Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 9 février 2026

L'Opéra national de Paris

« À l’occasion de la célébration des 150 ans du Palais Garnier, la Bibliothèque nationale de France (BnF) et l’Opéra national de Paris consacrent une exposition anniversaire à ce monument emblématique de la capitale. Riche d’une centaine de pièces, tableaux, dessins, affiches, photos, livres, manuscrits, costumes et objets, l’exposition retrace l’histoire de ce théâtre où se mêlent patrimoine et création artistique, événements historiques et faits divers, fantasmes et légendes. Elle permet de comprendre comment le Palais Garnier est devenu, au-delà des frontières françaises, un temple de l’art lyrique et chorégraphique, un emblème national et un monument iconique ».

Bertolt Brecht (1898-1956) 
Saleem Ashkar
Saleem Ashkar
Daniel Barenboim  
« Requiem pour la vie », de Doug Schulz
« Le Maestro. Pour que vive la musique des camps » de Alexandre Valenti 

« Un opéra pour un empire »
Arte rediffusa le 29 juillet 2023 à 20 h 50 « Un opéra pour un empire » (Des Kaisers neue Oper), documentaire passionnant de Patrick Cabouat. 

« Le récit foisonnant de la construction de l’opéra Garnier, œuvre d’art total édifiée par le brillant architecte qui lui donna son nom, au cours d’un tumultueux chantier de quinze ans ».

La salle de la rue Le Peletier fut l'opéra de Paris de 1821 à 1873. Là, étaient présentés de grands opéras. 
« Paris, 1858. Après avoir échappé à un attentat devant l'opéra Le Peletier, Napoléon III décide de doter sa capitale d’un écrin plus sûr et plus prestigieux ».

Voulant donner l'image d'un pays riche, il donne au préfet Haussmann, qui s'entoure d'architectes et de jardiniers, l'ordre de moderniser et assainir la capitale qui va être dotée de squares, d'un système d'égouts, d'équipements modernes, d'éclairage au gaz, et d'un mobilier urbain identique partout. De grands magasins et de grandes gares apparaissent. Autour de la gare Saint-Lazare, se bâtit un quartier d'affaires, d'habitations et de loisirs.

Sont présentés 171 projets lors d'un concours mené de manière objective. 
Issu d'un milieu modeste - père forgeron ayant créé une entreprises de véhicules, mère ouvrière dans la dentelle -, ayant consacré ses années de jeunesse à voyager, marié en 1858, Charles Garnier illustre une réussite sociale. « Contre toute attente, un jeune inconnu, l’architecte Charles Garnier, remporte le concours, damant le pion à des sommités comme Eugène Viollet-le-Duc. Ce lauréat du prix de Rome n’a pas construit grand-chose hormis un immeuble de rapport. Mais il est doué et sait s’entourer. Il recrute ses ex-camarades des Beaux-Arts et de la Villa Médicis ».  Et, avec autorité, forme ainsi son agence d'architectes, en y adjoignant des peintres. 

« Sous sa houlette, ils édifieront un bâtiment qui va révolutionner la conception de l’opéra. Charles Garnier envisage son théâtre comme une œuvre d’art total, convoquant peinture, sculpture et science des volumes.
 Contrastes des ors et des ombres, cascades d’ornements, ordonnancement des salles, palette solaire des couleurs : tout est fait pour plonger d’emblée le public dans une atmosphère féerique ». Tout, et notamment le grand escalier en marbre coloré et onyx, concourt à une mise en scène sociale et festive. Velours et mosaïque suscitent tous les sens. Spécificité : l'avant-foyer. Le Foyer de la danse devient un lieu de "séduction" entre danseuses et riches spectateurs.

« Novateur, l’architecte étaie ce gigantesque théâtre d’une armature de métal, matériau à l’époque peu utilisé. 
Il ménage des espaces de première classe aux abonnés et à l’empereur, qui se voit doté aussi d’un accès sécurisé ». Garnier lutte aussi contre la déprime nourrie par les difficultés surgies dès les débuts du chantier. Première difficulté surmontée : assainir le sous-sol. Solution pour renforcer les fondations : une cuve en sous-sol qui va alimenter l'imagination du romancier Gaston Leroux. Une métaphore pour l'inconscient de l'homme, et pour ce que veut cacher une société.

Pendant dix ans, un photographe documente l'évolution du chantier. « Entravé par une série d’obstacles, ce chantier pharaonique va durer quinze ans, entre escarmouches avec le baron Haussmann, sous-sol gorgé d’eau, naufrage du
Second Empire et attaques du camp républicain qui juge l’opération dispendieuse ». La pierre de taille habille une infrastructure métallique qui couvre des grands espaces et évite la multiplication de murs. Pour Garnier, "le fer est un moyen, et non un principe".

"En 1863, Charles Garnier, l'architecte du nouvel Opéra de Paris, commanda quatre groupes sculptés à quatre artistes titulaires du Prix de Rome pour décorer la façade du bâtiment. Carpeaux devait traiter le thème de la danse. Trois ans durant, il multiplia esquisses et maquettes, avant de concevoir cette farandole tournoyante de femmes encerclant le génie de la danse. La préoccupation essentielle du sculpteur était de rendre la sensation du mouvement, ce à quoi il parvient par une double dynamique, verticale et circulaire. Le génie bondissant domine l'ensemble, entraînant la ronde des bacchantes, en déséquilibre. Le public fut choqué par le réalisme des nus féminins, jugés inconvenants : une bouteille d'encre fut même jetée contre le groupe sculpté, dont l'enlèvement fut demandé. Mais la guerre de 1870, puis la mort de Carpeaux, mirent fin à la polémique".

« Après deux interruptions dues à la guerre de 1870 et à la Commune, la IIIe République décide de reprendre les travaux, afin de doter Paris d’un opéra et de se parer du faste impérial. » L'exilé Garnier retourne à Paris. 

Créé en 1835, l'opéra en cinq actes "La Juive" de Fromental Halévy sur un livret d'Eugène Scribe connait un succès constant au XIXe siècle. "Des centaines de représentations de cette œuvre adorée par Wagner et Mahler ont eu lieu à Londres, à Paris et à Vienne". Le 8 janvier 1875, "La Juive" est l'oeuvre choisie pour les premières représentations publiques de l'opéra Garnier. 
Un « grand opéra à la française », caractérisé par une intrigue inspirée d'un fait historique tragique, une distribution prestigieuse, un orchestre remarquable, des décors luxueux, des effets de scène impressionnants, et un troisième acte qui s'ouvra souvent pas un numéro de ballet afin de permettre aux abonnés les plus huppés, occupés par leurs affaires, d'arriver en retard. 

« Ce
documentaire foisonnant nous happe dans un tourbillon d’images, d’airs lyriques et d’anecdotes. Soignant les reconstitutions et le choix des intervenants (historiens, architecte, conservateurs de musées), il entremêle la biographie de Charles Garnier, visionnaire fragile mais tenace, happé par un chantier dont l’esthétique méditerranéenne s’oppose à l’épure haussmannienne, et l’histoire de l’urbanisme parisien et du Second Empire ». 

« Il dévoile aussi la psyché tourmentée de cet écrin bourgeois peuplé de démons refoulés, à l’image de l’encombrant fantôme imaginé par Gaston Leroux. »

Il aurait été intéressant d'analyser la partie de l'édifice consacrée aux bureaux. Quels choix Garnier a-t-il opérés ? Etaient-ils novateurs ?

« Le Palais Garnier : 150 ans  d’un théâtre mythique »
« À l’occasion de la célébration des 150 ans du Palais Garnier, la Bibliothèque nationale de France (BnF) et l’Opéra national de Paris consacrent une exposition anniversaire à ce monument emblématique de la capitale. Riche d’une centaine de pièces, tableaux, dessins, affiches, photos, livres, manuscrits, costumes et objets, l’exposition retrace l’histoire de ce théâtre où se mêlent patrimoine et création artistique, événements historiques et faits divers, fantasmes et légendes. Elle permet de comprendre comment le Palais Garnier est devenu, au-delà des frontières françaises, un temple de l’art lyrique et chorégraphique, un emblème national et un monument iconique. »

« Depuis son inauguration, le 5 janvier 1875, le Palais Garnier ne cesse d’exercer une fascination sur tous les publics, qu’ils soient sensibles, ou non, à l’opéra ou à la danse. Plus d’un million de visiteurs et près de 350 000 spectateurs s’y pressent chaque année. L’exposition se propose d’explorer les différents ressorts de cette fascination, en se penchant sur la dimension à la fois historique, sociale et légendaire de ce théâtre connu dans le monde entier. Palais national, cet édifice voulu par Napoléon III pour une élite est devenu un monument emblématique de la République. Palais de la danse pour le grand public, il est conçu à l’origine plutôt pour l’art lyrique avant que l’art chorégraphique ne s’y affirme. Palais des légendes enfin, il nourrit les imaginations, des faits divers aux fictions en tous genres qui participent depuis sa création à l’écriture du mythe. »

Le commissariat est assuré par Mathias Auclair, directeur du département de la Musique, BnF, Benoît Cailmail, adjoint au directeur du département de la Musique, BnF, Boris Courrège, bibliothécaire, département de la Musique, BnF, et Inès Piovesan, cheffe du service Éditions, Opéra national de Paris.

Le Palais national 
« Comme Louis XIV avait voulu Versailles pour y faire étalage de sa puissance, Napoléon III projeta dans le Nouvel Opéra son désir d’établir aux yeux de Paris, de la France et du monde, sa stature d’empereur. Puis, le palais devint un symbole de fierté républicaine, le régime usant à l’envi de ce bâtiment comme le théâtre de son prestige et de son pouvoir, notamment à l’occasion des visites de chefs d’États étrangers. Le geste d’André Malraux commandant un nouveau plafond à Chagall en 1962 atteste de la dimension toujours politique du Palais Garnier encore en plein XXe siècle. Si ce rôle diplomatique déclina peu à peu, le souvenir d’un palais national survit, alimenté par les bals des grandes écoles et des galas réguliers. »

Le Palais de la danse 
« Dans les premières années, le Palais doit sa notoriété davantage à son architecture et à sa décoration qu’au répertoire qui y est créé. Garnier pourtant conçoit son bâtiment en lien étroit avec la scène et crée un spectacle total dévolu à l’art lyrique. Cependant, le Palais commence à montrer ses limites au fur et à mesure des évolutions du répertoire de l’Opéra, des attentes des metteurs en scène et de la demande des pouvoirs publics d’une démocratisation de l’art lyrique. Dans le même temps, au cours des années 1920, la danse s’affirme grâce aux saisons des Ballets russes et à l’action de Serge Lifar qui érige la danse en art à part entière. Celle-ci prend une place croissante pour constituer l’une des singularités du Palais dans les années 1970. La construction de l’Opéra Bastille finit de conférer au Palais Garnier sa dimension de temple de la danse, alors même que des spectacles lyriques de premier plan y sont toujours programmés et marquent, pour certains d’entre eux, l’histoire de l’Opéra de Paris. »

Le Palais des légendes 
« À partir de la première de Lohengrin en 1891, le répertoire wagnérien occupe majoritairement la scène du Palais Garnier et Parsifal, donnée pour la première fois à Paris en 1914 lui confère un caractère sacré. Puis, au début du XXe siècle, ce sont différents faits divers abondamment relayés par la presse et déformés qui contribuent à faire de l’Opéra un lieu chargé de légendes et de mystères : ce n’est plus un contrepoids, mais le lustre dans son entier qui s’effondre sur le public ; ce n’est plus un petit danseur, mais une danseuse qui se tue en traversant la verrière de l’escalier et marque à jamais la marche... » 

« L’Opéra inspire aussi abondamment la littérature et le cinéma. Avec Le Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux, publié en 1910, se construit la « légende noire » d’un Palais Garnier inquiétant et dangereux, à la réputation sulfureuse. Le cinéma s’empare à son tour du Palais, contribuant à lui donner un rayonnement international sans précédent. Enfin, la programmation artistique ambitieuse, la venue de stars du chant, notamment La Callas, participent à la construction du mythe d’un opéra à nul autre pareil. »


14 janvier 1858 Attentat sur l’empereur Napoléon III devant l’opéra Le Pelletier.

29 septembre 1860 › L’empereur ordonne la construction d’un nouvel opéra. Un concours est lancé. 

6 juin 1861 › Charles Garnier gagne le concours, il s’entoure d’artistes et d’architectes pour la construction de l’opéra. 

Eté 1861 › Garnier fait le tour d’Europe pour étudier les salles d’opéra. 

Automne 1861 › Début des premiers terrassements. Mais les travaux sont rapidement interrompus pendant huit mois pour assainir le sous-sol gorgé d’eau. 

21 juillet 1862 › Le comte Walewski, le ministre d’État en charge des Beaux-Arts, procède à la pose de la première pierre. 

Été 1864 › Le bâtiment commence à sortir de terre. 

15 août 1867 › À l’occasion de l’exposition universelle, Napoléon III inaugure, le jour de la Saint-Napoléon, la façade de l’Opéra. Les retours sont dithyrambiques, mais l’œuvre est loin d’être achevée. 

19 juillet 1870 › Napoléon III déclare la guerre à la Prusse, mais l’affrontement tourne au désastre. 

2 septembre 1870 › Après la défaite française lors de la Bataille de Sedan, l’empereur est fait prisonnier par l’armée prussienne. 

4 septembre 1870 › Proclamation de la IIIe République. Garnier est contraint de fermer le chantier de l’opéra. 

À partir de 1872 › Il s’installe la moitié de l’année à Bordighera, un petit village de la côte italienne, près de la frontière française. 

9 janvier 1873 › Décès de Napoléon III en exil en Angleterre. Charles Garnier commence à écrire ses mémoires sous le titre Le nouvel opéra

La nuit du 28 au 29 octobre 1873 › La salle de la rue Le Peletier est entièrement détruite par un incendie. La IIIe République décide de reprendre les travaux de l’opéra Garnier. Charles Garnier revient à Paris et réembauche ses équipes d’artistes et d’ouvriers. 

30 décembre 1874 › L’architecte remet les clefs de l’opéra à son directeur Henri Halanzier. 

5 janvier 1875 › L’inauguration de l’Opéra par le Président de la République, le général Mac Mahon. Associé au régime de Napoléon III, Charles Garnier ne fait pas partie des invités. Il a dû payer sa loge 120 francs. "La République a repris l'apparat du Second Empire".
"L'Opéra devient l'épicentre du quartier d'affaires".


"Impulsée par Napoléon III, la construction de l'opéra Garnier a nécessité quinze années de labeur. Entretien avec Xavier Mauduit *, historien et chroniqueur de l'émission 28 minutes, qui intervient dans un documentaire consacré à ce chantier hors norme. Propos recueillis par Guillemette Hervé".
Cette édification, avec ses multiples rebondissements, doit ravir l'historien enthousiaste que vous êtes...
Xavier Mauduit : Je regarde le palais Garnier en tant qu’historien, mais ce fut d’abord un lieu de fête assez magique, qui me sidère toujours. Le plaisir d’étudier cette aventure, dont le personnage principal est un bâtiment, reste intact. Sa construction a été très observée, car l’opéra représente alors un enjeu majeur pour de nombreux Français. Qui plus est, en 1860, il s’inscrit dans l’histoire particulière de la transformation de Paris. On peine à le concevoir mais, avant le Second Empire, Paris était encore une ville du Moyen Âge !

Quel objectif Napoléon III poursuit-il lorsqu’il imagine ce nouveau monument parisien ?
L’opéra constitue le point d’orgue des travaux haussmanniens. Durant la période de croissance économique qui caractérise le Second Empire, la volonté politique de faire de Paris une capitale rayonnante s’affirme. Construire un opéra aussi somptueux revient à montrer à tous que le pouvoir impérial est serein. Quant à la décision de confier ce projet si prestigieux à Charles Garnier, quelle audace ! D’ailleurs, l’histoire de la construction de l’opéra est aussi celle de la rivalité entre deux hommes, Garnier et Haussmann : le préfet de la Seine oblige le jeune architecte à contourner de nombreuses embûches.

Le choix de ce jeune architecte, méconnu et d’origine modeste, peut effectivement étonner...
Il reflète la volonté de mettre en avant les plus méritants : une politique d’ascension sociale voulue par le Second Empire, à condition d’être bien vu du régime. Le projet de Garnier est d’ailleurs choisi à l’unanimité à l’issue d’un concours, notamment parce qu’il fait la part belle à la sécurité de l’empereur, déjà visé par un attentat en 1858, alors qu’il se rendait justement à l’opéra, celui de la rue Le Peletier.

L’opéra est alors un lieu de sociabilité important. Garnier l’a-t-il conçu ainsi ?
Il érige un monument qui correspond aux attentes de l’empereur et des élites. L’opéra s’apparente à une réduction idéalisée de la bonne société du XIXe siècle, un lieu associé au pouvoir où il faut absolument se montrer. Le spectacle est sur scène, mais aussi et surtout dans la salle qui, à l’époque, demeure éclairée pendant la représentation. Les foyers et les loges constituent autant de lieux de rencontre pour discuter ou exhiber ses tenues. Dans le grand escalier d’honneur, les balcons suspendus offrent un point de vue idéal sur les spectateurs qui se dirigent vers la salle. Ce faste perdure sous la IIIe République, qui achève la construction de ce joyau architectural."

* Xavier Mauduit est l'auteur du livre De Mathusalem à Mao Zedong – Quelle histoire ! (2018, ARTE Éditions/Tallandier), disponible sur ARTE Boutique


Du 14 octobre 2025 au 15 février 2026
Entrée à l’angle des rues Scribe et Auber - 75009 Paris
Tous les jours de 10h à 17h sauf fermetures exceptionnelles
Visuels :
Louis-Émile Durandelle, 
Chantier de construction de l’Opéra Garnier. Façade principale
1867 - Photographie
BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra

Jules Eugène Lenepveu
Plafond de l’Opéra Garnier à Paris, 1872 
Huile sur toile
BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra

Jacques-Émile Blanche 
Tamara Karsavina dans L’Oiseau de feu
ballet d’Igor Stravinski, 1910 
Huile sur toile 
BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra

Affiche pour Le Fantôme de l’Opéra 
film de Julian Rupert, 1925, d’après Gaston Leroux. 
BnF, Arts du spectacle 


« Un opéra pour un empire » de Patrick Cabouat
France, Fulldawafilms, 2020, 90 min
Bel Air Media : François Duplat
ARTE France
L'Opéra de Paris
FullDawa Production : Boris Mendza et Gaël Cabouat
Sur Arte les 30 janvier 2021 à 20 h 50, 29 juillet 2023 à 20 h 50, 02 août 2023 à 9 h 25, 11 août 2023 à 15 h 20
Disponible du 23/01/2021 au 30/03/2021
Sur arte.tv du 22/07/2023 au 26/09/2023
Visuels :
Grand foyer, Opéra Garnier
Rotonde des abonnés, Opéra Garnier
Grand escalier, Opéra Garnier
Bassin de la Pythie, Opéra Garnier
© Jean-Pierre Delagarde - OnP

Opéra Garnier
© Patrick Tourneboeuf - Tendance Floue - OnP

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sur les émissions proviennent  d'Arte et du dossier de presse. Cet article a été publié le 29  janvier 2021, puis le 25 juillet 2023.

samedi 7 février 2026

René Hadjadj, un assassinat antisémite non reconnu

Le 17 mai 2022, dans le quartier populaire de la Duchère, dans le 9e arrondissement de Lyon, René Hadjadj, Français juif âgé de 89 ans, a été tué et défenestré par un voisin, Rachid Kheniche, alors âgé de 50 ans. Réticences de la justice à admettre le caractère antisémite du meurtre, informations déterminantes sur l’antisémitisme du suspect fournies par les réseaux sociaux, prudence de dirigeants d’organisations juives françaises, émotion profonde de Français juifs, silence de mainstream medias notamment publics, similarités avec l’assassinat de Sarah Halimi, absence de message du Président Emmanuel Macron et de dirigeants communautaires français, rares associations parties civiles autorisées (LICRA, OJE, CRIF)… J'avais évoqué ce crime durant mon interview sur Radio Chalom Nitsan qui l'a diffusée dès le 2 juin 2022. Le 5 février 2026, la Cour d’assises du Rhône a condamné Rachid Kheniche, coupable du meurtre de René Hadjadj, mais n'a pas retenu la circonstance aggravante d'antisémitisme. 

Le MRAP débouté de sa plainte contre Laurent Dominati
« La condition juive en France. La tentation de l’entre soi » par Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël
Un sondage français biaisé sur l’évolution de la relation à l’autre 
La Présidence Hollande, les gouvernements Ayrault, Valls et Cazeneuve, c'était bien pour les Français Juifs ? 
« Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe » par Joachim Schroeder et Sophie Hafner
Soirée spéciale de France 2 sur l’antisémitisme 
L’antisionisme : une forme d’antisémitisme ?
Des « Blacks, Blancs, Beurs » antisémites ont attaqué des Juifs lors de l'opération défensive « Protective Edge » (2/2) 
Interview de Maitre Axel Metzker, avocat de la famille Selam
Le procès du gang des Barbares devant la Cour d'assises des mineurs de Paris (1/5) 

Chronologie
17 mai 2022
. Dans le quartier de la Duchère, dans le 9e arrondissement de Lyon, René Hadjadj, Français juif âgé de 90 ans, tailleur retraité, a été tué et défenestré par un voisin, Rachid Kheniche, âgé de 51 ans. Il habitait au 2e étage de l’immeuble situé  avenue du Plateau. Il a été défenestré à partir du 17e étage de l’immeuble. Son corps a été découvert « à l’aplomb d’un immeuble » vers 20 h par la police.
Les relations avec ses trois filles étaient inexistantes.

19 mai 2022
Le quotidien Le Progrès de Lyon a informé qu’un nonagénaire a été tué par défenestration par son voisin lors d’une dispute. Celui-ci a été arrêté par la police et placé en garde à vue. Durant sa garde à vue, Rachid Kheniche "reconnaît tout de suite les faits, puis varie dans ses différentes dépositions, alternant entre «la victime s’est jetée d’elle-même» et le « coup de folie » après « avoir entendu des voix » lui demandant de jeter l’octogénaire par la fenêtre."

« Un nonagénaire est décédé mardi à Lyon, probablement poussé dans le vide par l’un de ses voisins depuis l’étage d’un immeuble. Il ressort des premières investigations diligentées par la sûreté départementale que cette personne aurait été poussée dans le vide à la suite d’une dispute par un de ses voisins qu’il avait l’habitude de fréquenter », a précisé le parquet de Lyon qui a ouvert une information judiciaire du chef d’homicide volontaire.

« Le placement en détention provisoire de l’intéressé a été requis […] Les investigations menées sur commission rogatoire devront déterminer les circonstances exactes de ce passage à l’acte , a indiqué le parquet de Lyon au Progrès qui a précisé : « La piste d’un homicide à caractère antisémite a été évoquée, avant d’être exclue », a déclaré Nicolas Jacquet, procureur de la république de Lyon.

Cette tragédie a suscité une vive émotion parmi des Français juifs.

Les similarités avec l’assassinat antisémite de Sarah Halimi étaient patentes.

Le BNVCA a demandé que le caractère antisémite soit retenu a priori, et qu’il soit conservé ou pas en fonction des résultats de l’enquête.

StopAntisemitism a diffusé en anglais l’information sur les réseaux sociaux.

Le neveu et la nièce du défunt, qui habitent dans cette cité sensible, n’ont pas répondu aux sollicitations des médias.

20 mai 2022
Yonathan Arfi, membre du Bureau exécutif et vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) dont il brigue la présidence, a retwitté un twitt de Lyon Mag sur ce meurtre en écrivant  : 
« Nous apprenons la mort d'un homme juif de 90 ans défenestré par son voisin. En chacun remonte le traumatisme de l'affaire Halimi. 
Espérons au plus vite des informations claires sur les motivations de ce drame. Cette fois sans atermoiement de l'enquête ni dévoiement de la justice ».

21 mai 2022
Meyer Habib, député, a posté sur Facebook un message en deux parties :
« Rene Hadjaj 90 ans a été défenestré à Lyon par son voisin. Quels sont les mobiles ?
Sans avoir tous les détails de cette affaire, beaucoup voient une triste similitude avec l’affaire Sarah Halimi, à l’époque passée sous silence.
Quoi qu’il en soit la défenestration d’un homme du 17eme étage est un drame absolu et insupportable.
L’émotion commence à monter, en campagne en Israël je suis contacté de toute part.
A ce stade, je reste très prudent n’ayant pas tous les éléments en ma possession. 
Pourquoi a-t-il été défenestré ? S’agit-il d’un conflit de voisinage ? Sa défenestration a t-elle un caractère antisémite ?
J’ai contacté le ministre de l’Interieur.
La prudence, la vigilance et la volonté de faire la lumière sur cette affaire, à ce stade très peu médiatisée, doivent primer.
Shavoua tov à tous. »

22 mai 2022
Président du CRIF, Francis Kalifat a twitté  : « Pour éviter le fiasco judiciaire de l’affaire #SarahHalimi il faut que dès le début l’instruction de l’assassinat de #laducherelyon soit la plus complète possible et que le caractère aggravant d’antisémitisme soit retenu quitte à le retirer par la suite. @E_DupondM @GDarmanin »

Meyer Habib a écrit sur son compte Facebook :
« Défenestration de René Hadjad – suite
Suite au drame de la défenestration de René Hadjad, retraité juif de 90 ans à Lyon, j’ai eu directement les ministres concernés.
J’ai échangé : 
- hier soir avec le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin,
- aujourd’hui avec le garde des Sceaux, Eric Dupont Moretti.
Cette affaire est très trouble et complexe. Beaucoup de zones d’ombres restent à éclaircir.
À ce stade, le caractère antisémite ne semble pas établi, l’affaire est entre les mains du procureur, seul habilité à communiquer, et prise avec beaucoup de sérieux. 
Néanmoins, je reste extrêmement prudent. Des similitudes avec les affaires Dj Sellam, Halimi, Knoll sont, hélas, évidentes. À chaque fois, un voisin, d’origine musulmane, tue son voisin juif. Dans ce cas précis, il ne semble pas être radicalisé.
Dans les affaires Sellam, Knoll et Halimi, le caractère antisémite avait initialement été repoussé avant que la vérité antisémite n’éclate au grand jour !
Je me suis entretenu avec des proches de la victime, beaucoup ont peur de parler et ne souhaitent pas s’exprimer publiquement. 
J’ai obtenu de nombreux détails, que je ne souhaite pas divulguer pour l’instant.
Un point m’interpelle. Le suspect prétendrait qu’il ne savait pas que la victime était juive, alors qu’ils se connaissaient parfaitement et se fréquentaient. 
Comment peut-il déclarer ignorer que son voisin était Juif ? Tout le voisinage savait que celui qu’on surnommait tonton René l’était !
Dans cette affaire, et comme je l’ai déjà demandé dans l’hémicycle avec certains collègues parlementaires, la présomption d’antisémitisme devrait s’imposer, quitte à être invalidée au cours de l’enquête.
Il est temps de changer la loi pour mieux lutter contre l’antisémitisme.
Étant en Israël, je reste mobilisé. 
Mon souhait le plus fort reste que la Justice tire les leçons des carences, notamment de l’affaire Halimi, pour que la vérité éclate et que la justice soit rendue sans la moindre zone d’ombre. »

23 mai 2022
I24NEWS diffusait le reportage de Noémie Halioua et d’Hélène Corbie sur les lieux du crime. Ressortait de leur enquête le portrait du suspect : violent, menaçant les habitants.

24 mai 2022
Fondateur d’Americans Against Antisemitism, Dov Hikind twittait un thread de StopAntisemitism  révélant l’origine algérienne du suspect et un twitt  fustigeant Marine Le Pen en couverture d’un magazine israélien. 

StopAntisemitism informait sur l'origine algérienne de Rachid Kheniche, ses twitts antisémites.

Le prévenu se présentait dans l’un de ses deux comptes Twitter en parlant de lui au féminin.

27 mai 2022
« A la date d’aujourd’hui, nous n’avons absolument aucun élément pour qualifier cet acte d'antisémite, hormis le fait que la victime est juive… J’ai pu échanger avec le procureur de la République qui m’a indiqué qu’un juge d’instruction était sur cette affaire et que les investigations se poursuivent… Cette personne a été autopsiée comme il se doit. L’enterrement n’a pas eu lieu… », a déclaré  Nicole Bornstein, Présidente du CRIF Auvergne - Rhône-Alpes, lors de son interview matinale sur Radio J.

Et elle a ajouté : Rien n’est fermé, mais aucun élément probant n’est à notre disposition pour caractériser d’une quelconque façon cet acte odieux… C’étaient deux amis. Cela nous a été confirmé par l’ensemble de l’environnement. Deux amis qui avaient l’habitude de partager des moments festifs, peut-être arrosés, je ne sais pas… Ce monsieur devait être assez seul, sans nouvelle de ses trois filles. Encore aujourd’hui, nous n’avons pas pu les joindre. La grosse difficulté dans ce dossier pour nous est l’absolue décision de la famille de ne pas se porter partie civile, de ne pas prendre un avocat. Donc, nous n’avons pas accès au dossier. Aucune association ne peut avoir accès au dossier en l’état actuel ».

Le Progrès de Lyon publiait l’article « Meurtre de «tonton René»: sur les réseaux, les inquiétants messages de Rachid Kheniche  ».

Me Gilles-William Goldnadel, « chroniqueur sur CNews, chaîne que le meurtrier présumé de l’octogénaire lyonnais commentait régulièrement sur Twitter, a indiqué mercredi sur le réseau social que le suspect lui avait  précédemment « rappelé (ses) origines ».

« Très actif  notamment sur Twitter » où il dispose de deux comptes, « le meurtrier présumé Rachid Kheniche écrit  le 17 mai (jour du meurtre), « Oh game over la. Sentance a frappé je vous temps mon esprit trompeurs, tel un che valider je bougerai maître du temps et des horloges » accompagné d’une photo énigmatique d’un arbre avec une croix rouge. »

« À la suite d’éléments recueillis sur les réseaux sociaux et qui viennent d’être portés à la connaissance du parquet, ce dernier a décidé d’élargir la saisine des juges d’instruction à la circonstance aggravante d’acte commis à raison de l’appartenance de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », a annoncé  le procureur de Lyon, Nicolas Jacquet.

« Une information judiciaire avait été initialement ouverte du chef d’homicide volontaire », les premières investigations n’ayant pas conduit « à retenir de caractère antisémite dans le passage à l’acte », a précisé  Nicolas Jacquet, même si dès l’ouverture de la procédure « aucune hypothèse d’enquête n’était écartée ». « L’information judiciaire se poursuit donc désormais du chef d’homicide volontaire à raison de l’appartenance de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », a-t-il ajouté .

29 mai 2022
Nicole Bornstein annonçait sur Radio J l’intention du CRIF de se porter partie civile pour avoir accès au dossier.

30 mai 2022
Le BNVCA a espéré que le prévenu ne jouera pas la carte de l'irresponsabilité pénale. Son président, Sammy Ghozlan, a rappelé que le suspect était "défavorablement connu de la police".

Sur Radio J, Nicole Bornstein a déploré l’absence de réaction de la Mairie de la Duchère, de Lyon, et de la métropole lyonnaise : « Pas d’écho. Ce crime a été rangé dans les affaires de violence ordinaire ».

31 mai 2022
Sur Radio J, Francis Kalifat a exprimé sa surprise que des Internautes, et non les enquêteurs dont c'est le métier, aient découvert des éléments attestant de l'antisémitisme du suspect.

Analyses
Au moins 16, voire 18 victimes Juives françaises ont été assassinées, toutes tuées par des musulmans en France depuis 2000, déclenchement de l'Intifada II par Yasser Arafat

De nouveau, comme dans des précédents assassinats antisémites, la justice pénale manifeste un refus, certes plus bref qu'auparavant, de retenir dès l'ouverture de l'enquête le motif antisémite.

Et, comme d'habitude, des dirigeants communautaires diffusent des messages attristés - mais pas de twitt ou de post Facebook du Grand Rabbin de France Haïm Korsia ou du Président du Consistoire central de France Me Elie Korchia - et relayant la parole officielle récalcitrante envers le motif antisémite auprès de leurs coreligionnaires méfiants et indignés de ces attitudes.

Comment croire à une dispute entre un nonagénaire et un quinquagénaire agressif ?! Une personne âgée évite la dispute.

Ce sont les réseaux sociaux, et en particulier Twitter, qui ont révélé les deux comptes du suspect, son origine maghrébine et musulmane, ses twitts antisémites. Comment ces éléments probants ont-ils pu échapper au travail des enquêteurs ? Pourquoi la communauté juive institutionnalisée ne s'est-elle pas dotée depuis le début de l'Intifada II d'une task force composée d'avocats, de philosophes, de sociologues et de journalistes pour mieux appréhender et répondre aux défis dramatiques affrontés par leurs coreligionnaires ? 

La famille de Sarah Halimi avait effectué une enquête de voisinage et surveillé les posts de l'assassin Kobili Traoré sur les réseaux sociaux. Celle de Jérémie Cohen avait enquêté et découvert une vidéo des scènes de l'agression et de la fuite de la victime. Des faits curieusement ignorés d'enquêteurs et de magistrats qui voulaient tourner la page de ce "fait divers". Sitôt appris le nom du suspect de l'assassinat de René Hadjadj, des Internautes et le groupe Facebook Agissons pour Sarah Halimi ont scruté les réseaux sociaux. La confiance affirmée depuis des décennies par des dirigeants communautaires envers la justice et la police, des services publics fondamentaux dans un Etat de droit, s'avère-t-elle fondée ? Seraient-ce des "territoires perdus" pour les Français juifs ? 

Le pire serait peut-être qu'advienne une forme d'accoutumance de dirigeants communautaires qui dévident le même discours à chaque assassinat de juifs par des musulmans. Un discours en dissonance avec les pensées des Français juifs lambda.

On peine à comprendre comment et pourquoi Nicole Bornstein, Présidente du CRIF Auvergne - Rhône-Alpes, a pu nier l'existence de ces twitts et le mobile antisémite - des faits connus depuis plusieurs jours avant sa première interview. Et ce, alors qu'elle n'avait pas accès au dossier. Comment peut-elle poursuivre la doxa communautaire sans même interroger les enquêteurs sur ces carences informatives ? 
Le Président de la République Emmanuel Macron, la Première ministre Elisabeth Borne et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin n'ont pas posté de message sur les réseaux sociaux. Et l'Elysée non plus sur son site Internet. Aucun communiqué de presse. Et ce, même durant la campagne des élections législatives. Ou peut-être surtout en cette période électorale. 

Comme 
lors de l'assassinat de Sarah Halimi durant la campagne électorale en 2017, Emmanuel Macron demeure silencieux en 2022. Comme Gérald Darmanin, il vise aux prochaines élections législatives le "vote halal" qui se porte majoritairement vers La France Insoumise (LFI), puis vers lui. Ce qui explique, par exemple, que le gouvernement préfère accuser à tort des supporters britanniques d'avoir détenu des "faux tickets" et d'être à l'origine d'affrontements avec la police, plutôt que de nommer la violence de musulmans ayant commis des razzias à l'occasion de la finale de Ligue des champions entre Liverpool et le Real Madrid le 28 mai 2022 au Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Quant aux médias nationaux, nombreux ont réservé à cette tragédie une place réduite, voire pas de place dans leurs bulletins d'informations.

Quelques mois après la mort de Jérémie Cohen, cet assassinat révèle aussi l'ampleur de l'effondrement de la condition juive, notamment dans des agglomérations où des Juifs vivent dans un environnement dangereux, sans avoir les moyens financiers de le quitter.

De nombreuses questions restent en suspens : René Hadjadj était-il vivant lorsqu'il a été jeté dans le vide par Rachid Kheniche ? Une reconstitution des faits aura-t-elle lieu ? A quels magistrats a été confiée l'instruction du crime ? D'éventuels experts psychiatres concluront-ils que le suspect avait toute sa conscience lors de la commission de l'homicide ? Consommait-il de la drogue ou des médicaments ?

Le prochain écueil à éviter : l'éventuelle « bouffée délirante » du criminel lors de la commission du crime qu'un expert psychiatre, mandaté éventuellement par les deux juges d'instruction, pourrait diagnostiquer. Car une expertise psychiatrique concluant à l'abolition du discernement de Rachid Kheniche au moment du meurtre aboutirait à l'irresponsabilité pénale du suspect. Donc à l'absence de procès.

Le 12 mai 2022, était publiée la circulaire du ministère de la Justice intitulée « Présentation des dispositions résultant de la loi n° 2022-52 du 24 janvier 2022 relative à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure portant sur l’irresponsabilité pénale  ».  

Le 24 mai 2022, sur Twitter, Jérôme Rabenou signalait cette publication ainsi que ses annexes, et Pierre Januel soulignait la contradiction entre le décret et la circulaire : « La nouvelle loi Sarah Halimi va t elle pénaliser des malades qui auraient arrêté leur traitement ? Le décret dit que oui, les ministres disent que non, la circulaire #DACG de présentation de la loi, par une note de bas de page, laisse la porte ouverte.
Ce point avait été débattu à l'AN, et la rapporteure @NaimaMoutchou avait clairement dit que non.
La rédaction ambiguë vient du Sénat ("résulte au moins partiellement de son fait"), mais dans des travaux précédents de @senateur61 l'arrêt des traitements était exclu 
Mais faute de débat parlementaire sur cette rédaction sénatoriale ambiguë, le gouvernement a produit un décret qui indique que l'arrêt des traitement est inclu dans le "résulte au moins partiellement de son fait"
Les ministres ont reculé, mais la circulaire n'est pas claire 
A ce stade, si jamais la cour de cassation ne va pas dans le sens des législateurs, on pourrait imaginer soit un rappel de l'intention du législateur par le Sénat (comme pour senat.fr/rap/r21-595/r2…, mais on est en pénal), soit une retouche de la loi. »

La sénatrice Nathalie Goulet lui a répondu
« Au départ c’était très clair ouverture du contradictoire .. et puis des considérations plus circonstancielles… » 

Si cette analyse était exacte, alors la loi que le CRIF & Cie avaient demandée et soutenue, ne résoudrait pas le problème de l'irresponsabilité provoquée par des criminels. Un nouveau combat devrait donc être mené par ces dirigeants communautaires qui s'étaient tant réjouis du vote de cette loi...

Depuis au moins 2003, la communauté juive institutionnalisée n'a pas trouvé la parade juridique et politique aux crimes antisémites impunis. Quel tragique échec !

Procès en 2026
Le procès du meurtrier de René Hadjadj, 89 ans, s'est ouvert le lundi 2 février 2026 aux Assises du Rhône. Rachid Kheniche est accusé d’avoir défenestré le vieil homme juif depuis le 17e étage d'un immeuble moderne du quartier populaire de la Duchère, dans le IXe arrondissement de Lyon, le 17 mai 2022. René Hadjadj vivait modestement dans un appartement au 2e étage de cet immeuble.

"Originaire de Sétif, au nord de l’Algérie, René Hadjadj est arrivé en France en 1949, à l’âge de 17 ans. Il a été forain, tailleur, serveur et a même monté une entreprise de maçonnerie à Bourgoin-Jallieu. Il s’est installé à la Duchère à la mort de sa compagne, au début des années 2000. Il y était devenu « tonton René », une figure ridée bien connue des riverains, qui parlait couramment arabe et kabyle. « Les gamins l’adoraient, se souvient en souriant son neveu, Jean Atlan, très impliqué dans la vie de la synagogue du quartier. Il était généreux, gentil, toujours tiré à quatre épingles… Il était connu et très respecté. » 

"Jean Atlan est certain que son oncle a été pris pour cible par « un dingue », parce que juif. Consterné par l’emballement médiatique des premiers jours, il refuse que ce drame vienne entacher la cohabitation paisible entretenue soigneusement par les communautés religieuses de la Duchère, ce quartier parfois surnommé « la petite Jérusalem » où se côtoient la synagogue, la mosquée, l’église et le foyer protestant. « Ce crime est un acte isolé tragique, pas le résultat d’un affrontement communautaire, insiste-t-il vigoureusement. Il faut séparer ce gars de la communauté musulmane, qui est très remontée contre lui. Jean Atlan et sa mère n’ont pas souhaité se constituer partie civile aux côtés des nièces et de la sœur de René Hadjadj. « C’est trop difficile émotionnellement, souffle-t-il. Notre place est dans la prière. Nous laissons la justice faire son travail. » Il espère que Rachid Kheniche sera condamné à la peine maximale encourue pour ce crime : la réclusion à perpétuité ».

Le prévenu "quinquagénaire a immédiatement reconnu les faits : des voix l’auraient poussé à s’en prendre à l’octogénaire.  « Dans un cas sur deux, on a le syndrome des voix ou des troubles psychiques. Parfois, il y a de vraies pathologies, mais est-ce qu’elles ont totalement obéré le discernement ? Le contexte idéologique était propice. », soupire une des avocates de la famille, Me Ouaknine-Melki. Elle déplore un effet « boule de neige » depuis l’affaire Sarah Halimi, cette sexagénaire juive défenestrée à Paris en 2017 et dont le meurtrier, reconnu pénalement irresponsable, ne pourra être jugé."

"De son petit appartement désordonné, Rachid Kheniche ne sortait pas beaucoup, excepté pour aller marcher dans un parc « pratiquement tous les jours ». Il passait plutôt ses journées devant la chaîne de télévision CNews, qu’il n’a pas arrêté de citer mercredi 4 février 2026, lors de son premier interrogatoire à la toute fin des débats. Elle lui a, dit-il, « ouvert les yeux ». Les enquêteurs ont analysé des vidéos et des enregistrements sur son téléphone. Il « n’avait plus que son téléphone à qui parler », a plaidé son avocate, Me Océane Pilloix. Seule sa victime, René Hadjadj, venait en réalité lui rendre visite, depuis leur rencontre en 2018 ou 2019 dans l’ascenseur de leur immeuble. L’homme, frêle et joyeux, ancien tailleur de profession, lui avait appris la couture, les psaumes et les rites du judaïsme."

Le 17 mai 2022, "dans une haute tour du quartier de la Duchère, à Lyon, Rachid Kheniche, un quinquagénaire, regarde « L’Heure des pros 2 » sur CNews, sa chaîne favorite. Son voisin du deuxième étage, René Hadjadj, juif et presque nonagénaire, frappe alors à sa porte. Il est déjà venu plus tôt ce jour-là, mais Rachid Kheniche racontera par la suite aux enquêteurs qu’il ne se sentait pas bien et qu’il lui avait ordonné de s’en aller, avant de lui demander de revenir. Cette fois, le quinquagénaire accueille son voisin, le fait asseoir. Les deux hommes vivent chacun un très grand isolement social. Rachid Kheniche est au RSA depuis deux ans. Que s’est-il alors passé ? Rachid Kheniche a fourni aux enquêteurs des explications confuses et variables. Tout à coup, il s’est énervé. Est-ce une photo tirée d’un magazine pornographique, qui lui aurait été apportée par René Hadjadj un mois plus tôt, et sur laquelle il avait cru reconnaître l’une de ses sœurs ? Rachid Kheniche a, par le passé, si souvent entendu sa mère pester contre une famille voisine, également juive, qui aurait eu une maison close, dans laquelle elle aurait voulu prostituer ses sœurs… Est-ce le fait que René Hadjadj se serait à ce moment-là beaucoup plaint, faisant de grands gestes, et qu’il y aurait reconnu son propre père ? Cet homme, violent avec sa femme et ses dix enfants, régnait sur cette famille où la règle était « marche ou crève ». Toujours est-il qu’à ce moment, qui lui vaut depuis lundi 2 février un procès à la cour d’assises du Rhône pour « meurtre commis en raison de la religion de la victime », il se lève, se dirige vers René Hadjadj, et l’étrangle. Sa victime, semble-t-il perd connaissance, puis se réveille en se débattant, alors que Rachid Kheniche l’emmène jusqu’à son balcon pour la jeter dans le vide. La scène se passe depuis le 17e étage d’une tour du quartier de la Duchère. Rachid Kheniche revient ensuite s’asseoir devant sa télé."

Le premier jour du procès, les proches de Rachid Kheniche "ont dressé le portrait sombre d’un garçon élevé de travers au sein d’une famille violente, devenu un homme « étrange » et craint. Rachid Kheniche était connu comme le loup blanc sur la colline de la Duchère. Il est décrit comme un homme au comportement « étrange », « incohérent », parfois « agressif » par ses voisins du numéro 248 de l’avenue du Plateau. Le 17 mai 2022, il a jeté dans le vide son vieux voisin juif, René Hadjadj, après avoir essayé de l’étrangler. Près de quatre ans plus tard, c’est un quinquagénaire corpulent aux allures de « M. Tout-le-monde » qui comparaît devant la cour d’assises du Rhône."

Huitième enfant sur dix, "Rachid Kheniche est né et a grandi à Lyon, huitième d’une fratrie de dix enfants aux liens conflictuels. Seule sa sœur aînée Sarah a maintenu le contact avec lui. À la barre, bouleversée, elle raconte un père alcoolique qui frappait ses enfants avec « ce qui lui tombait sous les mains ». De sa mère, elle dit que « c’est une femme qui a beaucoup souffert », « épuisée » par ces naissances à la chaîne. Tous deux sont décédés. Le jeune Rachid, lui, a toujours été « un peu bizarre ». Sa scolarité a été semée d’échecs, aggravés par une consommation croissante de produits stupéfiants et d’alcool. « À l’âge adulte, on le craignait », confie sa sœur. Les trois unions de Rachid Kheniche ont été brisées par sa violence. Il n’a plus de contact avec ses deux enfants aujourd’hui adultes. En creux de ce procès, se dessinent surtout les troubles psychiques, non diagnostiqués, dont souffraient la mère de Rachid Kheniche et ses sœurs. L’une des jumelles a été internée. L’autre s’est suicidée. Lui-même aurait décompensé après le confinement. Il a été diagnostiqué psychotique lors de son incarcération à la maison d’arrêt de Corbas."

"L’accusé a expliqué son geste par « la maladie ». « Je ne me reconnais pas », a-t-il répété, confronté à ses actes, ses posts Twitter ou les vidéos et audios délirants qu’il aimait enregistrer. Il a maintenu sans varier tout au long de son procès ne pas être antisémite. « Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’étais comme une bête. » Il a raconté avoir tué René Hadjadj pour le faire taire. Le 17 mai 2022, en début de soirée, son voisin est arrivé chez lui agité, « rabâchait » des problèmes administratifs pour lesquels il lui demandait de l’aide. Rachid Kheniche l’a étranglé. Puis il aurait entendu une voix lui intimant de jeter le vieil homme dans les abîmes. C’est là qu’il a empoigné l’octogénaire et l’a jeté dans le vide depuis son balcon du 17e étage."

« Il était mon seul repère, a dit Rachid Kheniche. Tout le monde avait peur de moi. Pas lui. »

Le 3 février 2026, le "contenu de ses réseaux sociaux a été au centre des débats. « Je tenais à vous dire pardon, Monsieur. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Il était comme mon père. » Rachid Kheniche a pris la parole, sans y être invité, mardi, au 2e jour de son procès aux assises (Lyon 5e), lors du témoignage du neveu de la victime. « On ne tue pas son père », a sèchement réagi l’intéressé. « Dépassé et effrayé par le côté émotionnel que pouvait susciter cette affaire », un meurtre possiblement antisémite, ce neveu, comme d’autres proches, ne s’est pas constitué partie civile."

"Les propos de Rachid Kheniche sur les réseaux sociaux, parfois élogieux, parfois virulents envers les juifs, ou incompréhensibles, ont poussé la Justice à retenir le mobile antisémite. Interrogée sur un conflit de voisinage persistant avec la famille juive du dessus, sa sœur assure qu’« il n’était question ni de religion ni de race à la maison ». « Nous n’avons pas été éduqués comme ça », affirme le frère aîné de l’accusé." L’accusé "a vivement nié pendant toute la procédure et le procès la motivation antisémite. Rachid Kheniche a reconnu avoir tué son voisin et ami René Hadjadj, 89 ans, en le jetant de son balcon, car il aurait eu « un coup de nerfs » après une dispute pour un motif obscur. Il a toujours nié être antisémite malgré des propos litigieux sur les réseaux sociaux". « Je ne suis pas antisémite », a affirmé l’accusé pendant son procès, insistant sur son amitié pour la victime. « C’était mon seul repère », a déclaré cet homme instable, consommateur de cocaïne et d’héroïne, qui vivait isolé et sans emploi. Mystique, il assure que René Hadjadj l’a « aidé à découvrir le judaïsme ». Il a peiné à expliquer son geste, renvoyant à sa « maladie » diagnostiquée pendant sa détention provisoire. L’un des experts interrogés a évoqué une « psychose paranoïaque », d’autres un « trouble grave de la personnalité », tous évoquant des syndromes de « persécution ». Son avocate, Me Océane Pilloix, a elle aussi écarté tout motif antisémite, estimant que les enregistrements et publications présentés au débat étaient incompréhensibles, incohérents et « pas assez en lien avec notre affaire ». Elle a mis en avant la « relation tendre » unissant les deux hommes avant les faits."

"Le mobile antisémite avait été écarté par l’office anti-cyberharcèlement qui a examiné les réseaux sociaux de l’accusé. Ainsi que par les trois experts psychiatres entendus, qui ont conclu à une « altération » du discernement de Rachid Kheniche au moment des faits. Les psychiatres ont diagnostiqué chez l’accusé « un trouble de la personnalité sévère » dans le meilleur des cas, associé à une prise chronique de stupéfiants qui auraient joué « un rôle déterminant dans le passage à l’acte ». Dans le pire, « une psychose paranoïaque » ou une « délire paranoïaque » qui se serait focalisée sur René Hadjadj. Qui d’autre, puisqu’il était le seul à rendre visite à Rachid Kheniche ?" 

Le 5 février 2026, "dans ce dossier « particulièrement difficile techniquement », l’avocate générale Amélie Cladière "avait requis vingt ans de réclusion et dix ans de suivi socio-judiciaire à la sortie, d’abord en laissant à la Cour et aux jurés la responsabilité de se prononcer sur « la question de l’antisémitisme », avant de balayer finalement cette circonstance aggravante. Elle s’était abstenue de développer les éléments factuels recueillis lors de l’instruction et avait manifesté son agacement vis-à-vis des avocats des parties civiles pendant l’audience." Pour retenir la circonstance aggravante, « la loi nous demande de repérer des faits » qui se sont produits « dans le même temps que le crime commis », a expliqué dans son réquisitoire l’avocate générale Amélie Cladière. Cela écarte donc, notamment, des tweets de l’accusé datant de 2020 sur lesquels la Cour s’était longuement penchée, et où l’accusé parlait de « sayanim », terme complotiste utilisé pour désigner un agent dormant du Mossad. Juste après avoir fait basculer M. Hadjadj dans le vide, M. Kheniche a pris des photos d’identité et un texte hébraïque trouvés dans la veste de sa victime et les a découpés. « Si dans le même temps il avait mis à la poubelle la Torah et les autres objets et attributs juifs qui étaient dans son appartement », cela aurait pu constituer un élément, a noté la magistrate. Mais « ce n’est pas le cas ». L'avocate générale a estimé "précautionneusement que les propos antisémites qu’a pu tenir Rachid Kheniche ne s’inscrivent pas dans la « temporalité » du meurtre. Et ne peuvent donc être retenus comme circonstance aggravante". Curieuses conceptions de l'antisémitisme.

"Lors du procès, les avocats de la famille Hadjadj ont dressé le portrait d’un homme violent, agressif et manipulateur qui avait, selon eux, déjà prévu de tuer son voisin lorsqu’il lui a ouvert sa porte, ce 17 mai 2022 en début de soirée." Les avocats de l'Organisation Juive européenne (OJE) et de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) ont argumenté en faveur de la motivation antisémite du crime. « Vous n’avez pas à déterminer si le mobile est antisémite » mais si l’accusé avait un « problème avec la religion juive », a avancé Me Muriel Ouaknine-Melki, avocate de membres de la famille de la victime et de l’OJE. Elle "a énuméré les nombreuses victimes juives tuées ces dernières années. Sarah Halimi, dont ils ont représenté la famille, mais aussi Ilan Halimi, Mireille Knoll ou encore les enfants de l’école juive de Toulouse. « En 2022, il y a eu 436 actes antisémites recensés », a-t-elle précisé."

« Force est de constater que tous [s]es persécuteurs portent des noms à consonance juive », a argumenté son collègue Me Oudy Bloch.  Pour Me Oudy Bloch, « impossible » de ne pas faire le lien avec Sarah Halimi, cette sexagénaire juive battue à mort en 2017 à Paris puis défenestrée « elle aussi » par son voisin. « Dans ces dossiers, il y a des antisémites revendiqués et aussi des gens qui en reprennent les clichés. Les juifs et l’argent, le pouvoir, les réseaux de prostitution, les médias, la 5e colonne… C’est aussi ça, l’antisémitisme ordinaire ! »

Rachid Kheniche était « obsédé » par la religion juive, a plaidé Me Alain Jakubowicz, avocat de la LICRA et du CRIF, parties civiles dans la procédure. « Imaginez ce petit vieux, qui se débat et qu’on porte au-dessus du vide, a insisté Me Alain Jakubowicz, l’avocat de la Licra et du Crif. Au 17e étage. Imaginez ces secondes où M. Hadjadj se voit mourir. »

La Cour d’assises du Rhône a déclaré Rachid Kheniche, 55 ans, coupable du meurtre de René Hadjadj, 89 ans. La circonstance aggravante d’un crime « commis en raison de la religion de la victime », en l’occurrence le judaïsme, n’a pas été retenue. Conformément aux expertises psychiatriques, tablant sur des « difficultés psychiques », la Cour d’assises a reconnu une altération du discernement du meurtrier qu'elle a condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté de douze ans (soit les deux tiers), et six ans de suivi socio-judiciaire. La Cour a « tenu compte des circonstances terribles » de « ce crime qui a consisté à jeter un homme encore en vie du 17e étage », a dit la Présidente de la Cour. 

Le 5 février 2026, Me Muriel Ouaknine-Melki, Président de l'OJE, a posté sur X, ex-Twitter :
"René Hadjadj.
Mort parce que juif.
Le Parquet Gé de Lyon a refusé de requérir l'antisémitisme.
Les 6 jurés lyonnais les 3 magistrats professionnels l'ont suivi.
Cette décision est le reflet de l'etat de notre société, gangrenée par un antisémitisme qu'elle ne sait plus condamner".
Marc Palacz, retraité de la Gendarmerie, lui a répondu "Euh vous êtes sérieuse" en retwittant le post de l'association CHAR (Contre la haine l'antisémitisme et le racisme) :
"Nous étions plusieurs associations à vouloir être parties civiles dans l’affaire René Hadjadj. Certaines ont préféré s’accaparer l’exclusivité plutôt que de s’unir. À plusieurs, on aurait eu bien plus de poids pour faire reconnaître l’antisémitisme. Triste verdict. #RenéHadjadj"
L'union fait souvent la force, a fortiori dans ces procès où le meurtrier allègue "des voix" ou divers prétextes susceptibles d'étayer l'hypothèse émise par des experts psychiatres d'une altération du discernement qui atténue la responsabilité pénale, ou de son abolition, ce qui permet d'obtenir une sanction faible, voire l'impunité. Il est dommage que d'autres associations se soient vues interdites de se porter parties civiles, notamment CHAR.

La LICRA et le CRIF étaient parties civiles dans ce procès. Dont acte. Mais pourquoi ne l'ont-ils pas été dans d'autres procès de criminels ayant tué des juifs français ?


Articles sur ce blog concernant :
Le nom du défunt a d'abord été orthographié Hadjaj par des médias. Cet article a été publié le 1er juin 2022.