de réalité, etc. Les œuvres – vidéos, installation et photographies - de cinq jeunes artistes – les Israéliens Yael Bartana, Omer Fast et Ahlam Shibli, les libanais Rabih Mroué et Akram Zaatari – portent sur les « questions liées à la guerre au Moyen-Orient ». 

Rabih Mroué proposait « une vidéo Three Posters (2003) dans laquelle il questionne la possibilité de représenter un événement aussi dramatique que le suicide d'un martyr. À partir de bandes vidéo trouvées dans les années 80 au sein des bureaux du Parti Communiste Libanais, Mroué reconstitue le témoignage d'un martyr. Le visionnage de cette reconstitution entraîne de nombreuses questions à propos de la transformation graduelle de l'idéologie sous-jacente des combattants d'abord de gauche puis Islamistes, à propos des politiques qui envoient les martyrs à la mort et enfin, à propos de l'influence de tout cela sur la vie d'un artiste et sa capacité à le représenter ». Il s’agit en fait d’un terroriste communiste qui s’est fait exploser parmi des soldats israéliens au sud-Liban. Qualifier un terroriste de « martyr » est pour le moins choquant, et n’est pas neutre, tout comme l’indifférence de l’artiste pour les victimes israéliennes.

En 2014, le Festival d’automne  avait présenté Trilogy: On Three Posters / The Inhabitants of Images / Pixelated Revolution, de Rabih Mroué. Une performance accueillie au Théâtre de la Bastille. Trilogy « reprend trois « conférences non-académiques » de l’artiste, à mi-chemin entre le cours magistral, la performance et la conversation avec le public. Rabih Mroué  y arrête quelques images, les déplace pour mieux en creuser les implications sociales et symboliques, les failles et les hors-champs – qu’il s’agisse du témoignage filmé d’un résistant candidat au suicide en 1985 (On Three Posters), de photomontages créés à des fins politiques (The Inhabitants of Images) ou de vidéos des premières heures de la révolution en Syrie (Pixelated Revolution). Mêlant le document à la fiction, ces œuvres sondent l’histoire récente et le présent tourmenté du Moyen-Orient, et instaurent une distance nécessaire, un espace de réflexion pour penser les conflits médiatisés et notre culture visuelle mondialisée ».

En 2015, les Kammerspiele de Munich  (Münchner Kammerspiele) présentent Ode to Joy (Ode à la joie), performance en allemand, en anglais et en arabe. 

Le thème : la prise d’otages et l’assassinat de 11 athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de Munich (ancienne République fédérale allemande, actuelle Allemagne) par les terroristes du mouvement Arabe palestinien Septembre Noir. Une tragédie révélant la détermination et le courage des athlètes et politiciens Juifs israéliens, ainsi que la lâcheté et l’incompétence de dirigeants politiques et sportifs européens, la cruauté lâche des terroristes Arabes palestiniens antisémites, et l’alliance remontant au grand mufti de Jérusalem al-Husseini entre ces derniers et les (néo-)nazis allemands.

A l’aube du 5 septembre 1972, lors des Jeux Olympiques (JO) d’été à Munich (alors en RFA), un commando lourdement armé de terroristes arabes palestiniens de Septembre Noir pénètre aisément dans le village olympique. Arborant des vêtements sportifs, il se dirige vers l’immeuble où demeure l’équipe israélienne.

Malgré la courageuse résistance d’athlètes israéliens, il kidnappe neuf athlètes de cette équipe ; les autres athlètes israéliens sont tués par les terroristes ou parviennent à fuir. Il formule alors ses exigences aux autorités allemandes : la libération de terroristes détenus en Israël et leur transfert en Israël, et celle de deux gauchistes allemands de la Faction armée rouge (RAF), Ulrike Meinhof et Andreas Baader, en Allemagne. Refus israélien. Les terroristes jettent par-dessus le balcon de l’immeuble un athlète israélien assassiné, Moshe Weinberg.

Malgré la demande israélienne, les autorités politiques allemandes et le Comité olympique refusent d’interrompre les J.O. dont les épreuves sportives, transmises à la télévision, se déroulent parallèlement aux négociations avec les terroristes.

Refusant les offres d’argent des autorités ouest-allemandes, les terroristes reportent leur ultimatum et exigent un avion pour aller au Caire (Egypte). Ils prennent un bus avec leur otage jusqu’à l’aéroport de la base militaire Fürstenfeldbruck de l’OTAN.

Là, des forces de l’ordre allemandes tentent une vaine opération pour mettre un terme à la prise d’otages. Alors que des athlètes israéliens étaient parvenus à rompre des liens autour de leurs poignets, tous les athlètes israéliens sont tués lors de l'intervention allemande.

Le bilan est lourd : onze athlètes Juifs de l'équipe olympique israélienne - David Mark Berger (28 ans, haltérophile), Zeev Friedman (28 ans, haltérophile), Yosef Gottfreund (40 ans, arbitre de lutte), Eliezaar Halfen (24 ans, lutteur), Yosef Romano (32 ans, haltérophile), Amitzur Shapira (40 ans, entraîneur de l'équipe d'athlétisme), Mark Slavin (18 ans, lutteur), Andre Spitzer (27 ans, arbitre d'escrime), Yakov Springer (50 ans, entraîneur de l'équipe d'haltérophilie), Kehat Schor (53 ans, entraîneur de l'équipe de tir), Moshe Weinberg (32 ans, entraîneur de l'équipe de lutte) - et un policier ouest-allemand décédés.

Lors de l'opération allemande, cinq des huit terroristes sont tués, et trois interpellés.

Rabih Mroué « examine dans sa nouvelle pièce, Ode to Joy, la situation des Palestiniens, qualifiée sur place de révolution. Point de départ de cette performance : la prise d’otages israéliens  par des terroristes palestiniens lors des Jeux Olympiques de 1972. À l’aide de documents d’archives, d’extraits de films et de récits de fiction, il explore plusieurs pistes dans un enchaînement de scènes ». S’inspirer de cet évènement tragique, et intituler cette performance Ode to Joy choquent. Ce que Rabih Mroué dénomme « révolution » s’avère le jihad, le terrorisme islamiste.

Rabih Mroué « partage les planches avec l’auteure, journaliste politique, palestinienne Manal Khader et l’actrice libanaise Lina Majdalanie. Tous trois s’interrogent sur notre vision du héros et de la victime, sur la perception des événements par les Palestiniens, jusqu’ici méconnue, sur le poids des images et le risque qu’elles soient manipulées ». Une telle remise en cause des victimes révèle une inversion perverse de la réalité. Ce spectacle ne manipule-t-il pas les images ? 

Et Arte conclut : « La pièce pose de nombreuses questions, laissées sans réponse. À la sortie, le spectateur, perplexe, se demande quelle peut être la contribution de cette œuvre à la construction d’un avenir apaisé ».

Et en quoi Ode to Joy est-elle une œuvre artistique ? Et pourquoi est-elle présentée dans ce théâtre bavarois majeur ?
Les citations proviennent d'Arte.

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