De l'aube du XXe siècle à la Deuxième Guerre mondiale, des artistes, juifs ou non, anonymes ou vite célèbres, méconnus ou oubliés, rescapés de la Shoah ou exilés, spoliés ou aux œuvres disparues voire détruites, ont contribué à "une effervescence artistique sans précédent" à Paris. Ils ont formé l'Ecole de Paris. Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) a présenté l’exposition « Chagall, Modigliani, Soutine... Paris pour école, 1905-1940 ». Du 6 août au 15 septembre 2026, la galerie Saphir à Dinard propose l'exposition "L'Ecole de Paris en héritage". Vernissage le jeudi 6 août 2026 de 18 h à 21 h.
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"L'Ecole de Paris en héritage"
Du 6 août au 15 septembre 2026, la galerie Saphir à Dinard propose l'exposition "L'Ecole de Paris en héritage". Vernissage le jeudi 6 août 2026 de 18 h à 21 h. En soutien à l'association Emeraude Arts Club.
"Dans la première moitié du XXe siècle, Paris reste la capitale incontestée des arts. Pourquoi Paris ? « Parce que le soleil de l’art ne brillait alors qu’à Paris, et il me semblait qu’il n’y avait pas de plus grande révolution de l’œil que celle que j’ai rencontrée en 1910 à mon arrivée ». Cette réponse de Chagall est celle de tous les jeunes artistes qui formèrent ce qu’appela plus tard André Warnod, L’école de Paris. Ce que venaient chercher Picasso, Soutine, Kisling, Pascin, Modigliani, c’étaient les conditions favorables à l’épanouissement de leur talent et surtout une liberté folle, inouïe, brisant toutes les conventions. Une soif d’expérimentation picturale va régner de Montmartre à Montparnasse. Apollinaire assure que « l’art entièrement nouveau sera à la peinture », a écrit Delphine Durand, docteure en Histoire de l’Art et en Histoire des religions.
Et Delphine Durand de poursuivre : "C’est cet héritage que la galerie Saphir propose d’explorer à travers une renaissance de l’imaginaire. Matisse, Picasso, Chagall, Mane-Katz, Jacques Chapiro, Zygmund Landau, une très importante collection de Vladimir Kara (constituée par la galerie), Serge Kantorowicz, Hubert Haddad, Nat Shapiro, Sergio Birga dessinent une cartographie de l’exil, source puissante d’inspiration. La perte du pays natal n’est pas la perte de l’amour du pays natal dira Edward Saïd. C’est ce lien empathique et fusionnel qui relie le pays perdu à ce creuset de rencontres que représente encore Paris. Du fond des mémoires exilées retentit une extraordinaire résistance à la guerre et aux persécutions. Comme le formulera Nietzsche, « L’artiste a le pouvoir de réveiller la force qui sommeille en d’autres âmes ». L’artiste peut changer le monde."
« Chagall, Modigliani, Soutine... Paris pour école, 1905-1940 »
« A travers plus de 130 œuvres, un hommage aux artistes qui, de l'aube du XXe siècle à la Deuxième Guerre mondiale, ont contribué à "une effervescence artistique sans précédent" à Paris. Des artistes anonymes ou célèbres, méconnus ou oubliés, rescapés de la Shoah ou exilés, spoliés ou aux œuvres disparues voire détruites.
« Nous étions toute une génération, des enfants du héder, jusqu’aux étudiants talmudistes, épuisés par tant d’années à la seule analyse des textes. Nous emparant de crayons et de pinceaux, nous avons commencé à disséquer la nature, mais aussi à nous disséquer.
Qui étions-nous ?
Quelle était notre place parmi les nations ?
Qu’en était-il de notre culture ?
A quoi devait ressembler notre art ?
Tout cela s’ébaucha dans quelques villes de Lituanie, de Russie blanche et d’Ukraine pour se prolonger à Paris. »
El Lissitsky, Rimon-Milgroim n° 3, Berlin, 1923
« Peut-on considérer comme indésirable l’artiste pour qui Paris est la Terre promise, la terre bénie des peintres et des sculpteurs ? » C’est ainsi que le critique d’art André Warnod (1885-1960) défendait en 1925 les artistes, marginalisés parce qu’étrangers, au sein du salon des Indépendants. »
« De cette critique de la xénophobie du milieu de l’art parisien est née l’appellation « Ecole de Paris ». Depuis, la formule désigne paradoxalement la scène constituée dès le début du XXe siècle et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale par des artistes venus de toute l’Europe, mais aussi d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. Ce cosmopolitisme, qui agite les cafés de Montparnasse et anime les ateliers de la Ruche ou de la cité Falguière, est sans précédent dans l’histoire de l’art. »
« Parmi ces hommes et ces femmes, nombreux sont les juifs, issus des métropoles européennes, mais aussi des bourgades juives de l’Empire russe, venus renforcer les rangs des académies de la capitale. Tous sont en quête d’émancipation politique, sociale, religieuse... L’accès aux disciplines artistiques étant souvent limite dans leurs pays d’origine, ils espèrent à Paris se confronter à la modernité et devenir en toute liberté des créateurs à part entière.
Certains sont aujourd’hui célèbres comme Marc Chagall, Chaïm Soutine ou Amedeo Modigliani, d’autres sont moins notoires comme Michel Kikoïne, Jules Pascin, Jacques Lipchitz, Louis Marcoussis, Chana Orloff, Moise Kisling, Ossip Zadkine, d’autres enfin sont largement oubliés comme Walter Bondy, Henri Epstein, Adolphe Feder, Alice Halicka, Henri Hayden, Leon Indenbaum, Georges Kars, Léopold Lévy, Mela Muter, Simon Mondzain ou Léon Weissberg ».
« A travers plus de 130 œuvres et de nombreux documents inédits, l’exposition « Paris pour école » entend renouveler le regard sur cette génération d’artistes juifs arrivés à Paris entre 1900 et 1914. Leur soudaine apparition, dans un monde où critiques et marchands d’origine juive étaient déjà nombreux, a pu faire croire à l’existence d’une « Ecole juive », et a suscité un antisémitisme virulent dans les années 1920. Mais au-delà d’un même désir de s’affranchir des cadres de la vie juive, de maitriser leur art et de gagner une certaine reconnaissance, tous se retrouvent dans un refus des systèmes et la volonté de mener l’itinéraire singulier que leur récent statut autorise enfin. Ces personnalités d’exception ne sont en réalité d’aucune « Ecole », mais sont liées par une histoire commune, par un idéal et, pour certaines, par un destin tragique ».
L’exposition « est accompagnée d’un catalogue coédité avec la RMN, de rencontres, de lectures, d’un colloque, de visites guidées, de promenades hors les murs et d’activités pour le jeune public ».
Sous la direction de Pascale Samuel, conservatrice de la collection d’art moderne et contemporain du mahJ, le catalogue reprend l’ensemble des œuvres et leurs cartels, de courts textes didactiques, la chronologie, les cartes : l’intégralité de ce que vous allez voir, de ce vous avez vu, votre visite à l’identique, enrichi de biographies, de citations, de photographies et de documents d’époque".
Le mahJ « publie parallèlement avec les éditions Hazan Nos artistes martyrs, traduction de l'ouvrage de Hersh Fenster sur les artistes juifs assassinés ou morts dans le dénuement pendant l'Occupation, et présente une évocation du livre dans le foyer intitulée « Hersh Fenster et le shtetl perdu de Montparnasse ».
Le Commissariat est assuré par Pascale Samuel, conservatrice de la collection moderne et contemporaine du mahJ ; la coordination et recherches ont été effectuées par Dorota Sniezek, assistée d’Emma Levy.
L’exposition bénéficie du soutien de la fondation pour la Mémoire de la Shoah, de la direction régionale des Affaires culturelles d'Ile-de-France – ministère de la Culture, de la fondation Feldstein, sous l'égide de la fondation du Judaïsme français, de la Délégation interministérielle a la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, et de la fondation Pro mahJ.
Elle « est rendue possible par les prêts exceptionnels du Centre Pompidou – Musée national d’art moderne. »
Parcours de l’exposition
I. Le d"sir de Paris
« Pour les étrangers débarquant à Paris au début du XXe siècle, la capitale est un foisonnement d’énergies et le lieu d’expressions nouvelles. Les cafés deviennent le rendez-vous de la bohème artistique. A partir de 1903, artistes et intellectuels germanophones se rencontrent au café du Dôme, à proximité des académies de Montparnasse. Premiers arrivés, Rudolf Levy et Walter Bondy y retrouvent ensuite Bela Czobel, Sonia Delaunay, Moise Kisling, Jules Pascin, Hans Purrmann ; les marchands Adolphe Basler, Wilhem Uhde et Alfred Flechtheim se joignent à eux, ce dernier assurant la liaison avec le marché de l’art allemand. »
« Créée en 1908, l’académie Matisse rapproche encore cette communauté artistique, marquée par l’exposition, au salon d’Automne de 1905, des œuvres d’Henri Matisse, Andre Derain et Maurice de Vlaminck ; exposition qui donne naissance au terme ≪ fauvisme ≫ inventé par le critique Louis Vauxcelles. Bela Czobel, qui a participé au salon d’Automne de 1905, est un des acteurs de la diffusion de ce mouvement en Hongrie dès 1906. Sonia Delaunay, pour sa part, se nourrit des innovations radicales apportées par le fauvisme en y associant des représentations de textiles brodés inspirés de la culture populaire russe. »
« En juin 1914, Alfred Flechtheim organise dans sa galerie de Dusseldorf une exposition intitulée ≪ Der Dome ≫ avec vingt-trois de ces artistes, que la postérité consacre comme les ≪ domiers ≫.
II. L’effervescence des avant-gardes
« Davantage que le fauvisme et les mouvements qui l’ont précédé, le cubisme, apparu après 1907, est étroitement lié à la présence à Paris d’artistes étrangers. L’invention de ce langage visuel, qui bouleverse la notion de représentation dans l’art, est due à un Français, Georges Braque, et à un Espagnol, Pablo Picasso, soutenus par un marchand allemand, Daniel-Henry Kahnweiler, et par un poète et critique d’origine polonaise, Guillaume Apollinaire. Le cubisme se diffuse à partir de 1911 dans les salons et connait rapidement un succès international. Henri Hayden, Louis Marcoussis et Alfred Reth adoptent à des degrés divers les innovations cubistes : formes fragmentées plus ou moins complexes et allusions aux « papiers collés » de Braque et de Picasso, le tout peint dans une gamme restreinte de coloris ».
« En réaction à la monochromie du cubisme analytique, Sonia Delaunay se concentre dès 1912 sur la représentation de la lumière par des contrastes simultanés de couleurs. Le sculpteur Jacques Lipchitz est également marqué par le cubisme dès 1913. Fauves, cubistes, futuristes, abstraits… les étrangers participent à Paris à des avant-gardes aux frontières perméables, un tourbillon où les poètes et écrivains Apollinaire, Max Jacob, André Salmon et Blaise Cendrars jouent à la fois un rôle de soutiens, de critiques et de passeurs ».
III. Chagall et la Ruche
« Créée en même temps que d’autres cités d’artistes, la Ruche est fondée par le sculpteur et philanthrope Alfred Boucher en 1902. Ce bâtiment de Gustave Eiffel, dont la forme rappelle celle d’une ruche, accueille environ deux cents créateurs qui partagent cent quarante ateliers à loyer modique. Les étrangers y sont nombreux. »
« Le yiddish est la langue commune de beaucoup d’entre eux, et l’imaginaire attaché au monde juif d’Europe centrale et orientale marque les œuvres de certains. »
« Joseph Tchaikov arrive à la Ruche en 1911. Avec Marek Szwarc, Isaac Lichtenstein et Henri Epstein, il crée la revue Makhmadim. Conçue à la Ruche pour ≪ traiter du style juif dans la plastique ≫, cette publication sans texte, dont le titre signifie en hébreu ≪ délices, plaisirs ≫, est la première revue entièrement consacrée à l’art juif. »
« Les sculpteurs Léon Indenbaum et Ossip Zadkine, ainsi que Marc Chagall, s’installent à la Ruche en 1911. Zadkine quittera son atelier des l’année suivante, Chagall y restera jusqu’en 1914, tandis qu’Indenbaum y demeurera jusqu’en 1927. Entre 1912 et 1914, Pinchus Kremegne, Michel Kikoine et Chaim Soutine, liés d’amitié depuis leur formation à Minsk et a Vilnius, s’y retrouvent à leur tour. Les peintres et les sculpteurs, côtoient des artisans, des poètes, des écrivains, des acteurs. »
IV. Amedeo Modigliani, Moise Kisling et le cercle de Montparnasse
« En 1914, Apollinaire écrit : ≪ Montparnasse d’ores et déjà remplace Montmartre ≫.
« Les artistes quittent la Butte pour la rive gauche, où ils trouvent des ateliers à moindre cout. Montparnasse devient le point de ralliement de créateurs venus de tous horizons ». Ils y trouvent aussi des artisans auprès desquels ils se procurent des matières utiles pour leurs œuvres, notamment la sculpture.
« Comme Picasso, qui a quitté le Bateau-lavoir pour le boulevard Raspail, puis la rue Victor-Schoelcher, Amedeo Modigliani, issu d’une famille juive de Livourne et installé au Bateau-Lavoir en 1906, investit la cite Falguière. Il se consacre d’abord à la sculpture, échangeant avec Constantin Brancusi, dont l’atelier est situé non loin, impasse Ronsin. Mais en 1914, affaibli, il abandonne cette discipline et revient à la peinture. Il s'installe d’abord rue Joseph-Bara, chez Leopold Zborowski, son marchand polonais à partir de 1916, puis rue de la Grande-Chaumiere ; le portrait occupe alors la plus grande partie d’une oeuvre où sont représentés ses amis : Henri Epstein, Jacques Lipchitz, Chana Orloff, Moise Kisling… »
« Ce dernier, arrivé en 1910 après une formation aux Beaux-arts de Cracovie, connait le succès dans les annees 1920. Lieu de sociabilité exceptionnel, son atelier attire le cénacle artistique de l’époque : Jean Cocteau, Max Jacob, Juan Gris ou André Derain... »
V. Les artistes dans la Grande Guerre
« En août 1914, la mobilisation générale concerne tous les citoyens français. Pris dans le conflit, certains artistes étrangers regagnent leurs pays : Leopold Gottlieb rentre en Pologne, tandis que Jules Pascin, pour échapper à l’enrôlement dans l’armée bulgare, hostile à la France, part pour Londres, puis New York. »
« L’appel lancé dans la presse le 29 juillet 1914 par un groupe d’intellectuels étrangers mené par Blaise Cendrars et Ricciotto Canudo invite les immigrés à l’enrôlement volontaire. En tout 8 500 juifs originaires de Russie, de l’Empire ottoman ou de Tunisie rejoignent les rangs de l’armée française. Ces milliers de volontaires accomplissent ainsi un devoir envers la patrie des droits de l’homme ou ils ont trouvé la liberté. »
« Isaac Dobrinsky, Moise Kisling et Simon Mondzain s’engagent dans la Légion étrangère. »
« Ce dernier dessine sa vie de soldat et ses compagnons jusqu’en 1918. Marcoussis, engagé volontaire dès 1914, termine la guerre avec le grade de lieutenant. Brancardier de 2e classe dès 1915, Zadkine est affecté à l’ambulance russe en 1916 ; il est gazé et sera à son tour évacué et hospitalisé. Durant la guerre, il dessine son quotidien : les tentes, les véhicules d’évacuation, les hommes sur les civières, les casernes. Témoignant d’un engagement profond pour leur patrie d’adoption, l’enrôlement des étrangers dans l’armée marque une étape majeure dans leur intégration au sein de la nation, qui se traduira par leur naturalisation à l’issue du conflit. »
VI. Jules Pascin et les Années folles
« A la fin de la Première Guerre mondiale, un sentiment de liberté envahit la France. »
≪ Années folles ≫, les années 1920 connaissent une effervescence sans précédent, associée à l’apparition du jazz, de la radio ou du cinéma parlant. Montparnasse symbolise ce renouveau, où le plaisir et l’exubérance sont érigés en mode de vie. »
« Surnommé le ≪ prince de Montparnasse ≫ par l’écrivain Ernest Hemingway, Jules Pascin est l’incarnation du cosmopolitisme de cette décennie. Né en Bulgarie, élève à Vienne, formé à Munich, il s’installe en France en 1905, puis devient citoyen américain en 1920. »
« Son oeuvre se nourrit de l’euphorie et du chaos du Paris de l’entre-deux-guerres. »
« Pascin est de tous les bals, déguisements, fêtes, banquets. On le voit au Dôme, à la Rotonde et dans les cabarets de Montmartre et de Montparnasse ou il dessine avec perspicacité et humour tout ce qu’il voit. Les cafés du carrefour Vavin (le Dôme, la Rotonde, le Parnasse, la Coupole…) sont fréquentés par les artistes venus du monde entier ; leurs terrasses sont des lieux de convivialité, mais aussi d’intenses échanges intellectuels. Avec une distance amusée, Oser Warszawski les croque en dessins et les narre en courtes nouvelles. Avenue de l’Observatoire, le Bal Bullier accueille des soirées organisées par des associations d’artistes, dont la frénésie est traduite notamment dans les oeuvres de Lou Albert-Lasard. Les photographies de Marianne Breslauer et d’André Kertesz participent à la construction du mythe du Paris des Années folles. »
VII. Portraits d’une communauté artistique
« Nombre d’artistes de l’Ecole de Paris se sont consacrés à l’étude de la figure : les portraits de Soutine, Modigliani et Pascin ont profondément contribué à en renouveler le traitement. Leur prédilection pour un genre qui, plus que tout autre, renvoie à l’identité, n’est sans doute pas sans lien avec l’expérience douloureuse de l’exil vécue par nombre d’entre eux. »
« L’entre-deux-guerres est marqué par la reconnaissance critique et commerciale de ces artistes, qui exposent dans de nombreuses galeries. Collectives ou personnelles, leurs expositions sont souvent relayées dans la presse. Ils font l’objet de recensions par les plumes les plus influentes de la période. Ce sont d’abord les poètes Apollinaire, Max Jacob et Andre Salmon qui les défendent, rejoints par des critiques comme Waldemar-George, Florent Fels ou Adolphe Basler. »
« L’entrée d’une cinquantaine de toiles de Soutine ainsi que d’œuvres d’autres artistes de Montparnasse dans la collection du philanthrope américain Alfred C. Barnes, à l’instigation du marchand Paul Guillaume, à partir de 1923, témoigne du succès désormais international de l’≪ Ecole de Paris ≫.
Repères chronologiques
« 1900 Picasso arrive à Paris.
1902 Inauguration de la Ruche au 2, passage Dantzig a Paris dans le 15e arrondissement.
1903 Premier salon d’Automne ; Gertrude Stein arrive à Paris ; vague de pogroms anti-juifs dans l'Empire russe ; Walter Bondy, Rudolf Levy, et Louis Marcoussis arrivent à Paris, suivis de Bela Czobel l’année suivante.
1905 Les fauves exposent ensemble au salon d’Automne ; Sonia Delaunay et Jules Pascin arrivent à Paris.
1906 Réhabilitation d'Alfred Dreyfus par un arrêt de la Cour de cassation ; émigration massive des juifs russes, consécutive au pogroms en Russie ; Oscar Miestchaninoff et Amedeo Modigliani arrivent à Paris.
1908 L’académie Matisse ouvre ses portes en janvier avec le soutien, notamment, de Sarah et Leo Stein, Rudolf Levy et Hans Purrmann ; cette école d'art connait un succès rapide et compte plus de soixante-dix élèves de toutes les nationalités.
1909 Première exposition cubiste majeure au salon d’Automne et au salon des Indépendants.
1910 Marc Chagall, Adolphe Feder, Moise Kisling, et Chana Orloff arrivent à Paris ; Chagall et Zadkine s’installent à la Ruche ; Sonia Terk Uhde épouse Robert Delaunay ; Pascin présente sa première exposition personnelle à la galerie Berthe Weill ; nouvelle vague de pogroms anti-juifs dans l'Empire russe.
1911 Léon Idenbaum arrive à Paris ; Mondzain visite Paris une seconde fois.
1912 Arrivée à Paris d'Isaac Dobrinsky, Henri Epstein, Morice Lipsi, Marevna, Michel Kikoine, Pinchus Kremegne et Chaim Soutine ; Simon Mondzain rejoint son ami Kisling ; Lipchitz rencontre Picasso ; exposition cubiste ≪ La Section d’Or ≫ à la Galerie de la Boétie, avec notamment Marcel Duchamp, Francis Kupka, Albert Gleizes et Louis Marcoussis.
1913 Alice Halicka et Mane-Katz arrivent à Paris ; Levy, Miestchaninoff, Pascin et Zak envoient leurs oeuvres à l’Armory Show de New York.
1914 Début de la Première Guerre mondiale ; Kikoine, Kisling, Marcoussis, Mondzain et Zadkine s’engagent dans l’armée française ; Dobrinsky est refusé pour des raisons de santé ; Rudolf Levy rejoint l’armée allemande et Leopold Gottlieb l’armée polonaise ; Chagall et Mane-Katz retournent en Russie ; Georges Kars retourne à Prague ; Czobel part en Hollande ; les Delaunay partent en Espagne et au Portugal ; Lipchitz reste en Espagne pendant un an ; Zak part dans le sud de la France ; Pascin émigre aux Etats-Unis.
1918 L'armistice du 11 novembre marque la fin de la Première Guerre mondiale.
1919 Nouvelle vague de pogroms antisémites en Russie ; Kars quitte Prague et revient à Paris ; Kisling organise sa première exposition temporaire à la Galerie Druet.
1920 Mane-Katz revient de Kharkov ; Pascin devient citoyen américain et revient à Paris ; mort de Modigliani.
1922 Kars organise sa première exposition personnelle parisienne à la galerie de la Licorne et Orloff à la galerie Povolozsky ; une annexe du musée du Luxembourg est installée dans le musée du Jeu de Paume pour présenter les œuvres d’artistes étrangers.
1923 Décision du comite du salon des Indépendants d’exposer les œuvres en fonction de la nationalité des artistes ; Chagall revient de Russie, via Berlin ; le collectionneur Albert C. Barnes achète un grand nombre de peintures de Soutine, asseyant sa réputation.
1925 Hitler publie Mein Kampf ; Czobel revient de Berlin ; Zadkine travaille sur la sculpture Pergola de la douce France, présentée en 1925 à l’exposition des Arts Décoratifs de Paris.
1926 Gottlieb quitte la Pologne et revient à Paris ; Orloff fait construire une maison par Auguste Perret a la villa Seurat ; décès d'Eugene Zak ; une rétrospective de son œuvre est présentée a la galerie Bing.
1927 Soutine organise sa première exposition personnelle à la galerie Bing ; premières publications de la série de monographies « Les artistes juifs » aux éditions Le Triangle (Paris).
1928 Les partis de gauche remportent les élections françaises et allemandes.
1929 Exposition des collections du marchand d’art Paul Guillaume à la Galerie Bernheim-Jeune, qui comprend dix-huit œuvres de Modigliani et six de Soutine ; Adolphe Basler inaugure la Galerie de Sèvres au 13, rue de Sèvres ; la veuve d’Eugene Zak inaugure la Galerie Zak au 16, rue de l’Abbaye ; le krach boursier a Wall Street marque le début d’une crise économique mondiale.
1930 Les troupes françaises achèvent leur évacuation du Rhin ; restriction des quotas d’immigration aux Etats-Unis ; Pascin se suicide dans son studio à Paris.
1931 Vague de xénophobie contre les artistes étrangers ; Waldemar-George publie l’article « Ecole Française ou Ecole de Paris » dans la revue Formes.
1933 Hitler est nommé chancelier du Reich ; début du boycott des juifs, qui sont persécutés en Allemagne ; vague d’immigration juive d’Allemagne ; les œuvres de Chagall sont brulées publiquement à Mannheim, sur les ordres de Goebbels.
1935 L’Allemagne commence à se réarmer ; les lois de Nuremberg révoquent les droits des juifs.
1937 Exposition internationale de Paris sous le Front Populaire ; Guernica de Picasso est exposé dans le pavillon espagnol ; l’exposition « Les maitres de l’Art Independant 1895-1937 » au Petit Palais comprend les œuvres de Chagall, Kisling, Lipchitz, Marcoussis, Modigliani, Orloff, Pascin, Soutine, Zadkine, ainsi que de Braque, Ernst, Gris, Matisse, Picasso et Renoir ; Lipchitz, Lipsi et Miestchaninoff remportent des Prix pour leurs sculptures ; l’exposition « Art dégénéré », organisée par les nazis à Munich, présente entre autres les œuvres de Chagall et de Grosz ; un camp de concentration est établi à Buchenwald ; chute du gouvernement Léon Blum.
1938 L’Allemagne envahit les Sudètes et annexe l’Autriche (Anschluss) ; Nuit de Cristal ; promulgation de lois anti-juives en Italie.
1939 Alliance entre l’Allemagne et l’Italie ; l’Allemagne occupe la République Tchèque ; la Pologne est envahie et divisée entre l’Allemagne et l'Union soviétique ; la France et l’Angleterre déclarent la guerre a l’Allemagne ; Chagall, les Delaunay, Dobrinsky, Kars et Zack s’enfuient en province ; Mondzain émigre en Algérie ; Kikoïne et Kisling s'engagent dans l’armée française ; Mane-Katz est emprisonné par les Allemands.
1940 Apres la mise en place du gouvernement de Vichy, les artistes étrangers ne sont plus autorisés à exposer en France ; Breton, Mondrian, Duchamp, Leger, Dali et bien d’autres partent aux Etats-Unis ; Chagall, Halicka, Krémàgne, Lipchitz, Lipsi, Marcoussis et Soutine s’enfuient en province ; Bondy meurt de diabète ; l’Allemagne envahit le Danemark, la Norvège, la Hollande, la Belgique et le Luxembourg ; un camp de concentration nazi est établi à Auschwitz ; en juin, les troupes allemandes occupent Paris ; capitulation de l’Armée française ; depuis Londres, Charles de Gaulle crée les Forces françaises libres ; promulgation par Vichy du Statut des Juifs ; internement des juifs en Zone libre. »
A la galerie Saphir
38, rue du maréchal Leclerc
35800 DINARD
35800 DINARD
Tél. : +33 (0)2 99 46 86 85
Tous les jours : 10:30–12:30, 14:30–19:00
Vernissage le jeudi 6 août 2026 de 18 h à 21 h.
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Tél. : 01 53 01 86 53
Mardi, jeudi, vendredi : 11h-18h. Mercredi : 11h-21h. Samedi et dimanche : 10h-19h
Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent du dossier de presse du mahJ. Cet article a été publié le 28 octobre 2021.
































