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mercredi 30 septembre 2026

Le Dr Yehuda David, Clément Weill-Raynal et Actualité juive condamnés pour avoir diffamé Jamal al-Dura

Le 29 avril 2011, la XVIIe chambre du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris a condamné le Dr Yehuda David, chirurgien, Clément Weill-Raynal, journaliste, et Actualité juive à payer solidairement 5 000 euros en dommages et intérêts à Jamal al-Dura pour l'avoir diffamé dans deux articles publiés en 2008 par cet hebdomadaire. Le Tribunal a jugé diffamatoires des propos alléguant que, le 30 septembre 2000, ce Gazaoui avait participé à une mise en scène diffusée par France 2, puis avait imputé à tort à des tirs israéliens la mort de son fils Mohammed et ses anciennes blessures afin de berner l'opinion publique, et ce, avec la complicité de médecins palestiniens. Ce jugement laisse entières certaines questions, voire en suscite d'autres notamment sur la date de l'hospitalisation à Amman de Jamal al-Dura et la "foi" de magistrats en un "rapport" médical jordanien. Ce qui affaiblit la crédibilité de ces images télévisées. Article republié en ce 26e anniversaire de la diffusion par le Journal télévisé (JT) de 20 h France 2 de ce "blood libel" (allégation infondée de meurtre rituel d'un enfant non-juif par des Juifs), et alors que, depuis et notamment durant la guerre israélienne existentielle Swords of Iron (Epées de fer), Pallywood/Gazawood a continué de mettre en scène, produire et diffuser à des médias occidentaux, naïfs ou cyniques, d'autres blood libels alimentant l'antisémitisme et diffamant l'Etat d'Israël. Faute d'une défaite judiciaire, politique et médiatique dans cette affaire al-Dura, Pallywood a continué sa production léthale pour Israël et les juifs. Le 30 septembre 2026, l'historien Richard Landes a publié sur son blog "Al Durah, The First Post-Modern Blood Libel. Pallywood’s Most Spectacular Success" ("Al Durah, la première accusation de meurtre rituel post-moderne. Le succès le plus spectaculaire de Pallywood").

Cet article a été publié en une version américaine plus concise par Ami magazine.
That article was published in American English and in a more concise version by Ami magazine.
Les blessures de Jamal al-Dura étudiées par le Tribunal correctionnel de Paris
La Cour d’appel de Paris a évoqué les blessures de Jamal al-Dura 
« Le fusillé du mur des cons » par Clément Weill-Raynal


C'est un jugement de treize pages à la motivation sévère, mais il ne convainc pas et ne clôt pas l'affaire al-Dura.

Des images aux "blessures"
L'affaire al-Dura a débuté le 30 septembre 2000, quand France 2 a diffusé le reportage de Charles Enderlin, son correspondant permanent à Jérusalem, déclarant en voix off sur des images signées par le cameraman palestinien Talal Abu Rahma :
« Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus des positions israéliennes. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».
Jamal al-Dura a été filmé alité dans un hôpital à Gaza le 1er octobre 2000, puis à Amman (Jordanie) le 5 octobre 2000 lors de la visite du roi Hussein de Jordanie.

L’image du « petit Mohamed » devient l’icône de l’Intifada II.

Ce reportage suscite des doutes, et des enquêtes dès fin 2000 de Nahum Shahaf, physicien israélien, de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l’agence de presse Mena (Metula News Agency). 

Nahum Shahaf et la Ména contestent l'authenticité des faits allégués dans ce reportage, et concluent à la mise en scène.

Au sein de la Ména, Gérard Huber, psychanalyste, et Luc Rosenzweig, journaliste confirmé, poursuivent leurs investigations. Gérard Huber publie un livre au titre significatif.

Dans son documentaire Trois balles et un enfant mort. Qui a tué Mohamed al-Dura ? diffusé en 2002 par ARD, Esther Schapira, documentariste allemande, soutient que l'enfant serait mort vraisemblablement par des balles palestiniennes. 

C'est Richard Landes, historien américain, qui parvient à interviewer Charles Enderlin, et forge le néologisme Pallywood pour désigner l'industrie audiovisuelle palestinienne de propagande…

La polémique sur ce reportage controversé est alimentée par le long refus de France 2 de rendre publics les rushes du reportage, et les versions successives et contradictoires de Talal Abu Rahma qui, le 3 octobre 2000, affirme sous serment, au Centre palestinien des droits de l’homme : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne », puis se rétracte le 30 septembre 2002, soit deux ans plus tard, dans un fax adressé à France 2 Jérusalem : « Je n’ai jamais dit à l’Organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement et en connaissance de cause Mohamed al-Dura et blessé son père ».

Le 23 octobre 2004, Talal Abu Rahma a filmé (13'04") Jamal al-Dura à son domicile Gazaoui en train de montrer les cicatrices censées remonter à l'incident du 30 septembre 2000. France 2 a diffusé ce film lors d’une conférence de presse le 18 novembre 2004 afin de mettre un terme à cette controverse.

Le 19 octobre 2006, la XVIIe chambre du TGI de Paris a condamné Philippe Karsenty, directeur de l'agence de notation des médias Média-Ratings, pour diffamation à l’égard de France 2 et de Charles Enderlin : il avait évoqué une « mise en scène » de ces images. Un jugement infirmé par la Cour d’appel de Paris qui a relaxé Philippe Karsenty le 21 mai 2008.

Les 4 septembre et 25 septembre 2008, Actualité juive (1) a publié l'interview du Dr Yehuda David, chirurgien à l’hôpital Tel ha Shomer à Tel-Aviv, par Clément Weill-Raynal - article titré Les blessures de Jamal al-Dura existaient déjà en 1993 sans la moindre ambiguïté possible ! -, puis une réponse de ce journaliste à un droit de réponse de Charles Enderlin.

Le Dr Yehuda David y affirmait que Jamal al-Dura, victime en 1992, de blessures au couteau lors d’une rixe entre Palestiniens, avait d'abord été opéré dans la bande de Gaza : ces coups avaient sectionné des nerfs médian et cubital ; ils avaient induit une paralysie de la main droite. En 1994, le Dr David a opéré Jamal al-Dura à l'hôpital Tel ha Shomer à Tel-Aviv : pour restaurer la flexibilité des doigts de cette main droite, il a prélevé un tendon dans le pied et la jambe gauches du patient pour les transférer dans sa main droite. Ce chirurgien a d'une part reconnu dans des cicatrices de Jamal al-Dura au pied et à la jambe gauches ainsi qu'à la main et à l'avant-bras droit les cicatrices de blessures originelles et celles de son opération, et d'autre part, douté de l'authenticité de faits allégués par Jamal al-Dura, en particulier l'imputation à des balles israéliennes d'autres blessures (artère fémorale).

Le 9 septembre 2008, le professeur israélien Raphaël Walden a écrit un "rapport" d'une page en se fondant seulement sur "le dossier médical pour l'hospitalisation de Jamal al-Dura à l'Al-Hussein Medical City Hospital" à Amman le "1er octobre 2000". Il a listé les blessures de Jamal al-Dura selon leur localisation : "membre supérieur droit", "membre inférieur droit" et "membre inférieur gauche" en évoquant des "blessures par balles" dans les seuls deux membres inférieurs.

Le 8 février 2011, le Dr Yehuda David et Clément Weill-Raynal, journaliste à Actualité juive, ont comparu et, Serge Bénattar, directeur de cet hebdomadaire français, était représenté, devant la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris.  Ils étaient poursuivis pour diffamation par Jamal al-Dura, A Dura ou Dura, absent de l'audience.

10 000 euros à verser à Jamal al-Dura
Le Tribunal n'a donc pas suivi les réquisitions de relaxe des prévenus proposées par Dominique Lefebvre-Ligneul, représentant le Parquet.

Il a condamné chaque défendeur à une amende de 1 000 euros, assortie d'un sursis total, et tous trois solidairement à verser à Jamal al-Dura 5 000 euros au titre des dommages et intérêts, ainsi que 5 000 euros au titre de ses frais de justice.

Il a aussi ordonné la publication par Actualité juive d'un communiqué sur ce jugement dans le mois suivant sa notification.

Il a débouté Jamal al-Dura du surplus de ses demandes.

Une diffamation établie
La diffamation est une « allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne » (article 29 de la loi du 29 juillet 1881).

Le Tribunal estime que les six passages incriminés de ces deux articles sont diffamatoires car ils allèguent que Jamal al-Dura a participé à un incident mis en scène et qu'il a rendu "des tirs émanant de l'armée israélienne" responsables de "blessures anciennes", dans le but de tromper l'opinion publique "en faisant croire que des blessures venaient de lui être infligées au cours d'une fusillade qui avait fait perdre la vie à son fils", et avec le concours de complices médecins palestiniens.

Poursuivis pour diffamation, les prévenus peuvent être relaxés s’ils prouvent la vérité des faits allégués - exception de vérité -, ou s'ils démontrent leur bonne foi.

La « preuve des faits diffamatoires doit être parfaite, complète et corrélative aux imputations diffamatoires dans leur matérialité et toute leur portée ». Le Tribunal estime que celle des trois défendeurs ne l'est pas, et n'examine pas celle de Jamal al-Dura. Ainsi, il écarte des articles de presse et l'arrêt de la Cour d'appel de Paris de 2008 tançant Charles Enderlin au motif qu'ils ne "sont pas probants au regard des imputations dont la vérité est recherchée", ainsi que les témoignages de Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), et de Luc Rosenzweig, journaliste ayant enquêté sur l'affaire car "ils n'ont pas permis d'établir la preuve recherchée par les prévenus". Quant à l'attestation du Dr Stéphane Romano du 7 juin 2010, certes elle reconnaît que "l'aspect de la main et le handicap au membre supérieur de ce patient sont consécutifs à un traumatisme précédent son éventuelle implication dans la fusillade d'octobre 2000", mais "la description des blessures ne permet pas d'identifier celles qui proviennent des interventions précédentes et celles qui seraient nouvelles".

Par contre, le Tribunal retient le "document médical" que Jamal al-Dura "avait présenté lors de l'entretien télévisé du mois d'octobre 2004, ainsi que la capture d'écran du rapport médical (avec sa traduction), établi par les docteurs Ahmaed Abdallah, Mohamed al Zaher et Hakem al Kadi, médecins de la cité médicale Al Hussein à Hamman en Jordanie où il avait été hospitalisé le 4 décembre 2000" et qui "constate :
- un état anémique grave dû à l'hémorragie,
- une double fracture (avec effritement osseux) au niveau de l'humérus droit,
- une fracture au niveau du bassin plus l'os de la "hanche droite",
- une section de l'artère, de la veine et du nerf au niveau de la cuisse droite (une intervention ayant été pratiquée dans la bande de Gaza),
- des blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes,
- d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit".

Ces "constatations distinguent clairement des blessures anciennes de la main droite d'autres blessures dont il n'est pas dit qu'elles seraient anciennes et dont il y a lieu de croire, sur la foi de ce rapport, qu'elles auraient été constatées lors de l'admission de Jamal al-Dura à l'hôpital Al Hussein d'Hammam".

Ces constatations "n'excluent nullement l'existence de blessures survenues ultérieurement à l'intervention du docteur Yehuda David et ne permettent donc pas de rapporter la preuve des imputations diffamatoires".

Pour résumer cet extrait du jugement fondé sur un argument chronologique : sur la base de ce "rapport médical", les "constatations" lors de l'admission de Jamal al-Dura dans cet hôpital "le 4 décembre 2000" ne permettent pas, selon le Tribunal, d'exclure l'hypothèse de blessures postérieures à 1994.

Sur la bonne foi, la jurisprudence requiert la réunion de quatre conditions : l’absence d’animosité personnelle, un but légitime, la prudence dans l’expression et une enquête préalable sérieuse.

Certes, le Tribunal reconnaît l'absence d'animosité du journaliste et du chirurgien à l'égard de Jamal al-Dura, ainsi que la nécessité d'informer sur un reportage ayant donné lieu à un "débat public et la polémique" et ayant généré une "affaire internationale particulièrement médiatisée", les "images de la mort du jeune Mohammed ayant fait le tour du monde et étant devenues emblématiques de la cause palestinienne".

Cependant, le Tribunal reproche au Dr David d'avoir manqué de prudence dans ses déclarations, de n'avoir pas examiné récemment Jamal al-Dura ni lu ses dossiers médicaux à Gaza et en Jordanie avant de s'exprimer sur certaines blessures. Quant à Clément Weill-Raynal, le Tribunal blâme son "engagement rédactionnel", son "acquiescement" aux propos du chirurgien, et une rétention d'informations à l'égard de celui-ci et des lecteurs, sans "donner au lecteur des éléments contradictoires lui permettant d'apprécier "la thèse de la mise en scène" développée".

Les trois défendeurs ont interjeté appel de leur condamnation.

Des avocats interrogés, seule Me Orly Rezlan, avocate de Jamal al-Dura, m'a répondu. Le 1er mai 2011, Me Orly Rezlan s'est réjouie de cette décision qui "reflète le contenu des débats à l’audience. Le docteur David a admis que son dossier médical ne pouvait expliquer les cicatrices les plus impressionnantes constatées sur le corps de Jamal al-Dura et en particulier, la cicatrice à l’aine... Il est ainsi démontré que les blessures de Jamal al-Dura ne préexistaient pas à la fusillade. Ce procès aura permis de poser à ce médecin des questions précises et de montrer les limites de son propos”.

Carences informatives et contradictions
Pourtant, le jugement laisse dubitatif par certaines assertions - notamment l'avis négatif sur l'enquête sérieuse menée par Clément Weill-Raynal -, ses contradictions et ses carences informatives, ainsi que ses partis pris non motivés : le Tribunal cite des déclarations officielles israéliennes anciennes (octobre et novembre 2000), mais non celles plus récentes, par exemples la lettre de la Direction nationale de l'Information auprès du Premier ministre le 21 octobre 2010 réfutant toute responsabilité israélienne dans la "mort de Mohamed al-Dura" ou les déclarations de Daniel Seaman, alors responsable du Bureau de presse gouvernemental (GPO), affirmant fin septembre 2007 au cabinet israélien d’avocats Shurat HaDin que "le cameraman Talal Abu Rahma a mis en scène tout l’incident" et précisant en 2008 que ce cameraman s'était vu retirer sa carte de presse par le GPO "car il était impliqué "dans la mise en scène d'évènements dans la bande de Gaza". On pourrait donc retourner au Tribunal le reproche de rétention d'informations qu'il adresse à Clément Weill-Raynal.

A cet égard, on comprend mal les louvoiements du gouvernement israélien entre deux thèses inconciliables : celle de la "mise en scène de l'incident al-Dura" et celle de la "mort de Mohamed al-Dura" selon "une forte probabilité" par des "balles palestiniennes". Il conviendrait qu'il fixe enfin sa position, et en tire toutes les conséquences.

Ce jugement du Tribunal suscite de nombreuses questions.

1. A quelle date Jamal al-Dura a-t-il été hospitalisé dans "la cité médicale Al Hussein à Hamman en Jordanie" ?
            - "sur la foi" du rapport jordanien d'hospitalisation de Jamal al-Dura à Amman, le Tribunal écrit que ce patient y "avait été hospitalisé le 4 décembre 2000".
            - se fondant sur le "rapport médical d'hospitalisation" de Jamal al-Dura à Amman, le professeur Raphaël Walden mentionne, dans son "rapport" évoqué devant le Tribunal, une autre date d'hospitalisation : le "1er octobre 2000".
            - le film montré par France 2 devant la Cour d'appel de Paris le 27 février 2008 et sur son site Internet, indique que "le lendemain des faits", donc le 1er octobre 2000, "Jamal al-Dura est allongé sur son lit d'hôpital à Gaza" (11'13").
            - le rapport médical jordanien traduit par la Metula News Agency (ou Mena) est signé par les docteurs Issam Albshari, Mohamed Altihar et Hakim Alkadi. Il indique que Jamal al-Dura a été admis dans cet hôpital al-Hussein " le 1er octobre 2000 après avoir été transféré de la bande de Gaza, Camp de El Burej, des suites de blessures par balles deux jours avant son transfert", soit le 29 septembre 2000. Or, le reportage de France 2 sur l'incident al-Dura date du 30 septembre 2000.
            - Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Mena (1), a indiqué :
"en date du 26 novembre 2000, la Direction de la Coordination et des Liaisons de l’armée israélienne fait parvenir par courrier au chef de la Commission d’enquête sur les événements du 30 septembre 2000 à Nétzarim, Nahum Shahaf, un compte-rendu des "Mouvements de sorties à l’étranger de Jamal Mohamed Ahmed Dura – carte d’identité 942395930". Le rapport des mouvements de sorties est signé par Yekhezkel Dgani, le coordinateur de l’Enregistrement de la population – Mirsham Ha-okhluzinn -, l’administration israélienne en charge du Contrôle de l’Habitant. Le compte-rendu référencie les cinq derniers mouvements de Jamal. Or ce document mentionne spécifiquement que c’est le 4 octobre qu’A-Dura [Nda : "La carte d’identité israélienne et le rapport jordanien mentionnent Dura et A Dura, ce qui est équivalent", précise Stéphane Juffa] a quitté le territoire alors contrôlé par l’Etat d’Israël, au poste de l’aéroport de Dahanya, dans le sud de la Bande de Gaza".
            - le roi Hussein de Jordanie a été filmé le 5 octobre 2000 au chevet de Jamal al-Dura qui a été interviewé par deux journalistes israéliens.

C'est d'autant plus étrange qu'il ressortait des débats que Jamal al-Dura avait été hospitalisé une seule fois dans cet hôpital jordanien en 2000.

2. Quelles blessures ? Quelles cicatrices de quelles blessures ?
Il est regrettable qu'après les dix heures d'audience du 8 février 2011, et même en reprenant la teneur du "rapport médical" de trois médecins de l'hôpital Al Hussein à Amman, le Tribunal ne fournisse pas des données essentielles et indispensables : nombre, nature et localisations exacts des blessures de Jamal al-Dura attribuées aux tirs israéliens le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim. De même, manquent les comparaisons entre les blessures de 1992, celles opérées en 1994 et celles datant du 30 septembre 2000.

Selon le Tribunal, ce "rapport médical" jordanien évoque des "blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes", et pour elles seules. Pourquoi les trois auteurs de ce "rapport médical" jordanien ont-ils tenu à spécifier la nature des blessures - "par balles" - pour ces seuls membres ? Par cette précision, ses trois auteurs ont opéré une distinction parmi toutes les blessures, selon leur nature.

A contrario, et ipso facto, les autres blessures constatées - "une double fracture (avec effritement osseux) au niveau de l'humérus droit, une fracture au niveau du bassin plus l'os de la "hanche droite", une section de l'artère, de la veine et du nerf au niveau de la cuisse droite (une intervention ayant été pratiquée dans la bande de Gaza)" et "d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit" - ne résulteraient donc pas de balles si l'on suit la distinction opérée par ces trois médecins. Et elles ne pourraient donc pas avoir été causées par des balles israéliennes le 30 septembre 2000.

Poursuivons ce raisonnement respectueux du sens littéral du "rapport médical" rédigé par trois praticiens jordaniens :

- ce "rapport médical" jordanien exclut ipso facto toute nouvelle blessure "au niveau de la main droite" et toute nouvelle "section du nerf cubital droit". L'état de la main droite de Jamal al-Dura se trouve donc en l'état résultant de l'opération chirurgicale effectuée par le Dr Yehuda David dans un hôpital réputé de Tel-Aviv en 1994.

- pourquoi le bras droit jusqu'à la main de Jamal al-Dura, hospitalisé le 1er octobre 2000 à Gaza, est-il entouré d'un plâtre ou bandage taché de rouge (surtout au niveau de la main, 11'12'') ? Surtout si seul "l'humérus droit" a subi une "double fracture" ?

- quand "l'intervention à la cuisse droite" a-t-elle été pratiquée "dans la bande de Gaza" ? Et dans quel hôpital ?

- quid du petit rond sur la fesse droite de Jamal al-Dura présenté comme la cicatrice d'une "blessure par balle" du 30 septembre 2000, filmé par Talal Abu Rahma le 23 octobre 2004 (13'40'') et omis par ce "rapport médical" jordanien et par le Tribunal qui a vu ce film ? Admettons qu'un médecin de cet hôpital d'Amman n'ait pas vu cette "blessure par balle" sur la fesse droite de Jamal al-Dura. Mais trois !? Ces trois médecins de l'hôpital d'Amman ont-ils ausculté leur patient à son arrivée ou se sont-ils fiés au dossier médical de l'hôpital palestinien en en recopiant une partie ? De quand date ce petit rond ? A l'audience, le Dr Yehuda David avait informé le Tribunal que des Palestiniens tirent une balle dans la fesse de ceux présumés avoir collaboré avec l’Etat d’Israël.

- Combien de "blessures par balles" ? "Neuf" selon des "sources médicales palestiniennes". Le Tribunal évoque, "sur la foi" du "rapport médical" jordanien, "des blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes". Dans le film tourné par Talal Abu Rahma pour France 2 le 23 octobre 2004 sur les cicatrices provoquées par des "blessures par balles" le 30 septembre 2000, Jamal al-Dura dirige son index le long de tracés de ce qui semble de longues et fines cicatrices sur sa jambe gauche (13'47''), puis désigne dans sa jambe droite ce qu'il présente aussi comme deux cicatrices : une petite zone que l'on peine à distinguer et qui semble au-dessous d'un rond foncé près du genou (14'22''), et un petit rond près du pied (14'28'').

- Jambe gauche. Selon le "rapport" du professeur Walden, Jamal al-Dura a " deux blessures par balles" situées " au milieu et au tiers supérieur". Cependant, Jamal al-Dura désigne de son index ce qui semble des cicatrices qui parcourent sa jambe du genou jusqu'au pied, donc bien au-delà du "milieu" de la jambe (13'47''-14'19''). Le Dr Yehuda David affirme que certaines cicatrices datent de son opération chirurgicale en 1994.
- Jambe droite. Selon le "rapport" du professeur Walden, Jamal al-Dura aurait de "multiples blessures par balles" et une "blessure par balle au tiers supérieur du tibia". Jamal al-Dura ne désigne que deux zones de cicatrices de "blessures par balles". Pointée par l'index de Jamal al-Dura, la zone du petit rond près du pied droit apparaît dépourvue de plâtre ou bandage et sans aucune blessure le 1er octobre 2000 dans le film de France 2 (11'21'') ; elle ne peut donc pas correspondre à une blessure par balle israélienne le 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim. Comment Jamal al-Dura a-t-il pu se tromper ? Reste donc une "blessure par balle au tiers supérieur du tibia". Cette prétendue cicatrice est peu visible, et la caméra de Tala Abu Rahma la quitte rapidement pour se déplacer vers le petit rond près du pied.

- Quels calibres de balles ? A la différence du "rapport médical" jordanien cité par le Tribunal, le "rapport" du professeur Raphael Walden ne distingue aucune différence de calibre dans les balles censées avoir blessé Jamal al-Dura. Comment des balles de même calibre, provenant du même endroit, tirées par les mêmes soldats, peuvent elles provoquer des blessures tantôt aux "cicatrices" minuscules et rondes et tantôt aux cicatrices longues et fines ?

- Comment une fusillade aussi nourrie dans la durée - « Les balles pleuvaient autour de nous comme de la pluie » et ce, "pendant 45 minutes" selon Talal Abu Rahma -, a-t-elle pu laisser sur le corps de Jamal al-Dura si peu d'impacts de balles, toutes étrangement focalisées "au niveau des deux jambes", alors que sa tête était visible au-dessus du baril pendant 16 secondes sans être atteinte par des balles (7'58''-8'03'' et 8'19''-8'30'') ? "Les armes utilisées [par les soldats israéliens] sont des fusils d’assaut, capables de tirer par rafales et dont la cadence de tir est de six cents à huit cents coups à la minute. En supposant même qu’un seul tireur ait tiré 50 coups à la minute, le nombre de coups de feu sur une durée de 40 minutes aurait été de DEUX MILLE...", écrit l'expert balistique mandaté par Philippe Karsenty dans son rapport du 19 février 2008.

- Comment concilier "l'hémorragie" évoquée dans ce "rapport médical" jordanien et l'absence de sang sur les vêtements, le sol et le mur derrière Jamal al-Dura, pendant et après les "tirs venus des positions israéliennes" ? "Du sang sur un tee-shirt blanc, cela se voit", a ironisé le Dr David Yehuda interviewé par le rédacteur en chef Michel Zerbib sur Radio J, le 5 mai 2011. Et sur un pantalon bleu aussi, serait-on tenté d'ajouter. Le commentaire du film présenté par France 2 à la Cour d'appel de Paris en 2008 allègue qu'une tache près du bras droit serait du sang (8'14''). Mais le "rapport médical" jordanien, auquel le Tribunal accorde une telle "foi", ne relève des "blessures par balles" qu'au "niveau des deux jambes".

Quel crédit accorder à ce "rapport médical" jordanien ? C'est sur ce "rapport" que le Tribunal se fonde - "il y a lieu de croire, sur la foi de ce rapport" - avant de conclure que la "preuve des imputations diffamatoires" n'est pas apportée. En fondant ainsi sa décision sur ce "rapport médical" jordanien - certaines de ses phrases contredisent notamment un autre "rapport médical" -, le Tribunal semble avoir renoncé à son devoir de statuer en droit, avec bon sens et avec logique. A noter que la justice française offre des exemples où des magistrats motivent leurs jugements en se fondant sur des rapports d'experts - psychiatre, spécialiste en immobilier - contestables par leurs imprécisions, leurs contradictions, etc. Ce qui est préjudiciable pour les justiciables qui subissent des dommages.

Curieusement, ce Tribunal qualifie de "déclaration péremptoire" une observation du Dr Yehuda David induite par son expertise acquise en particulier sur les champs de guerres au sein d'unités de Tsahal. Ce chirurgien émérite a affirmé, notamment à l'audience, que Jamal al-Dura n'aurait pas survécu - il se serait "vidé de son sang en quelques minutes sans pouvoir atteindre l'hôpital de Gaza" - si son artère fémorale avait été touchée par des balles de M16 israéliens ce 30 septembre 2000.

On demeure au moins étonné, voire choqué, par le faible niveau des magistrats ayant rendu ce jugement. Des juges semblant dénués d'esprit logique, de raison... au pays de Descartes.

Une information majeure
En qualifiant de "limitée" la portée de la révélation du Dr Yehuda David, le Tribunal minore sans raison une information majeure.

En effet, en 2000, Jamal al-Dura avait attribué toutes ses blessures à Tsahal. C'est aussi ce qui ressort de ce film de Talal Abu Rahma pour France 2 et en date du 23 octobre 2004. Un film intégré dans celui montré par France 2 et Charles Enderlin à la Cour d'appel de Paris le 27 février 2008 et visible sur le site de France 2 (13'04''). En rappelant son opération de chirurgie réparatrice de 1994, le Dr Yehuda David non seulement a annihilé les allégations de Jamal al-Dura, de Talal Abu Rahma et de France 2 en ce qui concerne les membres opérés, mais a aussi réduit le crédit à apporter à leurs allégations d'autres "blessures par balles".

Et ce chirurgien se voit conforté dans ses affirmations par ledit "rapport médical" jordanien qui évoque, aux dires mêmes du Tribunal, "d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit", et donc, a contrario, aucune autre nouvelle blessure à cette main de Jamal al-Dura.

Enfin, on peut s'interroger sur le choix de Jamal al-Dura d'avoir judiciarisé les questions visant ses blessures, alors qu'il aurait pu répondre aux questions de Clément Weill-Raynal et de Luc Rosenzweig, venir s'exprimer devant le Tribunal et surtout accepter d'être examiné par les experts d'une commission d'enquête indépendante chargée d'établir la vérité sur ce qui s'est produit le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim, et dont la constitution a été demandée par Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) en 2008, puis en 2011.

D'autant que les autorités israéliennes ont toujours indiqué qu'elles ne mettraient "aucun obstacle à ses déplacements".

Il est désolant qu'aucune des institutions publiques françaises - notamment la direction de France Télévisions, le ministère de la Culture et de la Communication et le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) - ne soit intervenue depuis tant d'années pour mettre un terme par des réponses à ces questionnements légitimes et logiques sur "l'incident al-Dura".

21es Rendez-vous de l'Histoire
Les 21es Rendez-vous de l'Histoire à Blois ont eu pour thème "La puissance des images" (10-14 octobre 2018).

Al-Jazeera
Le 30 septembre 2024, AJ+ français, branche française de la chaine qatari al-Jazeera, a diffusé sur X, ex-Twitter, un reportage (3'22'') ainsi commenté : 
"C'était le pire jour de ma vie.”
Le 30 septembre 2000, Mohammed al-Durrah, 12 ans, est tué par l'armée israélienne alors qu'il se trouve dans les bras de son père.Les images, diffusées le soir même sur France 2, marqueront le monde entier.
Ses parents témoignent pour AJ+ ".
Manal al-Durrah, présentée comme la mère de Mohammad al-Durrah - au lieu de "al-Dura" -, évoque ce dernier comme un "martyr" (shahid).

Mediapart
Le 30 septembre 2025 à
 10h32, Mediapart diffuse l'interview de Jamal al-Dura intitulée "Jamal al-Dura : « Le sang de Mohammed n’en finit pas de couler » et signée par Gwenaelle Lenoir.

Réservé aux abonnés, cet article débute ainsi :
"Il y a vingt-cinq ans, le 30 septembre 2000, Mohammed al-Dura mourait dans les bras de son père, tué par des balles israéliennes, derrière un cylindre de béton, à un carrefour de la bande de Gaza. Ce père, Jamal al-Dura, vit toujours dans le camp d’Al-Bureij. Mediapart a pu le joindre et l’écouter.

L’image est mauvaise, le son se hache avant de revenir et puis de repartir, la liaison coupe souvent. Mais les mots et les traits de Jamal al-Dura nous parviennent quand même, depuis le camp d’Al-Bureij, dans la partie centrale de la bande de Gaza. Son visage est long et émacié, ses cheveux gris, sa peau semble un peu jaune. « Je me suis rendu chez des amis pour vous parler, dit-il à Mediapart, le 15 septembre en fin d’après-midi. Chez moi, c’est impossible, j’habite dans les ruines de ma maison, j’ai réussi à y aménager un coin, mais obtenir une liaison internet"

Co-fondateur de Mediapart, Edwy Plenel a annoncé ainsi cet article sur X, ex-Twitter à 11 h13 :
"Il y a 25 ans, le 30 septembre 2000, Mohammed al-Dura mourait dans les bras de son père, tué par des balles israéliennes à un carrefour de la bande de #Gaza. Ce père, Jamal  al-Dura, vit toujours dans le camp d’Al-Bureij. @Mediapart  a pu le joindre."

Pourquoi ce regain d'intérêt pour l'affaire al-Dura ? Pour tenter d'effacer le souvenir des fakes, notamment sur "la famine dans la bande de Gaza" ? Pour renforcer l'image diffamant Israël et ses soldats présentés faussement comme "tueurs d'enfants" depuis des décennies, notamment auprès de la génération née en 2000 (génération Z ou Gen Z) ?

Richard Landes
Le 30 septembre 2026, Richard Landes a publié sur son blog "Al Durah, The First Post-Modern Blood Libel. Pallywood’s Most Spectacular Success" ("Al Durah, la première accusation de meurtre rituel post-moderne. Le succès le plus spectaculaire de Pallywood") :
"Le 30 septembre 2000, Charles Enderlin, correspondant de France 2 au Moyen-Orient, a présenté une cinquantaine de secondes d'images floues, filmées par son caméraman palestinien Tala abu Rahmeh, comme illustrant l'histoire d'un garçon et de son père pris entre deux feux, cachés derrière un baril au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, visés et tués « par des tirs provenant d'une position israélienne ». En réalité, les images ne montrent rien de tel : les tirs proviennent d'une position opposée (c'est-à-dire palestinienne ), ils n'ont pas été pris au piège mais placés là, comme le révèlent des images de l'AP et de Reuters, il n'y a aucune trace de sang sur le mur ni sur le père (qui a reçu 11 blessures), et le garçon, après avoir été déclaré mort par Enderlin, lève le coude et regarde la caméra (une scène qu'Enderlin a coupée au montage).
Rien dans les images utilisées par Enderlin ne confirme le récit qu'il a diffusé avec son caméraman : une pluie de balles, une blessure à l'estomac, un meurtre de sang-froid, un ambulancier tué en venant à la rescousse. S'il avait fait preuve d'un tant soit peu du scepticisme professionnel qu'exigeait un reportage aussi sensationnaliste, Enderlin n'aurait certainement pas utilisé ces images (comme CNN l'avait fait auparavant). Au lieu de cela, il n'a pas raisonné selon le principe : « Est-ce crédible ? » mais plutôt : « Que puis-je rendre crédible ? »
Et, hélas, l'histoire se propagea comme une traînée de poudre. Dans le monde musulman, elle devint la preuve irréfutable que les Infidèles – les Juifs ! – tuaient des musulmans innocents, justifiant ainsi le ciblage des « civils » infidèles. En Occident, elle fut largement adoptée par les progressistes comme un moyen d'« effacer, de remplacer » l'icône de l'Holocauste : une échappatoire à la honte de l'Holocauste . L'inversion de l'Holocauste – les Juifs sont les nouveaux nazis, les Palestiniens les nouvelles victimes juives du génocide – se banalisa.
Al Durah était le saint patron de Durban, le cri de ralliement de la vague d'antisémitisme qui a déferlé sur ces événements, la présence dominante au mariage des progressistes occidentaux et des suprémacistes musulmans.
Il s'agissait de la première accusation de crime rituel « post-moderne », la première à réussir en Occident après la Shoah, la première diffusée par un Juif (et Israélien), la première relayée par des médias d'information modernes et professionnels. Pourtant, à ce jour, les journalistes occidentaux, y compris israéliens, ont-ils manifesté une grande réticence à envisager la possibilité d'une mise en scène, le plus grand succès de Pallywood, cette industrie cinématographique vouée à accuser Israël de crimes de guerre. Cette affaire a électrisé le monde entier, attisant une haine qui a lié les progressistes occidentaux aux suprémacistes djihadistes.
À l'instar de la blessure infligée par la lame de Morgul dans Le Seigneur des Anneaux (Lord of the Rings), tant que ce fragment de l'œuvre la plus malveillante de Pallywood restera ancré dans le récit des médias traditionnels, présenté comme une information plutôt que comme une erreur professionnelle colossale, la couverture occidentale d'Israël et de ses ennemis sera gangrenée par la propagande de guerre djihadiste : ce sont les Israéliens (et non les Palestiniens) qui ciblent les enfants ; ce sont les Israéliens (et non les Palestiniens) qui commettent un génocide. L'Occident est littéralement aveuglé, désorienté, moralement écœuré par ce journalisme de guerre contre-productif et son appétit apparemment insatiable pour les récits de Juifs se comportant mal."


Articles à lire sur
- l'affaire al-Dura/Israël
- la France
- le Judaïsme/Juifs
- le Monde arabe/Islam
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Cet article a été modifié le 15 octobre 2011 puis les 13 mai 2011, 30 septembre 2016, 2 octobre 2018, 29 septembre 2019, 2 octobre 2020, 28 septembre 2022, 28 septembre 2023, 30 septembre 2024, 30 septembre 2025.

mardi 29 septembre 2026

Constantin Costa-Gavras

Né en 1933 en Arcadie (Grèce), Constantin Costa-Gavras est un acteur, scénariste, producteur et réalisateur - Z, L'Aveu, Missing, Mad City, Amen., Le Couperet - gréco-français. Il est le Président de la Cinémathèque française (1982-1987, depuis 2007). En mai 2025, ce réalisateur politiquement engagé a cosigné une tribune en accusant à tort Israël de commettre un génocide à Gaza. En octobre et novembre 2026, Arte proposera un cycle dédié à cet auteur. 


Constantin Costa-Gavras est né en Arcadie (Grèce) en 1933. Son père anti-royaliste était originaire d’Odessa (Ukraine actuelle). Ses idées politiques empêchent son fils d’étudier en Grèce. 

Le jeune Constantin Costa-Gavras se réfugie à Paris où il s’inscrit en licence de lettres à la Sorbonne et travaille pour subvenir à ses besoins.

Fidèle spectateur de la Cinémathèque française rue d'Ulm, il est admis en 1956 à l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). Il débute sa carrière comme assistant pour des réalisateurs renommés Henri Verneuil, Jacques Demy, Marcel Ophüls, Jean Giono, Jean Becker et René Clément.

Durant le tournage du film Le Jour et l'Heure (1963) de René Clément dont il est premier assistant, il fait la connaissance de Simone Signoret et Yves Montand, avec lesquels il se lie d’amitié. Grâce au couple d’acteurs, il parvient à réaliser son premier film, Compartiment tueurs dont il écrit le scénario d’après le roman de Sébastien Japrisot. Produit par le producteur Julien Derode, interprété par une pléiade d'excellents acteurs, son premier long métrage est un succès critique et commercial en France et aux États-Unis.

En Grèce Constantin Costa-Gavras lit le roman Z, de Vassilis Vassilikos, évoquant l'assassinat du député de gauche (EDA), Grigoris Lambrakis, élaboré par la police et maquillé en accident. A Paris, il co-écrit avec Jorge Semprún le scénario du film Z. Jacques Perrin, jeune acteur dans Compartiment tueurs. crée sa maison de production et co-produit le film avec un producteur algérien.  en Algérie, où sera tourné le film. Jean-Louis Trintignant, incarnant le juge, accepte un cachet modique et Yves Montand joue le rôle du politicien assassiné. Tourné en Algérie, le film est un succès mondial. Il est distingué par le « Prix du Jury » au festival de Cannes, et l'Oscar du « meilleur film étranger » ainsi que celui du « meilleur montage ».

Par Claude Lanzmann, Costa-Gavra apprend l’histoire de Lise et d’Artur London, vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie et un des trois rescapés des procès de Prague, teintés d’antisémitisme, en 1952. Yves Montand interprète le rôle d’Artur London dans L'Aveu sorti durant la Guerre froide, période d'affrontements Est-Ouest et succès commercial. 

Dans la filmographie de Costa-Gavras, citons Un homme de trop (1967), État de siège (1972) sur les dictatures en Amérique latine et la torture propagée par la CIA, Section spéciale (1975), Clair de femme (1979) d’après le roman éponyme de Romain Gary, satisfait de l'adaptation d'une de ses œuvres à l'écran, Missing (1982) adapté du livre de Thomas Hauser : L'Exécution de Charles Horman, inspiré de la disparition d'un jeune journaliste américain durant le coup d'État du général Augusto Pinochet en 1973, et Palme d'or et Prix d'interprétation masculine au festival de Cannes, Oscar du « meilleur scénario », Hanna K.(1983), Conseil de famille, comédie sur une famille de cambrioleurs avec Johnny Halliday et Fanny Ardant, La petite Apocalypse sur l’arrivée de dirigeants venant de l'extrême-gauche, Music Box (1989), et Amen. (2002), Eden à l’ouest (2009) sur l'arrivée en Grèce puis en France d'un immigré, Le Capital (2012) avec Gad Elmaleh.

Constantin Costa-Gavras est, depuis 1987, Président d'honneur de la Fondation Gan pour le Cinéma dont il a co-initié la création.

Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence et du comité de soutien du Centre Primo Levi (soins et soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique).

Il est un des 45 administrateurs de l'Académie des César. Le 28 février 2025, il reçoit un César d'honneur lors de la 50e cérémonie des César.

Le 11 août 2022, il est récipiendaire d'un Léopard pour l'ensemble de sa carrière lors du 75e Festival international du film de Locarno.

En 2009, il soutient le réalisateur Roman Polanski, arrêté en Suisse, et demande sa libération. 

Dix ans plus tard, il prend parti pour l'actrice Adèle Haenel révélant des abus sexuels dont elle a été victime, mineure, dans le milieu du cinéma.

En mai 2025, Constantin Costa-Gavras est l’un des 380 signataires, avec notamment Pedro Almodovar, Adèle Exarchopoulos et Richard Gere, de la Tribune, rédigée en écriture inclusive, publiée par Libération et demandant que "l’horreur de Gaza" ne soit pas "silenciée" au 79e Festival de Cannes (12-23 mai 2025) :
« L'armée israélienne cible des civils. Plus de 200 journalistes ont été délibérément tué•e•s...
Nous artistes et acteur•ice•s de la culture, nous ne pouvons rester silencieux•se•s tandis qu'un génocide est en cours à Gaza et que cette actualité indicible, touche nos milieux de plein fouet...
Auteurs et autrices, réalisateurs et réalisatrices, artistes, sont brutalement assassiné•e•s...
Refusons que notre art soit complice du pire... 
Agissons avant qu'il ne soit trop tard. »

Parmi les signataires : Hany Abu-Assad, Swann Arlaud, Jeanne Balibar, Carlos Bardem, Javier Bardem, Leïla Bekhti, Simone Bitton, Agathe Bonitzer, Elodie Bouchez, Rachida Brakni, Eric Cantona, Julie Christie, Laure de Clermont Tonnerre, David Cronenberg, Béatrice Dalle, Émilie Deleuze, Agnès de Sacy, Maria De Medeiros, Alice Diop, Julie Delpy, Xavier Dolan, Virginie Efira, Ralph Fiennes, Sophie Fiennes, Blanche Gardin, Lena Garrel, Nicole Garcia, Alessandro Gassmann, Nadia Genet, Richard Gere, Raphaël Girardot, Jonathan Glazer, Judith Godrèche, Adèle Haenel, Arthur Harari, Misan Harriman, Hafsia Herzi, Annemarie Jacir, Alma Jodorowsky, Radu Jude, Mathieu Kassovitz, Aki Kaurismäki, Michel Khleifi, Nicolas Klotz, Philippe Laïk, Nadav Lapid, Mike Leigh, Daniele Lucchetti, Avi Mograbi, Indya Moore, Michael Moore, Laura Morante, Gérard Mordillat, Anna Mouglalis, Bruno Nuytten, Michèle Ray-Gavras, Jérémie Renier, Cecilia Roth, Mark Ruffalo, Zaho de Sagazan, Ludivine Sagnier, Lyes Salem, Céline Sallette, Susan Sarandon, Stefania Sandrelli, Niels Schneider, Vassili Schneider, Eyal Sivan, Melita Toscan du Plantier, Justine Triet  

Des accusation mensongères, diffamatoires, qui se sont effondrées sans qu'aucun des signataires ne présente d'excuses.. 

Le 13 mai 2026, Constantin Costa-Gavras a déclaré sur France Inter : « Nos collègues américains n'ont pas beaucoup réagi. Ça, c'est très triste, parce qu'ils réagissent depuis toujours face à des catastrophes humaines et là, on s'aperçoit qu'ils laissent faire leur président... Il était temps qu'à Cannes on demande au cinéma américain de réagir [face à la] catastrophe humanitaire [à Gaza]. C'est le moment de commencer à réagir, il faut trouver une solution à cette catastrophe humaine, il est nécessaire d'arrêter cette catastrophe et le plus vite, c'est le mieux… On approche d'un génocide mais je pense que c'est à la justice de décider juridiquement si ce terme tient ou pas ». 

On peut regretter que ce réalisateur talentueux et célèbre n'ait pas consacré davantage de temps à défendre le droit d'auteur réduit par le "gouvernement des juges" et à vérifier l'hygiène de la Cinémathèque française qu'il préside (1982-1987, depuis 2007). Cette institution a du fermer, en novembre 2025, pour un mois de traitement, ses quatre salles à Paris car elles étaient envahies par des punaises de lits, insectes nuisibles. Une action qui s'est avérée insuffisante : en 2026, elle a engagé « d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. »

« De la dénonciation de la violence d'État à celle du capitalisme, rétrospective de l’œuvre de Costa-Gavras – Constantin de son prénom, rayé de son nom d'artiste. Soixante ans après la sortie de son premier long métrage, Compartiment tueurs (en ligne le 18 octobre 2026), il reste l'incarnation du cinéaste engagé. » Sur arte.tv à partir du 01/10/2026

Sur le Web, le cycle Costa-Gavras sera accompagné d'une curation d'articles signés Olivier Père, directeur général d’ARTE France Cinéma et directeur de l’unité Cinéma d’ARTE France.

« Le siècle de Costa-Gavras »
Arte diffusera le 16 novembre 2026 à 22 h 30 « Le siècle de Costa-Gavras. L'Origine : un coup de pied au malheur », documentaire de Marie-Pierre Camus.

« Cet épisode remonte aux origines de Costa-Gavras, avant le succès de Z : sa jeunesse grecque et son arrivée en France, ses apprentissages de cinéaste et ses deux premiers films. Tournés avec les grandes stars françaises de l’époque, le suspense policier de Compartiment tueurs et la passion résistante d’Un homme de trop contiennent déjà tout son style où l’action mène la narration. »

« Les Ratés »
Arte diffusera « Les Ratés », court métrage réalisé par Constantin Costa-Gavras (1958) en fin de ses études de cinéma. « Dans un asile de nuit, deux clochards sont les compagnons d'un acteur qui a abandonné le théâtre à la suite d'une maladie du cœur. »

« Compartiment tueurs »
Arte diffusera le 16 novembre 2026 à 20 h 55 « Compartiment tueurs » de Costa-Gavras. Version restaurée

« Pour son premier film, polar à la fois plein de fraîcheur et de maîtrise, Costa-Gavras fait tourner la fine fleur du cinéma français (Yves Montand, Jacques Perrin, Jean-Louis Trintignant, Simone Signoret, Charles Denner, Michel Piccoli) dans un somptueux noir et blanc. Diffusé en version restaurée. »

« Une nuit d'hiver, en gare d'Avignon. Benjamine Bombat, dite "Bambi", grimpe dans le Marseille-Paris. Elle y croise tout de suite les beaux yeux de Daniel, un jeune fugueur, maladroit et sans billet. En cachette, elle l'aide à se faufiler dans son compartiment, où une place est inoccupée. Mais au matin, une fois le train à quai, Daniel découvre que l'une de leurs compagnes de voyage a été assassinée, et s'enfuit. Sous la pression du pétulant commissaire Tarquin, l'inspecteur Grazziani et son stagiaire Jean-Lou tentent de retrouver les autres occupants du compartiment, mais un tueur les précède à chaque fois. Menacés sans le savoir, Bambi et Daniel en sont bientôt les seuls survivants ».

« En préparant son premier film, Costa-Gavras propose le rôle de Daniel à Jacques Perrin et celui de Bambi à Catherine Allégret, la fille de son amie Simone Signoret. À sa grande surprise, cette dernière, comme Yves Montand, alors tous deux au faîte de leur gloire, demandent à rejoindre le casting. À leur suite, d'autres têtes d'affiche, de Jean-Louis Trintignant à Bernadette Lafont en passant par Michel Piccoli, Charles Denner, Françoise Arnoul, Pierre Mondy et même Daniel Gélin, sollicitent le cinéaste débutant, ne fût-ce que pour une apparition, acceptant tous d'être payés sur les éventuelles recettes du film. »

« C'est l'un des grands plaisirs procurés par ce polar classieux, longtemps dérobé aux regards et nouvellement restauré, que d'offrir des retrouvailles avec le gratin du cinéma français, dans la mélancolie charbonneuse d'un Paris disparu. »

« Comme le livre qui l'a inspiré, ce premier film plein de fraîcheur déploie aussi une étonnante maîtrise, applaudie à sa sortie des deux côtés de l'Atlantique. »

Meilleur film étranger 1967, NBR (Prix de la critique américaine)

« Seconde jeunesse » par Irène Berelowitch
« Resté longtemps invisible, Compartiment tueurs, classieux premier film de Costa-Gavras tout juste restauré, revient à la lumière à la faveur d'un cycle dédié au polar et de l'édition par ARTE de l'intégrale de l'œuvre.
Coups d'essai, coups de maître. En 1962, Jean-Baptiste Rossi, alias Sébastien Japrisot, signe Compartiment tueurs, un polar brillant, jouant sur les codes du genre avec une écriture incisive et cinématographique qui sera dès lors sa marque de fabrique. Deux ans après, pour son premier film, son contemporain Costa-Gavras, réfugié politique grec fraîchement diplômé de l'Idhec, l'école de cinéma française qui deviendra la Fémis en 1988, jette son dévolu sur ce roman au parfum de jeunesse, conté du point de vue de deux adolescents qui "montent" à Paris vivre leurs vies de grandes personnes et se rencontrent dans un train de nuit. L'efficacité de l'adaptation, qu'il écrit lui-même, convainc la Warner, qui apporte une partie du financement, d'ailleurs modeste, en échange des droits de distribution.

Catherine, Simone, Yves et les autres
Pour le rôle de la jeune fille, le cinéaste en herbe, ami du couple Signoret-Montand, qu'il a rencontré en travaillant comme assistant sur les plateaux, sollicite la fille de l'actrice, Catherine Allégret, âgée alors de 18 ans. À sa grande surprise, les deux stars réclament aussi des rôles, Montand hésitant cependant, engagement à gauche oblige, à accepter celui du policier chargé de l'enquête. "Et là, raconte Costa-Gavras *, tout le monde s'est mis à me téléphoner" : Michel Piccoli, Charles Denner, Jean-Louis Trintignant, mais aussi Françoise Arnoul, idole de son adolescence grecque, Bernadette Lafont et même Daniel Gélin qui, informé de ce que tous les rôles importants sont déjà pris, exige un emploi de figurant. Autant de têtes d'affiche disposées à travailler sans cachet, leur rémunération étant suspendue aux éventuelles recettes du film. Pour un débutant, c'est un coup de pouce à la fois inespéré et "terrifiant", se souvient le cinéaste. Mais le film, tourné dans un Paris hivernal dont il capte magnifiquement l'atmosphère poisseuse et sombre, se montre à la hauteur de sa distribution, et remporte un gros succès public et critique, notamment aux États-Unis.

"Trop de Chinois"
Dans la foulée, le détenteur de la franchise des James Bond, Harry Saltzman, ouvre son portefeuille de producteur : "Faites le film que vous voulez" – une offre à demi sincère seulement, puisque Costa-Gavras se voit refuser l'adaptation dont il rêve, celle de La condition humaine, de Malraux, au prétexte qu'il y a "trop de Chinois". Il propose à la place Un homme de trop, un film de guerre à suspense dessinant une typologie de la France occupée, compris bien sûr dans l'intégrale de l'œuvre en cours de publication par ARTE, et diffusé la même semaine que Compartiment tueurs.
Quant au premier opus de Costa-Gavras, c'est paradoxalement l'éclat de son générique qui va contribuer par la suite à le reléguer dans l'ombre, car comme 42 % des recettes doivent revenir aux acteurs, la Warner rechigne à le distribuer. En 1997, les droits d'auteur du cinéaste et de l'écrivain arrivent à échéance, et il disparaît totalement des écrans. Ce n'est que début 2016, après des années de discussions avec la major, qui en détient les bobines originales en Cinémascope, que KG Productions, société de l'épouse du cinéaste, parvient à acquérir les droits, ce qui ouvre le chemin de sa restauration numérique. Son noir et blanc classieux et son casting d'enfer sont à savourer à l'antenne comme en DVD.

* Dans un entretien avec le journaliste Edwy Plenel, qui figure parmi les bonus du coffret Costa-Gavras – Intégrale vol.1 / 1965-1983, disponible depuis la fin 2016. Le volume II, de neuf autres films, paraîtra à l'automne 2017. » 

« Un homme de trop »
Arte diffusera à partir du 18 octobre 2026 « Un homme de trop  » de Costa-Gavras.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, des maquisards font le coup de feu contre l'ennemi. Dans sa version restaurée, un film de guerre à suspense de Costa-Gavras, porté par un flamboyant casting. »

« En 1943, dans une France désormais entièrement livrée à l'occupant, douze résistants qui attendent leur exécution dans une petite ville auvergnate sont libérés par des frères d'armes à l'issue d'un âpre combat. Revenus victorieux à leur base, ils découvrent qu'un homme "de trop" s'est glissé parmi les douze rescapés. Traqués par les Allemands, ils ne savent que faire de cet inconnu… »

« Des jeunes gens se battent, se cachent, se serrent les coudes, s'amusent ensemble, s'en sortent ou pas : "On va tuer, on va nous tuer", résume l'un d'eux. »

« Au plus près de ce petit groupe d'hommes, Costa-Gavras orchestre avec le même souci du réel leurs faits d'armes et leur quotidien de clandestins. Guidé par un sens aigu de la dramaturgie, le cinéaste installe de bout en bout une tension continue, distillant habilement des pointes d'humour pour doser la pression. »

« Devant sa caméra, c'est aussi une multitude de personnages et de tempéraments qui dessinent à petites touches la typologie d'une France sous la botte nazie : résistants (gaullistes, communistes, aventuriers, idéalistes, idéologues), collabos (miliciens, vichystes, SS français), et une poignée de civils, femmes ou vieux, pris en tenaille dans un conflit qui les dépasse. Se faufilant dans les zones d'ombre d'une guerre qu'il refuse, seul l'inconnu, pacifiste, échappera peut-être au pire. »

« Z »
Arte diffuse dès le 18 octobre 2026 sur son site Internet « Z » de Costa-Gavras.

« À l'issue d'un meeting pour la paix, Z, un député de gauche, est gravement blessé par un militant fasciste et meurt... Premier volet de la trilogie politique de Costa-Gavras (suivi par "État de siège" et "L’aveu"), ce thriller énergique sur la Grèce des colonels n’a rien perdu de son efficacité. Avec Yves Montand, Jacques Perrin, Jean-Louis Trintignant, Irène Papas et Charles Denner. »

« Début 1960, "le docteur", président d’un mouvement national pour la paix, arrive dans une ville pour y tenir un meeting. En dépit des difficultés d’organisation, des menaces de mort et d’une contre-manifestation, la réunion a lieu mais son issue est malheureuse : le docteur est gravement blessé par un militant fasciste et meurt. Sans examen préalable, le procureur de la police affirme qu’il s’agit d’un accident. Un juge d’instruction et un jeune journaliste commencent une enquête au cours de laquelle, à leur grande stupéfaction, ils comprennent que le meurtre a été organisé par la police… »

« Avec Z, Costa-Gavras adapte le roman éponyme de Vassilis Vassilikos qui retrace l’assassinat du leader de la gauche grecque Gregorios Lambrakis, planifié par la police et déguisé en accident. »

« Écrit avec Jorge Semprún, servi par une distribution remarquable – outre Montand et Trintignant, il faut voir la prestation de Charles Denner et les larmes rentrées d’Irène Papas –, Z est un film choc, un uppercut lancé à la dictature des colonels en Grèce. "Toute ressemblance avec des événements réels, avec des personnes vivantes ou mortes, n’est pas le fait du hasard. Elle est volontaire", avertit le générique. »

« En 1968, fraîchement naturalisé français, le cinéaste d’origine grecque utilise sa caméra comme une arme pour tordre le cou aux mécanismes d’une dictature qu’il connaît bien. Il décrit les manipulations de l’opinion, les intimidations des spécialistes, les opérations de purification politique. Le discours de la police emprunte la métaphore agraire selon laquelle il faut nettoyer le monde de sa mauvaise graine, le nettoyer de ses "ismes" : le communisme, le pacifisme… De bout en bout, le manichéen Z, où le mal a l’apparence du bien et le bien celle du mal, tient le spectateur en haleine... jusqu’à ce que les masques tombent. »

Meilleurs film étranger et montage (Françoise Bonnot), Oscars 1970 - Prix du jury, Cannes 1969.

Au Midi Libre  (21 octobre 2023), Constantin Costa-Gavras a expliqué : 
« Les collaborateurs les plus importants pour un metteur en scène, ce sont les acteurs. Plus exactement, il y a deux branches importantes, c'est le coscénariste quand il y en a un, et les acteurs. Tous mes collègues ne sont pas d'accord avec moi, mais je crois fermement en ça. Donc les acteurs, j'essaye de savoir ce qu'ils ont fait, comment ils sont. Et puis je discute avec eux, pour voir si le projet que je propose les intéresse non pas comme un boulot, mais les intéresse personnellement, dans leur façon de penser, de vivre. Et j'essaye d'avoir des relations très amicales et pas des relations uniquement d'autorité, même s'il faut en user parfois...
Il n'y a pas d'envie de changer le monde. Je fais des films à partir des histoires qui m'intéressent profondément. Je les fais comme je le sens, après, le public les voit ou pas...
Aux acteurs [de Z], je leur ai dit, on fait comme on a écrit sur le mur :"A bas les colonels grecs". C'était ça le sentiment de tout le monde. Mais après, chacun pense comme il veut. On ne peut pas prévoir ce que va penser le spectateur. Il n'est pas possible de se dire qu'on fait un film pour changer le monde, ou le spectateur, comme vous voulez. Je ne l'ai jamais ressenti comme ça. Mais c'est comme lorsqu'on a une discussion avec des amis, on essaye d'être convaincant. On y arrive ou on n'y arrive pas. »
« L'aveu »
Arte diffusera « L'aveu » de Constantin Costa-Gavras avec Yves Montand, Simone Signoret, Gabriele Ferzetti, Michel Vitold, Jean Bouise, László Szabó, Gérard Darrieu..

« Prague, au début des années 1950. Le vice-ministre des Affaires étrangères est surveillé et traqué par le parti, malgré un passé irréprochable. Un jour, il est enlevé par des inconnus... Costa-Gavras décrit magistralement le mécanisme des purges en Tchécoslovaquie et la lente torture qui mène à l’aveu. Un film magistral, avec Yves Montand dans l’un de ses plus beaux rôles. »

« État de siège »
Arte diffusera « État de siège  » de Constantin Costa-Gavras avec Avec Yves Montand, Renato Salvatori, O.E. Hasse, Jacques Weber,.

« En Uruguay, dans les années 70, les Tupamaros - guérilleros urbains de l'extrême gauche - kidnappent trois fonctionnaires internationaux. Parmi eux, Philip Michael Santore, officiellement fonctionnaire de l'Agence pour le développement international (AID). L'incapacité de la police et de l'armée à le retrouver menace alors de dégénérer en crise politique. »

« Clair de femme » 
Arte diffusera « Clair de femme » de Costa-Gavras avec Yves Montand et Romy Schneider..

« Michel erre seul dans la nuit, désespéré puisque sa femme Janique, dont il est séparé, a annoncé vouloir se donner la mort dans la nuit, pour mettre fin à son incurable maladie. Fou d’amour, il a déserté l’appartement conjugal. Après des tergiversations à l’aéroport sur sa destination, Michel renonce à prendre l’avion et heurte, en sortant du terminal, la douce Lydia, qui perçoit immédiatement sa détresse. Lydia vient de perdre son enfant dans un accident de voiture et son mari, anéanti par la culpabilité, ne parle plus. Ils unissent leur malheur et leur solitude pour passer cette nuit. »

« Dès leur rencontre, comme écrite par un caprice du destin, ces deux inconsolables, ravagés par un deuil indicible, se comprennent tacitement. Mais quand Michel, tout à son désespoir, se consume d’égoïsme, Lydia, qui se reconnaît dans sa secrète douleur, cherche à l’aider pour se sauver elle-même. Pendant vingt-quatre heures, tous deux vont s’accompagner pour, peut-être, retrouver le goût de vivre ».

« En adaptant un roman de Romain Gary publié deux ans plus tôt, Costa-Gavras orchestre un mélodrame à l’étrange mélancolie, où les fractures des héros se dévoilent peu à peu. Il offre une partition en clair-obscur à deux stars absolues de l'époque, Romy Schneider et Yves Montand. »

« Dans ce double portrait en miroir qui suit leur dérive commune pendant un jour et une nuit, Romy Schneider se montre sans filtre, touchante de vaillante vulnérabilité face à Yves Montand. »

« Le cinéaste signe une œuvre intimiste et noire percée de rais de lumière, comme cette folie douce d’un dresseur de chiens (Romolo Valli) jouant une pathétique comédie de la vie. »

Meilleur son, César 1980

« Hanna K. »
Arte diffusera « Hanna K. », film partial de Constantin Costa-Gavras avec Jill Clayburgh, Jean Yanne et Gabriel Byrne. Version restaurée.

« La jeune avocate Hanna Kaufman a quitté la France et son mari pour vivre en Israël. Pour son premier procès, elle est commise d'office par le procureur Joshua Herzog – son amant – pour défendre Selim Bakri, un Palestinien arrêté pour entrée illégale en Israël, et soupçonné de préparer des attentats contre des colons juifs. Le procureur réclame son incarcération, alors que Hanna prône son renvoi en Palestine. Après le procès, la jeune avocate, enceinte "par accident" de Joshua, lui révèle qu'elle souhaite avorter. Le couple se déchire et Hanna appelle son ex-mari à la rescousse. » Un juif n'est pas un "colon" en Judée et Samarie, terres bibliques et territoires disputés. Où est la Palestine ?

« Après Missing, Palme d'or à Cannes en 1982, Costa-Gavras évoque le problème palestinien au prisme d'un magnifique portrait de femme, d'une grande sobriété. Tourné en Israël et en Palestine pendant l'hiver 1982, juste après le massacre de Sabra et Chatila, le film est aussi un puissant drame sentimental. » 

« À travers le sort de Selim Bakri, Hanna découvre la réalité des colonies juives et se heurte à des visions politiques opposées à la sienne, qualifiée de "romantique et idéaliste" par son amant. Aux prises avec son propre problème d'identité, celle d'une femme victime de la Shoah tentée d'épouser la cause palestinienne, Hanna se retrouve seule contre tous. »

Deux semaines après l'agression djihadiste en Israël le 7 octobre 2023, Hanna K a été projeté le 22 octobre 2023, à Montpellier, en présence de Costa-Gavras, dimanche 22 octobre au Cinemed à Montpellier car « un des acteurs, le Palestinien né en Israël Mohammad Bakri est mis en avant par le festival ». Mohammad Bakri est l’auteur de « Jenin, Jenin » (2002), film mensonger accusant l’armée israélienne d’avoir visé et tué des civils dans cette ville durant l'opération Rempart en avril 2002, voire de commettre un génocide. Cette opération militaire en Judée et en Samarie visait à mettre un terme aux attentats terroristes islamiques palestiniens durant l’Intifada II, notamment celui du 27 mars 2002 à l'hôtel Park de Netanya - 30 civils tués et 143 blessés - durant le Seder de Pessah (Pâque juive) et détruisant les infrastructures terroristes. En 2003, le documentariste Pierre Rehov a réalisé « Route de Jénine » où il a rétabli la vérité factuelle : le souci de Tsahal pour les civils.

Au Midi Libre  (21 octobre 2023), Constantin Costa-Gavras a déclaré : 
« Je cherchais un acteur pour ce film-là, précisément. J'avais vu des acteurs en France d'origine maghrébine, parce qu'il fallait parler les deux langues, et finalement je suis allé en Israël pour voir des acteurs. Un jour, on me l'a présenté. J'ai vu tout de suite que c'était lui pour le rôle. Grand, maigre, distant, je dirais même hiératique. Il a changé évidemment. Mais à l'époque, c'était un personnage très puissant... 
Ce film a été choisi il y a un moment. J'ai accepté de venir à Montpellier il y a plusieurs mois et puis voilà, ça tombe au moment où il y a un terrible évènement qui se produit. Mais le film se présente dans une situation qui a radicalement changé par à rapport au moment où on l'a tourné. Mais à mon avis, il y avait déjà des éléments qui étaient présents, même lointains dans ce film…
L'idée à l'époque, c'était le problème palestinien qui était présent, lancinant, et qui revenait sans arrêt. L'idée essentielle du film, c'est ça : si on ne trouve pas une solution à ce problème, les Palestiniens vont se présenter encore et encore pour demander des droits ou demander leur maison, ce que fait le personnage principal du film.
Tous les films sont politiques. J'en suis convaincu depuis toujours. Quand on me dit "vous faites des films politiques", non, tout le monde en fait, selon sa croyance, sa vision du monde. Nous faisons des films qui sont vus par des milliers ou millions de personnes, alors forcément ils affectent ces personnes ou pas du tout d'ailleurs. Mais quand les films touchent, ils peuvent faire réfléchir.
Il n'y a pas d'envie de changer le monde. Je fais des films à partir des histoires qui m'intéressent profondément. Je les fais comme je le sens, après, le public les voit ou pas...
Je suis Méditerranéen de naissance... La Méditerranée nous appartient à tous. C'est un lieu extraordinaire où les plus belles choses au monde sont apparues, à commencer par la Grèce, la Palestine ou Israël, le monde arabe. »
« Amen. »
Arte diffusa le 12 novembre 2023 à 21 h00 « Amen. » (Der Stellvertreter), film réalisé par Constantin Costa-Gavras (2002)d'après la pièce de théâtre Le vicaire (Der Stellvertreter) du dramaturge Rolf Hochhuth. 

« Pendant la guerre, un officier de la Waffen SS tente d'alerter le pape Pie XII du génocide dont les Juifs sont victimes...  ».

« Un pamphlet poignant signé Costa-Gavras, avec Ulrich Tukur, Mathieu Kassovitz et Ulrich Mühe, éblouissants ».
   
« Kurt Gerstein est un officier de la Waffen SS, spécialisé dans la chimie et ses applications sanitaires. En Pologne, il découvre avec horreur que le gaz avec lequel il approvisionne les camps, le Zyklon B, sert en réalité à exterminer les Juifs en masse. Il décide d'alerter le Vatican pour que le pape condamne ouvertement ces crimes. Il trouve à Berlin une oreille attentive en la personne d'un jésuite, dont le père est haut placé dans la hiérarchie laïque de l'Église. Ils se rendent tous deux à Rome... »

Prix Lumières 2003 du Meilleur film, « César du meilleur scénario original ou adaptation en 2003, important succès public et critique à sa sortie, Amen est un véritable choc, dans la lignée des grands films politiques de Costa-Gavras (Z, L'aveu, Porté disparu) ». 

La pièce de théâtre Le vicaire (Der Stellvertreter) du dramaturge Rolf Hochhuth (1963), a été créée au théâtre de l'Athénée (Paris) dans une adaptation de Jorge Semprun.  Adapté de cette oeuvre, « le film dénonce la passivité de l'Église catholique et du pape Pie XII face au génocide des Juifs ».

« Pour autant, Costa-Gavras ne charge pas uniquement le Vatican et critique également l'attitude des puissances alliées, informées elles aussi des crimes nazis ». 

« Si les autorités religieuses l'ont accusé de fausser la réalité historique et de faire l'amalgame entre catholicisme et nazisme (en raison de l'affiche controversée du film, ornée d'un symbole mêlant croix chrétienne et croix gammée), Amen, notamment grâce à ses deux interprètes principaux, est une œuvre poignante et juste sur la lâcheté ». 

« Mathieu Kassovitz se montre parfait en jésuite naïf et idéaliste, tout comme Ulrich Tukur en officier SS ambigu. Face à eux, Ulrich Mühe, l'inoubliable agent de la Stasi dans La vie des autres, incarne avec subtilité un médecin directeur de camp inspiré du tristement célèbre docteur Mengele ».

Meilleur scénario, César 2003 – Meilleur film, Prix Lumière 2003.

L’action de Kurt Gerstein a été analysée par divers historiens, en particulier Léon Poliakov, Raul Hilberg et Saül Friedlander. 

Kurt Gerstein est réapparu dans l’actualité lors de la restitution en 2008 d’un tableau de Matisse peint en 1898, Paysage, le mur rose (de l’hôpital d’Ajaccio), qui avait été volé à un Juif allemand, Harry Fuld, et qui avait été retrouvé en 1948 dans une cache de Kurt Gerstein.

A quand une œuvre cinématographique sur le rôle de dirigeants musulmans, dont le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, dans la Shoah ?




« Le siècle de Costa-Gavras » de Marie-Pierre Camus
France, 2024, 56 min
Sur Arte le 16 novembre à 22 h 30
Disponible à partir du 18/10/2026

« Les Ratés » de Costa-Gavras 
France, 1958, 6 min
Production : Institut des Hautes Etudes Cinematographiques (IDHEC)
Distributeur : La Fémis Ecole Nationale Superieure Des Metiers De L'Image Et Du Son
Auteur : COSTA-GAVRAS
Disponible à partir du 01/10/2026

« Compartiment tueurs » de Costa-Gavras
France, 1965, 1 h 29mn
Scénario : Costa-Gavras
Auteur : Sébastien Japrisot
Production : PECF
Producteur : Julien Derode
Image : Jean Tournier
Montage : Christian Gaudin
Musique : Michel Magne
Avec Yves Montand (Inspecteur Graziani), Catherine Allégret (Bambi), Jacques Perrin (Daniel), Simone Signoret (Eliane Darrès), Michel Piccoli (René Cabourg), Pascale Roberts (Georgette Thomas), Pierre Mondy (Commissaire Tarquin), Claude Mann (Inspecteur Gabert), Charles Denner (Bob Vaski), Jean-Louis Trintignant (Eric Grandin), Paul Pavel (Monsieur Rivolani)
Sur Arte les 16 novembre 2026 à 20 h 55, 20 novembre 2026 à 13 h 35 
Sur arte.tv du 18/10/2026 au 31/03/2027


« Un homme de trop » de Costa-Gavras
France, Italie, 1967, 111 min
Scénario : Costa-Gavras, Daniel Boulanger
Auteur : Jean-Pierre Chabrol
Production : Les Productions Artistes Associés, Terra Film, Sol Produzione
Producteur : Costa-Gavras
Image : Jean Tournier
Montage : Christian Gaudin
Musique : Michel Magne
Avec Jean-Claude Brialy, Bruno Cremer, Jacques Perrin, Claude Brasseur, Gérard Blain
Disponible à partir du 18/10/2026


« Z » de Costa-Gavras
Algérie, France, 1969, 122 min
Production : Reggane Films, Office National pour le Commerce et l'Industrie Cinématographique
Producteurs : Jacques Perrin, Ahmed Rachedi
Scénario : Jorge Semprún, Costa-Gavras
Auteur : Vassilis Vassilikos
Image : Raoul Coutard
Montage : Françoise Bonnot
Musique : Mikis Theodorakis
Avec Yves Montand (Z), Irène Papas (Hélène), Jean-Louis Trintignant (le juge d'instruction), Jacques Perrin (le photojournaliste), Charles Denner (Manuel), François Périer (le procureur), Bernard Fresson (Matt), Georges Géret (Nick), Renato Salvatori (Yago), Magali Noël (la soeur de Nick)
Sur arte.tv du 18/10/2026 au 31/03/2027


« L'aveu » de Constantin Costa-Gavras
France, Italie, 1970, 133 min
Production : Fono Roma
Les Films Corona, Les Films Pomereu, Produzione Intercontinentale Cinematografica (PIC), Selenia Cinematografica
Producteurs : Robert Dorfmann, Bertrand Javal
Auteurs : Artur London, Lise London
Scénario : Jorge Semprún
Image : Raoul Coutard
Montage : Françoise Bonnot
Musique : Giovanni Fusco
Avec Yves Montand, Simone Signoret, Gabriele Ferzetti, Michel Vitold, Jean Bouise, László Szabó, Gérard Darrieu
Disponible à partir du 18/10/2026


« État de siège » de Constantin Costa-Gavras
Allemagne, France, Italie, 1972
Production : Cinema X, Dieter Geissler Filmproduktion, Euro International Film, Reggane Films, Unidis, Valoria Films
Producteurs : Jacques Henri Barratier, Jacques Perrin, Léon Sanz
Auteurs : Franco Solinas, Constantin Costa-Gavras
Image : Pierre-William Glenn
Montage : Françoise Bonnot
Musique : Mikis Theodorakis
Son : André Hervée, Michèle Boëhm, Jacques Maumont
Avec Yves Montand, Renato Salvatori, O.E. Hasse, Jacques Weber, Jean-Luc Bideau, Maurice Teynac, Yvette Etiévant, Evangeline Peterson, Harald Wolff, Nemesio Antúnez, Mario Montilles, André Falcon, Jerry Brouer, Roberto Navarrete, Douglas Harris, Gilbert Brandini


« Clair de femme » 
France, Allemagne, Italie, 1978, 99 min
Production : Les films Corona, Société des films Gibe, Parca Cinematografica, Janus Filmproduktion GmbH
Scénario : Costa-Gavras, d’après le roman éponyme de Romain Gary
Directeur de la photo : Ricardo Aronovich
Ingénieur du son : Pierre Gamet
Costumes : Édith Vesperini, Emilie Poirot
Auteur de la musique : Jean Musy
Avec Romy Schneider, Yves Montand, Romolo Valli, Lila Kedrova, Roberto Benigni
Sur arte.tv du 01/10/2026 au 31/03/2027
Visuels : © KG Productions

« Hanna K. » de Constantin Costa-Gavras
France, 1983, 99 min
Production : KG Productions, Gaumont, Films A2
Producteurs : Michèle Ray-Gavras, Robert Cortes
Auteur : Franco Solinas
Scénario : Constantin Costa-Gavras, Franco Solinas
Image : Ricardo Aronovich
Montage : Françoise Bonnot
Musique : Gabriel Yared
Avec Jill Clayburgh, Jean Yanne, Gabriel Byrne, Mohammad Bakri, David Clennon, Shimon Finkel, Oded Kotler, Michal Bat-Adam
Sur arte.tv du 01/10/2026 au 31/03/2027
Visuels : ©  DR


« Amen. » par Constantin Costa-Gavras
France, Allemagne, Roumanie, 2002, 2 h 4
Scénario : Constantin Costa-Gavras, Jean-Claude Grumberg
Production : Katharina Renn Productions, TF1 Films Production, KC Medien, K.G. Productions, Canal+
Producteur/-trice : Michèle Ray-Gavras
Image : Patrick Blossier
Montage : Yannick Kergoat
Musique : Armand Amar
Auteur : Rolf Hochhuth
Costumes : Edith Vesperini
Avec Ulrich Tukur (Kurt Gerstein), Mathieu Kassovitz (Riccardo Fontana), Ulrich Mühe (Docteur), Marcel Iures, Friedrich von Thun, Sebastian Koch, Hanns Zischler, Michel Duchaussoy, Ion Caramitru
Sur Arte les 9 décembre 2019 à 01 h 55, 12 novembre 2023 à 21 h 00, 29 novembre 2023 à 13 h 30, 07 décembre 2023 à 13 h 35
Visuels :
© Studiocanal
© 2001 Pathé Films/David Koskas/
© Studiocanal