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mercredi 21 octobre 2026

Le Comité international de la Croix-Rouge

Créé en 1863, le Comité international de la Croix-Rouge a célébré ses 150 ans en 2013. Une organisation partiale à l'égard des Juifs persécutés par les Nazis, déportés dans des camps et exterminés lors de la Shoah, et envers l'Etat d'Israël : accueil tardif en 2006 du Maguen David Adom en refusant que l’étoile de David soit son troisième emblème, dénomination erronée de "territoires occupés" de la Judée, de la Samarie, et de la bande de Gaza même après le retrait total des Israéliens de ce lieu en 2005, refus de fournir des médicaments aux otages israéliens du Hamas dans la bande de Gaza depuis le djihad du 7 octobre 2023, etc. « Davantage d’otages auraient pu être libérés vivants de Gaza si des pressions en faveur de leur libération avaient été exercées plus tôt », a déclaré Mirjana Spoljaric, présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au New York Times dans une interview publiée le 10 octobre 2026.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été fondé en 1863 par des Suisses de Genève, où se trouvent son siège et ses archives. Parmi eux : Gustave Moynier, Henry Dunant (Prix Nobel de la Paix en 1901), les docteurs Louis Appia, Théodore Maunoir, et le général Guillaume Henri Dufour. 

Après l'Ordre de Malte, le CICR est la plus ancienne organisation humanitaire. 

En 1917, 1944 et 1963, il a été distingué par le Prix Nobel de la Paix, et a été récipiendaire du Prix Balzan pour l'humanité, la paix et la fraternité entre les peuples en 1996.

Le CICR demeure critiqué pour ses manquements à ses missions - "impartialité, neutralité et indépendance", "protection de la vie et la dignité des victimes de conflits armés et d'autres situations de violence, et assistance" - durant la Deuxième Guerre mondiale, son inaction concernant le sort des Juifs dans les camps de concentration nazis et la sympathie de certains de ses dirigeants envers le IIIe Reich.

Le CICR et les Nazis
La Croix-Rouge sous le IIIe Reich, histoire d'un échec (2006, 52 minutes) est un documentaire intéressant de Christine Rütten. Le rappel de l’inaction de cette organisation internationale humanitaire face aux persécutions nazies contre les juifs, notamment dans les camps, lors de la Shoah (Holocaust).

Pourquoi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont le siège est à Genève (Suisse), n’a-t-il rien fait pour aider les victimes juives persécutées par les Nazis et pour informer le monde entier sur la Shoah, les conditions de survie dans les camps nazis d’internement dans l’assassinat des juifs dans les camps nazis d’extermination ?

Pour répondre à cette question, la réalisatrice Christine Rütten cite des archives et des témoins, anciens responsable de cette célèbre organisation internationale et survivants de la Shoah.

Antisémitisme et défense des intérêts de la Suisse
Dès 1934, lors de sa 15e conférence à Tokyo (Japon), les femmes du CICR proposent d’assurer une protection juridique aux civils prisonniers à l’instar de celle dont bénéficient les soldats prisonniers. Malgré la montée des périls – Hitler arrive au pouvoir en 1933 -, le CICR reporte la décision.

Malgré la Nuit de cristal qui coûte la vie à plus de 400 juifs, malgré les alertes – Max Braun écrit en décembre 1938 au CICR pour dénoncer les conditions inhumaines infligées aux milliers de détenus juifs dans les camps de concentration allemands -, Max Huber, président du CICR (1928-1944), minimise le problème dans une lettre bienveillante à la Croix-Rouge allemande. Il sait pourtant l’étroit contrôle de cette organisation nationale par les dirigeants nazis : les juifs en ont été exclus, la Croix-Rouge allemande est indifférente à l’égard des détenus de ces camps et ses membres exécutent le salut nazi.

Président du Tribunal international à La Haye, Max Huber dirige « deux grandes entreprises suisses et fait de bonnes affaires avec l’industrie allemande d’armement ».

Carl Jacob Burckhardt, vice-président du CICR, est très lié à l’Allemagne : jusqu’au début de la guerre en 1939, il est haut commissaire de la Société des Nations à Dantzig. « Suisse alémanique, il se montre très germanophile. Il admire la culture allemande et aprouve l’hostilité du IIIe Reich à l’égard de l’Union soviétique », explique Aram Mattioli, historien. Ainsi, quand le Conseil fédéral suisse refuse d’accueillir Goebbels, Burckhardt intervient. En 1935, il rencontre dans un camp le Prix Nobel de la paix (1935), le journaliste et pacifiste Karl von Ossietzky (1889-1938), « une chose tremblante et livide… avec un œil enflé, les dents cassées ». Ainsi le décrira-t-il après guerre dans ses Mémoires.

En 1936, invité du Führer en Allemagne, Burckhardt est enthousiasmé par son séjour d’une semaine. Dans son rapport au Comité, il estime inchangée la situation des prisonniers des camps de concentration et passe sous silence les persécutions visant les juifs dont il est au courant. Pour Daniel Palmieri, historien au CICR, les élites du CICR assimilent souvent juifs et communistes. Un amalgame qu’il juge « néfaste, car le CICR des années 1930 et 1940 est anti-communiste ». Pire, un rapport du CICR est élogieux sur le camp de Dachau, où sont assassinées lors de la guerre environ 30 000 personnes.

Les déclarations des dirigeants sur l’extermination voulue des juifs se multiplient. Les convois sillonnent l’Europe vers les camps nazis, en partance de gares, notamment de Berlin, où sont présents des délégués du CICR qui informent celui-ci par des rapports factuels précis.

Le CICR demeure silencieux en alléguant sa neutralité et l’absence de mandat international pour les prisonniers civils. Or, son statut l’autorise à toute action humanitaire jugée nécessaire.

Huber et Burckhardt restent indifférents et envoient leurs instructions à leurs délégués à Berlin : s’assurer que « les prisonniers de guerre sont bien traités par les Allemands ».

Maurice Rossel, alors jeune médecin et délégué du CICR, explique que celui-ci est alors « responsable de six millions de prisonniers de guerre pour lesquels des conventions avaient été signées et étaient respectées ». Et d’alléguer que la Croix-Rouge a demandé « sans arrêt » à visiter les camps de concentration et s’est vue opposer des refus des autorités nazies pour lesquelles il s’agit d’une « affaire strictement nationale ».

Pourtant, « Genève aurait pu faire pression sur les Allemands » en raison de la dépendance du IIIe Reich à l’égard du CICR et de sa volonté d’éviter tout clash avec ce dernier.

Ce n’est qu’à la fin de la guerre que le CICR « intervient en faveur des victimes des nazis » car ses dirigeants ne veulent pas « compromettre leurs bonnes relations avec les Allemands à cause des juifs et des communistes ».

L’une des missions du CICR consiste à rechercher les personnes portées disparues. Ses recherches concernent « presque exclusivement les soi-disant aryens. Des millions de juifs ont disparus depuis longtemps sans laisser de trace ». En avril 1942, la Croix-Rouge allemande reconnaît officiellement son incapacité de « communiquer des informations sur les détenus non aryens et n’est pas en mesure de donner suite à ce type de demandes ». Son directeur est « très impliqué dans l’assassinat d’innocents » : médecin SS, il « participe activement au programme d’euthanasie et aux prétendues expériences médicales sur les prisonniers des camps ».

A l’été 1942, lors du Congrès juif mondial, Gerhart Riegner, directeur de son bureau genevois, est informé de la Solution finale visant l’extermination des juifs « dans les pays contrôlés ou occupés par l’Allemagne », et en prévient Londres et New York. Il se rend compte que Burckhardt « est au courant depuis longtemps, et par deux sources d’information, et disait qu’il fallait ‘libérer le territoire des ses juifs’ », c’est-à-dire les exterminer.

Burckhardt dissimile au Comité ses informations, mais les femmes « insistent depuis longtemps pour lancer un appel public contre le génocide juif ». Le 14 octobre 1942, Philippe Etter, membre du CICR et du Conseil fédéral suisse, « se déplace exceptionnellement pour voter. Il veut empêcher à tout prix cet appel ». Pour ne pas heurter les Allemands… « Aujourd’hui, il est prouvé, documents à l’appui, que certains membre du Comité étaient antisémites », constate Aram Mattioli, historien. Une majorité du CICR s’oppose à cet appel public.

Quel aurait pu être la portée de cet appel ? « Le monde aurait été informé, et c’était important. Quand les Alliés ont annoncé en décembre 1942 que les juifs étaient exterminés. On pouvait dire : c’est une horrible opération de propagande contre l’Allemagne. Pourquoi le croire ? Si c’était venu d’une institution neutre comme le CICR, c’aurait pu convaincre beaucoup de monde », rappelle Saul Friedländer, historien et ancien enfant juif caché dans un internat catholique en France.

En février 1943, « en quelques mois, les nazis tuent trois millions de juifs et n’en font même pas mystère ».

Plus « la situation des juifs est désespérée, plus la Suisse durcit sa politique à l’égard des réfugiés ». Les parents de Saul Friedländer « sont refoulés à la frontière, et déportés à Auschwitz où ils sont assassinés ». Et cet historien d’indiquer que les autorités suisses savaient le destin mortel des juifs refoulés.

Le CICR a archivé près de 100 000 accusés de réception aux colis envoyés aux détenus des camps nazis. Seuls 10% des colis du CICR sont parvenus à ces détenus, et « presqu’aucun d’eux n’était juif ».

Depuis l’automne 1941, la ville de garnison Theresienstadt, dont la population tchèque avoisinait avant guerre 7 000 âmes, est transformée en camp de concentration où survivent 60 000 prisonniers.

En mai 1944, le chef des SS Heinrich Himmler « autorise la visite d’une délégation de la Croix-Rouge. Les préparatifs » débutent dès l’automne 1943. Pour ne pas donner l’image d’une ville surpeuplée, 15 000 détenus sont déportés à Auschwitz. « On prévoit minutieusement ce qui doit être vu le long d’un parcours bien défini ».

Doris Grozdanovičovà, à Theresienstadt depuis 1942, se souvient : « On a nettoyé les rues. On a construit un café. Bref, on a embelli la ville. Au début, on ne savait même pas ce qui se passait. Puis, on a appris que la Croix-Rouge allait venir. Et on a tous pensé que ce serait peut-être bénéfique pour nous ». Mais Jiři Kosta, prisonnier, relève l’absence d’une telle délégation en 1943.

Le 23 juin 1944, à 11h, Maurice Rossel, jeune délégué du CICR débute sa visite de Theresienstadt. Une ville qu’il prend en photos et qu’il juge « presque normale ». Il demande de ne pas séparer les chanteurs de la chorale, qui seront… « gazés ensemble à Auschwitz ».

Après cette mascarade, le soir, il « savoure le grand banquet » à Prague et rédige un rapport élogieux, vantant les « excellents soins médicaux prodigués ». Les détenus de Theresienstadt sont désespérés. Les convois reprennent…

Début juillet 1944, Maurice Rossel « remercie ses hôtes allemands » et les rassure sur la teneur de son rapport, jugeant les « conditions de vie satisfaisantes ». Il leur envoie quelques unes de ses photos qui servent la propagande nazie.

A ce jour, Maurice Rossel maintient sa version de « camp modèle » pour « riches juifs » : à Theresienstadt, « camp de théâtre, les gens n’étaient pas torturés, ne mouraient pas de faim ». Or, sur les 141 000 personnes détenues, plus de 30 000 meurent de faim et de maladie ; 90 000 sont déportés vers les camps d’extermination.

Forts de la réussite de leur mascarade entérinée par le CICR, les nazis réalisent un film, surnommé ironiquement par les détenus Le führer offre une ville aux juifs, vantant la qualité de vie des juifs à Theresienstadt. Doris Grozdanovičovà y joue le rôle d’une bergère. Seuls les délégués du CICR verront alors ce film en avril 1945, et jugent la propagande excessive.

En mai 1945, Himmler propose au CICR de visiter un camp à l’est de l’Europe. Le CICR ne lui répond pas.

Au cas où Maurice Rossel souhaite voir la destination des juifs déportés de Theresienstadt, les Allemands font construire à Auschwitz un « camp familial où les gens semblaient vivre normalement. Quand Eichman a compris que la Croix-Rouge ne viendrait jamais, toutes ces personnes ont été tuées dans ces chambres à gaz », explique Saul Friedländer.

En septembre 1944, lors d’une rapide visite à Auschwitz, Maurice Rossel apprend par les prisonniers britanniques que des déportés « sont gazés dans des douches ». Aujourd’hui, il reconnaît savoir à l’époque qu’il s’agissait d’un « camp final », d’extermination. Il demeure alors silencieux, remarque qu’à la Kommandantur, ils sont « fiers du travail qu’ils faisaient » et l’assurent que les « colis sont bien distribués ». Convaincu, Maurice Rossel le consigne dans son rapport. Dès son arrivée au camp, Jiři Kosta est mis au courant de l’extermination dans les fours crématoires que des déportés lui désignent.

A l’été 1944, les « détails du génocide sont révélés à l’opinion publique. Le rapport de deux prisonniers qui ont pu s’évader d’Auschwitz arrive à Genève. La presse suisse parle sans cesse de l’extermination des juifs hongrois ». La pression croît sur le CICR.

Un appel au gouvernement hongrois « permet d’arrêter les déportations ». Le CICR envoie le délégué Friedrich Born. Celui-ci parvient à sauver à l’automne 1944 de la déportation des juifs restants menacés de déportation par les nazis.

Dès 1942, la Croix-Rouge slovaque avait sollicité l’aide du CICR. En vain.

A l’automne 1944, Georges Dunand, délégué du CICR à Bratislava (Slovaquie) est tourmenté par son dilemme : aider les juifs persécutés ou respecter la neutralité du CICR. La plupart des 90 000 juifs slovaques ont été déportés, 5 000 se cachent, errent d’une cachette (bunker) – armoire, - à une autre, craignant d’être découverts ou dénoncés.

Laci Rotter se souvient de son cousin qui avait passé la guerre caché dans une chambre, sous un lit. A la libération, son cousin ne savait plus parler, car il n’avait communiqué avec personne pendant des années.

Du siège de la Gestapo, Alois Brunner « fait la chasse aux juifs ».

Arnold « Bumi » Lazar, Juif résistant, fait confiance à Georges Dunand qui lui remet ses sommes d’argent provenant d’organisations juives humanitaires et destinées à nourrir les juifs slovaques, etc. Georges Dunand sait qu’il prend des risques sans le soutien de sa hiérarchie ; il sauve plus de 1 000 juifs à Bratislava.

La défaite des nazis est chaque jour plus prévisible. Le CICR négocie avec les nazis « pour venir en aide aux déportés » et parvient à un accord peu avant la fin de la guerre. Burckhardt est autorisé à envoyer du personnel dans les camps.

Délégué du CICR envoyé au camp de Mauthausen, Louis Haefliger a connaissance d’une rumeur selon laquelle les SS vont tuer tous les déportés vivants. Il sait que les Alliés sont à proximité du camp. Et c’est lui qui va chercher les Américains qui libèrent le camp le 4 mai 1945.

Limogé après guerre pour n’avoir pas respecté les statuts et avoir enfreint les ordres de sa hiérarchie, Louis Haefliger qui en 1989 confie avoir « humainement bien agi ».

Après la Seconde Guerre mondiale, le droit international se dote d’instruments pour protéger les victimes civiles : le 8 décembre 1949, est adoptée la nouvelle convention de Genève, mais l’entrée du Magen David Adom, organisation juive humanitaire, est refusé.

Après la guerre, le CICR « prétend ignorer tout de l’ampleur du génocide juif ». Ce n’est que dans les années 1990, après la mort de ses dirigeants, qu’il reconnaît ses erreurs. Burckhardt, qui a succédé à Huber, à la présidence du CICR (1945-1948) a « empêché ce travail de mémoire ». Aram Mattioli précise : « On sait aujourd’hui, preuves à l’appui, dans les années 1950, Burkard a fait disparaître des dossiers des archives du CICR. Il s’agit sans doute de documents présentant la politique du CICR sous un jour défavorable ».

Après la guerre, des millions de réfugiés et d’apatrides victimes des nazis cherchent un havre qui les accueille. Les anciens nazis recherchés aussi, et sollicitent un passeport du CICR en usant de faux noms : « Ricardo Clemente, alias Eichmann, qui a organisé le génocide des Juifs d’Europe, Helmut Gregor alias Josef Mengele qui sélectionnait les Juifs à Auschwitz et les torturait en réalisant des expériences ‘médicales’ sur eux ».

Uki Goňi, historien, évoque l’accord entre l’Argentine et Heinrich Rothmund, directeur de la police suisse : « Les Nazis ne pouvaient pas quitter l’Allemagne parce que les forces d’occupation américaines et britanniques ne leur délivraient pas de visa. L’Argentine a donc proposé à Rothmund d’accueillir un certain nombre de réfugiés, à condition qu’il accepte de laisser entrer en Suisse des nazis sans papiers, pour qu’ils puissent de là gagner l’Italie. Rothmund a dit « Oh oui, nous avons environ 9 000 réfugiés ici, des rescapés des camps de concentration, et nous n’en voulons pas, surtout des juifs. Les Argentins ont répondu : « Nous ne voulons pas des juifs, mais des autres ».

Par cet accord, de nombreux criminels de guerre recommandés souvent par un « fasciste notoire » fuient, via le bureau du CICR génois, embarquent à Gênes en direction de l’Argentine intéressée par le savoir-faire allemand.

Après la guerre, « la Croix-Rouge allemande se consacre entièrement aux soldats allemands portés disparus ».

Les Alliés confient au CICR la direction du Service international des recherches (ITS) auquel s’adressent les victimes des nazis. L’ITS conserve les documents saisis après guerre sur les crimes nazis : dossiers des camps de concentration, liste des déportés et morts, pièces d’identité des détenus, etc. Plus de « 17 millions de données personnelles ne sont toujours pas traitées à ce jour. Le CICR a encore manqué une occasion d’aider les victimes. Depuis des années, les demandes [d’informations] s’accumulent par centaines de milliers ». Depuis 2006, le CICR s’efforce de résoudre ses dysfonctionnements : de nombreux survivants de la Shoah sont décédés sans avoir de réponse à leurs questions.

Dans le jardin des Justes, à Yad Vashem (Jérusalem), sont honorés quelques membres de la Croix-Rouge, dont Friedrich Born.

Plus qu’un échec, c’est d’une faute morale de la Croix-Rouge que ce documentaire intéressant démontre. Le CICR n’a pas seulement « abandonné à leur sort les victimes de la Shoah », mais aussi les futures victimes qu’il aurait pu/du sauver.

On peut regretter que ce documentaire ne mentionne pas l'inaction du CICR à l'égard des camps de prisonniers en Afrique.

Le 26 janvier 2016, Histoire diffusa Un vivant qui passe. "En 1979, alors qu'il réalise "Shoah", Claude Lanzmann rencontre Maurice Rossel avec qui il s'entretient longuement. Délégué à Berlin par la Croix-Rouge pendant la guerre, Rossel se rendit à Auschwitz, en 1943, avant de visiter le "ghetto modèle" de Theresienstadt, en 1944, avec le plein accord des autorités allemandes. Il se laissa alors totalement aveugler par la mise en scène nazie, incapable de déceler la vraie nature des lieux. Claude Lanzmann revient avec lui sur ces instants pour essayer de comprendre comment il a pu se laisser ainsi abuser par les autorités nazies".

Le CICR et l’Etat Israël

Séquelles de cette attitude discriminatoire à l’égard des juifs ? Le CICR a accueilli tardivement, en 2006, le Maguen David Adom et l’a admis en son sein avec le Croissant-Rouge palestinien, et en refusant que l’étoile de David soit son troisième emblème.

Celui-ci est, aux côtés de la croix rouge et du croissant rouge, un cristal rouge.

Quant au soldat franco-israélien Gilad Shalit otage du mouvement terroriste islamiste Hamas dans la bande de Gaza, le CICR a été critiquée pour son inaction et son inefficacité.

En outre, depuis deux mois, dans ses bureaux à Jérusalem (Israël) en juillet 2017, il a abrité des terroristes de ce mouvement islamiste en avançant la 4e convention de Genève...

Enfin, le CICR a maintenu, notamment dans son rapport annuel, la dénomination erronée de "territoires occupés" de la Judée, de la Samarie, et de la bande de Gaza même après le retrait total des Israéliens de ce lieu en 2005. Et lors même que des experts en droit international réunis par le CICR  refusent cette dénomination pour la bande de Gaza.

Le 22 juin 2017, Palestinian Media Watch (PMW) a révélé que "l'Autorité palestinienne abuse de la bonne volonté de la Croix-Rouge internationale pour payer les salaires aux terroristes palestiniens dans les prisons israéliennes". PMW a écrit au Premier ministre israélien Netanyahu pour l'en informer et lui suggérer un moyen de mettre un terme  à cette situation.

La loi de l'Autorité palestinienne (AP) précise que tous les Palestiniens arrêtés, dont ceux ayant commis des attentats terroristes, reçoivent un salaire de l'AP de la date de leur arrestation jusqu'au jour de leur libération. Le montant de ce salaire varie selon la durée de l'emprisonnement et va de 1 400 shekels à 12 000 shekels par mois. Or, l'AP allègue aux gouvernements étrangers que ces versements sont des "allocations sociales". Le Comité de Croix-Rouge internationale (ICRC) fournit les formulaires qui permettent le paiement de ces salaires aux terroristes. 

La Régulation 18 (2010), qui a fixé les procédures pour les paiements par l'AP aux terroristes palestiniens, précise qu'un "wakil" - un "agent autorisé" ou "mandat d'allocation" - sera désigné par le prisonnier pour déterminer qui reçoit le salaire. Elle autorise le prisonnier à désigner d'autres personnes que son épouse ou ses parents. La désignation d'un "agent" peut être autorisée seulement par un formulaire signé par le prisonnier. Le CICR, qui visite les prisonniers, leur apporte ce formulaire. Or, fournir ce formulaire n'est pas inclus dans le travail humanitaire du CICR.

PMW a interrogé le CICR. "Dans sa réponse, le CICR a établi une distinction entre deux types de prisonniers : les « internés » et les « détenus ». La catégorie des « détenus » comprend les personnes arrêtées, inculpées ou condamnées pour terrorisme (voir les articles 66, 69 et 76 de la quatrième Convention de Genève – CG IV), ce qui inclut les terroristes palestiniens incarcérés. Dans sa réponse au PMW, concernant les « détenus », le CICR a fait référence à l’article 10 de la CG IV, qui dispose :: 
« Les dispositions de la présente Convention ne font pas obstacle aux activités humanitaires que le Comité international de la Croix-Rouge ou toute autre organisation humanitaire impartiale peut, sous réserve du consentement des Parties au conflit concernées, entreprendre en vue de la protection des personnes civiles et de leur secours. » (C'est nous qui soulignons.)"
"Étant donné que faciliter le versement des salaires aux terroristes n'est pas une obligation imposée au CICR par la IVe Convention de Genève, et que cela ne relève certainement pas de son action humanitaire, toute prestation de services aux « détenus » nécessite le « consentement des Parties ». Cela signifie que le CICR ne peut pas faciliter ces versements aux terroristes sans le consentement du gouvernement israélien".

"Bien qu'il ne soit pas certain que le CICR ait su, avant la demande de PMW, que l'Autorité palestinienne utilisait le formulaire qu'il lui fournissait pour verser les salaires des terroristes, la réponse du CICR à la demande de PMW indiquait que l'organisation fournissait ce service dans le cadre d'une activité « humanitaire ».

PMW « a informé le Premier ministre Netanyahu des activités du CICR ». Comme indiqué, les activités du CICR concernant les « détenus » se fondent sur l’article 10 de la IVe Convention de Genève, qui exige le consentement des autorités israéliennes. Étant donné que le Premier ministre Benjamin Netanyahou a appelé à plusieurs reprises l’Autorité palestinienne à cesser de verser des salaires aux prisonniers terroristes, PMW a écrit aujourd’hui au Premier ministre pour l’informer que le CICR facilite en réalité le versement de ces salaires aux prisonniers terroristes. Nous avons demandé au Premier ministre, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, de vérifier si Israël avait donné son consentement au CICR pour qu’il fournisse ce formulaire d’autorisation aux terroristes, ce qui leur permet de percevoir leurs salaires de l’Autorité palestinienne. Il est certain que si ce consentement a été donné par le passé, il devrait désormais être révoqué, conformément à la politique israélienne actuelle. »

Après le djihad du 7 octobre 2023 dans le sud d'Israël, le CICR n'a effectué aucune visite des centaines d'otages, enfants et adultes, du Hamas dans la bande de Gaza, a refusé de prendre des médicaments destinés aux otages malades, et a exprimé sa sollicitude envers les Gazaouis.

"Raz et Ohad Ben Ami ont été kidnappés à leur domicile du kibboutz Be'eri le 7 octobre et détenus séparément à Gaza. Ohad (55 ans) est toujours en captivité, tandis que Raz (57 ans), sa femme, a été libérée après 57 jours. Détenue dans des conditions inhumaines, sa santé s'est détériorée car elle n'a pas reçu les médicaments dont elle avait besoin pour traiter sa maladie."

"Pendant ce temps, des membres de sa famille ont supplié les responsables de la Croix-Rouge en Israël, en Allemagne et aux États-Unis d'essayer de lui livrer les médicaments en question. En réponse, l'un des responsables a envoyé un mail à la famille dans lequel il est écrit : "Je vous souhaite de réussir à rétablir le contact avec les membres de votre famille." Par l'intermédiaire de l'organisation Shurat Hadin, une plainte a été déposée auprès du tribunal de district de Jérusalem au nom de Raz et Ohad Ben Ami et de leurs familles contre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR)." 

"La Croix-Rouge est accusée de ne pas avoir rempli ses fonctions qui consistent notamment à rendre visite aux otages détenus à Gaza, à garantir leur sécurité et à agir pour leur libération. Selon la plainte, les rôles et pouvoirs du Comité international de la Croix-Rouge lui confèrent non seulement des droits, mais impliquent également la responsabilité d'agir dans des cas comme les enlèvements." 

"Les membres de l’organisation ont commencé à intervenir activement quelques semaines seulement après l’enlèvement, perdant un temps précieux, d'après les termes de la plainte. "Ils n'ont pas agi avec le respect dû aux familles des otages, n'ont pas essayé de leur livrer aux captifs les médicaments nécessaires - même lorsqu'ils ont été fournis aux représentants de l'organisation -, ils n'ont pas agi avec fermeté pour rendre visite aux otages - même lorsque cela était convenu dans l'accord pour la libération des personnes kidnappées entre Israël et le mouvement terroriste Hamas", dit la plainte."
 
"Depuis le début de la guerre, l’organisation Shurat Hadin se bat pour faire face à la réponse passive de la Croix-Rouge internationale et à son manque d’intérêt pour le sort des plus de 240 Israéliens kidnappés le 7 octobre. L’un de ces efforts, qui a bénéficié d’une couverture médiatique internationale, a été une lettre signée par plus de 1 500 avocats du monde entier, exigeant une action en faveur des otages israéliens. "La Croix-Rouge internationale revit ses erreurs de la Shoah, elle a abandonné le peuple juif dans la période la plus sombre de son histoire", a déclaré Nitsana Darshan Leitner, fondatrice et présidente de l'ONG Shurat Hadin. "Nous ne pouvons pas accepter ce mépris et ce manque de respect pour la vie humaine, simplement parce qu'ils sont juifs. La Croix-Rouge internationale est tout simplement partiale. Elle opère quotidiennement à Gaza, et n'a aucun problème pour accuser Israël de soi-disant violations. Elle exige aussi que les terroristes palestiniens qui ont kidnappé des Israéliens reçoivent une visite, alors qu'elle ne se soucie pas de ceux qu'ils ont kidnappés", a-t-elle souligné" en décembre 2023.

« Davantage d’otages auraient pu être libérés vivants de Gaza si des pressions en faveur de leur libération avaient été exercées plus tôt », a déclaré Mirjana Spoljaric, présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au New York Times dans une interview publiée le 10 octobre 2026.

"Mirjana Spoljaric a également évoqué les efforts déployés par le CICR pour inciter Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas à donner la priorité à la libération des otages, ainsi que l’impossibilité pour l’organisation de leur rendre visite pendant leur captivité à Gaza, ce qui lui a valu de vives critiques de la part d’Israël. « Rendre visite aux otages est bien plus compliqué que de les ramener. Et à mon avis, ils auraient dû être libérés sans condition dès le premier jour. Mais ce n’est pas la réalité dans laquelle nous évoluons, et nous devons donc travailler avec les moyens dont nous disposons », a-t-elle déclaré."

"Les 251 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre 2023 ont été libérés dans le cadre de plusieurs accords conclus au cours de ces deux années de guerre, le premier d’entre eux intervenant quelques semaines seulement après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien et le dernier en octobre 2025. Parmi les otages enlevés vivants, 40 ont été tués pendant leur captivité, la plupart par leurs geôliers, mais certains également par erreur, à la suite de tirs de l’armée israélienne."

"Selon Mirjana Spoljaric, cela aurait probablement pu être évité. « Nous savons à quel point il est important de négocier leur libération le plus rapidement possible. L’objectif doit donc toujours être de ramener les otages. Et plus cela prend du temps, plus la situation se complique. Je pense personnellement que la pression aurait dû s’exercer plus tôt dans les négociations. Nous aurions pu sauver davantage de vies », a-t-elle déclaré."

"Elle a indiqué qu’au cours de la guerre, elle avait rencontré à la fois le dirigeant du Hamas de l’époque, Ismaïl Haniyeh, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et qu’elle avait eu des « discussions difficiles » avec chacun d’eux."

"Le CICR, organisme international neutre dédié à l’aide aux victimes de la guerre, a fait l’objet de vives critiques en Israël pendant la guerre contre le Hamas à Gaza pour n’avoir pas réussi à obtenir d’aide significative pour les otages – que ce soit en surveillant leurs conditions de détention ou en leur fournissant une aide humanitaire de base, notamment des médicaments.
En représailles, Israël a empêché le CICR de rendre visite aux prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, un problème qui a commencé à être résolu lorsque la Haute Cour de justice a jugé cette interdiction invalide".

"Évoquant cette interdiction, Mirjana Spoljaric a déclaré au New York Times que, quelle que soit la raison invoquée par Israël pour justifier le refus d’accès aux prisonniers palestiniens, ce pays avait « une obligation légale » et, selon elle, « également une obligation morale » d’autoriser les visites de la Croix-Rouge, conformément aux Accords de Genève".

"Mirjana Spoljaric a également évoqué la situation actuelle dans la bande de Gaza, où un cessez-le-feu négocié par les États-Unis a mis fin aux principaux combats il y a un an, mais où l’armée continue de frapper presque quotidiennement quiconque est considéré comme une menace pour ses soldats ou les civils israéliens."

"Faisant référence aux propos qu’elle avait tenus à la BBC en 2025, lorsqu’elle avait déclaré que Gaza était « l’enfer sur Terre » , Mirjana Spoljaric a affirmé que son évaluation restait inchangée. « Ce que j’ai dit à propos de Gaza reste valable aujourd’hui. Ce qui est arrivé à Gaza et, à Gaza, aux Palestiniens et aux Israéliens, dépasse toutes les normes juridiques, morales et humaines. Le pire aujourd’hui, c’est que les gens sont privés de leur dignité humaine », a-t-elle indiqué au New York Times."


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Cet article a été publié le 26 septembre 2010, puis les 21 octobre 2013 et 27 janvier 2016, 19 juillet 2017, 4 janvier 2024. 

mardi 20 octobre 2026

La manifestation du 17 octobre 1961

Durant la Guerre d'Algérie (1er novembre 1954-5 juillet 1962), en fait un djihad contre la France, pour protester contre le couvre-feu imposé aux nord-Africains, 
la fédération de France du FLN (Front de libération nationale) a organisé une manifestation, non déclarée à la préfecture de police, d'enfants et d'adultes algériens le 17 octobre 1961 à Paris. La police a assuré le maintien de l'ordre. Le nombre de morts s'élèverait à des dizaines de personnes, et non à des centaines de personnes. Le samedi 17 octobre 2026, des milliers de gauchistes et pilleurs ont saccagé des biens publics et privés, généralement juifs et chrétiens. 


Durant la Guerre d'Algérie (1er novembre 1954-5 juillet 1962), en fait un djihad contre la France, pour protester contre le couvre-feu imposé aux nord-Africains, la fédération de France du FLN (Front de libération nationale) a organisé une manifestation, non déclarée à la préfecture de police, d'enfants et d'adultes algériens le 17 octobre 1961 à Paris. 

La police a assuré le maintien de l'ordre. Le nombre de morts s'élèverait à des dizaines de personnes, et non à des centaines de personnes. Afin de culpabiliser la France, certains déforment les faits et enflent le nombre de morts.

« 17 octobre 1961, un massacre colonial »
Nommé au Collège de France en 2015, Patrick Boucheron dirige l’« Histoire mondiale de France » (Seuil, 2017) présentant "les nouvelles grandes dates mondiales qui ont façonné l’hexagone", "mettant en valeur les colonisés et l’islam" et assumant une "islamophilie systématique". Un anti-« Lieux de mémoire » du professeur Pierre Nora.

Un best-seller analysé dans « Histoire de l'islamisation française 1979-2019 » (Ed. L’Artilleur), controversé, critiqué notamment par Pierre Nora (« Politiquement, l’objectif est de lutter, « par une conception pluraliste de l’histoire, contre l’étrécissement identitaire qui domine aujourd’hui le débat public »).

Et fustigé par Eric Zemmour : « En près de 800 pages et 146 dates, on ne déviera pas de la ligne du parti: tout ce qui vient de l’étranger est bon. Les invasions barbares sont des « migrations germanique s» ; la défaite des Gaulois leur permit d’entrer dans la mondialisation romaine ; les conquérants arabes étaient bien plus brillants que les minables défenseurs carolingiens ; les martyrs chrétiens de Lyon venaient d’ailleurs et saint Martin était hongrois. Les théologiens chrétiens doivent tout au grand talmudiste Rachi ; « l’honteux traité de Troyes » de 1420 (qui donnait le royaume de France à la monarchie anglaise) est une heureuse tentative de construire la paix perpétuelle par l’union des couronnes ».


Quant à Alain Finkielkraut, il a estimé : 
« Je découvre, effaré, que ni Rabelais, ni Ronsard, ni La Fontaine, ni Racine, ni Molière, ni Baudelaire, ni Verlaine, ni Proust n’y figurent. Et si Mauriac est cité, ce n’est pas pour son œuvre, c’est pour sa critique honteusement réactionnaire du féminisme. Ainsi s’éclaire le sens de « monde » pour les nouveaux historiens. Mondialiser l’histoire de France, c’est dissoudre ce qu’elle a de spécifique, son identité, son génie propre, dans le grand bain de la mixité, de la diversité, de la mobilité et du métissage. Et c’est répondre au défi islamiste par l’affirmation de notre dette envers l’Islam. De manière générale, l’Histoire mondiale de la France remplace l’identité par l’endettement. Ici doit tout à ailleurs. De la France, patrie littéraire, ce qui surnage, c’est la traduction des Mille et Une Nuits par Antoine Galland et l’audace qui a été la sienne d’ajouter au corpus original des histoires que lui avait racontées un voyageur arabe venu d’Alep.
Instructif aussi est le récit de l’invasion musulmane de 719 à Narbonne, où les cultures se sont mêlées avant que les Francs, hélas, n’arriment par la force cette ville à leur royaume. Ceux qui, en revanche, croient pouvoir mettre au crédit de la France naissante la première traduction latine du Coran par l’abbé de Cluny Pierre le Vénérable en 1143, sont avertis que cette démarche n’était pas inspirée par la curiosité mais par une volonté de dénigrement. Et peu importe le fait que l’Islam de son côté ne pouvait pas même envisager de traduire les Écritures saintes des religions antérieures à son avènement.
Nos éminents universitaires n’ont que l’Autre à la bouche et sous la plume. Ouverture est leur maître mot. Mais ils frappent d’inexistence Cioran, Ionesco, Kundera, Levinas, tous ces étrangers qui ont enrichi notre philosophie et honoré notre littérature. Car c’est à ce «notre» qu’ils veulent faire rendre l’âme...
Le dégoût de l’identité a fait place nette de la culture. Les façonniers de l’Histoire mondiale de la France sont les fossoyeurs du grand héritage français.
« Une histoire libre », dit le journal Libération pour qualifier ce bréviaire de la bien-pensance et de la soumission, cette chronique tout entière asservie aux dogmes du politiquement correct qui ne consacre pas moins de quatorze articles aux intellectuels sans jamais mentionner Raymond Aron, ni Castoriadis, ni Claude Lefort, ni aucun de ceux qui ont médité la catastrophe totalitaire et la bêtise de l’intelligence au XXe siècle…
« Histoire jubilatoire », ajoute Libération. Ce mot – le plus insupportablement bête de la doxa contemporaine – convient particulièrement mal pour une histoire acharnée à priver la France de son rayonnement et à l’amputer de ses merveilles.
Il n’y a pas de civilisation française, la France n’est rien de spécifiquement français: c’est par cette bonne nouvelle que les rédacteurs de ce qui voudrait être le Lavisse du XXIe siècle entendent apaiser la société et contribuer à résoudre la crise du vivre-ensemble.
Quelle misère! »
« Dans cette deuxième saison de la série" « Quand l'histoire fait date », "aussi érudite et ludique que la précédente, le médiéviste Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, poursuit son exploration alerte des dates marquantes de l’histoire, des trésors artistiques ornant la grotte de Lascaux, en 18 000 avant notre ère, au coup d’État militaire contre le président chilien Salvador Allende, le 11 septembre 1973 ». 

« Mobilisant son talent de conteur, associé à une animation qui s’appuie sur une riche iconographie, et convoquant éclairages de spécialistes et approche réflexive, l’historien bouscule notre regard sur vingt événements majeurs et les traces qu’ils ont laissées dans les mémoires, en les replaçant dans une perspective globale et en assumant les incertitudes de la science historique ». 

« Entrelaçant plaisir du récit, techniques d’animation et esprit critique, Patrick Boucheron dévoile vingt nouvelles enquêtes sur les grandes dates qui ont marqué l’histoire et la mémoire des hommes ». 

Arte diffusa le 18 octobre 2020, dans le cadre de « Quand l'histoire fait dates », (Zahlen schreiben Geschichte), « 17 octobre 1961, un massacre colonial » (17. Oktober 1961, Massaker von Paris), documentaire partial de Juliette Garcias.

Durant la Guerre d'Algérie, débutent en 1961 des négociations entre le gouvernement français dirigé par le Premier ministre Michel Debré et le Gouvernement provisoire algérien (GPRA). Les attentats terroristes du  Front de libération nationale (FLN) visant des policiers français, prennent fin en juillet, lors des pourparlers de Lugrin. Dès le 29 août, ils se produisent de nouveau. Les policiers français sont traumatisés par ces attentats qui les touchent le matin quand ils se rendent à leur travail ou le soir sur le chemin du retour à leur domicile. Certains imputent à des policiers l'assassinat d'Algériens. Le territoire métropolitain devient un champs de guerre.

Le 5 octobre, Maurice Papon, alors préfet de police de Paris, instaure un couvre-feu pour les Nord-Africains. Et ce, afin d'entraver l'action terroriste du FLN.

Pour protester contre ce couvre-feu, la fédération de France du FLN organise une manifestation non déclarée à la préfecture de police, d'enfants et d'adultes algériens le 17 octobre 1961 à Paris. Le préfet de police de Paris Maurice Papon est soumis à l'autorité du ministre de l'Intérieur.

« Le 17 octobre 1961, plus de 20 000 Algériens de France descendent dans la rue pour s’opposer à la guerre d’Algérie ».

La police assure le maintien de l'ordre et réunit des manifestants dans des espaces sportifs : Palais des sports, stade Pierre-de-Coubertin. "Ce rassemblement pacifique est réprimé dans le sang par la police ».

Le FLN contraint 1 400 commerçants nord-africains à une grève générale et organise une deuxième manifestation. Face au refus de commerçants d'ouvrir leurs commerces, la police procède à des interpellations. Les autres commerçants finissent par reprendre leur activité professionnelle.

« En Europe, aucune manifestation n’avait été traitée aussi violemment par un État depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». 

« Aujourd'hui encore, la France peine à reconnaître ce massacre et le nombre exact de victimes reste inconnu ».

Le nombre de décès s'élèverait à des dizaines de personnes. Historien et journaliste communiste, Jean-Luc Einaudi allègue le nombre de 393 morts. Quant au professeur d'histoire normalien spécialiste du communisme français, Jean-Paul Brunet, il avance le nombre de 30 à 50 morts pour le 17 octobre et les jours suivants. Concernant la nuit du 17 octobre, l'historien Benjamin Stora cite trois nombres : 38 morts selon un rapport commandé par Jean-Pierre Chevènement, 48 selon celui demandé par Élisabeth Guigou et 98 selon les recherches menées par Linda Amiri et lui ; soit, en élargissant aux semaines précédentes et suivantes, environ 300 morts en trois mois. Un nombre à comparer au millier d'Algériens tués lors des combats entre le FLN et le MNA (Mouvement national algérien).

A l'évidence, ce documentaire de Juliette Garcias s'aligne sur la thèse de Jean-Luc Einaudi. Au vu du nombre de morts et des circonstances - guerre ou djihad, opération de maintien de l'ordre public, manifestation illégale, etc. -, le terme "massacre" ne semble pas adéquat.

En outre, il masque les méthodes de coercition exercées par le FLN sur la population algérienne en France : racket, menaces, instrumentalisation des civils, notamment des enfants, etc.

Il ternit l'image de la France culpabilisée pour un prétendu "massacre". Ce qui risque d'alimenter le ressentiment de générations d'Algériens.

Jean-Luc Einaudi
Jean-Luc Einaudi a consacré plusieurs livres à cette manifestation. 

"Le 17 octobre 1961, le FLN appelle les Algériens de la région parisienne à manifester pacifiquement à Paris pour protester contre le couvre-feu qui leur est imposé. Interdite par la police, la manifestation est très violemment réprimée. Le 17 octobre et les semaines qui suivirent, plus de 150 personnes sont mortes ou disparues. Le préfet de police Maurice Papon, responsable de cette répression, en niera toujours l’ampleur. 

Dans cet ouvrage, Jean-Luc Einaudi livre les conclusions de son enquête sur ces massacres, après avoir pu consulter les archives des hôpitaux de Paris, du Parquet, de la gendarmerie, de la préfecture de police, qui confirment et précisent les données recueillies dans ses précédents ouvrages. 

Dans une longue introduction et une postface inédites, il revient sur les débats et polémiques suscités par son livre, et confirme ses conclusions en répondant à ses contradicteurs.

Durant le procès de Maurice Papon accusé d'être responsable de la déportation, de juillet 1942 à mai 1944, d'environ 1 600 Juifs de Bordeaux vers le camp de Drancy, près de Paris, Jean-Luc Einaudi a été témoin à charge contre le prévenu.

Jean-Paul Brunet
En 1999, Flammarion a publié "Police contre FLN. Le drame d'octobre 1961" de Jean-Paul Brunet. 

"Paris, mardi 17 octobre 1961 au soir. Une manifestation de masse déclenchée par le FLN est réprimée par la police parisienne avec la dernière violence. On est en pleine guerre d'Algérie. Des milliers d'Algériens vont être arrêtés et parqués plusieurs jours durant. Un certain nombre trouveront la mort sous les coups des policiers. Combien ? Plusieurs dizaines comme le FLN l'avance quelques jours plus tard ? Deux cents ? Davantage encore ? La Préfecture de Police n'admet que 2 morts et nie toute exaction. Maurice Papon est alors Préfet de Police. La fin de la Guerre d'Algérie et l'amnistie feront sombrer dans l'oubli ce triste épisode. C'est, une vaste enquête à laquelle s'est livré Jean-Paul Brunet pour resituer la vérité historique. À l'aide d'archives jusqu'ici interdites, notamment celles de la Préfecture de Police, il a pu reconstituer la manifestation du 17 octobre, le climat de haine et de terreur qui régnait alors, les pressions du FLN sur les ressortissants algériens et le comportement d'une police à laquelle son patron avait laissé toute liberté. Si le nombre de morts est moins spectaculaire que ce que certains ont pu dire, l'ouvrage apporte une vaste moisson d'informations dont certaines, étonnantes, contribuent à saisir les ingrédients du drame d'octobre. Au-delà, il explique la « mauvaise conscience » algérienne de la France."

Président François Hollande
En 2012, lors du 51e anniversaire de la manifestation, le Président de la République française, alors le socialiste François Hollande, « reconnaît avec lucidité », au nom de la République, la « sanglante répression » durant laquelle ont été tués « des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ».

Richard Prasquier
Le 14 octobre 2021, Richard Prasquier, Président d'honneur du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), a déclaré dans sa tribune sur Radio J :
"Il s’agit d’un événement survenu il y a soixante ans. Le  17 octobre 1961 à Paris  avait lieu une manifestation d’une trentaine de mille  musulmans algériens. Elle protestait contre la décision du Préfet de Police de Paris, un certain Maurice Papon, d’imposer un couvre-feu à la population algérienne de Paris et à elle seule. 
La police parisienne a réagi de façon violente. 
Je me souviens, ou plutôt, je ne me souviens pas de cette soirée. Rien à la radio ou à la télévision et très peu dans les journaux, dans une France  sous l’article 16 de la Constitution. Des photos et des témoignages clandestins n’ont touché que les plus militants, mais des rumeurs ont vite circulé: on aurait vu des cadavres flotter sur la Seine. 
La protestation s’arrêta là et ne fut pas reprise par le FLN, qui négociait alors avec le gouvernement français. Rien à voir  avec l’émotion provoquée quatre mois plus tard par les attentats de l’OAS à Paris qui vont entre autres défigurer une enfant de quatre ans, et entrainer une manifestation populaire où la charge de la police provoquera 9 morts au métro Charonne.
Si pendant vingt ans au moins, la répression du 17 octobre 1961 a été oubliée, il n’en est plus de même aujourd’hui. Les paroles du Président Macron seront scrutées avec attention, dans une période de tensions extrêmes entre la France et l’Algérie et d’une pré-campagne présidentielle où les reconstructions mémorielles occupent une place inattendue.
Les historiens évaluent aujourd’hui entre 30 et 100, et non pas plusieurs centaines, le nombre des morts, dont aucun n’était armé. Le crime est donc majeur et a été couvert par les plus hautes autorités, à commencer par le Général de Gaulle pour qui ce n’était qu’une péripétie. Loin de lui nuire, ce crime a propulsé Maurice Papon à une grande carrière ministérielle jusqu’à ce qu’il soit  mis en cause pour son rôle dans la déportation de 1600 Juifs bordelais. 
Avant  la manifestation, il avait assuré à ses hommes qu’il les couvrirait. Son successeur, Maurice Grimaud, dira à ses policiers en mai 68: « Si vous frappez un manifestant à terre, c’est la police tout entière que vous frappez vous-même». Et il n’y a presque pas eu de morts au cours des journées de mai 68.
Les historiens ont confirmé le racisme de certains policiers, mais aussi  leur exaspération après les attentats perpétrés contre eux par les militants FLN les semaines précédentes, quand se déroulait une guerre de l’ombre pour le contrôle de la population algérienne de Paris, et que le  FLN  liquidait sans pitié ses adversaires en attribuant leur disparition à la police. 
Plus tard, si le souvenir de la répression  n’a pas été mis en avant en Algérie, c’est que les chefs du FLN parisien de l’époque étaient hostiles à l’Armée des Frontières de Boumediene, cette armée qui depuis Ben Bella jusqu’aux dirigeants d’aujourd’hui a monopolisé le pouvoir dans l’Algérie indépendante, a éliminé ses adversaires et écrit l’histoire qui lui convenait.
Une histoire complexe qui n’occulte pas les fautes et les crimes, mais qui rejette la description en blanc et noir, ce n’est pas ce que le gouvernement algérien recherche. Il veut que la France mette la corde au cou, alors qu’il n’admet lui-même aucune culpabilité, ni pour les massacres de Constantine de 1955, de Melouza en 57 ou d’Oran en juillet 62, ni pour le sort atroce des harkis, pour ne citer que ces crimes-là…..Ni, bien sûr, pour cette simple injonction, la valise ou le cercueil, qui décida du destin des Algériens non-musulmans.
Mais il est vrai que c’est la répression sanglante dont la France s’est rendue coupable le 8 juillet 1945 à Sétif et à Guelma qui a été le détonateur de la révolte armée.
Les historiens français ont confirmé  que la torture  était banale et se faisait sur instructions de la hiérarchie et beaucoup d’entre eux remettent en cause sa soi-disant efficacité préventive car un homme torturé dénonce souvent des innocents. La guerre d’Algérie a été une page très sombre de l’histoire de la France, mais elle ne fait pas des divers gouvernements français les équivalents d’un régime pétainiste qui a aidé à envoyer, en connaissance de cause, des dizaines de milliers de femmes, enfants et vieillards à la mort sous le seul prétexte qu’ils étaient mal nés.
Aujourd’hui dans notre pays, la guerre d’Algérie n’est pas un sujet tabou, et les déclarations du Président Macron sur la responsabilité de la France dans la mort de Maurice Audin et dans le honteux abandon des harkis tranchent avec les frilosités antérieures.  Elles tranchent aussi avec le négationnisme qui dans le monde couvre tant de génocides ou d’épurations ethniques, à commencer par le génocide des Arméniens, et l’autre révisionnisme qui s’acharne à qualifier de nazi un ennemi politique et dont le sionisme est la cible privilégiée.
La  vérité est rarement simple et sa recherche est un risque, car Il est plus confortable de se dire outragé, de refuser toute remise en cause et de se prétendre par définition dans le camp du bien. Cette recherche est le seul moyen d’ouvrir  un espace de dialogue qui brise le « eux contre nous ».
Néanmoins, la recherche des nuances ne doit  pas  rendre sourd aux colères de ceux qui voient leur environnement se décomposer. Comme ces pieds-noirs d’Algérie qui, quand leur monde basculait, s’en étaient remis à une organisation terroriste sans perspective, des hommes et des femmes  aujourd’hui risquent, à cause des  carences successives des politiques, de s’en remettre à des tribuns manipulateurs de désespoir. 
Il faut répondre à leur angoisse qui est aussi notre angoisse, il faut y répondre sans arrogance et sans complaisance…"
Président Emmanuel Macron
Le 16 octobre 2021, s'est déroulée une c
érémonie de commémoration des 60 ans du 17 octobre 1961. 

"Geste inédit pour un président français, [le Président de la République Emmanuel] Macron a participé à un hommage sur les berges de la Seine, à la hauteur du pont de Bezons. Ce pont avait été emprunté, il y a soixante ans, par les manifestants algériens qui arrivaient du bidonville voisin de Nanterre à l’appel de la branche du Front de libération nationale (FLN) installée en France. Le président est allé déposer une gerbe, puis a observé une minute de silence, avant de s’entretenir avec des proches de victimes. Il n’a, en revanche, pas fait de discours."

L'Elysée a publié ce communiqué :
"Le 17 octobre 1961, une manifestation était organisée à Paris par la Fédération de France du FLN pour protester contre le décret du 5 octobre, interdisant aux seuls Algériens de sortir de chez eux après 20h30. Dans la soirée, malgré l’interdiction de la manifestation, plus de 25.000 hommes, femmes et enfants, se dirigèrent vers différents points de regroupement. La répression fut brutale, violente, sanglante. Près de 12.000 Algériens furent arrêtés et transférés dans des centres de tri au Stade de Coubertin, au Palais des sports et dans d’autres lieux. Outre de nombreux blessés, plusieurs dizaines furent tués, leurs corps jetés dans la Seine. De nombreuses familles n’ont jamais retrouvé la dépouille de leurs proches, disparus cette nuit-là. Le Président de la République rend hommage à la mémoire de toutes les victimes. 
Les historiens ont établi de longue date ces faits et les ont inscrits dans un engrenage de violence durant plusieurs semaines. Cette tragédie fut longtemps tue, déniée ou occultée. Les premières commémorations furent organisées par le maire de Paris, M. Bertrand Delanoë ainsi que par d'autres élus de la Nation. 
Aujourd’hui, soixante ans après, le Président de la République s’est rendu au pont de Bezons, près de Nanterre d’où sont partis ce jour-là de nombreux manifestants, et où des corps ont été repéchés dans la Seine. En présence de familles frappées par cette tragédie, de celles et ceux qui se sont battus pour la reconnaissance de la vérité, de représentants et descendants de toutes les parties prenantes, il a observé une minute de silence en mémoire des victimes de la répression sanglante du 17 octobre 1961. 
Il a reconnu les faits : les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon sont inexcusables pour la République. 
La France regarde toute son Histoire avec lucidité et reconnaît les responsabilités clairement établies. Elle le doit d’abord et avant tout à elle-même, à toutes celles et ceux que la guerre d’Algérie et son cortège de crimes commis de tous côtés ont meurtris dans leur chair et dans leur âme. Elle le doit en particulier à sa jeunesse, pour qu’elle ne soit pas enfermée dans les conflits de mémoires et construise, dans le respect et la reconnaissance de chacun, son avenir."
"Des militants ont regretté que le Président ait « joué sur les mots » sans réellement reconnaître, comme ils le demandent, un « crime d’Etat ». Que M. Macron dénonce « les crimes inexcusables » perpétrés cette nuit-là contre ces Algériens venus manifester pacifiquement dans la capitale contre un couvre-feu « n’est pas suffisant », a déploré Rahim Rezigat, 81 ans, ancien de la Fédération de France du FLN. "M. Macron « joue sur les mots par rapport à son électorat, dont les nostalgiques de l’Algérie française », a estimé ce militant lors de débats organisés à Paris par SOS-Racisme et réunissant des militants de cette page sanglante de l’histoire de France et des jeunes d’Ile-de-France."

"De son côté, Dominique Sopo, le président de SOS-Racisme, a souligné auprès de l’Agence France-Presse (AFP) « des avancées bienvenues », tout en regrettant « la frilosité d’Emmanuel Macron » et sa « politique des petits pas ». « Le chef de l’Etat va plus loin que [François] Hollande dans la précision des faits, mais sans nommer le colonialisme », et par ailleurs le « crime est réduit à la responsabilité de Maurice Papon. Il n’était pas un Etat dans l’Etat », estime le dirigeant associatif, « il y avait bien un chef du gouvernement et un chef de l’Etat qui décidaient qui était préfet de police. Papon est resté en poste jusqu’en 1967 », a rappelé M. Sopo".

"Les propos de l’Elysée sont « une avancée, mais c’est encore partiel. On espérait plus. Papon n’a pas agi seul. On a torturé, on a massacré au cœur de Paris et, là-haut, ils étaient au courant », a réagi pour sa part Mimouna Hadjam, porte-parole de l’association Africa 93 qui revendique elle aussi la « reconnaissance d’un crime d’Etat ».

"Après la remise du rapport de l’historien Benjamin Stora sur la colonisation et la guerre d’Algérie (1954-1962), en janvier, le chef de l’Etat s’était engagé à participer « à trois journées commémoratives et emblématiques » : la première a eu lieu autour du 25 septembre, journée nationale d’hommage aux harkis et la seconde ce samedi. La troisième, ce sera le 19 mars pour les 60 ans des accords d’Evian, qui ont mis fin à la guerre d’Algérie. « Il faut que la France reconnaisse cette tragédie comme une tragédie inexcusable, comme une sorte de crime qui a été décidé », avait estimé un peu plus tôt, samedi, Benjamin Stora sur Europe 1 et Cnews. « Il y a une responsabilité de l’Etat sous l’autorité de Maurice Papon », préfet de police de Paris de 1958 à 1967."

"Cette cérémonie s’est déroulée dans un contexte tendu entre Paris et Alger, après des propos de M. Macron rapportés par Le Monde, le 2 octobre. Le président français accusait le système « politico-militaire » algérien d’entretenir une « rente mémorielle » en servant à son peuple une « histoire officielle » qui « ne s’appuie pas sur des vérités ». « Quel que soit l’état de nos relations avec l’Algérie et quelles que soient les positions des autorités algériennes sur la question, nous le faisons pour nous-mêmes, pas pour des raisons franco-algériennes », assure-t-on à l’Elysée."

"Le chef de l’Etat, qui a entrepris un travail de mémoire inédit sur la guerre d’Algérie, souhaite avant tout « regarder l’histoire en face », comme il l’a fait au Rwanda en reconnaissant les « responsabilités » de la France dans le génocide des Tutsi de 1994. « Mais cela ne signifie pas réécrire l’histoire ou la réinventer », prévient l’Elysée. « Le président de la République a décidé de mener cette bataille mémorielle de manière méthodique et organisée. Il y a eu Maurice Audin, Ali Boumendjel, le pardon aux harkis… On a plus avancé sur le chantier mémoriel en quelques mois qu’en soixante ans », assure M. Stora."

"La repentance à laquelle [le Président Emmanuel Macron] soumet les Français jusqu’à privilégier les manifestants anti-français du 16 Octobre plutôt que les victimes françaises du massacre d’Oran est symptomatique. Le passé d’une nation est un trésor collectif qui doit nourrir sa fierté d’être ce qu’elle est. Les historiens peuvent en dire ce qu’il veulent. Un Chef d’Etat n’a pas à réécrire l’Histoire selon son bon plaisir", a observé Christian Vanneste, ancien député Les Républicains, le 17 octobre 2021.

Le 13 octobre 2021, lors du Forum du journal El Moudjahid consacré à la commémoration du massacre des Algériens le 17 octobre 1961, l’ambassadeur d’Algérie en France a déclaré vouloir « un levier de commande pour intervenir » dans la politique française. Depuis Alger, Mohamed Antar Daoud s’est adressé à la diaspora algérienne. Il a d’abord estimé que posséder plusieurs nationalités devait « constituer un atout » pour le peuple. Et ce, qu’il s’agisse de la « double, la triple ou la quadruple nationalité ». « Il nous appartient de faire en sorte que ceux qui veulent investir en Algérie ne soient pas confrontés à un parcours du combattant », a-t-il insisté comme le rapporte notamment le site web algérien TSA. 

"C’est peu après que Mohamed Antar Daoud a appelé ses ressortissants installés en France à « intervenir » dans la politique de l’Hexagone, insistant sur le fait que sa « communauté » est « engagée auprès de son pays ». Il a donc déclaré lors de l’événement tenu mercredi : « Il est inadmissible que l’Algérie, qui possède la plus grande communauté étrangère en France avec dix-huit consulats, ne puisse pas constituer un levier de commande pour intervenir non seulement dans la politique algérienne, mais (aussi) au niveau de la politique française. » Le diplomate a ainsi rappelé que « l’Algérie a besoin de tous ses enfants ».

"Il y a quelques semaines, Mohamed Antar Daoud est revenu en terre algérienne, dans la capitale, après avoir été rappelé, sur fond de tensions diplomatiques entre les deux pays. Le 28 septembre dernier, le gouvernement français annonçait, en effet, réduire drastiquement le nombre de visas qu’il accorde habituellement aux ressortissants marocains, tunisiens et algériens. Une manière pour Paris de mettre la pression sur les gouvernants du Maghreb, fort peu disposés à accueillir chez eux leurs ressortissants expulsés par la France. Malgré cette friction, Emmanuel Macron a tenu à rendre hommage, samedi 16 octobre, aux Algériens tués lors d’une manifestation le 17 octobre 1961. Le chef de l’Etat français a déposé une gerbe près du pont de Bezons, dans le Val d’Oise, reconnaissant que « les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon sont inexcusables ».

Le 16 octobre, Yohann Taieb, président du Collectif des Français victimes du terrorisme palestinien et porte-parole de Jacqueline Niego, sœur d’une des victimes de l’attentat antisémite de la rue des Rosiers", a posté sur Facebook :
"L'année dernière, lors d'une réunion à l'Elysée j'ai proposé au Président Macron de venir se recueillir rue des Rosiers pour rendre hommage aux victimes de l'attentat antisémite perpétré par un commando terroriste palestinien, et ce pour que la France s'excuse de l'ignoble pacte secret conclu avec ce groupe terroriste. A part un accord de principe sur ce recueillement, rien n'a bougé depuis et ce malgré de multiples relances. Aujourd'hui, le Président Macron s'est recueilli de façon historique pour honorer la mémoire d'Algériens jetés dans la Seine par la police française. Étant donné le manque de considération du Président Macron je vais sensibiliser certains de ses adversaires à la question de cet attentat."
Le 17 octobre 2021, au matin, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a déposé une gerbe de fleurs au niveau du pont Saint-Michel, 
près de la Seine, à Paris, en hommage aux victimes du 17 octobre 1961. "Au moment où Didier Lallement a déposé la gerbe de fleurs au niveau du pont Saint-Michel, peu après 8 heures, la sonnerie aux morts a résonné. Puis une minute de silence a été respectée « à la mémoire des morts du 17 octobre 1961 », selon les paroles prononcées par une représentante de la préfecture de police. Didier Lallement, premier préfet de police de Paris à rendre hommage aux victimes, n’a pas pris la parole."

"Dimanche, quelques centaines de manifestants se sont élancés dans les rues de Paris, en scandant « 17 octobre 1961, crime d’Etat », soixante ans jour pour jour après le massacre, en réponse à un appel à manifester signé par des dizaines d’organisations et d’associations, de syndicats et de partis. Le candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot participait au défilé, comme le numéro un d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou, ou encore le député de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel (La France insoumise). 
Derrière la banderole « pour la reconnaissance d’un crime d’État », le cortège est parti du 2e arrondissement de Paris vers le pont Saint-Michel (6e arrondissement), situé à deux pas de la Préfecture de police, qui avait organisé la répression de la manifestation, en 1961."

Maire de Paris, candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2021, a twitté : "Comme chaque année, Paris se souvient et honore la mémoire de tous les Algériens tués, blessés ou disparus lors de la répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961. N'oublions jamais."

Le 18 octobre 2021, sur BFM, l'essayiste Eric Zemmour a déclaré : "On accuse Papon pour ne pas accuser le général De Gaulle". "Il a rappelé que la manifestation du 17 octobre 1961 était interdite avant d'ajouter : «Il y a eu des attaques de policiers (...). Il n'y a pas eu les centaines de morts dont on a parlé.»

«Alors que l'Algérie nous insulte tous les jours, Emmanuel Macron continue à rabaisser notre pays. Ces repentances à répétition deviennent insoutenables et attentent à l'image de la France», tacle Marine Le Pen sur Twitter. Même reproche de la députée LR Michèle Tabarot, qui estime que «notre pays n'a pas à se soumettre aux injonctions mémorielles du régime algérien qui multiplie les provocations anti-France». «Criminaliser notre histoire est une faute. La repentance à sens unique aussi», tance-t-elle".

"Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, est allé dans le même sens. «L'Algérie crache sur la France et Emmanuel Macron fait pénitence. Le chef de l'État doit inspirer la fierté et non la honte d'être Français. Autrement, comment s'étonner que les populations immigrées ne souhaitent pas s'assimiler ?», a-t-il lâché sur Twitter." 

Le 17 octobre 2026, des milliers de jeunes ont pillé, vandalisé, etc. d'environ 3 000 commerces, des appartements, des mobiliers urbains - poubelles - et bâtiments publics, harcelé les forces de l'ordre, souvent aux cris de "Wallah", "Bismillah", "Wesh", etc. Certains brandissaient les drapeaux algériens et palestiniens. L'Hôtel de Ville de Limoges a été incendié. De nombreux émeutiers ont évoqué le 17 octobre 1961. Des violences urbaines, commises par des gauchistes et jeunes issus de l'immigration africaine musulmane, aux allures djihadistes : enseigne musulmane épargnée par la violence, commerces tenus par des musulmans ou/et halal non attaqués - "Master Poulet, personne ne les touche, mon frère !" -, synagogue, magasins et pharmacie dirigés par des juifs français vandalisés - boulevard Magenta et place de la République dans le Xe arr. de Paris -, églises forcées, etc. 

Le 19 octobre 2026, sur LCI, à Lola-Fleur Whittaker, étudiante française, l'interrogeant : "Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qui s’est passé le 17 octobre 1961 ?", David Lisnard, maire de Cannes, candidat à l’élection présidentielle (Nouvelle Énergie), a répondu : "Je m’en fous (...) J’en ai rien à cirer... Je connais votre rhétorique... Cela ne m'intéresse pas".

Jean-Sébastien Ferjou a écrit sur X, ex-Twitter :
"Le plus tristement ironique, c’est que de David Lisnard et de cette étudiante, celle qui n’en a VRAIMENT rien à cirer des Algériens morts en 1961, c’est elle…
Les Algériens ne sont que le prétexte qui lui permet d’exprimer sa haine maladive de l’Occident
La repentance et la mémoire n’ont rien à voir avec ces instrumentalisations au présent
Aucun juif allemand ne pille Berlin pour la commémoration de la nuit de cristal. Aucun Chinois ne pille Londres ni Paris pour la commémoration de la mise à sac du palais d’été
Aucun Bosniaque ne pille Belgrade pour celle des massacres de Srebrenica".

Le 21 octobre 2026, sur RCJ, Yonathan Arfi, Président du CRIF, a nié la discrimination antisémite dans les agressions à Marseille. Sa parole est très discréditée. L'attaque de la synagogue parisienne ne serait pas non plus antisémite, selon les autorités françaises !?

« Le temps retrouvé »
(Arte mag n° 36. Le programme du 29 août au 4 septembre 2020)

« Pour sa deuxième saison, Quand l’histoire fait dates offre une exploration audacieuse de grands événements et de leurs représentations. Entretien avec son concepteur, l’historien Patrick Boucheron. Propos recueillis par Benoît Hervieu-Léger ».

« Quels critères ont guidé votre approche pour ces vingt nouveaux épisodes ?
Patrick Boucheron : Nous avons radicalisé notre proposition initiale ! Depuis sa conception, la série interroge les diverses manières de faire événement.
Elle propose une collection de problèmes davantage que de périodes. Nous avons, cette fois-ci, voulu aller plus loin en retenant des dates dont on cherche l’événement, comme l’an mil. Nous avons joué sur le contre-factuel* dans l’épisode sur la mise à sac du palais d’été de Pékin en 1860. 
Nous avons même poussé l’audace jusqu’à dater un événement qui n’a pas eu lieu. Au IVe siècle, l’empereur Constantin est censé avoir donné la moitié de son empire au pape. Le texte de la donation est un faux. Le non-événement a pris une importance que l’événement réel n’aurait pas eue.

La représentation de l’histoire compterait donc plus que l’histoire elle-même ?
Une date a l’apparence de l’évidence, comme Marignan en 1515.
Or derrière chaque date il y a une petite intrigue aussi captivante à explorer que le récit en soi. C’est pourquoi la série inclut deux fils narratifs : le récit que l’on raconte et nous-mêmes en train de le raconter. Cette approche se lit en particulier dans l’épisode sur la révolution religieuse d’Akhenaton, en Égypte ancienne. À la fin de sa vie, Freud, miné par la maladie et l’exil, a voulu en percer le mystère pour expliquer la montée du nazisme et de l’antisémitisme à son époque. La solution aux énigmes du présent se trouve parfois dans le passé.
L’histoire de l’esclavage et de la colonisation resurgit depuis l’affaire George Floyd.

Un épisode aurait-il pu faire écho à ce présent si enraciné dans le passé ?
La question de la justice et de l’égalité, aiguisée par la crise sanitaire, est abordée avec la Déclaration d’indépendance des États-Unis, en 1776. Ce moment marque la première affirmation des droits universels de l’humain dans un pays dont on sait qu’il détruit les nations indiennes et qu’il deviendra esclavagiste. La “question noire”, déjà traitée dans la première saison avec la libération de Mandela, revient maintenant avec le pèlerinage du roi malien Mansa Moussa en 1324.
Nous aurions certes pu aborder plus frontalement la question de la décolonisation. Elle apparaît malgré tout dans l’épisode sur le massacre des Algériens, à Paris le 17 octobre 1961. L’événement pose clairement la question du racisme, de la violence policière et du legs colonial en France.

* Type de raisonnement qui consiste à imaginer l’issue nouvelle d’un événement historique, après avoir modifié l’une de ses causes. »


« 17 octobre 1961, un massacre colonial » de Juliette Garcias
France, 2020, 27 min
Sur Arte les 18 octobre 2020 à 16 h 40 et 12 novembre 2020 à 3 h 40
Disponible du 11/10/2020 au 16/12/2020
Visuels : © Les Films d' Ici


Les citations sur le film proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 15 octobre 2020, puis le 15 octobre 2021.