Citations

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« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 9 juin 2026

Nadav Lapid

Nadav Lapid est un scénariste, réalisateur - 
« L’institutrice », « Synonymes », « Oui » -, acteur et écrivain israélien engagé. Après un appel au boycott et avoir subi des pressions, Nadav Lapid ne viendra pas au festival FID Marseille en juillet 2026, à la fois comme membre du jury et pour y montrer son film. Le Monde (8 juin 2026) : « Inviter un artiste dans un festival n’est pas l’ériger en ambassadeur culturel » : plus de 350 personnalités en soutien au cinéaste israélien Nadav Lapid". Le 9 juin 2026, Le Monde a aussi publié la tribune d'un Collectif « Le boycott culturel du réalisateur israélien Nadav Lapid est une faillite intellectuelle ».

« Mossad : des agents israéliens parlent » par Duki Dror

Nadav Lapid est né en 1975 à Tel Aviv dans une famille dont les membres sont des artistes.

Après des études de philosophie et d'histoire dans les universités de Tel Aviv et de Paris VIII, il débute une carrière de journaliste.

Puis, il complète sa formation à l'École de cinéma et de télévision Sam-Spiegel. Là, il réalise trois courts métrages.

En 2008, lors de sa résidence à la Cinéfondation du Festival de Cannes, il écrit le scénario de son premier long métrage, "Le policier" (2011).

Il entame une carrière internationale, comme membre du jury de festivals ou réalisateurs de films qui y sont sélectionnés, et parfois primés. L'Institutrice est montré à la 53e Semaine de la critique, durant le Festival de Cannes 2014. 

Suivent From the Diary of a Wedding Photographer présenté au Festival de Cannes 2016, Synonymes Ours d'or à la Berlinale 2019 - et  Le Genou d'Ahed (2021) au titre clin d'oeil à celui d'un film d'Eric Rohmer.

Selon France Info, "le dernier film Oui (2025) brosse le portrait d'une société israélienne défigurée par la soif de vengeance après le 7-Octobre et indifférente aux morts palestiniens à Gaza."

Nadav Lapid est Chevalier des Arts et des Lettres.

Boycott
Après un appel au boycott et avoir subi des pressions, Nadav Lapid ne viendra pas au festival FID Marseille (7-12 juillet 2026), à la fois comme membre du jury et pour y montrer son film Le Policier (2011). 

Les "tenants du boycott reprochent notamment au cinéaste d'avoir bénéficié de fonds publics israéliens pour financer très partiellement le film Oui, présenté à Cannes en 2025 à la Quinzaine des cinéastes. "La subvention israélienne dont a bénéficié le film vient d'un fonds public et non pas gouvernemental, et c'est typiquement le genre d'organisme indépendant qui est attaqué par le gouvernement Nétanyahou", déclare à l'AFP Judith Lou Lévy, productrice de Oui au sein des Films du bal, ajoutant que ces fonds publics ne représentaient que 12% du budget du film. "En aucun cas, il n'y a eu de contrepartie et le film est très clair sur ce sujet", ajoute la productrice, selon qui l'appel au boycott "aggrave le manque d'un espace de discussion essentiel qui aurait permis de lever des malentendus sur la production de ce film, d'initiative française, et sur son contenu, extrêmement critique de la politique israélienne."

La directrice de l’événement, Tsveta Dobreva, évoquait des « pressions » et « appels demandant la désinvitation » de Nadav Lapid." Contactée par l'AFP, elle a expliqué que l'appel avait été lancé en interne contre le festival par des cinéastes sélectionnés, qui refusaient dans un premier temps de voir le cinéaste israélien siéger au jury. Avant de s'en prendre à la projection du film. "C'est à ce moment-là où Nadav Lapid s'est retiré lui-même", a-t-elle expliqué. "Avec l'appel au boycott, "une dizaine de films" se sont retirés sur les 120 programmés dans le cadre de ce festival qui promeut fictions et documentaires du cinéma indépendant, indique Tsveta Dobreva." L’une des contestatrices, Narimane Mari, réalisatrice franco-algérienne, jurait ne pas « condamner un être humain » mais refuser « un modèle culturel ».

Dans un communiqué, le FID  a déploré le boycott, jugeant "parfaitement illégitime de tenir un cinéaste pour responsable ou comptable de la politique raciste, colonialiste et génocidaire menée par le gouvernement de son pays... Les voix singulières qui, comme celle de Nadav Lapid, s'efforcent de penser la violence propre à l'État et à la société d'Israël doivent être au contraire accueillies et écoutées, quitte à ensuite contester ou déconstruire les récits".

Auprès de l'AFP, Nadav Lapid a déploré "la résignation" du festival -  « Peut-être qu’ils auraient dû assumer un peu leur rôle dans un moment pareil » - et l'appel au boycott qui l'a renvoyé à sa "vulnérabilité" d'exilé en France, où il est installé depuis cinq ans pour protester contre la politique du gouvernement israélien. "Quand j'ai vu les pressions par rapport à ma participation au festival, je me suis dit que peut-être je n'avais pas une place en France. Si ma présence est inacceptable et si on peut juste m'effacer ou me balayer d'un événement du cinéma, je ne sais pas ce que je vais foutre ici en fait", dit-il."  

Les réalisateurs  Dominik Moll, Arnaud Desplechin et  Justine Triet ont signé une tribune dans Le Monde (8 juin 2026) : « Inviter un artiste dans un festival n’est pas l’ériger en ambassadeur culturel » : plus de 350 personnalités en soutien au cinéaste israélien Nadav Lapid". « Un simplisme désolant » : Niels Schneider, Elias Sanbar et deux Palmes d’or s’opposent au boycott de Nadav Lapid, « réduit à sa nationalité ». Ils refusent « cette volonté d’écarter un cinéaste d’un espace de discussion et de création ». La tribune regrette « une logique d’assignation ». « En quoi la présence d’un cinéaste dans un jury ou la présentation de l’un de ses films feraient-elles de lui le représentant d’un État ? », s’étonnent les signataires. À plus forte raison, lorsque ce cinéaste juge avec tant de sévérité cet État. Domicilié en France depuis 2021, Nadav Lapid est un critique sévère de la politique de Benyamin Netanyahou. Au début des années 2010, il interrogeait les dérives militaristes et nationalistes de son pays à travers des paraboles (Le Policier, L’Institutrice). Il creuse désormais un sillon plus provocateur, mais toujours virulent contre son pays. Dans Oui, sorti en 2025, il dépeint de manière grinçante et exubérante l’après-7-Octobre. Le quinquagénaire est aussi opposé à la violence de la guerre à Gaza, mais ce scepticisme n’a pas suffi pour apaiser les redresseurs de torts."

« Il ne s’agit pas d’un désaccord critique ni d’un débat artistique. Il s’agit d’une volonté d’écarter un cinéaste d’un espace de discussion et de création », regrettent les auteurs de la tribune qui ajoutent : « On voit s’imposer un langage fondé sur la menace, auquel les institutions répondent souvent par la peur, en cherchant avant tout à éviter les conflits. (...) Il faut pouvoir discuter de la Palestine et d’Israël (...) et du rôle des artistes sans que ces discussions ne débouchent systématiquement sur des mécanismes de disqualification qui confinent au simplisme le plus désolant ». Parmi les signataires de la tribune : le réalisateur Arthur Harari, la productrice de Oui Judith Lou Lévy, le rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma, Marcos Uzal, et Morgan Pokée, auteur de l’essai Nadav Lapid - Description d’un combat. La tribune a été signée par deux Palmes d’or, Justine Triet et Apichatpong Weerasethakul. De nombreux réalisateurs figurent à leurs côtés : Arnaud Desplechin, Stéphane Demoustier (L’Inconnu de la Grande Arche), Thierry de Peretti (À son image), Mia Hansen-Løve, Radu Jude, Alice Diop (Saint Omer), Claire Denis ou Emmanuel Marre, dont le film Notre Salut a récemment été récompensé à Cannes. Plusieurs producteurs complètent la liste, dont Saïd Ben Saïd, ainsi qu’Elias Sanbar, écrivain et ancien ambassadeur de la Palestine auprès de L’UNESCO. Les acteurs se font plus rares. On note la présence de Louis Garrel et Clotilde Courau.

"Partenaire de la manifestation, la municipalité n’a pas répondu pour l’heure aux questions du Figaro. Fin mai, le maire socialiste Benoît Payan s’était ému d’un appel au boycott visant l’auteur de bande dessinée Joann Sfar, affirmant que la ville ne « triera pas les artistes en raison de leur origine ». Qu’en sera-t-il au FID ?"

Nadav Lapid a assuré "refuser de s'apitoyer sur son sort" mais se dit "soulagé" que des professionnels du cinéma aient pris l'initiative de lancer une tribune pour le soutenir, et à laquelle le FID affirme souscrire "pleinement". Intitulé Le cinéma n'est pas une ambassade, le texte, qui a été publié lundi 8 juin dans Le Monde, s'inquiète qu'un artiste qui "a publiquement dénoncé, à de nombreuses reprises, l'anéantissement de Gaza" puisse être assimilé à "une quelconque forme d'ambassade culturelle israélienne". Figurent parmi les quelque 350 signataires les réalisateurs Arthur Harari, Louis Garrel, Apichatpong Weerasethakul ou Claire Denis, ainsi que la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF) et l'écrivain palestinien Elias Sanbar

Le 9 juin 2026, Le Monde a aussi publié la tribune d'un Collectif, comprenant notamment le réalisateur oscarisé Michel Hazanavicius, les Palmes d'or Justine Triet et Jacques Audiard et l'actrice américaine Natalie Portman, intitulée « Le boycott culturel du réalisateur israélien Nadav Lapid est une faillite intellectuelle ».
"Les réalisateurs russes, israéliens, iraniens ne sauraient être menacés d’effacement pour expier des crimes commis par des gouvernements dont ils sont souvent les plus fervents pourfendeurs, estime un collectif de personnalités du cinéma, parmi lesquelles Natalie Portman, Justine Triet et Jacques Audiard, dans une tribune au « Monde ».
Le cinéaste Nadav Lapid ne se rendra pas au Festival de cinéma international de Marseille, malgré l’invitation qu’il avait reçue. Les pressions, les menaces de retrait, les appels au boycott venant d’activistes anti-israéliens auront eu raison d’abord de sa présence au sein du jury, puis de sa présence tout court.
Que le plus grand artiste dissident israélien, œuvrant inlassablement à dénoncer les dérives fascistes et colonialistes de son gouvernement, ses faillites morales criminelles, dans des films primés dans le monde entier, soit amené à se retirer d’un festival français doit nous alerter et nous mobiliser au-delà de cette aberration.
Nous alerter sur l’évidence : quels que soient les crimes commis par son Etat, personne ne saurait être réduit à un passeport.
Nous mobiliser ensuite pour nous amener à réfléchir collectivement aux outils qui protégeraient les programmateurs, les exploitants, les diffuseurs, les critiques et les artistes des pressions extérieures, seuls face aux menaces pesant sur des structures parfois précaires. La nécessité de penser l’inaction politique et d’y résister ne peut se jouer dans l’annulation d’une voix.
Qu’est ce qui fait soutien d’un Etat criminel, qu’il soit russe, iranien, ou israélien, quand il est question de cinéma ? A quel niveau de financement public décide-t-on qu’une œuvre ou son auteur, fût-il le plus critique, se fait le porte-parole d’un gouvernement criminel ? Et du reste, y a-t-il un seuil critique nécessaire envers l’Etat en question pour avoir le droit d’exprimer son opinion et projeter son travail ? Rien ne justifie l’annulation de la parole d’un artiste.
Levier de contestation
Le boycott culturel de Nadav Lapid est une faillite intellectuelle. Les cinéastes russes, israéliens, iraniens ne sauraient être menacés de disparition pour expier des crimes commis par des gouvernements dont ils sont souvent les plus fervents pourfendeurs. A ceux qui voudraient penser qu’en les désinvitant on fait pression sur leurs Etats, nous répondons que c’est en continuant sans relâche de les inviter que ce levier de contestation se poursuit. En témoigne la récente adresse du réalisateur russe Andreï Zviaguintsev à Vladimir Poutine, [l’exhortant à « mettre fin [au] carnage » en Ukraine] lorsqu’il vint recevoir sur scène le Grand Prix du Festival de Cannes pour son film Minotaure...
Quels que soient les crimes commis par son Etat, personne ne saurait être réduit à un passeport", estime le collectif dans son texte paru mardi. "Qu'est-ce qui fait soutien d'un Etat criminel, qu'il soit russe, iranien, ou israélien, quand il est question de cinéma ? A quel niveau de financement public décide-t-on qu'une oeuvre ou son auteur, fût-il le plus critique, se fait le porte-parole d'un gouvernement criminel ?"
"Dans un message posté sur Instagram, 12 cinéastes qui avaient appelé au boycott de Nadav Lapid justifient leur démarche par leur volonté "d'agir contre une réalité coloniale et génocidaire approuvée" et dénoncent "l'insistance" des festivals à "produire une symétrie (...) entre productions palestiniennes et israéliennes".

Il s'avère choquant que des auteurs ou artistes calomnient le gouvernement israélien dans leur défense de Nadav Lapid.

« L’institutrice »
Arte diffusa « L’institutrice » (Ich habe ein Gedicht) par Nadav Lapid. 

« Centré sur l'obsession d'une institutrice pour un petit garçon surdoué pour la poésie, un film d'une séduction rare qui interroge l'aveuglement d'un monde avant tout tourné vers le matérialisme ». 

Un film manichéen sur le mystère de la création poétique et la grâce de certains enfants.
  
« En Israël, Nira, une institutrice, réalise peu à peu que Yoav, un de ses élèves de 5 ans, possède un don bluffant pour la poésie. Nira écrit elle-même des poèmes, comme une sorte de jardin secret qui lui permet d’échapper à la banalité de sa vie conjugale. Mais le talent hors norme du garçonnet commence très vite à l'obséder, d'autant plus qu'elle ne peut en percer l'opacité. Yoav reste pour elle un enfant mystérieux, qu'il faut protéger et encourager. Envers et contre tous, elle décide de s'accaparer Yoav, quitte à franchir les limites de la loi et de la raison… »

« Semi-autobiographique (le réalisateur fut lui aussi un enfant surdoué écrivant de la poésie), « L'institutrice » s'avère moins directement politique que « Le policier », le premier film de Nadav Lapid qui auscultait une société israélienne au bord de l'implosion ».

Né en 1975, Nadav Lapid a étudié le cinéma à l'école « Sam Spiegel » à Jérusalem, la philosophie et l'histoire à l'Université de Tel-Aviv et la littérature à l'Université de Paris VIII. Il a collaboré comme chef-opérateur à plusieurs documentaires en Israël et publié un recueil de quatre nouvelles, Danse Encore (Éditions Actes Sud, 2010) et été journaliste sportif à Ha'ir.

« S'il s'attache avant tout à décrire cette étrange relation entre une femme et un enfant, son questionnement sociétal garde au final la même acuité. Quelle place réserve-t-on à la poésie, à l'art, et donc à la pensée alternative, dans un monde matérialiste, voire vulgaire, tourné avant tout vers le profit et la possession ? » 

« Tout en grâce et en nuances, Nadav Lapid fait montre de la même maestria formelle que dans son œuvre précédente (cadrages au cordeau, lumières travaillées…). Un style singulier qui le met à l'abri de tout didactisme et se révèle des plus stimulants ».

Un film trop long, manichéen.

Comment une institutrice peut-elle laisser cet enfant, en sueur, sans chapeau pour le protéger du soleil sur la plage ?

Le film a reçu The Israeli Film Critics Forum Prize au Festival international du film de Jérusalem 2014.

Propos recueillis du réalisateur publiés dans le dossier de presse

« L’Institutrice parle, entre autres, de la place des choses qui n’ont aucune utilité dans un monde où tout est question de gain, de perte ou de profit. La poésie ne fonctionne pas selon une logique économique. À l’opposé d'un roman, épais et lourd, elle n’est pas le fruit de mois de labeur, elle est capricieuse, s'écrit instantanément, se lit immédiatement et reste parfois indéchiffrable. Il est souvent difficile d’expliquer ce qu’est un poème, à quoi il sert et pourquoi il est si important qu'il existe. Souvent la poésie se trouve dans cette zone grise entre la vérité la plus profonde et l’imposture ».

« Le mystère des poèmes de l’enfant et leur provenance s’opposent à la tentative de l’institutrice de trouver un ordre, une logique, de comprendre d’où viennent ses mots. La poésie, dont l’écriture est rapide et instantanée – on tourne la tête et les mots sont là – correspond donc à la conscience partielle d’un enfant, à sa vision naïve de son propre acte de poésie. L’enfant se perçoit-il comme un poète ? Est-ce qu’il comprend que les mots qu’il clame sont des poèmes ? »

« Le film parle de la société israélienne, de l’armée par exemple, qui gomme les dernières traces de sensibilité chez ses jeunes recrues, comme le fils de l’institutrice, en les envoyant accomplir leur devoir « de soldats et d’hommes ». Ou la division de la société israélienne entre Ashkénazes et Séfarades, conflit interne avec lequel l’institutrice s’identifie (bien que chaque société ait ses propres Ashkénazes et Séfarades). Il me semble aussi que le film reflète la transformation radicale de la société israélienne en une société hyper matérialiste et vulgaire. En Israël, pays jeune, sans tradition, cette transformation est très rapide, plus brutale et peut-être plus visible qu’ailleurs. En Israël, tout est plus transparent, exposé, à nu. En revanche, ce qui est universel ce sont les relations entre la poésie et le monde d’aujourd’hui… »

« Synonymes »
Arte diffusa le 16 février 2022 à 23 h 35 « Synonymes » de Nadav Lapid. 

« Un jeune Israélien s’expatrie à Paris et coupe les ponts avec son pays d’origine... Ours d’or à la Berlinale 2019, un excentrique choc des cultures brillamment orchestré par Nadav Lapid et emporté par le jeu intense de Tom Mercier. »

« De retour du service militaire, Yoav, un jeune Israélien, s’exile à Paris. Alors qu’il se douche, il se fait voler ses affaires. Nu et transi, il est recueilli par un jeune couple bourgeois blasé, Émile et Caroline, qui le veille, regarnit sa penderie et avec qui se noue une plaisante complicité intello-érotique. En rupture avec son pays d’origine, "cet État méchant, obscène, ignorant, idiot, sordide, fétide…", Yoav se refuse à parler hébreu. Muni de son petit dictionnaire, il s’abreuve de synonymes français qu’il déclame dans les rues de Paris. De petits boulots en rencontres, ce "coq israélien" va multiplier les expériences étranges, dans sa vaine tentative d’assimilation forcée. »

« Tantôt agitée, tantôt statique, la caméra épouse les soubresauts de son excentrique héros. Son errance parisienne s’inspire de celle de Nadav Lapid. Voulant aussi "fuir le destin israélien", le cinéaste a vécu dans la capitale française dans sa jeunesse et y a découvert le cinéma. »

« Malgré ses efforts, Yoav est sans cesse renvoyé à son identité d’origine, allant jusqu’à endosser un uniforme couvert de médailles lors d’un improbable tournage porno, caricature du "soldat émérite" qu’il a été dans son ancienne vie. Il comprend aussi que sous ses airs guindés, et, un brin apathiques, la patrie des Lumières n’est pas dénuée d’hypocrisie et d’incohérences. »

« Une large part de ce face-à-face théâtral et burlesque entre deux pays repose sur les épaules musclées de son interprète, l’Israélien Tom Mercier (La corde). Cocktail explosif d’innocence et de virilité, l’acteur emplit de sa vitalité et de sa voix de stentor ce Paris endormi où il s’obstine à entrer par effraction ». 




« L’institutrice » par Nadav Lapid
Pie Films, ARTE France Cinéma, Haut et Court Productions, 2014, 114 minutes
Image : Shai Goldman
Montage : Era Lapid
Musique : Michael Emet
Producteur/-trice : Osnat Handelsman-Keren, Talia Kleinhendler, Carole Scotta
Scénario : Nadav Lapid
Avec Sarit Larry, Avi Shnaidman, Lior Raz, Ester Rada, Yehezkel Lazarov, Dan Toren, Jil Ben David 
Sur Arte le 30 août 2017 à 20 h 55
Visuel :
Affiche du film de Nadav Lapid
Sarit Larry et Avi Shnaidman
© Itiel Zion

« Synonymes » de Nadav Lapid
Allemagne, France, Israël, 2018, 117 min
Scénario : Nadav Lapid et Haïm Lapid
Production : SBS Films, Pie Films, Komplizen Film, ARTE France Cinéma
Producteurs : Saïd Ben Saïd, Michel Merkt
Image : Shaï Goldman
Montage : Era Lapid, François Gédigier, Neta Braun
Avec Louise Chevillotte (Caroline), Tom Mercier (Yoav), Quentin Dolmaire (Emile), Uria Hayik (Yaron), Olivier Loustau (Michel), Yehuda Almagor (le père de Yoav)
Sur Arte le 16 février 2022 à 23 h 35
Disponible du 09/02/2022 au 22/02/2022


A lire sur ce blog :
Les  citations sur le film sont extraites du site d'Arte. Cet article a été publié le 30 août 2017, puis le 15 février 2022.

lundi 8 juin 2026

La DILCRAH

Instituée en 2012, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRA) est devenue, en 2016, la DILCRAH par l'extension de son champ d'intervention à la lutte contre la haine et les discriminations anti-LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Depuis 2014, elle est placée sous la tutelle du Premier ministre. Critiquée pour son fonctionnement et son faible bilan en matière de lutte contre la haine antisémite, dotée d'un Conseil scientifique divisé puis dissout, la DILCRAH, qui n'a aidé aucun des Juifs français spoliés victimes d'antisémitisme, a eu à sa tête Olivier Klein, aux positions controversées (1er septembre 2023-2025) ; le 6 juin 2026, Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois a rendu un hommage public à un présumé proxénète tué, ce qui a suscité l'indignation d'autant plus grande qu'Olivier Klein est aussi  recteur de l'académie de Strasbourg - le double "en même temps" macronien ? Le 3 février 2025, le préfet Mathias Ott a pris ses fonctions en tant que délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT avec des priorités claires confiées par la ministre Aurore Bergé. J'avais évoqué ce thème lors de mon interview par André Barmoha, le 20 septembre 2023 sur Radio Chalom Nitsan, radio juive dont les studios sont à Nice. La DILCRAH soutient le Prix Ilan Halimi dont les dérives sont inquiétantes.  

Le MRAP débouté de sa plainte contre Laurent Dominati
Un sondage français biaisé sur l’évolution de la relation à l’autre 
La Présidence Hollande, les gouvernements Ayrault, Valls et Cazeneuve, c'était bien pour les Français Juifs ? 

En février 2012, a été créée la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRA). Depuis 2014, elle est placée sous la tutelle du Premier ministre, actuellement Mme Elisabeth Borne.

Fin 2016, à la suite de la recommandation d’instances de l’Union européenne (UE), son champ d'intervention a été étendu à la lutte contre la haine et les discriminations anti-LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Le nouveau sigle a été DILCRAH.

Jusqu’en août 2023, le conseil des ministres a nommé à sa tête des préfets : Régis Guyot (1er mars 2012), Gilles Clavreul (27 novembre 2014), Frédéric Potier (4 mai 2017) et Sophie Elizéon (17 février 2021).

En avril 2018, Gilles Clavreul a signé le « manifeste contre le nouvel antisémitisme » : « La radicalisation islamiste - et l'antisémitisme qu'il véhicule - est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l'expression d'une révolte sociale… nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d'obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l'antisémite catholique aboli par Vatican II, afin qu'aucun croyant ne puisse s'appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime. Nous attendons de l'islam de France qu'il ouvre la voie. Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu'est l'antisémitisme devienne cause nationale avant qu'il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France ». (Le Parisien)

La DILCRAH "est chargée de concevoir, de coordonner et d’animer la politique de l'État en matière de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. A cette fin, elle exerce un rôle de conseil et d’animation auprès des ministères, notamment en matière d’éducation, de police et de justice mais aussi de culture, de politique de la ville, de numérique, d’outre-mer, etc."

Elle "a notamment coordonné l’élaboration du plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine 2023-2026 et du Plan national d’actions pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023". Avec quel succès !

La DILCRAH "a vocation à être l’interlocutrice privilégiée des acteurs institutionnels et associatifs de défense des droits de l’homme et de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT."

Prix Ilan Halimi
Ilan Halimi est un jeune Français juif âgé de 23 ans, qui, en 2006, était victime de rapt, de séquestration accompagnée d’actes de torture et d’assassinat antisémite, commis par le gang des Barbares dirigé par Youssouf Fofana. Ce gang a été jugé en 2009 par la Cour d'assises des mineurs de Paris. Le 25 octobre 2010, 18 des 25 condamnés dans l’affaire du gang des Barbares ont été jugés en appel devant la Cour d’assises des mineurs de Créteil (Val-de-Marne). 

Le 15 février 2017, Jérôme Guedj, conseiller départemental socialiste de l'Essonne et alors porte-parole du candidat socialiste Benoit Hamon, a déploré sur Radio J, que le Conseil général de ce département ait cessé de procéder à un appel à projets en 2016 pour le Prix Ilan Halimi contre l'antisémitisme. Alors président de ce Conseil, il avait créé en 2014 ce Prix national, en association avec le Crif, SOS Racisme, l'UEJF et le Mémorial de la Shoah, auquel chercheurs, artistes, associations pouvaient postuler "afin de déconstruire les préjugés antisémites". En 2016, le Prix a été remis à l'Amitié judéo-musulmane.  Cet édile s'est indigné que le Prix ait été rebaptisé Prix Ilan Halimi contre l'antisémitisme et pour l'amitié entre les religions : "C'est un changement fondamental. C'est une dilution... Ce Prix soulignait la singularité de l'antisémitisme... Les associations citées n'ont plus été membres du jury du Prix et n'ont pas pu relayer auprès du public l'information sur ce Prix. Seuls deux projets essonniens avaient été adressés pour ce projet !"

Le "Prix Ilan Halimi a été créé en 2018 par la DILCRAH dans le cadre du Plan National de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Il met à l’honneur l’engagement de la jeunesse contre l’ignorance et les stéréotypes. C’est par l’éducation et la culture que nous luttons pour favoriser l’ouverture à l’autre et la solidarité. Ensemble faisons reculer la haine et l’intolérance !" L'affiche ne reproduit même pas le visage d'Ilan Halimi !?

Il s’agit de "mobiliser et récompenser des collectifs de jeunes de moins de 25 ans, dans un cadre scolaire ou non, accompagnés d’un majeur référent ayant réalisé une action contribuant à faire reculer les préjugés racistes et antisémites. Cette action peut par exemple relever des champs culturel, sportif, numérique ou d’interventions auprès du public".

"Le jury de l’édition 2023 était présidé par Émilie Frèche, écrivaine - "La Mort d’un pote" (Panama, 2006) et avec Ruth Halimi "24 jours : La vérité sur la mort d’Ilan Halimi" (Seuil, 
2009) adapté au cinéma par Alexandre Arcady (2014) - et réalisatrice. Il était composé de personnalités du monde du sport, de la culture, de l’éducation, de la citoyenneté et de l’engagement."

Le 13 février 2023, Éric Dupond-Moretti, alors Garde des Sceaux, ministre de la Justice, accueillait la 5e cérémonie du prix Ilan Halimi en présence de Pap Ndiaye, alors ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, de Rima Abdul Malak, alors ministre de la Culture, d’Isabelle Lonvis-Rome, ministre déléguée auprès de la Première ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances.

Le jury "a choisi de mettre en lumière quatre projets sur la quarantaine de dossiers présentés. Un grand prix et trois prix du jury ont couronné le travail mené par des jeunes enfants et adultes pendant l’année 2022. 
Les actions lauréates sont valorisées par les services de communication de la DILCRAH et ses partenaires".

Le Grand Prix Ilan Halimi 2023 a été attribué au centre scolaire du quartier pour mineurs du centre pénitentiaire de Liancourt (Oise) pour leur projet à « Dans leurs Yeux » sur le racisme en prison. Éric Dupond-Moretti a remis le prix au directeur du centre. "Le jury a été touché par l’implication originale de jeunes détenus qui répond à une réalité : le racisme en prison". Quel rapport avec Ilan Halimi et l'antisémitisme ?

Les élèves de l’école élémentaire Joliot-Curie à Bagneux (Hauts-de-Seine) ont reçu le prix du jury des mains de Rima Abdul Malak pour leur projet « Petit musée pour la paix ». "
Des élèves d’une classe de CM1/CM2 ont créé un « petit musée pour la paix », où sont exposées une trentaine d’œuvres qu’ils ont réalisées. Ce musée, situé au cœur de la cité de la Pierre Plate, où fut séquestré Ilan Halimi, aborde les questions de discriminations, racisme, et antisémitisme à travers l’Histoire. Les visites – de parents d’élèves, habitants de la cité, élèves du collège à proximité, toutes les classes de l’école élémentaire – ont été assurées par les élèves eux-mêmes, prenant le rôle de conférenciers de l’exposition."

Pap Ndiaye "a ensuite remis un autre Prix du jury aux jeunes du lycée Jean-Guéhenno à Saint-Amand-Montrond (Cher) pour le projet « Autour de la mémoire d’Ilan Halimi ». "
Le projet, mené par sept élèves de terminale du lycée professionnel est articulé autour de la mémoire d’Ilan Halimi et de l’histoire de la Shoah sur leur territoire. Projection-débat du film « 24 jours », visites des lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale sur leur territoire (découverte des puits de Guerry où 34 juifs furent jetés vivants), porte-à-porte dans un quartier prioritaire de la ville (QPV) pour sensibiliser les habitants à l’antisémitisme et à l’histoire d’Ilan Halimi, publication d’un numéro spécial du journal du lycée sur ce thème. Point d’orgue du projet, les élèves ont obtenu du maire de la ville la dénomination d’un square au nom d’Ilan, inauguré le 6 décembre 2022 au cours d’une cérémonie publique." Pourquoi lier Ilan Halimi à la Shoah, et pas avec l'exil d'un million de Juifs du "monde arabo-musulman" ?

Le dernier Prix du jury a été décerné par Isabelle Lonvis-Rome au projet « Les Xénophobes Anonymes », du centre social Simone-Veil, à Angerville (Essonne). Ilan Halimi était un citoyen français ! S'il y avait des actes antisémites en prison, pourquoi ne pas les avoir évoqués ?

Le Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a rappelé que « le Prix du nom de ce jeune homme de 23 ans tué alors qu’il avait toute la vie devant lui, témoigne de notre volonté à tous, l’État en premier lieu, mais aussi le corps enseignant, le secteur associatif, de sensibiliser notre jeunesse à l’importance de lutter contre toutes les formes de haine raciale. Pour qu’Ilan Halimi ne soit pas mort en vain ». Pourquoi avoir omis les mots "Juif" et "antisémitisme" ? Les juifs constitueraient une "race" ?

En 2024, parmi les quatre projets primés : le Prix du jury a distingué « Les déportés de Saint-Malo ». Un autre Prix a récompensé « Le procès fictif » du BDE de la faculté de droit d’Aix Marseille. « Les étudiants en droit de l’Université Aix-Marseille ont conduit un procès fictif d’un anesthésiste suspecté d’avoir surdosé des patients en raison de leur couleur de peau. L’accusé disposait d’un exemplaire du Mein Kampf d’Hitler et appartenait à un parti politique d’extrême-droite ». 

En résumé, ce Prix Ilan Halimi récompense des projets dont on peine parfois à saisir le lien avec l'antisémitisme ou la jeune victime. Des récipiendaires semblent avoir dilué jusqu'à la disparition l'antisémitisme, notamment islamique. Et ils ont été récompensés !?

L'antisémitisme islamique est occulté.

Le 12 novembre 2024, lors d'une conférence de presse en présence notamment de dirigeants du CRIF, du Consistoire et du délégué de la DILCRAH, place Beauvau, siège du ministère de l'Intérieur, Othman Nasrou, Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, chargé de la citoyenneté et de la lutte contre les discriminations, a annoncé la relance des Assises de la lutte contre l’antisémitisme début 2025. Il s'était rendu au Mémorial de la Shoah.

Othman Nasrou a fustigé "l’antisémitisme géopolitique et politique de ceux dont c’est le fonds de commerce". Il a exhorté à la mobilisation de tous contre l'antisémitisme. 

Il a lancé la 7e édition du Prix Ilan Halimi. J'ai alerté sur les dérives de ce Prix remis à des projets sans rapport avec ce fléau, j'ai ajouté que le livre Mein Kampf se trouvait à Gaza et dans le monde Arabe, et lui ai demandé de les arrêter. Il a éludé. 

J'ai aussi demandé si des associations de victimes pouvaient assister aux futures Assises et s'il n'était pas temps d'intégrer les Juifs, « tache aveugle, cet impensé du récit national » malgré leurs contributions dans l'Histoire de France, dans les manuels scolaires. Je n'ai reçu aucune réponse. 
 
Olivier Klein, du PCF à la Macronie
Olivier Klein est le fils de Gilbert Klein (1945-2017), ouvrier communiste, fils d'immigrés juifs hongrois et un élu à Clichy-sous-Bois, commune en Seine-Saint-Denis, banlieue au nord de Paris, depuis 1983. 

Olivier Klein est professeur certifié de sciences physiques. 

Il a été premier adjoint au maire de Clichy-sous-Bois (1995-2011), puis maire de cette ville (2011-2022), notamment lors des « émeutes urbaines » de 2005. "C’était le soir du 31 octobre 2005, Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) venait de connaître plusieurs nuits d’émeutes et de violences urbaines causées par la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, électrocutés après s’être réfugiés dans l’enceinte d’un poste électrique pour échapper à un contrôle policier. Olivier Klein, alors âgé de 38 ans, était premier adjoint (communiste) au maire de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain, chargé de la politique de la ville. Il s’était assis sur un banc dans un couloir de la mairie, épuisé par des heures de médiation. C’était une autre époque, avant la vague de terrorisme, et ce soir-là, une soixantaine de volontaires, des hommes barbus, en tenue blanche traditionnelle, mobilisés par la mosquée, s’étaient interposés entre les jeunes et les forces de l’ordre, limitant puis empêchant les jets de pierre. « Dans l’urgence, toutes les bonnes volontés sont importantes, expliquait Olivier Klein à l’issue d’une soirée de tensions extrêmes. Leur présence a contribué à apaiser les choses. » Avant d’ajouter : « J’espère qu’on ne regrettera pas un jour. »

Il a été membre du PCF (Parti communiste français) jusqu’en 2006, puis a rejoint le Parti socialiste (2006-2020).

Lors des élections municipales de 2020, Olivier Klein inclut dans sa liste des candidats LREM (La République en marche) qui ne présente aucun candidat contre lui. Il a perdu l’investiture socialiste, et a été réélu maire.

Olivier Klein a collaboré au think tank (laboratoire d’idées) libéral Institut Montaigne – dont les thèmes sont la cohésion sociale, les dynamiques économiques, l’action de l’État et les coopérations internationales -, et a été membre du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris depuis 2020.

Olivier Klein a été Président du conseil d'administration de l'ANRU (Agence nationale de la rénovation urbaine) de 2017 à 2022.

Le 2 mai 2022, l'UID Paris Bölgesi publiait un post sur son compte Facebook avec des photographies du "dernier "iftar" de ce mois de ramadan organisé par UID paris et DITIB montfermeil en présence de Mr Olivier Klein et Mr Stéphane Testé", adjoint socialiste au maire de Clichy-sous-Bois (1995-2017), député LREM (2017-2022) de la 12e circonscription de la Seine-Saint-Denis. L'Union internationale des démocrates (UID) est le "puissant réseau d'influence en Europe" du parti AKP (Parti de la justice et du développement) du Président turc islamiste Recep Tayyip Erdogan.

Le 4 juillet 2022, Olivier Klein est nommé ministre délégué chargé de la Ville et du Logement dans le gouvernement Élisabeth Borne. Son bilan n’apparaît pas probant : une grave crise du logement perdure à Paris (licenciement d’agents immobiliers, raréfaction du nombre d’appartements proposés à la location aux étudiants ou aux jeunes couples induite par une réglementation « écologique » et les difficultés judiciaires pour obtenir le départ d’un locataire accumulant des loyers impayés). Le 5 juin 2023, alors ministre, Olivier Klein déclarait sur France Info : "Il y a un risque de bombe sociale. Ma mission est d'empêcher que cette bombe n'explose". Et pas de résoudre les problèmes constituant cette "bombe sociale" ?

Le 20 juillet 2023, après les « émeutes urbaines », un remaniement ministériel l’a évincé de ce ministère et du gouvernement. 

"Recasé" à la DILCRAH
Nommé en conseil des ministres le 31 août 2023 à la tête de la DILCRAH, Olivier Klein est entré en fonction le 1er septembre 2023. 

Olivier Klein était « recasé », selon le vocable de nombreux journaux, à la tête de la DILCRAH, sans expertise particulière.

Il listait à l'AFP ses priorités : "Le sujet des discriminations est au cœur de mon engagement associatif et politique depuis près de 40 ans, et lutter contre les discriminations liées à l'origine ou à l'orientation sexuelle me paraît extrêmement important dans la période à venir... Les "feuilles de route" sur "la lutte contre les discriminations liées à l'origine" et celle sur "les discriminations contre les personnes LGBT" "sont déjà prêtes et qu'il va "falloir les faire vivre". Olivier Klein promet notamment d'avancer sur le "testing", en soulignant sa "sensibilité sur la question des quartiers populaires et de la discrimination que peuvent connaître leurs habitants". Résumons : l'antisémitisme, prédominant dans les statistiques des actes haineux, ne constitue pas une de ses priorités. Quant aux « quartiers populaires », « quartiers de la politique de la ville » (QPV créés en 2014) ou « les quartiers », distincts de la France périphérique si mal lotie, ils sont aux nombre de 1514, et y vivent "5,4 millions de personnes, soit 8% de toute la population du pays". Ils sont considérés par beaucoup comme des zones de non-droit, des « territoires perdus de la République ».

Des twitts partiaux
L’opération militaire israélienne défensive « Protective Edge » (Bordure protectrice, 8 juillet-26 août 2014) visait à contrer le mouvement terroriste islamiste Hamas et ses alliés qui, dans la bande de Gaza Jüdenrein, tirait des missiles vers des cibles civiles israéliennes. 

Elle succédait aussi à l'enlèvement 
le 12 juin 2014, près du Goush Etzion de trois adolescents - Gil-Ad Shaer (16 ans, originaire de Talmon), Naftali Fraenkel (16 ans, originaire de Nof Ayalon) et Eyal Yifrach (19 ans, originaire d'El'ad) alors qu'ils faisaient de l'auto-stop pour rentrer à leur domicile. Le 30 juin 2014, leurs cadavres sont trouvés dans un champ près de Halhoul, dans les environs de Hébron, à la suite de l’opération militaire Shouvou a'him (« Gardiens de nos frères »). Les adolescents avaient été kidnappés et tués par Marouane Kawasmeh et Amer Abou Eisheh, terroristes de la cellule Hébron du Hamas.

En France, la "rue islamique" anti-israélienne a défilé, commettant souvent des agressions antisémites, dans de nombreuses villes. 

Lors de la manifestation interdite du 19 juillet 2014, des jeunes issus de l'immigration musulmane  ont reproduit place de Barbès (Paris) des scènes d'Intifada : dissimulant leur visage par un keffieh, ils ont enlevé le revêtement des trottoirs, l'ont découpé pour le transformer en projectiles, se sont emparés des pavés et les ont jetés contre les forces de l'ordre, ont allumé des incendies notamment dans des bennes d'ordures et sous les rames du métro aérien, ont vandalisé des magasins principalement non-musulmans, ont démoli du mobilier urbain (cabines téléphoniques, etc.) et des véhicules de la RATP, ont brûlé des drapeaux israéliens, ont intimidé des journalistes, ont attaqué l'hôpital Lariboisière qualifié de "sioniste", ont hurlé "Israël hors de France" ou "Gaza, police, même combat", etc. 

Le 20 juillet 2014 après-midi, des centaines de pro-Palestiniens se sont rassemblés près de la gare RER de Garges-Sarcelles (Val-d'Oise), bien que cette manifestation ait été interdite par la préfecture et le maire de cette ville de la banlieue nord de Paris. "À 13 heures, l'ambiance est électrique. Des voitures passent à toute allure et les passagers baissent leurs vitres en en croisant les Juifs rassemblés devant le lieu de prières: «On va vous mettre à feu et à sang.» Ce qui frappe les habitants de Sarcelles, c'est la forte présence de Turcs. « C'est la première fois que je vois des manifestants avec des drapeaux turcs dire mort aux Juifs », explique François Pupponi, député maire (PS) de la ville", relate Anne Jouan dans Le Figaro (21 juillet 2014).

Sur Twitter, la LDJ (Ligue de défense juive) a informé qu'elle s'était déployée à "l'entrée du quartier Juif pour éviter de nouveaux drames". Venus protéger la principale synagogue de Sarcelles, des fidèles Juifs français ont entonné, à pleins poumons, la Marseillaise qui a été sifflée par les émeutiers. Contre eux : "une foule majoritairement arabe de 200 hommes qui s’étaient rassemblés à proximité avec des bâtons et des pierres, mettant à feu des poubelles en scandant « On va vous massacrer ! ». « Les renseignements généraux disaient qu'il n'y aurait pas beaucoup de monde », se souvient le rabbin qui estime à 500 le nombre des assaillants. "

La "pizzeria à côté, elle aussi tenue par un Juif, a vu sa devanture saccagée. À côté, la boucherie halal La Ferme d'Afrique est intacte. Même chose pour le supermarché Istanbul", a constaté la journaliste Anne Jouan.

 "Cent policiers vêtus d’une armure anti-émeute" ont protégé cette synagogue de Sarcelles, qui abrite avec Créteil l'une des deux communautés Juives les plus importantes numériquement d'Ile-de-France. Mais le bilan est grave : slogans antisémites - "Nique les Juifs", "Hitler président", "Israël assassin" -, agresseurs, dont des jeunes filles parfois portant le foulard islamique, armés de barres de fer et de matraques, magasins Juifs, dont l'épicerie Naouri victime d'une agression antisémite en 2012, et boutiques chrétiennes vandalisés, bombe incendiaire lancée près d’une petite synagogue qui a été légèrement endommagée, pillage et incendie d'une pharmacie détenue par un pharmacien Juif et tentative d'incendie à la gare de Garges, des habitants priés de quitter les étages au-dessus cette officine, un magasin Simply Market sis derrière le commissariat de Garges incendié, une agence de la Banque populaire de Sarcelles attaquéedes rails du tramway arrachés, journalistes pris à partie par les manifestants - un caméraman de télévision dépouillé de son matériel -, une dame nonagénaire hospitalisée pour intoxication car elle avait respiré la fumée de l'incendie ayant ravagé la pharmacie, etcLa "police tire des balles en caoutchouc sur les émeutiers. Des journalistes sont pris à partie et certains agressés, plusieurs policiers blessés, dont quatre hospitalisés en début de soirée". Trois individus ont été interpellés lors de leur tentative de braquer un bureau de tabac. "C'était une guérilla urbaine. Des gens qui n'ont peur de rien viennent pour provoquer. Et nous, nous retenons nos jeunes", a déclaré Laurent Berros, rabbin de Sarcelles, le 21 juillet 2014 sur RCJ.

Le 23 juillet 2014, Olivier Klein avait twitté : « Avec mes amis socialistes à la manifestation pour l'arrêt immédiat de l'action militaire intolérable d'Israel à Gaza ». Sur la photographie illustrant ce twitt, on compte de nombreux drapeaux palestiniens. 

Quand la nomination d'Olivier Klein à la tête de la DILCRAH a été rendue publique, le Colletif des vigilants a recherché et trouvé des twitts partiaux d'Olivier Klein concernant le conflit au Proche-Orient, notamment ce twitt partial.

Dès le 31 août 2023, il a alerté le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), puis a rendu publics certains de ces twitts.

Le 1er septembre 2023, Yohann Taieb a retwitté un post d’Olivier Klein en interpellant des dirigeants communautaires. Celui-ci avait, le 11 mai 2021, diffusé un article du Monde titré « Affrontements à Jérusalem : vingt morts à Gaza au cours de représailles israéliennes ». Olivier Klein l’avait commenté ainsi : « La situation à Jérusalem et en Palestine est insupportable ! La France et la communauté internationale doivent obliger à une désescalade » immédiate et conduire enfin la construction d’une paix juste et durable. Rien ne peut exister dans l’humiliation, la colonisation et le non respect des résolutions onusiennes antérieures. » Jérusalem, la capitale de l'Etat Juif dès les temps bibliques, notamment durant le règne du roi Salomon qui y avait construit le Premier Temple, serait "colonisée" par les Juifs/Israéliens !? Quid des victimes israéliennes du terrorisme palestinien ? Quelles "résolutions onusiennes antérieures" ?

Refus d'un délégué spécifique
Le 10 septembre 2023, lors de la cérémonie à la mémoire des Déportés et des victimes de la Shoah à la synagogue des Victoires (Paris), en  présence des ministres de l'Intérieur et de la Justice, respectivement Gérald Darmanin et Eric Dupont Moretti, Me Elie Korchia, Président du Consistoire de France, et Joël Mergui, Président du Consistoire de Paris Ile-de-France, ont souligné le nombre alarmant d'actes antisémites en France depuis des décennies. 

Joël Mergui a déclaré  : « Je salue les efforts du gouvernement des ministres de l'Intérieur et de la Justice que je remercie pour leur présence, pour les multiples combats menés depuis des années... La lutte contre toutes les haines est essentielle. Et chacune de ses haines a une spécificité. Aussi, la nomination d'un délégué spécifique, consacré exclusivement au combat contre les haines antisémites et antisionistes devient indispensable ».

Un vœu déjà formulé par des dirigeants communautaires français, et qui ne sera pas exaucé. Mais qui n'entamera en rien leur discours admiratif et empli de gratitude envers les pouvoirs politiques.

Rencontre avec le CRIF
Le 19 septembre 2023, Yonathan Arfi, Président du CRIF, Robert Ejnes, Directeur exécutif du Crif, ont rencontré Olivier Klein, et Élise Fajgeles, Secrétaire générale de la Dilcrah.

Le CRIF a twitté le 19 septembre 2023 : "Rencontre de @Yonathan_Arfi avec @OlivierKlein93, nouveau délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, et @EliseFajgeles. Un échange nécessaire permettant de réaffirmer le combat partagé par @Le_CRIF et la @DILCRAH dans la lutte contre l’antisémitisme et les autres formes de discrimination". Un "échange" sur quoi et contre quoi ? Le dialogue a-t-il été franc sur les sujets qui fâchent, notamment les positions partiales d'Olivier Klein concernant l'Etat d'Israël ? Non, ils ont été éludés. 

En atteste le communiqué du CRIF. "Il s’agissait d’un entretien nécessaire pour permettre au Crif et à la Déléguation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) de consolider leur coopération et de s’accorder sur les différents combats à mener."

"Olivier Klein a d’emblée affirmé son engagement à maintenir la lutte contre l’antisémitisme comme une priorité, sans toutefois baisser la garde dans la lutte contre les autres formes de discriminations. Yonathan Arfi a tenu à rappeler les spécificités de l’antisémitisme à l’intérieur du combat universaliste contre l’ensemble des haines, qui se distingue par son caractère particulièrement violent. Le Président du Crif a également attiré l’attention de la Dilcrah sur les difficultés à intégrer la définition de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) au sein de l’administration française, et sur la nécessité de faire preuve de pédagogie à cet égard". La différence entre l'antisémitisme et le racisme serait son "caractère particulièrement violent" ?! Quelle ignorance ! Bref, l'adoption par la France de la définition par l'IHRA de l'antisémitisme n'a servi à rien ! Que d'efforts chronophages inutiles ? Cela suscitera-t-il une prise de conscience par le CRIF de la nécessité de disposer d'une stratégie pertinente d'actions à mener urgemment ? On peut en douter tant ils sont peu disposés au mea culpa.

"Les défis actuels liés à la lutte contre l’antisémitisme ont également été évoqués. Olivier Klein a ainsi livré son regard sur la question à travers son expérience de Maire." Et pas à travers son expérience de ministre du Logement ou ses propos biaisés envers l'Etat Juif ?

"Par ailleurs, les échanges ont porté sur la mise en œuvre du plan interministériel de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine. Le Crif, qui avait apporté sa contribution au moment de l’élaboration du plan et continue à prendre part au comité de suivi, a fait connaître ses attentes, notamment par rapport à l’application du dispositif d’amende civile ou à l’organisation de visites mémorielles à l’attention des collégiens." Les leçons de l'échec du précédent plan interministériel n'ont pas été tirées ! Pourquoi ce "dispositif d'amendes civiles" n'a-t-il pas été appliqué ? Des "visites mémorielles" par des élèves ont lieu depuis des décennies. Avec quel résultat ? Le rappel de la Shoah n'a pas réduit le nombre d'actes antisémites.

"Divers projets communs ont également été abordés à la fin de la réunion".

Bref, rien de précis, rien de concret... Du bla  bla bla.

Le 21 septembre 2023, le Collectif des vigilants a twitté : "@CPetreault @VeroniqueChemla. Les dirigeants du @Le_CRIF @Yonathan_Arfi ont été prévenus par nous, à partir du 31 août, sur le parti-pris très anti-israélien d’Olivier Klein, son absence d’empathie face aux victimes israéliennes et son aveuglement face au Hamas" et "Ils ont réagi… par la passivité obstinée. Ni par leur mode de désignation, ni par leur (in)action ils ne peuvent se dire représentatifs des Français juifs."

C'est donc sciemment que le CRIF a décidé de maintenir sa réunion avec Olivier Klein et de ne pas aborder ces déclarations biaisées correspondant à la définition de travail de l'antisémitisme élaborée par l'IHRA, notamment à cet élément "le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique". Le CRIF a accordé en vain son blanc-seing à Olivier Klein, sans rien recevoir en "échange". Quelle intelligence !

Comment Olivier Klein pourrait-il lutter contre l'antisémitisme, notamment dans sa version antisioniste ou selon sa définition opérationnelle par l'IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance) ? Comment le dialogue pourrait-il s'établir entre ce Délégué partial, sans empathie déclarée envers les victimes du terrorisme palestinien, et les dirigeants des organisations juives françaises ? 

"Le Point"
Le 20 septembre 2023, l'hebdomadaire Le Point a publié l'enquête de Clément Pétreault et Bartolomé Simon intitulée "Antiracisme : les étonnantes prises de position du nouveau patron de la Dilcrah", un "poste stratégique", et sous-titrée "Lorsqu’il était maire de Clichy-sous-Bois, Olivier Klein n’hésitait pas à s’afficher auprès de religieux et militants résolument engagés contre la laïcité. Sa nomination suscite des questions."

"Les bruyantes prises de position du nouveau délégué interrogent sur la cohérence politique du gouvernement sur ces questions…"

"L'élu s'est en effet régulièrement affiché aux côtés de réseaux de religieux et de militants décoloniaux, tous résolument engagés contre la laïcité. « C'est sans doute plus le résultat d'une désinvolture générale que d'un changement de ligne délibéré », philosophe un haut fonctionnaire, bon connaisseur de ces milieux. Pourtant, les positions défendues par Olivier Klein sur ces sujets sont à mille lieues de la ligne laïque et universaliste (à nouveau) défendue par le gouvernement."

"
Lorsqu'il était maire de Clichy-sous-Bois, Olivier Klein s'est publiquement impliqué pour aider des associations religieuses musulmanes à obtenir des locaux. En 2018, il a accordé une subvention de 270 000 euros à la construction de la mosquée Bilal, ce que permet la loi au titre de l'activité culturelle. « Pour moi, la laïcité doit permettre à chacun de vivre son culte dans de bonnes conditions, justifie-t-il auprès du Point. Cette subvention a été votée par le conseil municipal et soumise à un contrôle de légalité. Ce n'est pas le seul lieu de culte à en bénéficier, l'église de Clichy-sous-Bois a reçu plusieurs millions d'euros pour sa rénovation. » 

La situation me semble légalement et historiquement distincte : "
L'État, les départements et les communes sont autorisés à prendre en charge les dépenses d'entretien et de conservation des édifices du culte dont ils sont demeurés ou devenus propriétaires lors de la séparation des Églises et de l'État en 1905". L'histoire de l'église Saint-Denis de Clichy-sous-Bois remonte à 1202. Que représente la subvention de 270 000 euros dans le budget d'édification de la mosquée Bilal ? Quelle activité culturelle a justifié cette subvention ? "Le terrain avait été acheté à la communauté d'agglomération pour un peu moins de 200 000 euros". La première pierre de la mosquée a été posée en 2009, et l'ouverture devait avoir lieu en 2011, puis à l'été 2022. Or, le chantier s'est arrêtédivergences au sein de l'association chargée du projet, arrêt du paiement des travaux à l'entreprise les ayant commencés - et une expertise judiciaire semble attendue depuis 2012.  

Olivier Klein "n'a par ailleurs jamais manqué de relayer le discours victimaire diffusé par de nombreuses associations issues de la mouvance frériste. Ainsi l'UAM93, une fédération d'associations musulmanes locales, saluait-elle la présence d'Olivier Klein à la « manifestation contre l'islamophobie » du 10 novembre 2019, alliance improbable de militants de l'islam politique notoires et de responsables politiques d'extrême gauche (les premiers cherchant à faire avancer leur agenda religieux, les seconds leur agenda électoral). « L'UAM93 est une association locale, tout le monde travaillait avec elle en Seine-Saint-Denis », se défend Olivier Klein."

"L'élu fut l'un des rares socialistes à participer à cette manifestation « contre l'islamophobie » organisée à l'appel de Madjid Messaoudene (alors élu de Saint-Denis et militant indigéniste), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Comité Adama, le Collectif contre l'islamophobie en France (proche des Frères musulmans, dissous depuis), l'Union nationale des étudiants de France (Unef) et le militant (La France insoumise) Taha Bouhafs. « Je n'ai pas demandé la permission pour venir, mais tout ce que je sais, c'est que, si on n'est pas à côté de nos concitoyens de confession musulmane aujourd'hui, on se trompe », déclarait alors, lyrique, celui qui vient de prendre la tête de la Dilcrah. Auprès du Point, il assure désormais « avoir quitté très tôt » le cortège, après avoir vu qui « y participait ». Le temps de quelques selfies avec les manifestants… Dénonce-t-il toujours « l'islamophobie » ? « Je préfère le terme d'actes anti-musulmans », répond l'ancien maire de Clichy-sous-Bois".

"On relève aussi une proximité avérée d'Olivier Klein, homme de gauche, avec des organisations nationalistes et islamistes turques. Aussi l'a-t-on aperçu à des événements religieux (rupture du jeûne lors du ramadan), conjointement organisés par le Ditib (ministère turc des Affaires religieuses pour l'étranger) et l'UID (ex-UETD), une structure de coopération communautaire qui n'avait pas hésité, comme Le Point l'avait raconté à l'époque, à jouer aux agents électoraux, aux agents de renseignements et aux hommes de main du président turc sur le sol français lors de sa grande purge anti-guléniste en 2016. S'assiérait-il de nouveau à leur table en tant que patron de la Dilcrah ? « Mes nouvelles responsabilités appellent à une autre forme de neutralité », indique-t-il, conscient que son rôle l'oblige à revoir ses positions."

Curieusement, cette enquête élude les déclarations partiales d'Olivier Klein envers l'Etat Juif. Ce nouveau Délégué de la DILCRAH reverra-t-il ses positions envers Israël ? On peut en douter.

Le CRIF se trouve dans une position publique délicate : il avait choisi l'indifférence méprisante envers ces militants et moi ; cette enquête du Point réduit à néant leurs prétentions et prouve que leur rencontre n'a abouti à rien de concret. 

Autre hypothèse :le CRIF estime inutile un "échange" avec Olivier Klein sur les sujets qui fâchent parce qu'il est convaincu qu'Olivier Klein sera maintenu à sa fonction, car ce Délégué est à l'unisson de la politique macronienne concernant l'antisémitisme et le conflit au Proche-Orient. Et le CRIF sait qu'il n'obtiendra pas plus maintenant qu'il n'a obtenu jusque-là, et s'en contente. Mais, cette attitude est-elle satisfaisante dans cette période tragique où se joue l'avenir des Français juifs dans leur pays ?

Priorités 
Parcourons le fil X (ex-Twitter) sur environ une semaine depuis la prise de fonction pour observer les évènements ayant suscité des réactions du nouveau Délégué de la DILCRAH, révélant sa hiérarchie dans ses missions et centres d'intérêts, ainsi que ses engagements, essentiellement la lutte contre les discriminations, c'est-à-dire celles contre les "minorités visibles", la "diversité", les handicapés ou les homosexuels. Il s'agit bien d'actes, et non de vaines paroles.

Le 22 septembre 2023, Olivier Klein a twitté : "Heureux d’être présent à l’anniversaire 🎂du @CentreLGBTParis. Bravo pour ces 30 ans d'accueil, de rencontres, de solidarité et de luttes pour l'égalité des droits et l'inclusivité🌈. Le soutien et la création de nouveaux centres LGBT au cœur de l’action de la #DILCRAH".

Il a aussi twitté : "La #DILCRAH a signalé au Procureur de la République, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, les propos haineux diffusés dans l'hebdomadaire RIVAROL. Le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT doivent être combattus sans relâche." Il dénonce aisément l'antisémitisme venant de l'extrême-droite, et le dilue dans ses autres combats.

Olivier Klein a également twitté : "Heureux d’avoir participé à la signature de la convention entre les services de la Première Ministre et l’association @LaCordeeAsso. Cette asso œuvre en faveur de la diversité et l'égalité des chances en accompagnant des jeunes issus de milieux populaires vers la fonction publique."

Le 20 septembre 2023, Olivier Klein a twitté : "Fier d’introduire le colloque « Immigration, Colonisation : Enjeux d’histoire/ de mémoire ». Il faut commémorer pour dire, pour raconter, pour reconnaître, pour construire un récit commun pour apaiser et construire ensemble".

La veille, il avait annoncé ce colloque et son programme dans un twitt ainsi rédigé : 
"@ACHAC_Officiel organise demain un colloque ouvert à tous dédié aux enjeux d'histoire et de mémoire liés aux questions d’immigration, de colonisation et d’esclavage au @Musee_Homme.
Merci aux organisateurs de m’avoir proposé d’ouvrir ce moment si important.
#reconnaissance".

Le 19 septembre 2023, Olivier Klein retwitte, sans le commenter, le twitt du CRIF sur leur réunion.

Ce même jour, il a twitté sur sa rencontre avec un député (groupe Renaissance) concernant une proposition de loi : "Réunion de travail constructive avec le Député @FerracciMarc à propos de la PPL qu’il porte pour lutter contre les #discriminations. La @DILCRAH jouera un rôle essentiel dans la mise en œuvre des #testings souhaités par le Président @EmmanuelMacron et le @gouvernementFR". 

En matière de discriminations à l'embauche, le « testing » "consiste à soumettre deux profils comparables pour une même demande sauf en ce qui concerne le critère susceptible d’exposer aux discriminations, et dans le cas présent l’accès à un entretien d’embauche à partir de candidatures fictives".

Le 18 septembre 2023, il a twitté : "C’est la rentrée à Live, permettre aux stagiaires de retrouver confiance en soi, les encourager dans leur projet professionnel. Lutter contre les discriminations."

Le 14 septembre 2023, il a twitté : "Rendez-vous fructueux avec l’association @_LICRA_, partenaire historique de la #DILCRAH. Parmi les sujets abordés : éducation à la citoyenneté, lutte contre les discriminations liées à l’origine, accompagnement des victimes ou encore lutte contre la haine en ligne." Le mot "antisémitisme" est absent de ce twitt. Curieux pour la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, créée en 1927 pour lutter contre la haine envers les Juifs, et la DILCRAH.

Le 12 septembre 2023, il reposte un twitt de la Dilcrah en le commentant ainsi : "Bravo à l’@AFMD_Diversite pour l’organisation de colloque « Testing et diagnostics RH : des leviers pour prévenir les #discriminations ». Ne rien céder et tout faire pour lutter contre les discriminations dans l’accès à l’emploi, au logement…" Ce twitt de la Dilcrah indiquait : "La #DILCRAH participe au colloque de l’@AFMD_Diversite « Testing et diagnostics RH : des leviers pour prévenir les #discriminations ». Les diagnostics statistiques représentent un outil intéressant de mesure des risques discriminatoires et des progrès pour les organisations".

Le reste est à l'avenant.

Le 1er juin 2024, la DILCRAH a assisté à la Marche des Fiertés de Béziers, projet qu'elle a soutenu. Elle a posté sur Facebook des photos de la Marche ainsi commentées :
"Pour le lancement du Mois des Fiertés, la #DILCRAH était présente à la Marche des Fiertés de Béziers organisée par l'association partenaire Fiertés Béziers et soutenue dans le cadre de l'appel à projets local. Une belle initiative qui permet de visibiliser les personnes LGBT+."
La première photographie montre une pancarte "Dykes for Palestine" (Lesbiennes ou gouines pour la Palestine") 

Le 26 juin 2024, il est nommé recteur de l'académie de Strasbourg ; il succède à Olivier Faron. Comment peut-il raisonnablement assurer ces deux fonctions - maire d'une ville de 30 000 habitants franciliens et recteur en Alsace- dans deux territoires éloignés géographiquement ? Des fonctions qui, certes, génèrent un revenu confortable.
Depuis 2020, Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois, a pu CUMULER près de 682 000 € NETS de rémunérations publiques.

Selon le compte French Report sur X, Olivier Klein a reçu  682 000 € nets de rémunérations publiques de 2020 à juin 2026 (les montants pour 2025 et 2026 sont estimés). "En outre, Olivier Klein s’est toujours refusé à transmettre le décompte et les justificatifs de ses notes de frais auprès de l'association Transparence citoyenne". Ce compte s'est fondé sur des déclarations à la HATVP (Haute autorité de transparence de la vie publique), des délibérations municipales et autres données publiques...

Selon Jules Laurans, journaliste à Frontières, Olivier Klein est "l’un des maires qui a mis en place l’un des plus importants systèmes islamo-clientélistes de France : 1) À Clichy-sous-Bois, le 28 juin 2025, le maire Olivier Klein, a prêté gratuitement un gymnase pour la fête de l’association de la mosquée des Louanges. Lors de cet événement, la même association a fait la promotion du port du voile pour des fillettes de 5 à 6 ans. 2) En 2018, il accorde 270 000 € de subvention à l'association culturelle reliée à la Mosquée Bilal. À l’époque, selon des sources de Frontières, certains membres de la mosquée se vantaient d’avoir « le maire dans la poche ». Klein, lui, ne cache pas sa proximité : « Une belle visite de notre nouvelle mosquée Bilal, où une salle de prière provisoire est en cours d’achèvement. Bravo au président Abder- rahmane Bouhout et à toute son équipe », écrit-il sur ses réseaux sociaux. 3) Olivier Klein a participé à la manifestation contre l'islamophobie du 10 novembre 2019. L'élu fut l'un des rares socialistes à participer à cette manifestation organisée à l'appel notamment du Collectif contre l'islamophobie en France (proche des Frères musulmans, dissous depuis pour propagande islamiste). 4) L’élu a également entretenu des liens avec des organisations islamistes turques comme le Ditib et l’UID. 5) L’élu s’investit aussi dans les communes aux alentours. À Montfermeil, le maire de Clichy-sous-Bois collabore étroitement avec Farid Kachour, vice-président de l’Association Culturelle des Musulmans de Montfermeil. Farid Kachour est également conseiller d’opposition de la gauche radicale au conseil municipal de Montfermeil. Klein prépare déjà l’alternance. Ensemble, ils inaugurent la mosquée des Louanges, lieu où circulent des textes comme Le Jardin des vertueux, souvent cité par les services de renseignement pour motiver des fermetures de mosquées ou de librairies islamistes."

Le 3 juin 2026, Mamadi Fofana, âgé de 20 ans, soupçonné de proxénétisme, a été tué à Clichy-sous-Bois. "Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime aurait servi d’intermédiaire pour une passe avec des travailleuses du sexe" [prostituées mineures de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) ou majeures ?] ; "une rixe aurait éclaté avec un client, lequel, du même âge, aurait poignardé le proxénète présumé de quinze coups de couteau. Le meurtrier a été interpellé et placé en garde à vue. Une information judiciaire devrait suivre dans les prochains jours. Mais l’organisation d’un hommage à la victime a ravivé les tensions. Sur sa page Facebook, la mairie  invite les administrés à participer à un rassemblement en sa mémoire [le 6 juin 2026]. Sans surprise, un Internaute s’étonne : est-ce bien à un proxénète que l’on rend hommage ? Réponse de la mairie : « Ce rassemblement a pour objet de rendre hommage à une personne décédée et d’accompagner sa famille dans cette épreuve. » Et l’avertissement qui suit : les commentaires « comportant des insultes, attaques personnelles ou propos discriminatoires seront modérés ». Et Valeurs actuelles conclut : "De toute cette affaire, la municipalité n’aura finalement trouvé qu’un seul comportement à réprouver : celui des habitants qui s’en indignent".

Cet hommage rappelle un autre acte macronien controversé : en ouvrant la séance du mercredi 28 juin 2023 à l'Assemblée nationale, la Présidente de cette Assemblée, Mme Yaël Braun-Pivet avait déclaré aux députés : "Le décès du jeune Nahel, âgé de 17 ans, survenu hier à Nanterre, suscite une forte émotion dans le pays. Il conviendra de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame. L’enquête est en cours et la justice devra se prononcer. Pour l’heure, je vous invite à respecter une minute de silence en mémoire de Nahel, en soutien à ses parents et à ses proches". Qui était Nahel ? Le mardi 27 juin 2023, Nael ou Nahel Merzouk, adolescent d'origine algérienne, âgé de 17 ans, et défavorablement connu des services de la police, conduisait sans permis de conduire une Mercedes, voiture de luxe allemande, et à la plaque d'immatriculation polonaise,  et avec deux passagers. Vers 9 h, à Nanterre, au terme d'une course poursuite par deux policiers - il avait failli provoquer deux accidents de la circulation -, il avait arrêté son véhicule dans un embouteillage sur une voie étroite, et avait manifesté un énième refus d'obtempérer : il a démarré la voiture. Accoudé sur l'avant de la voiture (capot), l'un des deux policiers projeté en arrière par ce redémarrage abrupt, avait tiré, le blessant mortellement et accidentellement. Il lui avait porté les premiers secours, tandis qu'un passager fuyait et que l'autre était arrêté par la police. Après la mort accidentelle de Nahel Merzouk, des "émeutes urbaines" parfois teintées d’antisémitisme ou un djihad, s'étaient répandues du 27 juin au 5 juillet 2023 en France. Olivier Klein a-t-il voulu éviter des émeutes, peut-être ethniques, dans sa ville, voire se propagent dans toute la France ? Ou donner des gages à son électorat issu de la diversité ?

Le 4 juin 2026, a été lancée pour les proches de Mamadi Fofana une cagnotte qui a reçu 4461,39 € au 7 juin 2026, dont un don d'Olivier Klein. Lors de l'hommage rendu à Mamadi Fofana devant la Mairie le 6 juin 2026, Olivier Klein a annoncé que, durant le week-end, une salle municipale était mise à la disposition de la famille du défunt pour recevoir ceux souhaitant l'assurer de leur soutien. 

Alors qu'une collégienne de onze ans, Lyhanna, a été assassinée par un présumé pédocriminel dans le Gers voici quelques jours, un maire et recteur donne cet exemple à ses administrés, au corps enseignant et aux élèves !? Application du "en même temps macronien ? Et ce, sans réaction du préfet ? Le compte French Report a rappelé que le 22 juin 2023, alors ministre de la Ville, Olivier Klein avait reçu des "recommandations sur la lutte contre « la prostitution des mineurs » en banlieue"...

Tous ces faits révèlent, une fois de plus, que la Macronie a une échelle de valeurs ou une moralité distinctes, voire parfois contraires, à celles d'une majorité de Français. 

Dans un contexte de tentatives de narcotrafiquants pour conquérir, avec l'extrême-gauche et les islamistes, par des émeutes ou de la corruption l'Etat, cet hommage officiel du premier édile de la ville à un présumé proxénète inquiète.

Ce qui surprend aussi dans ce scandale révélé par les comptes sur X de FdeSouche et Pierre Sautarel, est l'omerta médiatique - hormis Le Journal du dimanche et Valeurs actuelles - et politique. 

Mathias Ott
"C’était une nomination très attendue. Lundi 3 février, Mathias Ott, 47 ans, a officiellement pris ses fonctions à la tête de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), un poste resté vacant depuis le départ de son prédécesseur, Olivier Klein, en juin 2024. Nommé par le président de la République en conseil des ministres, le 15 janvier, ce diplômé de l’Institut d’études politiques de Lille a notamment été chef de cabinet de Jean Castex, alors à Matignon. Il a présenté sa feuille de route dans un contexte particulièrement sensible, marqué par une augmentation constante des faits racistes et l’explosion des actes antisémites depuis l’attaque terroriste du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, et la riposte à Gaza". Un délai de plus de sept mois pour nommer le dirigeant de la DILCRAH. Même en tenant compte de l'instabilité gouvernementale, ce délai s'avère significatif de l'intérêt porté par le Chef de l'Etat et le Premier ministre à la lutte contre l'antisémitisme. "Le 22 janvier, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a fait état de 1 570 actes antisémites recensés pour l’année 2024 (nombre de plaintes pour acte antisémite comptabilisées par le ministère de l’intérieur et communiquées au Service de protection de la communauté juive). Un chiffre relativement stable par rapport à 2023 (1 676 actes) mais en nette hausse par rapport à 2022, qui en comptait 436".

"Le 3 février, le préfet Mathias OTT a pris ses fonctions en tant que délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT avec des priorités claires confiées par la ministre Aurore Bergé," ministre de l'Egalité entre les Femmes et les Hommes et de la Lutte contre les discriminations - Conseillère régionale Ile-de-France LREM (La République En Marche).

"Son arrivée s'inscrit dans un contexte où la mobilisation contre toutes les formes de haine et de discriminations est plus que jamais essentielle. Dès cette semaine, Mathias OTT ira à la rencontre des acteurs engagés sur le terrain afin de renforcer la coopération entre la DILCRAH et ses partenaires associatifs et institutionnels. À travers ces rencontres, le délégué entend renforcer les synergies avec les acteurs de terrain et poursuivre l'engagement de la DILCRAH aux côtés de tous ceux qui luttent au quotidien contre le racisme, l'antisémitisme, la haine anti-LGBT et les discriminations".  Aurore Bergé a posté sur X le 3 février 2025 : "La lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT a besoin de notre vigilance constante et de notre mobilisation à tous. Mathias OTT en est aujourd'hui le nouveau délégué interministériel. Il a toute ma confiance et son parcours d'engagement au service de l'Etat et des Français seront précieux. @DILCRAH"

"Dès cette semaine, Mathias OTT ira à la rencontre des acteurs engagés sur le terrain afin de renforcer la coopération entre la DILCRAH et ses partenaires associatifs et institutionnels. Plusieurs déplacements sont d’ores et déjà prévus : 

•    Lundi 03 février au Centre LGBT de Paris, pour échanger avec les bénévoles et renforcer les actions de soutien et d’accompagnement des personnes LGBT. La DILCRAH a posté sur X : 
"Premier déplacement de Mathias OTT en tant que DILCRAH au 
@CentreLGBTParis pour échanger avec l'équipe et réaffirmer le soutien de l’État aux acteurs de terrain.  En 2024, la #DILCRAH a financé 42 centres LGBT+ partout en France."

•    Mercredi 05 février au Palais de la porte dorée, afin de réaffirmer l’importance de la mémoire et de l’éducation dans la lutte contre le racisme et les discriminations.

•    Vendredi 7 février au Site-Mémorial du Camp des Milles à Aix-en-Provence, haut lieu de mémoire, pour souligner le travail essentiel de transmission et de sensibilisation contre toutes les formes de haine.

À travers ces rencontres, le délégué entend renforcer les synergies avec les acteurs de terrain et poursuivre l’engagement de la DILCRAH aux côtés de tous ceux qui luttent au quotidien contre le racisme, l’antisémitisme, la haine anti-LGBT et les discriminations." 

Des actes significatifs de Mathias Ott qui s'inscrit dans la lignée de son prédécesseur.

Les posts de la DILCRAH au cours des mois d'avril à juin 2026 révèlent la part importante consacrée à l'esclavage et à la lutte contre les discriminations LGBT+.

Epilogue
Des organisations juives françaises se trouvent dans une impasse : elles n'ont cessé de vilipender "l'extrême-gauche" et "l'extrême-droite" ainsi que les "populistes", tout en louant les autorités macroniennes censées représenter le "camp de la raison", et elles ne parviennent pas à s'extirper de leur inefficacité induite par l'attitude de l'Elysée et de Matignon ainsi qu'à leurs silences, absence de stratégie et inactions.

Ces faits illustrent le fiasco persistant d'organisations juives françaises à assurer la défense de Français juifs, et la lutte d'organismes publics - ancienne HALDE ou Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (2005-2011), Défenseur des droits, DILCRAH, etc. - contre des haines excluant souvent celle visant les Juifs. Or, en 2022, les Juifs qui représentaient moins d'un pourcent de la population française, étaient visés par "plus de 60% des actes anti-religieux portant atteinte aux personnes". 

Aucune des autorités censées lutter contre l'antisémitisme ne s'avère efficace : ni le Défenseur des droits ni la DILCRAH n'ont aidé des Juifs français - le Dr Lionel Krief, David Amzallag - victimes du "gouvernement des juges" spoliateurs. 

Force est de constater que des groupes représentant un nombre plus faible de la population sont infiniment plus efficaces dans la défense de leurs membres ou de ce qu'ils perçoivent comme leurs intérêts.


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Cet article a été publié le 19 septembre 2023.