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jeudi 2 juillet 2026

Le sauvetage par Israël des otages à Entebbe

Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, sur l’aéroport d’Entebbe (Ouganda), a lieu le sauvetage extraordinaire par Tsahal (Israel Defense Forces, IDF) de la centaine d’otages, essentiellement juifs et israéliens, détenus par des terroristes allemands et palestiniens ayant détourné, le 27 juin 1976, un avion d’Air France. En juin 2026, lors du 50e anniversaire de l'opération à Entebbe, des documents secrets israéliens inédits sur l'opération militaire à Entebbe ont été rendus publics. Ils ont révélé le processus politique ayant mené à la décision israélienne d'entreprendre, sans aide extérieure, une opération de sauvetage à des milliers de kilomètres de ses frontières. Réalisé par Boaz Dvir, le documentaire « To Kill A Nazi » (Tuer un nazi) évoque le parcours de Michel Cojot, un passager français qui a communiqué à Israël des informations précieuses.
« Une jeunesse allemande » par Jean-Gabriel Périot 
« Extrémisme de gauche - Entre protestation et terreur » par Rainer Fromm


Dans le cadre de Metropolis, Arte diffusa sur son site Internet un reportage sur "Otages à Entebbe", de José Padilha avec Rosamund Pike, Daniel Brühl, Ben Schnetzer. "Le film de José Padilha revient sur le détournement d’un avion d’Air France par des terroristes allemands et palestiniens en 1976 : les pirates de l’air avaient gardé en otage les passagers israéliens et libéré les non-juifs, un "tri" qui avait profondément choqué l’opinion publique". Ce sont les Palestiniens qui ordonnent de séparer les passagers otages selon qu'ils étaient Israéliens/Juifs ou non.

La chaîne publique franco-allemande Arte a diffusé à une seule reprise, le documentaire allemand Les otages d’Entebbe, le combat d’Israël contre le terrorisme (Von Auschwitz nach Entebbe, Israels Kampf gegen den Terrorde Thomas Ammann (2009). Un film clair et intéressant sur ce "raid de l'impossible".

Grâce à des archives souvent inédites et des interviews de personnes impliquées – politiciens (Shimon Peres), anciens militaires (Ehud Barak), otages, anciens terroristes allemands, diplomates -, ce documentaire de Thomas Amman rappelle le contexte de ce détournement d’avion.

Opération Thunderbolt
Enlèvements d’hommes d’affaires (Hans Martin Schleier) ou de politiciens, meurtres, prises d’otages… C’est par ces actes terroristes que des mouvements d’extrême-gauche allemands et italiens se rendent célèbrent dans les années 1970.

Aden (Yémen) est alors le « fief de l’Internationale terroriste, le centre de formation du combat armé ».


Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) y « organise des camps d’entrainement pour terroristes venus d’Allemagne, d’Italie, du Japon ou de l’Amérique latine. Pour mener à bien ses opérations, le médecin » Wadi Haddad (Abu Ani), chef du « bras armé du FPLP. Ce « fils de réfugiés palestiniens, est spécialisé dans les détournements d’avions ». Il « recrute volontiers des mercenaires allemands issus des Cellules révolutionnaires ou de la Fraction Armée Rouge » (FAR).

« Les gens des CR sont devenus de plus en plus dépendants des Palestiniens. Pour finir, ils ont été sous leur coupe. Ce qui convenait à Abu Ani, car cela lui a permis de les manœuvrer un peu comme des pions », analyse Peter-Jürgen Boock, ancien membre des FAR.


« Il y a eu de violentes discussions parce que l’aile droite du Fatah regroupait des gens qui considéraient que le fascisme n’était pas allé assez loin, que cela leur aurait évité ce problème », se souvient Peter-Jürgen Boock, ancien membre de la FAR. Et Hans-Joaquim Klein, ancien membre des CR, de renchérir : « Il existe un antisémitisme dont on peut suivre le fil à travers toute l’histoire des Cellules révolutionnaires ».

Les « racines de cet antisémitisme remontent à la première moitié du XXe siècle. Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem et principal chef religieux musulman de la région, attise la haine contre les juifs et leur déclare la guerre ».

Hadj Amin al-Husseini (1895-1974) « est responsable de la mort de milliers d’entre eux. A l’époque, il bénéficie du soutien d’Hitler et du chef SS Heinrich Himmler ».

« Le mufti s’est allié avec les nazis et il était vraiment à l’époque le leader des Palestiniens. Je ne dis pas que tous les Palestiniens l’ont suivi… Mais c’était le principal chef palestinien », précise Avi Primor.

Al-Husseini deviendra « le père spirituel de Yasser Arafat, leader de l’OLP. De plus, il est parent avec Ali Hassan Salameh, instigateur de l’attentat de Munich » en 1972.

« On vivait dans une atmosphère d’attentats terroristes. Il y avait eu l’attaque contre les sportifs israéliens aux Jeux olympiques [de Munich]… Cela faisait partie de notre quotidien. Les Palestiniens cherchaient à faire régner la terreur dans le monde. Et pour cela, ils s’étaient alliés avec les terroristes du monde entier », constate Avi Primor, ancien diplomate israélien en poste en France qui décrit l’opposition d’une majorité d’Israéliens à l’établissement en 1965 des relations diplomatiques entre Israël et la République fédérale d’Allemagne (RFA). Avi Primor insiste sur le changement de l’image d’Israël après la guerre des Six-Jours (1967) : « C’est l’époque où les étudiants et les jeunes ont découvert les Palestiniens… Les Israéliens n’étaient plus seulement les juifs qu’il fallait aider. Ils devenaient des occupants, des agresseurs, et les véritables opprimés, c’était les Palestiniens qu’on découvrait alors ».

Le chef du FPLP, « le plus grand ennemi des Juifs et d’Israël », organise le détournement d’un avion d’Air France par deux terroristes allemands des CR - Wilfried Böse, 27 ans, et Brigitte Kuhlmann, 29 ans, qui « a plongé elle aussi dans la clandestinité » - et deux Palestiniens.

« L’action terroriste était une sorte d’idée fixe pour Wilfried Böse. Il était toujours en train de préparer un attentat. Il avait tellement d’idées qu’il n’a jamais réussi à en mener une seule jusqu’au bout », observe Hans-Joaquim Klein, ancien membre des CR.


L’avion d’Air France reliant Tel-Aviv à Paris est détourné peu après son escale à Athènes (Grèce) avec ses 248 passagers et 12 membres d’équipage. Direction : Bengazi (Libye) car les terroristes espèrent le soutien du dictateur Kadhafi.


Dès la première réunion le 27 juin, le gouvernement israélien est divisé. Si le Premier ministre Yitzhak Rabin souhaite négocier, le ministre de la Défense Shimon Pérès privilégie l’option militaire pour libérer les otages. « Officiellement, on refuse de négocier avec les terroristes, mais dans la pratique, on fait toujours quelques tentatives car on ne sait jamais comment cela va se terminer. On peut très bien lancer une opération militaire et venir à bout des terroristes, mais on risque aussi de perdre les otages », relate Avi Primor.


Pendant les négociations avec les terroristes, l’armée israélienne prépare secrètement une opération pour libérer les otages avec des spécialistes du combat anti-terroriste. Depuis le détournement en 1972 d’un avion de la compagnie belge Sabena contraint d’atterrir à Tel-Aviv et l’intervention militaire ayant permis de sauver les otages à son bord – un passager était alors mort -, Israël s’était entraîné à la prise d’assaut.

Le général Matan Vilnaï, « ancien général parachutiste, rassemble une centaine de parachutistes en prévision d’une intervention ». Une « unité d’élite, des combattants anti-terroristes de la Sayeret Matkal ».


Le 27 juin, une jeune Britannique est autorisée à quitter l’avion. Puis, une infirmière feint une maladie et obtient des pirates de l’air sa libération. A Londres, elle est interrogée par les agents du Mossad. « Elle nous a dit [que les terroristes] étaient quatre : deux Palestiniens, une Allemande et un Allemand. Elle a décrit leurs armes et nous les avons identifiées », affirme Muki Betzer, ancien commandant de l’unité anti-terroriste.


L’avion décolle pour rejoindre Entebbe en Ouganda où Idi Amin Dada, « dictateur sanguinaire », feint de jouer au médiateur entre les gouvernements et les terroristes, mais soutient ces derniers.


A l’instar des nazis, les terroristes opèrent une sélection parmi les otages. Parmi ceux-ci, seuls ceux détenteurs de passeports français – au nombre de 147 - sont libérés. Et 85 otages juifs ayant un passeport israélien sont parqués dans l’aérogare. « Une nouvelle fois, on assiste à une sélection entre juifs et non juifs. Et qui procède à cette sélection ? Des Allemands. Vous imaginez l’impact que cela a pu avoir », s’exclame Avi Primor.

Michel Bacos, commandant de bord de l’avion, et l’équipage se distinguent par leur solidarité avec les otages israéliens : évoquant l’« éthique de la profession », ce commandant souligne : « Pour nous, il n’était pas question d’abandonner une personne ».

Les terroristes exigent la libération de centaines de terroristes palestiniens emprisonnés en Israël, au Kenya, en France, en Suisse et en Allemagne ainsi que des terroristes allemands. Des cellules de crise fonctionnent au Quai d’Orsay (Paris) et à Bonn. « Si on relâchait [ces terroristes], ils allaient reprendre leurs agissements », résume Hans-Jochen Vogel, ancien ministre fédéral de la Justice.


Dora Bloch, septuagénaire souffrant de problèmes respiratoires, est séparée des autres otages pour être hospitalisée.

Israël obtient les plans du terminal de l’aéroport grâce à une entreprise israélienne ayant construit les pistes à l’époque des bonnes relations entre Israël et l’Ouganda. Convertit un avion cargo. Assure un entraînement intensif à ses jeunes soldats.


Le général de brigade Dan Shomron est nommé commandant en chef de l’opération. Il est assisté de Yonatan Netanyahou, officier de 30 ans issu d’une éminente famille israélienne et un des chefs de l’unité Sayeret Matkal. Il « nous a insufflé une confiance absolue en nous-mêmes, et en nos capacités. Son comportement était celui d’un homme qui maîtrisait parfaitement la situation. Nous étions très impressionnés par lui. Cela nous a beaucoup aidés pendant l’opération. Les instructions qu’il a données étaient extraordinaires. Je n’ai jamais entendu cela avant une opération », précise Amir Ofer, ancien officier de l’unité anti-terroriste.

Menée le 30 juin peu avant l’expiration de l’ultimatum, avec in extremis l’autorisation du gouvernement israélien, à 4 000 km d’Israël, l’opération Thunderbolt, qui devait être dénommée « Vague de cendres », réussit : la centaine d’otages est libérée sauf trois otages Juifs - Jean-Jacques Mimouni, jeune franco-israélien âgé de 19 ans, Pasco Cohen et Ida Borochovitch - qui seront tués lors de l'opération, et les terroristes tués. Cependant, Yonathan Netanyahou est mortellement blessé au début de l’opération, ainsi que des otages pris par erreur pour des terroristes. Un parachutiste Sorin Hershko, gravement blessé, devient paraplégique, et confie avec conviction et dignité : « Ma participation a toujours été un honneur pour moi ».

Vengeance cruelle d’Idi Amin Dada : Dora Bloch est assassinée sur ses ordres.

Le réalisateur Eyal Boers a consacré son documentaire canado-israélien To Live and Die in Entebbe (2012) aux trois otages Juifs tués lors de l'opération israélienne, et dont l'histoire officielle a oublié les noms et parcours brisés.

Voici des archives filmées par l'armée israélienne de l'arrivée en Israël des sauveteurs et des anciens otages et de leur accueil par des membres du gouvernement israélien et de Tsahal : Yitzhak Rabin, Premier ministre, Shimon Peres, ministre de la Défense, le major Poren, secrétaire général du Premier ministre, le général de division Shlomo Gazit, Aryeh Brown, secrétaire général du ministre de la Défense, Yigal Shefi, Chef d'état-major, M., Amos Eran, Directeur général de la Cabinet du Premier ministre, le général de brigade Dan Shomron-Kahatzar, Avigdor (Janusz) Ben-Gal-A. 


Quelles leçons pour les démocraties ?
Israël a refusé de céder aux terroristes : « Enough is enough  ! » La force de Tsahal, la détermination, l’intelligence et le courage de ses soldats, la qualité des renseignements recueillis ont permis à l’Etat juif de mener rapidement et victorieusement une action périlleuse. Seul.

L'un des deux titres originaux en allemand du documentaire - Von Auschwitz nach Entebbe, Israels Kampf gegen den Terror et Operation Donnerschlag Israels Kampf gegen den Terror - souligne la volonté génocidaire communes aux les nazis et aux islamistes.

Le documentaire souffre parfois d’une terminologie inadéquate : « Israël est l’ennemi juré de la Libye et d’autres pays arabes ». Non, ce sont ces pays arabes qui sont les ennemis de l’Etat juif dont ils refusent de reconnaître la légitimité, le droit à l’existence. « Des Palestiniens avaient pris le contrôle d’un » avion. Ce sont des terroristes palestiniens qui l’avaient détourné. L’islamisme n’est pas nommé.

De plus, la lutte contre le terrorisme n’est pas le combat du seul Israël. C’est aussi celui de ceux visés par l’islamisme : d’autres démocraties – en particulier, les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, de novembre 2008 à Bombay/Mumbai (Inde) - et des régimes autoritaires : prises d'otages par des Tchétchènes au théâtre de Moscou en octobre 2002 et à l’école de Beslan en septembre 2004, etc.


Des Palestiniens, le documentaire montre les seules images de pauvres réfugiés dans des camps, alors qu’un seul tiers des réfugiés y vit. Et surtout, ce film occulte le rôle des dirigeants palestiniens et arabes, des mouvements terroristes, ainsi que de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), dans l’instrumentalisation de ces réfugiés qui bénéficient cependant d’un statut privilégié héréditaire, reçoivent une manne financière internationale abondante, etc.


On peut regretter l’absence d’interviews de responsables et terroristes palestiniens, ou le silence sur les réactions dans le monde après ce sauvetage.

Curieusement, les visuels libres de droits du documentaire ne montrent pas les terroristes allemands et palestiniens.


Ancien directeur du Mossad (1974-1982), le Maj.-Gen. (res.) Yitzhak Hofi est mort à Ramat Gan le 15 septembre 2014 à l'âge de 87 ans.

Le 23 juin 2015, l'Etat d'Israël a rendu hommage à Yonatan Netanyahou, héros mort lors de cette opération audacieuse. 


En juillet 2015, le musée du Centre Yitzhak Rabin présenta une exposition sur l'opération Entebbe.

Hommage en 2016

Le 4 juillet 2016, jour du 40e anniversaire de cette opération, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a débuté un voyage officielle en Afrique. 

"Accompagné de 80 hommes d’affaires représentant une cinquantaine d’entreprises israéliennes, Netanyahu a débuté en Ouganda une tournée africaine de quatre jours qui l’emmènera aussi au Kenya, au Rwanda et en Ethiopie".


"Israël cherche à s’assurer le soutien des pays africains dans les institutions internationales, où il fait l’objet de vives critiques liées aux Territoires palestiniens ou à ses activités nucléaires. Le gouvernement israélien a récemment approuvé une proposition d’ouvrir des bureaux de l’Agence israélienne pour le développement international dans ces quatre pays. Cette agence partage avec les pays en voie de développement les technologies et le savoir-faire israéliens. Selon le bureau de Netanyahu, une enveloppe de 13 millions de dollars (11,7 millions d’euros) sera consacrée au « renforcement des relations économiques et de la coopération avec les pays africains ». Elle inclut notamment une formation dans les domaines de la « sécurité nationale » et de la santé. Le Premier ministre israélien devait également prendre part lundi à un mini-sommet régional sur la sécurité et le « terrorisme », rassemblant les chefs d’Etat et de gouvernement kényan, rwandais, éthiopien, sud-soudanais, zambien et malawite".

Dans la tour de contrôle de l'ancien aéroport d'Entebbe en Ouganda, il a participé le 4 juillet 2016, avec des soldats israéliens, des dirigeants politiques ougandais et israéliens - président d’Ouganda et son épouse, ministre de l’Education et des Sports, ainsi que l’homologue israélienne de cette dernière, Miri Regevn députés Omer Bar-Lev, vice chef d’Etat-major Yair Golan,  chef des renseignements militaires Herzi Halevi, directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold -, ainsi que des représentants de la communauté juive d'Ouganda, à une cérémonie en hommage aux victimes de cette opération de sauvetage. Parmi les spectateurs à cet événement important sur les rives du lac Victoria, à environ 40 kilomètres au sud de la capitale Kampala : l'ancien ministre de la Défense Shaul Mofaz, Giora Eiland, d’autres participants de l’opération, et des représentants des victimes et des soldats en service des unités ayant participé à l’opération.

Les hymnes nationaux des deux pays ont été interprétés par la fanfare militaire. La "cérémonie a commencé avec un chant en hébreu chanté par un officier de l’armée israélienne. Cette chanson, « Eretz Tzvi », est « surtout associée à l’opération Entebbe », a déclaré la maîtresse de cérémonie.

Akiva Laxer, un des anciens otages d’Entebbe, a prononcé des bénédictions et des remerciements pour avoir survécu a cette épreuve : « Au nom de mes trois enfants, je te bénis Seigneur, notre Dieu, qui a fait ce miracle pour moi en cet endroit. » La maîtresse de cérémonie, lisant ses notes, a déclaré que le sauvetage des otages était un commandement religieux important du judaïsme. Elle a lu les noms des trois victimes tuées à l’aéroport, et celui de Dora Bloch, Israélo-Britannique de 72 ans qui a plus tard été assassinée dans un hôpital ougandais. Pendant qu’une musique était jouée, une flamme a été allumée par un soldat israélien, fils d’un des otages assassinés.

Le chef du gouvernement Benjamin Netanyahu a déclaré : « Je suis ému d’être ici, à l’endroit où les troupes israéliennes ont sauvé ici des otages au cœur de l’Afrique, si loin de la maison. Il y a 40 ans, des soldats israéliens ont mené une mission historique », « héroïque » et « inoubliable ». Il a évoqué son frère aîné Yonathan, Yoni. Et d'ajouter : « Il y a 40 ans, ils ont atterri au beau milieu de la nuit dans un pays mené par un dictateur brutal qui a offert un refuge aux terroristes. Aujourd’hui, nous avons atterri en plein jour et avons été accueillis par un président qui combat le terrorisme. Entebbe est toujours avec moi, dans mes pensées, ma conscience et profondément dans mon cœur. Chacun d’entre vous, les soldats et les pilotes, que vous soyez ici ou pas ; vous ne saviez pas si vous rentreriez à la maison. Vous êtes venus pour sauver, mais vous saviez que si quelque chose se passait mal, il n’y avait aucune certitude que quelqu’un vienne vous sauver ». Aux familles des otages « dont les êtres chers ont été tués pendant ou après l’opération », Netanyahu a confié qu'à l'instar d'eux ayant éprouvé une « douleur terrible », il avait lui aussi connu cette douleur "en apprenant que son frère avait été tué". Il a ajouté que "malgré ce terrible prix, l’opération avait été un succès et avait renforcé la réputation d’Israël. Cela représente d’après lui une leçon pour les temps actuels, où le monde est toujours confronté au terrorisme". « Le terrorisme a souffert une défaite cuisante. » L'opération Entebbe prouve que « le bien peut triompher sur le mal ». Elle « a été un grand tournant pour mon peuple. Nous avons été assassinés par millions, sans Etat. L’Etat d’Israël a changé cela. C’est peut-être à Entebbe que cette transformation a été vue par le monde. Nous n’étions plus impuissants. »

En anglais, Netanyahu "a déclaré que l’Afrique était un « continent en plein essor ». Sous des applaudissements, il a ajouté que l’Etat juif cherchait « à améliorer ses relations avec tous les états africains. » Il s’est dit « fier » d’être le premier Premier ministre israélien depuis des décennies à venir en Afrique. « Israël revient en Afrique, et l’Afrique revient en Israël », a-t-il déclaré, répétant mot pour mot un slogan inventé au moment de l’annonce de son voyage, il y a plusieurs mois. Dans les années 1960, de nombreux pays africains avaient en effet pris leurs distances avec Israël en raison des guerres de l’Etat hébreu avec ses voisins entre 1967 et 1973 et des liens unissant Tel-Aviv au régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Et d'ajouter : "Afin de battre le terrorisme, le monde a besoin de deux choses : de la clarté pour distinguer le bien du mal, et du courage pour combattre le terrorisme. Nous devons condamner tous les actes de terrorisme, quelque soit l’endroit où ils ont été commis. Lorsque le terrorisme est défait à un endroit, il est affaibli partout. C’est pour cela qu’Entebbe […] était une victoire pour toute l’humanité ».


Le président ougandais, Yoweri Museveni, a estimé que l’opération Entebbe est « un autre lien » entre « la Palestine et l’Afrique ». Il "a invoqué l’histoire biblique de Joseph, qui « était aussi une historie triste, mais a aussi créé un lien, tout comme celle-ci. » Il a continué en déclarant que « bébé Jésus » avait été caché en Egypte, semblant impliqué qu’il était « un autre lien entre l’Afrique et la Palestine, tous nés dans de tristes circonstances ».Il a ajouté que « même […] la religion musulmane » avait été liée à l’Afrique quand le prophète Mahomet avait du fuir sur le continent".

A Netanyahu, il a déclaré : « Votre frère, Jonathan, certains otages israéliens, et certains soldats ougandais ont été tués ici, en cette nuit, le 4 juillet 1976. Heureusement, la mission de sauvetage a réussi et des civils innocents ont été sauvés. »


Il a ensuite souligné "que les terroristes devaient être distingués des combattants de la liberté. « Notre mouvement est un mouvement de libération. Nous n’avons jamais utilisé de méthodes terroristes. Quand il s’agit de savoir quelle guerre combattre, ce sont les deux, la cause et la méthode. Nous devons combattre une juste cause, mais également utilisé des méthodes de combat civilisées. L’utilisation sans discrimination de la violence est interdite. Même les soldats, quand ils ne sont pas armés, ils ne devraient pas être attaqués : c’est notre doctrine. Nous sommes un mouvement de libération, nous utilisons la violence pour la cause de l’Afrique, mais c’est de la violence disciplinée et qui a un but. Pas de la violence sans discrimination. »


Le "dirigeant ougandais a ensuite raconté une histoire à propos d’une rencontre entre lui et le président iranien de l’époque, Mahmoud Ahmadinejad. « Quand je suis allé en Iran, et qu’il y avait l’homme qui était président à ce moment, celui avant l’actuel, Ahmadinejad, je lui ai raconté cette histoire biblique », a-t-il raconté, en parlant des histories liant les juifs à la Terre sainte. « Il me disait que les Juifs ne viennent pas du Moyen Orient, mais d’Europe. Je lui ai dit non, j’ai ma Bible, j’ai ma Bible avec moi, je la lui ai montrée. » Museveni a raconté qu’Ahmadinejad « ne savait rien ». « Dans la Bible, on parle des Perses et des Médianites. Je lui ai demandé, où sont les Médianites ? Je sais que vous êtes les Persans. Mais où sont les Médianites ? Il ne savait pas. » La question est, a-t-il dit, qu’il y a « beaucoup d’ignorance. Bien sûr, je ne veux pas dire à mes amis arabes et à nos amis iraniens que vous êtes tous mentionnés dans la Bible. Il a également noté, en passant, que les « Ougandais pensent que vous êtes chrétiens… Ils ne savent pas que vous êtes les petits-enfants d’Abraham. »

Netanyahu a "ensuite déposé une couronne pour commémorer l’opération à l’aéroport. En 2005, alors qu’il n’était pas à la tête du gouvernement, Netanyahu s’était déjà rendu en Ouganda et avait dévoilé une plaque à la mémoire de son frère".


Projection-débat en 2018
Le 15 novembre 2018 de 20 h 15 à 23 h, la Maison de la Culture Juive de Nogent organisa la projection/débat au Cinéma Royal Palace Nogent du film « Otages à Entebbe », en présence de Rami Sherman, officier d'intervention de Yonatan Netanyhou & de plusieurs témoins. "Le 27 juin 1976, le vol Air France 139, venant de Tel Aviv en Israël et transportant 246 passagers et 12 membres d’équipage, décolle d’Athènes pour rejoindre Paris, mais le vol est détourné par 4 terroristes : 2 Palestiniens membres du Front populaire de libération de la Palestine et 2 Allemands, dont le bras droit de Carlos, appartenant au Revolutionäre Zellen. Ils prennent le commandement de l’avion et le détournent vers Entebbe en Ouganda, où ils atterrissent à l’aéroport international."

Michel Bacos
Commandant de bord du vol 139 d’Air France détourné, gaulliste, Michel Bacos est mort le 26 mars 2019, à l'âge de 95 ans, à Nice. L'hymne israélien a été interprété lors de son enterrement. Le colonel Yonatan Yaari, attaché militaire auprès de l’ambassade d’Israël en France, a prononcé un discours : « Je tenais à être présent ici parmi vous pour saluer la mémoire du commandant Michel Bacos, a-t-il déclaré. Je suis très honoré de partager ce moment avec vous et de représenter ici l’État d’Israël et nos forces armées, Tsahal. En effet, suite à quelques jours dramatiques en 1976, nos destins se sont liés. Par son choix de ne pas abandonner l’ensemble des passagers israéliens et juifs, le commandant Bacos a fait preuve d’un sens de responsabilité, fraternité et courage remarquables qui ont marqué toute une génération en Israël. Il a dit : ‘Un équipage ne quitte pas ses passagers. Un point c’est tout.’ Il savait parfaitement qu’en faisant ce choix, il mettait en danger sa propre vie. Il a préféré rester fidèle à son sens du devoir et d’éthique. En mon nom personnel et au nom de l’État d’Israël, je vous présente toutes nos condoléances les plus sincères. La mémoire du commandant Bacos et de son héroïsme restera gravée dans l’histoire de notre nation pour toujours. »

Michel Cojot
Réalisé par Boaz Dvir, le documentaire « To Kill A Nazi » (Tuer un nazi) évoque le parcours de Michel Cojot, un consultant français dont le père juif Joseph Goldberg avait été déporté et assassiné lors de la Shoah. Michel Cojot avait tenté de tuer Klaus Barbie, puis avait témoigné au procès à Lyon du dirigeant nazi. 

Passager dans cet avion détourné à Entebbe, il avait joué un rôle important en négociant avec les preneurs d'otages pour tenter d'améliorer les conditions de survie des otages, puis en communiquant des informations précieuses sur les armes des terroristes, les lieux, etc.

Ce film a été présenté en avant-première à Los Angeles ce 22 juin 2026 et sera projeté sur Internet, "cet été. La narration est assurée par l’acteur juif déjà récompensé Jason Alexander."

Dances with Films, USA, Sélection officielle, 2026. Mention honorable
Croatian International Film Festival, Croatie, Sélection officielle, 2026



Archives secrètes révélées
En juin 2026, lors du 50e anniversaire de l'opération à Entebbe, des documents secrets israéliens inédits sur l'opération militaire à Entebbe ont été rendus publics. Ils ont révélé le processus politique ayant mené à la décision israélienne d'entreprendre, sans aide extérieure, une opération de sauvetage à des milliers de kilomètres de ses frontières. Après l'échec des négociations avec les terroristes en vue d'un échange otages contre prisonniers, le gouvernement dirigé par Yitzhak Rabin avait pris la décision de mener une opération de sauvetage, seul, sans soutien d'un autre pays.

Issus des Archives, les "procès-verbaux des réunions du gouvernement montrent que, le 1er juillet 1976, le cabinet d'Yitzhak Rabin avait officiellement décidé d'accepter les exigences des terroristes et d'engager des négociations en vue d'un échange de prisonniers, faute d'alternative militaire crédible à ce stade de la crise."

"Ces documents, publiés par les Archives de l'État rattachées au Bureau du Premier ministre, révèlent que les dirigeants israéliens n'ont pas privilégié dès le départ une option militaire, contrairement à l'image largement répandue. Deux jours avant le raid qui libérera les otages en Ouganda, Rabin expliquait aux ministres que la décision d'ouvrir des négociations avait été prise "la conscience tranquille", car "il n'existait alors aucune alternative militaire réalisable dans les délais impartis".

"Le procès-verbal de la réunion du 1er juillet montre ainsi que le gouvernement a accepté d'autoriser son équipe de négociation à entamer immédiatement des discussions avec les ravisseurs, en se déclarant prêt à libérer des prisonniers en échange des otages. Rabin reconnaissait alors qu'Israël s'apprêtait à devenir "le premier gouvernement à accepter d'entrer dans des négociations" avec des terroristes, précisant qu'il ne s'agissait pas d'une simple manœuvre de diversion mais d'une véritable intention de parvenir à un accord."

"Même le ministre de la Défense, Shimon Peres, pourtant farouchement opposé sur le principe à toute concession au terrorisme, s'était rallié à cette décision. Il avait averti ses collègues que céder aux exigences des terroristes risquait d'encourager le terrorisme international, tout en reconnaissant qu'aucun plan opérationnel n'était alors disponible."

Le tournant intervient lorsque les preneurs d'otages décident de prolonger leur ultimatum. Ce délai supplémentaire permet à Tsahal et aux services de sécurité d'élaborer, pour la première fois, une opération militaire concrète. Lors d'une nouvelle réunion gouvernementale le 3 juillet, quelques heures avant le décollage des avions vers l'Ouganda, Rabin explique que "le temps supplémentaire, les nouvelles informations et leur analyse permettent désormais d'envisager une option militaire raisonnable". À partir de ce moment, les négociations ne visent plus qu'à gagner du temps afin de préparer le raid."

"Les archives montrent toutefois qu'aucun des responsables politiques ne nourrissait d'illusions sur les risques de l'opération. Rabin avertit les ministres que le raid entraînera probablement des pertes, tant parmi les soldats que parmi les otages. "Je ne veux pas que le gouvernement prenne sa décision sur la base d'hypothèses optimistes qui ne reposent pas sur les renseignements dont nous disposons aujourd'hui", déclare-t-il. "Nous nous engageons dans une opération complexe qui fera des victimes."

"Les inquiétudes portent également sur la qualité des renseignements disponibles. Le ministre de la Police, Haim Bar-Lev, souligne que les informations sur le terrain sont incomplètes, tandis que Shimon Peres décrit l'opération comme "une première dans l'histoire d'Israël en dehors des frontières du Moyen-Orient".

"Ces documents offrent ainsi un éclairage inédit sur la prise de décision qui a précédé le célèbre raid d'Entebbe. Ils montrent que le recours à la force n'a été adopté qu'après l'apparition d'une possibilité opérationnelle crédible, alors que le gouvernement s'était initialement résolu, par absence d'alternative, à négocier avec les ravisseurs pour tenter de sauver les otages."



"To Kill a Nazi" de Boaz Dvir
Etats-Unis, France, 2026, 101 min.
Producteurs : Boaz Dvir, Matthew Einstein, Gayle Zachmann
Narrateur : Jason Alexander

Les otages d’Entebbe, le combat d’Israël contre le terrorismede Thomas Ammann
Allemagne, 2009, 52 minutes
Sur Arte le 30 juin 2010, à 20 h 35


Visuels de haut en bas :
Photos en couleurs : Muki Betzer, ancien commandant de l’unité anti-terroriste, Avi Primor, diplomate à la retraite, et Nahum Dahan, ancien otage. © Prounen Film/Uli Fischer
Photo du camp d'Auschwitz-Birkenau en noir et blanc : © DR
Photo de Jean-Jacques Mimouni :  © DR, Eyal Boers  
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Aventures dans le ciel : coup d'éclat à Entebbe, Aviasport, n° 557, avril 2001

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Cet article a été publié pour la première fois le 27 juin 2010, republié les 3 juillet 2012 et 3 juillet 2013, 16 septembre 2014, 24 juin 2015, 3 juillet 2016, 4 juillet 2017, 14 novembre 2018, 4 juillet 2019, 3 juillet 2020. Il a été modifié le 14 novembre 2018, 2 juillet 2021, 1er juillet 2022.

mercredi 1 juillet 2026

Fred Zinnemann (1907-1997)

Fred Zinnemann (1907-1997) était  un réalisateur américain né dans une famille juive autrichienne dans l'empire austro-hongrois. Après avoir eu son diplôme d'une école de formation aux métiers du cinéma à Paris (France), il a débuté à Berlin (Allemagne). Puis, à Hollywood, il réalise des chefs d'oeuvre, dont "High Noon", "From Here to Eternity", "Oklahoma!", "A Man For All Seasons", et est distingué par quatre Oscar. Arte rediffusera le 6 juillet 2026 à 13 h 35 « Le train sifflera trois fois » de Fred Zinnemann avec Gary Cooper et Grace Kelly.

« West Side Story » par Robert Wise 
Fred Zinnemann (1907-1997)


« Il y a deux mille ans, Hillel, un des inspirateurs du Talmud, posait cette question, racontait Fred Zinnemann dans un entretien. “Si je ne suis point moi-même, qui le sera pour moi ? Et si je ne vis que pour moi-même, qui vivra pour moi ?” C'est un thème qui me paraît d'une portée universelle. C'est un combat qui peut opposer l'individu qui cherche à suivre sa propre voie à la communauté, tout autant qu'un dilemme purement intérieur qui déchire un personnage, l'opposant non plus à un ennemi mais à lui-même »
Fred Zinnemann

Fred Zinnemann (1907-1997) naît dans une famille juive bourgeoise - père médecin - à Rzeszów, alors dans l'empire austro-hongrois et actuellement en Pologne.

En 1927, il termine ses études de droit à l'université de Vienne.

Après un an de formation à l'Ecole Technique de Photographie et Cinématographie ou Ecole de la rue Vaugirard à Paris, il travaille comme cameraman à Berlin (Allemagne). ll y côtoie des débutants nommés Billy Wilder et Robert Siodmak qui collaborent avec lui en 1929 dans Les Hommes le dimanche

Avec l'arrivée du cinéma parlant et les problèmes économiques en Allemagne, conscient que l'industrie cinématographique européenne traverse une crise, ce vingtenaire découvre émerveillé New York, et part travailler à Hollywood. Il collabore avec le documentariste Robert Flaherty, "probablement la plus grande influence sur mon travail comme réalisateur", a reconnu Fred Zinnemann.

Il débute par des postes modestes : ainsi, il apparaît dans "All Quiet on the Western Front" (1930)

Au Mexique, il co-réalise avec  Emilio Gómez Muriel, en 1935, son premier film "Les Révoltés d'Alvarado" (Redes, The Wave), avec essentiellement des acteurs amateurs locaux. 

Il travaille pour le plus grand studio hollywoodien : la MGM (Metro Goldwyn Mayer). Après des courts métrages, il tourne des longs métrages : après  Eyes in the Night et Kid Glove Killer, il assure la réalisation de "The Seventh Cross" (1944), d'après l'oeuvre d'Anna Seghers, avec Spencer Tracy et Hume Cronyn. 

Après la Deuxième Guerre mondiale, il apprend que ses parents ont été tués lors de la Shoah.

Fred Zinnemann a été un des premiers réalisateurs qui, par souci de crédibilité, a tourné hors des studios, en décors réels, en mêlant stars et anonymes.

Peu satisfait de "My Brother Talks to Horse" (1947) avec Peter Lawford et "Little Mister Jim" (1947), il réalise "The Search" (Les Anges marqués, 1948), qui remporte l'Oscar du Meilleur scénario. Tourné dans une Allemagne peinant à se relever des ruines de la Deuxième Guerre mondiale, le film dramatique a pour personnage principal un GI, interprété par Montgomery Clift, qui veille sur un enfant tchèque perdu et traumatisé par la guerre. 

Dans sa filmographie, citons : "Act of Violence" (1948), où Van Heflin est un ancien POW (prisonnier de guerre) marié à Janet Leigh et poursuivi par Robert Ryan, "The Men" (1950) avec Marlon Brando, "High Noon" (Le Train sifflera trois fois, 1952), sur un scénario de Carl Foreman, avec Gary Cooper, Grace Kelly et Katy Jurado, "From Here to Eternity" (1953), "Oklahoma!" (1955), "Une poignée de neige" (1957) avec Don Murray, Eva Marie Saint et Anthony Franciosa, "The Nun's Story" (1959) avec Audrey Hepburn, "A Man For All Seasons" (1966), "The Day of the Jackal" (1973) et  "Julia" (1977) avec  Jane Fonda, Vanessa Redgrave, Jason Robards, Cinq Jours, ce printemps-là (1982) 

Ses vingt-cinq films en cinquante ans de carrière cinématographique, dans des genres aussi différents que le western, la comédie musicale, le film noir ou le thriller, ont reçu 65 nominations aux Oscar, et en ont remporté vingt-quatre. Fred Zinnemann a reçu l'Oscar du Meilleur réalisateur en 1954 pour Tant qu'il y aura des hommes (From Here to Eternity) avec Deborah Kerr, Burt Lancaster, Montgomery Clift, Frank Sinatra, puis en 1967 pour Un homme pour l'éternité (A Man for All Seasons), biographie filmée de Thomas More avec Paul Scofield, Robert Shaw et Orson Welles.

Une des principales thématiques de ses films : l'individu seul éprouvé par des événements tragiques, qui fait preuve de courage et lutte pour conserver sa dignité.

"Les Hommes le dimanche"
En 1929, Robert Siodmak co-réalise avec Edgar G. Ullmer son premier film « Menschen am Sonntag » (Les Hommes le dimanche, People on Sunday) (1929), sur un scénario de son frère Curt, Billy Wilder et Fred Zinnemann. Un film produit par Seymour Nebenzal et interprété par Brigitte Borchert, Christl Ehlers, Annie Schreyer, Wolfgang von Walthershausen, Erwin Splettstosser et Heinrich Gretler. Directeur de la photographie : Eugen Schufftan. 

Un film caractéristique de la Nouvelle Objectivité par son réalisme sur la vie quotidienne de jeunes Berlinois durant la République de Weimar. Et qui contient des séquences documentaires sur la ville de Berlin, autre personnage de l'oeuvre cinématographique, et les loisirs offerts à ses habitants.

« Le train sifflera trois fois »
Arte rediffusera le 6 juillet 2026 à 13 h 35 « Le train sifflera trois fois » de Fred Zinnemann.

« Confronté à un malfrat qui revient pour se venger, le shérif Will Kane est peu à peu abandonné de tous... Unités de temps, de lieu et d'action : un classique du western réglé comme une pièce du théâtre classique. Avec Grace Kelly et Gary Cooper. »

« 1875, Nouveau-Mexique. Le shérif de Hadleyville, Will Kane, vient de passer l’alliance au doigt de la jeune et belle Amy. Au grand soulagement de celle-ci, il a promis de raccrocher les armes et de rendre son insigne le soir même. Mais il apprend que Frank Miller, un bandit qu’il avait autrefois expédié en prison, revient en ville pour se venger. Le tueur doit arriver par le train de midi, et trois de ses complices vont l'attendre à la gare pour lui prêter main-forte. Will renonce à son voyage de noces et tente de réunir quelques hommes pour braver Miller et sa bande. Mais peu à peu, il est abandonné de tous... »

« Grand succès à sa sortie en 1952, le film a surpris en se démarquant avec maestria des codes du western. Dans un noir et blanc crépusculaire, Fred Zinnemann construit son scénario autour de l'unité de temps, de lieu et d’action. Ciselant son intrigue sous forme d’un compte à rebours avant l’arrivée du train, il embarque le spectateur minute par minute dans un suspense éprouvant. »

« Aux côtés de Grace Kelly, lumineuse, Gary Cooper excelle dans son rôle de justicier solitaire, qui découvre la lâcheté de son entourage. »

« Un western devenu un classique absolu, mais aussi une implacable allégorie de la chasse aux sorcières maccarthyste qui s'emparait alors des États-Unis. » Ce que Fred Zinnemann a toujours nié.

25e cérémonie des Oscars (1953)
Oscar du meilleur acteur pour Gary Cooper
Oscar du meilleur montage pour Elmo Williams et Harry Gerstad
Oscar de la meilleure musique pour Dimitri Tiomkin
Oscar de la meilleure chanson pour Dimitri Tiomkin (musique) et Ned Washington (paroles)

10e cérémonie des Golden Globes (1953)
Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique pour Gary Cooper
Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle pour Katy Jurado
Golden Globe de la meilleure photographie noir et blanc


"Tant qu'il y aura des hommes"
Arte rediffusa "Tant qu'il y aura des hommes" (Verdammt in alle Ewigkeit ; From Here to Eternity), film réalisé par Fred Zinnemann. "À la veille de l’attaque de Pearl Harbor, un soldat se révolte contre les brimades militaires... Empli d'humanité, un grand classique du cinéma américain servi par une brochette de stars (Deborah Kerr, Burt Lancaster, Montgomery Clift, Frank Sinatra...) et récompensé en 1954 par huit Oscars", dont ceux du meilleur réalisateur et du meilleur acteur dans un second rôle.

"Été 1941. Prewitt, un ancien boxeur, est affecté dans un régiment de Pearl Harbor. Quand le sergent Warden, véritable chef du camp et amant de Karen, la femme du capitaine, lui demande de remonter sur le ring, celui-ci refuse, traumatisé d'avoir rendu aveugle un de ses adversaires. Il devient alors la tête de turc de ses camarades. Jusqu'au jour où Maggio, l'un de ses amis, meurt à la suite des mauvais traitements infligés par un capitaine sadique. En colère, Prewitt décide de provoquer ce dernier en duel…" 

 "Le film a été rendu célèbre par la scène débordante de sensualité – qui n'avait pas manqué de choquer à l'époque – où Burt Lancaster et Deborah Kerr sont submergés par une vague… de plaisir. Cette dose de glamour pourrait surprendre tant le film fleure de prime abord la testostérone, plongeant dans l'ambiance d'une institution militaire qui ne jure que par un instinct grégaire et brutal, et dont le cinéaste dénonce les dysfonctionnements et les pratiques humiliantes". 

"Mais, par l'intermédiaire des deux héros insurgés contre l'armée, interprétés par les inoubliables Montgomery Clift (Prewitt) et Frank Sinatra (Maggio), le cinéaste insuffle une sensibilité et un érotisme étonnants à son œuvre. Comme si, ici, le courage et le sens de la justice n'avaient rien à voir avec la force physique mais s'exprimaient à travers la délicatesse des émotions. Un beau film humaniste."

"Convaincu de l’étendue de son registre dramatique et de la nécessiter de relancer sa carrière, Frank Sinatra a obtenu difficilement, et avec l'aide d'Ava Gardner, de passer une audition et d’interpréter le rôle de Maggio, dans From Here to Eternity (Tant qu’il y aura des hommes) de Fred Zinnemann (1954), avec Burt Lancaster, Montgomery Clift, Déborah Kerr. "J'ai fait ce film pour survivre. J'ai arrêté l'alcool", confie Sinatra.

Ce rôle dramatique lui vaut l'Oscar du meilleur second rôle. "I am deeply thrilled and very moved... I am terribly pleased", a déclaré Frank Sinatra lors de la cérémonie de remise des Oscar.

"Au risque de se perdre"
Réalisé par Fred Zinnemann, The Nun's Story (Au risque de se perdre, 1959) est interprété par Peter Finch, Edith Evans et Peggy Ashcroft. 

Un film adapté du roman éponyme de Kathryn C. Hulme (1956) et dont le tournage s'est déroulé en partie en Afrique.

"L'histoire d'une jeune fille de la bourgeoise belge qui entre dans les années 1930 dans un couvent de Bruges. Diplômée de médecine tropicale, elle se rend au Congo pour y assister un médecin athée. Éprouvée, elle retourne dans la Belgique peu avant la Deuxième Guerre mondiale. Quand les Nazis occupent le pays, refusant les compromis, elle quitte le couvent..."


« Le train sifflera trois fois » de Fred Zinnemann
Etats-Unis, 1952, 82 min
Production : Stanley Kramer Productions
Producteur : Stanley Kramer
Auteur : John W. Cunningham
Scénario : Carl Foreman
Image : Floyd Crosby
Montage : Elmo Williams
Musique : Dimitri Tiomkin
Avec Gary Cooper (Marshall Will Kane), Grace Kelly (Amy Fowler Kane), Thomas Mitchell (Jonas Henderson), Lloyd Bridges (Harvey Pell), Katy Jurado (Helen Ramírez), Lon Chaney Jr. (Martin Howe), Lee Van Cleef (Jack Colby), Otto Kruger (Percy Mettric), Harry Morgan (Sam Fuller), Ian MacDonald (Frank Miller)
Sur Arte les 6 juillet 2026 à 13 h 35, 17 juillet 2026 à 15 h 40
Sur arte.tv du 22/06/2026 au 21/07/2026
Visuels © Paramount Pictures Corporation, DR

"Tant qu'il y aura des hommes" de Fred Zinnemann
Etats-Unis, 1953
Auteur : James Jones
Scénario :Daniel Taradash
Production : Columbia Pictures
Producteur : Buddy Adler
Image : Burnett Guffey
Montage :William Lyon
Musique :George Duning
Avec Deborah Kerr, Burt Lancaster, Montgomery Clift, Donna Reed, Frank Sinatra, Philip Ober, Mickey Shaughnessy, Ernest Borgnine, Jack Warden
Sur Arte le 3 mai 2020 à 20 h 55
Visuels : © 1953, renewed 1981 Columbia Pictures Industries/Burnett Guffey

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 8 mai 2020.