mercredi 24 janvier 2018

« Les jeunes Allemands et l’Holocauste »


Arte diffusera le 26 janvier 2018 à 13 h, dans le cadre de ARTE Regards, « Les jeunes Allemands et l’Holocauste » (Re: Klassenfahrt nach Auschwitz. Deutsche Jugendliche und der Holocaust). La visite dans le cadre scolaire de deux jeunes allemands, Nahid et Philipp, dans le camp nazi d'Auschwitz en Pologne.

« Du lundi au vendredi », Arte diffuse Arte Regards, « un reportage raconte les Européens dans toute leur diversité ».

« Plus d'un million d'êtres humains sont mors durant la Seconde Guerre mondiale ». Précisons qu'ils ont été tués, et la quasi-totalité était juive.

« Étonnamment, 41% des élèves allemands de plus de 14 ans, soit deux élèves sur cinq, ne savent pas ce qu'est Auschwitz... 81% des jeunes allemands de 18 ans souhaitent même ne plus entendre parler de la persécution des Juifs. Ils ne sont pas les seuls, les immigrés et réfugiés originaires des pays Arabes montrent également peu d’intérêt pour l’Holocauste ». Effrayant.

Le 11 novembre 2017, dans Salut les Terriens ! sur C8, Thierry Ardisson a interrogé le couturier Karl Lagerfeld sur les migrants : « Vous pensez qu’Angela Merkel a fait une grosse faute ? »
Karl Lagerfeld a répondu : « Oui, à mon avis oui. Regardez la France, qui est le pays des droits de l’homme et tout – ce qui n’a pas empêché la colonisation. Ils prennent, je ne sais pas, 10 000 ou 20 000 [migrants]. Elle [la chancelière allemande Angela Merkel] en avait déjà des millions et des millions – qui sont bien intégrés, qui travaillent et c’est très bien, parce que la démographie est un peu descendante… Elle n’avait pas besoin de se taper un million en plus pour se donner une image charmante, après l’image de marâtre qu’elle s’était donnée dans l’histoire de la crise grecque. C’est un peu ça. Tout à coup, la fille de pasteur ressort. »
Thierry Ardisson s'est enquis : « Est-ce que vous croyez qu’elle l’a fait pour faire excuser son attitude pendant la crise grecque, ou pour montrer que l’Allemagne, par rapport à ce qui s’est passé pendant la Deuxième Guerre mondiale, était finalement un pays accueillant ? »
Réponse de Karl Lagerfeld : « Oui, mais là je vais dire une horreur. On ne peut pas, même s’il y a des décennies entre [les deux événements], tuer des millions de Juifs pour faire venir des millions de leurs pires ennemis après. Vous savez, on demande aux gens de prendre de jeunes gens [pour les recruter]. Je connais quelqu’un en Allemagne qui a pris un jeune Syrien, qui parlait un peu anglais. Au bout de quatre jours, vous savez ce qu’il a dit à la dame ? "La meilleure invention de l’Allemagne, c’est l’Holocauste". Il était dans la rue la minute qui suit, je vous le dis tout de suite. »
« Ah ouais… Ouais », dit Thierry Ardisson. Silence du public.
« Une horreur », a déploré Karl Lagerfeld.

Auschwitz
« Nahid et Philipp, 19 et 16 ans, participent à un voyage scolaire à Auschwitz, avec dix-sept camarades de leur école de Düsseldorf ». 

« Pour les deux adolescents, cette visite d’un camp de concentration est une première. « Les grands-parents de Philipp sont nés après la Seconde Guerre mondiale, et l’histoire nazie était rarement abordée chez lui. Quant à Nahid, immigrée d’Iran il y a cinq ans, elle ne sait que peu de choses de la Shoah : dans son pays d’origine, l’antisémitisme et la haine d’Israël sont érigés en programme idéologique ». L’antisémitisme, notamment par sa facette négationniste. D’autres sujets sont tabous : l’alliance des dirigeants nazis et musulmans, la collaboration entre le grand mufti de Jérusalem al Husseini à la Shoah, etc.

Ainsi, « avant l’arrivée des troupes britanniques en Irak, Fritz Grobba, [ancien ambassadeur de l’Allemagne nazie en Irak, alors envoyé diplomatique du IIIe Reich, Ndr], Hadj Amine el Husseini  et Gailani [alors Premier ministre irakien] se réfugient à Téhéran. Ils sont bien accueillis par Rezah Shah, dans un pays où opèrent déjà de nombreux membres de l’Abwehr. Le Grand Mufti les contacte et un officier, membre de la section II de l’Abwehr, spécialiste du sabotage, le major Marrvede, est même affecté à son état-major. Or, l’invasion de l’URSS a modifié la situation au Moyen-Orient, à son tour, l’Iran est attaqué par les troupes soviétiques au Nord et les troupes britanniques venues d’Irak, au Sud. Rezah Shah abdique et le Grand Mufti est obligé de quitter Téhéran, sa tête étant mise à prix par les Anglais. Il se réfugie alors à Rome, où il arrive le 24 octobre 1941. Ses protecteurs, le Duce et Ciano, l’y accueillent chaleureusement. Son objectif, déclare-t-il au Duce, est l’indépendance de la Palestine, de la Syrie et de l’Irak. L’appui de l’Axe lui est donc nécessaire. En échange, il est prêt à ouvrir un bureau à Rome et à Berlin et à recruter des prisonniers de guerre arabes afin de constituer une Légion arabe capable de se battre aux côtés des forces de l’Axe. Il part à Berlin, le 6 novembre », a écrit Chantal Metzger (Les Cahiers de la Shoah, 2007/1 (n° 9))

« Si le mémorial d’Auschwitz attire de plus en plus de visiteurs du monde entier, la proportion d’Allemands diminue régulièrement ». 

« À l’heure où l’Europe voit grandir les populismes, les mouvements d’extrême-droite et un antisémitisme nourri par des idéologues musulmans, des voix s’élèvent pour demander de rendre obligatoires les visites de ces lieux de mémoire. Mais quel serait l’impact réel d’une telle mesure ? » Et pourquoi ne pas organiser des visites obligatoires dans les camps nazis en Afrique du Nord ? Et pourquoi l’histoire des Juifs vivant en Afrique du Nord, aux Proche et Moyen Orient n’est-elle pas intégrée dans l’Histoire de la Shoah ? 


Allemagne, 2018, 31 min.
Sur Arte le 26 janvier 2018 à 13 h

Visuel : © Arte

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Les citations sur le reportage sont d'Arte et du reportage.

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