Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 23 août 2026

Henri Touitou, peintre et écrivain

Henri Touitou est un peintre de tableaux non figuratifs, et auteur des livres Ce temps qui me sépare de Biskra (Editions d'écarts, 2013) et Seule, Biskra (Editions Unicité, 2020), récits inspirés de son enfance en Algérie, alors composée de départements français, et du recueil de poésies Cette absenceDes compositions picturales souvent structurées en ouvertures rectangulaires  et au style fluide, léger. Des acryliques d’où émanent allégresse, légèreté, humour, harmonie et quiétude. A La Ferté-Loupière, Acanthe Village d'Artistes propose l'exposition de tableaux du peintre Henri Touitou.


« Je pratique une peinture du non-récit qui dissimulerait, presque malgré moi, les souvenirs d’un passé, comme dissimulé dans les tréfonds de toutes mes interrogations, de ma mémoire. En travaillant par transparence, strates successives jusqu’à l’effacement parfois, je m’acharne à produire un travail épidermique dans le seul but d’installer l’émotion. J’explore des murs pour tenter mettre au jour des traces enfouies au plus profond de la matière et de la surface de la toile », explique Henri Touitou.

Henri Touitou est né en 1946, dans une famille juive traditionaliste à Biskra (Algérie). Il réunit ses souvenirs dans deux livres publiés en 2013 par les éditions d'Ecart sous le titre Ce temps qui me sépare de Biskra et en 2020 par les éditions Unicité sous le titre Seule, BiskraExtrait du livre :
« Encore pétri de rêves récurrents d’adolescent, j’étais dans l’attente du retour dans ce monde premier, essentiel.
Ce retour à Biskra, au risque de m’y perdre.
Biskra, trop longtemps immensément silencieuse, comme en errance dans mes pensées désolées.
Ce retour, avec cet appétit apeuré, menacé par les ombres bleues d’un au-delà redouté, et les pensées fragiles, flétries, d’une histoire mythifiée par les doutes et les années .Comme figées dans un moment d’éternité suspendue. Plus de cinquante ans après le départ et à l’instant du retour j’étais dans la poétique de l’incertitude et des larmes usées de silence et de ruades émotionnelles mal comprises.
Je me trouvais dans la variabilité des sautes du temps à la fois présent et rêvé, face à un retour transcendé en évidences bouleversantes, en réponses intimes aux grimaces de la vie.
Me voici revenu de tous mes combats contre les vides, les murmures oubliés jusqu’au silence. »
Vers 13 ans, cet « amoureux des images découvre » la photographie.

Il arrive en France en 1962. « On est du pays de son enfance » (Saint-Exupéry), une citation parmi d’autres qui indique l’effet boomerang de ce départ.

Après des études de photographie à l’INEP (Marly le Roi), il débute comme photographe expérimental et réalisateur de courts métrages. Il s’intéresse alors aux vieux murs, sur lesquels demeuraient des marques du passé : affiches déchirées, graffitis, etc.

Il suit les cours du graveur Zwy Milsthein et s’oriente vers la peinture dans les années 1980.

Son style, cet autodidacte l’a trouvé dès ses débuts. Des tableaux abstraits, sans narration, sans message. Une gamme chromatique qui affectionne le bleu ciel quadrillé de lignes verticales et horizontales. Des touches vives – rouge, jaune – et sombres (bleu foncé, noir) ponctuent l’ensemble qui inspire l’apaisement, la légèreté. Rarement le marron et le vert : « Je n’ai pas trouvé un beau vert », confie cet homme ironique. A l’image des couches fines, témoignages du travail successif du peintre. Son refus d’être directif s’exprime dans l’absence de titres.

« L’abstraction, tout comme la nature, est riche de tous les possibles. La vision globale de la nature, passée au crible de l’imagination de l’artiste, se trouve sublimée et non plus assujettie. L’abstraction produit, mais ne reproduit pas. Elle est une sorte de rébus figuratif inscrit dans la nature. A nous de l’en abstraire. On trouve souvent dans mes tableaux les traces d’un passé outre-mémoire. Traces comme des signes gravés sur de vieux murs où se seraient fossilisées des histories de vie. Pour l’artiste, l’enfance est indéniablement le premier substrat », explique Henri Touitou.

Henri Touitou expose en France, en Belgique, Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Israël, aux Etats-Unis et à Hong-Kong.

Ses œuvres figurent dans des collections publiques (Ville de Clichy, Aéroport de Paris, etc.) et privées. En 1997, une d’elles, au style de Mondrian, décore les bouteilles d’une cuvée spéciale de Lalande-de-Pomerol du Domaine de Viaud en 1997.

Henri Touitou est tenté par un retour à la photographie.

Des allures de palimpsestes
« Je cherche avant tout l’émotion, la vibration... Ma peinture est faite de renoncements successifs, de va-et-vient incessants entre le visible et l’invisible. L’abstraction est riche de tous les possibles. Je produis. Je ne reproduis pas. On trouve souvent dans mes tableaux les traces d’un passé outre-mémoire. Comme des signes gravés sur de vieux murs où se seraient fossilisées des histoires de vie », explique cet artiste non directif, qui refuse les titres à ses œuvres.

L’inspiration, c’est Rothko, ou Nicolas de Staël, dans des tonalités et des subtilités graphiques différentes, et Matisse dont Henri Touitou admire le talent de coloriste.

Cet artiste peint, efface, corrige, etc. Il « travaille vite, mais incube longtemps ». Son « écriture » est ordonnée, équilibrée, suggestive et légère, dans un nuancier chromatique doux. Ce sont de petits signes, des renoncements successifs et des restes précisés, des sédiments ou strates mémoriels et de minuscules reliefs. Telle une archéologie de souvenirs, les couches très fines superposées révèlent les repentirs de cet artiste. C’est son « tonneau des Danaïdes », ironise ce mélomane...

Les caractéristiques de ses œuvres aux allures de palimpsestes ? Sur un fond azuré, des fenêtres, des espaces rectangulaires, verticaux ou horizontaux. Des rayures verticales et horizontales strient l’espace. L’ensemble est composé de minuscules formes variées. De l’insertion délicate de l’infiniment petit flottant dans l’immensité naît une grâce et une délicatesse touchante. En fait, c’est une incitation à des aller-et-retour entre le général et le particulier dont on remarque des détails, des formes de taille variée, et interprétables à volonté. Henri Touitou invite à l’imagination. Ce qui est souligné par le refus des titres. Ces grands carrés cachent-ils ou révèlent-ils ? Percent-ils un brouillard ou s’enfoncent-ils dans la brume, tels des souvenirs émergeant des tréfonds de la mémoire ? Dialoguent-ils ?

Ses œuvres abstraites privilégient une gamme chromatique douce, apaisante. L’artiste recherche « l’émotion, la vibration, l’équilibre » en une « écriture légère, ordonnée et toute de suggestion ». Émanent de ses œuvres le calme, l’harmonie, l’équilibre et l’impression d’un temps suspendu.

Les coulures ? Henri Touitou « les laisse quand elles s’intègrent. Il n’y a pas d’œuvre d’art sans la participation du hasard ».

Henri Touitou semble amorcer une double évolution. D’une part, il élargit sa gamme chromatique en nuances de bleu profond, plus chaud, plaisant. D’autre part, il insuffle plus d’espaces entre les formes démultipliées, et les distribue en cercle, créant ainsi des volutes fleuries épanouies, animées. Dans des œuvres à la limite du figuratif et de l’abstraction, on croit distinguer des danseurs, une avenue bordée d’arbres, un voilier voguant sur la mer…

Invité par Sylvie Hauser, conseillère en communication artistique, dans cet espace parisien clair, mais vitré, Henri Touitou, actif sur Facebook, était présent tous les samedis de 15 à 18 h.

En octobre 2012, la Galerie Mediart Art du vivant a présenté l'exposition Anti-Mémoire - Peintures, des nouveaux tableaux – petits et moyens formats - non figuratifs d'Henri Touitou. En 2013-2014, ele présentera une exposition de tableaux d'Henri Touitou. Ce peintre a publié en 2013 Ce temps qui me sépare de Biskra, un récit inspiré de son enfance en Algérie. Lors du vernissage le 22 décembre 2013 à 15 h, Henri Touitou y a signé son livre dont des extraits ont été lus par la comédienne Marie Matin. L'artiste est présent tous les jours dans la galerie.

En 2013-2014, la Galerie Mediart L'Art du vivant  a présenté une exposition de nouveaux tableaux – petits et moyens formats - non figuratifs d'Henri Touitou. Le 26 janvier 2014 à 16 h, Henri Touitou y signera son livre dont des extraits seront lus par la comédienne Marie Matin.


L'Espace Beaujon a présenté jusqu'au 28 mars 2014 une exposition de près de vingt tableaux -  petits et moyens formats - non figuratifs d'Henri Touitou. Aux côtés des œuvres "classiques", l'artiste s'est amusé à modifier la disposition de ses créations colorées, s'est plu à jouer avec le rythme des motifs colorés. Parfois, il rompt cette sarabande de formes en affirmant un grand rectangle, tel un volume imposant d'une série qui se poursuit dans un autre tableau. Allégresse, légèreté, élégance, bonheur, humour - Henri Touitou s'est diverti, et nous divertit en nous adressant des clins d'yeux. La maîtrise d'un style qui semble se parodier pour mieux se renouveler, nous surprendre et nous ravir. Un régal pour les yeux et l'esprit ! Un bonheur rare et communicatif.

Cet artiste a déclaré : "Les recherches, dans l’abstraction, sont sans doute, moins visibles immédiatement.  Mais tout aussi essentielles et significatives pour moi.  J’aime ce principe d’incertitude du geste et de la forme.  En fait, là où l’on pense qu’il n’y a rien, se dissimule pour moi, toute la mémoire du monde.  De mon monde.  Je pratique une peinture du non-récit qui  dissimulerait, presque inconsciemment,  les souvenirs  d’un passé, comme dissimulé dans les tréfonds de toutes mes interrogations, de ma mémoire.  En travaillant par transparence, strates successives jusqu’à l’effacement parfois.  Je m’acharne à produire un travail épidermique dans l’espoir d’installer l’émotion.  J’explore, je m’aventure sur la toile comme je le ferai sur des murs, pour tenter de mettre au jour des traces enfouies au plus profond de la matière et de la surface de la toile".

Le peintre Henri Touitou a présenté et signé Ce temps qui me sépare de Biskra (éditions d'écarts, 2013), récit inspiré de son enfance en Algérie, à la galerie Mediart L'art du vivant, le 30 avril 2014, de 18 h à 21 h.

Le 28 septembre 2014, à 6 h 33, 13 h 33 et 19 h 33,  le peintre Henri Touitou a été interviewé sur son livre "Ce temps qui me sépare de Biskra" par Corinne Mandjou de RFI (89 FM).

Du 22 au 30 janvier 2015, la Galerie Médiart a présenté une exposition de peintures non figuratives d'Henri Touitou et son livre Ce temps qui me sépare de Biskra (éditions d'écarts, 2013), récit inspiré de son enfance en Algérie".

La 14e édition d'Art-Cité présenta, à Fontenay-sous-bois, une exposition collective de 104 artistes, dont Henri Touitou. "La thématique retenue pour cette édition est : Les Sources qui ont inspiré les œuvres et instruit les artistes. « Voilà l’affaire ! On ne sait pas d’où ça vient, mais ça coule de source au bout d’un temps, ça fait fluide, sang dans les artères, poche, glande et flux, la vie quoi… On y croit sans preuve ! C’est là ! », suppose le poète Patrice Cazelles. En effet, comment remonter à la genèse qui a fait œuvre ? Existe-t-il une mémoire des artistes de cette impérieuse nécessité ? La naissance du processus créatif ne s’érode-t-il pas dans le temps avec lequel les techniques et les savoir-faire se superposent ?" Réception de clôture le 31 octobre 2015, 17 h à la Maison du citoyen.  

La  Galerie Mediart présenta une exposition de collages, de petits formats papier ainsi que d'objets de Henri Touitou.


La maison A.C. Meukow proposa une exposition de tableaux récents de Henri Touitou.

La galerie Mediart présenta une exposition de tableaux récents de Henri Touitou, L'oeuvre illustrant le carton d'invitation fait penser à une sarabande, aux danseurs de Matisse. Une allégresse en mouvements que semblent observer des personnages immobiles peints dans la partie inférieure du tableau. Le tout, sur un fond lumineux bleu.

Henri Touitou "présente régulièrement son travail à la galerie Médiart depuis 1989. Depuis ses débuts il pratique une peinture informelle. Sa technique est basée sur la superposition de couches, strates où se révèlent des formes et couleurs que chacun interprétera à sa guise. Il travaille patiemment sa toile où rien n’est du au hasard". « Les recherches, dans l’abstraction, sont sans doute, moins visibles immédiatement, mais tout aussi essentielles et significatives pour moi. J’aime ce principe d’incertitude du geste et de la forme. En fait, là où l’on pense qu’il n’y a rien, se dissimule pour moi, toute la mémoire du monde. De mon monde. Je pratique une peinture du non-récit qui dissimulerait, presque inconsciemment, les souvenirs d’un passé, comme enfouis dans les tréfonds de toutes mes interrogations, de ma mémoire. En travaillant par transparence, strates successives jusqu’à l’effacement parfois. Je m’acharne à produire un travail épidermique dans le but de susciter l’émotion. J’explore, je m’aventure sur la toile comme je le ferai sur des murs, pour tenter de mettre au jour des traces enfouies au plus profond de la matière et de la surface de la toile », a déclaré  Henri Touitou.

A Paris, la galerie Mediart a proposé une exposition de petits et moyens formats du peintre Henri Touitou

Des éléments vifs ou sombres semblent affleurer, remonter vers une surface qui se fissure pour les laisser apparaître.

Le 28 novembre 2017, à 19 h, au Centre communautaire de Neuilly-sur-Seine, Henri Touitou évoqua Biskra, sa ville natale, et a dédicacé son livre.

Henri Touitou a aussi signé "Cette absence", "un recueil de poésie pensé, comme une élégie écrite en hommage à son frère Théodore décédé il y a quelque années".

La Galerie Mediart présenta l'exposition de peintures, d'objets et de collages de cet artiste. Vernissage le 27 mars 2018 de 17 h à 21 h et à 19 h la comédienne Marie Matin lira des extraits du recueil "Cette absence" d'Henri Touitou.

L'Espace Christiane Peugeot présenta l'exposition "Itinéraires art contemporain".

Lors de l’exposition "Louvre, y es-tu ? " de Béatrice Nodé-Langlois à la Mairie du Ier arrondissement de Paris - 4, place du Louvre, 75001 Paris -, Henri Touitou, peintre et poète, dédicaça son livre les samedis 16 et 23 novembre de 10 h à 12 h 30.

A la Mairie du XIIIe arrondissement de Paris, l'exposition collective "Naître, Dénaître, Renaître" organisée par Itinéraires Art contemporain présenta les oeuvres de 34 artistes peintres et plasticiens, dont les tableaux de Henri Touitou.

Le 24 octobre 2020, à partir de 15 h, Henri Touitou se trouvait à la Librairie "La Lucarne des  Ecrivains" pour la présentation et la signature de son livre "Seule, Biskra", 115 rue de l'Ourcq 75019 Paris.

"Encore pétri de rêves récurrents d'adolescent, j'étais dans l'attente du retour dans ce monde premier, essentiel. Ce retour à Biskra, au risque de m'y perdre. Biskra, trop longtemps immensément silencieuse, comme en errance dans mes pensées désolées. Ce retour, avec cet appétit apeuré, menacé par les ombres bleues d'un au-delà redouté, et les pensées fragiles, flétries, d'une histoire mythifiée par les doutes et les années .Comme figées dans un moment d'éternité suspendue. Plus de cinquante ans après le départ et à l'instant du retour j'étais dans la poétique de l'incertitude et des larmes usées de silence et de ruades émotionnelles mal comprises. Je me trouvais dans la variabilité des sautes du temps à la fois présent et rêvé, face à un retour transcendé en évidences bouleversantes, en réponses intimes aux grimaces de la vie. Me voici revenu de tous mes combats contre les vides, les murmures oubliés jusqu'au silence".

La Galerie Le Génie de la Bastille proposa une exposition collective avec des tableaux d'Henri Touitou. Vernissage le 16 décembre 2021 à partir de 18 h.

Le 4 juin 2022, à partir de 15 h, dans le cadre du Salon Quartier du Livre, Henri Touitou présenta son livre "Seule, Biskra" à la Mairie du Ve arrondissement de Paris, 21 place du Panthéon – 75005 Paris.

Le Génie de la Bastille proposa l'exposition "
Les MINIS. Exposition collective des artistes du Génie de la Bastille", "sur le thème des petits formats d’Hiver.  A l'occasion des fêtes de fin d'année, 52 artistes de notre association investissent la galerie d'une multitude d'oeuvres de petits formats, lors de cet événement annuel qui convie toutes les disciplines : peinture, photo, installation, dessin, sculpture, gravure…  Sur les murs, au plafond, dans les vitrines, sur les socles ou dans les bacs "façon disquaire", venez dénicher l’oeuvre qui vous correspond ! Vernissage le 15 décembre 2022 à partir de 18 h.
   
Les artistes :
Arysque / Mee-Young Arkim / Marie-Jeanne Avgerinos / Marie Barbé /
Annie Barel / Nadya Bertaux / Franck Bertran / François Bossière /
Odile Bouxirot / Marko Brajovic / Alain Cabot / Vincent Carpentier /
Pascale Carrier / CEHEL / Jean Chazy / Julia Chevalier Polak /
Corine Sylvia Congiu / Michel Dambrine / Barbara Debard /
Lino de Giuli / Alexandra de Lapierre / Do Delaunay / Carole Delaye /
Sophie Déprez / Christiane Dujon / Christophe Gibourg / Edith Hof /
Philippe Jacquard / Catherine Jonville / Solange Jungers /
Christine Lacour / Jean-Jacques Lapoirie / Suzanne Larrieu /
Laurence Le Moyec / Danielle Loisel / Mary-Boo / Tracy Mead /
Anne Meunier-Bartoli / Pierre Millotte / Philippe Monnet / Istvan Nayg /
Rainer Negrelli / Florence Pages / PLAF / POLSKA /
Carol Riu / Marcel Roger / Yuriko Sakishima / Henri Touitou /
Xecon Uddin / VEROG / Password Yeltes

Du 6 au 18 juin, la Galerie du Génie de la Bastille a accueilli l’exposition « Abstraction croisées » de Géraldine Creusot-Berthelot et Henri Touitou. Vernissage : jeudi 8 juin à partir de 18 h. Finissage : dimanche 18 juin à 18 h.

« Les recherches, dans l’abstraction, sont sans doute, moins visibles immédiatement mais tout aussi essentielles et significatives pour moi. J’aime ce principe d’incertitude du geste et de la forme. Là où l’on pense qu’il n’y a rien, se dissimule pour moi, toute la mémoire du monde. De mon monde. »
 
GÉRALDINE CREUSOT-BERTHELOT
« Ses œuvres sont basées sur le travail de la lumière, de la puissance, de la spiritualité. La préparation de ses supports de tissus cousus en reliefs la plonge petit à petit dans un corps à corps avec la toile. Les coups de brosses sauvages, les tissus pétris à la main, les pigments jetés, les gestes parfois violents, les couleurs chaudes, les noirs animés, la spontanéité et les jus qui éclaboussent et salissent,  font partie de son écriture, de son univers pictural et représentent l’expression de sa réalité intérieure. Elle évoque au travers de cette peinture spontanée et forte, ses sentiments profonds, les souvenirs fragiles de son enfance, ses douleurs enfouies, ses révoltes, souffrances,  violences et agitations… »

Au cœur de Paris, La Belle Hortense a  accueilli l'exposition de peintures d'Henri Touitou.

A La Ferté-Loupière (Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté), Acanthe Village d'Artistes propose l'exposition de tableaux du peintre Henri Touitou.

"Initialement photographe, il pratique maintenant une peinture abstraite et gestuelle "du non récit" en travaillant les strates, les transparences et la matière pour transmettre des émotions profondes."

Cet artiste a expliqué :
"Mes recherches, dans l’abstraction, sont sans doute, moins visibles immédiatement mais tout aussi essentielles et significatives pour moi.
J’aime ce principe d’incertitude du geste et de la forme. Là où l’on pense qu’il n’y a rien, se dissimule pour moi, toute la mémoire du monde, de mon monde. Je pratique une peinture du non-récit qui dissimulerait, presque inconsciemment, les traces d’un passé comme enfouis dans les tréfonds de mes interrogations, de ma mémoire. En travaillant par transparence, strates successives jusqu’à l’effacement parfois.
Je m’acharne à produire un travail épidermique dans l’espoir de procurer une émotion. J’explore, inlassablement la toile, je griffe, je gratte comme je le ferai sur des murs, pour tenter de mettre au jour des empreintes enfouies au plus profond de la matière et de la surface du tableau."


Henri Touitou, Ce temps qui me sépare de Biskra. Editions d'Ecart, 2013. 123 pages. 15 euros. EAN :  9 782919 121137

Henri Touitou,   "Seule, Biskra". Editions Unicité, 2020. 128 pages. 15 euros. ISBN/EAN : 978-2-37355-425-0
Signature le 24 octobre 2020, dès 15 h, à la Librairie "La Lucarne des  Ecrivains"115 rue de l'Ourcq 75019 Paris.


Du 22 août au 20 septembre 2026
16, rue Pierre de Courtenay. 89110 La Ferté-Loupiière
Tél. : +33 (0)3 86 73 14 24
Du mardi au samedi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30. Fermé les lundis.
Dimanche de 10h30 à 12 h 30 et de 15 à 18 h.

Du 6 juin au 27 juillet 2024
A la Belle Hortense
31 rue Vieille du Temple. 75003 Paris
Téléphone : 01 48 04 71 60
Du mercredi au dimanche de 17 h 30 à 02 h 00


Du 6 au 18 juin 2023. Vernissage : jeudi 8 juin à partir de 18 h. Finissage : dimanche 18 juin à 18 h
Du 13 décembre au 1er janvier 2023. Vernissage le 15 décembre 2022 à partir de 18 h.
Du 14 au 26 décembre 2021. Vernissage le 16 décembre 2021 à partir de 18 h
126, rue de Charonne – 75011 Paris
Tél. : 09 51 30 99 63
Du mardi au dimanche de 14 h à 20 h

Du 9 au 13 décembre 2019
A la Mairie du XIIIe arrondissement de Paris
1, place d'Italie. 75013 Paris
Tél. : 01.44.08.13.13 
Du lundi 9 au vendredi 13 décembre 2019 de 9 h à 17 h. Jeudi de 9 h à 19 h 30

Du 3 au 15 octobre 2018. Vernissage le 4 octobre 2018 de 18 h à 21 h

l'Espace Christiane Peugeot 

62, avenue de la grande Armée. 75017- Paris
Tous les jours de 12 h à 20 h

Du 8 au 30 septembre 2016

A la maison Meukow

26, rue Pascal Combeau. 16100 Cognac
Tél. : 0033 (0)545823210
Vernissage le 8 septembre 2016 de 18 h à 21 h.

Du 27 mars au 3 avril 2018. Fermé le 1er avril 2018. Vernissage le 27 mars 2018 de 17 h à 21 h et à 19 h la comédienne Marie Matin lira des extraits du recueil "Cette absence" d'Henri Touitou.
Du 29 juin au 29 juillet 2017. Vernissage le 29 juin 2017 de 18 h à 21 hOuverture exceptionnelle uniquement les jeudi, vendredi, samedi de 15 h à 20 h
Du 20 avril au 6 mai 2017. Finissage le 6 mai 2017 de 16 h à 19 h.
Du 1er au 31 octobre 2015. Réception de clôture le 31 octobre 2015, 17 h à la Maison du citoyen.
Du 27 avril au 7 mai 2016. Vernissage le 27 avril 2016 de 18 h à 21 h.
Du 22 au 30 janvier 2015. Vernissage le 24 janvier 2014 à partir de 16 h.
109, rue Quincampoix. 75003 Paris
Tous les jours,  sauf le dimanche 1er mai, de 14 h à 19 h

Le 30 avril de 18 h à 21 h, nouvelle séance de présentation et de signature de Ce Temps qui me sépare de Biskra (éditions d'écarts).Du 22 décembre 2013 au 4 janvier 2014
Du 23 octobre au 10 novembre 2012
A la galerie Mediart L'art du vivant

109, rue Quincampoix, 75003 Paris
Tél. : 01 42 78 44 93
Tous les jours de 14 h à 19 h, sauf les 25 et 29 décembre 2013 et 1er janvier 2014
Vernissage les 22 décembre 2013 de 15 h à 19 h, 23 octobre 2012 de 18 h à 21 h 30

Du 17 au 28 mars 2014
A l'Espace Beaujon

208, rue du faubourg Saint-Honoré. 75008 Paris
Tél. : 01 42 89 17 32
Les lundi, mardi, jeudi de 10 h à 21 h 30. Les mercredi et vendredi de 9 h à 21 h 30. Les soirs de spectacles le centre ferme ses portes à 23 h.
Vernissage le 19 mars 2014 de 18 h à 21 h

Du 8 au 17 mai 2011
A La Petite Galerie
35/37, rue de Seine. 75006 Paris
Tél. : 01 40 51 85 54
Du lundi au dimanche de 13 h à 19h
Vernissage le 12 mai 2011 à partir de 18 h 30

Jusqu’au 16 octobre 2010
A l’hôtel Méridien Montparnasse
Serre Aragon (niveau A)
19, rue du Commandant Mouchotte, 75014 PARIS
Entrée libre


Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié pour la première fois le 2 octobre 2010, republié les 7 mai 2011, 1er novembre 2012, 18 octobre et 19 décembre 2013, 14 janvier, 18 mars, 29 avril et 27 septembre 2014, 20 janvier et 7 octobre 2015, 25 avril et 8 septembre 2016, 5 mai et 27 juin 2017, 28 mars et 14 octobre 2018, 15 novembre 2019, 21 octobre 2020, 14 décembre 2021, 14 décembre 2022, 6 juin 2023.

vendredi 21 août 2026

Lalo Schifrin (1932-2025)

Lalo Schifrin (1932-2025) était un compositeur prolifique, arrangeur, pianiste et chef d'orchestre argentino-américain. Formé à la musique classique, notamment au Conservatoire de musique de Paris, il s'oriente vers le jazz et, dans les années 1960, vers la composition de musique de films 
(Bullitt, L'Inspecteur Harry, Opération dragon…) ou séries télévisées (Mission impossible, Mannix, Starsky et Hutch, etc.) qui le rendent célèbre. Lalo Schifrin a été une "passerelle artistique" entre diverses formes de musique : du classique au jazz, via des rythmes d'Amérique latine. Arte diffuse sur son site Internet « Lalo Schifrin : Mission : Impossible, Mannix...  », concert filmé le 3 février 2023 dans l’Auditorium de Radio France à Paris, et « Les B.O. de Lalo Schifrin » de Thierry Jousse.

Paul Dessau (1894-1979)
Saleem Ashkar
Daniel Barenboim  
« Requiem pour la vie », de Doug Schulz

Boris Claudio « Lalo » Schifrin (1932-2025) était né à Buenos Aires (Argentine) dans une famille d'artistes : son père juif Luis était premier violon et chef du prestigieux orchestre philharmonique de l'opéra de Buenos Aires (Argentine), le Teatro Colón, et son oncle était violoncelliste. « Ma grand-mère allait à la synagogue et parfois j’y allais aussi, mais mon père n’avait pas le temps car il était toujours occupé par la musique », avait-il confié. Il décrivait sa mère Clara (née Slifquin), issue d’une famille de musiciens, comme « une mère formidable, une maîtresse de maison exemplaire ». Du côté maternelle, "il y avait des origines mi-juives, mi-catholiques, mais, expliqua-t-il, sa mère « s'est convertie au judaïsme ». Il y avait une pointe d'agacement dans sa voix lorsqu'il évoqua comment un oncle et une tante de sa famille maternelle avaient un jour tenté de le convertir au catholicisme."

Il commença le piano à cinq ans et étudia avec Enrique Barenboim, père du chef d’orchestre et pianiste de concert Daniel Barenboim .

Âgé de 9 ans, il interprète la « Rhapsody in Blue » de Gershwin au Teatro Colón, sous la direction d'Erich Kleiber.

Curieux, il découvre secrètement le tango et devient cinéphile par attrait aussi pour la bande-son des films. 

Adolescent, il se forme au Colegio Nacional de Buenos Aires et se passionne pour le jazz." Il décrivit l'écoute de Louis Armstrong, Fats Waller, Charlie Parker et Dizzy Gillespie comme « une véritable conversion… ce fut le chemin de Damas ».

Parallèlement à ses études en Droit et Sociologie, Lalo Schifrin a pour professeur de piano Andreas Karalis, ancien directeur du Conservatoire de Kiev (Ukraine), puis de composition Juan Carlos Paz.

En 1952, Lalo Schifrin réussit, au consulat français de Buenos Aires, le concours d'entrée du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, et bénéficie d'une bourse d'études pour continuer ses études à Paris. Là, tout en étudiant auprès notamment d'Olivier Messiaen et Charles Koechlin, il gagne sa vie en jouant dans des orchestres de jazz, en particulier au Club Saint Germain. Il joue aussi avec son concitoyen Astor Piazzolla. Il apprécie les rythmes cubains, alors en vogue, et les intègre dans son style de jazz. Il fréquente aussi la Cinémathèque française.

Il débute comme pianiste de jazz et compositeur pour le label d'Eddie Barclay, et arrangeur musical pour RCA France. Il enregistre des disques de musique latine pour les disques Vogue ou le label d'Eddie Barclay.

En 1955, Lalo Schifrin représente l’Argentine au Festival international de Jazz de Paris. 

En 1956,  Lalo Schifrin, de retour en Argentine pour « des raisons familiales et économiques », fonde, avec quinze autres musiciens dont Gato Barbieri, son orchestre de jazz invité à la radio et la télévision argentines. Et il compose deux musiques de film, dont celle d'El Jefe de Fernando Ayala, distingué par le Prix du meilleur film argentin.

"Après avoir assisté à un concert donné par Dizzy Gillespie et l'orchestre du Département d'État à l'ambassade des États-Unis à Buenos Aires, il joua avec son propre orchestre lors d'un dîner en l'honneur de Gillespie. Ce dernier l'invita à venir aux États-Unis". Au bout de deux ans, Lalo Schifrin obtient enfin un visa pour les Etats-Unis et se rend à New-York en septembre 1958. Durant cette attente, l'orchestre de musique latine « populaire » de Xavier Cugat le recrute comme pianiste remplaçant et arrangeur. Ce n'est qu'en 1959 que la Fédération américaine des musiciens l'autorise à être pianiste du quintette de Dizzy Gillespie (1960-1962). Lalo Schifrin écrit pour Gillespie des pièces ou arrangements pour grandes formations ; un travail couronné par le succès du disque Gillespiana (1960), nommé aux Grammy Awards, puis de The New Continent (1962). Epuisé par les tournées avec Dizzy Gillespie, Lalo Schifrin met un terme à sa collaboration à la fin 1962.

Selon l'auteur Matthew Karush, Lalo Schifrin contribue à populariser la bossa nova aux États-Unis par plusieurs albums.

Via Clarence Avant, Il devient arrangeur pour le label Verve Records - pour Stan Getz, Count Basie, Sarah Vaughan, Jimmy Smith, Luiz Bonfá, Cal Tjade, etc. - et la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM), propriétaire du label. Ayant apprécié un de ses albums de Bossa Nova, Arnold Maxim, membre du conseil d'administration de la MGM, le recommande pour la musique du « petit » film Sur la piste du rhino blanc (Rhino!), "un drame sur les rhinocéros blancs en voie de disparition en Afrique". Avec son épouse, Lalo Schifrin se fixe à Los Angeles, fin 1963.

En 1964, ce francophone compose la musique du film Les Félins de René Clément avec Alain Delon et Jane Fonda : « René Clément m’a permis de révéler ce potentiel, de combiner musique symphonique, jazz et électronique. Si l’on compare ma carrière cinématographique à une maison, Les Félins en sont les fondations. » 

Dès 1965, Lalo Schifrin crée "plus de cent musiques de films et près de quatre-vingt-dix musiques de séries télévisées et téléfilms, en mélangeant la musique classique et le jazz et en appliquant la technique du contrepoint musical afin de combiner le son et les images". Selon le journal Le Monde, « [à] l'inverse d'autres compositeurs au style toujours identifiable, Lalo Schifrin s'adapte particulièrement à la scène et à l'ambiance qu'il doit illustrer. C'est dans les films policiers et d'espionnage qu'il se montre le plus brillant ». Il a composé la musique de Bullitt, L'Inspecteur Harry, Opération dragon 

En 1966, Bruce Geller, producteur, scénariste et réalisateur de séries télévisées, demande à Lalo Schifrin de composer la bande-son, puis un générique mémorable pour la série Mission impossible. Lalo Schifrin crée un air à cinq temps rapide, annonçant un danger - "le motif du thème – deux temps longs suivis de deux temps courts – épelle les lettres « M » et « I » en morse" -, mondialement célèbre qui lui vaut un Grammy Award. En 1967, pour le même producteur, il élabore le générique de la série populaire Mannix.

En 1971, il crée un opéra rock, opéra rock, Rock Requiem.

Lalo Schifrin "connaît cependant une déception d’importance avec le film L’Exorciste (1973), pour lequel la musique qu’il avait écrite, jugée trop stressante par le public des projections-tests, est jetée au panier. À la télévision, il prend en charge la première version du générique de Starsky et Hutch ainsi que celui du feuilleton inspiré par la série de films La Planète des singes".

Lalo Schifrin a mis son talent au service de films importants, dont Le Kid de Cincinnati (1965) de Norman Jewison avec Steve McQueen et Edward G. Robinson, Luke la main froide de Stuart Rosenberg avec Newman (1967), le film de cape et d'épée Les Quatre Mousquetaires de Richard Lester, et les drames de la Seconde Guerre mondiale Hell in the Pacific (1968) de John Boorman et The Eagle Has Landed (1976) de John Sturges. Il a contribué à l'atmosphère angoissante d'Amityville : La Maison du diable de Stuart Rosenberg (1979). Il a créé la musique du drame carcéral Brubaker de Stuart Rosenberg (1980) avec Robert Redford et du thriller de la guerre froide Le Quatrième Protocole de John Mackenzie (1987) avec Michael Caine. Il a noué une collaboration artistique fructueuse avec un autre amateur de jazz, l'acteur et réalisateur Clint Eastwood.

Dans les années 1960, Lalo Schifrin compose des symphonies et, surtout dans la décennie 1980, conduit en parallèle une carrière de chef d'orchestre et compositeur de musique « classique ». Il écrit plus de soixante compositions dont Invocations, Concerto pour contrebasse, Concertos pour piano Nos. 1 & 2, Pulsations, Résonances… Il dirige ou supervise des concerts lyriques ou classiques à Paris, Londres, Los Angeles ou Vienne. 

En 1988, signe de son éclectisme, il crée l'album d'ethnomusicologie Cantos Aztecas chanté en langue aztèque, le nahuatl, par Plácido Domingo et enregistré durant un concert devant la pyramide de la Lune de Teotihuacan au Mexique.

Après 1990 à Rome et 1994 à Los Angeles, Lalo Schifrin est pour la troisième fois, en 1998, l'arrangeur des concerts « Les Trois Ténors » réunissant les ténors Plácido Domingo, José Carreras et Luciano Pavarotti. Ces concerts ont lieu durant des Coupes du monde de football.

En 1990, Lalo Schifrin se rend professionnellement en Israël. Il y avait rencontré notamment Rita Kleinstein et Dudu Fisher. Interrogé sur sa judéité, il a répondu : « Eh bien, je dois te dire que lorsque je suis allé en Israël pour la première fois, j’ai ressenti quelque chose en voyant que les policiers portaient l’étoile de David sur leurs uniformes. Je veux dire, ça m’a vraiment marqué. » Lalo Schifrin a dirigé l'orchestre philharmonique d'Israël.

"En 1997, son épouse Donna fonde le label musical Aleph Records, qui lui permet de se consacrer à des enregistrements de projets personnels, revenant notamment au Jazz avec les compositions « Jazz to Hollywood » ou « Latin Jazz Suite », et réalisant de nouveaux enregistrements de ses grands succès. En 1998, il a l’opportunité de composer la musique d’un nouveau très gros succès au box-office, avec Rush Hour, où sa musique vient rythmer les pitreries de Jackie Chan et Chris Tucker : il se charge en 2001 et 2007 des deux suites de ce hit surprise, tout en continuant de composer pour d’autres films (Bronx à Bel-Air, Le Pont du Roi Saint-Louis…). Le caractère très reconnaissable de ses musiques de film leur vaut d’être par ailleurs fréquemment samplé par des artistes de Hip-Hop ou de Trip-Hop, signe de l’ampleur de son influence culturelle".

Aleph records a publié la musique composée par Lalo Schifrin pour le film d'horreur Abominable (2006), réalisé par son fils Ryan Schifrin, né de son second mariage avec Donna. D'un premier mariage, Lalo Schifrin a eu deux enfants : William Schifrin, scénariste, et Frances Schifrin, styliste

En avril 2025, "la dernière œuvre majeure de Schifrin a été créée au Teatro Colón. Il s'agissait de « Vive la liberté », une symphonie de 35 minutes écrite en collaboration avec le compositeur argentin Rod Schejtman et dédiée à leur patrie."

« La mission d’un compositeur est de trouver le son d’un film et de bâtir un score (une partition, ndlr) sur sa résonance », expliquait Lalo Schifrin en 2001 aux Inrocks. Selon lui, la composition pour le cinéma s’apparente au travail de contrepoint, où la musique apporte une nuance que le cinéaste n’a pas filmée.

Lalo Schifrin a gagné quatre Grammy Awards (sur dix-neuf nominations) et a été sélectionné pour quatre Emmy Awards. Depuis 1988, il a une étoile sur la Hollywood Walk of Fame.

En 2018, un Oscar d'honneur lui est décerné, et lui est remis par Clint Eastwood ; Lalo Schifrin avait eu six nominations aux Oscar : cinq fois pour la meilleure musique de film et une fois pour la meilleure chanson originale. 

« Je ne sais pas si j’ai mérité la carrière qui fut la mienne. Ma vie n’est qu’une succession de rencontres faites au bon endroit et au bon moment », disait l'artiste à 84 ans.

Cinémathèque française
En 2016, la Cinémathèque française a rendu hommage à Lalo Schifrin. Stéphane Lerouge, restaurateur de bandes originales de films et concepteur de la collection discographique Ecoutez le cinéma ! au sein d'Universal Music France, et Bernard Benoliel, directeur de l'action culturelle et éducative à la Cinémathèque française, ont écrit sur cet « homme-orchestre » :

« Je ne cesse de le dire, et ce n'est pas un snobisme : j'ai grandi dans la musique classique mais j'ai choisi les deux arts du XXe siècle, le cinéma et le jazz. Dès que j'ai pu, j'ai réalisé un croisement des formes d'expression dans lesquelles je me suis plongé. C'est comme une combinaison chimique : les matières mixées forment une troisième matière. » De même, la singularité de Lalo Schifrin sur l'échiquier de la musique d'aujourd'hui réside dans une triple culture, celle d'un Argentin aimanté par la terre promise hollywoodienne, après un passage essentiel par la France. En clair, les territoires de Schifrin sont autant géographiques que musicaux. Parlez-lui de Stravinski, il vous répondra Jackie Chan. Branchez-le sur Steve McQueen, il se révèlera intarissable sur Borges. Tel est Lalo Schifrin : multiforme et pluriculturel, pulvérisateur de frontières, compositeur de bandes originales vénérées mondialement, camouflant parfois l'ambition de son œuvre pour le concert.

DU JAZZ AU CINEMA
Pianiste virtuose, compositeur, arrangeur, chef d'orchestre, Lalo Schifrin naît en 1932 à Buenos Aires, dans une famille de musiciens. Dès l'après-guerre, la formation classique du jeune Lalo s'enrichit d'une autre culture, celle du jazz, dont les albums sont impossibles à trouver en Argentine : par protectionnisme, la dictature de Juan Perón proscrit l'import de disques étrangers. « J'achetais en contrebande des 78 tours de Charlie Parker ou Thelonious Monk, se souvient Schifrin. Le bebop me fascinait. C'était la musique de la modernité et de l'interdit. » Ses études l'amènent en 1952 au Conservatoire de Paris. Il a vingt ans, il se partage entre les cours d'Olivier Messiaen, les clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés et… la Cinémathèque française. C'est d'ailleurs à Paris qu'il enregistre en 1955 son premier album, Rendez-vous dansant à Copacabana, relecture de standards façon latin jazz. La suite appartient à l'histoire : de retour en Argentine, il rencontre le trompettiste Dizzy Gillespie qui, en 1958, l'engage comme pianiste et arrangeur. Schifrin lui compose sur mesure un album feu d'artifice aujourd'hui historique, Gillespiana. La chance de Schifrin, c'est d'être pris sous contrat sur le label de jazz Verve, propriété de la MGM. Ce qui, par un subtil aiguillage, va faciliter son glissement vers le cinéma. Arnold Maxim, président de MGM Records, le recommande au cinéaste René Clément pour une coproduction franco-américaine, Les Félins. Au générique début, le nom de Schifrin y croise celui de Costa-Gavras, alors jeune assistant réalisateur. « J'avais en moi un ressort, résume le compositeur. Et René Clément m'a permis de révéler ce potentiel, de combiner musique symphonique, jazz et électronique. Si l'on compare ma carrière cinématographique à une maison, Les Félins en sont les fondations. »

REVOLUTIONS
La suite de sa trajectoire évoque un train lancé à vive allure sur des montagnes russes. Ses premières partitions hollywoodiennes, Les Tueurs de San Francisco et Le Kid de Cincinnati confirment la déferlante Schifrin. Avec ses confrères Henry Mancini, Quincy Jones et Michel Legrand, le compositeur réinvente le son du cinéma américain des années soixante, précipitant la retraite des vétérans Steiner, Rozsa ou Tiomkin. Le cinéma et la télévision lui permettent de forger un langage propre, comme une synthèse de ses différentes cultures. En témoigne la bande originale de la série télévisée Mission impossible, dont le fameux thème, construit sur une mesure composée à 5/4, entre d'emblée dans la mémoire collective. Il consacre la signature de Schifrin et précipite ses collaborations avec Peter Yates (Bullitt), John Boorman (Duel dans le Pacifique), le jeune George Lucas (THX 1138) ou Mark Rydell (The Fox, à la vénéneuse partition chambriste, dont est issu le célèbre thème pour les publicités Dim). Le cinéma de Schifrin, ce sont aussi des collaborations au long cours avec Stuart Rosenberg (Luke la main froide, Brubaker) et surtout Don Siegel, pour lequel il compose cinq bandes très originales, dont Les Proies, Tuez Charley Varrick et évidemment le premier Dirty Harry. « Grâce à la musique, analyse Schifrin, le spectateur est plongé à tour de rôle dans l'esprit des deux ennemis jurés, Scorpio avec sa folie meurtrière, Harry avec ses doutes et sa détermination. » Impossible d'oublier l'ultime séquence, où Eastwood jette à l'eau son insigne, sur un thème au lyrisme triste pour piano électrique : rarement un polar sec et tendu aura connu un épilogue d'une telle amertume. Schifrin retrouvera Harry Callahan à trois autres reprises, confortant son image de spécialiste du « thriller urbain », image flatteuse mais peu conforme à la réelle palette de ses capacités.

DU CINEMA AU JAZZ (SYMPHONIQUE)
Au fil des années, Lalo Schifrin fait l'expérience de quelques rendez-vous manqués (L'Exorciste, source d'un dialogue tumultueux avec William Friedkin) et enrichit son palmarès de rencontres inattendues (Richard Lester, Billy Wilder, Liliana Cavani, Sam Peckinpah). Sans compter Bruce Lee avec Opération Dragon, première co-production américano-hongkongaise de l'histoire. « C'était une demande impossible à refuser, souligne le compositeur. Tous les matins, Bruce Lee faisait sa gym sur la musique de Mission impossible ! » Dans les années 1990, Schifrin est invité à revisiter son propre passé : Carlos Saura le ramène à ses racines argentines dans Tango, Brett Ratner le sollicite de manière référentielle pour la série des Rush Hour, comme un lien vivant avec Bruce Lee, son icône. À côté de l'écriture pour l'image, Schifrin se produit régulièrement en concert et, depuis 1992, enregistre une collection d'albums intitulée Jazz Meets the Symphony (sept volumes à ce jour), déclaration d'amour à la musique au pluriel. En 2012, la documentariste Pascale Cuenot lui consacre un portrait sensible, fédérant des témoins de plusieurs générations, de John Boorman au guitariste Kyle Eastwood, fils de Clint. 2016 est marqué par la création de plusieurs musiques de concert, dont un concerto pour guitare, Concierto de la amistad, dirigé par Gustavo Dudamel au Hollywood Bowl. Aujourd'hui, pour beaucoup d'artistes du Nouveau Monde, Lalo Schifrin incarne une sorte d'idéal : son sens mélodique, la luxuriance de ses orchestrations, son génie du rythme, son approche personnelle des folklores lui confèrent un statut singulier, celui d'un compositeur savant d'expression populaire. Ce retour à la Cinémathèque française, soixante ans après ses premières séances à Chaillot, permettra de mesurer à quel point cet homme discret et élégant a fait œuvre de révolution. Comme une confirmation de son credo : « J'ai toujours cherché à détruire les barrières qui séparent les hommes, tant sur le plan des idées que de la musique. »

« Lalo Schifrin par Lalo Schifrin. Une leçon de cinéma. Et surprise musicale  »
« Le metteur en scène, c'est le cerveau ; le producteur, les poumons ; le directeur de la photo, les yeux ; le compositeur... Le compositeur, ce sont les oreilles. Il lui faut prendre en compte tout ce qui a déjà été fait, être réceptif à l'agencement général. Le musicien doit suivre, ou parfois, faire l'inverse. Il ne doit pas seulement penser au rythme, mais aussi à l'harmonie. » (Lalo Schifrin)

« Rencontre avec Lalo Schifrin animée par Stéphane Lerouge et Bernard Benoliel, suivie d'une surprise musicale et de la projection de L'Inspecteur Harry, le 9 novembre 2016 à la Cinémathèque française. »

« Lalo Schifrin : Mission : Impossible, Mannix... »
Arte diffuse sur son site Internet « Lalo Schifrin : Mission : Impossible, Mannix...  », concert filmé le 3 février 2023 dans l’Auditorium de Radio France, Paris.

« Lalo Schifrin est à l’origine de partitions qui ont marqué l’histoire du grand et du petit écran. Le célèbre compositeur de films est décédé le 26 juin 2025 à l'âge de 93 ans. Le chef Victor Jacob et l’Orchestre philharmonique de Radio France rendaient hommage à ce mastodonte de la pop culture dans l’auditorium de Radio France en février 2023. »

« C’est à Lalo Schifrin que l’on doit les BO emblématiques de Mission : Impossible, Dirty Harry, Starsky & Hutch… Autant d'œuvres audiovisuelles qui ont marqué le XXe siècle et qui doivent beaucoup à ce jeune compositeur argentin devenu star d’Hollywood. »

« En clin d’œil au passage de Lalo Schifrin sur les bancs du Conservatoire national de Paris, ce concert s’ouvre sur une création des étudiants de la classe de composition pour l’image du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon. A cette découverte s’ajoute bien sûr l’interprétation des plus célèbres compositions de Lalo Schifrin : Mannix, The Fox, Dirty Harry Suite, Mission : Impossible… »

Programme :
LALO SCHIFRIN
Un hommage à Lalo Schifrin (commande de Radio France)

Mannix (version pour piano solo)
Mannix
Opération Dragon
Les félins
The Fox
Dirty Harry Suite
Le Kid de Cincinnati
Invisible City
Tango del atardecer
Jazz Piano Sonata - 3ème mouvement (création mondiale)
Concierto caribeño pour flûte et orchestre (Allegro vivace)
Mission : impossible (The Plot)
Mission : impossible (Final)

Chapitres
0:53
Mannix (Version piano)
3:40
Mannix
7:00
Opération Dragon (Enter The Dragon)
13:38
Les Félins
18:52
Le Renard (The Fox)
24:44
L'Inspecteur Harry (Dirty Harry), Suite
33:11
Un Hommage À Lalo Schifrin
47:43
Le Kid De Cincinnati (The Cincinnati Kid)
53:41
Invisible City
1:00:34
Tango Del Atardecer
1:06:45
Jazz Piano Sonata - 3ème Mouvement (Création Mondiale)
1:11:28
Concierto Caribeño Pour Flûte Et Orchestre (Allegro Vivace)
1:19:52
Mission : Impossible (The Plot)
1:22:50
Mission : Impossible (Final)
1:30:03
Bullitt
1:36:46
Cool Hand Luke

« Les B.O. de Lalo Schifrin »
« Blow up  », c’est l'actualité du cinéma (ou presque). Chaque semaine, le magazine proposé par Luc Lagier pose un regard ludique et décalé sur le cinéma. »

Dans ce cadre, Arte diffuse « Les B.O. de Lalo Schifrin » de Thierry Jousse.

« Blow up revient sur le compositeur cultissime, connu notamment pour les B.O. de Bullitt, THX 1138 ou Mission : impossible. »


Concert filmé le 3 février 2023 dans l’Auditorium de Radio France, Paris.
Production : France Musique
Direction musicale : Victor Jacob
Orchestre : Orchestre Philharmonique de Radio France
Supervision artistique : Stéphane Lerouge
France, 2023, 105 min
Disponible jusqu'au 02/02/2027

« Les B.O. de Lalo Schifrin » de Thierry Jousse
France, 2023, 16 min
Production : CAMERA LUCIDA PRODUCTIONS
Producteur : Jean-Stéphane Michaux
Auteur : Luc Lagier
Disponible jusqu'au 11/01/2029