Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 21 avril 2022

« Le mur des Lamentations, la fabrique d'un lieu saint » de Tamara Erde

Arte diffusera le 23 avril 2022 à 18 h 15 « Faire l'histoire » (Geschichte schreiben), « Le mur des Lamentations, la fabrique d'un lieu saint » (Die Klagemauer, Entstehung eines heiligen Ortes) de Tamara Erde
. Situé dans de le quartier juif de la Vieille Ville de Jérusalem (Israël), le Kotel (
HaKotel HaMa'aravi, en hébreu), appelé aussi le Mur des Lamentations ou le Mur occidental, est une partie du mur de soutènement du mont du Second Temple. Lieu de prières pour les Juifs, occupé par la Transjordanie durant la Guerre d'Indépendance, il a été libéré par Tsahal lors de la Guerre des Six-Jours. Des travaux d'aménagement ont permis à un nombre important de fidèles de s'y recueillir, d'y placer des messages...

« Le monde d’Albert Kahn. Moyen-Orient : la naissance des nations » de David Okuefuna
« La fin des Ottomans », par Mathilde Damoisel
« Cent ans de guerre au Moyen-Orient. L'accord secret Sykes-Picot et ses fatales conséquences  » par Alexander Stenzel
« Faire l'histoire », ce nouveau rendez-vous d'histoire proposé par Patrick Boucheron aborde l'histoire par le prisme des objets . Chaque semaine, des historiennes et des historiens nous racontent la destinée d'un objet, associant récit et analyse. Tout peut « faire l'histoire » : objets en série, génériques, objets uniques, fétiches, matériaux et documents. »

« Proposé par Patrick Boucheron, historien médiéviste et spécialisé dans la Renaissance, professeur au Collège de France sur la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIᵉ – XVIᵉ siècles », « Faire l'histoire » est « le magazine qui aborde l'histoire par le prisme des objets ».

« Dans ce numéro : où l'on découvre qu'à Jérusalem, le mur des Lamentations, vestige d'un palais construit il y a vingt-et-un siècle, n’a été transformé en lieu saint que très récemment... » Non, les Juifs l'ont toujours considéré comme un lieu saint devant lequel prier, mais les soldats israéliens ne sont parvenus à le libérer d'une occupation étrangère, en l'occurrence jordanienne, qu'en juin 1967, durant la Guerre des Six-Jours. 

« Vestige de l’enceinte du Temple reconstruit par le roi Hérode au Ier siècle avant notre ère, le mur des Lamentations n’a été transformé en lieu saint qu'au lendemain de la guerre des Six jours, par la destruction du quartier urbain médiéval (et palestinien) qui le masquait en partie 
». En effet, l'espace laissé aux juifs était sciemment très étroit.

«
 Ou comment les tensions les plus contemporaines produisent des espaces sacrés ». Les tensions résultent de la politique du Waqf et d'islamistes qui refusent la souveraineté juive en Eretz Israël (Terre d'Israël) et profanent leurs lieux saints - port de chaussures dans la mosquée, pratique du football - transformés en lieux de guerre, de djihad contre les Yahoud, les Israéliens. Et ce, à des fins politiques, religieuses et médiatiques.

Curieusement, Arte ne fournit aucune photographie de ce haut lieu au fort signifiant juif. 

Quid du djihad sur le mont du Temple à Jérusalem ? Quid des violences récurrentes, depuis au moins un siècle, au nom de "al-Aqsa est en danger !" ?

Quid des agressions physiques de juifs venant y prier ?

En 2011, la découverte de pièces de monnaie, dont la plus récente datait de l’an 17 de l'ère commune, dans un mikvé (bain rituel juif) sous-terrain, situé dans le niveau le plus bas du Kotel à Jérusalem, a incité à penser que le roi Hérode n’aurait pas contrôlé toute la reconstruction du Temple de Jérusalem. Il est donc logique de déduire que le Kotel a été construit, non pas par le roi Hérode, mais par ses successeurs, Agrippa I et Agrippa II, ses petit-fils et arrière-petit-fils.

Le Kotel est un vestige du mur de soutènement du mont du Temple qui, selon le Dr. Ronny Reich de l’Université de Haïfa, a été construit pour mieux supporter la venue de dizaines de milliers de pèlerins, notamment à Pessah. Le Kotel et l’arche de Robinson, escalier monumental menant alors au Mont à partir de l’ouest, ont été construits à la fin du projet du mont du Temple.
     
« Cette découverte laisserait penser que les travaux de reconstruction entrepris par le roi Hérode n’étaient pas achevés à sa mort, en 4 avant Jésus-Christ (aujourd’hui, les historiens s’accordent à penser que Jésus est né en 6 avant notre ère). La spectaculaire reconstruction du Temple, entreprise par Hérode dans le but de se concilier les juifs – l’esplanade fut élargie aux dimensions actuelles, ce qui obligea à édifier des murs de soutènement à l’est et au sud –, avait pris du temps. Ne serait-ce que parce qu’il s’était engagé à ne pas interrompre le culte durant le chantier. La découverte de ces pièces montre cependant que même le gros œuvre aurait été, en partie, réalisé après sa mort. « Jusqu’ici, nous pensions que ces murailles avaient été édifiées sous son règne. Mais avec la découverte de ces pièces, frappées vingt ans après sa mort, nous avons compris qu’il ne pouvait pas en être le constructeur », a déclaré Eli Shakoun, l’un des archéologues. Déjà l’historien juif Flavius Josèphe avait daté la fin de cette extension massive du Temple par Agrippa II, vers le milieu du premier siècle de l’ère commune. De même, dans le Nouveau Testament, dans Matthieu (chapitre 24, verset 1), Jésus sort du Temple, et ses disciples s’avancent vers lui « pour lui faire remarquer les constructions du Temple ». En 70 apr. J.-C., le Temple était incendié par les romains et ne fut plus jamais relevé ».

Avec Vincent Lemire, historien du Moyen-Orient contemporain et auteur de la t
hèse en histoire environnementale La soif de Jérusalem. Essai d’hydrohistoire 1840-1948. "Ancien élève de l’ENS Fontenay-Saint-Cloud, il est maître de conférences à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Spécialiste d’histoire urbaine, il dirige actuellement le projet européen Open-Jerusalem, qui vise à rassembler toute la documentation disponible dans toutes les langues sur l’histoire de Jérusalem".

En 2016, Flammarion a publié "Jérusalem. Histoire d'une ville-monde, des origines à nos jours". Une édition dirigée par Vincent Lemire avec la collaboration de Katell Berthelot, Julien Loiseau, Yann Potin. "Jérusalem n'est pas un champ clos sur lequel se rejouerait depuis des millénaires le «choc des civilisations», la guerre des identités religieuses ou nationales. En se tenant à distance de ces catégories douteuses pour raconter la longue histoire urbaine de Jérusalem des origines à nos jours, en restant attentif à l'esprit des lieux autant qu'aux cassures du temps, on découvre au contraire une ville-monde ouverte aux quatre vents, le berceau commun dans lequel se sont inventés tour à tour le judaïsme, le christianisme et l'islam, et dont les lieux saints emblématiques reflètent autant les échanges et les influences réciproques que les conflits et les confrontations. Pour la première fois, cette synthèse rend accessible à un large public les toutes dernières découvertes archéologiques, des archives encore inédites et les débats historiques les plus récents, en guidant le lecteur grâce à une chronologie et à une cartographie entièrement renouvelées. Une lecture indispensable pour comprendre pourquoi le monde s'est donné rendez-vous à Jérusalem."

Il est l'auteur de "Jérusalem 1900. La ville sainte à l'âge des possibles" (Seuil, 2016). "L’histoire de Jérusalem à la fin de l’Empire ottoman a longtemps été oubliée et mérite d’être racontée. On y croise un maire arabe polyglotte, un député ottoman franc-maçon, des Juifs levantins, mais aussi des archéologues occidentaux occupés à creuser le sous-sol pour faire ressurgir les lieux saints de la « Jérusalem biblique »… La ville n’a pas toujours été un champ de bataille. À l’orée du XXe siècle, une autre histoire s’est esquissée, portée par l’émergence d’une identité citadine partagée entre musulmans, juifs et chrétiens. Alors que la ville sainte est aujourd’hui à un nouveau tournant de son histoire et que la question de son partage se pose une fois encore, il faut se souvenir de cet « âge des possibles » qui peut livrer quelques clés pour mieux comprendre le présent et envisager l’avenir."

En 2022, les éditions du Seuil ont publié "Au pied du Mur. Vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem (1187-1967)" de Vincent Lemire. "Au lendemain de la guerre des Six Jours, dans la nuit du 10 au 11 juin 1967, les habitants du quartier maghrébin de Jérusalem sont évacués par l’armée israélienne et le quartier est rasé en quelques heures pour laisser place à la vaste esplanade qui s’étend aujourd’hui au pied du Mur des Lamentations. Cet événement a longtemps été passé sous silence. Pour la première fois, Vincent Lemire retrace les étapes de cette destruction programmée, le parcours de ses habitants déplacés, mais aussi l’histoire au long cours de ce quartier fondé par Saladin en 1187 pour accueillir les pèlerins musulmans marocains, algériens et tunisiens désireux de séjourner à Jérusalem. Pour redonner vie à ce quartier disparu, l’auteur part en quête d’une documentation dispersée, depuis les archives des fondations pieuses musulmanes à Jérusalem jusqu’à celles de la Croix-Rouge à Genève, en passant par les archives ottomanes d’Istanbul et les archives israéliennes, jusqu’aux témoignages des habitants et aux fouilles archéologiques qui ont récemment fait remonter à la surface les objets domestiques ensevelis lors de la destruction. Quant aux archives diplomatiques françaises, elles révèlent que dans les années 1950 ce quartier était protégé par la France, qui se présentait alors avec fierté comme une « puissance musulmane » au Maghreb et au Proche-Orient. Au moment où la Ville sainte est à nouveau au cœur des tensions géopolitiques qui secouent la région, ce livre offre un point de vue imprenable pour mieux comprendre Jérusalem, ville-monde ouverte à tous les vents de l’histoire."



France, 2020, 17 mn
Sur Arte les 23 avril 2022 à 18 h 15 et 30 avril 2022 à 4 h 20
Sur arte.tv du 16/04/2022 au 29/11/2025

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