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mardi 19 mai 2026

Pierre Goldman (1944-1979)

Pierre Goldman (1944-1979) était un militant d'extrême-gauche ayant choisi la violence et le banditisme, ainsi qu'un écrivain et journaliste juif français. Dans deux procès, il a été jugé pour le meurtre de deux pharmaciennes et en a été finalement innocenté judiciairement - un livre récent a allégué sa culpabilité. 
Arte diffusera le 20 mai 2026 à 20 h 55 « Le procès Goldman » de Cédric Kahn avec Arieh Worthalter, Arthur Harari, Stéphan Guérin-Tillié, Nicolas Briançon, Aurélien Chaussade, Chloé Lecerf.

« Louise Weiss, une femme pour l’Europe » par Jacques Malaterre 
J'ai évoqué certaines de mes analyses lors de mon interview sur Radio J le 27 avril 2012
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama 
Les mutilations génitales féminines
« La femme, la république et le bon Dieu » d’Olivia Cattan et d’Isabelle Lévy

Documentaires sur l'avortement sur Arte 

Pierre Goldman est né le 22 juin 1944 à Lyon 7e (Rhône) de parents juifs résistants communistes. Après la Libération, ses parents se séparent. Son père se remarie et l'élève, ainsi que les trois enfants issus de son remariage, dont le futur chanteur, compositeur et parolier Jean-Jacques Goldman.

Étudiant à la Sorbonne, il milite entre 1962 et 1968 dans les services d'ordre de syndicats et groupes étudiants de gauche ou gauchistes (UEC, UNEF, Front universitaire antifasciste). Il se rend en Amérique latine, notamment au Venezuela, pour participer à des mouvements révolutionnaires, de guérilla.

De retour en France, il commet des vols à main armée en décembre 1969. Le 8 avril 1970, il est interpellé par la police. Il est accusé de trois agressions à main armée et du meurtre, en décembre 1969, de deux pharmaciennes lors d'une tentative de cambriolage. Le 14 décembre 1974, la cour d'assises de Paris le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité avec circonstances atténuantes. Intellectuels, politiciens et artistes se mobilisent en sa faveur ; pour l'extrême-gauche française, il s'agissait de montrer, qu'à la différence des homologues italien et allemand, elle n'avait pas sombré dans la violence après mai 1968. En 1975, la Cour de cassation casse ce jugement pour vice de forme. En 1976, lors du second procès à Amiens, Pierre Goldman est acquitté au pénal du meurtre des deux pharmaciennes, mais il est condamné au civil à indemniser les ayants-droits des victimes.

En prison, il rédige une autobiographie, éditée peu avant son second procès et intitulée Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France. Un succès critique et public. Il y retrace l'histoire de ses parents, héros de la résistance juive communiste en France, et évoque son aspiration à reproduire leur exemple, mais dans une ère de paix et de démocratie.

Libéré, il gagne sa vie comme journaliste à Libération.

Il est assassiné le 20 septembre 1979 à Paris. Son assassinat est revendiqué par un groupe qui serait d'extrême droite, « Honneur de la Police ». Le mystère demeure sur l'auteur et la motivation du meurtre.
Le 27 septembre 1979, plus de 10 000 personnes assistent aux funérailles au cimetière du Père-Lachaise.

Documentaires et essais sont consacrés à Pierre Goldman, et l'un d'eux allègue l'hypothèse de la culpabilité de Pierre Goldman.

« Le procès Goldman »
Arte diffusera le 20 mai 2026 à 20 h 55 « Le procès Goldman » de Cédric Kahn.

« Pierre Goldman contre le reste du monde... Au mitan des années 1970, le procès de ce rebelle d’extrême gauche accusé de meurtre marqua la France par sa portée politique. Cédric Kahn en tire un huis clos saisissant, transcendé par la composition magnétique d’Arieh Worthalter. »

« Avril 1976. Le jeune avocat Georges Kiejman doit défendre Pierre Goldman, militant d’extrême gauche condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Mais à quelques jours de ce second procès aux assises d’Amiens, le provocateur Goldman, caractériel, se montre de plus en plus hostile à son défenseur, jusqu’à souhaiter le dessaisir. Alors qu’il risque la peine capitale, il rend l’issue du procès incertaine. »

« Avec la reconstitution de ce fameux procès, Cédric Kahn tire le portrait d’une époque à son crépuscule, celle des élans révolutionnaires des années 1960-1970. »

« Alors que les eighties imposeront bientôt leur cynisme matérialiste, les dérives de Pierre Goldman, demi-frère du chanteur, illustrent l’échec des utopies libertaires finissant en impasse dans le prétoire d’un tribunal d’assises. »

« Hâbleur, insoumis, en perpétuelle colère contre les institutions (surtout policières), celui qui était devenu l'icône de la gauche intellectuelle – et qui sera assassiné à Paris en 1979 – apparaît pourtant comme un écorché vif hors du commun, pétri de valeurs et de faiblesses paradoxales. »

« Autour de ce fascinant pôle magnétique, le réalisateur de Roberto Succo et d’Une vie meilleure compose un huis clos de très haute volée, où le spectateur voit son intime conviction vaciller au rythme des offensives de la défense ou de l’accusation. »

« D’une puissance presque animale, l’interprétation d’un Arieh Worthalter volcanique, à la rébellion difficilement contenue par le subtil Arthur Harari en maître Kiejman, mérite amplement ses trois prix de meilleur acteur octroyés par le cinéma français en 2024. »

Meilleur acteur (Arieh Worthalter), César 2024, Lumières 2024 et Magritte 2024


ENTRETIEN AVEC CÉDRIC KAHN 

« Quelle est la genèse de ce film ? 
J’ai découvert Pierre Goldman, il y a une quinzaine d’années par son livre, Souvenirs obscurs d’un Juif polonais né en France. Ce qui me saute aux yeux, ce n’est pas son innocence, c’est sa langue, extraordinaire. Son style, sa dialectique, sa pensée. Je me dis qu’il faut faire quelque chose de ce livre, au cinéma. Il me semble que la grande oeuvre de Goldman, c’est son acquittement, dont le livre est le catalyseur. La gauche de l’époque s’est emballée pour cet ouvrage, a organisé des comités de soutien, ce qui a créé un contexte très particulier au second procès. En-dehors de cela, la vie de Goldman, c’est une série d’échecs, de drames, de renoncements. J’écarte donc la piste d’un biopic et je me dis que le film à faire, c’est le procès. 

Comment l’idée du film refait-elle surface ? 
Le projet se réactive par la rencontre fortuite avec la scénariste Nathalie Hertzberg, avec qui j’avais été en contact au moment où j’avais découvert le livre et qui avait même commencé un travail de documentation à cette époque. Le lendemain de cette rencontre, je me dis qu’il faut baser ce film sur le second procès ! J’appelle Nathalie, on boit un café, elle est archi-partante ! Elle réactive ses réseaux : Michael Prazan (auteur d’une biographie de Goldman), Georges Kiejman et Francis Chouraqui, ses avocats… Puis, Nathalie s’attèle seule à la reconstitution du procès avec des articles de journaux, un travail de fourmi de plus de 300 pages ! Une sorte de bloc de glaise à sculpter. On s’est ensuite enfermés tous les deux et on a écrit le scénario à partir de toute cette matière en respectant plus ou moins la scénarisation naturelle du procès. 

Les dialogues sont-ils fidèles aux minutes du procès ou avez-vous réécrit un peu ? 
D’abord, on a mélangé les deux procès. On a pioché aussi dans son livre, on a intégré des éléments qui ont été découverts après le procès… On a pris pas mal de libertés, mais en même temps, on est restés très fidèles : la plaidoirie de Kiejman est quasiment la même au mot près, celle de l’avocat général aussi. 

Ce film n’est-il pas autant sur la complexité de rendre la justice que sur Goldman ? 
Complètement, c’est ce qui m’a passionné. Je voulais que le spectateur soit dans la peau d’un juré et qu’il puisse au fur et à mesure des débats se forger sa propre opinion. 
Faute de preuves, et c’est le cas de l’affaire Goldman, il ne reste que le langage. Le langage dans l’arène d’un procès sert à fabriquer du point de vue, de la conviction, et c’est vertigineux ! Un procès, c’est un match de langage, c’est de la pure dialectique. Le sujet de ce film, c’est la dialectique. 
Le livre de Goldman ne t’avait pas convaincu de son innocence : en voyant le film, on en est convaincu, grâce à son charisme, mais aussi à l’intensité et la conviction de son interprète, Arieh Worthalter. 
Goldman dit « je suis innocent parce que je suis innocent ». Cette phrase était mon premier titre pour le film. J’ai renoncé parce que ç’aurait été un titre trop abstrait, mais quelle phrase ! Mais ce que tu dis sur Arieh est le plus bel hommage qu’on puisse rendre à un acteur. Arieh est tellement habité qu’il nous donne accès à toute la complexité de Goldman. En abordant le rôle, il ne m’a posé qu’une seule question : il est innocent, ou pas ? Je n’avais pas de réponse, car c’est la question du film. Mais j’ai dit à Arieh que pour lui, il n’y avait pas d’hésitation à avoir : il devait le jouer innocent.

Le dialogue du début entre Kiejman et Chouraqui est-il inventé ? 
Oui. C’est une scène imaginaire. Ce qui est vrai, ce sont les lettres : Goldman a vraiment voulu le virer à une semaine du procès. Kiejman l’a défendu dans ce contexte d’hostilité et de défiance et ça ne fait qu’augmenter son mérite. 

Le style épuré de la mise en scène était-il pensé dès le début ? 
C’était inscrit dans le projet dès le départ ! Quand j’ai parlé à Nathalie Hertzberg et à Benjamin Elalouf, le producteur, d’un film basé uniquement sur le procès, ça signifiait aussi pour moi naturellement pas de musique, pas de flashbacks, « à l’os ». Ce n’était pas pour des raisons cinématographiques mais éthiques. Si on avait commencé à mettre des flashbacks ou de la musique, on aurait créé du point de vue, de l’empathie. Or, je voulais que le spectateur soit dans la position du juré. La forme devait donc être la plus sèche possible. Dans ce film, il n’y avait pas d’espace pour la fioriture. C’est le sujet qui a dicté la forme. Je voulais montrer l’art oratoire d’un procès et la difficulté de rendre la justice. Ce qui est intéressant dans l’affaire Goldman, c’est qu’elle n’est, au fond, pas élucidée. Ce qui m’a intéressé, c’est que la vérité nous échappe, voire même que différentes vérités se télescopent. Les témoins sont tous troublants, qu’ils soient à charge ou à décharge. Chacun est heurté dans sa conviction. Un procès, ce sont des vérités et des vies au mètre carré. Le jeune veuf qui raconte comment il a retrouvé sa femme ensanglantée n’apporte rien de décisif au dossier, mais il est bouleversant. 

Le Procès Goldman raconte une affaire remontant à cinquante ans et pourtant, le film résonne fortement avec aujourd’hui. Par exemple sur la question de la police. 
Pendant l’écriture, ça nous est apparu flagrant que la sociologie de l’époque était la même qu’aujourd’hui. La société est fracturée de la même manière entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite. Sur la police, Goldman est très radical alors que Kiejman représente une pensée plus centriste : il dit en gros que certains policiers sont racistes, mais que l’institution ne l’est pas. Quant à l’avocat de la partie civile, il dit qu’il parle au nom de la France, la vraie, celle des honnêtes gens, face à l’intelligentsia parisienne d’extrême-gauche, ça résonne aussi : l’idée de l’élite contre le peuple, Paris contre la province, etc., tout y était déjà. 

Le film résonne aussi parce qu’il montre la complexité nécessaire de la justice, à une époque où la justice expéditive des réseaux sociaux fait des dégâts. 
Je pense que de tout temps, le commentaire journalistique a eu une influence sur l’issue des débats. Ce qui se passe à l’extérieur du tribunal a une influence sur les décisions des jurés. Dans le cas de Goldman, c’est évident : on a lu toute la presse de l’époque, elle avait clairement pris fait et cause pour lui. Si la presse s’était emballée dans le sens inverse, contre Goldman, il n’aurait peut-être pas été disculpé des deux meurtres. L’engagement de Simone Signoret, de Régis Debray, des people de l’époque, tout cela a joué, c’est évident. 
Ce qui est sûr, c’est que je déteste le tribunal médiatique, qu’il se tienne dans la presse ou sur Internet. Il existe plein de militants de diverses causes qui considèrent que la justice ne fait pas son boulot et qui ont recours au lynchage médiatique. Je trouve ça très dangereux. Quand une affaire sort, c’est fini, la personne accusée est grillée, définitivement morte socialement, qu’elle soit coupable ou innocente. 
Sur ce plan, le film est un hommage puissant à l’état de droit. La justice en tant qu’institution de notre démocratie ne sort-elle pas grandie de ce film, même si ce procès possède aussi ses zones d’ombre ? 
La justice, je ne sais pas, mais ceux qui la rendent, oui sûrement. Goldman a été disculpé faute de preuves et de ce point de vue-là, c’est indiscutable. 

Dans ce théâtre de la justice, Pierre Goldman est un « acteur » sensationnel, une « star ». 
Je voulais que le spectateur soit dans le doute par rapport à lui. Mais je voulais lui donner sa chance. Les figurants dans la salle ne connaissaient pas le scénario, et on a tourné dans l’ordre chronologique du procès. À mi-tournage, j’ai demandé à quelqu’un de faire un micro-trottoir avec des interviews des spectateurs dans la salle de tribunal. On leur demandait si pour eux, Goldman était innocent ou coupable. Très souvent, ils répondaient qu’ils avaient envie qu’il soit innocent. Cette réponse, c’est la définition du charisme. Goldman avait ce charisme qui embarquait les gens. Ce qui est incroyable, c’est que Goldman a embarqué tout le monde il y a cinquante ans, et qu’Arieh réussit à embarquer tout le monde aujourd’hui ! La magie de Goldman a réopéré !

Une autre question importante du film, c’est la judéité. 
La judéité, oui, mais je dirais surtout la question d’être « un enfant de la Shoah », comme Goldman se définissait. C’est là évidemment un aspect très important de son histoire. La question se cristallise dans l’antagonisme entre Goldman et Kiejman, qui sont deux enfants de la Shoah, mais avec deux destins diamétralement opposés. Goldman était le « Juif maudit » et Kiejman le « Juif résilient ». Kiejman a transformé son origine en puissance positive de réussite. Les deux étaient aussi des enfants de Juifs communistes, leurs parents étaient sortis de la religion. C’est ce que raconte le père, Alter, sur la mère biologique de Pierre : élevée par des Juifs pieux, elle est devenue militante communiste. Cet éloignement de la religion au nom de l’idéal communiste, c’est fondamental dans l’histoire des Juifs ashkénazes de Pologne. Puis du communisme à la résistance, il n’y avait qu’un pas. Goldman le dit : « je voulais être comme mes parents, un héros, c’est pour cela que je suis parti faire la guérilla au Venezuela… ». Il était écrasé par l’histoire de ses parents, il en était l’héritier, mais sans le contexte, et avec beaucoup de failles dans sa personnalité. Beaucoup de gens issus de cette histoire ont eu des destins compliqués. 

Goldman dit à un moment « nègre et juif, c’est la même chose ». Ça aussi, ça résonne. 
Goldman était très en avance sur cette question de la concurrence mémorielle. Tout de suite, il avait compris la proximité entre tous les opprimés. D’ailleurs, il ne vivait qu’avec des Noirs, comme je le montre dans le film. Ça élargit le film et les questions que soulève ce procès. C’est important, je n’aurais pas voulu faire un film strictement judéo-juif. Goldman disait de lui-même qu’il était un Juif noir. 

Tu as respecté la terminologie de l’époque avec le mot « nègre » qui pourrait être mal reçu aujourd’hui. Mais, il est prononcé par Goldman dans son sens noble, dans la lignée de Césaire ou Senghor. 
J’ai beaucoup hésité, mais j’ai fait le choix de rester fidèle à la parole de Goldman. Dans son livre, il écrit « je rêvais que mes enfants soient des juifs au sang nègre ». Phrase magnifique. 
Visuellement, le film se passe en huis clos, comme sur une scène de théâtre. Dans ce contexte particulier, comment s’est passé le travail avec ton chef opérateur, Patrick Ghiringhelli ? 
Le dispositif du tournage était le suivant : salle pleine, tournage très court, réactions du public en direct, trois caméras en permanence. On était entre un tournage classique et une captation. Je n’ai jamais mis en scène les réactions du public. J’ai juste donné à chaque groupe une indication de départ : vous, vous êtes les gauchistes fans de Goldman, vous, vous êtes les potes antillais, vous, vous êtes les victimes accablées, vous, vous êtes côté flics… et c’est tout. Je n’ai rien dit de plus, chacun suivait les débats et réagissait en fonction du groupe auquel il appartenait. J’entendais à l’oreille et à l’intensité les réactions, si les comédiens étaient bons ou pas. Du vrai direct ! 
Le décor a été entièrement fabriqué sur un terrain de tennis. C’était éclairé en haut par une verrière, en lumière naturelle. On faisait beaucoup de prises pour pouvoir filmer tout le monde, chaque séquence a été tournée en moyenne entre vingt et trente fois ! A chaque prise, on replaçait les caméras pour filmer ce qu’on n’avait pas encore filmé. Moi, je regardais mes trois écrans et je dirigeais chaque cadreur en live avec un dispositif d’oreillette. J’étais un peu dans la position d’un réalisateur de direct sportif ! La mise en scène dépend finalement beaucoup de ce qu’on met en place en amont. Avec le temps, je finis par croire plus au dispositif qu’à la mise en scène. 

Tu avais donc beaucoup de matériau à trier et rythmer avec ton monteur, le grand Yann Dedet ? 
On avait des rushes à n’en plus finir, on était découragés avant de commencer ! On s’y est mis tranquillement, on a tout regardé avec nos trois écrans en parallèle. On disait « caméra B, caméra A, etc. ». On a présélectionné tous les morceaux qui nous intéressaient, et à partir de cette matière, on a commencé le montage. Un travail ultra-minutieux, parce que privilégier la parole s’est avéré un énorme travail. Il fallait trouver le point d’équilibre de l’image pour que l’écoute soit parfaite. On a beaucoup monté en fermant les yeux. 
On a fait ça main dans la main avec Yann, le partenaire idéal. 

Il me semble que la force du film vient aussi des acteurs, tous extraordinaires, des premiers rôles aux figurants. 
Avec Antoine Carrard, mon directeur de casting, c’était évident que la crédibilité de la reconstitution du procès découlerait du fait qu’il n’y ait aucun acteur connu dans le film sans hiérarchie entre les figurants, les silhouettes et les acteurs. Un tournage communiste ! 

Comment as-tu choisi Arieh ? 
Au bout de trois phrases en lecture, j’aurais pu lui dire « arrête, c’est bon ! ». C’était une évidence. Il avait tout pour jouer Goldman : le physique, l’intellect, la puissance. Le mot qui me vient spontanément pour résumer le travail d’Arieh, c’est la densité. Dans tout ce qu’il fait, il amène cette densité. On le voit dès le premier plan, quand il est assis dans sa cellule, les yeux en l’air. Ce que j’aimais aussi, c’est qu’on l’entend avant de le voir, grâce à ses lettres. On entend la parole du personnage et on comprend sa psyché complexe avant même de voir son visage. Comme si la voix du vrai Goldman précédait l’acteur. Et Arieh donne un corps et un visage très convaincants à cette voix. Pendant le tournage, il était très autonome, je n’ai pas eu besoin de lui donner beaucoup d’indications. Je dirais de lui qu’il a joué Goldman avec sa propre histoire. 

Georges Kiejman est joué par Arthur Harari, un cinéaste-acteur, comme toi. Il ressemble physiquement à Kiejman et fait lui aussi un travail magnifique. 
Comme Kiejman, Arthur est un aigle physiquement et dans la pensée. Il est éloquent, précis, cérébral. Je pense qu’il donne un portrait très fidèle de ce qu’était Kiejman : grande intelligence, contrôle de ses émotions. On s’est rencontrés en plein confinement, sur un banc de square. J’ai vu mentalement son visage s’emboîter dans celui de Kiejman. Georges Kiejman nous a ouvert sa porte, raconté son procès, exprimé sa bienveillance. Il nous a quitté il y’a quelques jours. J’espère que le film rend hommage à son talent et son intelligence. 

Nicolas Briançon joue l’avocat Garraud, qui défend brillamment le camp de la police et des victimes. 
Il jouait le méchant dans un de mes films, L’Avion. Lui aussi était évident pour moi. C’est un acteur au sens noble du terme ce qui est parfait pour jouer un avocat. Mais ils sont tous très bons. Stéphane Guérin-Tillié qui joue le président, Aurélien Chaussade qui joue l’avocat général… Ils ont des partitions très denses et s’en sortent remarquablement. 

Les deux autres avocats de Goldman sont aussi très bons, et Chloé Lecerf qui joue l’épouse de Goldman est bouleversante… 
J’ai le sentiment qu’elle défendait quelque chose au-delà du rôle, tout comme Arieh : un honneur, une histoire… Ce n’est pas rien de jouer une femme noire confrontée à la justice des Blancs. Maxime Tshibangu, qui joue Lautric, est également formidable, très émouvant, il fait partie de la troupe de théâtre de Joël Pommerat. Paul Jeanson, qui joue l’agent qui s’est fait tirer dessus, est tout aussi convaincant. Priscilla Martin, qui joue la jeune femme qui se fait rabaisser par Kiejman dans une séquence où passent le mépris de classe et la domination masculine, est incroyable également. Sa scène est un plan-séquence de six minutes. 
Jerzy Radziwilowicz, qui joue Alter Goldman, est venu exprès de Pologne pour faire ce film : il avait une seule scène et il est resté trois semaines sur une banquette ! J’imagine qu’il a accepté ce rôle, parce qu’il y avait un truc fort à défendre. Sa scène est la pierre angulaire du film. 
On a eu des acteurs qui viennent de tout horizons et un véritable effet de troupe. 

Les figurants qui n’ont pas de texte sont bons aussi. 
Oui. Ulysse Dutilloy, qui fait Jean-Jacques Goldman, a pris son rôle très au sérieux. La femme qui joue la belle-mère de Pierre Goldman, Ruth, est très émouvante, juste par les regards. Le groupe des Antillais, le sosie de Régis Debray, etc. Impossible de citer tout le monde, mais ils sont tous essentiels au film. 

Ce qui frappe, c’est que ce film très épuré, presque minimaliste, revêt pourtant une densité thématique extrêmement forte. 
Ce film parle de la justice, de sa complexité, il parle des enfants de la Shoah, de la condition noire, mais aussi des petits Blancs, ceux qui se sentent rabaissés, méprisés parce qu’ils n’ont pas les mots. Eux aussi ont le droit à leur vérité, au respect de ce qu’ils ont vécu. Je n’aime pas beaucoup les idées de Garraud, l’avocat des victimes, mais il faut reconnaître qu’il dit parfois des choses assez justes. Ce procès était un microcosme précis de la société française de l’époque, une époque où la justice était blanche et masculine, et d’une certaine manière rien n’a vraiment changé. »


« Le procès Goldman » de Cédric Kahn
France, 2023, 1 h 51 mn
Production : Moonshaker Films, Tropdebonheur Productions
Producteurs : Benjamin Elalouf
Scénario : Nathalie Hertzberg, Cédric Kahn
Image : Patrick Ghiringhelli
Montage : Yann Dedet
Avec Arieh Worthalter (Pierre Goldman), Arthur Harari (Maître Kiejman), Stéphan Guérin-Tillié (Le président), Nicolas Briançon (Maître Garaud), Aurélien Chaussade (L'avocat général), Chloé Lecerf (Christiane)
Sur Arte les 20 mai 2026 à 20 h 55, 07 juin 2026 à 0 h 40
Sur arte.tv du 20/05/2026 au 18/06/2026
Visuels : © Moonshaker


dimanche 17 mai 2026

Margarethe von Trotta

Née en 1942 à Berlin, Margarethe von Trotta est une actrice - 
Les Dieux de la peste (Götter der Pest) de Rainer Werner Fassbinder (1970), Un crime ordinaire (Die Moral der Ruth Halbfass) de Volker Schlöndorff (1972), La Traversée de l'Atlantique à la nage (Die Atlantikschwimmer) de Herbert Achternbusch (1976), Le Coup de grâce (Der Fangschuß) de Volker Schlöndorff (1976) -, scénariste et réalisatrice primée - L'Honneur perdu de Katharina Blum (Die Verlorene Ehre der Katharina Blum oder: Wie Gewalt entstehen und wohin sie führen kann) en collaboration avec Volker Schlöndorff (1975) et d'après un roman d’Heinrich Böll, Les Années de plomb (Die Bleierne Zeit, 1981), L'Amie (Heller Wahn, 1983), Rosa Luxemburg (Die Geduld der Rosa Luxemburg, 1986),  Les Années du mur (Das Versprechen, 1995), Vision – Aus dem Leben der Hildegard von Bingen (2009), Hannah Arendt (2012), À la recherche d'Ingmar Bergman (Auf der Suche nach Ingmar Bergman2018) - allemande. Elle représente une artiste majeure du nouveau cinéma allemand des années 1960-70 et du Frauenfilm des années 1970-1980. Arte diffusera le 20 mai 2026 à 22 h 50 « Les années de plomb » de Margarethe von Trotta Avec Jutta Lampe, Rüdiger Vogler, Barbara Sukowa, Luc Bondy.
  
Margarethe von Trotta est née en 1942 à Berlin (Allemagne) : son père est le peintre Alfred Roloff, et sa mère Elisabeth von Trotta est une aristocrate balte qui avait quitté la Russie après la Révolution bolchevique et avait du confier sa première fille à une institution en vue de son adoption car elle était très pauvre. Margarethe von Trotta grandit dans le Berlin en ruines de l'après-guerre auprès d'une mère célibataire apatride. Elle a longtemps eu le « passeport Nansen ».

A Paris, en 1961, durant ses études de philosophie, elle découvre le cinéma d'Ingmar Bergman, de la Nouvelle Vague, Nuit et brouillard de Resnais. Elle prend conscience de la dénazification incomplète en République fédérale d'Allemange (RFA), derrière le "miracle économique".

Après son baccalauréat, elle étudie les arts plastiques à Düsseldorf, puis la philologie des langues germaniques et romanes à Munich. Elle suit aussi des cours dans un conservatoire d'art dramatique. En 1964, elle se voit confier son premier grand rôle à Dinkelsbühl.

En 1964, elle épouse le scénariste Jürgen Moeller et obtient la nationalité allemande. Le couple a un fils, Félix et se sépare en 1970. 

Après Stuttgart, elle joue au Kleines Theater (Petit Théâtre) de Francfort de 1969 à 1970. 

Dans les années 1970, la nouvelle génération de réalisateurs allemands - Herbert Achternbusch, Reinhard Hauff, Rainer Werner Fassbinder, Alexander Kluge, Volker Schlöndorff, Wim Wenders, Werner Herzog - s'intéresse à cette jeune comédienne. En 1971, elle épouse le metteur en scène Volker Schlöndorff ; le couple divorce vingt ans plus tard.

Margarethe von Trotta écrit le scénario du film Le Coup de grâce, adapté du roman de Marguerite Yourcenar. Elle réalise avec Volker Schlöndorff, L’Honneur perdu de Katharina Blum.

En 1978, elle réalise son premier long-métrage, Le Second Éveil de Christa Klages. L'histoire du braquage d'une banque par trois amies pour aider une garderie menacée de fermeture. 

Dans ses films, Margarethe von Trotta fustige l'immobilisme politique allemand, la condition féminine dans une société patriarcale - LAmie (1983), Rosa Luxembourg, Hannah Arendt -, le passé nazi allemand et le terrorisme de la bande à Baader : trilogie formée par Les Soeurs en 1979, Les Années de plomb en 1981 et Trois Soeurs en 1988. Elle demeure fidèle à ses actrices fétiches : Barbara Sukowa qui vont de Hildegarde von Birgen.

« Les années de plomb »
Arte diffusera le 20 mai 2026 à 22 h 50 « Les années de plomb » (Die bleierne Zeit) de Margarethe von Trotta.

La réalisatrice s'inspire "du parcours de Gudrun Ensslin, jeune fille modèle devenue cofondatrice de la RAF, et de sa sœur journaliste pour décrire ce silence terrible qui régnait autour du passé nazi. « Les années de plomb » est une expression empruntée à [un poème de] Hölderlin ["Bleierne Zeit" ("époque de plomb")]  ; le plomb ne désigne pas les années des balles d'armes à feu, comme on le croit quelquefois, mais bien cette chape de plomb des années 1950. Ceux de ma génération ont vécu avec de la culpabilité et le sentiment d'être victimes à la fois. Je me considère moi-même comme une victime des bombardements, dus certes à ce que mon peuple avait provoqué, mais en tant qu'enfant on ne le sait pas. Dans le film, je mets un moment en parallèle les enfants berlinois qui s'abritent dans les caves et cette photo célèbre de la petite Vietnamienne brûlée au napalm qui court, horrifiée", a confié Margarethe von Trotta à Télérama (03 août 2013).

« De la fin de la guerre aux années 1970, Margarethe von Trotta dresse le bilan amer d’une génération qui bascule dans le terrorisme. Quand la reconstruction allemande veut oublier le nazisme, les enfants des "années de plomb" versent dans une violence tragique ». 
 
« Deux sœurs, nées pendant la guerre dans une famille rigoriste, dirigée d’une main de fer par un pasteur protestant, suivent des destins opposés. La farouche Juliane devient une journaliste féministe, quand la douce Marianne s’engage dans une voie de plus en plus radicale, qui la mène au terrorisme et à la prison. Ces événements dramatiques vont rapprocher les deux sœurs. »

« Dans l’après-guerre, l’Allemagne fédérale noie l’horreur de la période nazie dans une plongée à corps perdu dans l’économie capitaliste, la production frénétique étouffant alors les rares notes discordantes par l’abondance, le confort et la satiété. »

« Deux décennies plus tard, la génération issue de ces années-là, rongée de remords et traumatisée par une culpabilité obsessionnelle, remâche au quotidien la faute refoulée par ses parents, déchirée entre colère et attachement. »

« Cette approche de l’histoire allemande vue comme une tragédie familiale de la Grèce antique, Margarethe von Trotta (Rosa Luxemburg, Hannah Arendt) l’adapte aux relations entre deux sœurs, dont l’histoire s’inspire de celle de Christiane et Gudrun Ensslin, la cofondatrice avec Andreas Baader de la Fraction armée rouge. »

« L’autopsie de la culpabilité du peuple allemand qui a refoulé Hitler s’incarne ici dans le drame personnel de Juliane (Jutta Lampe), qui ne se pardonne pas d’avoir trahi sa révolte adolescente, ses idéaux, d’avoir délaissé son mari, puis son neveu, et surtout de ne pas avoir soutenu Marianne (Barbara Sukowa) dans son combat. »

« Mêlant grande et petite histoire, symboles politiques et névroses, ce portrait de famille pourrait être lourd de tout le pathos accumulé, si le jeu des deux actrices, grave et tendu, ne donnait avec force corps aux personnages, sans les écraser de la dimension polémique du sujet. »

Lion d’or, meilleures actrices (Jutta Lampe et Barbara Sukowa), Prix Fipresci et Prix du Nouveau cinéma, Mostra de Venise 1981 – Meilleure réalisation d’un film étranger, Prix David di Donatello 1981 – Meilleurs film et actrice (Barbara Sukowa), Prix du film allemand 1982  


« Rosenstrasse, Berlin 1943 »
Arte diffusa, dans le cadre d'un hommage à la réalisatrice, « Rosenstrasse, Berlin 1943 » (Rosenstraße) de Margarethe von Trotta. « Une jeune juive new-yorkaise (Maria Schrader) part rencontrer à Berlin la dame (Katja Riemann) qui a sauvé la vie de sa mère pendant la guerre... Dans une fresque historique soignée, Margarethe von Trotta retrace un épisode méconnu de la résistance allemande. » 

« À New York, Ruth Weinstein, qui vient de perdre son mari, réunit ses proches autour d’elle dans le respect strict du rituel funéraire de la religion juive. Découvrant par une parente des détails qu’elle ignorait sur l’arrivée de sa mère aux États-Unis après la guerre, sa fille Hannah essaie d’en apprendre davantage. » 

« Face au silence maternel, elle part à Berlin interroger Lena Fischer, celle qui, jadis, a sauvé la vie de Ruth. Descendante d’une famille aristocratique prussienne, Lena se remémore ses jours heureux avec Fabian, un violoniste juif qu’elle a épousé malgré l’opposition paternelle. Elle raconte aussi comment, en se rendant dans la Rosenstrasse, devant le bâtiment où son époux était détenu, elle a rencontré une fillette de 8 ans, dont la mère était emprisonnée là… » 

« Entre le 27 février et le 6 mars 1943, des dizaines d’épouses aryennes se sont rassemblées à Berlin devant le bâtiment du centre d’aide sociale juif du 2-4 de la Rosenstrasse, où leurs maris juifs étaient rassemblés avant d’être déportés. »

« Craignant que leurs protestations ne reçoivent le soutien de la population, alors que l’Allemagne venait d’être écrasée à Stalingrad, Goebbels remit en liberté les prisonniers ».

« Pour retracer cet épisode, longtemps resté méconnu en Allemagne, Margarethe von Trotta construit son récit par des allers-retours entre présent et passé, les souvenirs émouvants d’une vieille dame (Katja Riemann) répondant à la quête d’une jeune New-Yorkaise (Maria Schrader) ».

« Par le prisme de destins individuels fracassés par la folie du nazisme, la cinéaste rend hommage au courage d’une poignée de femmes qui ont fait plier le IIIe Reich. » 

Meilleur film européen, Prix David di Donatello et Golden Globes Italie 2004 – Meilleure image, Prix du film bavarois 2004 – Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine (Katja Riemann), prix Unicef et rix Signis, Mostra de Venise 2003

Meilleur film européen, Prix David di Donatello et Golden Globes Italie 2004 – Meilleure image, Prix du film bavarois 2004 – Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine (Katja Riemann), prix Unicef et prix Signis, Mostra de Venise 2003


"Hannah Arendt", par Margarethe von Trotta
Dans Hannah Arendt, Margarethe von Trotta "restitue avec rigueur l'engagement intellectuel d'Hannah Arendt, campée par une Barbara Sukowa magistrale. Datant de 2012, un film qui a remporté à sa sortie un grand succès inattendu".

"Installée aux États-Unis en 1951 après avoir dû quitter, avant-guerre, l'Allemagne hitlérienne, la philosophe Hannah Arendt tient une place importante au sein de l'université américaine. Autour d'elle et de son mari, Heinrich Blücher, l'ancienne élève de Martin Heidegger réunit un cercle d'amis fidèles et de brillants intellectuels. En 1960, le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann est enlevé à Buenos Aires par les services secrets israéliens. Ramené en Israël, il va y être jugé pour ses crimes. Pendant de longs mois, Hannah Arendt couvre son procès à Jérusalem pour le magazine américain The New Yorker. Ses articles, puis son livre Eichmann à Jérusalem – Rapport sur la banalité du mal, autour de celui qui fut l'un des principaux organisateurs de la "solution finale" déclenchent une violente polémique…"

"Se focalisant sur les répercussions du procès d'Eichmann sur l'œuvre et la vie personnelle de Hannah Arendt, Margarethe von Trotta (L'honneur perdu de Katharina Blum) restitue avec une grande lisibilité les enjeux de l'une des plus vives controverses intellectuelles de la seconde moitié du XXe siècle".


"Après l'avoir déjà dirigée dans Les années de plomb et Rosa Luxemburg, c'est à Barbara Sukowa qu'elle confie le rôle-titre. Cette dernière incarne avec ferveur les questionnements d'une intellectuelle guidée avant tout par la passion de comprendre".



« Les années de plomb » de Margarethe von Trotta
Allemagne, 1981, 1 h 46
Production : Bioskop Film
Producteur : Eberhard Junkersdorf
Scénario : Margarethe von Trotta
Image : Franz Rath
Montage : Dagmar Hirtz
Musique : Nicolas Economou
Avec Jutta Lampe (Juliane), Rüdiger Vogler (Wolfgang), Barbara Sukowa (Marianne), Doris Schade (la mère ), Verenice Rudolph (Sabine), Luc Bondy (Werner), Samir Jawad (Jan, à l'âge de 4 ans), Patrick Estrada-Pox (Jan, à l'âge de 10 ans)
Sur Arte le 20 mai 2026 à 22 h 50
Sur arte.tv du 20/05/2026 au 18/06/2026
Visuels : © 1981 Bioskop-Film/Alle Rechte vorbehalten, DR

« Rosenstrasse, Berlin 1943 » de Margarethe von Trotta
Allemagne, Pays-Bas, 2003, 129 minutes
Scénario : Pamela Katz, Margarethe von Trotta
Production : Studio Hamburg, Letterbox Filmproduktion, Tele München, Get Reel Productions
Producteurs : Henrik Meyer, Richard Schöps, Markus Zimmer
Image : Franz Rath
Montage : Corina Dietz
Musique : Loek Dikker
Avec Katja Riemann (Lena Fischer, 33 ans), Maria Schrader (Hannah Weinstein), Jürgen Vogel (Arthur von Eschenbach), Martin Feifel (Fabian Israel Fischer), Jutta Lampe (Ruth Weinstein), Doris Schade (Lena Fischer, 90 ans), Fedja van Huêt (Luis Marquez), Lena Stolze (Miriam Süßmann)
Sur Arte le 21 février 2022 à 22 h 45
Sur arte.tv du 14/02/2022 au 20/02/2022

Hannah Arendt, par Margarethe von Trotta
France, Allemagne, Luxembourg, 2012, 107 min
Image : Caroline Champetier
Montage : Bettina Böhler
Musique : André Mergenthaler
Production : Heimatfilm, Amour Fou Luxembourg, MACT Productions, Sophie Dulac Productions, Metro Communications, ARD Degeto, BR, WDR
Producteur/-trice : Bettina Brokemper, Johannes Rexin
Scénario : Pam Katz, Margarethe von Trotta
Avec Barbara Sukowa, Axel Milberg, Julia Jentsch, Ulrich Noethen, Michael Degen, Janet McTeer, Klaus Pohl
Sur Arte le 1 février 2017 à 20 h 55
Sur OCS City les 16 octobre 2017, 25 mars 2020 à 14 h 40, 29 mars 2020 à 00 h 45 et 30 mars 2020 à 07 h 05
Visuels : © Véronique Kolber, Heimatfilm 


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Les citations sur les documentaires sont d'Arte. Cet article a été publié le 20 février 2022.