Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 8 novembre 2026

« Revoir Paris » d’Alice Winocour

Arte diffusera le 9 novembre 2026 à 20 h 55 « Revoir Paris » d’Alice Winocour. « Blessée dans les attentats de novembre 2015 à Paris, une jeune femme tente de se reconstruire en réactivant sa mémoire en ruine. Avec une Virgina Efira césarisée, un lent retour de l’enfer vers la lumière et le monde des vivants. ».


« Paris, novembre 2015. Traductrice-interprète de russe, Mia vit avec son compagnon Vincent, médecin-chef dans un hôpital. Un soir, surprise à moto par une pluie diluvienne, elle se réfugie dans une brasserie. Une fusillade éclate et tout bascule, puis le trou noir. Blessée dans l’attentat, Mia ne se souvient se rappelle de l’évènement que par bribes. Fantôme errant dans sa vie pendant de longs mois, incapable de communiquer avec Vincent, la jeune femme décide d’enquêter dans sa mémoire pour retrouver le chemin d’un bonheur possible. Mia va peu à peu se frayer une voie vers la réparation, accompagnée par une association d’aide aux victimes et par Thomas, un survivant comme elle, qui l’avait remarquée avant le drame.  » 

« Comment renouer avec la vie après la déflagration du traumatisme ? C’est cette solitaire traversée du tunnel – et de Paris – à la recherche de repères qu’Alice Winocour, dont le frère fait partie des rescapés du Bataclan, met en scène avec une délicate pudeur. »

« Absente d’elle-même et aux autres, comme en suspension dans un espace-temps qu’elle ne peut partager qu’avec "ceux qui y étaient", Mia, petit soldat brisé sanglé dans son blouson de cuir, arpente la nuit les rues de la capitale en mission incertaine. »

« Lancée dans une enquête obsessionnelle pour trouver "le diamant dans le trauma" évoqué par la responsable de l’association, l’héroïne va reconstruire des fragments d’humanité dans sa mémoire en ruine, sous le regard de l’enjoué Thomas (Benoît Magimel). Car lui revient le souvenir qu’au cours de l’attaque un frère d’âme lui a tenu la main, dont elle finit par retrouver la trace – un cuisinier sénégalais sans papiers. »

« Avec une Virginie Efira en apnée et au regard vide, comme étrangère au monde des vivants, un saisissant retour des ténèbres. »

Meilleure actrice (Virginie Efira), César 2023 – Meilleure actrice (Virginie Efira), Prix Magritte 2023 – Prix Alice Guy 2023 


ENTRETIEN AVEC ALICE WINOCOUR

« Quelles différentes significations accordez-vous à ce titre Revoir Paris ?
C’est l’idée de regarder la ville autrement. Après l’attentat, Mia est dans les limbes, étrangère à elle-même, étrangère à la ville. Elle commence à faire le point sur sa vie avec le sentiment diffus qu’elle doit la reconfigurer, que quelque chose doit changer. Il y a aussi le sens plus direct : Mia revoit Paris après le trou noir de l’attentat. Elle va « revoir Paris » pour entamer, presque à son insu, un chemin de résilience.

Revoir Paris est une fiction mais fait évidemment penser aux attentats de janvier 2015 et encore plus à ceux du 13 novembre. Comment avez-vous vécu ces évènements ?
Mon frère était au Bataclan, le 13 novembre. Pendant qu’il était caché, je suis restée en lien SMS avec lui une partie de la nuit. Le film s’est construit à partir des souvenirs de cet événement traumatique, puis à partir du récit de mon frère dans les jours suivant l’attaque. J’ai expérimenté sur moi-même comment la mémoire déconstruisait, et bien souvent reconstruisait les évènements.

Mia se connecte aussi aux autres, à travers les gens qu’elle rencontre dans une association de survivants. Comment est venue cette idée ?
Dans les semaines qui ont suivi, j’ai commencé à aller sur les forums des victimes qui s’étaient regroupées par secteurs et ça a été une expérience très impressionnante. Voir que des centaines de personnes se cherchaient, essayaient de se retrouver, de retrouver des objets perdus dans les attentats. Toutes étaient en quête d’informations sur les personnes avec qui elles étaient, avec qui elles avaient échangé ne serait-ce qu’un regard, qui leur avait parlé, parfois juste quelques mots de soutien … J’ai rencontré une communauté forte de personnes qui essayaient de se reconstruire ensemble en revenant parfois sur les lieux. J’ai été très touchée par l’idée qu’on ne peut pas se reconstruire seul, qu’il faut être au moins deux, que cela passe par le collectif. D’où mon envie d’un film choral avec beaucoup de personnages d’horizons différents.

Le film semble aussi très documenté…
J’ai rencontré des psychiatres qui m’ont parlé de la notion de diamant au cœur du trauma, ces choses positives qui surviennent autour d’un événement traumatique : des relations amicales, amoureuses, des liens forts qui se nouent et qui ne se seraient pas noués sans l’événement.
Ils m’ont aussi parlé du phénomène du flashback, et du trouble de « la mémoire récurrente involontaire », qui est très différent du souvenir et du classique flashback au cinéma. Ici il s’agit de la reviviscence d’une expérience passée traumatique, qui fait surgir de manière soudaine et involontaire des images mentales qui envahissent la conscience, comme un éblouissement, une sorte d’effraction psychique.

Ce film s’inscrit-il dans la lignée d’Augustine et de Maryland, au sens où vous travaillez sur la notion de trauma et de stress post-traumatique ?
Augustine, c’est le corps qui parle quand on est privé de mots pour dire ses souffrances. Maryland, c’est vraiment un autoportrait, dans le sens où j’y ai glissé toutes mes peurs et toutes mes angoisses en me projetant dans une figure de soldat qui revient du champ de bataille. Cette notion de stress post-traumatique, si fortement ancrée en moi, vient de mon héritage familial, je n’y peux rien. J’essaie de m’en défaire, progressivement.

Revoir Paris s’intéresse aux conséquences d’un attentat pour les victimes, pas du tout aux terroristes et à leurs motivations. ce choix était évident d’emblée ?
Ce n’est pas tant l’attentat lui-même qui m’a intéressée, mais les traces qu’il a laissées chez les victimes. Aucune d’entre elles n’a une vision globale de l’attaque, mais seulement des bribes, des images désordonnées comme les fragments d’un miroir éclaté. De par mon implication personnelle, je me suis concentrée sur les survivants, avec l’idée que Mia enquête dans sa propre mémoire. C’est le champ du film. Ce qui m’a frappée en rencontrant des victimes, c’est que toutes et tous veulent se reconstruire, retrouver le bonheur. Le film devait revêtir ce désir de résilience.

Comme vous le dites, la mémoire se recompose. Il y a cette femme qui accuse Mia de s’être enfermée égoïstement dans les toilettes pendant la fusillade alors que c’est justement cette femme qui s’était enfermée. Ce retournement accusatoire est-il volontaire ou inconscient de la part de cette femme ?
Les psys expliquent que la mémoire déconstruit les évènements traumatiques et qu’il est très difficile pour les survivants de remettre les choses dans l’ordre. Cette question gouvernait la mise en scène, il fallait qu’on sente organiquement les flashes de mémoire, les faux souvenirs, les amnésies… Mia elle-même croit se souvenir qu’elle s’était enfermée dans les toilettes. On a beaucoup travaillé les sons qui sont fondamentaux dans le processus de la mémoire.

Ce qui est bien vu dans la partie avant l’attentat, c’est la somme de petits hasards qui amènent une personne à se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Logiquement, Mia n’aurait jamais dû se retrouver dans cette brasserie…
Oui, c’est un empilement de hasards, de circonstances. Le hasard a placé Mia dans cette horreur mais lui a aussi permis de survivre. En faisant ce film, j’ai souvent pensé à Cléo de 5 à 7, avec cette femme perdue dans le tumulte de la ville. Mia est aussi très concrète : elle veut comprendre, elle cherche dans Paris la main qui l’a sauvée. Les victimes disent qu’il suffit parfois d’un détail pour rebasculer vers l’humanité : un simple geste peut vous raccrocher à l’humanité. Pour Mia, c’est une main qui l’a maintenue dans le monde des vivants.
À la fin de La Peste, Camus écrit que la peste est toujours là, tapie, prête à resurgir, mais qu’il y a aussi des choses si belles à aimer chez les hommes.

Dans la communauté de victimes, Mia rencontre Thomas.
Ce sont des gens seuls, abîmés, qui se soignent ensemble. C’est souvent comme cela que commencent les histoires d’amour, une reconnaissance inconsciente de nos blessures communes. C’était fort de travailler avec Virginie et Benoît, deux comédiens qui suscitent une empathie presque immédiate. Le personnage de Benoît, physiquement abîmé, a aussi un humour, une légèreté que je trouve très séduisante. Mia, elle, ne se plaint pas, elle sert les dents, elle prend sur elle, comme souvent les personnages féminins que je mets en scène.

La main que recherche Mia appartient à un cuisinier noir. Pourquoi ce choix ?
Paris est une ville cosmopolite. Dans le film, on rencontre des Espagnols, des Australiens, des Allemands, des Japonaises, des Sénégalais… Il y a cette phrase dans le film qui dit « si les Sénégalais, les Maliens et les Sri-lankais faisaient grève, on ne pourrait pas manger à Paris », il suffit d’observer les arrière-cuisines des restaurants parisiens pour s’en rendre compte. Ça m’intéressait de montrer le Paris des « invisibles ». Si Mia voit des fantômes, les fantômes du film ce sont aussi les sans-papiers, les clandestins, les vendeurs à la sauvette au pied de la tour Eiffel.
Je voulais filmer différents Paris, celui des monuments touristiques et celui de Stalingrad ou de la porte de La Chapelle. Au pied de la Tour Eiffel, ces espaces se rencontrent un court instant. Il y a une certaine violence à observer ces mondes qui se côtoient sans se voir. Les vendeurs de Tour Eiffel viennent beaucoup du Sénégal et vivent dans un dénuement complet. Le personnage est joué par Amadou Mbow, on l’a vu dans Atlantique de Mati Diop : c’était important d’avoir un acteur sénégalais de Dakar et pas un Français d’origine sénégalaise pour incarner ce personnage qui vient d’ailleurs.

La séquence de l’attentat est filmée avec des options fortes : on ne voit que les pieds des terroristes, on entend surtout le son des mitraillettes.
J’ai décidé d’adopter le point de vue strict de Mia qui est à plat-ventre et ne voit que les pieds des assaillants. C’est tout ce dont elle se souvient clairement. De façon plus générale, comment montrer l’attaque ? Mon frère me disait qu’un attentat est irreprésentable. Un attentat, c’est la négation de la pensée, c’est impossible à montrer. Il me disait d’aller vers l’onirisme, le fantastique. Même si les souvenirs de Mia ne sont pas cohérents, avec la présence des fantômes, les victimes sont toujours là, dans sa tête.

Revoir Paris est aussi un très beau film sur paris. Comment s’est passé votre tournage ?
C’est la première fois que je tournais à Paris. À l’image, je souhaitais renvoyer une image vraie de Paris mais aussi faire entrer Paris dans la fiction. J’envisageais quelque chose à la fois de brut et d’hypnotique. Il y a ce plan de Paris en plongée, où les boulevards semblent incandescents, comme des blessures. Paris est aussi un personnage de ce film car la ville a été blessée dans sa chair, on l’a tous ressenti. Le tournage a commencé peu après le début du procès du 13 novembre et c’était assez vertigineux. Quand on tournait certaines scènes comme celle des fleurs en hommage aux victimes, les passants étaient émus, à tel point qu’on a dû afficher de grands panneaux « tournage » pour éviter la confusion. Dans ma tête, en faisant le film, la réalité et la fiction se sont beaucoup côtoyées.

À l’opposé de la séquence de l’attentat, il y a une séquence à l’Orangerie où l’on contemple les Nymphéas de Monet.
Ce que j’ignorais, c’est que Monet avait offert ce tableau à la France après les atrocités de la Première Guerre mondiale, comme un lieu de méditation, vide de présence humaine. Monet disait que cette œuvre devait se visiter en silence, dans un recueillement face à la beauté du monde. J’étais émue d’apprendre ça, juste après avoir fait le choix de ce musée, de manière intuitive.
Pour les extérieurs, on a tourné dans des conditions de documentaire, c’est-à-dire sans bloquer les rues ou la circulation. C’était stressant pour l’équipe mais pour moi, c’était un fort enjeu de mise en scène. Il fallait rendre l’aspect bouillonnant et coloré de Paris. Montrer la vitalité de Paris, ce qu’elle a d’envoûtant, c’était important, c’est ce que les terroristes veulent détruire.

La musique d’Anna von Hausswolff participe de l’atmosphère inquiétante et envoûtante du film.
Le romantisme noir est un univers qui m’accompagne, que ce soit en littérature, en cinéma ou en musique. C’est mon monteur qui m’a fait découvrir cette musicienne suédoise qui joue dans des églises de l’orgue mélangé à du drone, des basses puissantes. Il m’a fait écouter un de ses albums, Dead magic : des ballades gothiques, du post-metal, du punk, c’est assez mélangé. C’est une musique avec un côté sacré, lumineux, qui allait bien avec l’idée de communiquer avec le monde des morts. Ce que fait Anna von Hausswolff n’est pas non plus de la musique d’église, c’est très tordu, très contemporain. Dès que je lui demandais un titre, il fallait qu’elle réserve une église, ce qui n’était pas toujours simple ! Le processus était long mais c’était important pour le film.

Virginie Efira est impeccable, comme toujours…
Virginie est une actrice que j’admirais depuis longtemps et j’ai trouvé chez elle ce que j’aimais dans ce personnage de Mia : sa liberté. Elle n’est pas complaisante avec sa souffrance, elle est dans une quête, dans l’ouverture aux autres. Virginie est une affranchie, elle correspondait à l’idée que je me faisais du personnage. On a beaucoup travaillé son regard, j’ai montré à Virginie des films comme Dead Zone où Christopher Walken semble le spectateur de sa mémoire. Virginie devait jouer des moments de connexion et de déconnexion, ce qui correspond à l’état des personnes post-traumatisées : elles sont dépersonnalisées, leurs corps leur semblent étrangers. Mia est un personnage qui sort des limbes et revient progressivement à la vie.

Benoît Magimel dans le rôle d’un homme séduisant mais abîmé, c’était une évidence ?
J’aime ce genre de personnage, comme Matt Dillon dans Proxima, Vincent Lindon dans Augustine ou Matthias Schoenaerts dans Maryland. J’aime filmer une fragilité qui se niche derrière une virilité physique, animale, je trouve cela très séduisant. Benoît dégage cette humanité, cette profondeur.

Grégoire Colin est également séduisant mais dans un registre plus froid, plus mystérieux.
J’avais déjà travaillé avec lui et j’avais envie d’aller plus loin. Dans le film, il est un personnage un peu trouble. Il voudrait reconquérir Mia mais porte en lui la culpabilité d’avoir délaissé sa compagne le soir de l’attentat. J’ai trouvé assez humain qu’il soit en colère, surtout contre lui-même. C’est un personnage qui me touche dans ses contradictions.

Amadou Mbow a peu de scènes mais son rôle est essentiel et inoubliable.
Pour la scène finale, j’ai pensé à la dernière scène des Lumières de la ville. Les différents mondes qui se rejoignent, ça m’émeut beaucoup. Chacun est enfermé dans sa classe, et les occasions d’en sortir sont extrêmement fugaces. Les événements traumatiques écrasent les différences, les classes sociales et nous ramènent au sentiment très fort de notre appartenance à quelque chose de plus grand que nous. Face à la mort on est tous égaux. Le personnage d’Amadou dit qu’il ne voulait pas mourir dans ce placard : je trouve ça beau, de déjouer un rendez-vous avec la mort.

Pouvez-vous parler de Nastia Golubeva, qui joue Félicia ?
Félicia cherche à savoir comment ses parents sont morts pendant l’attaque, ça correspond à des témoignages que j’ai lus. C’est important pour les proches des victimes de savoir comment celles-ci ont disparu. Mia noue une relation un peu maternelle avec Félicia d’autant qu’elle n’a pas eu elle-même d’enfant. Elle véhicule une pureté, une innocence, qui me touche.

Pour terminer, j’aimerais revenir sur cette scène finale, qui évoque la fin des Lumières de la ville. Comment avez-vous pensé cette scène pour atteindre une telle puissance émotionnelle ?
Tenir la main, c’est venu de mon expérience. Quand mon frère était caché dans le Bataclan, il m’a demandé d’arrêter de l’appeler, pour pas qu’il se fasse repérer. Alors avec mon ami, on a éteint la télévision et la radio, on a allumé une bougie et on s’est tenu les mains. Mon monteur qui habite près du Bataclan, qui entendait les tirs et les cris, s’est allongé avec sa copine et ils se sont aussi tenus la main. Dans les forums de rescapés, beaucoup de témoignages évoquent aussi des mains qui se serrent. Un psychiatre m’a expliqué que se tenir la main dégage de l’ocytocine, une hormone de bien-être qui s’apparente au contact entre un bébé et le sein de sa mère. Tenir la main, c’est du réconfort et du lien. C’est une sorte de réflexe grégaire dans les situations de détresse les plus extrêmes. Voilà pourquoi j’ai beaucoup filmé les mains, pourquoi je termine sur cette image ».


« Revoir Paris » d’Alice Winocour
France, 2022, 1h37mn
Production : Dharamsala, Darius Films, Pathé Films, France 3 Cinéma 
Productrices : Isabelle Madelaine et Emilie Tisné
Co-production : Ardavan Safaee
Scénario : Alice Winocour
Musique : Anna von Hausswolff, Arvo Pärt
Photographie : Stéphane Fontaine
Décors : Margaux Remaury et Florian Sanson
Son : Jean-Pierre Duret, Pascal Villard, Laure-Anne Darras et Marc Doisne
Montage : Julien Lacheray
Avec Virginie Efira, Benoît Magimel, Grégoire Colin, Maya Sansa, Amadou Mbow, Nastya Golubeva, Anne-Lise Heimburger - 
Première diffusion : 9 novembre 2026
Sur Arte les 09 novembre 2026 à 20 h 55, 13 novembre 2026 à 13 h 30, 19 novembre 2026 à 13 h 35
Sur arte.tv du 09/11/2026 au 08/12/2026
Visuels : © 2022 Dharamsala - Darius Films - Pathé Films - France 3 cinéma


vendredi 6 novembre 2026

Le départ payant des Juifs de Roumanie

Des années 1950 à 1989, le régime communiste roumain a autorisé l'émigration de ses ressortissants juifs contre versement d'une somme d'argent en dollars, livraison de bétail pour moderniser son agriculture puis armes. Arte diffusera, dans ce cadre, le 10 novembre 2026 à 22 h 40 « La vente secrète des juifs de Roumanie », documentaire de Pierre Goetschel.


La présence juive en Roumaine est bimillénaire. 

En 1939, environ 700 000 juifs roumains vivaient en Roumanie. C'était l'une des communautés les plus importantes en Europe.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, en octobre 1940, le dictateur fasciste Ion Antonescu a pris le pouvoir avec l'aide de la Garde de fer ou « Légion de l'Archange Michel », en roumain : Legiunea Arhanghelului Mihail dont les membres étaient appelés « légionnaires ». La Roumanie du maréchal Antonescu est un État fasciste, satellite de l'Allemagne nazie, dirigé de facto par l'ambassadeur allemand Manfred von Killinger aidé par le Judenberater Gustav Richter, qui exhortent les dirigeants roumains à exterminer les Juifs, pourtant déjà visés par des mesures discriminatoires et antisémites : interdiction d'accès à la fonction public et à des professions libérales, de détention d'automobiles, d'entrées dans des salles de cinéma, etc.

Du 21 au 23 janvier 1941, ont eu lieu le coup d'État de la Légion et le pogrom de Bucarest commis par les Gardes de fer - dirigés par Mircea Petrovicescu, le fils du Ministre de l'intérieur limogés par Antonescu - des Roumains, adolescents et adultes, Roumains et Roms, femmes et hommes, policiers et syndicalistes, criminels et Roumains lambda, cupides ou/et particulièrement sadiques. Trouvant le régime insuffisamment dur, les « légionnaires » se sont révoltés. Durant cette rébellion, la Garde de Fer a assassiné 125 Juifs ; 30 soldats roumains meurent durant des combats avec les rebelles. La Garde de Fer est dissoute et 9 000 de ses membres sont emprisonnés pour rébellion. Le pogrom de Bucarest, notamment dans les quartiers de Dudești et Văcărești, s'avère un évènement constitutif important de la rébellion car il sert à la légitimer et à présenter les adversaires de la Légion comme des « marionnettes des Juifs et des Francs-maçons ». En trois jours, commerces vandalisés, domiciles pillés, femmes violées, juifs torturés ou défenestrés, synagogues détruites... Certains juifs, dont une enfant, sont tués dans l'abattoir de Bucarest, puis leurs cadavres pendus aux crocs de bouchers, éviscérés et affublés de pancartes portant la mention "cacher"... 

Quelques mois plus tard s'est déroulé le pogrom de Iași (29 juin-6 juillet 1941) effectué par des soldats, des policiers et des habitants de cette ville située en Moldavie roumaine. Durant le massacre et dans les deux « trains de la mort », entre 13 000 et 15 000 Juifs, sur les 45 000 Juifs de la ville, ont été assassinés.

La même année, des juifs roumains ont été déportés en Transnistrie.

En 1945, la moitié des juifs roumains a survécu aux persécutions antisémites qui s'étaient déroulées sans indignation de la famille royale roumaine. 

Le 6 mars 1945, le Parti communiste roumain s'est emparé du pouvoir par un coup d'Etat. 

Cibles de mesures antisémites, de nombreux juifs roumains ont quitté la Roumanie communiste pour les Etats-Unis, la France ou Israël après sa refondation 1948 et jusqu'en 1952, année où l'alyiah a été interdite. Au recensement de 1956, 146 274 juifs vivaient en Roumanie.

La Roumanie communiste, dont l'économie demeurait dépendante de l'agriculture, s'efforce de la moderniser. Elle a besoin de devises étrangères. Elle accède à la proposition d'un homme d'affaires juif britannique d'origine hongroise, Henry Jacober et se fait rémunérer, en moyenne deux mille dollars, pour chaque juif roumain agréé à l'exil, "exporté". En échange de ses ressortissants juifs, la Roumanie exige parfois aussi du bétail : moutons mérinos australiens recherchés pour leur laine fine, des vaches jersiaises qui peuvent vêler dès les 22 mois et produisent un lait riche en minéraux, vitamines et plus digeste...  L'argent est versé par les juifs roumains, qui empruntent auprès d'amis, par un philanthrope américano-juif sollicité par un réseau de rabbins, et par l'Etat d'Israël.

A son arrivée au pouvoir en 1965, Nicolae Ceaușescu a pris connaissance de ce trafic. Indigné, il y a mis un terme, puis, quelques mois plus tard, il l'a autorisé. Fin 1977, seuls demeuraient 24 000 Juifs en Roumanie. Nicolae Ceaușescu a réclamé en échange de ses ressortissants juifs des armes aux Occidentaux.

En 1978, lors de sa défection, le général roumain Ion Mihai Pacepa, haut fonctionnaire au service roumain de renseignements à l'étranger,
 a confié  à ses homologues américains des secrets politiques, notamment sur la création du personnage palestinien Yasser Arafat et ses frasques homosexuels, et ce trafic à un Occident longtemps incrédule.

En 1989, après la chute du régime communiste roumain, ce trafic lucratif pour ce pays communiste a pris fin. 

Ce n'est que tardivement, en 2014, que les archives de la Securitate, police politique roumaine, ont été déclassifiées et étudiées par des historiens.

La Roumanie n'est pas le seul pays à avoir fait payer pour le départ de ses juifs. Dans les années 1960, l’Etat d’Israël avait payé un 
lourd tribut pour que les autorités politiques marocaines acceptent l’émigration de Juifs marocains persécutés. Selon des historiens, le montant payé par Israël aux dirigeants marocains pour chaque Juif vivant au Maroc et faisant son aliyah (Nda : émigration vers l'Etat Juif) a varié selon les dates : 100 dollars, puis 250 dollars. Le coût total assumé par l'Etat d'Israël avoisinerait 30 millions de dollars, tous frais inclus (bakchichs, etc.). Seul le général Mohamed Oufkir n'a rien demandé en raison de son intégrité morale.

« Les exportés »
En 2022, les éditions Flammarion ont publié « Les exportés » de Sonia Devillers, journaliste sur France Inter et Arte (Le Dessous des Images).

« Ma famille maternelle a quitté la Roumanie communiste en 1961. On pourrait la dire « immigrée » ou « réfugiée ». Mais ce serait ignorer la vérité sur son départ d’un pays dont nul n’était censé pouvoir s’échapper. Ma mère, ma tante, mes grands-parents et mon arrière-grand-mère ont été « exportés ». Tels des marchandises, ils ont été évalués, monnayés, vendus à l’étranger. »

« Comment, en plein cœur de l’Europe, des êtres humains ont-ils pu faire l’objet d’un tel trafic ? Les archives des services secrets roumains révèlent l’innommable : la situation de ceux que le régime communiste ne nommait pas et que, dans ma famille, on ne nommait plus, les juifs. »

« Moi qui suis née en France, j’ai voulu retourner de l’autre côté du rideau de fer. Comprendre qui nous étions, reconstituer les souvenirs d’une dynastie prestigieuse, la féroce déchéance de membres influents du Parti, le rôle d’un obscur passeur, les brûlures d’un exil forcé. Combler les blancs laissés par mes grands-parents et par un pays tout entier face à son passé. »

Sonia Devillers semble reprocher à Henry Jacober d'avoir perçu son pourcentage sur ce trafic. De manière pragmatique, cela lui a permis notamment de payer des commissions, des backchichs à tous les maillons qui réclamaient leur part du gâteau, de financer un train de vie lui permettant d'inviter, de rencontrer les dirigeants politiques... 


« La vente secrète des juifs de Roumanie »
« 1933, Adolf Hitler devient chancelier du Reich. À partir de 1939, l'Allemagne nazie impose au monde guerre et meurtres de masse. De l'horreur de la Shoah à la délivrance, des témoins et des historiens racontent cette funeste période de l'histoire du XXe siècle. « Les nazis au pouvoir - Terreurs, résistances et libération » est une collection de films documentaires pour mieux retracer la réalité du nazisme. »

Arte diffusera, dans ce cadre, le 10 novembre 2026 à 22 h 40 « La vente secrète des juifs de Roumanie », documentaire de Pierre Goetschel.

« De 1958 à 1989, la Roumanie communiste a secrètement vendu ses citoyens juifs, autorisant leur départ en échange de contreparties matérielles. À partir d’archives déclassifiées, ce documentaire dévoile les rouages d’un système glaçant, qui puise ses racines dans l’histoire du pays. »

« En 1978, lorsque Nicolae Ceausescu, soucieux de donner à la Roumanie une image de modernité et d’ouverture, se rend aux États-Unis pour signer des accords commerciaux avec le président Jimmy Carter, il est accompagné d’un homme de l’ombre, le général Ion Pacepa. »

« Ce dernier, l’un des agents de renseignement les plus influents du pays, s’apprête à passer à l’Ouest, et à révéler les sombres secrets du régime dictatorial en place. Parmi ceux-ci, l’existence d’un véritable trafic d'êtres humains : l’échange de juifs roumains contre du bétail et des machines agricoles. »

« Commencé à la fin des années 1950, ce troc sinistre a été érigé en système commercial mafieux, servant les intérêts géopolitiques de Ceausescu. »

« En près de trente ans, plus de 300 000 juifs ont été vendus à l’étranger, pour la plupart à Israël. Ainsi, pendant que cette communauté saisissait l’opportunité "offerte" de quitter un pays où elle était depuis longtemps stigmatisée, l’État remplissait ses caisses, tout en purifiant sa population. »

« Une histoire effarante qui prend racine quelques décennies plus tôt, lors du démembrement de la Roumanie à l’aube de la Seconde Guerre mondiale… »

« Poursuivant l’enquête de Sonia Devillers sur son histoire familiale (Les exportés, publié chez Flammarion en 2022), cet édifiant documentaire s’appuie sur les archives de la Securitate, redoutée police politique de la Roumanie communiste, pour dévoiler les rouages d’un système sans équivalent dans l’histoire du XXe siècle. »

« Dans ces documents aujourd’hui déclassifiés figurent des listes glaçantes où les noms des "exportés" sont mis en rapport avec des vaches laitières ou des porcs reproducteurs, marchandage que l’on doit à l’ingéniosité commerciale d’un certain Henry Jacober, homme d’affaires émigré en Roumanie dans les années 1950 et prêt à faire feu de tout bois. »

« Mais ce trafic, comme le montre le film, s’est inscrit dans la continuité d'un antisémitisme d'État qui traverse l’histoire du pays, de la dictature d'Antonescu à l'ère communiste. Des 750 000 juifs présents en Roumanie dans les années 1930, il ne restait plus que quelques milliers à la chute du communisme. »

« Dans d’émouvants témoignages, des juifs qui ont saisi cette occasion pour émigrer en Israël ou en France racontent ces départs, dont ils n'avaient à l’époque pas soupçonné ce qu’ils recouvraient : l’enrichissement d’un régime au détriment de toute une population, progressivement effacée de la mémoire nationale. »


Sonia Devillers, « Les exportés ». Ed. Flammarion, 2022. 288 pages - 136 x 210 mm. Broché. EAN : 9782080283207. ISBN : 9782080283207

« La vente secrète des juifs de Roumanie » de Pierre Goetschel
France, 2025, 60 min
Librement adapté de l’ouvrage de Sonia Devillers Les exportés (Flammarion)
Coproduction : ARTE France, Compagnie des Phares et Balises
Sur Arte le 10 novembre 2026 à 22 h 40
Sur arte.tv du 03/11/2026 au 09/06/2027
Visuels : © COMPAGNIE DES PHARES ET BALISES

mercredi 4 novembre 2026

Vente aux enchères des Rois du Monde pour les victimes du 7 octobre 2023

L’association Les Rois du Monde organise, avec Fine'Art, une vente aux enchères publique de prestige le lundi 23 novembre 2026 à 19h30, précédée d'un cocktail à 18h, aux Salons Hoche à Paris, sous le marteau de Sotheby's. Elle propose des œuvres d'art contemporain d’artistes, peintres ou sculpteurs, talentueux. L’argent récolté est destiné aux enfants, aux victimes du 7 octobre 2023. La vente se déroulera en solidarité avec le peuple iranien. Le catalogue numérique est consultable sur le site de Fine'Art.

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« Pour qu’un enfant… reste un enfant ». Telle est la devise de l’association Les Rois du Monde.
Cette association caritative, reconnue d’intérêt général, a été créée en 2012 par Stéphanie Robert, mère de deux enfants, après l’hospitalisation de son fils atteint d’une maladie grave. « La perception de voir autant d'enfants dans l'hôpital, immobilisés, seuls dans leur chambre loin de leur famille, ou avec peu de visites de leurs proches, lui a fait réaliser que rien n’est assez beau que d’être entouré de personnes qui vous aiment et souhaitent vous rendre le sourire et le moral ». Un de ses amis d’enfance, artiste et vice-président, Richard Orlinski, la soutient dans son action.

Active en France - Paris, Bondy, Garches, Neuilly-Sur-Seine, Lille, Lyon, Cannes, Marseille, Nice -, et depuis 2017 à Monaco, en Serbie, en Israël - Malhe Haolam organise et finance notamment des ateliers et activités ludiques, des séjours de repos pour les familles d'enfants hospitalisés à long terme entre deux soins difficiles -, au Maroc, en Côte d'Ivoire, au Nigéria et en République démocratique du Congo (RDC), LRDM organise diverses actions pour répondre aux besoins des enfants malades ou défavorisés. « En France, LRDM collabore avec des établissements de santé et des maisons de l'enfance pour offrir une parenthèse enchantée dans le pénible quotidien de ces enfants. À l'étranger, elle collabore avec des organismes sur place pour répondre aux besoins d'orphelinats, de villages sans ressources et de familles défavorisées. »

"Nous soutenons l'orphelinat de Netanya ainsi qu'une douzaine d'hôpitaux à travers Israël. Nous préparons notamment un vaste programme de prise en charge psychologique destiné aux enfants et aux familles confrontés aux traumatismes du 7 octobre... La vente aux enchères organisée par Fine'Art-Marc Assouline, et sous le marteau de Sotheby's, réunit des œuvres rares, puissantes, et d'une valeur remarquable. Ces pièces ne sont pas seulement précieuses  par leur signature ou leur côte : elles portent une histoire, une émotion, une intensité qui résonne avec la cause qu'elles servent... Cette vente n'est pas un événement mondain. C'est un moment d'engagement", a écrit Stéphanie Robert, Présidente mondiale des Rois du Monde. .

Une soixantaine d'œuvres, figuratives ou abstraites, tableaux ou sculpture murale, de cinquante-huit artistes, dont Yaacov Agam (Black Hole, Color and Space), Joel Amit (Infinity), Yoel Benharrouche (La douceur d'un soir d'été), David Gerstein (Peloton Wave), Yoram Raanan (Yam Sufd Clouds), Keren Schwarz (Les liens)...  

La vente sera faite au comptant et conduite en euros. Aucun frais ne sera perçu en sus des enchères.

Le site Internet de l'Espace FINE' Art permet de consulter le catalogue numérique et de voir "toutes les œuvres proposées à cette vente. Chaque lot dispose de sa page, avec ses photos, sa légende, son estimation et la biographie de l’artiste".


Les Rois du Monde 
23, rue Descombes. 75017 Paris
48, Bd Maillot. 92200 Neuilly sur Seine
Tél : 06.58.56.22.63
E-mail: contact@roisdumonde.org

Aux Salons Hoche Paris
9, avenue Hoche. 75008 Paris
Exposition publique dimanche 22 novembre 2026 de 11h à 20 h et lundi 23 novembre 2026 de 11h à 18h.
Et
Vente aux enchères lundi 23 novembre 2026 à 19 h 30
Cocktail lundi 23 novembre à 18h
Commissaire-priseur : Pierre Mothes, SOTHEBY'S

Contact pour la vente
Marc Assouline
espacefineart@gmail.com
Tel : +33 (0)9 50 70 24 42
Tél : +33 (0)6 20 42 69 95
ordre d'achat : espacefineart@gmail.com

Visuels :
Couverture du catalogue 
Yoram Raanan
Né en 1953
Yam Suf Clouds, œuvre de Yoram Raanan
Lot 08 — Yoram Raanan, Yam Suf Clouds
LOT 08
Acrylique avec perles de verre et feuille d’or
Dimensions : H 120 cm / L 160 cm
Acrylic with glass beads and gold leaf
Dimensions: H 47 inches / W 63 inches
ESTIMATION : 18 000 / 22 000 €

Yaacov Agam
1928–2026
Vue de gauche de Color and Space
Vue de face de Color and Space
Vue de droite de Color and Space
Lot 22 — Yaacov Agam, Color and Space
LOT 22
Agamograph
Dimensions : H 38 cm / L 35 cm
Agamograph
Dimensions: H 15 inches / W 14 inches
ESTIMATION : 8 000 / 12 000 €

David Gerstein
Né en 1944
Lot 70 — David Gerstein, Peloton Wave
LOT 70
Sculpture murale
Dimensions : H 70 cm / L 135 cm
Wall sculpture
Dimensions: H 28 inches / W 53 inches
ESTIMATION : 10 000 / 12 000 €

Joel Amit
Né en 1982
Here Comes the Sun, œuvre de Joel Amit
Lot 14 — Joel Amit, Here Comes the Sun
LOT 14
Peinture à la main, métal découpé au laser et bois laqué
Dimensions : H 140 cm / L 140 cm
Hand-painted, laser-cut metal and lacquered wood
Dimensions: H 55 inches / W 55 inches
ESTIMATION : 15 000 / 18 000 €

Charles Fazzino
Né en 1955
A Star of Serenity, œuvre de Charles Fazzino
Lot 11 — Charles Fazzino, A Star of Serenity
LOT 11
Sérigraphie 3D Pop Art
Dimensions : H 38 cm / L 44 cm
3D Pop Art silkscreen print
Dimensions: H 15 inches / W 17 inches
ESTIMATION : 6 000 / 8 000 €

Gal Gaon
Né en 1967
Pebble Sculpture 07, œuvre de Gal Gaon
Lot 52 — Gal Gaon, Pebble Sculpture 07
LOT 52
Réalisé à la main en chêne, patiné au cuivre et recouvert d’une finition plaquée argent.
Pièce unique
Dimensions : H 42 cm / L 29 cm / P 12 cm
Handcrafted from oak, patinated with copper, and finished with a silver-plated coating.
One-of-a-kind artwork
Dimensions: H 17 inches / W 11 inches / D 5 inches
ESTIMATION : 10 000 / 14 000 €