Bâtiments industriels désaffectés, édifices religieux à faible fréquentation, immeubles ayant logé des soldats... Ils constituent un patrimoine historique, architectural et spirituel devant être conservé, réhabilité pour être affecté à divers usages. Arte diffusera les 18 et 25 octobre 2026 à 08 h 40 « L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques », série documentaire de Sabine Reeh.
Bâtiments industriels désaffectés, édifices religieux à faible fréquentation, immeubles ayant logé des militaires... Ils témoignent de l'histoire d'une ville, d'une région, d'un pays, d'une école architecturale, d'un aménagement urbain, des interactions avec la ville où ils sont installés. Ce patrimoine historique, architectural et spirituel doit être conservé, réhabilité pour être affecté à divers usages.
Le musée de la Figurine de Compiègne est installé dans l’ancien mess des officiers de l’école d’État-Major, près du château et du théâtre impérial. Il s’étend sur une surface de 1000 m². Sa collection bénéficie de 150 000 figures. Son exposition permanente passionne petits et grands.
Pour les lieux spirituels - synagogues, églises, etc. -, la nouvelle affectation s'effectue avec une vigilance particulière.
A Paris, un Climbing District a été aménagé dans une ancienne chapelle du XIXe siècle : il propose "une salle d'escalade, un espace de coworking, un café/bar chaleureux et une bibliothèque en mezzanine".
Judaïsme
La synagogue d’Erfurt, construite au XIe siècle en Thuringe, est devenue un musée en 2009 et a été inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2023. Celle de Prague, terminée en 1270, est toujours en activité.
"Les juifs d'Alsace ont représenté plus de la moitié du judaïsme français au XVIIIe siècle, mais ils ont dû attendre 1791 pour avoir le droit de revenir dans les villes qui leur avaient été interdites au XIVe siècle. D'où la présence de cimetières, de bains rituels et de synagogues dans les campagnes, qui ont survécu à des communautés aujourd'hui quasiment disparues. cette multitude de communautés juives jadis installées dans les campagnes d'Alsace et de Lorraine, et aujourd'hui en voie d'extinction."
"La majorité des quelque 90 synagogues répertoriées en Alsace sont aujourd'hui désaffectées. "Lorsqu'un bâtiment est très ancien et qu'il n'y a plus de communauté juive, nous sommes obligés de nous en séparer, souvent pour une somme assez modique", explique Jacques Banner, président du consistoire israélite du Haut-Rhin. Ces synagogues sont alors transformées en foyers culturels, en dépôts, voire en salle de sport comme à Mommenheim (Bas-Rhin), ou en habitations privées."
"A une soixantaine de kilomètres de Sarre-Union, Roger Cahn, 84 ans, est l'un des derniers juifs du petit village de Westhoffen, qui en a compté plus de 200 au milieu du XIXe siècle, avant que ne commence l'inexorable exode rural. Bâtie dans les années 1860, elle n'accueille plus d'office depuis 1940, se souvient-il, évoquant sans pathos les années noires pendant lesquelles il a dû fuir les nazis avec sa famille avant de revenir en 1945 sur la terre de ses aïeux. "Quand on me le demande, je récupère les clés de la synagogue à la mairie, qui est devenue propriétaire, et je fais volontiers la visite", explique Roger Cahn en montrant l'intérieur dépouillé de la bâtisse en grès rose, où les voix résonnent dans le vide".
"La présence de la synagogue de Bergheim témoigne de la présence, au fil des siècles, d’une importante communauté juive à Bergheim (présence attestée dans les archives à partir de 1398). Forte de 68 familles en 1784, la communauté juive de Bergheim comptait 513 personnes en 1838 (15% de la population de la ville). Il s’agissait alors de la plus forte communauté juive d’Alsace. - Après avoir été persécutée, dispersée ou anéantie durant la Shoah, la communauté juive de Bergheim ne compte plus aujourd’hui que 2 familles. Le bâtiment actuel de la synagogue, construit entre 1860 et 1863 dans le style néo-roman adoptant un plan médiéval et restauré en 2002, s’élève à l’emplacement de 3 synagogues antérieures (elle est la seule et unique synagogue en Alsace qui se trouve encore sur l'emplacement où elle avait été construite au 14e siècle). La synagogue de Bergheim était, avec celle de Haguenau, la seule synagogue médiévale d'Alsace : à ne pas avoir été détruite lors des grands pogroms de 1349 et à avoir été en fonction jusqu’au 19e siècle. En 1992, la synagogue a été désacralisée (la communauté juive ne comptait alors plus que 2 hommes, alors qu’un minimum de 10 est exigé par l’ordre religieux pour célébrer un office) et après avoir servit de hangar, devint en 2002 un espace culturel proposant expositions, pièces de théâtre et concerts. L’Aron kodesh et les rouleaux de la Torah sont aujourd’hui visibles au Musée Bartholdi à Colmar. La synagogue est accessible uniquement sur demande et/ou à l'occasion des expositions".
"Une synagogue de village datant du XIXe siècle située près de Brumath, a été sauvée de la démolition grâce à ses nouveaux propriétaires qui l'ont transformée en loft. Ce projet met en lumière la préservation des volumes d'origine et des éléments d'époque tout en intégrant des aménagements contemporains sur mesure, offrant ainsi une seconde vie singulière à ce bâtiment historique."
"L’ancienne synagogue de Rouffach, édifiée vers 1290 et transformée en habitation au XVe siècle, est à vendre en 2025. C'est un bâtiment qu’on devine à peine depuis la rue Ullin à Rouffach. L’ancienne synagogue de Rouffach est en retrait de la rue Ullin car enserrée dans un enchevêtrement de cour et de granges. L’ancienne synagogue de Rouffach est « la seule synagogue médiévale conservée en France et l’une des très rares en Europe, avec celle de Prague ou encore celle de Worms, cette dernière ayant été plusieurs fois reconstruite », précisent Jean-Pierre Lambert et Norbert Schwab, président d’honneur et président de la Séjal (Société pour l’étude du judaïsme en Alsace-Lorraine). Les associations de sauvegarde du patrimoine juif en Alsace tentent de mobiliser pouvoirs publics et mécènes pour rendre ce trésor historique méconnu accessible au public. Avec deux autres associations qui œuvrent pour la sauvegarde du patrimoine juif d’Alsace (les Routes du judaïsme rhénanes et la Maison du judaïsme rhénan), ils sonnent l’alerte concernant la mise en vente de l’édifice, proposé au prix de 700 000 € par une agence immobilière spécialisée dans les biens d’exception, Espaces atypiques. La vente fait suite au décès du dernier propriétaire, l’architecte d’intérieur Serge Gayrau. "L’édifice médiéval de Rouffach, près de Colmar, témoigne d’un riche héritage judéo-alsacien. Malgré sa façade discrète, il s’agit assurément d’un « bien atypique », comme l’assure l’agence immobilière chargée en 2025 de la vente de cette maison de 327 m2 sur trois niveaux, avec deux jardins, située au cœur de Rouffach, à 15 kilomètres au sud de Colmar (Haut-Rhin). Pour la coquette somme de 700.000 euros, le futur acquéreur entrera en possession de la seule synagogue médiévale connue conservée en France et une des plus anciennes d’Europe."
La Fondation du Patrimoine propose aux Internautes : "Aidez à la restructuration de l'ancienne synagogue de Duppigheim dans le Bas-Rhin". 52 donateurs ont versé 11 631 €. L'objectif est 40 000 €. Restent 186 jours. La synagogue est située au 17 Rue des Juifs - 68750 Bergheim. Elle "présente son mur-pignon antérieur sur la rue, avec la porte d'entrée, un mur-gouttereau étant longé par une cour, l'autre donnant sur la rue qui forme un coude à cet endroit. Un vaisseau central est flanqué de deux bas-côtés, séparés par des arcades en plein cintre sous lesquelles sont situées les tribunes. Les élévations extérieures adoptent un style néo-roman dépouillé. Les baies en plein cintre alternent avec des oculus. Le sommet du pignon antérieur est orné des tables de la Loi. L'intérieur de la synagogue a conservé un décor peint soulignant les formes architecturales, mais l'aron a été détruit, le mobilier supprimé et elle doit prochainement être restaurée pour abriter un bâtiment culturel municipal."
"Malgré les déprédations qu'elle a subies durant l'occupation nazie, la synagogue de Bergheim présente un intérêt architectural non négligeable. S'inscrivant dans le courant général de son époque, elle adopte le vocabulaire néo-roman, tant dans le schéma des volumes (nef centrale, bas-côtés) que dans le décor de la façade ouest. A l'intérieur, où l'on retrouve une ordonnance médiévale dans l'organisation d'une travée, c'est la hauteur de l'élévation qui surprend pour un édifice de dimensions relativement réduites et compose, avec ses grandes arcades, un volume harmonieux. Témoin d'une communauté implantée depuis le XIVe siècle, éteinte aujourd'hui."
"L'existence d'une population juive à Bergheim est attestée dès 1300, la synagogue étant confisquée en 1349 après l'extermination des juifs de Bergheim et de Ribeauvillé. Elle fut rachetée en 1551 par un israélite. En 1784, la ville comptait 68 familles et 328 personnes de religion juive. La synagogue existant au XIXe siècle fut détruite dans un incendie en 1840 et reconstruite en 1863, au même emplacement que la première synagogue du XIVe siècle, sur les plans de l'architecte Auguste Hartmann. Endommagée par les allemands durant la seconde guerre mondiale (destruction de l'aron) , elle fut désaffectée en 1990, la population juive de Bergheim ayant totalement disparu. Un projet de réhabilitation est en cours à la mairie de Bergheim (l'extérieur a été restauré en 2000)."
La synagogue Or Thora, située rue Saint-Dominique, entre la Gare de Marseille-Saint-Charles et la Canebière, dans le 1er arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône), a été édifiée en 1962 par des Juifs d'Algérie ("Pieds-noirs"). La situation démographique a évolué dans ce quartier du centre-ville : départs des habitants juifs français du quartier, arrivée d'immigrés musulmans. La synagogue a été achetée en 2016 pour environ 400 000 euros par l'association cultuelle musulmane Al Badr qui l'a transformée en mosquée El-Badr. L’ancienne synagogue est en mesure d’abriter jusqu’à 250 fidèles. A Marseille, "les musulmans sont 250.000 dont 10% pratiquent régulièrement. La transaction s’élève à environ 400.000 euros et sera concrétisée sous peu, à moins que la mairie de Marseille ne décide de s’y opposer. En juin 2015, Dalil Boubakeur, le président du Conseil français du culte musulman, avait proposé d'installer des mosquées dans des églises vides, suscitant un tollé contre sa proposition..." A Marseille, "la communauté disposerait toujours de 58 synagogues à Marseille (23 écoles plus 60 restaurants kachers) contre 32, il y a 25 ans".
« L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques »
Arte diffusera les 18 et 25 octobre 2026 à 08 h 40 « L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques », série documentaire de Sabine Reeh.
« Le neuf ne doit pas remplacer le vieux : les anciens et les nouveaux bâtiments peuvent coexister, fusionner ou s'inspirer mutuellement. Une ville est un organisme vivant qui évolue constamment, tout comme la société. Construire dans l'existant ne signifie donc pas seulement rénover : c'est avant tout la poursuite créative de la construction qui fait sa qualité. »
« Mettre en valeur les architectures anciennes par des innovations radicales : tel est l’ambitieux pari relevé pour la rénovation ou l’agrandissement de certains bâtiments . Illustrations dans « L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques », série documentaire en quatre volets de Sabine Reeh.»
1ère partie : « Des musées »
« Ainsi, de nombreux projets de rénovation et d’agrandissement apportent un contrepoint formel aux structures existantes par le choix des matériaux, des formes ou des teintes. Ce jeu de contrastes est pensé comme un dialogue avec la structure originelle, qui demeure généralement un élément central du bâti. »
« Dans le 13e arrondissement de Paris, la Fondation Pathé se distingue par une gigantesque coque recouverte de volets en aluminium qui s’intercale entre deux immeubles haussmanniens. »
« Dans la ville allemande de Halle-sur-Saale, lors de la rénovation et de l'extension du château de Moritzburg, toutes les structures d’origine encore existantes ont été sauvées, permettant à un nouveau musée d’être construit à l'intérieur même des vestiges. »
2e partie : « Des bâtiments industriels »
« Depuis la fin de l’ère industrielle, de nombreux entrepôts, usines et centrales électriques ont été laissés à l’abandon. Hormis les coûts élevés que représente leur démantèlement, ils sont aujourd’hui considérés comme des éléments à part entière du patrimoine historique, témoignant d’un âge d’or révolu. »
« Partout dans le monde, des projets de réhabilitation créatifs et audacieux fleurissent pour offrir une deuxième vie à ces vastes espaces. »
« À Paris, la Cité de la mode et du design est installée dans un ancien entrepôt dont la structure d’origine, en béton armé, est recouverte d’une double peau en verre. Le musée d’Art contemporain du Cap, en Afrique du Sud, est quant à lui construit dans un ancien silo à grains qui a conservé son emblématique silhouette alvéolaire. »
3e partie : « Des édifices religieux »
« En Europe, l’ère postindustrielle s’est accompagnée d’une sécularisation de la société. De nombreux lieux de culte ont ainsi été transformés en galeries d’art, résidences de luxe ou centres de bien-être. »
« S’ils sont détournés de leur fonction initiale, la plupart de ces édifices conservent leur architecture singulière et leur ambiance solennelle. »
« En Allemagne, l’ancienne église de la petite ville de Bielefeld abrite aujourd’hui un restaurant atypique, tandis qu’en plein cœur de Bruxelles la chapelle médiévale des Brigittines est devenue un centre culturel réputé. Dans le quartier huppé de Mayfair, à Londres, un temple anglican s’est quant à lui métamorphosé en food market branché. »
4e partie : « Y vivre et travailler »
« Faire du neuf avec de l’ancien : si cette idée gagne du terrain à l’heure où la réhabilitation s’avère souvent plus rentable que la destruction. Illustration avec la mythique centrale électrique Battersea Power Station, popularisée par la pochette de l’album "Animals" du groupe Pink Floyd. »
« Au fin fond de la forêt bavaroise, une ancienne maison en ruine a fait l’objet d’un vaste projet de rénovation aussi minimaliste qu’efficace. À Gand, en Belgique, un ensemble d’anciens logements ouvriers s’est transformé en lieu d’art et de culture, tout en conservant son emblématique enclave circulaire. »
« Mise à l’honneur en 1977 sur la pochette de l’album Animals du groupe Pink Floyd, la mythique centrale électrique Battersea Power Station a été reconvertie en un lieu de vie aux usages mixtes, où cohabitent une galerie marchande et des logements luxueux. »
« L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques » de Sabine Reeh
Allemagne, 2023
Production : Isarfilm
1ère partie (27 min) : © BR/Paul Busse
2e partie (27 min) : © BR/Sabine Reeh
3e partie (27 min) : le 18 octobre 2026 à 08 h 40. © BR / Sabine Reeh
4e partie (27 min) : le 25 octobre 2026 à 08 h 05. © DR
Sur arte.tv du 02/10/2026 au 31/10/2026
Visuel : © BR/Paul Busse
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Les citations sur le film proviennent d'Arte.































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