Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 9 septembre 2026

Le miel

Le miel est produit par les abeilles à partir de nectar ou de miellat, dans une ruche. C’est leur aliment, ainsi que celui notamment de l’homme qui apprécie ses qualités. Évoqué par la Bible notamment pour qualifier la terre d'Israël (Eretz Israël), le miel est associé à des fêtes juives et un ingrédient important de la gastronomie juive, notamment durant Roch HaChana (Nouvel an juif) qui débutera le 11 septembre 2026 au soir.

Clair – acacia, oranger, romarin - ou au marron foncé intense et brillant (sapin, châtaignier) via des nuances ambrées (bruyère), crémeux ou cristallisé, plus ou moins sucré, monofloral (« miel de cru ») ou poly-floral... Le miel fait d’abord les délices des abeilles qui le stockent pour s’en nourrir.

Il est produit dans une ruche par les abeilles à partir du nectar de fleurs mellifères ou de miellat, excrétion d’insectes que les pucerons ou cochenilles fabriquent à partir de la sève d’arbres. C’est leur aliment, ainsi que celui notamment de l’homme qui apprécie ses qualités, et le protège par des labels : AOP (Appellation d'origine protégée), IGP (Indication Géographique Protégée).

« Dans l'Antiquité, les Égyptiens pratiquaient déjà l’apiculture ».

Au Moyen-âge, le miel est utilisé pour fabriquer de délicieux pains d’épices et conserver la viande.

"L'abeille impériale est un symbole du Premier et du Second Empires, adopté par Napoléon Ier en 1804. Inspiré par une supposée héraldique mérovingienne, l'emblème remplace la fleur de lys rattachée à la royauté des Capétiens et représente le pouvoir impérial français de 1804 à 1814, durant les Cent-Jours en 1815, et sous Napoléon III de 1852 à 1870". L'abeille est devenue l'emblème de Guerlain, parfumeur de l'impératrice Eugénie.

Cet édulcorant a servi aussi à confire, avec l’adjonction de vinaigre ou moutarde, légumes et fruits.

Pour les médecins, il cumule de nombreuses propriétés appréciables, notamment comme antiseptique contre des infections, et facteur accélérant la cicatrisation de plaies.

Judaïsme 
L’Eternel « nous a menés en ce lieu et nous a donné cette terre, une terre où coulent le lait et le miel » (Deutéronome 26:9)

Le Samson de la Bible hébraïque prélève du miel dans un lion qu’il avait tué, après que des abeilles y aient produit du miel (Livre des Juges, chapitre 14, versets 4 à 20).

Dans le judaïsme, le miel, symbole de douceur, est consommé lors de Roch HaChana (Nouvel an juif) avec les grenades, les pommes, les dattes, les figues. Un morceau de pomme est trempé dans du miel, puis mangé par les convives dans l'espoir d'une année douce.

La gastronomie juive, notamment sépharade, recourt au miel pour les pâtisseries.

Israël
L'apiculture est organisée en Eretz Israël depuis 1882.

Israël produit environ 3 000 tonnes de miel chaque année. Ce qui comble les trois quarts de la consommation nationale.

Israël a développé des initiatives innovantes visant à réduire la baisse du nombre d’abeilles, nécessaires à la pollinisation indispensable à la reproduction des plantes. Une diminution observable dans de nombreux pays : baisse de la population d’abeilles de 10% en Israël, contre 30-50% aux Etats-Unis.

« Nous essayons toutes sortes de choses, comme soutenir la recherche pour renforcer les systèmes immunitaires des abeilles ou développer des plantes riches en nectar », a déclaré Hertzel Avidor, qui dirige l’Israel Honey Board.

Cet organisme aide 500 apiculteurs, soit 110 000 ruches.

Pour éviter le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles (« Colony Collapse Disorder », CCD), le ministère israélien de l’Agriculture préconise d’éradiquer les mites Varroa, un parasite considéré comme une cause principale du CCD. 

Autre stratégie pour renforcer la santé des abeilles et le goût du miel : 80 000 à 100 000 semis – surtout de l’eucalyptus – sont plantés chaque année pour offrir aux abeilles une alimentation abondante, variée au fil des saisons malgré la perte de surfaces du fait de l’urbanisation. Ces semis sont donnés par le Keren Kayemeth LeIsrael-Jewish National Fund (KKL-JNF).

Certaines plantations – le long des lignes d’armistice avec la Syrie ou séparant Israël de la bande de Gaza - servent à la fois à nourrir les abeilles et à protéger des zones israéliennes de feux hostiles.

Apicultrice israélienne depuis six ans en Samarie où elle s’applique à rendre réelle cet extrait du Deutéronome, Yael Farbstein avait gagné en février 2017 le Premier prix dans la catégorie International multifloral  du Black Jar Honey Tasting Contest, compétition organisée par le Center for Honeybee Research à Asheville, en Caroline du nord (Etats-Unis) et réunissant des centaines d’apiculteurs du monde entier.

A l’été 2017, des voleurs palestiniens ont dérobé tout son matériel et toute sa production, fruit du labeur d’une saison. Peu après, alors que Yael Farbstein était absente pendant un chabbat, ces vandales palestiniens ont saccagé les ruches dans les champs, laissant des milliers d’abeilles mourir dans la chaleur estivale. Une troisième fois, ils sont revenus pour s’emparer des caméras de sécurité surveillant l’usine désormais vide.

« Ceux qui ont fait cela se trouvent dans des zones où les autorités israéliennes ont interdiction de se rendre [en raison des accords d’Oslo signés en 1995, Nda]… Nous travaillions le jour et souvent assurions une garde la nuit, comme les premiers pionniers venus en Israël, mais cela n’était pas encore suffisant. L’agriculteur moyen ne peut pas résoudre cette menace. La sécurité est une dépense très élevée », a déploré Yael Farbstein.

Grâce à une campagne de dons initiée par les Chrétiens sionistes, elle a pu relancer son activité d’apicultrice.

En septembre 2026, "à quelques jours de Rosh Hashana, le Président israélien Isaac Herzog a rencontré des apiculteurs ainsi que des représentants du Conseil israélien de la pollinisation et du miel. « Le miel israélien fait partie d’une tradition historique et biblique qui nous accompagne jusqu’à aujourd’hui », a déclaré le chef de l’État. Reprenant la formule récitée à l’approche de la nouvelle année, il a ajouté : « Que s’achèvent l’année écoulée et ses malédictions, que commencent la nouvelle année et ses bénédictions. De bonnes nouvelles pour toute la maison d’Israël. »

"Le miel occupe une place particulière dans le pays décrit par la Bible comme « une terre où coulent le lait et le miel ». Les Israéliens en consomment environ 4 500 tonnes par an, dont près de 40 % pendant le seul mois de Tichri. La majeure partie de cette demande est couverte par la production locale, issue de ruches installées du Golan et de la Galilée jusqu’au Néguev et à l’Arava." 

"Mais le travail des abeilles dépasse largement la fabrication du miel. Le déplacement des ruches au fil des floraisons permet de polliniser les vergers d’amandiers, d’avocatiers, d’agrumes et de nombreuses autres cultures. Dans certaines plantations, la présence des abeilles peut doubler, voire tripler les rendements. L’apiculture constitue ainsi l’un des maillons discrets, mais indispensables, de l’agriculture israélienne."

"Fragilisée ces dernières années par les combats dans les régions frontalières, les incendies, les parasites et les changements climatiques, la filière poursuit néanmoins son activité. Pour ses représentants, choisir du miel produit en Israël à Rosh Hashana permet donc à la fois de perpétuer une tradition millénaire et de soutenir directement les agriculteurs du pays".

« Le miel, de la ruche au pot »
Arte diffusa le 13 décembre 2017 le documentaire « Le miel, de la ruche au pot » (Honig, vom Bienenstock ins Glas). 

"Si, dans l’Antiquité, l’activité apicole « prestigieuse était réservée à un cercle d’initiés, elle connaît de nos jours une popularité sans précédent », notamment avec l’apiculture urbaine."

Emilie Langlade et Adrian Pflug, présentateurs de « Xenius », se rendent dans « une exploitation apicole pour découvrir les secrets de fabrication du miel ».


Sicile
Arte diffusa le 30 mars 2019 "Miel de Sicile, le nectar des abeilles noires" (Der Retter der Bienen. Ein Imker auf Sizilien) par Frank Helbert. "Alors que la population mondiale d’abeilles s’effondre à un rythme alarmant, l’abeille noire fait son grand retour en Sicile. Récemment sauvée de l’extinction, l’abeille noire sicilienne pourrait représenter un espoir face à la disparition accélérée du précieux pollinisateur".

"Apiculteur engagé, Carlo Amodeo est parvenu à sauver de l’extinction cette espèce autochtone, dont il ne restait plus que quelques colonies à la fin du XXe siècle. À la différence de l’abeille domestique européenne, l'abeille sicilienne résiste en effet aux attaques du varroa destructor, le parasite responsable incriminé dans leur raréfaction. Un espoir pour la survie de ces précieuses pollinisatrices, indispensables à la biodiversité."

Indonésie
Arte diffusa le 15 avril 2019 "Les maîtres des abeilles - Indonésie, l'arbre à miel sacré" (Die Bienenflüsterer - Indonesien - Der heilige Honigbaum) par Frédéric Febvre.  "Sur l’île indonésienne de Bornéo, dans la forêt inondée du lac Sentarum, vit une abeille géante : l’Apis dorsata, qui installe ses colonies sauvages sous les branches des grands arbres sacrés appelés "lalaus".

"Le peuple dayak vénère cette abeille et son miel. Ouaksah est l’un des derniers à perpétuer la tradition des récoltes nocturnes. Pieds et mains nus, simplement équipé d’une lampe frontale et d’un enfumoir, il grimpe en chantant des mantras pour amadouer les esprits de l’arbre sacré. Arrivé au sommet, il doit affronter au péril de sa vie les milliers d’abeilles qui s’y tapissent".

Inde
Arte diffusa le 18 avril 2019 "Les maîtres des abeilles - Inde, le miel des montagnes bleues" (Die Bienenflüsterer. Indien - Flüssiges Gold in schwindelnder Höhe), documentaire par François Chayé. "Au sud-ouest de l'Inde, les Nilgiris, les "montagnes bleues", qui s’étendent sur plus de 5 000 kilomètres carrés, possèdent l’une des plus riches biosphères de la planète".

"Des chasseurs-cueilleurs y attendent chaque année l'abeille géante migratrice, l'"Apis dorsata", la plus agressive au monde. Elle construit son nid sous les surplombs des falaises et à la cime des arbres".

"Si deux hommes ont uni leurs tribus pour récolter son précieux miel, le nombre des participants à cette dangereuse collecte diminue. Chinasami et Jadayan se sont ainsi donné pour mission de former leurs fils et neveux, afin d’assurer la survie de leurs familles et de perpétuer cette tradition séculaire".


"Miel de Sicile, le nectar des abeilles noires" par Frank Helbert
Allemagne, Grand Angle Productions, 2018
Sur Arte le 30 mars 2019 à 17 h 50
Visuels : © Ralf Gemmeke

"Les maîtres des abeilles - Indonésie, l'arbre à miel sacré" par Frédéric Febvre
France, Grand Angle Productions, 2017
Sur Arte 15 avril 2019 à 17 h 35
Visuels :
Nid abritant plus de 20 000 abeilles géantes, Forêt de Bornéo, Indonésie
Enfumoir permettant de repousser les abeilles, Forêt de Bornéo, Indonésie
Apis Dorsata, l’abeille géante de la Forêt de Bornéo, Indonésie
Credit : © Grand Angle Productions

"Les maîtres des abeilles - Inde, le miel des montagnes bleuespar François Chayé
France, Grand Angle productions, 2017, 27 min
Sur Arte le 18 avril 2019 à 17 h 35
Visuels :
Un rayon fabriqué par un essaim d’apis dorsata au sommet d’un arbre, Nilgiris, Inde
Apis Dorsata, l’abeille géante qui migrent chaque année vers les Nilgiris, Inde
Suspendu dans le vide, Chinasami récupère la partie haute du rayon, gorgée de miel, dans la nacelle fabriquée à  cet effet, Nilgiris, Inde
Avant de récolter le miel, les hommes font une « Pooja » pour être protéger, Nilgiris, Inde
Credit : © Grand Angle Productions

« Le miel, de la ruche au pot »
Allemagne, 2017, 25 min
Sur Arte le 13 décembre à 17 h 10
Visuels
La récolte du miel est une affaire collante :Emilie avec l'apiculteur Klaus Gottschall
Les rayons pleins sont scellés par les abeilles avec une couche de cire.
© Janett Kartelmeyer/AVE

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Les citations sont extraites d'Arte. Cet article a été publié le 12 décembre 2017, puis le 29 mars 2019.

lundi 7 septembre 2026

« La dernière heure » de Joseph Safieddine

Arte diffuse sur arte.tv, YouTube et les chaînes sociales d’ARTE « La dernière heure », série franco-libanaise en six parties de dix minutes de Joseph Safieddine d’après la bande-dessinée de Joseph Safieddine et Cyril Doisneau (Editions Dupuis, 2023). « À peine arrivée dans le pays de ses origines pour les découvrir, Billie doit  repartir en urgence à cause d’une insurrection. Confinée avec son père (Mustapha) chez son grand-père (Bilal), affaibli par Alzheimer, elle n’a qu’une heure avant l’arrivée du véhicule de l’ambassade pour retrouver le passeport égaré de son père, pour plonger au milieu des secrets familiaux et comprendre les décennies d’exil qui hantent sa famille. »

Vers un « vote halal » en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Israël ? 
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« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein 
« Pour Allah jusqu’à la mort. Enquête sur les convertis à l’islam radical » par Paul Landau
L'Etat islamique 
Interview de Bat Ye’or sur le califat et l’Etat islamique/ISIS 
« Les armes des djihadistes » par Daniel Harrich 
« L'argent de la terreur »
« Pictures for Peace. La douleur après l’attentat - Hocine Zaourar » par Rémy Burkel 
Hajj, le pèlerinage à La Mecque

« À peine arrivée au Moyen-Orient pour découvrir le pays de ses origines, Billie, jeune femme de 25 ans, doit déjà faire face à l’urgence. Une insurrection éclate et précipite l’évacuation des ressortissants français. Coincée dans l’appartement de son grand-père, Bilal, avec son père, Mustapha, et Georges (Abdelhafid Metalsi), ami d’enfance du père de Billie, elle se retrouve plongée dans un huis clos sous tension, rythmé par les coupures de courant et les échos de tirs dans la ville. Complète ce tableau Zeina (Hiam Abbas), voisine impertinente et ancienne institutrice des deux hommes. »

« Affaibli par la maladie, son grand-père se perd entre le présent et ses souvenirs, ravivant malgré lui des fragments du passé. À mesure que l’attente s’installe, les tensions familiales émergent et les non-dits refont surface. Pourquoi son père a-t-il quitté le Liban son pays d’origine ? Que s’est-il joué dans cette famille marquée par l’exil ? »

« En l’espace d’une heure, Billie accède pour la première fois à une histoire familiale longtemps tue. Portée par les souvenirs transmis, elle remonte le fil de cette histoire complexe, alors même que le temps lui est compté pour quitter le pays. »

« À mesure que l’attente s’installe dans ce huis clos, les tensions émergent et les non-dits refont surface. Ayant grandi avec un père (campé par Mustapha Abourachid) exilé en France et qui a passé sa vie à fuir son passé, Billie (Sawsan Abès, vue dans Amours solitaires, Ourika, Rue des dames, Fils de), portée par ces trajectoires croisées, remonte le fil de son histoire, alors même que le temps lui est compté pour fuir. La jeune femme accède pour la première fois à une histoire familiale longtemps tue, et affronte les secrets qui ont façonné sa famille pour comprendre ce qui, depuis des décennies, les tient tous à distance. » 

« Un huis clos où le temps est un personnage à part entière, et dans lequel l’appartement devient le théâtre de discussions et disputes, entre coupures de courant, rafales de kalachnikov et souvenirs qui s’entrechoquent. »

Une série adaptée de la bande-dessinée de Joseph Safieddine et du dessinateur Cyril Doisneau (éditions Dupuis, 2023) Les Fusibles. « Dans une métropole anonyme d'un pays fragilisé, trois enfants jouent à « sauver la ville ». Trente ans plus tard, Abel s'est reconstruit en Europe et se tient loin de ses origines. Georges, resté au pays, le rejoint le temps d'un week-end. Il va le convaincre de rentrer pour être aux côtés de son père qui vit ses derniers jours. Un récit en quatre temps qui offre une réflexion sur l'identité, le déracinement et la transmission. »

« Pour sa première réalisation, le scénariste Joseph Safieddine (auteur la série en animation Été et avec Thomas Cadène de la websérie Fluide sur ARTE), adapte son roman graphique Les fusibles (Dupuis, 2023) en six épisodes brefs, qui explorent le thème du déracinement en jouant avec originalité de la forme du huis clos. Les fusibles, ici, ce sont les plombs qui ne cessent de sauter dans l'appartement familial à cause du réseau électrique capricieux. Mais ce sont aussi des êtres : le père de Billie, notamment, qui, voulant protéger sa fille, a pris sur lui toute la tension engendrée par l'exil, au point de nier ses origines. Contre l'oubli, Billie cherche à rétablir le courant. La série raconte cette quête dans un juste équilibre entre suspense, introspection et humour, emmenée par des personnages qui opposent aux circonstances une vitalité salvatrice, à l'image de la sage Zeina qu'interprète Hiam Abbass. L’urgence politique se mêle à l’urgence intime ».

Joseph Safieddine est né en France d’une mère française et d’un père libanais qui a refusé d'enseigner la langue arabe à ses enfants. Il aurait aimé tourner "à Tyr, dans ce Sud-Liban dont est originaire son père, au sein même de « cet appartement familial que j’avais reproduit dans ma bédé et qui a été pulvérisé lors des derniers bombardements », révèle le réalisateur, qui ne cache pas sa colère et son désarroi face aux événements qui secouent le Liban et Gaza." (L'Orient le jour, 22 août 2026)

Prix des lycéens - 17ème édition de Séries Mania (Sélection dans la section “Formats courts”)

Sur YouTube, Cracker l'époque a interviewé Joseph Safieddine et Sawsan Abès : "La dernière heure, ce que les pères nous laissent" (25 mars 2026). Le réalisateur a évoqué brièvement le "Liban Sud rasé" et allégué s'"être fait courser dans le métro" durant sa prime jeunesse.


« Billie arrive dans une ville du Moyen-Orient avec Mustapha, son père, pour rencontrer son grand-père qu'elle connaît à peine. Mais, au bout de deux jours seulement, ils doivent fuir le pays en proie à une violente insurrection qui embrase la ville. Dans l’appartement familial plongé dans le noir, En compagnie du vieux Bilal, désorienté par la maladie, ainsi que de Georges, l'ami d'enfance de Mustapha, et de Zeina, leur ancienne professeure de français, ils attendent le taxi que doit leur envoyer l'ambassade de France pour assurer leur évacuation. Au milieu de tirs, coupures de courant et tensions familiales, les souvenirs d’exil et non-dits ressurgissent. Peu à peu, Billie comprend les raisons de l'exil de son père… »

« Repliée dans la cuisine avec son père, son grand-père et Georges après des tirs près du salon, Billie découvre un passé familial enfoui. Tandis que Bilal confond présent et souvenirs, l’arrivée d’une voisine blessée ravive les liens avec le passé. La situation se tend dans l’appartement. »

« Au milieu des coupures de courant, Billie découvre un quotidien chaotique et complexe. L’arrivée de la voisine fait resurgir les liens du passé, tandis qu’un carnet retrouvé dans les affaires de Bilal intrigue Billie et la pousse à interroger son père sur son histoire. »

« L’annonce du départ de Georges pour la France cristallise les tensions avec Mustapha. Entre celui qui est resté pour s’occuper de Bilal et celui qui a vécu l’exil, les reproches explosent. Le passé refait surface, jusqu’à faire éclater une vérité intime et douloureuse. »

« Une explosion ravive chez Bilal des souvenirs liés à l’enfance de Mustapha. Billie tente de rassurer son grand-père en partageant sa passion pour le dessin avec lui. Puis elle découvre une vieille caméra dans la chambre de son père. Les images ouvrent une question restée sans réponse : qui est Sarah ? »  

« Le convoi de l’ambassade arrive en bas de chez Bilal. Alors que le départ se rapproche, Mustapha retrouve son passeport et affronte enfin son passé face à son père. Billie découvre un héritage familial qui éclaire son histoire. Entre adieux et hésitations, chacun se confronte à ce qu’il est prêt à quitter… ou à retenir. »


« Les retrouvailles, contraintes par les circonstances, d’une jeune Française avec une partie de sa famille au Moyen-Orient… Inspirée des souvenirs de Joseph Safieddine, créateur de la série, cette quête en huis clos révèle les non-dits et rétablit le lien entre générations. Par Jonathan Lennuyeux-Comnène »
.

« Un personnage de retour au pays, en quête de racines mal connues : le motif est classique. La série La dernière heure l'aborde pourtant de manière inattendue, puisque Billie, son héroïne, se voit contrainte de reprendre l'avion pour la France deux jours seulement après son arrivée au Moyen-Orient. Ces six épisodes d'une douzaine de minutes chacun racontent en temps réel l'heure qui les sépare, elle et son père, de ce retour précipité par les troubles qui agitent la ville où ils se trouvent. Une heure particulièrement dense où, dans l'urgence, les non-dits vont peu à peu se dissiper, éclaircissant le passé des uns et des autres, infléchissant leurs trajectoires. À l'origine de ce récit, il y a la propre histoire familiale du créateur de la série, Joseph Safieddine : "Pendant la guerre de juillet 2006 au Liban, une partie de ma famille s'est retrouvée sous les bombardements, en attente d'être évacuée. Je me trouvais, moi, à des milliers de kilomètres de là, dans le calme d'une banlieue parisienne. Comme Billie, j'éprouve le besoin de me rapprocher de cette histoire."

Coupures de courant
L'auteur avait déjà exploré le sujet à travers un roman graphique paru en 2023 aux éditions Dupuis, Les fusibles. Il a fait le choix d'en adapter uniquement la dernière partie : un huis clos dans l'appartement du grand-père de Billie, aux murs imprégnés d'une foule de souvenirs. Ce dispositif quasi théâtral concentre le drame dans l'espace et le temps, et en fait jaillir l'essentiel. L'exploration du passé paternel par Billie se mêle au suspense inhérent à la situation pour raconter la reconnexion des membres exilés de la famille avec leurs origines. Joseph Safieddine se souvient : "Toute sa vie, mon père s'est félicité d'avoir joué un rôle de fusible entre le Liban qu'il a fui et la France où j'ai été élevé. Dans une volonté presque schizophrène, il a mis à distance sa culture d'origine. Mais on ne peut pas nier le passé ; notre histoire nous rattrape toujours." Dans La dernière heure, les coupures électriques dues aux caprices du réseau plongent régulièrement l'appartement familial dans le noir. Contre l'oubli, la série explore différentes manières de rétablir le courant : par la parole enfin libérée ; par le dessin, vecteur magique de transmission ; par la cuisine, unique moyen de communier avec les siens pour le grand-père, Bilal, atteint de la maladie d'Alzheimer. Sans oublier le regard attentif de Zeina, sage amie de la famille interprétée par l'excellente Hiam Abbass, rempart de vitalité et d'humour face à l'adversité. »   


« La dernière heure » de Joseph Safieddine
France, Liban, 2026, 6x10’
Production : ARTE France, Escales Production, Interscoop
Producteurs : Mathurin Beauvert, Brieuc Dreano, Antoine Bertrand-Hardy
Coproduction : ARTE France, Escales et Interscoop
Adaptée de sa bande-dessinée Les Fusibles
Auteurs : Joseph Safieddine, Hélène Faure, Maud Konan
Scénario : Joseph Safieddine avec Hélène Faure et Maud Konan 
Musique : Samuel Hirsch 
Avec Sawsan Abès (Billie), Mounir Maasri (Bilal), Mustapha Abourachid (Mustapha), Abdelhafid Metalsi (Georges), Hiam Abbass (Zeina), Ilyana Zaouak (Sarah), Samy Metheni (Mustapha enfant), Aaron Dellal (Georges enfant), Lynn Adib (Nayla), Mustapha Safieddine (Chauffeur de l'ambassade), Éléna Bultot (Répondeur de l'ambassade), Domitille Safieddine (Voix de l'ambassade), Anne-Marie Safieddine (Michèle)
Dès lundi 7 septembre 2026 sur arte.tv, YouTube et les chaînes sociales d’ARTE 
Sur arte.tv du 07/09/2026 au 28/06/2029

dimanche 6 septembre 2026

La figue

La figue est un « faux fruit » du bassin méditerranéen, domestiqué depuis l'Antiquité et cité dans la Bible hébraïque.  Énergétique, riche en eau (85%), glucides, minéraux (potassium, fer, zinc, calcium, magnésium), antioxydants et en vitamines B3 et C, anti-inflammatoire, elle est « appréciée aussi pour ses vertus médicinales », notamment anti-infectieuses - transit intestinal favorisé - et contre le diabète, le cholestérol ainsi que les ulcères. Elle est consommée notamment lors de Roch HaChana (nouvel an juif), les 1er et 2 Tichri (12 et 13 septembre 2026). Arte rediffusera le 18 septembre 2026 à 18 h 50 « Les figues », documentaire réalisé par Tracy Kamphus.

La figue ou Ficus carica est le « faux fruit » du figuier. Elle n’est pas un fruit stricto sensu, mais un réceptacle renfermant des fleurs, et, au terme du processus de maturation, une infrutescence d’akènes (fruits secs à graine unique) dans une pulpe comestible. Un "figuier peut donner 100 kg fruits frais, soit 30 kg de fruits secs", et produire des figues jusqu'à trois fois par an.

Figues vertes (ou blanches) qui sèchent facilement, grises (ou rouges) et noires (ou violettes)… Les variétés femelles donnent une à deux récoltes par an. C’est un « fruit » domestiqué depuis l’Antiquité. 

Résistante à la sécheresse, la figue de Barbarie, appréciée notamment au Mexique et en Israël, orne des haies de jardins de résidences privées. Elle dépérit sous l'effet du puceron parasite Dactylopius opuntiae qui s'est répandu en Israël après son entrée dans des plantes non inspectées par les services idoines. Depuis 2018, le KKL-JNF a importé du Mexique les ennemis naturels de ce puceron : des scarabées et "des mouches prédatrices" (Asilidae).

Bible
Avec l’olivier, le grenadier et la vigne, le figuier est un des arbres bibliques.

Pour certains sages du Talmud, la figue est le « fruit défendu » de la Bible hébraïque. « De l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas. Car du jour où tu en mangeras, sûrement tu mourras » (Genèse 2, 17), avait intimé Dieu. 

La source de cette interprétation ? Un autre verset (3, 7) de la Genèse : après avoir goûté le fruit défendu, Adam et Ève, nus, « se cousent des tuniques avec des feuilles de figuier » pour couvrir leurs corps. Interprétant des versets différents, d’autres sages du Talmud privilégient soit la vigne soit le blé comme « fruit défendu ». 

Alors pourquoi l’iconographie représente-t-elle traditionnellement ce « fruit défendu » par une pomme ? Rabbin du Mouvement Juif libéral de France (MJLF), Delphine Horvilleur précise que la Vulgate, traduction en latin de la Bible à la fin du IVe siècle, a désigné cet arbre en « lignum scientiae boni et mali ». Or, mali a un double sens : mal et pomme. 

La figue est consommée notamment lors de Roch HaChana (nouvel an juif), les 1er et 2 Tichri. Cette fête juive rappelle "la création d'Adam et Ève, créés à l'image divine, et dont descend l'humanité tout entière, et la ligature d'Isaac", fils d'Abraham et de Sarah, "quand l’Éternel refusa le sacrifice humain pour le sacrifice animal".

Fruit délicat
Dans les "Grèce et Rome antiques, les hommes aimaient offrir des figues fraîches aux Dieux" dans des temples magnifiques. Le sanctuaire d'Artémis, déesse de la fertilité, a été saccagé avec l'expansion chrétienne. Ses admirateurs ont continué à l'adorer par le culte marial (i.e. de la Vierge Marie).

Énergétique, anti-inflammatoire, riche en eau (85%), glucides, minéraux (potassium, fer, zinc, calcium, magnésium), antioxydants et en vitamines B3 et C, « appréciée aussi pour ses vertus médicinales », notamment anti-infectieuses - transit intestinal favorisé - et contre le diabète, le cholestérol et les ulcères, la figue, fraîche ou sèche, « constitue un aliment de base dans les pays du bassin méditerranéen où elle est appréciée aussi pour ses vertus médicinales ». Elle a un "goût de musc et de vanille". Elle "se gâte vite. Séchée, elle se garde longtemps". 

La figue a gagné les tables occidentales – au Château de Versailles, le potager du roi Soleil Louis XIV réunissait plus de 700 figuiers aux variétés distinctes – où elle est consommée pour agrémenter le plat principal, une pâtisserie, ou adoucie en confiture. Un délice.

Les natures mortes hollandaises du XVIIe siècle représentent la figue à la chair humide. Sa forme a une connotation érotique - un aspect féminin (bulbe) et un côté masculin (testicule) - qui imprègne ces tableaux.

Au XVIIIe siècle, le roi de Prusse Frédéric II a fait planter des figuiers à Potsdam. Au Palatinat, un vinaigre est fabriqué notamment avec des figues. Un "liquide délicieux à boire".

"C'est un fruit délicat, qui se combine avec la viande ou le poisson, avec des plats asiatiques en faisant une purée de figues. On remplace la tomate par la figue dans la tomate/mozzarella", explique le chef cuisinier Holger Jacobs. Il bénéficie d'une pépinière près de son restaurant.

Les branches peuvent être cuisinées comme légumes dans des ragoûts et salades, ou nourrir le bétail.

« Les figues »
« Voyage gourmand - Dans la cuisine de Lucie » est un magazine culinaire d’Arte. « Quand on aime cuisiner, on est parfois à court d’idées. De la bergamote aux roses ou aux asperges, la jeune cheffe Lucie Fischer-Chapalain décortique un à un les aliments, des plus courants aux plus inattendus. Elle nous en dévoile les vertus et les origines, sans oublier les petites recettes simples à reproduire chez soi. »

Dans ce cadre, Arte rediffusera le 18 septembre 2026 à 18 h 50 « Les figues », documentaire réalisé par Tracy Kamphus.

« À la croisée de la nature et de la culture, la figue a traversé les millénaires sans prendre une ride. Lucie Fischer-Chapalain met à l’honneur sa polyvalence en préparant des samossas épicés ainsi qu’une tartinade aux saveurs aigres-douces. »

« La culture de la figue remonte à 11 000 ans, bien avant celle du blé ou de l’orge. Ce fruit à la chair veloutée est un symbole d’art de vivre méditerranéen et de raffinement culinaire. »

« Sur l’île grecque d’Eubée, la famille Karava fait sécher ses figues issues de l’agriculture biologique selon la méthode traditionnelle. »

« Fait intéressant : chaque figue naît d’une symbiose unique avec une minuscule guêpe, seule espèce capable de polliniser les fleurs logées à l’intérieur du sycone, le réceptacle charnu qui accueillera également les fruits. »

« Les figues du mont Tomorr en Albanie »
« Les figues du mont Tomorr en Albanie » est un documentaire réalisé par Michaela Kirst et Martin Gronemeyer.

« Sur les collines qui entourent la ville de Berat, dans le centre de l'Albanie, les maisons traditionnelles en pierre sont bordées de figuiers. Ce documentaire suit le travail des agriculteurs de la région qui en récoltent les fruits, et offre un vaste panorama de la faune et la flore locales. » 

Turquie
« La figue, fruit du paradis » (Paradiesische Verführung. Die Feige) est un documentaire de Marlinde Krebs. 

En Turquie, Dudu Aslan vit aisément de la culture de la figue. Cette propriétaire se réjouit d'avoir vu ses vœux être exaucés. Au dessert des repas familiaux : des figues.

L'Institut public de la figue conseille les paysans, notamment dans la taille des figuiers, et tente de promouvoir une culture biologique. Les paysans se plaignent des prix trop bas d'achat de leurs figues.

Izmir, ancienne Smyrne où vivaient juifs, chrétiens et musulmans, a été longtemps une ville active dans le commerce. C'est le deuxième port de Turquie. La firme familiale Gabay sélectionne les figues sèches, les calibre, les vend. Une tonne de figues peut rapporter 2 500-6 000 dollars. "Ma famille a quitté l'Espagne voici cinq siècles. L'important est d'éviter toute interférence entre la famille et le travail", raconte Menashe Gabay qui la dirige. La famille juive Gabay se réunit dans sa demeure d'un quartier résidentiel à Izmir. Rivka, dont les ancêtres venaient de Pologne, est l'épouse de Menashe Gabay. Leur fille a épousé un Juif turc, et leur nièce un musulman turc bien accepté dans la famille Gabay. Barish Cen, premier petit-enfant, a le choix entre reprendre l'entreprise paternelle de cuir, ou celle de son grand-père : les figues.

L'exportation des figues rapporte un milliard de dollars à la Turquie. Dans les confiseries turques, se vendent des figues sèches et des doners aux figues truffés de pistaches.

« Le plus grand producteur de figues » (environ 260 000 tonnes), la Turquie, « exporte dans le monde entier ce fruit à l’odeur subtile qui a même inspiré des parfumeurs européens » : Roger & Gallet (Fleur de figuier), Diptyque (Philosykos), Symrise...

"Le figuier brise-roche"
Arte diffusa en 2019 "Le monde des arbres" (Wüste Wurzeln, starke Stämme), "Le figuier brise-roche" (Die Wunderbaum-Feige) réalisé par Dereck Joubert et Beverly Joubert.

"Gros plan sur cinq arbres emblématiques du continent africain, observés toute une année. Dans ce numéro : à Namaqua, en Afrique du Sud, un figuier plonge ses racines dans les versants d'une colline. Ce combattant, qui porte bien son nom, résiste aux conditions extrêmes, à la hausse des températures et à la recrudescence des sécheresses. Pour puiser l’eau dont il a besoin, ce figuier brise-roche a créé un réseau profond de racines durant un siècle."


« Les figues » de Tracy Kamphus
Allemagne, 2025, 31mn
Production : Berlin Producers, en association avec ZDF/ARTE
Sur Arte les 28 novembre 2025, 18 septembre 2026 à 18 h 50, 21 septembre 2026 à 7 h 50, 03 octobre 2026 à 2 h 30
Sur arte.tv du 17/09/2026 au 17/10/2026
Visuels : © Benjamin Wistorf, DR


« Les figues du mont Tomorr en Albanie » de Michaela Kirst et Martin Gronemeyer
Allemagne, 2024, 53 min
Coproduction : ARTE/ZDF, Sagamedia 
Sur Arte le 6 septembre 2026 à 5 h 45 
Sur arte.tv du 16/08/2026 au 13/11/2026


"Le figuier brise-roche" par Dereck Joubert et Beverly Joubert
Afrique du Sud, 2017
Sur Arte le 4 octobre 2019 à 8 h


« La figue, fruit du paradis », de Marlinde Krebs
2009, 44 min
Sur Arte les 24 septembre à 15 h 40, 8 octobre 2015 à 7 h 45 et 15 octobre 2015 à 10 h 25, 5 janvier 2018 à 13 h 15

Visuels :
© Merlinde Krebs Fernsehproduktion


A lire sur ce blog :
Les citations sont extraites d'Arte et du documentaire. Cet article a été publié le 22 septembre 2015, puis le :
- 24 janvier 2016. Ce 24 janvier 2016 au soir débuta Tou Bichevat ou Nouvel an des arbres ;
- 1er octobre 2016. Article republié à l'approche de Roch HaChana 5777 (nouvel an juif) les 1er et 2 Tichri (3 et 4 octobre 2016). Cette fête juive rappelle "la création d'Adam et Eve, créés à l'image divine, et dont descend l'humanité tout entière, et la ligature d'Isaac, quand l'Eternel refusa le sacrifice humain pour le sacrifice animal" ;
- 4 janvier et 7 septembre 2018, 3 octobre 2019