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jeudi 2 juillet 2026

Le sauvetage par Israël des otages à Entebbe

Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, sur l’aéroport d’Entebbe (Ouganda), a lieu le sauvetage extraordinaire par Tsahal (Israel Defense Forces, IDF) de la centaine d’otages, essentiellement juifs et israéliens, détenus par des terroristes allemands et palestiniens ayant détourné, le 27 juin 1976, un avion d’Air France. En juin 2026, lors du 50e anniversaire de l'opération à Entebbe, des documents secrets israéliens inédits sur l'opération militaire à Entebbe ont été rendus publics. Ils ont révélé le processus politique ayant mené à la décision israélienne d'entreprendre, sans aide extérieure, une opération de sauvetage à des milliers de kilomètres de ses frontières. Réalisé par Boaz Dvir, le documentaire « To Kill A Nazi » (Tuer un nazi) évoque le parcours de Michel Cojot, un passager français qui a communiqué à Israël des informations précieuses.
« Une jeunesse allemande » par Jean-Gabriel Périot 
« Extrémisme de gauche - Entre protestation et terreur » par Rainer Fromm


Dans le cadre de Metropolis, Arte diffusa sur son site Internet un reportage sur "Otages à Entebbe", de José Padilha avec Rosamund Pike, Daniel Brühl, Ben Schnetzer. "Le film de José Padilha revient sur le détournement d’un avion d’Air France par des terroristes allemands et palestiniens en 1976 : les pirates de l’air avaient gardé en otage les passagers israéliens et libéré les non-juifs, un "tri" qui avait profondément choqué l’opinion publique". Ce sont les Palestiniens qui ordonnent de séparer les passagers otages selon qu'ils étaient Israéliens/Juifs ou non.

La chaîne publique franco-allemande Arte a diffusé à une seule reprise, le documentaire allemand Les otages d’Entebbe, le combat d’Israël contre le terrorisme (Von Auschwitz nach Entebbe, Israels Kampf gegen den Terrorde Thomas Ammann (2009). Un film clair et intéressant sur ce "raid de l'impossible".

Grâce à des archives souvent inédites et des interviews de personnes impliquées – politiciens (Shimon Peres), anciens militaires (Ehud Barak), otages, anciens terroristes allemands, diplomates -, ce documentaire de Thomas Amman rappelle le contexte de ce détournement d’avion.

Opération Thunderbolt
Enlèvements d’hommes d’affaires (Hans Martin Schleier) ou de politiciens, meurtres, prises d’otages… C’est par ces actes terroristes que des mouvements d’extrême-gauche allemands et italiens se rendent célèbrent dans les années 1970.

Aden (Yémen) est alors le « fief de l’Internationale terroriste, le centre de formation du combat armé ».


Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) y « organise des camps d’entrainement pour terroristes venus d’Allemagne, d’Italie, du Japon ou de l’Amérique latine. Pour mener à bien ses opérations, le médecin » Wadi Haddad (Abu Ani), chef du « bras armé du FPLP. Ce « fils de réfugiés palestiniens, est spécialisé dans les détournements d’avions ». Il « recrute volontiers des mercenaires allemands issus des Cellules révolutionnaires ou de la Fraction Armée Rouge » (FAR).

« Les gens des CR sont devenus de plus en plus dépendants des Palestiniens. Pour finir, ils ont été sous leur coupe. Ce qui convenait à Abu Ani, car cela lui a permis de les manœuvrer un peu comme des pions », analyse Peter-Jürgen Boock, ancien membre des FAR.


« Il y a eu de violentes discussions parce que l’aile droite du Fatah regroupait des gens qui considéraient que le fascisme n’était pas allé assez loin, que cela leur aurait évité ce problème », se souvient Peter-Jürgen Boock, ancien membre de la FAR. Et Hans-Joaquim Klein, ancien membre des CR, de renchérir : « Il existe un antisémitisme dont on peut suivre le fil à travers toute l’histoire des Cellules révolutionnaires ».

Les « racines de cet antisémitisme remontent à la première moitié du XXe siècle. Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem et principal chef religieux musulman de la région, attise la haine contre les juifs et leur déclare la guerre ».

Hadj Amin al-Husseini (1895-1974) « est responsable de la mort de milliers d’entre eux. A l’époque, il bénéficie du soutien d’Hitler et du chef SS Heinrich Himmler ».

« Le mufti s’est allié avec les nazis et il était vraiment à l’époque le leader des Palestiniens. Je ne dis pas que tous les Palestiniens l’ont suivi… Mais c’était le principal chef palestinien », précise Avi Primor.

Al-Husseini deviendra « le père spirituel de Yasser Arafat, leader de l’OLP. De plus, il est parent avec Ali Hassan Salameh, instigateur de l’attentat de Munich » en 1972.

« On vivait dans une atmosphère d’attentats terroristes. Il y avait eu l’attaque contre les sportifs israéliens aux Jeux olympiques [de Munich]… Cela faisait partie de notre quotidien. Les Palestiniens cherchaient à faire régner la terreur dans le monde. Et pour cela, ils s’étaient alliés avec les terroristes du monde entier », constate Avi Primor, ancien diplomate israélien en poste en France qui décrit l’opposition d’une majorité d’Israéliens à l’établissement en 1965 des relations diplomatiques entre Israël et la République fédérale d’Allemagne (RFA). Avi Primor insiste sur le changement de l’image d’Israël après la guerre des Six-Jours (1967) : « C’est l’époque où les étudiants et les jeunes ont découvert les Palestiniens… Les Israéliens n’étaient plus seulement les juifs qu’il fallait aider. Ils devenaient des occupants, des agresseurs, et les véritables opprimés, c’était les Palestiniens qu’on découvrait alors ».

Le chef du FPLP, « le plus grand ennemi des Juifs et d’Israël », organise le détournement d’un avion d’Air France par deux terroristes allemands des CR - Wilfried Böse, 27 ans, et Brigitte Kuhlmann, 29 ans, qui « a plongé elle aussi dans la clandestinité » - et deux Palestiniens.

« L’action terroriste était une sorte d’idée fixe pour Wilfried Böse. Il était toujours en train de préparer un attentat. Il avait tellement d’idées qu’il n’a jamais réussi à en mener une seule jusqu’au bout », observe Hans-Joaquim Klein, ancien membre des CR.


L’avion d’Air France reliant Tel-Aviv à Paris est détourné peu après son escale à Athènes (Grèce) avec ses 248 passagers et 12 membres d’équipage. Direction : Bengazi (Libye) car les terroristes espèrent le soutien du dictateur Kadhafi.


Dès la première réunion le 27 juin, le gouvernement israélien est divisé. Si le Premier ministre Yitzhak Rabin souhaite négocier, le ministre de la Défense Shimon Pérès privilégie l’option militaire pour libérer les otages. « Officiellement, on refuse de négocier avec les terroristes, mais dans la pratique, on fait toujours quelques tentatives car on ne sait jamais comment cela va se terminer. On peut très bien lancer une opération militaire et venir à bout des terroristes, mais on risque aussi de perdre les otages », relate Avi Primor.


Pendant les négociations avec les terroristes, l’armée israélienne prépare secrètement une opération pour libérer les otages avec des spécialistes du combat anti-terroriste. Depuis le détournement en 1972 d’un avion de la compagnie belge Sabena contraint d’atterrir à Tel-Aviv et l’intervention militaire ayant permis de sauver les otages à son bord – un passager était alors mort -, Israël s’était entraîné à la prise d’assaut.

Le général Matan Vilnaï, « ancien général parachutiste, rassemble une centaine de parachutistes en prévision d’une intervention ». Une « unité d’élite, des combattants anti-terroristes de la Sayeret Matkal ».


Le 27 juin, une jeune Britannique est autorisée à quitter l’avion. Puis, une infirmière feint une maladie et obtient des pirates de l’air sa libération. A Londres, elle est interrogée par les agents du Mossad. « Elle nous a dit [que les terroristes] étaient quatre : deux Palestiniens, une Allemande et un Allemand. Elle a décrit leurs armes et nous les avons identifiées », affirme Muki Betzer, ancien commandant de l’unité anti-terroriste.


L’avion décolle pour rejoindre Entebbe en Ouganda où Idi Amin Dada, « dictateur sanguinaire », feint de jouer au médiateur entre les gouvernements et les terroristes, mais soutient ces derniers.


A l’instar des nazis, les terroristes opèrent une sélection parmi les otages. Parmi ceux-ci, seuls ceux détenteurs de passeports français – au nombre de 147 - sont libérés. Et 85 otages juifs ayant un passeport israélien sont parqués dans l’aérogare. « Une nouvelle fois, on assiste à une sélection entre juifs et non juifs. Et qui procède à cette sélection ? Des Allemands. Vous imaginez l’impact que cela a pu avoir », s’exclame Avi Primor.

Michel Bacos, commandant de bord de l’avion, et l’équipage se distinguent par leur solidarité avec les otages israéliens : évoquant l’« éthique de la profession », ce commandant souligne : « Pour nous, il n’était pas question d’abandonner une personne ».

Les terroristes exigent la libération de centaines de terroristes palestiniens emprisonnés en Israël, au Kenya, en France, en Suisse et en Allemagne ainsi que des terroristes allemands. Des cellules de crise fonctionnent au Quai d’Orsay (Paris) et à Bonn. « Si on relâchait [ces terroristes], ils allaient reprendre leurs agissements », résume Hans-Jochen Vogel, ancien ministre fédéral de la Justice.


Dora Bloch, septuagénaire souffrant de problèmes respiratoires, est séparée des autres otages pour être hospitalisée.

Israël obtient les plans du terminal de l’aéroport grâce à une entreprise israélienne ayant construit les pistes à l’époque des bonnes relations entre Israël et l’Ouganda. Convertit un avion cargo. Assure un entraînement intensif à ses jeunes soldats.


Le général de brigade Dan Shomron est nommé commandant en chef de l’opération. Il est assisté de Yonatan Netanyahou, officier de 30 ans issu d’une éminente famille israélienne et un des chefs de l’unité Sayeret Matkal. Il « nous a insufflé une confiance absolue en nous-mêmes, et en nos capacités. Son comportement était celui d’un homme qui maîtrisait parfaitement la situation. Nous étions très impressionnés par lui. Cela nous a beaucoup aidés pendant l’opération. Les instructions qu’il a données étaient extraordinaires. Je n’ai jamais entendu cela avant une opération », précise Amir Ofer, ancien officier de l’unité anti-terroriste.

Menée le 30 juin peu avant l’expiration de l’ultimatum, avec in extremis l’autorisation du gouvernement israélien, à 4 000 km d’Israël, l’opération Thunderbolt, qui devait être dénommée « Vague de cendres », réussit : la centaine d’otages est libérée sauf trois otages Juifs - Jean-Jacques Mimouni, jeune franco-israélien âgé de 19 ans, Pasco Cohen et Ida Borochovitch - qui seront tués lors de l'opération, et les terroristes tués. Cependant, Yonathan Netanyahou est mortellement blessé au début de l’opération, ainsi que des otages pris par erreur pour des terroristes. Un parachutiste Sorin Hershko, gravement blessé, devient paraplégique, et confie avec conviction et dignité : « Ma participation a toujours été un honneur pour moi ».

Vengeance cruelle d’Idi Amin Dada : Dora Bloch est assassinée sur ses ordres.

Le réalisateur Eyal Boers a consacré son documentaire canado-israélien To Live and Die in Entebbe (2012) aux trois otages Juifs tués lors de l'opération israélienne, et dont l'histoire officielle a oublié les noms et parcours brisés.

Voici des archives filmées par l'armée israélienne de l'arrivée en Israël des sauveteurs et des anciens otages et de leur accueil par des membres du gouvernement israélien et de Tsahal : Yitzhak Rabin, Premier ministre, Shimon Peres, ministre de la Défense, le major Poren, secrétaire général du Premier ministre, le général de division Shlomo Gazit, Aryeh Brown, secrétaire général du ministre de la Défense, Yigal Shefi, Chef d'état-major, M., Amos Eran, Directeur général de la Cabinet du Premier ministre, le général de brigade Dan Shomron-Kahatzar, Avigdor (Janusz) Ben-Gal-A. 


Quelles leçons pour les démocraties ?
Israël a refusé de céder aux terroristes : « Enough is enough  ! » La force de Tsahal, la détermination, l’intelligence et le courage de ses soldats, la qualité des renseignements recueillis ont permis à l’Etat juif de mener rapidement et victorieusement une action périlleuse. Seul.

L'un des deux titres originaux en allemand du documentaire - Von Auschwitz nach Entebbe, Israels Kampf gegen den Terror et Operation Donnerschlag Israels Kampf gegen den Terror - souligne la volonté génocidaire communes aux les nazis et aux islamistes.

Le documentaire souffre parfois d’une terminologie inadéquate : « Israël est l’ennemi juré de la Libye et d’autres pays arabes ». Non, ce sont ces pays arabes qui sont les ennemis de l’Etat juif dont ils refusent de reconnaître la légitimité, le droit à l’existence. « Des Palestiniens avaient pris le contrôle d’un » avion. Ce sont des terroristes palestiniens qui l’avaient détourné. L’islamisme n’est pas nommé.

De plus, la lutte contre le terrorisme n’est pas le combat du seul Israël. C’est aussi celui de ceux visés par l’islamisme : d’autres démocraties – en particulier, les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, de novembre 2008 à Bombay/Mumbai (Inde) - et des régimes autoritaires : prises d'otages par des Tchétchènes au théâtre de Moscou en octobre 2002 et à l’école de Beslan en septembre 2004, etc.


Des Palestiniens, le documentaire montre les seules images de pauvres réfugiés dans des camps, alors qu’un seul tiers des réfugiés y vit. Et surtout, ce film occulte le rôle des dirigeants palestiniens et arabes, des mouvements terroristes, ainsi que de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), dans l’instrumentalisation de ces réfugiés qui bénéficient cependant d’un statut privilégié héréditaire, reçoivent une manne financière internationale abondante, etc.


On peut regretter l’absence d’interviews de responsables et terroristes palestiniens, ou le silence sur les réactions dans le monde après ce sauvetage.

Curieusement, les visuels libres de droits du documentaire ne montrent pas les terroristes allemands et palestiniens.


Ancien directeur du Mossad (1974-1982), le Maj.-Gen. (res.) Yitzhak Hofi est mort à Ramat Gan le 15 septembre 2014 à l'âge de 87 ans.

Le 23 juin 2015, l'Etat d'Israël a rendu hommage à Yonatan Netanyahou, héros mort lors de cette opération audacieuse. 


En juillet 2015, le musée du Centre Yitzhak Rabin présenta une exposition sur l'opération Entebbe.

Hommage en 2016

Le 4 juillet 2016, jour du 40e anniversaire de cette opération, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a débuté un voyage officielle en Afrique. 

"Accompagné de 80 hommes d’affaires représentant une cinquantaine d’entreprises israéliennes, Netanyahu a débuté en Ouganda une tournée africaine de quatre jours qui l’emmènera aussi au Kenya, au Rwanda et en Ethiopie".


"Israël cherche à s’assurer le soutien des pays africains dans les institutions internationales, où il fait l’objet de vives critiques liées aux Territoires palestiniens ou à ses activités nucléaires. Le gouvernement israélien a récemment approuvé une proposition d’ouvrir des bureaux de l’Agence israélienne pour le développement international dans ces quatre pays. Cette agence partage avec les pays en voie de développement les technologies et le savoir-faire israéliens. Selon le bureau de Netanyahu, une enveloppe de 13 millions de dollars (11,7 millions d’euros) sera consacrée au « renforcement des relations économiques et de la coopération avec les pays africains ». Elle inclut notamment une formation dans les domaines de la « sécurité nationale » et de la santé. Le Premier ministre israélien devait également prendre part lundi à un mini-sommet régional sur la sécurité et le « terrorisme », rassemblant les chefs d’Etat et de gouvernement kényan, rwandais, éthiopien, sud-soudanais, zambien et malawite".

Dans la tour de contrôle de l'ancien aéroport d'Entebbe en Ouganda, il a participé le 4 juillet 2016, avec des soldats israéliens, des dirigeants politiques ougandais et israéliens - président d’Ouganda et son épouse, ministre de l’Education et des Sports, ainsi que l’homologue israélienne de cette dernière, Miri Regevn députés Omer Bar-Lev, vice chef d’Etat-major Yair Golan,  chef des renseignements militaires Herzi Halevi, directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold -, ainsi que des représentants de la communauté juive d'Ouganda, à une cérémonie en hommage aux victimes de cette opération de sauvetage. Parmi les spectateurs à cet événement important sur les rives du lac Victoria, à environ 40 kilomètres au sud de la capitale Kampala : l'ancien ministre de la Défense Shaul Mofaz, Giora Eiland, d’autres participants de l’opération, et des représentants des victimes et des soldats en service des unités ayant participé à l’opération.

Les hymnes nationaux des deux pays ont été interprétés par la fanfare militaire. La "cérémonie a commencé avec un chant en hébreu chanté par un officier de l’armée israélienne. Cette chanson, « Eretz Tzvi », est « surtout associée à l’opération Entebbe », a déclaré la maîtresse de cérémonie.

Akiva Laxer, un des anciens otages d’Entebbe, a prononcé des bénédictions et des remerciements pour avoir survécu a cette épreuve : « Au nom de mes trois enfants, je te bénis Seigneur, notre Dieu, qui a fait ce miracle pour moi en cet endroit. » La maîtresse de cérémonie, lisant ses notes, a déclaré que le sauvetage des otages était un commandement religieux important du judaïsme. Elle a lu les noms des trois victimes tuées à l’aéroport, et celui de Dora Bloch, Israélo-Britannique de 72 ans qui a plus tard été assassinée dans un hôpital ougandais. Pendant qu’une musique était jouée, une flamme a été allumée par un soldat israélien, fils d’un des otages assassinés.

Le chef du gouvernement Benjamin Netanyahu a déclaré : « Je suis ému d’être ici, à l’endroit où les troupes israéliennes ont sauvé ici des otages au cœur de l’Afrique, si loin de la maison. Il y a 40 ans, des soldats israéliens ont mené une mission historique », « héroïque » et « inoubliable ». Il a évoqué son frère aîné Yonathan, Yoni. Et d'ajouter : « Il y a 40 ans, ils ont atterri au beau milieu de la nuit dans un pays mené par un dictateur brutal qui a offert un refuge aux terroristes. Aujourd’hui, nous avons atterri en plein jour et avons été accueillis par un président qui combat le terrorisme. Entebbe est toujours avec moi, dans mes pensées, ma conscience et profondément dans mon cœur. Chacun d’entre vous, les soldats et les pilotes, que vous soyez ici ou pas ; vous ne saviez pas si vous rentreriez à la maison. Vous êtes venus pour sauver, mais vous saviez que si quelque chose se passait mal, il n’y avait aucune certitude que quelqu’un vienne vous sauver ». Aux familles des otages « dont les êtres chers ont été tués pendant ou après l’opération », Netanyahu a confié qu'à l'instar d'eux ayant éprouvé une « douleur terrible », il avait lui aussi connu cette douleur "en apprenant que son frère avait été tué". Il a ajouté que "malgré ce terrible prix, l’opération avait été un succès et avait renforcé la réputation d’Israël. Cela représente d’après lui une leçon pour les temps actuels, où le monde est toujours confronté au terrorisme". « Le terrorisme a souffert une défaite cuisante. » L'opération Entebbe prouve que « le bien peut triompher sur le mal ». Elle « a été un grand tournant pour mon peuple. Nous avons été assassinés par millions, sans Etat. L’Etat d’Israël a changé cela. C’est peut-être à Entebbe que cette transformation a été vue par le monde. Nous n’étions plus impuissants. »

En anglais, Netanyahu "a déclaré que l’Afrique était un « continent en plein essor ». Sous des applaudissements, il a ajouté que l’Etat juif cherchait « à améliorer ses relations avec tous les états africains. » Il s’est dit « fier » d’être le premier Premier ministre israélien depuis des décennies à venir en Afrique. « Israël revient en Afrique, et l’Afrique revient en Israël », a-t-il déclaré, répétant mot pour mot un slogan inventé au moment de l’annonce de son voyage, il y a plusieurs mois. Dans les années 1960, de nombreux pays africains avaient en effet pris leurs distances avec Israël en raison des guerres de l’Etat hébreu avec ses voisins entre 1967 et 1973 et des liens unissant Tel-Aviv au régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Et d'ajouter : "Afin de battre le terrorisme, le monde a besoin de deux choses : de la clarté pour distinguer le bien du mal, et du courage pour combattre le terrorisme. Nous devons condamner tous les actes de terrorisme, quelque soit l’endroit où ils ont été commis. Lorsque le terrorisme est défait à un endroit, il est affaibli partout. C’est pour cela qu’Entebbe […] était une victoire pour toute l’humanité ».


Le président ougandais, Yoweri Museveni, a estimé que l’opération Entebbe est « un autre lien » entre « la Palestine et l’Afrique ». Il "a invoqué l’histoire biblique de Joseph, qui « était aussi une historie triste, mais a aussi créé un lien, tout comme celle-ci. » Il a continué en déclarant que « bébé Jésus » avait été caché en Egypte, semblant impliqué qu’il était « un autre lien entre l’Afrique et la Palestine, tous nés dans de tristes circonstances ».Il a ajouté que « même […] la religion musulmane » avait été liée à l’Afrique quand le prophète Mahomet avait du fuir sur le continent".

A Netanyahu, il a déclaré : « Votre frère, Jonathan, certains otages israéliens, et certains soldats ougandais ont été tués ici, en cette nuit, le 4 juillet 1976. Heureusement, la mission de sauvetage a réussi et des civils innocents ont été sauvés. »


Il a ensuite souligné "que les terroristes devaient être distingués des combattants de la liberté. « Notre mouvement est un mouvement de libération. Nous n’avons jamais utilisé de méthodes terroristes. Quand il s’agit de savoir quelle guerre combattre, ce sont les deux, la cause et la méthode. Nous devons combattre une juste cause, mais également utilisé des méthodes de combat civilisées. L’utilisation sans discrimination de la violence est interdite. Même les soldats, quand ils ne sont pas armés, ils ne devraient pas être attaqués : c’est notre doctrine. Nous sommes un mouvement de libération, nous utilisons la violence pour la cause de l’Afrique, mais c’est de la violence disciplinée et qui a un but. Pas de la violence sans discrimination. »


Le "dirigeant ougandais a ensuite raconté une histoire à propos d’une rencontre entre lui et le président iranien de l’époque, Mahmoud Ahmadinejad. « Quand je suis allé en Iran, et qu’il y avait l’homme qui était président à ce moment, celui avant l’actuel, Ahmadinejad, je lui ai raconté cette histoire biblique », a-t-il raconté, en parlant des histories liant les juifs à la Terre sainte. « Il me disait que les Juifs ne viennent pas du Moyen Orient, mais d’Europe. Je lui ai dit non, j’ai ma Bible, j’ai ma Bible avec moi, je la lui ai montrée. » Museveni a raconté qu’Ahmadinejad « ne savait rien ». « Dans la Bible, on parle des Perses et des Médianites. Je lui ai demandé, où sont les Médianites ? Je sais que vous êtes les Persans. Mais où sont les Médianites ? Il ne savait pas. » La question est, a-t-il dit, qu’il y a « beaucoup d’ignorance. Bien sûr, je ne veux pas dire à mes amis arabes et à nos amis iraniens que vous êtes tous mentionnés dans la Bible. Il a également noté, en passant, que les « Ougandais pensent que vous êtes chrétiens… Ils ne savent pas que vous êtes les petits-enfants d’Abraham. »

Netanyahu a "ensuite déposé une couronne pour commémorer l’opération à l’aéroport. En 2005, alors qu’il n’était pas à la tête du gouvernement, Netanyahu s’était déjà rendu en Ouganda et avait dévoilé une plaque à la mémoire de son frère".


Projection-débat en 2018
Le 15 novembre 2018 de 20 h 15 à 23 h, la Maison de la Culture Juive de Nogent organisa la projection/débat au Cinéma Royal Palace Nogent du film « Otages à Entebbe », en présence de Rami Sherman, officier d'intervention de Yonatan Netanyhou & de plusieurs témoins. "Le 27 juin 1976, le vol Air France 139, venant de Tel Aviv en Israël et transportant 246 passagers et 12 membres d’équipage, décolle d’Athènes pour rejoindre Paris, mais le vol est détourné par 4 terroristes : 2 Palestiniens membres du Front populaire de libération de la Palestine et 2 Allemands, dont le bras droit de Carlos, appartenant au Revolutionäre Zellen. Ils prennent le commandement de l’avion et le détournent vers Entebbe en Ouganda, où ils atterrissent à l’aéroport international."

Michel Bacos
Commandant de bord du vol 139 d’Air France détourné, gaulliste, Michel Bacos est mort le 26 mars 2019, à l'âge de 95 ans, à Nice. L'hymne israélien a été interprété lors de son enterrement. Le colonel Yonatan Yaari, attaché militaire auprès de l’ambassade d’Israël en France, a prononcé un discours : « Je tenais à être présent ici parmi vous pour saluer la mémoire du commandant Michel Bacos, a-t-il déclaré. Je suis très honoré de partager ce moment avec vous et de représenter ici l’État d’Israël et nos forces armées, Tsahal. En effet, suite à quelques jours dramatiques en 1976, nos destins se sont liés. Par son choix de ne pas abandonner l’ensemble des passagers israéliens et juifs, le commandant Bacos a fait preuve d’un sens de responsabilité, fraternité et courage remarquables qui ont marqué toute une génération en Israël. Il a dit : ‘Un équipage ne quitte pas ses passagers. Un point c’est tout.’ Il savait parfaitement qu’en faisant ce choix, il mettait en danger sa propre vie. Il a préféré rester fidèle à son sens du devoir et d’éthique. En mon nom personnel et au nom de l’État d’Israël, je vous présente toutes nos condoléances les plus sincères. La mémoire du commandant Bacos et de son héroïsme restera gravée dans l’histoire de notre nation pour toujours. »

Michel Cojot
Réalisé par Boaz Dvir, le documentaire « To Kill A Nazi » (Tuer un nazi) évoque le parcours de Michel Cojot, un consultant français dont le père juif Joseph Goldberg avait été déporté et assassiné lors de la Shoah. Michel Cojot avait tenté de tuer Klaus Barbie, puis avait témoigné au procès à Lyon du dirigeant nazi. 

Passager dans cet avion détourné à Entebbe, il avait joué un rôle important en négociant avec les preneurs d'otages pour tenter d'améliorer les conditions de survie des otages, puis en communiquant des informations précieuses sur les armes des terroristes, les lieux, etc.

Ce film a été présenté en avant-première à Los Angeles ce 22 juin 2026 et sera projeté sur Internet, "cet été. La narration est assurée par l’acteur juif déjà récompensé Jason Alexander."

Dances with Films, USA, Sélection officielle, 2026. Mention honorable
Croatian International Film Festival, Croatie, Sélection officielle, 2026



Archives secrètes révélées
En juin 2026, lors du 50e anniversaire de l'opération à Entebbe, des documents secrets israéliens inédits sur l'opération militaire à Entebbe ont été rendus publics. Ils ont révélé le processus politique ayant mené à la décision israélienne d'entreprendre, sans aide extérieure, une opération de sauvetage à des milliers de kilomètres de ses frontières. Après l'échec des négociations avec les terroristes en vue d'un échange otages contre prisonniers, le gouvernement dirigé par Yitzhak Rabin avait pris la décision de mener une opération de sauvetage, seul, sans soutien d'un autre pays.

Issus des Archives, les "procès-verbaux des réunions du gouvernement montrent que, le 1er juillet 1976, le cabinet d'Yitzhak Rabin avait officiellement décidé d'accepter les exigences des terroristes et d'engager des négociations en vue d'un échange de prisonniers, faute d'alternative militaire crédible à ce stade de la crise."

"Ces documents, publiés par les Archives de l'État rattachées au Bureau du Premier ministre, révèlent que les dirigeants israéliens n'ont pas privilégié dès le départ une option militaire, contrairement à l'image largement répandue. Deux jours avant le raid qui libérera les otages en Ouganda, Rabin expliquait aux ministres que la décision d'ouvrir des négociations avait été prise "la conscience tranquille", car "il n'existait alors aucune alternative militaire réalisable dans les délais impartis".

"Le procès-verbal de la réunion du 1er juillet montre ainsi que le gouvernement a accepté d'autoriser son équipe de négociation à entamer immédiatement des discussions avec les ravisseurs, en se déclarant prêt à libérer des prisonniers en échange des otages. Rabin reconnaissait alors qu'Israël s'apprêtait à devenir "le premier gouvernement à accepter d'entrer dans des négociations" avec des terroristes, précisant qu'il ne s'agissait pas d'une simple manœuvre de diversion mais d'une véritable intention de parvenir à un accord."

"Même le ministre de la Défense, Shimon Peres, pourtant farouchement opposé sur le principe à toute concession au terrorisme, s'était rallié à cette décision. Il avait averti ses collègues que céder aux exigences des terroristes risquait d'encourager le terrorisme international, tout en reconnaissant qu'aucun plan opérationnel n'était alors disponible."

Le tournant intervient lorsque les preneurs d'otages décident de prolonger leur ultimatum. Ce délai supplémentaire permet à Tsahal et aux services de sécurité d'élaborer, pour la première fois, une opération militaire concrète. Lors d'une nouvelle réunion gouvernementale le 3 juillet, quelques heures avant le décollage des avions vers l'Ouganda, Rabin explique que "le temps supplémentaire, les nouvelles informations et leur analyse permettent désormais d'envisager une option militaire raisonnable". À partir de ce moment, les négociations ne visent plus qu'à gagner du temps afin de préparer le raid."

"Les archives montrent toutefois qu'aucun des responsables politiques ne nourrissait d'illusions sur les risques de l'opération. Rabin avertit les ministres que le raid entraînera probablement des pertes, tant parmi les soldats que parmi les otages. "Je ne veux pas que le gouvernement prenne sa décision sur la base d'hypothèses optimistes qui ne reposent pas sur les renseignements dont nous disposons aujourd'hui", déclare-t-il. "Nous nous engageons dans une opération complexe qui fera des victimes."

"Les inquiétudes portent également sur la qualité des renseignements disponibles. Le ministre de la Police, Haim Bar-Lev, souligne que les informations sur le terrain sont incomplètes, tandis que Shimon Peres décrit l'opération comme "une première dans l'histoire d'Israël en dehors des frontières du Moyen-Orient".

"Ces documents offrent ainsi un éclairage inédit sur la prise de décision qui a précédé le célèbre raid d'Entebbe. Ils montrent que le recours à la force n'a été adopté qu'après l'apparition d'une possibilité opérationnelle crédible, alors que le gouvernement s'était initialement résolu, par absence d'alternative, à négocier avec les ravisseurs pour tenter de sauver les otages."



"To Kill a Nazi" de Boaz Dvir
Etats-Unis, France, 2026, 101 min.
Producteurs : Boaz Dvir, Matthew Einstein, Gayle Zachmann
Narrateur : Jason Alexander

Les otages d’Entebbe, le combat d’Israël contre le terrorismede Thomas Ammann
Allemagne, 2009, 52 minutes
Sur Arte le 30 juin 2010, à 20 h 35


Visuels de haut en bas :
Photos en couleurs : Muki Betzer, ancien commandant de l’unité anti-terroriste, Avi Primor, diplomate à la retraite, et Nahum Dahan, ancien otage. © Prounen Film/Uli Fischer
Photo du camp d'Auschwitz-Birkenau en noir et blanc : © DR
Photo de Jean-Jacques Mimouni :  © DR, Eyal Boers  
Logos du FPLP et des Forces de défense israéliennes

A lire :
Aventures dans le ciel : coup d'éclat à Entebbe, Aviasport, n° 557, avril 2001

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Cet article a été publié pour la première fois le 27 juin 2010, republié les 3 juillet 2012 et 3 juillet 2013, 16 septembre 2014, 24 juin 2015, 3 juillet 2016, 4 juillet 2017, 14 novembre 2018, 4 juillet 2019, 3 juillet 2020. Il a été modifié le 14 novembre 2018, 2 juillet 2021, 1er juillet 2022.

samedi 25 avril 2026

Diane Kurys

Diane Kurys est une actrice, réalisatrice et productrice française née dans une famille juive ashkénaze en 1948. Avec Alexandre Arcady, elle a fondé Alexandre Films, société de productions de films. La réalisatrice Diane Kurys puise souvent son inspiration dans sa vie, notamment son enfance. Dans sa filmographie : Diabolo menthe (1977), Cocktail Molotov (1980), Coup de foudre (1983), La Baule-les-Pins (1990), Les Enfants du siècle (1999), Je reste ! (2003), Sagan (2008), Pour une femme (2013), Arrête ton cinéma ! (2015), Ma mère est folle (2018), Moi qui t'aimais (2025)... Arte rediffusera le 11 mai 2026 à 13 h 35,"La Baule-les-Pins" (Ein Sommer an der See) de Diane Kurys (1989) avec Nathalie Baye, Richard Berry, Zabou Breitman, Jean-Pierre Bacri, Vincent Lindon et Valeria Bruni Tedeschi.

« Le chanteur de Gaza » par Hany Abu-Assad
« Pour Sacha » d'Alexandre Arcady
« Inch’Allah » d’Anaïs Barbeau-Lavalette
« Un Juif pour exemple » par Jacob Berger
« Un ami viendra ce soir » de Raymond Bernard
« Nu parmi les loups » de Frank Beyer
« Jacob le menteur » par Frank Beyer
« M. Kaplan », par Álvaro Brechner
Les Enfants du Paradis, l’exposition
« Borat » de Larry Charles
« Cours sans te retourner » de Pepe Danquart
« Ushpizin » de Gidi Dar
« Schtonk ! » par Helmut Dietl
« L’évasion de Baruch » par Ewald André Dupont
« Le métis de Dieu » par Ilan Duran Cohen
« Ivan le Terrible » par Sergej M. Eisenstein
« Autant en emporte le vent » par Victor Fleming, George Cukor et Sam Wood
« L’Homme qui tua Liberty Valance » par John Ford
« Hôtel Rwanda » de Terry George
« Félix & Meira » par Maxime Giroux
« The Immigrant » par James Gray
« Scarface » de Howard Hawks
« Elser, un héros ordinaire », par Oliver Hirschbiegel
« Enfants prodiges » par Kurt Hoffmann
« La Bible » par John Huston
« Kaddish pour un ami » de Leo Khasin
« The Exchange » par Eran Kolirin
« Le Livre de la jungle » par Zoltan Korda
« Le serment » (The Promise) de Peter Kosminsky
« Fritz Bauer - Un héros allemand » par Lars Kraume
« Diabolo menthe » par Diane Kurys
« La Planète sauvage » par René Laloux
« Les trois lumières », par Fritz Lang
« M le maudit » de Fritz Lang
« Le Testament du Docteur Mabuse » par Fritz Lang
« Metropolis » de Fritz Lang
« Espions sur la Tamise » de Fritz Lang
« L’institutrice » par Nadav Lapid
« La journée de la jupe » par Jean-Paul Lilienfeld
« Nowhere in Africa » par Caroline Link
« Le dossier Odessa » par Ronald Neame
Diane Kurys est née en 1948 dans une famille juive aux origines russe et polonaise à Lyon. Ses parents avaient fait connaissance et s'étaient mariés au camp de Rivesaltes en 1942.

"Mon père était communiste avant d'être juif. [Son] frère, en revanche, c'est le contraire. Le plus curieux, c'est que les traditions juives, chez nous, n'avaient pas cours. Je n'ai connu du judaïsme que la cuisine. La bouffe nous reliait au passé. C'est la seule chose que ma mère avait héritée de la tradition. Mon père, lui, était anticlérical, antireligieux. Le Parti communiste était son point de référence. Pendant quatre ans de guerre, mes parents s'étaient cachés, ils avaient survécu, et le PC était la garantie d'un contre-pouvoir efficace. Ils me racontaient parfois comment ils s'étaient échappés par les toits, devant les Allemands, puis comment ils avaient évité d'être déportés. Mon père, qui était dans la Légion étrangère, était au Maroc quand la guerre a éclaté. Il avait été démobilisé à Marseille, et il s'est retrouvé dans une ferme à Brive-la-Gaillarde. En novembre 1942, il s'est fait recenser, naïvement. On est venu l'arrêter, on l'a interné dans un camp. Mais là, le directeur du camp était un légionnaire : « Qu'est-ce que tu fais là, Kurys ? - Je suis juif. - T'es juif ? Faut pas rester là. Je vais te faire sortir. - Je peux sortir avec ma fiancée ? - Faut te marier », a confié Diane Kurys à L'Obs en 2013. Un épisode représenté dans Coup de foudre (1983) avec Isabelle Huppert,  Guy Marchand et Miou-Miou. Une veine biographique que la réalisatrice parcourt, explore au fil de son oeuvre filmée. Par touches délicates.

En 1954, le couple Kurys divorce. Alors que le père de Diane Kurys demeure à Lyon, sa mère s'installe à Paris et ouvre une boutique de prêt-à-porter féminin.

En 1964, Diane Kurys rencontre Alexandre Arcady. Deux ans plus tard, ils vont vivre dans un kibboutz au nord d'Israël. En 1990, le couple aura un fils, l'écrivain Sacha Sperling.

De retour en France, Diane Kurys étudie les lettres, travaille comme institutrice.

Puis dans les années 1970, elle devient comédienne au sein de la compagnie Renaud-Barrault, puis est recrutée par les metteurs en scène Antoine Bourseiller, Ariane Mnouchkine à La Cartoucherie, et joue au Café de la Gare.

Sa carrière d'actrice ne la satisfait pas.

En 1975, Diane Kurys adapte avec Philippe Adrien la pièce Hôtel Baltimore de Lanford Wilson qu'elle joue à l'Espace Cardin dans une mise en scène d'Alexandre Arcady et dans son adaptation télévisée réalisée par Dirk Sanders.

Puis elle se lance dans l'écriture de scénarios et la production de films pour Alexandre Films, la société qu'elle co-crée en 1977 et dirige avec Alexandre Arcady. 

"La société Alexandre Films a produit la totalité des films de Diane Kurys et d’Alexandre Arcady, ainsi que quelques longs métrages du jeune réalisateur Alexandre Aja. Développer à la fois des sujets personnels et atteindre le grand public en toute indépendance a été la ligne éditoriale de cette société. La plupart des films produits par Alexandre Films témoignent de notre histoire collective. Ils partent souvent de la mémoire intime et entrent en résonnance avec le vécu du public : Diabolo Menthe, Le coup de Sirocco, Coup de Foudre, La Baule les Pins , Après l’Amour, Comme les cinq doigts de la main, Pour une femme… Parfois, ils explorent les différents aspects de notre culture et de nos valeurs à travers un fait divers ou une page de la grande Histoire :  Ce que le jour doit à la nuit, Le Grand Pardon, Le Grand Carnaval, K, L’Union sacrée , Là-bas mon pays, Cocktail Molotov, Pour Sacha… Ou bien ils évoquent des personnages historiques ou littéraires : Sagan, Les enfants du Siècle, Un homme amoureux…

"Diabolo menthe"
1976. Diane Kurys débute l'écriture d'un roman autobiographique. Un an plus tard, sur le conseil d'Alexandre Arcady, elle transforme son texte en scénario de film. C'est ainsi que naît « Diabolo menthe » qui représente son premier film en tant que réalisatrice-scénariste-productrice autodidacte.

« Diabolo menthe » (Die kleinen Pariserinnen ; Peppermint Soda) par Diane Kurys. « Au début des années 1960, deux sœurs font l'apprentissage de la vie, de l'amour, de la politique... Premier film (et premier coup d'éclat) pour Diane Kurys, qui signe avec « Diabolo menthe » une chronique subtile de l'adolescence. » Un premier film loué d'une oeuvre en partie autobiographique.

« Septembre 1963. C'est la rentrée des classes. Dans les cours et les couloirs du lycée Jules-Ferry, à Paris, des essaims de jeunes filles en fleur. Parmi elles : Anne, 13 ans, et sa sœur Frédérique, 15 ans. À l'intérieur du lycée, c'est la monotonie accablante des travaux et des cours : l'état-major autoritaire, les professeurs plus ou moins ridicules, le folklore des chahuts improvisés, la discipline que l'on supporte ou que l'on brave, les amitiés adolescentes. Au-dehors, Anne et Frédérique s'accommodent comme elles peuvent d'une vie de famille pleine de tiraillements et d'incidents domestiques. Leurs parents sont divorcés... »

« Premier film (et premier coup d'éclat) pour Diane Kurys, qui signe avec Diabolo menthe une chronique subtile de l'adolescence, rythmée par les radios portatives, la candeur des écolières et l'émission Salut les copains, mais aussi par l'appétit d'hommes qui ne s'embarrassent pas de l'âge ». 

« En toile de fond, la politique et sa violence, mais surtout, la solitude des femmes, qu'elles soient professeures, élèves ou mères. On se laisse happer par le regard mélancolique d'Éléonore Klarwein, révélation restée dans la mémoire sentimentale de générations de spectateurs. Un portrait ultrasensible de la sortie de l'enfance, entre instants sucrés et âpreté de la vie qui blesse, sans attendre ».

Un opus remarqué par la critique et qui attire trois millions de spectateurs en France. Un film « générationnel » avant La Boum. La réalisatrice encadre les deux adolescentes débutantes - Odile Michel et Éléonore Klarwein - par des comédiens réputés : Anouck Ferjac, Yves Rénier, Tsilla Chelton, Dominique Lavanant, Françoise Bertin, Marthe Villalonga, Dora Doll...

Signée par Yves Simon, la chanson du film doucement mélancolique contribue au succès du long métrage. L'affiche est dessinée par Floc’h, auteur de BD chez Dargaud. Prix Louis-Delluc 1977, « Diabolo menthe » est « une chronique subtile de l'adolescence. Pour son premier film, la réalisatrice Diane Kurys mêle douceur avec cruauté pour cristalliser ce qui fut une période marquante de sa vie. Culte d'une génération, ce film est un portrait ultrasensible de la sortie de l'enfance, entre instants sucrés et âpreté de la vie qui blesse, sans attendre ».

En 2017, pour la quarantième anniversaire du film Diabolo Menthe, la réalisatrice Diane Kurys et Eléonore Klarwein (Anne Weber) ont visité le lycée Jules-Ferry, à Paris (75009), place de Clichy, où une grande partie du film avait été tourné en août 1977.

"J'ai tout fait en sorte que l'image de Diabolo Menthe ne soit pas ternie, abîmée, parce que moi aussi je l'aime. C'est comme une bulle de coton, une barbe à papa. C'est tendre. Tout le monde s'y retrouve. J'ai toujours fait attention à protéger la petite Anne", a déclaré Éléonore Klarwein à  France 2.

« C’est un film d'époque. Et ça, ça vieillit toujours mieux. Et puis c'est un film sur l'adolescence. Ça parle à tout le monde », constate Diane Kurys en 2017 (Vanity Fair).

Nina est une mère un peu folle, Baptiste un fils un peu trop sage. Fâchés depuis longtemps ils se retrouvent pour l’aventure de leur vie. Au cours d’un voyage improbable, drôle et émouvant, ils vont rattraper le temps perdu, apprendre à se connaître enfin et s’aimer à nouveau.

"Coup de foudre
Arte diffusa "Coup de foudre" (Entre nous - Träume von Zärtlichkeit) par Diane Kurys. 

"Dans les misogynes années 1950, l'amitié amoureuse entre Léna et Madeleine va faire voler en éclats leurs mariages respectifs... Orchestrée par Diane Kurys, une splendide rencontre au sommet entre Isabelle Huppert et Miou-Miou."

"Camp de Rivesaltes, 1942. Pour échapper à la déportation, Lena se marie à la hâte avec Michel, un soldat français, dont elle apprendra plus tard qu'il est juif, comme elle. Le couple se réfugie en Italie, où il vivra caché jusqu'à la fin de la guerre. Dix ans plus tard, Lena et Michel sont tirés d'affaire et vivent à Lyon avec leurs deux filles. La jeune femme fait la connaissance de Madeleine, qui, après la fin brutale de son premier amour, a épousé Costa, un comédien raté aux combines foireuses, dont elle a un petit garçon. Les deux femmes s'amusent, partagent leurs espoirs déçus, leurs rêves. Elles ne peuvent bientôt plus se passer l'une de l'autre, ce que leurs deux maris, Michel surtout, voient d'un mauvais œil."

"Après les noires années de guerre, deux femmes mal mariées, coincées dans des années 1950 à la misogynie sournoise mais où s'immisce un vent de liberté, s'aiment et s'aident mutuellement à s'affranchir du carcan conjugal. Amour non consommé ou ardente amitié, le film ne tranche pas, et ce flou sied à son romanesque. Ce qui serait déjà une belle histoire d'émancipation prend une épaisseur supplémentaire, car le scénario s'inspire des souvenirs de jeunesse de Diane Kurys, marquée par l'exil, puis par le divorce de ses parents (Lena et Michel dans le film). Porté par une excellente direction d'acteurs, le film met en scène un duo à la délicate incandescence – Isabelle Huppert et Miou-Miou, au diapason, malgré des tensions lors du tournage. Avec justesse, il entrecroise plusieurs points de vue – ceux des femmes, des hommes et des enfants –, évitant de clouer les deux maris au pilori, d'autant que Guy Marchand et Jean-Pierre Bacri défendent leurs personnages avec l'abattage qu'on leur connaît. La reconstitution des années 1950, impeccable avec une pointe de sensualité, ajoute au charme de ce film, qui héritera d'une nomination à l'Oscar."


« Un homme amoureux »
Arte diffusera le 27 novembre 2023 à 20 h 50 « Un homme amoureux » (A Man In Love) de Diane Kurys avec Peter Coyote, Greta Scacchi, Jamie Lee Curtis, Claudia Cardinale, Peter Riegert, John Berry, Vincent Lindon.

« Steve Elliott, star hollywoodienne, s’éprend de sa jeune partenaire lors d’un tournage à Rome. Mais il est marié. La passion amoureuse selon Diane Kurys dans une production internationale avec Peter Coyote et Greta Scacchi. »

« Comédienne tentée par l’écriture, Jane croit aimer Bruno, un metteur en scène de théâtre parisien sans le sou. Alors qu’elle séjourne en Italie auprès de sa mère malade en rémission fragile, et de son père rongé d’inquiétude, on l’appelle pour tenir à l’écran le rôle de la dernière compagne de l’écrivain italien Cesare Pavese dans un film qui lui est consacré. La jeune femme est d’autant plus résolue à tenter sa chance qu’elle donnerait la réplique, dans le rôle-titre, à Steve Elliott, une star hollywoodienne qu’elle admire. Dès qu’elle rejoint le tournage sur un plateau de Cinecittà, à Rome, c’est le coup de foudre entre les deux partenaires. Mais l’acteur ténébreux est marié et père de famille. »

« Abonnée d’ordinaire à un cinéma hexagonal plus intimiste, Diane Kurys livre, avec cette production internationale, une évocation tout en sensualité et en mélancolie de la passion amoureuse. »

« Avec fluidité, la réalisatrice y pratique un troublant jeu de miroirs entre la fiction et la vie ».

« Car alors que devant la caméra Cesare Pavese, souffrant d’impuissance sexuelle, se consume d’amour amer pour celle qui sera sa dernière compagne avant son suicide en 1950, Steve Elliott, en coulisse, emporte Jane dans une relation à l’érotisme fiévreux, entre Rome et Paris. »

« Mais si un fossé sépare la vie conjugale orageuse de la star, ternie par les querelles, et sa liaison clandestine, l’acteur tergiverse, incapable de renoncer à sa famille officielle – et Jane se morfond bientôt dans l’antichambre pour qu’il lui accorde ses grâces. »

« Portée par un très séduisant casting – Peter Coyote et Greta Scacchi composent un couple incandescent quand, dans l’ombre, Jamie Lee Curtis et Vincent Lindon touchent en partenaires trompés –, une romance aux couleurs eighties, qui balance, dans l’éblouissante lumière italienne, entre légèreté et gravité. »

"La Baule-les-Pins" 
Arte rediffusera le 11 mai 2026 à 13 h 35,"La Baule-les-Pins" (Ein Sommer an der See) de Diane Kurys (1989).

"À la fin des années 1950, le temps d’un été au bord de la mer, deux sœurs perdent leur insouciance avec la crise conjugale traversée par leurs parents..."

"Douze ans après "Diabolo menthe", Diane Kurys livre une émouvante chronique familiale, avec une distribution de choix : Nathalie Baye, Richard Berry, Zabou Breitman, Jean-Pierre Bacri, Vincent Lindon et Valeria Bruni Tedeschi."

"1958. Comme chaque été, Frédérique et Sophie, 13 et 8 ans, prennent le train à Lyon pour La Baule. Mais sur le quai, leur mère les informe qu’elle les rejoindra plus tard. Inquiètes, les fillettes embarquent avec Odette, la nounou, et retrouvent sur la côte atlantique leur oncle Léon, leur tante Bella, enceinte de son cinquième enfant, et leurs cousins. Alors que les vacances s’écoulent entre plage, explorations aventureuses, lecture de L’espiègle Lili et premiers émois amoureux, les deux sœurs découvrent bientôt que leur mère a un amant et que leurs parents sont sur le point de divorcer."
 
"Robes cintrées à fleurs, mises en pli et initiation au Coca-Cola… Douze ans après l’emblématique Diabolo menthe, Diane Kurys, experte en souvenirs acidulés, remonte à nouveau le cours de son enfance de baby-boomer, entre innocence, jeux interdits et coups portés à l’insouciance". 

"Précocement marquée par la séparation de ses parents, la cinéaste met en scène une chronique familiale douce-amère au crépuscule des années 1950, dans un Technicolor version française aux allures de super-8". 

"Alors que les échos de la guerre d’Algérie parviennent étouffés dans la station balnéaire, la crise conjugale des parents, qui tourmente Frédérique et sa sœur, annonce en filigrane la remise en question du patriarcat et l’émancipation féminine de la décennie à venir". 

"Incarnée par une Nathalie Baye solaire, Léna, la mère des fillettes, revendique la liberté d’aimer et de travailler, quand son jeune amant sculpteur, le déjà mélancolique Vincent Lindon, relègue à une génération dépassée le mari délaissé, interprété par Richard Berry, ou le tonton blagueur (parfait Jean-Pierre Bacri)." 

"Un récit autobiographique sur une époque charnière qui esquisse par petites touches un délicat portrait de l’adolescence."


"Ma mère est folle"
Le 5 décembre 2018, est sorti sur les écrans français "Ma mère est folle", réalisé par Diane Kurys avec Fanny Ardant et Vianney.

"Nina est une mère un peu folle, Baptiste un fils un peu trop sage. Fâchés depuis longtemps ils se retrouvent pour l’aventure de leur vie. Au cours d’un voyage improbable, drôle et émouvant, ils vont rattraper le temps perdu, apprendre à se connaître enfin et s’aimer à nouveau."


« Diabolo menthe » par Diane Kurys
France, 1977, 100 min
Image : Philippe Rousselot
Montage : Joële van Effenterre
Musique : Yves Simon
Production : Les Films de l'Alma, Alexandre Films
Producteur : Serge Laski
Scénario : Alain Le Henry
Acteurs : Eléonore Klarwein, Odile Michel, Anouk Ferjac, Michel Puterflam, Yves Rénier, Robert Rimbaud, Marie-Véronique Maurin, Corinne Dacla, Coralie Clément
Sur Arte le 15 août 2018 à 20 h 55

"Coup de foudre"
 par Diane Kurys

France, 1982, 110 minutes
Scénario : Diane Kurys, Alain Le Henry
Production :  Partner’s Productions, Alexandre Films, Hachette Première, Films A2, S.F.P.C.
Producteur/-trice : Ariel Zeitoun
Image : Bernard Lutic
Montage : Joële van Effenterre
Musique : Luis Enriquez Bacalov
Avec Miou-Miou (Madeleine), Isabelle Huppert (Lena Weber), Guy Marchand (Michel Korski), Jean-Pierre Bacri (Costa), Patrick Bauchau (Carlier)
Sur Arte le 15 juillet 2019 à 20 h 50
Visuels :
Isabelle Huppert (Lena Weber) et Miou-Miou (Madeleine ) dans " Coup de foudre" (1982) de Diane Kurys
Guy Marchand (Michel Korski) dans " Coup de foudre" (1982) de Diane Kurys
© Studiocanal 


« Un homme amoureux » de Diane Kurys
Scénario : Diane Kurys, Olivier Schatzky
Production : Camera One, Alexandre Films, J.M.S.Films
Producteurs : Michel Seydoux, Diane Kurys
Image : Bernard Zitzermann
Montage : Joële van Effenterre
Musique : Georges Delerue
Avec : Peter Coyote (Steve), Greta Scacchi (Jane), Jamie Lee Curtis (Susan), Claudia Cardinale (Julia), Peter Riegert (Michael), John Berry (Harry), Vincent Lindon (Bruno)
France, Italie, 1986
Sur Arte les 27 novembre 2023 à 20 h 50, 1er décembre 2023 à 13 h 35, 21 décembre 2023 à 13 h 35
Visuels : © Gaumont Distribution

"La Baule-les-Pins" de Diane Kurys
France, 1989, 94 min
Scénario : Diane Kurys,  Alain Le Henry
Production : Alexandre Films, Centre National du Cinéma et de l'Image Animée, Films A2, Société Générale de Gestion Cinématographique
Producteurs : Alexandre Arcady, Diane Kurys
Décors de film : Tony Egry
Image : Giuseppe Lanci
Montage : Raymonde Guyot
Musique : Philippe Sarde
Avec Nathalie Baye (Léna Korski), Richard Berry (Michel Korski), Zabou Breitman (Bella), Jean-Pierre Bacri (Léon), Vincent Lindon (Jean-Claude), Julie Bataille (Frédérique), Candice Lefranc (Sophie), Alexis Derlon (Daniel), Emmanuelle Boidron (Suzanne), Maxime Boidron (René), Benjamin Sacks (Titi)
Sur Arte les 18 janvier 2021 à 20 h 55, 25 janvier 2021 à 13 h 35, 7 février 2021 à 10 h, 26 avril 2026 à 15 h 10, 11 mai 2026 à 13 h 35
Disponible du 18/01/2021 au 24/01/2021
Sur arte.tv du 18/04/2026 au 20/05/2026
Visuels :
Nathalie Baye est Léna Korski et Zabou Breitman est Bella dans le film " La Baule Les Pins" de Diane Kurys
© Alexandra Films

Nathalie Baye est Léna Korski et Richard Berry est Michel Korski dans le film " La Baule Les Pins" de Diane Kurys
© Alexandra Films

" La Baule Les Pins" de Diane Kurys
© Alexandra Films

"
Ma mère est folle", réalisé par Diane Kurys

Alexandre Films, 2018
Scénario : Sacha Sperling & Pietro Caracciolo
Image : Gilles Henry
Montage image : Manu De Sousa
Son : Henri Morelle, Roland Voglaire, Christian Fontaine
Décors : Pierre Renson
Costumes : Eric Perron
Direction de production : Pierre Foulon
Produit par
Diane Kurys et Alexandre Arcady
Coproduction : Nexus Factory, Umedia, RTBF, Work In Progress, Flair Production


Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Les citations sur le film proviennent d'Arte. Cet article  a été publié le 15 août 2018, puis les 6 décembre 2018, 15 juillet 2019, 19 janvier 2021, 21 novembre 2023.