Citations

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lundi 25 mai 2026

Les Allemands des Sudètes

La « région des Sudètes » est située dans la partie tchèque de l'ex-Tchécoslovaquie, longeant les frontières allemande et autrichienne, en Bohême, Moravie et Silésie. Au nom du "droit des nations", le 
führer Adolf Hitler avait obtenu lors de la conférence de Munich (29 septembre 1938) le rattachement au IIIe Reich des "Sudètes" prétendument "opprimés" par les autorités tchécoslovaques. Les Juifs vivant dans cette région ont été persécutés et décimés par la Shoah. Durant et surtout après la Deuxième Guerre mondiale, la quasi-totalité des millions d'Allemands chrétiens ont quitté les Sudètes. Ainsi, e
n 1945, les Allemands des Sudètes avaient été déchus de leur nationalité tchécoslovaque et spoliés de leurs biens par les décrets Beneš. Des faits aux enjeux territoriaux, historiques, diplomatiques, financiers... Du 21 au 25 mai 2026, à Brno, un congrès "des représentants des Allemands des Sudètes – la population d’origine allemande expulsée de Tchécoslovaquie après la Seconde Guerre mondiale – pour des débats, des commémorations et des programmes culturels axés sur la réconciliation d’après-guerre." Une première en République tchèque.

« Le procès du siècle. Les chroniqueurs célèbres de Nuremberg » de Peter Hartl
Les Allemands des Sudètes

En Europe centrale et orientale, ont vécu pendant des siècles des populations germanophones (ou Volksdeutsche). En Slovaquie, dès le début du XXe siècle, elles étaient appelées « Allemands des Carpates ». Dans l'actuelle Roumanie, elles étaient dénommées "Saxons de Transylvanie". Des Allemands originaires de Saxe ont œuvré pour la chancellerie hongroise. D'autres Allemands ont vécu en Pologne (Poméranie, Prusse), etc. 
Les plus célèbres de ces populations sont vraisemblablement les "Allemands des Sudètes" - la « région des Sudètes » est située dans la partie tchèque de l'ex-Tchécoslovaquie, longeant les frontières allemande et autrichienne, en Bohême, Moravie et Silésie. 

L'Histoire avait déterminé leur implantation. L'
Ostsiedlung désigne l'expansion migratoire de populations germanophones, durant le Moyen-âge, vers l'est de l'Europe, au-delà des confins du Saint-Empire Romain Germanique. La zone d'implantation englobe la Slovénie, la Styrie et la Carinthie, les Pays baltes, l'Estonie, la Lettonie et la Transylvanie, ce qui correspond aux modernes Pologne, Bohême, Slovénie, Hongrie et Transylvanie. La zone colonisée correspond à  une partie du territoire de l'antique Germania magna.

Ainsi, dès le XIIe siècle et jusqu'à la fin du XIIIe siècle, le roi Géza II de Hongrie (1141-1162), suzerain des voïvodes (gouverneurs militaires) transylvains, avait décidé de la colonisation par des populations germanophones de la Transylvanie afin d'assurer la défense de la frontière sud-est du royaume de Hongrie contre les incursions des Tatars, puis des Turcs mus par le djihad.

« Un billet de train dans les Sudètes »
Arte diffuse sur son site Internet « Un billet de train dans les Sudètes » (Mit dem Zug zwischen Iser- und Riesengebirge) de Kirsten Ruppel.

« De la République tchèque à la Pologne, voyage sur des voies ferroviaires qui portent les stigmates de la Seconde Guerre mondiale. »

« En 2010, la ligne de chemin de fer reliant la région tchèque de Bohème du Nord à la voïvodie (province) de Basse-Silésie en Pologne reprend du service pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale ». 

« Les voies, qui longent des paysages transfrontaliers empreints d’une histoire tourmentée, gravissent la crête des Sudètes et serpentent entre la chaîne de montagnes Jizerské et les monts des Géants ». 

« Le voyage débute à Liberec, dont les villas surannées révèlent un passé austro-hongrois ».

« Au fil du périple, qui s’achève à Jelenia Góra en Pologne, défilent une ville réputée pour ses bijoux de verre, d’enchanteurs villages de montagne et d’impressionnants châteaux, transformés aujourd’hui en hôtels. »

Le nazisme
L'Histoire a aussi influé sur leur sort durant et après la Deuxième Guerre mondiale : instrumentalisation par les Nazis - a
u nom du "droit des nations", le führer Adolf Hitler a obtenu lors de la conférence de Munich (29-30 septembre 1938) le rattachement à l'Allemagne nazie des "Sudètes" prétendument "opprimés" par les autorités tchécoslovaques ; ce qui a généré la fuite notamment de Juifs des Sudètes -, enrôlement dans la Wehrmacht, expulsions - trois millions d'Allemands ont du quitter les Sudètes - la conférence de Potsdam (2 août 1945) a entériné les migrations d'Allemands d'Europe centrale et orientale - et spoliations, persécutions par des régimes communistes, récupération parfois de leurs droits civiques...

Environ 24 505 Juifs vivaient dans le Reichsgau Sudetenland, région administrative créée par le IIIe Reich à partir de la zone tchécoslovaque annexée après les accords de Munich. La crise des Sudètes a induit une flambée d'antisémitisme, notamment en France.

La Revue d’Histoire de la Shoah (2013/2, n° 199, pages 411 à 443) a publié "La destruction des communautés juives des Sudètes. L’exemple de Teplitz-Schönau" de Paul Lowy, professeur émérite d'histoire-géographie. "Teplitz-Schönau - aujourd’hui Teplice -, ville thermale du nord de la Bohême, était déjà largement connue sous l'Empire autrichien. Pendant l'entre-deux-guerres, elle est devenue un centre culturel important en Tchécoslovaquie et abritait notamment le principal théâtre de la république en dehors de Prague. La ville, située dans la région germanophone des Sudètes, est devenue une zone stratégique pour les nazis, comme l'ensemble de la région vers la fin des années 1930. Teplice abritait la plus grande population juive - 5 000 âmes sur 30 000 Teplitzois - en dehors de la capitale. Parmi les Juifs chassés d’Allemagne qui se réfugièrent en République tchécoslovaque, Teplitz accueillit de nombreux acteurs, metteurs en scène ou musiciens qui trouvèrent à s’employer dans son grand théâtre germanophone. Sur les 231 plus grandes entreprises de Teplitz-Schönau, 89 appartenaient à des citoyens se déclarant de religion israélite. Les citoyens juifs prenaient aussi et peut-être surtout une part très active à la vie culturelle et politique. Beaucoup contribuaient à la vie du théâtre, à celle de la presse locale, aux activités associatives et quelques-uns siégeaient au conseil municipal. Lorsque la ville est tombée aux mains du Sudeten-deutsche Partei (SdP) pro-nazi en mai 1938, les Juifs ont commencé à partir. À l'approche de la date de la conférence de Munich, la violence à l'encontre des Juifs ne cesse d'augmenter et de plus en plus de personnes se joignent à l'exode. Après l'annexion de la région par l'Allemagne, la persécution des Juifs âgés restés à Teplice s'est intensifiée et, en 1942, ils ont été déportés à Theresienstadt [situé au nord ouest de Prague, Ndlr]. Les quelques Juifs et membres de l'opposition de Teplice qui étaient encore en vie en 1945 et qui ont essayé de rentrer chez eux n'ont pas été bien accueillis. Ils ont été expulsés plus tard, tout comme les autres germanophones (selon les décrets Beneš). La correspondance familiale décrit les événements de cette période. Les lettres d'Olga Keller et de Rudi Wiechel détaillent les circonstances de l'exode de Teplice vers Prague au cours de l'été 1938. Une lettre écrite par Ilse Löwy explique comment certains habitants de Teplice ont réussi à fuir Prague à temps en 1939. La correspondance de Viktor Saxl et Moritz Löwy raconte ce qui leur est arrivé, deux Juifs encore en vie en 1945. Enfin, une lettre de Karl Kern, exilé en Suède, décrit l'expulsion de 1946 à travers l'histoire de son ami Schorsch Trapp."

"Moins d’un mois après la signature des accords de Munich, Hitler expulse vers la Tchécoslovaquie plusieurs milliers de Juifs qui vivent dans la région des Sudètes. Les Tchécoslovaques refusant de les laisser entrer, ces Juifs tentent de se réfugier en Hongrie. Mais ils sont renvoyés en Allemagne par les autorités hongroises, puis à nouveau dirigés vers la Tchécoslovaquie par les autorités nazies. Ils sont finalement conduits de force vers des camps de toile improvisés dans le no man’s land séparant la Hongrie et la Tchécoslovaquie".

Les Juifs vivant dans cette région ont été persécutés durant la Nuit de Cristal (nuit du 9 au 10 novembre 1938). "Depuis 6 semaines alors, les Sudètes faisaient partie du Reich, conformément aux Accords de Munich. Au cours du pogrom, la plupart des synagogues considérées comme le symbole de la présence et du succès de la minorité juive ont été incendiées. La liste des citoyens d’origine juive était la clé de l’accomplissement du pogrom, souligne Helena Krejčová de l’Institut d’histoire moderne : « Dans les Sudètes, les nazis se sont tout d’abord emparés des registres de l’état civil qui faisaient partie des synagogues et seulement après ils les ont incendiées. Cela a continué encore dans la nuit de la Saint-Sylvestre au Jour de l’An. »

"Margita Maršálková a vécu le pogrom dans les Sudètes à l’âge de 9 ans. Un cri horrible l’a réveillé : « Sous nos fenêtres, une foule d’hommes a crié : Juifs dehors, Juifs à la potence… » Le père de Margita Maršálková a été déporté vers le camp de concentration d’Auschwitz, la mère a essayé de protéger au maximum ses filles. Finalement elle a succombé aux énormes pressions psychiques : « Elle a pensé que c’est elle, le plus grand obstacle, qu’elle doit se retirer… et elle s’est suicidée… »

"Une quarantaine de synagogues ont été brûlées dans les Sudètes. Sur tout le territoire du Reich, plus de 260 synagogues ont été détruites, 7 500 commerces et entreprises exploités par des Juifs saccagés; 91 Juifs ont été assassinés, des centaines d’autres se sont suicidés ou sont morts suite à leurs blessures et près de 30 000 ont été déportés vers les camps de concentration."

Rappelons l'action du Britannique d'origine juive Nicholas Winton, Juste parmi les Nations, qui a sauvé environ 669 enfants juifs tchécoslovaques grâce aux Kindertransports
En décembre 1938, "Martin Blake, ami de Winton lui a demandé "de renoncer à ses vacances de ski et de lui rendre visite en Tchécoslovaquie, où il s'était rendu en sa qualité de membre du Comité britannique pour les réfugiés de Tchécoslovaquie. Ce comité avait été créé en octobre 1938 pour fournir une aide à ceux devenus réfugiés à la suite de l' annexion allemande de la région des Sudètes aux termes des accords de Munich. Persuadé qu'une guerre européenne était imminente, Nicholas Winton a décidé de se rendre à Prague, où Martin Blake l'a présenté à sa collègue, Doreen Warriner, et s'est arrangé pour que Nicholas Winton visite des camps de réfugiés Juifs et opposants politiques originaires des Sudètes.

"Environ "90 % des Juifs avaient quitté la région des Sudètes à la mi-1939". Ceux qui étaient restés ont subi des spoliations, des aryanisations, le port de l'étoile jaune et ont été déportés vers les camps nazis. Durant la Deuxième Guerre mondiale, "des dizaines de milliers de Juifs et de non-Juifs sont livrés au travail forcé dans un réseau de camps de concentration implantés dans la région". La Shoah a réduit tragiquement le nombre des Juifs.

Une part importante des Allemands d'Europe de l'Est ont fui, de manière plus ou moins organisée, de la mi-1944 au début 1945 par peur de l'arrivée de l'Armée rouge.
Après la défaite de la Wehrmacht, une autre vague d'émigration a eu lieu.
Après les accords de Potsdam (2 août 1945) signés par le chef de l'Union soviétique Joseph Staline, le Premier ministre travailliste britannique Clement Attlee et le Président démocrate Harry S. Truman, des émigrations se sont déroulées afin d'éviter toute éventuelle future revendication territoriale de l'Allemagne sur ses voisins d'Europe centrale et orientale. 
Les expulsions sont survenues dans la quasi-totalité de cette partie de l'Europe, principalement  en Pologne (Poméranie, Prusse, 7 millions de personnes) et en Tchécoslovaquie (Silésie, Sudètes, 3 millions de personnes). 
Toutes ces émigrations ont visé de 12 à 16 millions d'habitants. De 500 000 civils à 2,5 millions sont décédés durant ces déplacements, en étant victimes de mauvais traitements, de maladies et de manque de nourriture. 
Au début des années 1950 il ne restait plus que 12 % des populations allemandes d'avant-guerre dans ces territoires. L'exode s'est poursuivi ensuite à titre individuel.

Juifs après 1945
Après la Libération, les communautés juives rescapées de la Shoah de l'ancien Sudetenland ont été discriminées, car germanophones, par le gouvernement tchécoslovaque qui nationalisa leurs biens, ce qui a induit leur paupérisation. Des Juifs de la Ruthénie subcarpatique (actuellement en Ukraine) les ont rejoints.

« L'expulsion des Allemands de Tchécoslovaquie »
« L'expulsion des Allemands de Tchécoslovaquie » (Vertreibung Odsun - Das Sudetenland), série documentaire en deux parties de Matthias Schmidt et Vit Poláček, s’intéresse à l'histoire des Allemands des Sudètes.

« Retour sur un chapitre douloureux de l’histoire germano-tchèque, qui fait aujourd’hui l’objet d’un travail de mémoire et de réconciliation. »

« Pendant des siècles, les Allemands de la région des Sudètes ont cohabité pacifiquement avec leurs voisins tchèques, jusqu’à l’entre-deux-guerres et la création de la Tchécoslovaquie. Mais les atrocités commises par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale conduiront, en réaction, à l’expulsion par les Tchécoslovaques de l’essentiel de cette minorité germanophone, qui vivait là depuis le Moyen Âge ». 

Le Parlement tchécoslovaque étant dissous, les principaux décrets Beneš - Edvard Beneš était alors Président du gouvernement tchécoslovaque en exil -, concernent en 1945 « l'administration nationale des biens des Allemands, Hongrois [Magyars, Ndlr] et traîtres » (19 mai), « la punition des criminels nazis et collaborateurs » (juin), « la privation des Allemands et des Hongrois de la citoyenneté tchécoslovaque » (2 août) et « la confiscation des biens ennemis » (25 octobre)".

Aux municipalités (národní výbor) incombent l'identification des citoyens tchécoslovaques de nationalité allemande et hongroise qui sont rassemblés dans des camps, puis expulsés en direction de l'Allemagne de 1945 à 1947 - , de l'Autriche et de la Hongrie. Entre le cinquième et le quart de la population de la Tchécoslovaquie quittent l'Allemagne et l'Autriche. 

« Certains lieux abandonnés, à l’image de Königsmühle dans les monts Métallifères, portent les stigmates de cette histoire douloureuse : ses 53 habitants ont tous été chassés ». 

« Le 31 mai 1945, quelque 27 000 habitants allemands ont été regroupés puis chassés de la ville tchèque de Brno.

« Il est aujourd’hui encore difficile d’évaluer combien d’entre eux ont survécu à ce périple éprouvant de plus de 50 kilomètres, relaté par la romancière tchèque Katerina Tucková dans son roman "L’expulsion de Gerta Schnirch "(2009). 

« Rosemarie Ernst raconte avec émotion cette odyssée de plusieurs mois en direction de l’Allemagne ».

« Leo Zahel se souvient avec exactitude de cette “marche de la mort”. Il rappelle qu’en 2015, la ville de Brno a présenté des excuses publiques aux victimes de ce déplacement de population ». 

« Désormais, les jeunesses tchèque et allemande se sont rapprochées pour préserver Königsmühle et en faire un lieu de célébration commun ».

« Mais peut-on pour autant considérer que l’affaire est close ? »

Témoignages
En 2001, les éditions Lharmattan ont publié "L'Expulsion des Allemands de Hongrie (1944-1948). Politique internationale et destin méconnu d'une minorité""En 1944, la Hongrie compte encore une importante minorité germanique. Arrivés pour la plupart au XVIIIe siècle, ces Allemands sont ceux, avec la population juive, qui ont le plus contribué à l'émergence de la bourgeoisie urbaine hongroise. Pourtant, entre 1944 et 1948, la Hongrie perdit plus de la moitié de sa minorité allemande, déportations vers l'URSS, expulsion programmée vers l'Allemagne occupée… Comment la Hongrie, alliée de l'Allemagne pendant la guerre, en est-elle arrivée à prendre cette décision ?"

En 2023, les éditions Marie B ont publié "Un exode allemand. Chronique d'une famille Volksdeutsche" de Jacques Salès, avocat. "Les Timmerman sont des Volksdeutsche, c'est-à-dire des germanophones implantés dans une contrée slave de l'Europe. Propriétaires fonciers, ils sont installés de longue date sur le sol polonais mais la Seconde Guerre mondiale bouleverse leur existence. Deux d'entre eux meurent sur le front de l'Est et les survivants fuient vers l'Allemagne après la chute du troisième Reich."

L'auteur "retrace ici sur plusieurs générations l'histoire d'une authentique famille d'agriculteurs Volksdeutsche, dont l'origine se situe aux confins de la Pologne, de la Lituanie et de l'URSS. Leurs ancêtres allemands ethniques avaient fait souche en Pologne. Après les péripéties du début du XXème siècle lors de la seconde guerre mondiale on assiste alors à l'éclatement de cette famille dont les frères aînés sont enrôlés « malgré eux » dans la Wehrmacht sur le front russe. Le reste de la famille a dû, pour fuir l'Armée rouge, quitter la Pologne et se réfugier dans une Allemagne dévastée en 1945 dans des conditions apocalyptiques, en abandonnant tout ce que leurs ancêtres avaient construit au cours des siècles".

En 2025, les éditions Bayard ont publié "Les zones grises" d'Alexandra Saemmer. "Chercheuse en sciences sociales, Alexandra Saemmer part sur les traces de sa famille, dont l'histoire a toujours été cachée au fond des tiroirs, noyée dans l'oubli et la honte. Car l'autrice descend de Sudètes, un peuple sans pays, expulsé de Tchécoslovaquie à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour avoir voté en faveur de son intégration dans l'Allemagne nazie."
"Née en Allemagne, l'autrice a grandi avec la honte d'appartenir au peuple des « bourreaux ». Mais c'est aussi la honte des soldats vaincus, des suprémacistes déchus, des femmes violées à la marge des champs de bataille et des réfugiés partis de leur pays sans rien, qu'elle croise au fil de son enquête".
"Pour comprendre si son grand-père, soldat dans la Wehrmacht, a adhéré au national-socialisme, élucider le secret des origines de sa mère et retrouver son oncle mystérieusement disparu, il lui a fallu s'aventurer dans les zones grises et silencieuses de l'histoire. Aux archives et aux entretiens s'est ajouté un fascinant travail ethnographique au sein de groupes Facebook où la communauté sudète se raconte, à l'abri des regards."
"En résulte un livre hanté par le fantôme d'une Europe en guerre, une troublante réflexion sur la mémoire des peuples et des choix collectifs et, à travers le récit de gens ordinaires, un espoir : réparer les vivants."

Polémique en 2002
"Le premier trimestre 2002 a vu resurgir la "question sudète" dans le cadre du débat sur l'élargissement de l'Union européenne (UE). 

La polémique qui s'est développée entre la République tchèque d'une part, et l'Autriche, la Hongrie et l'Allemagne d'autre part, était de savoir si la non-abrogation des décrets Beneš organisant le déplacement des populations allemandes et hongroises de Tchécoslovaquie en 1945 constituait un obstacle politico-juridique à l'entrée de la République tchèque dans l'Union européenne".

En ce début de XXIe siècle, les enjeux se résument principalement à quelques  questions : comment leur histoire est-elle intégrée dans l'Histoire de l'Allemagne réunifiée et de leurs pays ? Tous les différends - mémoriels, financiers, diplomatiques, etc. - ont-ils été apurés ? Comment l'identité des ces minorités germanophones perdure-t-elle dans leurs pays ?

Le Sudetendeutsche Landsmannschaft
En février 2016, "le Sudetendeutsche Landsmannschaft (SL), une organisation représentant les Allemands qui ont été expulsés de l'ex-Tchécoslovaquie après la Seconde Guerre mondiale a voté en faveur du retrait de leurs revendications territoriales lors d’une réunion à Munich".

"L'association des Allemands des Sudètes a décidé d’enlever de ses statuts la demande de restitution des biens saisis par la Tchécoslovaquie après l’expulsion de trois millions de citoyens de nationalité allemande de son territoire à la fin de la Deuxième Guerre mondiale". Elle a déclaré "qu'elle allait supprimer le "droit à la patrie et le droit lié à l'autodétermination du groupe national" de leur constitution, ainsi que les demandes d'indemnisation financière demandées au gouvernement tchèque".

Elle "reconnaît également sa part de responsabilité dans la "persécution et l’assassinat des Allemands et des Tchèques des Sudètes qui étaient haïs par le régime nazi, ainsi que pour l'Holocauste des Juifs en Bohême, Moravie et Silésie". Les Allemands des Sudètes, qui vivaient principalement dans les provinces de Bohême et de Moravie à partir du 14ème siècle, ont été rendus responsables par les Tchèques de l'agression d'avant-guerre contre le pays par les nazis, un prétexte utilisé par Hitler pour annexer une première partie de l'ex-Tchécoslovaquie puis tout le pays en 1938."

"Le changement a été approuvé par 72 des cent représentants. Si la SL avait essayé d’adopter ces modifications déjà l’année dernière, celle-ci avaient été refusées par le tribunal" ayant considéré que "l’association n’avait pas laissé le temps suffisant pour régler de possibles contestations."

"La décision a été accueillie favorablement par le ministre tchèque des Affaires étrangères Lubomir Zaoralek, qui a été cité par la télévision CT déclarant que cette décision "est l'une des conditions pour une amélioration des relations (entre Tchèques et Allemands, ndlr)".

"A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la région des Sudètes avait été réintégrée à la Tchécoslovaquie. Sur 3,2 millions d'Allemands des Sudètes, plus de 3 millions avaient été déportés. En 1945, les décrets Beneš avaient privé les Allemands des Sudètes de leur nationalité tchécoslovaque et avaient conduit à la confiscation de tous leurs biens."

Musée allemand des Sudètes
Le 12 octobre 2020, a été inauguré, à Munich (Allemagne), et après deux ans de retard, le musée allemand des Sudètes. Il relate l’histoire de 3 millions de Sudètes, ayant "perdu leur patrie" à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

"La culture sudète est exposée sur 1200 mètre carrés, retraçant l’histoire des Sudètes depuis le Moyen Âge jusqu’à leur destin tragique. Les langues utilisées dans le musée sont l’allemand, le tchèque et l’anglais. La cérémonie d’ouverture devrait avoir lieu en petit comité avec notamment le porte-parole des Allemands des Sudètes Bernd Posselt. La ministre des Affaires Sociales Carolina Trautner a déclaré qu'une plus grande cérémonie d’inauguration sera organisée lorsque la situation sanitaire se sera calmée. Le musée est situé au numéro 8 de la Hochstrasse". 

En 2021, à Berlin (Allemagne), le musée "consacré à l’expulsion de douze millions d’Allemands des territoires de l’est de l’Europe après la Deuxième Guerre mondiale" a ouvert ses portes après plus de vingt ans de controverses".

"Baptisé « Centre de documentation – Fuite, expulsion, réconciliation », cet espace de 6 000 mètres carrés proche de la Potsdamer Platz, qui a accueilli ses premiers visiteurs mercredi 23 juin, ne raconte pas seulement un chapitre mal connu de l’histoire du XXe siècle. Les controverses qui ont accompagné sa genèse chaotique témoignent également de la place ambivalente qu’occupent ces millions d’expulsés dans la mémoire de la seconde guerre mondiale."

"L’idée de créer un tel musée remonte à 1999. On la doit à Erika Steinbach, alors députée chrétienne-démocrate (CDU) et présidente de la Fédération des expulsés (BdV), créée en 1958 pour défendre la mémoire et les intérêts des Allemands ayant dû quitter leurs foyers situés dans les territoires orientaux du Reich, en Tchécoslovaquie, en Hongrie et dans les Balkans à la fin de la guerre."

"Dès le début, le projet fait polémique. Connue pour s’être opposée, après la réunification de 1990, à la reconnaissance de la ligne Oder-Neisse comme frontière définitive entre l’Allemagne et la Pologne, l’élue conservatrice est accusée de vouloir faire passer au second plan la responsabilité de l’Allemagne dans les crimes de la Seconde Guerre mondiale en mettant en avant les souffrances de ses ressortissants expulsés d’Europe centrale et orientale lors de la défaite du IIIe Reich."

"Malgré la présence à ses côtés de Peter Klotz, ancien secrétaire général du Parti social-démocrate (SPD) et lui-même originaire des Sudètes, région de Tchécoslovaquie annexée par l’Allemagne nazie en 1938, Erika Steinbach n’obtient pas le soutien du chancelier Gerhard Schröder (SPD), qui ne veut pas d’un tel lieu de mémoire à Berlin".

"La suite de sa carrière convaincra ses détracteurs de l’époque qu’ils eurent raison de se méfier : après s’être vigoureusement opposée à la politique d’accueil d’Angela Merkel lors de la crise des réfugiés de 2015, la députée finira par quitter la CDU et le Bundestag en 2017. Depuis, elle préside la Fondation Desiderius-Erasmus, proche du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD)".

"L’élection d’Angela Merkel, fin 2005, change la donne. Quelques mois après l’inauguration du Mémorial aux juifs assassinés d’Europe entre la porte de Brandebourg et la Potsdamer Platz, la nouvelle chancelière se dit favorable à ce qu’un « signe visible » soit trouvé à Berlin pour rappeler le destin des populations déplacées à la fin de la guerre. Elle fait toutefois en sorte que cette tâche n’incombe pas exclusivement à la Fédération des expulsés et à sa présidente contestée."

Premier Congrès en Tchéquie
Du 21 au 25 mai 2026, à Brno, un congrès "des représentants des Allemands des Sudètes – la population d’origine allemande expulsée de Tchécoslovaquie après la Seconde Guerre mondiale – pour des débats, des commémorations et des programmes culturels axés sur la réconciliation d’après-guerre." Une première en République tchèque.

"Environ 25 000 personnes en Tchéquie ont déclaré une appartenance ethnique allemande (y compris des identités multiples) lors du recensement de 2021, mais seules environ 9 000 l’ont déclarée comme leur seule appartenance ethnique. Ce petit vestige (environ 0,23 % de la population) représente les descendants du petit nombre d’Allemands des Sudètes qui sont restés après les expulsions de l’après-guerre, ainsi que quelques personnes revenues plus tard ou d’origine mixte."

"Les organisateurs ont décrit ce rassemblement, qui se tient pour la première fois en Tchéquie, comme une étape symbolique dans les relations tchéco-allemandes. Mais l’événement est au contraire devenu un point de friction politique".


Jacques Salès, "Un exode allemand. Chronique d'une famille Volksdeutsche". Editions Marie B, 2023. 180 pages. 19,90 €. ISBN-13 : 9782492763205


« Un billet de train dans les Sudètes » de Kirsten Ruppel
Allemagne, 2021, 44 min
Production : SWR/ARTE
Sur Arte le le 31 août 2022 à 6h 20
Disponible du 22/08/2022 au 20/09/2022
Visuels : © SWR, DR

« L'expulsion des Allemands de Tchécoslovaquie » de Matthias Schmidt et Vit Poláček

Allemagne, 2020, 2 x 45 min

Sur Arte :

1ère partie : le 17 novembre 2020 à 23 h 20

2e partie  : le 18 novembre 2020 à 00 h 05

Disponible du 17/11/2020 au 16/12/2020

Visuels :

© CTK Photobank/Süddeutsche Zeitung Photo

© LOOKSfilm

© ICRC Archives

A lire sur ce blog :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 13 novembre 2020, puis le 31 août 2022..

dimanche 24 mai 2026

Barbra Streisand

Née le 24 avril 1942, Barbra Streisandcélèbre et talentueuse chanteuse, réalisatrice, productrice, compositrice, militante démocrate et philanthrope, Juive américaine alterne comédies musicales et drames, devant et derrière la caméra. Elle a interprété des standards de Broadway et de Hollywood dans son dernier album. Le 23 mai 2026, le festival de Cannes lui a rendu hommage par une Palme d'honneur. L'artiste est demeurée aux Etats-Unis où elle se rétablit d'une blessure au genou. Le 24 mai 2026 à 20 h, Arte rediffusera Barbra Streisand, naissance d'une diva 1942-1984, documentaire de Nicolas Maupied.

Fred Astaire (1899-1987)

Barbra Streisand est née en 1942, dans une famille Juive de Brooklyn, à New York.

Son père, Emmanuel Streisand, professeur estimé, meurt quand Barbra a 15 mois. Sa mère, Diana, se remarie en 1949 avec Louis Kind. Elle n'est pas une mère très aimante. Ce dont souffre sa fille, qui grandit aussi... dans la rue.

« Une actrice qui chante »
Adolescente, Barbra Streisand débute comme chanteuse de nightclub.

En 1960, elle se produit dans un club gay The Lion à Greenwich Village (Manhattan).

Elle chante aussi au Canada, puis revient aux Etats-Unis en 1961.

La télévision s’intéresse à cette jeune chanteuse.

1962 marque ses débuts à Broadway.

En 1963, son premier disque The Barbra Streisand Album reçoit deux Grammy Awards. Barbra Streisand obtient le contrôle artistique total sur ses disques. Exceptionnel à l'époque.

Barbra Streisand chante en duo avec Judy Garland à la télévision.

Retour à Broadway en 1964 en interprétant le rôle de Fanny Brice dans Funny Girl, aux côtés de Sydney Chaplin, avec des titres phares : People, composée par Jule Styne et Bob Merrill (“A feeling deep in your soul/says you were half, now you’re whole”), et Don't Rain on My Parade. Deux semaines après la première, Barbra Streisand fait la couverture d'un grand magazine américain. 


Quatrième album studio de l'artiste, People occupe le 7 novembre 1964 la  première place du Billboard, et y reste pendant cinq semaines. Avec plus d'un million de disques vendus, il devient disque de platine.


Un succès mondial qui l’amène à Londres et lui vaut ses premières émissions télévisées centrées sur elle. En 1965, Barbra Streisand a son show sur CBS. Son contrat stipule dix émissions en dix ans pour cinq millions de dollars.


En 1966, naît Jason Gould, le fils de Barbra Streisand et de son mari, le comédien Elliott Gould.


Barbra Streisand reprend le rôle de Fanny Brice dans le film Funny Girl réalisé par William Wyler (1968) avec Omar Sharif. La relation amoureuse entre l'actrice Juive et l'acteur égyptien, chrétien converti à l'islam, crée une polémique.


Je suis arrivée à Hollywood sans avoir fait modifier la forme de mon nez, sans avoir fait poser de couronnes sur mes dents, ou sans avoir changé mon nom. C'est très gratifiant pour moi”, a déclaré Barbra Streisand.

Ses deux films suivants sont tirés eux aussi de comédies musicales : Hello Dolly! de Gene Kelly (1969) avec Walter Matthau et Louis Armstrong, et On a Clear Day You Can See Forever (Melinda) de Vincente Minelli (1970) avec Yves Montand.

"Hello Dolly!"
"Hello, Dolly!" est une comédie musicale américaine réalisé par Gene Kelly (1969) avec Barbra Streisand, Walter Matthau, Michael Crawford et Louis Armstrong. 

A l'origine : "The Merchant of Yonkers", pièce de théâtre de Thornton Wilder (1938) que l'auteur a réécrite et retitrée en 1955 " The Matchmaker". Michael Stewart l'adapte pour la comédie musicale "Hello Dolly!" dont la musique et les lyriques sont signés par Jerry Herman.

La comédie musicale est créée au Fisher Theater de Detroit le 18 novembre 1963, dans une mise en scène et une chorégraphie de Gower Champion et une production de David Merric. En 1964, elle est présentée à Broadway et remporte 10 Tony Awards, dont celui du Best Musical.

"Seule depuis le décès de son époux, Dolly Levi a décidé de consacrer son existence à parfaire celle des autres femmes. C'est ainsi qu'elle s'est trouvée une vocation de marieuse. Un jour, un séduisant millionnaire sollicite ses services pour sa nièce. Dolly décide de lui trouver une épouse : elle-même..."


Comédies dramatiques 
Barbra Streisand intègre la pop culture, et entame un premier virage avec Stoney End.

De sa filmographie émergent des comédies, comme What’s Up, Doc ? (On s'fait la valise, Docteur ? 1972) avec Ryan O’Neal, The Way We Were (Nos plus belles années) avec Robert Redford (1973), une comédie dramatique sur fond de guerre froide et maccarthysme, et un remake de A Star Is Born (Une étoile est née, 1976) de Frank Pierson avec Kris Kristofferson.

"Nos plus belles années"
Le 16 avril 2017, Arte diffusa Nos plus belles années (The Way We Were), de Sydney Pollack. "De milieux et de tempéraments contraires, Hubbell et Katie s'aiment mais ne s'entendent pas... Un somptueux mélodrame de Sydney Pollack, sur fond de maccarthysme, avec Robert Redford et Barbra Streisand".

"New York, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Fervente militante de gauche et employée à la radio, Katie n'a pas une minute à elle. Un jour, elle croise Hubbell, qu'elle a connu à la fac en 1937. À l'époque, cet étudiant doué pour l'écriture faisait partie d'une clique fortunée et frivole que Katie, prise entre son job, ses cours et le Parti communiste, réprouvait. Mais elle n'en pinçait pas moins pour le jeune homme. Aujourd'hui, elle est décidée à ne pas le laisser filer. Une liaison orageuse s'engage entre eux. Katie, par ses convictions et sa détermination, force l'admiration de Hubbell, en même temps qu'elle l'épuise".

"Ce film raconte à la fois une passion sans issue, une ségrégation sociale insidieuse et la dérive maccarthyste, le tout empaqueté dans une fresque nostalgique, en quête de l'Amérique perdue, thème récurrent chez Sydney Pollack. Le cinéaste nous entraîne d'un campus en automne (inventif générique qui embrasse en montage alterné les jeunesses parallèles de Katie et Hubbell) à un Hollywood veule qui se plie mollement à la délation. Ce mélo flamboyant repose aussi sur un casting en or : la rencontre entre le beau gosse Wasp (Robert Redford, remarquable de sensibilité) et la pasionaria juive, vif-argent au cœur de midinette, rôle à la mesure de l'explosive Barbra Streisand, qui offre au film une bande-son aux somptueux trémolos".

Nos plus belles années (The Way We Were, 1973) de Sydney Pollack "compte parmi les réussites de Pollack, cinéaste néo-classique attaché à prolonger un certain glamour hollywoodien – il a toujours cherché à travailler avec les grandes stars de son époque – tout en y ajoutant certaines notes critiques.
Ainsi, Nos plus belles années s’inscrit dans la tradition des mélodrames et des grandes histoires d’amour du cinéma américain des années 40 ou 50, avec aussi l’ambition d’évoquer le climat politique des Etats-Unis de 1937 à 1950. Nos plus belles années est en effet la première fiction sortie d’un studio à traiter de la sombre période du maccarthysme à Hollywood, lorsque Hubbell Gardiner, aspirant romancier, est invité à écrire pour le cinéma, en pleine « chasse aux sorcières ». Dalton Trumbo, l’une des victimes de cette page noire de Hollywood, a participé au scénario sans être crédité au générique. Cet épisode fut pourtant très réduit au montage par Pollack, au grand regret de Barbra Streisand qui souhaitait que le film reste une œuvre engagée. C’est sans doute la limite du cinéma de Pollack, cinéaste soucieux de ne pas faire de vagues, préoccupé par le succès au point d’accepter parfois trop de compromis", a écrit Olivier Père.

Et d'observer : "Mais le film gagne en romanesque ce qu’il a perdu en acuité politique, et baigne dans une touchante mélancolie. De leur rencontre sur les bancs de l’université jusqu’à des retrouvailles impromptues devant l’Hôtel Plaza à New York, le film suit la romance contrariée entre Katie (Barbra Streisand) et Hubbell (Robert Redford) que tout oppose au début de leur relation. Elle est juive, militante communiste, exaltée et issue d’un milieu modeste. Il est WASP, apolitique, flegmatique et appartient à la jeunesse dorée. Leur passion amoureuse souffrira de l’idéalisme de l’une et du carriérisme de l’autre".

"La scène au début du film où Katie observe lors d’une fête pendant la Seconde Guerre mondiale Hubbell en uniforme de la marine, d’un blanc immaculé, assoupi debout au comptoir indifférent à la foule autour de lui résume bien l’originalité de Nos plus belles années. C’est l’homme qui est transformé en icône inaccessible, objet de désir, beauté passive et presque irréelle, tandis que la femme joue le rôle de la combattante en perpétuel mouvement, aimante, maladroite mais forte de ses convictions. Les deux acteurs sont très à l’aise dans leurs personnages. Pollack encourage la nonchalance de Redford, tandis que Barbra Streisand déploie son énergie habituelle. Un beau couple de cinéma".


Réalisatrice
Productrice – Barbra Streisand cofonde First Artists Production Company en 1969 avec Paul Newman, Sidney Poitier et Steve Mc Queen -, elle devient réalisatrice en 1983 avec Yentl, inspiré par une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer, The Prince of Tides (Le Prince des marées, 1991), avec son fils Jason Gould né de son mariage avec l’acteur Elliott Gould, et The Mirror Has Two Faces (Leçons de séduction, 1996).

Le 26 mai 2016, à 15 h 15, le Cercle Bernard Lazare a projeté Yentl de et avec Barbra Streisand (1983, 132 minutes), Inspiré de la nouvelle d'Isaac Bashevis Singer : Yentl, the Yeshiva Boy (1962), ce film a pour interprètes principaux : Mandy Patinkin, Amy Irving. La musique est signée de Michel Legrand. Les paroliers des chansons sont Alan et Marilyn Bergman. Barbra Streisand a du se battre quinze ans pour trouver le financement du film dédié à son défunt père.

Le 12 décembre 2018, est ressorti, notamment au cinéma Max Linder Panorama en une version restauré Yentl.


Disques
Barbra Streisand excelle à surfer sur les vogues – disco -, multipliant les duos avec Johnny Mathis, Donna Summer, Tony Bennett ou Neil Diamond – tout en restant fidèle à son style et attirant des compositeurs de mélodies (Guilty produit par Barry Gibb contient Woman in Love). Lors de ce concert, elle chante avec le quatuor Il Divo notamment Somewhere.

Sa carrière décrite sur son site Internet s’apparente au tableau d’honneur de la première de la classe.

« Une actrice qui chante ». C’est ainsi que se définit Barbra Streisand dont la vocation la destinait à la comédie.

Arte a rediffusé Barbra Streisand Live in Concert de Barbra Streisand et Gary Smith (2009). La célèbre et talentueuse chanteuse, réalisatrice, productrice, compositrice, militante démocrate et philanthrope, Juive américaine interprète des standards de Broadway et de Hollywood devant le public conquis d’un concert en Floride en 2006. Eblouissante.

Naturel, professionnalisme, sensibilité, humour, lyrisme, élégance… Barbra Streisand déploie tous ses talents de chanteuse devant un public enthousiaste lors de sa tournée en 2006.

En Floride, accompagnée magnifiquement par son orchestre admirablement dirigé par Bill Ross, entre deux anecdotes teintées d'humour, elle enchaine Starting Here, Starting Now, Come Rain Or Come Shine, Funny girl, My man, The Way We Were, titre-phare du film realise par Sydney Pollack (1973) avec Robert Redford, People, Somewhere ou Don't Rain On My Parade.

Le coréalisateur Gary Smith capte les enthousiasmes des spectateurs, célèbres ou anonymes, les préparatifs, l’activité dans les coulisses, la relation d’amour partagé entre une artiste exigeante, distinguée par de nombreux prix – Oscar, Tony Award, Emmy Award, Golden Globe, Légion d’Honneur - et son public au cours d’une carrière couronnée par 51 disques d’or et 30 de platine.

La perfection.

En 2012, est sorti l'album Release Me de Barbra Streisand, suivi par la tournée Back to Brooklyn.

Israël
Le 17 juin 2013, lors de son séjour en Israël, Barbra Streisand a reçu un diplôme docteur en philosophie honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem qui abrite The Emanuel Streisand Building for Jewish Studies.  Elle a rencontré le Président Shimon Peres qui a fêté son 90e anniversaire.

Cette chanteuse a donné ses deux premiers concerts en Israël, au Bloomfield Stadium à Tel-Aviv les 20 et 22 juin 2013, devant 16 000 spectateurs. Elle a notamment interprété Avinu Malkeinu et Peoplepuis a entonné la HaTikva.

"Hello, Gorgeous!"
En 2013, le Museum of Jewish Heritage à New York a présenté le festival cinématographique Hello, Gorgeous! centré sur Barbra Streisand.

"Partners"
Le 16 septembre 2014, est sorti Partners36e album de Barbra Streisand, Douze standards américains interprétés en duos avec notamment Stevie Wonder, Michael Bublé (It Had to Be You), Blake Shelton (I’d Want It to Be You), Billy Joel (New York State of Mind) et Lionel Richie (The Way We Were) et en virtuel avec Elvis Presley (Love Me Tender). Selon la firme discographique Warner, il pourrait se vendre à plus de 150 000 exemplaire en une semaine, soit avant le 21 septembre prochain. Barbra Streisand a vendu 72 millions de disques aux Etats-Unis et 140 dans le monde.

Dans le cadre de la programmation Du Shtetl à Broadwayle cinéma Le Balzac projeta le 10 février 2015, à 20 h, Funny Girl  de William Wyler, avec Barbra Streisand et Omar Sharif. Le film était  précédé d'une présentation par le journaliste Denis Jeambar.

Médaille de la liberté
Le 24 novembre 2015, à la Maison Blanche (Washington), le Président Barack Obama a remis en particulier à Barbra Streisand et au réalisateur Steven Spielberg la Médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine. Celle-ci est distingue  des personnalités qui "ont contribué de manière particulièrement méritante  à la sécurité ou aux intérêts nationaux des Etats-Unis, à la paix mondiale, ou aux efforts culturels ou d'autres apports privés ou publics".

Le 16 mai 2016, Barbra Streisand a annoncé la sortie de son prochain album, intitulé Encore: Movie Partners. Elle y interprète des airs de Broadway où elle a débuté avant d'entamer une carrière cinématographique. Sorti les 26 août 2016, cet album réunit Alec Baldwin, Antonio Banderas, Jamie Fox, Anne Hathaway, Hugh Jackman, Seth MacFarlane, Melissa McCarthy, Chris Pine, Daisy Ridley, Patrick Wilson, et un duo "spectaculaire virtuel avec Anthony Newley". Ce disque s'est rapidement hissé à la première place des classements de meilleures ventes aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Australie.

Barbra Streisand a publié la liste des dates des récitals lors de sa prochaine tournée.

Elle n'a pas apprécié la manière dont "l'application de commande vocale Siri de l'iPhone prononçait son nom. Elle a appelé Tim Cook, PDG d'Apple, pour réclamer une modification". Elle lui a expliqué vers le 20 août 2016: « [Siri] a mal prononcé mon nom. (...) C’est Streisand avec un "S" doux, comme du sable sur la plage. C’est comme cela que je l’ai prononcé toute ma carrière », et non comme un « z ».  Elle a relaté son intervention lors d'une interview sur la station musicale NPR, radio publique des États-Unis. Tim Cook s'est engagé à rectifier cette erreur "lors de la prochaine mise à jour du logiciel, prévue le 30 septembre".

Elle présidera le Centre d'arts qui sera édifié sur le site des attentats terroristes islamistes commis le 11 septembre 2001 par al-Qaïda à New York. Ce Centre devrait être inauguré en 2020.

Donald Trump
Barbra Streisand illustre ces Américains juifs fidèles au Parti démocrate.

Lors du premier concert de sa tournée, elle a décoché des flèches visant Donald Trump, candidat du Parti républicain à l'élection présidentielle de novembre 2016. Elle a participé à de nombreux événements en faveur d'Hillary Clinton, alors candidate du Parti démocrate à l’élection présidentielle américaine.

Fin août, dans « The Tonight Show », elle a chanté en duo avec Jimmy Fallon incarnant Donald Trump. Tous deux ont interprété « Anything You Can Do » où ils "ont critiqué un grand nombre de déclarations de Trump faites pendant la campagne électorale, y compris son intention de construire un mur le long de la frontière mexicaine".

Barbra Streisand a confié à Michael Usher durant "60 minutes", émission de la télévision australienne, qu’elle était « stupéfaite » par la popularité de Trump et espérait que ses partisans allaient « revenir à la raison ». « Il n’a pas de faits [à son compte]. Je ne sais pas, je ne peux pas le croire. Soit je viens dans votre pays, si vous me laissez, ou au Canada ».

Le 9 septembre 2016, lors d'une soirée de gala à Manhattan en faveur de Hillary Clinton, Barbra Streisad a parodié, de manière méchante, la chanson "Send in the Clowns" en évoquant Donald Trump. Extraits :
"Couplet 1
Is he that rich?
Maybe he's poor?
'Til he reveals his returns who can be sure?
Who needs this clown?
Couplet 2
Something's amiss
I don't approve
If he were running the free world, where would we move?|
Name me a town?
Just who is this clown?"
Parmi les invités : les stylistes Isaac Mizrahi, Donna Karan, et Diane von Furstenberg; les acteurs Michael Urie, Laverne Cox, Debra Messing, Mary Louise Parker, Cynthia Nixon, Zachary Quinto, Marisa Tomei, et Jesse Tyler Ferguson, et le mogul hollywoodien Harvey Weinstein.

Cette soirée a ciblé la communauté LGBT, gay, dont Barbra Streisand est "la plus grande icone".

Barbra Streisand présidera le Centre d'arts qui sera édifié sur le site des attentats terroristes islamistes commis le 11 septembre 2001 par al-Qaïda à New York.

"Barbra Streisand, naissance d'une diva 1942-1984"

Le 24 mai 2026 à 20 h, Arte rediffusera Barbra Streisand, naissance d'une diva 1942-1984, documentaire de Nicolas Maupied. "Avec une incroyable pugnacité, Barbra Streisand a raflé tous les succès sans jamais se renier. De son enfance difficile à Brooklyn aux comédies musicales de Broadway, de "Funny girl" à "Yentl", voici le récit d'une irrésistible ascension".

"Orpheline de père, mal aimée par une mère désargentée, Barbra Streisand a grandi dans le Brooklyn juif orthodoxe. À l'école, ses camarades se moquent de sa "laideur". Mais cette petite fille délurée en mal de reconnaissance, qui rêve déjà d'être une star, apprend vite les vertus de l'autodérision. Elle fait preuve d'une détermination étonnante. Dans le film, l'acteur Allan Miller se souvient que, lorsqu'il enseignait le théâtre, elle assistait à tous ses cours et le bombardait de questions. Mais elle est recalée à toutes les auditions. La jeune fille joue alors son va-tout en révélant un talent caché pour le chant. Dès lors, Barbra s'impose dans les cabarets, à la télévision, au hit-parade. Viennent aussi les comédies musicales de Broadway. De là à Hollywood, il n'y a qu'un pas que cette "entertaineuse" née franchit allègrement".

"En restant elle-même, en assumant tout – son nez, sa judéité et sa véhémence dans un show-biz à dominante blonde et anglo-saxonne –, en s'emparant du pouvoir sans complexe dans une industrie masculine, Barbra Streisand, incarnation sexy et pragmatique du girl power, a ouvert la voie aux mégastars actuelles. C'est un des enseignements de ce documentaire, qui met aussi l'accent sur son statut d'icône gay et sur son charisme. Retraçant sa carrière, des joyeux débuts de Funny girl à Yentl, film dédié à son père où elle cumule toutes les casquettes (actrice, réalisatrice, scénariste, productrice), ce documentaire comporte de nombreuses archives inédites. On y découvre une Barbra Streisand clownesque, vive, pleine d'éclat, captant immédiatement l'attention. Le récit glamour d'une vertigineuse ascension".


Michael Jackson
Le 22 mars 2019, Barbra Streisand a déclaré au quotidien britannique The Times à propos de Michael Jackson : « Ses besoins sexuels étaient ce qu’ils étaient, que ce soit à cause de son enfance ou de son ADN ». Et, concernant ses victimes, Barbra Streisand a ajouté : « C’est un mélange de sentiments. Je me sens mal pour eux. Je me sens mal pour lui (Michael Jackson). Je pense que c’est de la faute des parents, qui ont laissé leurs enfants dormir avec lui. Pourquoi Michael Jackson aurait-il eu besoin d’avoir avec lui ces petits enfants habillés comme lui, avec les mêmes chaussures, les mêmes chapeaux, qui dansent comme lui ? »

"Streisand va ensuite jusqu’à relativiser le traumatisme subi par Wade Robson et James Safechuck. « Vous pouvez utiliser le terme d’agression sexuelle. Mais ces enfants, comme ils le disent dans le documentaire, étaient ravis d’être avec lui. Aujourd’hui ils sont tous les deux mariés et ont des enfants, donc ça ne les a pas tués »… Ces derniers mots ont suscité une réaction directe du réalisateur de « Leaving Neverland » Dan Reed. Celui-ci a écrit sur Twitter : « Ça ne les a pas tués. Barbra Streisand, avez-vous vraiment dit ça ? »

A la suite de la vague d'indignation suscitée par ses propos, Barbra Streisand a exprimé le 23 mars 2019 sur Twitter ses regrets : « Je suis profondément désolée pour la peine ou les malentendus que j’ai causés en ne choisissant pas mes mots avec plus de précaution à propos de Michael Jackson et de ses victimes, parce que les mots qui ont été imprimés ne reflètent pas mes vrais sentiments. Je n’avais aucune intention de nier le traumatisme que ces garçons ont expérimenté. Comme tous ceux qui ont survécu à une agression sexuelle, ils en porteront le poids jusqu’à la fin de leurs jours. Je regrette profondément et j’espère que James et Wade savent que je les respecte vraiment et que je les admire d’avoir dit leur vérité. »

Palme d'honneur 
Le 23 mai 2026, le festival de Cannes a rendu hommage par une Palme d'honneur à Barbra Streisand restée aux Etats-Unis pour sa convalescence après une blessure au genou. La comédienne Isabelle Huppert  remis symboliquement cette Palme après avoir dit un discours admiratif, soulignant son féminisme.

Barbra Streisand "a révélé comment elle était tombée amoureuse du cinéma étranger grâce à un cinéma près de son lycée qui projetait des films en noir et blanc de réalisateurs tels que François Truffaut, Ingmar Bergman, Federico Fellini et Akira Kurosawa. « J'étais fascinée par ces images à l'écran », a-t-elle déclaré. « Elles étaient si puissantes qu'elles restent gravées dans ma mémoire. Je rêvais d'être actrice et de vivre dans ces autres univers, plus intéressants. »

"Des années plus tard, devenue actrice, elle confia avoir réalisé qu'elle envisageait toujours le film dans son ensemble, se posant beaucoup de questions et faisant des suggestions. « Je ne m'en rendais pas compte à l'époque, mais je pensais comme une réalisatrice. J'essayais de trouver comment raconter l'histoire. Et j'avais des histoires à raconter. » Parmi ces histoires figurait « Yentl » (1981), son premier film en tant que réalisatrice, pour lequel Streisand est devenue la première femme à remporter le Golden Globe de la meilleure réalisation. Mais c'était un film qu'elle a décrit comme ayant été très difficile à mettre en œuvre. « J’étais une femme, ce qui représentait un obstacle pour beaucoup », a-t-elle déclaré. « Pire encore, j’étais une actrice qui voulait réaliser. Du coup, tous les studios m’ont refusée. Pendant quinze ans, le projet a failli s’effondrer. Mais je devais absolument faire ce film. » Mais elle a déclaré que la « passion » qu’elle avait pour réaliser « Yentl » était partagée par tous les cinéastes présents à Cannes."

« Dans ce monde fou et instable qui semble se fracturer chaque jour davantage, il est rassurant de voir les films captivants de ce festival, réalisés par des artistes de nombreux pays », a-t-elle déclaré. « Le cinéma a ce pouvoir magique de nous unir, d'ouvrir nos cœurs et nos esprits. Je suis si fière de faire partie de cette communauté, alors merci beaucoup et vive le cinéma ! » 

« Sur les conseils de mes médecins, et alors que je poursuis ma convalescence suite à une blessure au genou, je suis malheureusement dans l’impossibilité d’assister au Festival de Cannes cette année », a-t-elle déclaré dimanche dans un communiqué. « Mais je suis profondément honorée de recevoir la Palme d’Or d’honneur et j’avais tellement hâte de célébrer les films remarquables de la 79e édition. »

Elle a ajouté : « J'avais également très hâte de passer du temps avec des collègues que j'admire tant, et bien sûr, de retourner en France, un pays que j'ai toujours adoré. Bien que je regrette de ne pouvoir être présente en personne, je tiens à adresser mes plus chaleureuses félicitations à tous les cinéastes du monde entier dont le talent extraordinaire et la vision créative sont célébrés cette année. Un grand merci au Festival et à tous ceux qui continuent de soutenir et de défendre l'art du cinéma. »

Barbra Streisand "est la troisième lauréate de la Palme d'Or d'honneur cette année, après le légendaire réalisateur du « Seigneur des Anneaux », Peter Jackson, lors de la soirée d'ouverture, et John Travolta, qui a reçu cette distinction à la surprise générale suite à la première de son premier film en tant que réalisateur, « Propeller One-Way Night Coach ». « C'est bien plus qu'un Oscar », a déclaré Travolta, les larmes aux yeux. « Je n'arrive pas à y croire. C'est la dernière chose à laquelle je m'attendais. »


"Hello, Dolly!" de Gene Kelly 

Etats-Unis, 1969, 2 h 18
Production : 20th Century Fox
Scénario : Ernest Lehman, d'après la comédie musicale de Michael Stewart et la pièce de Thornton Wilder
Musique et paroles : Jerry Herman
Chorégraphie : Michael Kidd, assisté de Shelah Hackett
Avec Barbra Streisand, Walter Matthau, Michael Crawford et Louis Armstrong. 
Sur Ciné + Classic le 13 mai 2020 à  22 h 30.
Disponible jusqu'au 29/06/2020

Nos plus belles années (The Way We Were), de Sydney Pollack
Rastar Productions, Columbia Pictures, 1973, 114 min
Image : Harry Stradling Jr.
Montage : John F. Burnett
Musique : Marvin Hamlisch
Producteur/-trice : Ray Stark
Réalisation : Sydney Pollack
Scénario : Arthur Laurents
Avec Patrick O'Neal, Bradford Dillman, Barbra Streisand, Robert Redford, Lois Chiles, Viveca Lindfors
Sur Arte le 16 avril 2017 à 20 h 55

Visuels 
Hubbell (Robert Redford) et Katie (Barbra Streisand)
Katie (Barbra Streisand)
Katie (Barbra Streisand) et Hubbell (Robert Redford)
© Columbia Pictures Industries, Inc./All rights reserved

Barbra Streisand, naissance d'une diva 
1942-1984, de Nicolas Maupied

Roche Productions, Arte France, 2015, 59 min
Sur Arte le 16 avril 2017 à 22 h 50, les 6 juillet à 23 h 10 et 8 juillet 2018 à 9 h 5513 août 2021 à 22 h 25, 24 mai 2026 à 20 h, 05 juin 2026 à 23 h 10
Disponible du 01/07/2021 au 11/10/2021
Sur arte.tv du 20/04/2026 au 10/11/2026
Visuels 
Portrait de Barbra Streisand par le photographe Steve Shapiro
© Steve Shapiro

Du 26 juin au 6 août 2013
Au Museum of Jewish Heritage à New York
Edmond J. Safra Plaza. 36 Battery Place. New York, NY 10280
Tél. :  646.437.4202  

Etats-Unis, 2009, 108 minutes
Diffusions les 31 juillet 2011 à 22 h 35, 4 août 2011 à 2 h 15, 20 mai 2013 à 0 h 30

Photos : © Sony Music Entertainment-Steve Shapiro

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Cet article a été publié pour la première fois le 31 juillet 2011. Il a été republié le :
- 29 octobre 2012 en raison de la sortie de l'album Release Me et de la tournée Back to Brooklyn de Barbra Streisand,
- 14 mai, 17 et 25 juin, 28 juillet et 8 novembre 2013, 24 avril et 20 septembre 2014, 9 février et 30 novembre 2015, 25 mai et 11 septembre 2016, 16 avril 2017, 8 juillet 2018, 3 janvier 2019, 13 mai 2020, 6 août 2021.
Il a été modifié pour la  dernière fois le 24 mai 2026.