Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 6 mai 2026

Les engagés volontaires Juifs étrangers dans les armées françaises durant les deux guerres mondiales

En 2014, dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale et du 70e anniversaire de la Libération de la France et de la victoire sur le nazisme, le Mémorial de la Shoah a « célébré l’histoire et la mémoire des engagés volontaires juifs étrangers, en restituant l'ampleur de leur contribution à l'histoire de la France et de l’Europe ». Une exposition-dossier très ashkénaze qui ignore les résistants Juifs en Grande-Bretagne ou en Afrique du Nord. A l'initiative de la Fédération des associations d'anciens combattants, engagés volontaires et résistants juifs dans l'Armée française (FAACVJAF), la cérémonie de la Flamme sous l'Arc de Triomphe aura lieu le 12 mai 2026 à 18 h 30. Présence souhaitée dès 18 h.

True Jews and Patriots: Australian Jews and World War One (Vrais Juifs et patriotes : Les Juifs australiens et la Première Guerre mondiale)
Ont lutté dans les armées françaises lors de la Première Guerre mondiale, plus de 36 000 combattants Juifs français sur 180 000 âmes juives de France et d’Algérie et à comparer à une population totale de 39 millions d’habitants

« Mon cher enfant, ton père va à la mort pour une grande idée (…) Dans une heure, nous marcherons pour la France, pour les Juifs. Vive la République, vive la libre, noble et démocratique France », écrit Léon Lévi-Litvack, cité dans « Le volontaire Juif », n° 5, mai 1931.

Costumes, photographies, fanions, affiches, journaux, dessins, cartes… Tous ces documents témoignent d’engagements courageux et de sentiments patriotiques lors des deux conflits mondiaux.

« Prise en étau entre les représentations de la débâcle de 1940 et le drame de la Shoah, la mémoire héroïque de l’engagement volontaire doit demeurer comme l’une des pages les plus belles de l’histoire de France et l’incarnation des valeurs de la République… Cette exposition se veut un hommage à tous les combattants morts pour la libération de la France, sans distinguer parmi les origines ou les confessions ». Pourquoi cette exposition a-t-elle largement occulté les Juifs d’Afrique du Nord ou engagés dans les Forces françaises libres ?

Pour la France
Dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale et du 70e anniversaire de la Libération de la France et de la victoire sur le nazisme, le Mémorial de la Shoah a « célébré l’histoire et la mémoire des engagés volontaires juifs étrangers, en restituant l'ampleur de leur contribution à l'histoire de la France et de l’Europe ». Une exposition-dossier très ashkénaze qui ignore les résistants Juifs en Grande-Bretagne ou en Afrique du Nord. 

« En cette année du centenaire de la Grande Guerre et du 70e anniversaire de la libération de la France, le Mémorial de la Shoah est fier de contribuer avec le ministère de la Défense à cet hommage nécessaire envers ces dizaines de milliers de combattants juifs étrangers qui laissèrent derrière eux famille et travail pour aller défendre, en 1914 comme en 1939, leur patrie d'adoption », écrit Eric de Rothschild, président du Mémorial de la Shoah.

Et de poursuivre : « Ils luttèrent pour la France, ils luttèrent contre l'antisémitisme, ils luttèrent aussi au nom de leur attachement viscéral aux valeurs républicaines, symbolisées par cette devise "Liberté, Egalité, Fraternité" née de la Révolution française dont le souvenir résonnait avec tant de force dans leur cœur et leur conscience. Des milliers devaient en payer le prix du sang. Cette page trop souvent méconnue de notre histoire vient une fois de plus battre en brèche le lieu malheureusement commun d'une prétendue passivité des Juifs. Non, les Juifs dans leur diversité furent de tous les combats. Carency en 1915 ou Marchélepot en 1940 figurent parmi les hauts faits d'armes des régiments étrangers. Le parcours des survivants ne s'arrête pas avec la défaite de 1940. Pris dans la tourmente de la Shoah qui ne les épargna pas, beaucoup poursuivirent une lutte acharnée contre le nazisme dans la Résistance ou les armées alliées. Le Mémorial de la Shoah fait de l'évocation et de l'hommage aux engagés volontaires une partie intégrante de ses missions. Les liens étroits que nous entretenons avec l'Union des engagés volontaires anciens combattants juifs  - leurs enfants et leurs amis (1939-1945) vont pleinement dans ce sens pour que demain, l'attachement à la France, le courage et le sacrifice de ces homes ne soient jamais oubliés ».

Durant les deux conflits mondiaux, les Juifs de France rejoignent massivement les armées françaises. En 2005, le MAHJ (Musée d'art et d'histoire du Judaïsme) avait présenté l'exposition passionnante Les Juifs dans la Grande Guerre, 1914-1918 (5675-5679).

Sur les 40 000 Juifs étrangers vivant en France, 8 500 s’engagent lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914. Plus du tiers est tué lors des combats. Morts pour la France.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, « un million et demi de soldats Juifs ont participé aux combats, dont 500 000 dans l’armée américaine et 500 000 dans l'Armée rouge, deux cent cinquante mille y ont perdu la vie, 36000 ont reçu des distinctions militaires de l’armée américaine, 160 000 ont été décorés dans l’Armée russe et 150 ont eu droit au prestigieux titre de Héros de l'Union soviétique  ». Ces statistiques sur « la participation des Juifs à l’effort de guerre, dans toutes les armées des forces alliées, tous les corps d’armées à tous les niveaux de la hiérarchie militaire », et sur tous les fronts, ont été communiquées lors d’un colloque international à l’université de Tel-Aviv en 2014.

En 1939, sur les 160 000 Juifs étrangers vivant en France, 25 000 s’engagent pour lutter contre le IIIe Reich. Des associations Juives jouent un rôle important dans cette mobilisation. Ces dizaines de milliers d'engagés volontaires Juifs étrangers sont « majoritairement affectés au sein de la Légion étrangère. Avec leurs camarades », ils défendent « leur patrie d’adoption, en métropole et sur l’ensemble des fronts », et contribuent « à lui rendre sa liberté, motivés par la préservation de l’idéal républicain et de ses valeurs ». Les « deux-tiers participent aux combats héroïques de Narvik, de la Somme, de l’Aisne ou encore des Ardennes ». Des milliers sont tués lors des combats.

L’exposition-dossier retrace le parcours de certains de ces engagés Juifs : Ilex Beller (1914-2005) né en Pologne, ancien des Brigades internationales, ouvrier fourreur et retraité peintre des shtetls, Léo Cohn (1913-1944), professeur d’hébreu né à Lubeck (Allemagne) qui meurt au camp d’Auschwitz, Samuel Danowski (1904-1982), né à Brest-Litovsk, médecin, soldat au 23 RMVE, puis résistant docteur dans des maquis de Corrèze (1943-1944), Joseph Epstein (1911-1944), communiste combattant auprès des républicains espagnols, engagé dans la Légion étrangère, fait prisonnier, évadé, responsable des Francs-tireurs et partisans français de la région parisienne, fusillé au Mont Valérien, Fred Samuel (1908-2006), né à Buenos Aires (Argentine), joaillier, sergent-chef fait prisonnier, évadé, résistant au sein des FFI puis soldat au sein de la 7e armée américaine, Haïm Albert Saul (1910-1979), né à Smyrne (Turquie).

Quid des Juifs d'Afrique du Nord ?

Lors de la Seconde Guerre mondiale, ces engagés volontaires Juifs « sont internés en Allemagne pour les uns – sur 1,6 million de prisonniers de guerre en Allemagne, 10 000 à 15 000 d’entre eux seraient Juifs, français ou étrangers ; leurs familles ne sont pas épargnées par les rafles et déportations -, démobilisés et persécutés en France pour les autres par le régime de Vichy. Leur sort n’est alors guère distinct de celui des Juifs de France pris dans la tourmente de la Shoah ».

En Afrique du nord, environ 2 000 engagés Juifs démobilisés sont affectés dans la trentaine de camps de travaux forcés pour construire, dans des conditions très difficiles, une ligne de chemin de fer parcourant le Sahara à l’initiative du gouvernement de Vichy en 1941, au Maroc et en Algérie. Ils sont progressivement libérés en 1943, après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord en novembre 1942. Ils poursuivent le combat dans les rangs des armées française ou alliée.

L’exposition-dossier bénéficie du soutien de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense, avec la participation du Musée de la Légion étrangère, du Service historique de la Défense, de l’Union des engagés volontaires, anciens combattants juifs étrangers (1939-1945), leurs enfants et amis, de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, du Centre d’étude et de recherche sur les camps d’internement dans le Loiret – Musée-Mémorial des enfants du Vel’ d’Hiv’.

Georges Brandstatter
A noter la publication de Résistants Juifs 1940-1945, de Georges Brandstatter (Ed. Jourdan). "Témoignages de ceux qui dans la clandestinité résistèrent. On a tout appris sur la guerre, les batailles, les bombardements, l’ exode, les privations. Sur la résistance aussi, à Londres et dans les maquis. Sur les camps, les déportations, l’indicible horreur. Alors le regard s’est porté ailleurs, non plus sur les horreurs, les salauds ou les héros, mais sur les gens ordinaires, ceux et celles qui ont vécu cette période en restant eux-mêmes ou en le devenant. C’est ainsi que sont apparus sur la scène de l’histoire de nouveaux résistants, occasionnels parfois, modestes toujours, jusqu’alors demeurés dans l’ ombre. Le temps est donc venu où l’on peut voir en pleine lumière ces Justes qui ont aidé des Juifs et ces Juifs qui se sont battus autant et même proportionnellement plus que les autres, contrairement à ce que disent les idées reçues, qu’elles soient inspirées par la haine ou par la compassion. De même que les Français n’étaient ni tous des collaborateurs, ni tous des résistants, les Juifs n’ont pas tous été des victimes passives. C’est sans doute la principale leçon à retirer de ce livre. Un livre qui d’ailleurs ne donne pas de leçon et c’est ce qui en fait tout l’intérêt. Georges Brandstatter a patiemment recueilli, de 1998 à 2010, les témoignages oraux de personnes vivant en France, en Belgique et en Israël. Nées au début du siècle dernier, elles ont à ce jour plus ou moins quatre-vingts ans. Ce livre vient à son heure, à un moment où s’accélère le travail de mémoire, pour que personne ne soit oublié et pour que tous ceux qui ont quelque chose à dire puissent le faire. Le livre de Georges Brandstatter comble un vide. Car si la parole des résistants en général a été recueillie, celle des Juifs résistants et volontaires pour la création de l’Etat d’Israël ne l’était pas encore. Pour la première fois un aspect inconnu de la Shoah."

Le 4 octobre 2018, à 20 h, l'Institut d'Etudes du Judaïsme de l'Université libre de Bruxelles organisa, dans l'auditoire H1308, la conférence de Georges Brandstatter intitulée "Combattants Juifs dans les armées de Libération, 1939-1945". Le 19 juin 2019, à 19 h, la Maison de la culture Juive (MCJ/CCLJ), aura lieu la conférence de Georges Brandstatter "Les combattants Juifs dans les armées de libération à l'honneur (1939/1948)". "Né le 24/11/1939, Georges Brandstatter est diplômé de l'Academie des Beaux-Arts d'Anvers, il est un artiste peintre et  auteur. Plus 1.500.000 des nôtres ont combattu aux côté des alliés! Le témoignage de ces combattants juifs, démystifient le mythe du « Juif docile » que la propagande antisémite a répandu ! Certes, pris dans les pièges que les nazis nous ont tendus 6.000.000 de nos âmes ont disparu ! Pendant ce temps, nombreux sont ceux qui ne se sont pas laissé faire et nombreux sont ceux qui ont combattu sans relâche la peste noire.
Georges Brandstatter, lui-même réfugier et clandestin recueillera après la guerre les témoignages de nos valeureux combattants. En Belgique, en France, en Israël et en Afrique du Nord…
La réalité, c’est que nous nous sommes battus, sur tous les fronts et avec les armées alliées. Les documents, films et témoignages sont nombreux et sont répertoriés dans le merveilleux livre de Georges Brandstatter. Celui-ci sera régulièrement invité dans le monde entier pour présenter son travail."

Cérémonies
La Fédération des Anciens combattants engagés volontaires et résistants Juifs dans l'Armée française a organisé la cérémonie de la Flamme sous l'Arc de Triomphe (Paris) les 12 mai 2015 à 18 h 30 et 17 mai 2016, à 18 heures. Cette cérémonie s'est achevée par les hymnes nationaux français et israélien.

La cérémonie du souvenir en hommage aux combattants Juifs étrangers engagés volontaires (1939-1945) a eu lieu le 7 juin 2015 à 10 h 30 au cimetière parisien de Bagneux.

L'Union des Engagés Volontaires Anciens Combattants juifs 1939-1945 leurs Enfants et Amis (UEVACJEA) a présenté du 23 au 30 mai 2016, à la Mairie du XVe arrondissement de Paris, l'exposition Les Juifs étrangers ont défendu la France. Les Juifs étrangers engagés volontaires dans l'armée française 1914-1918 et 1939-1945Vernissage le 26 mai 2016 à 18 h 30.

En 1914, "sur une population de 40 000 juifs étrangers vivant sur le sol national, à l’aube de la première guerre mondiale, 8 500 hommes s’engagent dans l’armée française. Ils sont incorporés dans les Régiments de la Légion Étrangère et combattent sur un certain nombre de terrains d’opération en Artois, en Champagne, dans la Somme, en Argonne et à Verdun, 3 600 d’entre eux ont donné leur vie pour la défense de leur patrie d’adoption, « LA FRANCE ».

L'UEVACJEA a organisé le 5 juin 2016 à 10 h 30, au cimetière  Parisien de Bagneux, la cérémonie du souvenir en hommage aux Combattants Juifs Étrangers Engagés Volontaires Morts pour la France (Guerre 1939-1945). Elle se réunira "devant le monument aux morts (près de l’entrée principale du cimetière) sous lequel, reposent 66 soldats ramenés de tous les champs de bataille choisis symboliquement  parmi des milliers d’autres. En 1939, 160 000 juifs étrangers vivent en France. Dès la déclaration de la guerre le 3 septembre 1939, 25 000 s’engagent contre l’Allemagne nazie, ce qui représente la quasi-totalité des hommes en âge de porter les armes. Incorporés dans les 11e et 12e Régiments étrangers d’infanterie, 13e Demi-brigade de la Légion étrangère, 97e groupe de reconnaissance de division d’infanterie et dans les 21e, 22e, 23e Régiments de marche de volontaires étrangers. Ils participent aux combats de Narvik (Norvège), de la Somme, de l’Aisne ou encore des Ardennes. Pourtant rien ne les prédestinait à tenir un fusil, ils le firent cependant avec bravoure. Des milliers d’entre eux moururent tandis que de nombreux autres, épuisés ou blessés, partirent pour l’Allemagne dans les stalags. Ceux qui évitèrent la captivité et restèrent en France, furent impitoyablement persécutés : ils furent d’abord dépouillés systématiquement de leurs biens avant d’être internés dans des camps de concentration et d’extermination. Les rescapés de cette féroce répression rejoignirent les rangs de la Résistance intérieure ou de la France Libre. Ils combattirent aussi bien en Afrique du Nord qu’en Italie ou en France, lors des débarquements de Normandie et de Provence. Loin de l’idée selon laquelle les Juifs étrangers auraient été des victimes passives ayant accepté leur sort avec fatalité, leur engagement volontaire prouve au contraire leur rôle actif dans le combat contre le nazisme et pour la libération de la France".

Léon Masliah, Président de la Fédération des Associations d’Anciens Combattants, Engagés Volontaires et Résistants Juifs dans l’Armée Française, "vous prie de bien vouloir honorer de votre présence la Cérémonie de la Flamme sous l’Arc de Triomphe, le 9 mai 2018 à 18 h 30. Accueil des personnalités à 18 h 15 sous l’Arc de Triomphe. Formation du Cortège des Drapeaux à 18 h (Angle Champs Elysées – Place de l’Etoile).

Le 19 juin 2019, à 19 h, la Maison de la culture Juive (MCJ/CCLJ), a eu lieu la conférence de Georges Brandstatter "Les combattants Juifs dans les armées de libération à l'honneur (1939/1948)". 

Le 29 juillet 2020, dans le cadre d'hommages aux soldats tombés lors de la bataille de Verdun de 1916, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens combattants, et Mohammed Massaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), se sont rendus au Mémorial des combattants musulmans. Les ministres ont rendu hommage aux musulmans morts pour la France.

Puis les ministres et officiels se sont recueillis à la nécropole nationale de Douaumont. Dans cette nécropole localisée à la limite des communes de Douaumont-Vaux et Fleury-devant-Douaumont, à quelques kilomètres de Verdun, reposent 16.142 soldats. 

"Le 25 juin 2006, Jacques Chirac, alors Président de la République, était venu présider les cérémonies du 90e anniversaire de la Bataille de Verdun. Il avait inauguré le monument aux musulmans morts pour la France. Cet édifice de 100 m², construit non loin de la chapelle catholique et du Mémorial israélite, rend hommage aux 70 000 combattants musulmans morts pour la France. Il côtoie 592 tombes de soldats algériens, marocains et tunisiens, couvertes de roses rouges et orientées vers La Mecque". 

Ont lutté lors de la Première Guerre mondiale, 35 000 à 38 000 combattants Juifs français sur 180 000 âmes juives de France et d’Algérie ; à comparer à une population totale de 39 à 41 millions d’habitants. De 4 650 à 6 800 d’entre eux ont été tués durant les combats. Originaires des empires russe et ottoman, 8 500 Juifs étrangers s’engagent dans l’Armée française, mus aussi par cette volonté de prouver leur reconnaissance à l’égard du « pays des droits de l’homme ».

A l'initiative de la Fédération des associations d'anciens combattants, engagés volontaires et résistants juifs dans l'Armée française, la cérémonie de la Flamme sous l'Arc de Triomphe aura lieu le 12 mai 2022 à 18 h 30.

A l'initiative de la Fédération des associations d'anciens combattants, engagés volontaires et résistants juifs dans l'Armée française (FAACVJAF), en présence d'un rabbin de l'Aumônerie israélite des armées, la cérémonie de la Flamme sous l'Arc de Triomphe aura lieu le 12 mai 2026 à 18 h 30. Seront représentés le Comité d'entente des associations d'anciens combattants (CEAAC) - Section de Gonesse et l'école primaire Vigée Lebrun (75015 PARIS). Présence souhaitée dès 18 h.


Du 5 novembre 2014 au 8 mars 2015
Niveau crypte, entresol et salle de lecture
17, rue Geoffroy–l’Asnier. 75004 Paris 
Tél. : 01 42 77 44 72 
Tous les jours sauf le samedi, de 10 h à 18 h, et le jeudi jusqu’à 22 h

Visuel :
Groupe d’engagés volontaires du 21e RMVE dans une baraque du camp d’instruction militaire du Barcarès (Pyrénées-orientales). France, 1939-1940. 
© Mémorial de la Shoah / UEVACJ-EA.

Les citations proviennent du communiqué de presse et de l'exposition. Cet article a été publié les 3 mars, 12 mai et 11 novembre 2015, 26 mai 2016, 8 mai et 30 septembre 2018, 18 juin 2019, 2 août 2020, 12 mai 2022.

mardi 5 mai 2026

Les Noirs sous le IIIe Reich

Depuis quelques décennies, des historiens, chercheurs ou essayistes se sont intéressés à l'Allemagne nazie face aux Noirs* : habitants de son ancien empire colonial en Afrique, soldats noirs de l'Armée française, métis,  artiste, etc. Il en ressort que des persécutions n'ont jamais fait partie d'un projet d'extermination, que des déportés Noirs étaient souvent des opposants, etc. 
Arte diffusera le 5 mai 2026 à 22 h 40 « Les Noirs au temps des nazis  - Des victimes oubliées » de Stefanie Daubek et Jermain Raffington.

« Descendants de nazis. L’héritage infernal » de Marie-Pierre Raimbault et Michael Grynszpan 

Sous le IIIe Reich, les Noirs* avaient plusieurs origines et statuts : ils avaient un lien avec l'ancien empire colonial allemand en Afrique avant la Première Guerre mondiale, étaient des métis nés de soldats français des troupes coloniales pendant l'occupation de la Rhénanie, des soldats de l'Armée française, des Afro-Américains capturés pendant la Deuxième Guerre mondiale...

Des lois racistes édictées à Nuremberg ont visé la majorité des Noirs vivant en Allemagne - passeport et certains droits refusés -, mais, contrairement aux juifs, ces personnes ont vécu normalement en étant discrets. 

Né au Cameroun, scolarisé dans son enfance dans une école allemande à Douala, Louis Brody (1892-1952) semble être arrivé en Allemagne entre 1907 et 1914. Il était un acteur populaire, musicien, danseur, lutteur et militant d'origine camerounaise. Débutée dans les années 1910, sa carrière cinématographique se poursuivit, du cinéma muet au cinéma parlant, sous la République de Weimar puis sous le régime nazi - son nom figurait sur une liste de comédiens « approuvés » par la Reichfilmkammer -, enfin, après 1945, en Allemagne de l'Ouest - ile ne semble pas avoir été inquiété lors de la dénazification. Parallèlement à "sa carrière d'acteur, notamment avec la DEFA. Parallèlement, il gagnait sa vie comme artiste de cirque et musicien de jazz".

"En 1915, Louis Brody décroche son premier rôle dans le film policier de Joe May, « Das Gesetz der Mine » (La Loi des mines), inaugurant ainsi une carrière artistique remarquable et prolifique, au cours de laquelle il participe à plus de 80 films. Acteur très recherché dès la fin des années 1910, Brody est cantonné, sous la République de Weimar, à des rôles d'exotisé, de démoniaque ou de raciste. D'abord ignoré au générique, il voit progressivement ses rôles gagner en importance". Il "a cofondé l'Organisation d'aide à l'Afrique (1918) à Hambourg. En tant que porte-parole, il a dénoncé la discrimination raciale ainsi que la violence et les mauvais traitements infligés aux Noirs." Un "moment fort de sa carrière fut sa revue « Lever de soleil en Orient », créée en décembre 1930 aux salles de festival Kliem, dans le quartier Hasenheide de Neukölln. Ce spectacle examinait de manière critique le colonialisme européen sur le continent africain et les représentations stéréotypées des Noirs."
Louis Brody "tourna en particulier sous la direction de Fritz Lang et Robert Wiene, notamment dans Calais-Douvres de Jean Boyer et Anatole Litvak (1931) avec Lilian Harvey, André Gabriello et Sinoël. Il a obtenu la nationalité française. Il a aussi joué au moins 23 films (1933-1945), parfois véhiculant la propagande nazie dont Le Juif Süss, oeuvre antisémite réalisée par Veit Harlan (1940). Le "cinéma nazi l'a contraint à interpréter des rôles dépeignant une Afrique colonisée, domestiquée et simpliste, destinée à souligner la supériorité nazie". En 2024, une plaque commémorative en porcelaine en hommage à Louis Brody a été inaugurée, en présence de ses petits-enfants, dont son petit-fils Roy Adomako, à l'adresse où avait vécu cet artiste : Kurfürstenstraße 40, 10785 Berlin-Tiergartena.

En 1937, le régime nazi a promulgué une loi instituant la stérilisation forcée des métis allemands : la moitié de ceux-ci sont effectivement stérilisés. 

En 2005, les Éditions Serpent à plumes ont publié "Noirs dans les camps nazis", réédité en 2016 par les éditions du Rocher et signé par Sergé Bilé. Journaliste à France Télévisions, Serge Bilé est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages, parmi lesquels des essais à succès tels La légende du sexe surdimensionné des Noirs, Et si Dieu n'aimait pas les Noirs : enquête sur le racisme au Vatican, Quand les Noirs avaient des esclaves blancs, et Poilus nègres. Soldats créoles et africains en 14-18."
"Serge Bilé dévoile dans ce livre un aspect totalement méconnu de la Seconde Guerre mondiale : la déportation des Noirs dans les camps de concentration et d'extermination de l'Allemagne hitlérienne. Africains, Antillais, Américains ont eux aussi été pris dans la tourmente, arrêtés et envoyés dans ces camps où ils étaient sujets à toutes les humiliations… Outre les témoignages hallucinants collectés auprès des survivants ou de leurs compagnons d'infortune, ce livre révèle des faits méconnus : savait-on que les fameuses lois de Nuremberg concernaient également les Noirs installés à l'époque dans le pays ? Ces Afro-Allemands, stérilisés de force, formèrent d'ailleurs les premiers contingents de déportés expédiés par Hitler dans les camps, bien avant la guerre. Savait-on que ces camps de concentration n'étaient pas l'oeuvre des nazis, mais que les premiers avaient été construits dès 1904, en Namibie, pour éliminer le peuple herero opposé à la colonisation allemande et aux armées du chancelier Bismarck ? Autant de pages d'histoire inédites où l'on apprend aussi, au fil des chapitres, les faits d'armes de ceux qui deviendront par la suite les grands leaders de la cause noire : Nelson Mandela, Martin Luther King, Léopold Sédar Senghor ou encore Aimé Césaire."

Le 19 mars 2005, Le Monde a publié la tribune "Les nazis n'ont pas déporté les Noirs" signée par Joël Kotek, professeur de sciences politiques à l'Université libre de Bruxelles, Tal Bruttman, historien, et Odile Morisseau, professeure d'histoire et géographie au lycée Henri IV :
"Etonnant ouvrage que Noirs dans les camps nazis. Dans la déferlante qui a accompagné les commémorations, celui-ci se détache singulièrement par le large écho qu'il a reçu. Or, dépourvu d'introduction et de conclusion, on ignore à la fois quel est le point de départ de l'auteur et les leçons de ses recherches. Il faudrait donc s'en référer au titre pour en connaître l'objet. Mais des Noirs dans les camps nazis, il n'est que peu question. Moins du tiers de l'ouvrage aborde cette question ; la majeure partie est consacrée à tout autre chose (génocide des Hereros, crimes coloniaux, violence nazie). Et parmi les points portants sur les camps, peu de chose, en fait. (...)
La méthode est bien peu historienne, et l'ensemble bâti sur ce modèle : des faits parfois sans rapport, accolés et largement délayés, un tissu d'anecdotes, voire de rumeurs, glanées ici et là, sans souci scientifique : pas la moindre statistique ni référence d'archives. Tout est au premier degré, à la première personne, à l'esbroufe. L'auteur, Serge Bilé, préfère assener des faits trop spectaculaires, extraordinaires. Le problème est qu'ils se révèlent le plus souvent faux ou approximatifs.
En témoigne l'improbable chapitre sur le génocide des Hereros,que nous connaissons bien. Contrairement à ce qu'il affirme, l'expression "camp de concentration" n'a pas été créée dans la colonie allemande sud-africaine (l'actuelle Namibie), mais six ans plus tôt, à Cuba (1896). Lors du génocide des Hereros, Heinrich Goering n'était plus gouverneur de la colonie depuis quatorze ans. Ils ne furent pas tatoués, mais bien obligés de porter autour du cou un collier immatriculé. On pourrait multiplier les exemples d'erreurs, comme la confusion entre Rudolf Hess, second d'Hitler, et Rudolf Hœss, commandant d'Auschwitz.
Le génocide herero ne méritait pas ces exagérations. La réalité suffit amplement : il fut bien le premier génocide du siècle. C'est en Namibie qu'on créa les premiers camps de travaux forcés, là que furent effectuées les premières "études" raciales sur les bâtards et les jumeaux. Eh oui, les Noirs furent persécutés dans le Grand Reich. Oui, ils furent victimes de la violence nazie. A elle seule, la politique nazie de stérilisation forcée mériterait un ouvrage. Mais, s'agissant de la thèse principale du livre, l'historien se doit de l'infirmer complètement. Les Noirs ne furent pas déportés en raison de leur couleur dans les camps nazis, ni même l'objet d'une attention particulière des nazis. Les lois de Nuremberg ne s'adressent qu'aux juifs.
S'il en fallait une seule preuve, il suffit de rappeler que les nazis ne leur consacrèrent pas un triangle de couleur, contrairement aux juifs (jaune), tziganes (brun), droits communs (vert), "asociaux" (noir), témoins de Jéhovah (violet), homosexuels (rose) ou résistants (rouge). Ils ne procédèrent à aucune rafle ni déportation de populations noires des territoires occupés.
Il y eut bien des Noirs dans les camps nazis, mais arrêtés pour diverses raisons : résistants, victimes de représailles ou même... juifs. Mais le IIIe Reich n'a pas eu de plan de déportation des Noirs d'Europe. Rappelons que l'écrasante majorité des juifs fut exterminée hors des camps de concentration : près de 1,3 million tombèrent sous les balles des Einsatz-gruppen, 2,7 millions dans les chambres à gaz des quatre centres d'extermination installés en Pologne (comme Treblinka) et des deux camps mixtes (extermination et concentration) de Birkenau (Auschwitz) et Majdanek. Seuls les Tziganes partagèrent en partie ce sort.
Cette spécificité du destin des juifs explique l'extraordinaire accueil réservé au livre de Bilé. En mettant l'accent sur les Noirs dans les camps, a-t-on cru trouver l'occasion d'en terminer enfin avec l'insupportable face-à-face judéo-européen ? Et notre propos s'inscrirait-il dans ce que certains appellent ¬ à tort ¬ la "concurrence des victimes", au détriment des Noirs ? Certes non. Mais que dire, sinon qu'une belle occasion a été gâchée ?
La "question noire", à l'instar de la question dite "juive", hante, à juste titre, les consciences européennes. C'est en Afrique qu'eurent lieu le premier et le dernier génocide du XXe siècle (Namibie 1904, Rwanda 1994). D'Afrique que partirent, dans le cadre des traites "orientales" et atlantique, près de 32 millions d'humains pour ne plus revenir. En France, l'évocation de ces persécutions reste encore très faible. Mais pourquoi s'en référer à l'horreur nazie pour que les victimes noires trouvent enfin leur place dans le champ médiatique ? Cinq siècles de persécutions suffisent, nul besoin d'exagérer une histoire aussi tragique."
En 2010, Cambridge University Press a publié Hitler's African Victims: The German Army Massacres of Black French Soldiers in 1940. "Au cours de sa campagne contre la France en 1940, l’armée allemande a massacré plusieurs milliers de prisonniers de guerre noirs appartenant à des unités recrutées dans les colonies françaises d’Afrique de l’Ouest. Cet ouvrage, publié pour la première fois en 2006, documente ces crimes de guerre à partir de recherches approfondies menées dans les archives françaises et allemandes. Une vaste offensive de propagande nazie, approuvée par Hitler et ravivant les images traditionnelles des soldats noirs présentés comme des sauvages mutilateurs, a constitué la toile de fond de ces massacres. L'ouvrage montre toutefois que le traitement réservé aux prisonniers de guerre français noirs était très inégal et que les exactions étaient souvent déclenchées par certaines situations de combat. Il relie les massacres de soldats français noirs aux débats sur la nazification de l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale et les replace dans le contexte du traitement réservé aux « combattants illégitimes » non blancs lors des guerres coloniales."

Directeur de l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONACVG) pour le département de la Loire, auteur d’un premier ouvrage couvrant la période de la Deuxième Guerre mondiale, Les Tirailleurs sénégalais – Les soldats noirs entre légende et réalité – 1939-1945 (Taillandier, 2012), Julien Fargettas a ensuite orienté ses recherches sur le temps de la décolonisation, ce qui a donné lieu à une nouvelle publication : La fin de la « Force Noire » – Les soldats africains et la décolonisation française (Les Indes Savantes, 2019).

En 2020, les éditions du Poutan ont publié "Juin 1940 – Combats et massacres en Lyonnais" de Julien Fargettas et Baptiste Garin. "Juin 1940. Le 10, sur la Somme et l’Aisne, les dernières lignes de défense française ont cédé, le gouvernement a fui Paris et, le 17, Pétain a demandé à l’armée de cesser le combat… Les 19 et 20 juin pourtant, le 25e régiment de tirailleurs sénégalais reçoit l’ordre de « résister sans esprit de recul même débordé » pour tenter d’endiguer le déferlement des troupes allemandes sur les nationales 6 et 7, au nord de Lyon."

"Quatre-vingts ans plus tard, l’historien Julien Fargettas, ancien officier de l’armée de terre, spécialiste des soldats noirs auxquels il a notamment consacré sa thèse de doctorat, revient pour nous sur les combats de Chasselay, objets de ses premières recherches. Avec rigueur et clarté, il nous donne les éléments permettant de comprendre le pourquoi de cet engagement et de ces décennies de présence africaine en Lyonnais. Non sans émotion, il nous fait ensuite le récit des combats et des terribles massacres qui s’ensuivirent. Il s’interroge enfin sur les mémoires de cette tragédie et les manques du légitime hommage qui doit être rendu à ces hommes.

Baptiste Garin avait découvert en 2019 huit photographies allemandes qui documentent chacune des étapes de ce crime de guerre. Ces soldats sénégalais sont arrêtés par l'armée allemande qui les conduit vers un lieu où ils sont tous tués.
 
Aucun Noir n'a été déporté en raison de la couleur de sa peau. Les motifs de déportation de Noirs : leur appartenance au Parti communiste, la commission d'actes de résistance et d'espionnage. Les Noirs dans divers camps de concentration (et non d'extermination), tel celui à Buchenwald, ont subi des humiliations liées à leur couleur de peau.

« Les Noirs au temps des nazis » 
Arte diffusera le 5 mai 2026 à 22 h 40 « Les Noirs au temps des nazis  - Des victimes oubliées » de Stefanie Daubek et Jermain Raffington.

« Retour sur le destin de Lionel Romney, marin afro-caribéen déporté au camp de Mauthausen, en Autriche. Une enquête familiale fouillée, qui raconte les doubles persécutions subies par les prisonniers de guerre noirs, persécutés par les SS et discriminés par d'autres détenus. angle mort de l’histoire européenne. »

« Né en 1912 en République dominicaine dans une famille afro-caribéenne, Lionel Romney s’engage à l’âge de vingt-deux ans dans la marine marchande, porté par un désir de découvrir le monde. En 1940, son navire est pris dans les combats de la Seconde Guerre mondiale et finit par sombrer. Rescapé du naufrage, Lionel est fait prisonnier en Italie, où il restera plusieurs années avant d’être déporté en 1944 au camp de concentration de Mauthausen, en Autriche. Il y survit pendant onze mois, jusqu’à la libération du camp par les troupes américaines en mai 1945. Après la guerre, il reconstruit sa vie en gardant longtemps le silence sur cette expérience, dont l’ampleur ne sera révélée que plusieurs décennies plus tard. »

« Nourri de témoignages et de reconstitutions historiques, ce documentaire retrace le parcours de Lionel Romney, mort en 2004, en s’appuyant sur les entretiens qu’il avait accordés à sa fille Mary et qui ont peu à peu permis de reconstituer le fil de son itinéraire, des Caraïbes à l’Autriche, en passant par l’Italie. »

« Au-delà d’un destin singulier, le documentaire met en lumière une réalité longtemps occultée par l’historiographie : celle des Noirs dans les camps nazis, persécutés par les SS, mais également confrontés à des formes de discrimination de la part de certains autres détenus. »

« En donnant voix à ces vécus longtemps tus, à l’intersection de l’idéologie nazie et des héritages coloniaux, les réalisateurs Stefanie Daubek et Jermain Raffington révèlent un pan encore méconnu de l’histoire européenne et interrogent la place de ces mémoires dans le récit collectif. »


* J'ai repris la terminologie d'Arte.

Julien Fargettas, "Juin 1940 – Combats et massacres en Lyonnais"Editions du Poutan. 250 pages, format 16,5 x 23 cm. 21,00 € – ISBN 978-2-37553-075-7

« Les Noirs au temps des nazis » de Stefanie Daubek et Jermain Raffington
Allemagne, Autriche, 2025, 43mn
Coproduction : BR/ARTE, Dots & Circles, ORF
Sur Arte les 5 mai 2026 à 22 h 40, 12 mai 2026 à 3 h 30
Sur arte.tv du 28/04/2026 au 26/04/2028
Visuels : © Stefanie Daubek