Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 12 octobre 2026

Les arts sous la Première République tchécoslovaque

La Première République tchécoslovaque (1918-1938) a été caractérisée par une effervescence artistique - peinture (Edita Hirschová dite Tita (1909–1943), Gertrud Kauders (1883–1942), František Mertl (nom d'artiste : Franta) né en 1930, Emil Orlík (1870–1932), Otte Wallish (1906–1977), etc. ), photographie, collage, etc. - caractérisée par l'influence du surréalisme français et la politisation. Arte diffusera le 14 octobre 2026 à 05 h 25 « Babylone Prague », documentaire-fiction en deux volets de Petr Slavik. « Dans les années 1920 et 1930, Prague devient une capitale culturelle dont l'effervescence artistique n'a rien à envier à Paris, Berlin ou New York. »


Antoine Marès, professeur d’histoire contemporaine, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a ainsi présenté la Première République tchécoslovaque (1918-1938) :
« C’est sous les auspices de Thomas Garrigue Masaryk, président du Conseil national tchécoslovaque fondé à Paris en 1916, que la Première République tchécoslovaque est proclamée le 28 octobre 1918. Nouveau dans sa forme, cet État s’inscrit dans le prolongement de l’ancien royaume de Bohême né comme principauté dès les IXe-Xe siècles. Il est l’aboutissement d’une affirmation nationale progressive depuis le début du XIXe siècle, qui s’est cristallisée en 1848. À défaut d’avoir eu l’autonomie qu’ils réclamaient au sein de l’Empire austro-hongrois fédéralisé en 1867, les Tchèques (et les Slovaques) ont donc pris le parti de l’indépendance étatique, soutenus par l’Entente et tout particulièrement par la France. 
Au coeur de l’Europe bouleversée par quatre années de conflit, la Tchécoslovaquie va se distinguer jusqu’en 1938 comme une démocratie résistante aux tempêtes autoritaires. Composite – avec un tiers de minorités allemande, hongroise, ruthène, polonaise, à la fois creuset et source de tensions –, elle se caractérise par un système parlementaire équilibré et représentatif (le vote est à la proportionnelle) dont la stabilité est assurée par le rôle dominant de quelques partis. 
Sur le plan économique et social, elle est globalement équilibrée, mais sa partie occidentale (la Bohême et partiellement la Moravie) est industrialisée alors que sa partie orientale (Slovaquie et Ukraine subcarpatique) est très rurale. Société avancée, la protection sociale y est relativement développée, ce qui n’empêche pas l’impact considérable de la crise économique mondiale sur une économie largement orientée vers l’exportation. Même si l’extrême droite a touché les autres nationalités, y compris les Slovaques, elle est restée marginale parmi les Tchèques. 
Quant à la politique étrangère du nouvel État, dirigée par Edvard Beneš pendant tout l’entre-deux-guerres, elle s’appuie sur trois piliers : la France, la Petite Entente et la Société des nations. Malheureusement, ils s’effritent dans les années 1930 et Prague se retrouve isolée face aux revendications territoriales de ses voisins allemands, hongrois et polonais à l’automne 1938. Dépecée en octobre et novembre 1938 à la suite des accords de Munich des 29-30 septembre, elle disparaît le 15 mars 1939 avec l’invasion de la Wehrmacht et la séparation tchéco-slovaque. Pendant deux décennies, la Tchécoslovaquie a connu un âge d’or éphémère accompagné d’une éclosion culturelle remarquable. 
Culturellement, ce monde tchécoslovaque profondément occidental est largement lié à la France. Pour comprendre cet enracinement particulier, il faut remonter à la volonté des créateurs tchèques d’accéder à la modernité en contournant le monde germanique. Cette tendance a émergé chez les peintres dès les années 1850 et n’a cessé de se concrétiser dans les décennies suivantes : le séjour plus ou moins durable à Paris comme initiation (plus rarement comme reconnaissance, dans les cas d’Alfons/Alphonse Mucha, de František/François Kupka ou de Josef/Joseph Šíma) est un passage obligé. Les sculpteurs sont formés dans les ateliers de Rodin et de Bourdelle. Les peintres gagnent leur vie comme caricaturistes (L’Assiette au Beurre, Le Rire, Cocorico) ou illustrateurs (les éditions Calmann-Lévy ou Dentu …). Dans l’entre-deux-guerres, le théâtre français est omniprésent sur les scènes tchèques tout comme la littérature française dans les librairies. Tout succès parisien est immédiatement répliqué à Prague. Et au sein des avant-gardes, Apollinaire, Rimbaud, Mallarmé, Sade, Baudelaire, Lautréamont, Céline ou André Breton sont au coeur d’une appropriation impressionnante. Mais la culture tchèque se nourrit à toutes les sources européennes – qu’il s’agisse du sud méditerranéen, des pays germaniques et nordiques, ou de la culture russe et soviétique – pour donner naissance à une culture spécifique qui se distingue par sa diversité et son originalité. Ainsi le cubisme et le surréalisme s’y sont-ils remarquablement acclimatés. » 

La Galerie moderne
Zacharie Nadar a écrit dans Connaissance des arts (18 juillet 2019) : 
En 2019, « la nouvelle installation des collections permanentes de la Galerie nationale de Prague a ouvert tout naturellement sur une section dédiée à l’ancienne « Galerie moderne » fondée en 1902 par l’empereur François-Joseph I de Habsbourg, première institution publique consacrée à la présentation des arts des XIXe et XXe siècles dans les Pays tchèques.
Au début du XXe siècle, la population des Pays tchèques (Bohême-Moravie-Silésie) était constituée de citoyens de plusieurs nationalités, dont une importante minorité de langue allemande. Dès sa fondation, la Galerie moderne fut donc composée de deux sections : l’une réservée aux artistes tchèques, l’autre aux artistes vivant en Bohême-Moravie-Silésie, de langue allemande. Chacune des sections était dotée de son propre comité d’acquisition et bénéficiait d’une certaine autonomie de fonctionnement. Situation tout à fait originale dans le paysage culturel institutionnel de l’époque. Après la création de la Tchécoslovaquie indépendante, en 19181, la structure de la Galerie moderne demeura inchangée, alors même que la Slovaquie et la Russie subcarpatique (Ruthénie), venaient de rejoindre l’État nouvellement créé.
Le grand intérêt de cette nouvelle exposition permanente de la Galerie nationale, au Palais des Foires de Prague (Veletržní palác), est d’illustrer les particularités propres à chacune des deux sections dans leur politique d’acquisition pour la Galerie moderne durant les vingt années fécondes de la Première République tchécoslovaque (1918-1938). Chacune des deux sections opère selon deux approches assez différentes. Alors que les Tchèques allemands soutenaient prioritairement les artistes et créateurs contemporains, les choix de la section tchèque s’avérèrent plutôt conservateurs. Ainsi, on trouve aux cimaises quelques paysages et natures mortes de facture plutôt classique, exécutés par des grands noms de l’histoire de l’art tchèque du XIXe siècle, principalement défendus, présentés et achetés par la section tchèque de la Galerie moderne qui passe à ces débuts à côté de la modernité.
Cette orientation délibérément classique fut critiquée à de nombreuses reprises au cours des années 1920 et 1930, donnant lieu à une importante polémique dans la presse de l’époque. Le mépris affiché par les responsables et conservateurs tchèques de la Galerie moderne pour les artistes modernes et contemporains eut pour conséquence la création d’un organisme indépendant, la Société des amis de la Galerie moderne. Elle engagea l’achat, sur ses fonds propres, d’œuvres de quelques artistes liés à l’avant-garde tchèque, tels Bohumil Kubišta, Otto Gutfreund, Josef Šíma ou Toyen. Ces œuvres furent versées, par la suite, dans les collections de la Galerie moderne et se retrouvent aujourd’hui dans les fonds de la Galerie nationale de Prague2.
En 1926, l´État tchécoslovaque lui-même décida de renforcer l’orientation avant-gardiste et contemporaine des salles d’exposition de la Galerie moderne en présentant l’extraordinaire collection d’art français qu’il avait acquise trois ans auparavant. Cet important dépôt transforma du jour au lendemain la Galerie moderne. Elle devint un des rares musées publics au monde où il était possible de découvrir et d’admirer, dès le milieu des années 1920, les expérimentations de plusieurs des artistes majeurs de l’art moderne tels qu’Auguste Rodin, Claude Monet, Auguste Renoir, Georges Seurat, Paul Gauguin, Paul Cézanne, le douanier Rousseau, Henri Matisse, Georges Braque ou Pablo Picasso. Cet enrichissement devait également inspirer la section allemande qui se tourna, pour sa part, vers Munich, Berlin, Dresde ou Vienne pour enrichir les collections publiques tchèques des œuvres de Max Pechstein, Emil Nolde, Karl Schmidt-Rottluff, Käthe Kollwitz ou encore du norvégien Edvard Munch, artiste qui avait profondément marqué la scène artistique tchèque lors de son exposition personnelle à Prague en 1905. »

Réalisme et surréalisme 
Andrzej Turowski, professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université de Bourgogne, a écrit dans « L’avant-garde est-européenne » :
« Au tout début des années 1930, la nouvelle carte des relations artistiques en Europe se dessina. L'art allemand et l'avant-garde russe sont éclipsés par le réalisme et le surréalisme français. Les contacts directs entre les groupes se raréfièrent. La dégradation de la situation économique, la montée des totalitarismes, la menace de plus en plus lourde de guerre mondiale provoquaient la politisation de tous les programmes artistiques. Dans le cadre de la culture de masse naissante, des changements importants des formes institutionnelles de la vie artistique s'amorçaient. Les groupes qui proposaient des programmes étaient progressivement remplacés par des syndicats, les créateurs participaient de plus en plus souvent à des institutions non artistiques, associations et partis politiques, ou bien à des institutions publicitaires et à des entreprises commerciales au service du marché.
Dans ce contexte, le constructivisme et sa conception du tableau abstrait perdirent de leur popularité. Accusé d'esthétisme extrême, le constructivisme se trouvait confronté à l'engagement social et à « l'art de fait ». L'actualité des problèmes éthiques dans le programme surréaliste et particulièrement l'idée d'une révolution psychique attiraient les jeunes artistes. Ceux-ci acceptaient parallèlement le mot d'ordre du réalisme socialiste, qui prenait sa source dans la propagande de la Russie soviétique. Les liens traditionnels de l'avant-garde avec la gauche, puis son opposition radicale au fascisme dans les années 1930, empêchaient les artistes de remettre en question la politique culturelle russe.
En Tchécoslovaquie, le passage du constructivisme au surréalisme entre les années 1920 et 1930 s'était déroulé sans heurts. Là le surréalisme trouve sa source dans la peinture métaphysique de Jan Zrzavý (1890-1977), il est stimulé par le cercle d'André Breton et reste étroitement lié au communisme. En 1927 apparurent au sein du groupe Devětsil deux tendances qui dépassaient les problèmes propres au constructivisme. L'une et l'autre, la première l'« artificialisme » (Jindrich Štyrský, Toyen), la seconde, plus proche de l'« imaginisme » (František Muzika, Alois Wachsman), tout en utilisant la déformation post-cubiste, mettaient l'accent sur le jeu lyrique entre les formes. Toutes deux traitaient le tableau comme un ensemble de signes autonomes. La parfaite connaissance du surréalisme français en Tchécoslovaquie est acquise au début des années 1930, date des premières publications en langue tchèque, dans les colonnes de la revue Zverokruh (Le Zodiaque, 1930), des textes de Breton, d'Aragon et d'Eluard. À l'initiative de Nezval, un groupe avait été fondé au début de 1934, Skupina surrealistov (Le Groupe des surréalistes : Karel Teige, Štyrský, Toyen, et Josef Šima qui habitait à Paris). Un an plus tard eut lieu à Prague l' exposition internationale des surréalistes, qui renforça les liens des Tchèques avec Breton et avec l'avant-garde française. Deux tendances divisaient alors le surréalisme tchèque. La première, anthropologique, alliait le rationalisme épistémologique et l'irrationalisme de la création. La seconde, politique, ignorait les contradictions entre le programme du réalisme socialiste et l'engagement social du surréalisme. La peinture surréaliste, soulignait Teige, est un chemin qui « mène vers la libération de l'esprit humain à condition qu'il s'identifie avec l'aspiration révolutionnaire de l'histoire, c'est-à-dire avec le communisme ». L'antinomie politique s'aggrave au cours des années 1930, provoquant d'abord des scissions au sein du second groupe, puis, en 1938, sa dissolution. En revanche, l'attitude profondément enracinée dans la tradition tchèque qui réconciliait rationalisme et irrationalisme. »

« Linie »
En 2004, l’exposiiton « Avant-Garde à travers les Médias » à la Maison Municipale de Prague a mis à l’honneur l’avant-garde artistique de l’entre-deux-guerres durant la Première république tchèque. L'exposition s'intéressait à l'association d'artistes « Linie » (« La Ligne »), composant important, bien que presque oublié aujourd'hui, de cette avant-garde tchèque. « Linie » avait un programme et des caractéristiques spécifiques. « Ses membres publiaient leur propre revue et s'intéressaient à toutes sortes de disciplines artistiques, des beaux-arts à la littérature. Le commissaire de l'exposition, Jaroslav Andel, estime qu'il mérite d'être redécouvert. «Les années 1930 ont été marquées par la montée des régimes totalitaires, comme en Allemagne, en Union soviétique, et par la guerre civile espagnole. Contrairement aux années 1920, décennie optimiste, les années 1930 ont été marquées par de fortes contradictions sociales et économiques. De ce fait, les artistes se sont engagés davantage politiquement, mais se sont aussi polarisés. » La vision artistique de la vie moderne au sens large, telle qu'elle existait dans les années 20, fut pervertie par des idéologies conflictuelles. Mais la « Linie » demeura indépendante. « On pourrait établir une bonne comparaison avec, par exemple, le groupe surréaliste tchécoslovaque ou d'ailleurs, car les surréalistes étaient réputés pour leurs positions dogmatiques, ce qui impliquait que ces groupes étaient souvent très sélectifs quant aux personnes pouvant en faire partie – c'était presque comme un parti politique. C'est très différent de la « Linie » qui avait une adhésion assez ouverte, invitait des artistes aux points de vue différents et pratiquait également une variété de styles et d'approches », a expliqué Jaroslav Andel. Figure de proue de ce groupe, Josef Bartuska fut l'un des artistes les plus polyvalents de cette avant-garde : poète, photographe, peintre, graphiste, dessinateur, artiste de collage, chroniqueur, musicien, metteur en scène et même cinéaste. D'autres membres du groupe ont aussi exploré diverses pistes artistiques. Leurs contributions majeures se situent dans les domaines de la photographie d'avant-garde, du collage et de la conception de livres. « L'exposition s'ouvre sur des collages de Josef Bartuska, réalisés à partir de découpages de papier coloré. Ces collages diffèrent considérablement des collages dadaïstes ou surréalistes. Ils se rapprochent davantage des collages plus tardifs d'Henry Matisse, qui, à la fin des années 1940 et au début des années 1950, a créé une série d'œuvres remarquables dans ce genre. Josef Bartuska utilisait d'ailleurs la même technique au début des années 1930 et a produit un grand nombre de ces collages, remarquables par leur inventivité et leur fantaisie », a analysé Jaroslav Andel. La photographie a joué un rôle important au sein du groupe « Linie » : la première exposition du groupe s'intitulait « Nouvelle Photographie ». De nombreux membres de « Linie », dont Josef Bartuska, se sont passionnés pour la photographie. Josef Bartuska avait une vision personnelle de cet art et a forgé le terme « shadowplace » (lieu d'ombres) – désignant des photographies d'ombres portées – qu'il a exploré pendant de nombreuses années. Ces photographies sont étroitement liées à ses poèmes. On observe de nombreux parallèles intéressants entre ses poèmes, les images verbales et les photographies. À l'instar d'autres groupes d'avant-garde, la « Linie » prônait le progrès et la modernité. Ce qui la distinguait des autres mouvements de l'époque était son obsession de la beauté. « J'utiliserai tout ce qui est beau », affirmait Josef Bartuska. 

Biographies
Parmi les artistes tchèques actifs dans l'entre-deux guerres en Tchécoslovaquie, citons ces artistes juifs :

• Edita Hirschová, dite Tita (1909–1943) était une peintre, dessinatrice et illustratrice pragoise autodidacte qui souffrait de déficience auditive. Après des études au gymnase de Prague, elle ouvrit rue Národní třída une boutique "Malířství vlastních originalů příklad" ("Peintures originales à des fins publicitaires") et gagna sa vie comme styliste et illustratrice pour des magazines de mode. Elle créa aussi des bandes dessinées humoristiques pour les magazines germanophones de Prague. 
En 1934, elle partit pour Paris où elle peint la vie de bohème : les habitants de Montparnasse - son atelier se trouve rue Campagne-Première -, des émigrés tchèques, des clients de cafés et de boîtes de nuit. Elle illustre des livres. En 1936, la galerie Billiet à Paris lui consacre une exposition individuelle. En 1937, à Londres, elle illustra notamment des histoires du chien Winkle pour des journaux.
De 1939 à 1942, elle résida à Paris, à l'Espace Eiffel Branly, parmi les surréalistes. Elle fréquenta le mouvement surréaliste, notamment le groupe La Main à plume (1941-1944). 
Elle a été arrêtée lors de la rafle du Vél d'Hiv les 16-17 juillet 1942, amenée au camp de Drancy (banlieue au nord de Paris) puis déportée par le convoi n° 32 à Olomouc le 8 juillet 1942. Elle fut assassinée le 1er février 1943 au camp nazi Auschwitz-Birkenau (Pologne).
 . La police a détruit la plupart de ses tableaux. Certaines oeuvres sont apparues récemment dans des collections privées ou lors de ventes aux enchères.

Edita Hirschová
Deux femmes avec des amaryllis, 1938
huile sur toile
130 x 96 cm (51,18 x 37,8 po)
signé en bas à droite. 
Collection privée.
 © photo Kodl Galleries

• Gertrud Kauders (1883–1942) était une peintre impressionniste née à Prague. Formée à l'Académie des beaux-arts, Gertud Kauders avait étudié auprès du célèbre peintre tchèque Otakar Nejedlý (1883-1957) et réalisé de nombreux portraits impressionnistes et des paysages. 
En 1939, les nazis envahirent les provinces tchèques de Bohême et de Moravie.
Kauders demanda à sa camarade de classe, Natalie Jahudkova, d'origine russe, de cacher 700 de ses tableaux. La maison de Jahudkova étant en travaux, il fut relativement facile de dissimuler les toiles dans les murs. 
En 1942, les nazis déportèrent Kauders de Prague au camp de concentration de Theresienstadt, situé à proximité, puis de là au camp de concentration de Majdanek en Pologne, où elle fut assassinée. 
Ce secret s'est éteint avec Natalie Jahudkova en 1977. 
En 2018, Jakub Sedlacek, dont la grand-mère avait été adoptée officieusement par Jahudkova dans les années 1920, a fait démolir la maison abandonnée. C'est alors que la collection a été découverte quand des toiles sont tombées sur la tête d'un ouvrier. Puis, en 2019, des descendants du neveu de Kauders, Cornelius – qui avait fui en Nouvelle-Zélande en 1939 – ont découvert l'histoire et ont participé à l'établissement de l'inventaire. « un croquis nous a tous deux interpellés. C’était une… magnifique image d’un petit garçon réconforté par une fillette plus âgée, avec la légende : “As-tu eu peur, petit ?” On dirait que le petit garçon a fait un cauchemar. Nous sommes presque certains qu’il s’agissait de Gertrud et de son neveu [Cornelius], le seul survivant de la famille. », a déclaré Amos Chapplepour, chargé de photographier les oeuvres pour le Musée juif de Prague.  
En 2023, après des années de négociations, les proches de cette artistes ont donné au Musée juif de Prague près de 380 peintures et dessins de Gertrud Kauders. La conservatrice en chef du musée, Michaela Sidenberg a déclaré : « Nous connaissions Gertrude Kauders depuis plusieurs années grâce à diverses listes d'associations d'artistes et d'expositions. Cependant, nous ignorions tout de ses œuvres, car aucune collection publique ne possédait d'œuvres de Gertrude Kauders...  Au départ, les ouvriers parlaient d'une trentaine de tableaux qu'ils avaient trouvés, des toiles non tendues. Mais il s'est avéré par la suite qu'il y avait près de 700 œuvres de Gertrude Kauders. Il y a surtout des dessins, car, comme je l'ai dit, c'était pratiquement tout le contenu de son atelier au moment où elle a décidé de le transférer chez son amie. Il y a donc beaucoup d'esquisses, beaucoup d'œuvres inachevées, beaucoup de peintures figuratives. Elle était aussi une excellente portraitiste. Elle a peint de nombreux portraits de ses amis, principalement des amies, ainsi que de membres de sa famille. Il y a aussi des paysages, donc beaucoup d'aquarelles et de dessins à l'encre de Chine réalisés au pinceau sec...  Je pense que la famille a décidé d'en conserver quelques oeuvres en mémoire de Gertrude, car la découverte des tableaux a évidemment été un moment très émouvant. Mais je crois que la plupart des œuvres seront réparties dans des collections publiques. Le reste, à ma connaissance, devrait aller à des institutions américaines, comme le Musée de l’Holocauste à Washington et le Musée juif de New York. Une autre partie ira à Wellington, en Nouvelle-Zélande, où vit la famille, au musée Te Papa. »

• František Mertl (nom d'artiste : Franta), peintre, graveur et sculpteur né en 1930 à Třebíč (Tchécoslovaquie). Il a étudié à l'Académie des beaux-arts de Prague. Il est une figure majeure de la nouvelle figuration. 
Durant la Deuxième Guerre mondiale, le père de Frantisek Mertl combat l'Armée allemande en France, puis dans l'armée anglaise. Sa mère demeure avec ses deux fils ; elle est arrêtée par la Gestapo.
Après la guerre, Frantisek Mertl étudie aux Beaux-arts à Brno, à Prague et à l'Accademia delle Belle Arti à Pérouse (Italie). Il fait la connaissance de Jacqueline, sa future femme. 
En 1958, il se rend en France où il décide de se fixer. Là, il montre ses tableaux, rencontre Marc Chagall et Pablo Picasso, avec l'exposition « Peintures-Lumières » à Vallauris en 1963.
Franta parcourt l'Europe, puis l'Inde, le Japon, le Mexique, les États-Unis et l'Afrique. Franta "découvre un réservoir d'humanité, un autre espace, un autre rythme de vie, une force débordante, émanant de la nature et des hommes. Le Mali, pays dogon, le Kenya, le Burkina Faso, le Niger, le Sénégal et la Gambie (monographie « FRANTA » Éditions Somogy, Paris). L'humanité est au centre de l'œuvre de Franta et de son geste créateur. Il a puisé dans ces « multiples Afriques » la joie des corps, la célébration de la vie, la confirmation de son élan existentiel et sa propre énergie explosive. Curieux et prêt à partager, il revendique sa liberté en refusant de s'inscrire dans les modes."
En 1975, lors du premier retour de Franta dans son pays natal, Jiri Kotalik, alors directeur de la Galerie nationale à Prague lui propose une exposition. 
"Ses rencontres avec Graham Greene (monographie « FRANTA » édition Gallery, Prague 2007) puis Milan Kundera (monographie « Franta » Éditions Somogy, Paris 2006) renforcent son parcours exigeant dans un contexte peu favorable à la peinture figurative. Puis plusieurs séjours et expositions aux États-Unis ouvrent un nouveau regard sur le monde d'aujourd'hui. Son travail est soutenu par Thomas Messer, alors directeur du Musée Guggenheim, William Rubin, directeur du MOMA, Charlotta Kotik du Musée de Brooklyn et la critique Dore Ashton. Il rencontre des artistes new-yorkais, Leon Golub, Louise Bourgeois, Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg... Il se rend au Mexique pour voir le travail et les fresques de ses artistes préférés : Orozco, Siqueiros, Rivera…"
A l'Université Paris-Sorbonne, un mémoire de maîtrise et une thèse de doctorat, sous la direction de Claude Frontisi lui ont été consacrés.
"En 2014, sa ville natale, Třebíč, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, accueille sa donation, permettant la construction d'un centre d'art entièrement consacré à son œuvre.
Franta fait partie d'une génération de peintres qui placent la question de l'image, de la figure au centre de leur démarche - et cela dès ses premières réalisations. Il développe des thèmes qui croisent les interrogations fondamentales sur l'identité, l'existence, l'individu face à lui-même et face au groupe, les rapports entre les sexes, la présence de la mort. Son œuvre est fortement marquée par l'expressionnisme et le néoréalisme".

• Emil Orlík (1870–1932) était un célèbre peintre portraitiste, graveur et photographe né à Prague, influent parmi la scène culturelle tchécoslovaque du début des années 1930. 

En 2004, le musée juif de Prague a proposé l'exposition "Emil Orlik (1870–1932) - Portraits d'amis et de contemporains" dont le commissaire était Arno Pařík.

"Parmi les différents domaines de l'œuvre d'Orlik, le plus important est celui du portrait, qui lui valut une grande renommée de son vivant. Son œuvre comprend des dizaines de gravures sur bois, un grand nombre de peintures et, surtout, des centaines d'estampes et des milliers de dessins et d'esquisses. Ces œuvres sont conservées dans de nombreuses collections publiques et privées et n'avaient alors jamais été publiées. Ses portraits sont indissociables de l'époque et du milieu social dans lesquels ils ont été réalisés : chacun est lié à un détail particulier tiré d'une lettre d'Orlik ou de la vie du modèle."

PRAGUE ET MUNICH (1891–1899)
"Emil Orlik naquit à Prague en 1870 dans l'ancien bureau de timbres de la rue Dlouhá, entre la Vieille Ville et le quartier juif. Ce bâtiment abritait l'atelier de tailleur de son père, Moritz, et se situait à proximité du célèbre salon de son frère Hugo. Les ruelles du ghetto environnantes formèrent le décor de son enfance et de sa jeunesse et inspirèrent les sujets de ses premières estampes.
Ses premiers portraits datent de ses années d'études à l'Académie de Munich, de 1891 à 1893. En 1896, Orlik retourna à Munich et, avec Bernhard Pankok, passa une année à expérimenter différentes techniques d'estampe, notamment la gravure sur bois. Trois portraits à l'eau-forte d'Alfred Döblin, Mathias Lützenkirchen et R.C. Jenny datent de cette année.
Durant son séjour suivant à Prague, il réalisa, entre autres portraits, plusieurs dessins du jeune R.M. Rilke (1896), des caricatures d'amis de l'« Association des artistes allemands de Bohême » (1896-1898), un portrait d'O.E. Hartleben (1897) et une Étude de jeune femme (1898). Un véritable portrait gravé sur bois est celui d'Otto Mentzel (1899), qui révèle sa stylisation Art nouveau la plus marquante à ce jour.
En 1899, Orlik devint membre de la Sécession viennoise et son travail fut publié dans sa revue Ver Sacrum, qui publia également l'essai de Rilke sur son ami « Un artiste de Prague » (1899). Cette première période de la carrière d'Orlik culmina avec sa première grande exposition personnelle, au printemps 1900, au Musée morave des arts décoratifs de Brno (310 œuvres exposées), et fut suivie d'un voyage d'un an au Japon.

PRAGUE ET VIENNE (1900–1904)
Le voyage d'Orlik au Japon suscita un vif intérêt. À son retour, il donna des conférences et écrivit sur son expérience à Ver Sacrum, s'impliqua pleinement dans les activités de la Sécession viennoise, aux côtés d'artistes tels que Gustav Klimt et Josef Hoffmann, et exposa à la galerie Paul Cassirer à Berlin et à la galerie Rudolfinum à Prague. Le portrait commença alors à prédominer dans son œuvre et devint le thème principal de ses expositions.
Orlik vivait encore à Prague à cette époque, mais passait de plus en plus de temps à Vienne, où il s'installa en octobre 1904. C'est à cette période qu'il réalisa ses gravures sur bois de portraits les plus célèbres : le portrait du dramaturge Henrik Ibsen (1902), deux gravures sur bois stylisées Art nouveau de ses amis Josef Hoffmann (1903) et Bernhard Pankok (1903-1904), et sans doute la plus importante de ses gravures sur bois Art nouveau, le portrait du peintre Ferdinand Hodler (1904). Parmi ses autres portraits remarquables figurent ceux de Max von Gomperz (1906) et de l'impressionniste français Camille Pissarro (1906).
Au début du XXe siècle, des techniques comme la gravure et la pointe sèche jouèrent un rôle encore plus important dans l'œuvre d'Orlik. Ses estampes les plus célèbres furent réalisées en un laps de temps très court : Gustav Mahler (1902), Max Klinger (1902-1903), le comte von Kalkreuth (1903), le naturaliste Ernest Haeckel (1901-1904), Friedrich Hodler (1904) et l'écrivain Hermann Bahr (1904).
Ces œuvres sont aujourd'hui considérées comme quelques-uns des portraits estampés Art nouveau les plus réussis de tous les temps. Orlik travaillait généralement avec la gravure ou la pointe sèche, qu'il combinait à la roulette et à l'aquatinte afin d'exploiter toute la palette des effets possibles et de conférer à chaque estampe un caractère unique.

BERLIN (1905–1932)
En 1905, Emil Orlik fut appelé à succéder à Otto Eckmann à l’École des arts graphiques et du livre du Musée des arts décoratifs de Berlin, ce qui lui offrit un terrain fertile pour exprimer sa créativité inlassable. Orlik continua surtout à dessiner, croquant sur le vif ses amis et connaissances du monde de l’art et du théâtre. Lors des réunions de la Sécession berlinoise, il réalisa notamment le portrait de M. Liebermann, L. Corinth, K. Walser, E. Barlach et H. Zilly. Au Café Romanesque, il dessina de nombreux portraits de personnalités telles que M. Slevogt, B. Cassirer, H. Bahr, O. Mueller, R. Grossmann, E.R. Weiss, O. Dix, M. Oppenheimer et A. Flechtheim. Au Café des Westens, haut lieu de l'avant-garde, il réalisa notamment un dessin à la plume et à l'encre du théoricien de l'art Herwarth Walden, et à l'Académie de Berlin, des croquis de Käthe Kollwitz et du décorateur expressionniste Hanz Poelzig. Son carnet de croquis contenait également des portraits du poète Franz Werfel, des dramaturges Arthur Schnitzler et Luigi Pirandello, des écrivains Thomas Mann, Alfred Döblin et Maxime Gorki. En 1917, il fit le portrait d'Albert Einstein, dont il tira plus tard une estampe (1923), et le représenta jouant du violon (1924).
La plupart des portraits d'Orlik furent dessinés au théâtre, un milieu qui lui permettait d'étudier et de saisir la physionomie et les expressions des acteurs. Dès son arrivée à Berlin, il poursuivit son étroite collaboration avec le metteur en scène Max Reinhardt (1873-1943). Orlik travailla à la conception de décors et de costumes pour les productions du « Théâtre allemand » de Reinhardt. Il eut alors l'occasion de croquer sur le vif les dramaturges Gerhardt Hauptmann, Maxmilian Harden, Luigi Pirandello, Frank Wedekind et Oskar Kokoschka, et réalisa fréquemment des croquis des acteurs les plus remarquables de la troupe de Reinhardt : Paul Wegener, Werner Krauss, Max Pallenberg, Emil Jannings, Ernst Deutsch, Alexander Moissi, Tilla Durieux, Lil Dagover et la star danoise du cinéma muet allemand, Asta Nielsen. La plupart des autres albums de portraits et des croquis réalisés dans le cadre de reportages par Orlik sont principalement liés au milieu théâtral.
Son intérêt pour la musique transparaît dans ses portraits d'Anton Bruckner (1915), Richard Strauss (1917), Eugen d'Albert (1916) et Arnold Schönberg (1926). Il portait une grande attention aux chefs d'orchestre, notamment au chef d'orchestre pragois Alexander Zemlinsky (1920) et au chef d'orchestre néerlandais Willem Mengelberg (1925). Orlik s'intéressait également aux portraits de virtuoses de concert, tels que la pianiste Wanda Landowska (1917) et le violoniste Bronislav Hubermann (1919).

BREST-LITOVSK (1918)
Fort de sa réputation d'artiste et de portraitiste accompli, Orlik fut invité par le secrétaire d'État Richard von Kühlmann à la conférence de paix de Brest-Litovsk. Il y réalisa les portraits des représentants des délégations des Puissances centrales – Allemagne, Autriche-Hongrie, Bulgarie et Turquie – ainsi que des officiels ukrainiens et soviétiques. Il exécuta des portraits précis, quoique quelque peu idéalisés, de tous les participants, ainsi qu'une série de lithographies plus petites, proches de la caricature, publiées dans l'album « Brest-Litovsk » (1918) offert aux conférenciers.
Grâce à un don d'Anita et Marcel Bollag du New Jersey, nous pouvons désormais comparer ces deux séries de portraits très différentes et explorer toute la richesse expressive des dessins d'Orlik. L'album de caricatures lithographiques « Brest-Litovsk » illustre parfaitement le style de dessin de plus en plus libre d'Orlik et préfigure ses albums de portraits lithographiques des années 1920.
Le tableau officiel de la conférence de paix ne fut jamais réalisé ; le traité de paix fut annulé six mois plus tard et déclaré invalide par les Alliés après la capitulation de l'Allemagne.
Le Musée juif de Prague a remercié Anita et Marcel Bollag de North Caldwell, dans le New Jersey, pour leur généreux don de 69 dessins d'Emil Orlik. Ces œuvres ont considérablement enrichi la collection de dessins d'Orlik du Musée, comme en témoigne cette exposition.
Doté d'un talent naturel et d'une formation solide, Emil Orlik était un réaliste pour qui la tradition et le savoir-faire primaient sur les théories et les programmes artistiques. Il possédait une mémoire visuelle précise et une capacité à saisir instantanément l'expressivité de ses sujets. Ses dessins les plus marquants sont cependant ceux qui reflètent son tempérament spontané et la joie pure qu'il prenait à créer. Tout au long de sa vie, il a expérimenté, appliquant son approche novatrice à de nombreux domaines des arts visuels. Sa « modernité » réside probablement dans sa capacité à expérimenter et à rechercher inlassablement de nouvelles possibilités d'expression artistique. Nombre de ses tentatives furent contrariées, mais beaucoup d'autres aboutirent à des formes d'expression nouvelles et originales, ce qui explique pourquoi la plupart de ses œuvres conservent encore aujourd'hui leur attrait. C'est pourquoi Orlik est de plus en plus recherché par les collectionneurs et les amateurs d'art."

• Otte Wallish (1906–1977) était un dessinateur graphique juif  né à Znojmo, en Moravie alors dans l'empire austro-hongrois. 
Il étudia à l' Académie des Beaux-Arts de Vienne.
Après avoir effectué son service militaire, il a ouvert une agence de publicité à Prague. Parmi ses clients : le Fonds national juif et l'Appel unifié pour Israël. Ce dessinateur s'intéresse au graphisme et à la mise en page de livres. En 1929, son ouvrage, ABC : Ein Bilderbuch est publié  Cet auteur se maria.
En 1934, il a émigré, par bateau, en Palestine mandataire où il gagne sa vie comme graphiste. Son épouse l'y rejoint l'année suivante. Le couple a eu deux enfants et s'installa à Herzliya, en meublant sa maison de mobiliers de style Bauhaus.
En 1936, il installa un studio de design dans un immeuble de Nahalat Binyamin, à Tel Aviv, classé monument historique national. Ce studio servait également de couverture au SHA'I, service secret de la Haganah.
Il joua un rôle majeur dans l'élaboration de l'identité visuelle du jeune État d'Israël (graphisme, iconographie) : il a notamment conçu la calligraphie et le rouleau de parchemin de la Déclaration d'indépendance composé de trois sections reliées entre elles - en raison de débats liés à la rédaction, indépendants de sa volonté, il n'avait achevé que la partie inférieure du rouleau au moment de la signature et de l'annonce le 14 mai 1948 - ainsi que les premiers timbres-poste du pays (série Doar Ivri). Le rouleau original s'est inspiré du style calligraphique d'un rouleau de la Torah du XVIe siècle. Otte Walisch s'est impliqué dans la présentation de la salle d'exposition où fut proclamée l'indépendance de l'État. Sur ordre de Ben Gourion et sous la direction de Ze'ev Sharef, secrétaire de l'Administration nationale, Walisch fit enlever de la salle toutes les œuvres d'art sans lien avec les Juifs et Israël. Il les remplaça par des tableaux tels que « Juif tenant un rouleau » de Marc Chagall
Otte Wallish s'est intéressé à divers aspects du symbolisme national israélien : conception de pièces de monnaie, de billets de banque, de médailles et de logos pour de grandes entreprises, affiches promouvant le sionisme et l'immigration juive en Israël  (aliyah).
Sa période d'activité va de l'ère pré-étatique (Yichouv) aux premières décennies de l'indépendance.
En 1948, Wallish prit également l'initiative de concevoir les premiers timbres-poste israéliens . Il choisit un motif inspiré de pièces de monnaie antiques, découvertes lors de fouilles archéologiques liées à la Première Guerre judéo-romaine et à la révolte de Bar Kokhba . Il conçut également l' enveloppe premier jour d'émission, destinée à servir les timbres dès le premier jour ouvrable suivant la déclaration d'indépendance, le dimanche 16 mai 1948. Le nom de l'État n'étant pas encore arrêté lors de la conception et de l'impression secrète des timbres, ils portèrent l'inscription « Doar Ivri » (« Courrier hébraïque ») plutôt que « Israël », nom qui figurera sur tous les timbres émis ultérieurement.
Wallish a également réalisé divers dessins originaux, notamment des timbres commémorant le 70e anniversaire de Petah Tikva , la fête de l'indépendance d'Israël (1951, 1952, 1954, 1957 et 1958), l'Année mondiale des réfugiés (1960), le 25e Congrès sioniste (1960) et le centenaire de la presse hébraïque en Israël (avec une page du journal Halbanon en arrière-plan, 1963). Il a également conçu un timbre représentant une menorah (1952) et une série de timbres de défense (1957), avec l'insigne de la Haganah.
En 1950, Wallish créa un timbre pour célébrer l'adhésion d'Israël à l' Union postale universelle (UPU) . Sur un globe terrestre en arrière-plan, le dessin met en avant le symbole de la Poste israélienne : un cerf au galop. Il avait soumis une offre pour la conception du symbole de la Poste israélienne, mais avait été devancé par les frères Shamir, également actifs dans la création de timbres. En 1952, Wallish réutilisa le cerf au galop dans sa nouvelle série de timbres-taxe. En 1957, le logo de l'UPU fut utilisé pour les premiers aérogrammes israéliens. 
Au fil des ans, Wallish a également créé des affiches. Par exemple, l'une d'elles illustre l'immigration juive par bateau, tandis qu'une autre fait la promotion de la compagnie maritime ZIM. Ses affiches ont été présentées lors d'expositions, notamment « Vendre le sionisme » en 1997 au Musée d'Israël.  

« Babylone Prague »
Arte diffusera le 14 octobre 2026 à 05 h 25 « Babylone Prague », documentaire-fiction en deux volets de Petr Slavik. « Dans les années 1920 et 1930, Prague devient une capitale culturelle dont l'effervescence artistique n'a rien à envier à Paris, Berlin ou New York. »

1ère partie : « Les années folles »
« Après la création de la République tchécoslovaque en 1918, la scène théâtrale, musicale et littéraire de Prague est marquée par une lutte culturelle entre patrimoine germanique, traditions juives et nouvel élan slave. »  

2e partie  : « Une tempête se prépare »
« Alors que la crise de 1929 et l'arrivée au pouvoir de Hitler exacerbent les tensions entre Tchécoslovaques et Allemands, certains artistes appellent à l'unité des peuples à travers des œuvres engagées. »


« Babylone Prague » de Petr Slavik
Allemagne, République tchèque, 2026
Coproduction : ARTE/ZDF, ORF, CT, 3B-Produktion
Auteurs : Matthias Schmidt, Vít Polácek
Sur Arte :
1ère partie (43 min) : le 14 octobre 2026 à 05 h 25
2e partie (43 min) : le 14 octobre 2026 à 06 h 10
Sur arte.tv du 08/10/2026 au 05/01/2027


samedi 10 octobre 2026

Les Windsor

D'origine allemande - maison de Hanovre (1714) puis Saxe-Cobourg-Gotha (1901) -, la famille Windsor règne sur le Royaume-Uni depuis le XVIIIe siècle. Arte diffusera le 15 octobre 2026 à 09 h 55 « Edward et George, les Windsor face à Hitler », documentaire de Brian Henry Martin, et sur son site Internet dès le 15 novembre 2024 « Les ancêtres des Windsor », série documentaire de Mimi Templar-Gay. Les éditions du Rocher ont publié « Opération duc de Windsor. Le prince, les nazis et les espions... Les dossiers secrets enfin révélés » d’Antoine Michelland. 


La maison Windsor (House of Windsor) désigne la maison royale du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et des autres royaumes du Commonwealth. Elle a des origines allemandes : maison de Hanovre (1714) puis maison de Saxe-Cobourg-Gotha (1901), branche cadette de la maison de Wettin. Durant la Première Guerre mondiale, les Britanniques sont si anti-allemands que la famille royale est contrainte de changer ses titres et noms de famille allemands pour des titres et des noms à consonance anglaise. Le 17 juillet 1917, le roi George V proclame la « maison Windsor » nouveau nom de la maison et de la famille royales. 

Liens avec le judaïsme
Depuis le roi George Ier, originaire du Hanovre, et sous le règne de la reine Victoria, les princes de la famille royale britannique ont souvent recouru à un circonciseur juif (mohel) pour la circoncision royale. 

A l'initiative de la reine Elizabeth II, le célèbre mohel londonien, le rabbin Jacob Snowman, a pratiqué la circoncision de son fils, le prince Charles, devenu roi Charles III. 

Universitaire, romancier et journaliste juif britannique, Howard Jacobson a écrit dans "British Jews have had good reason to feel safe under the Royal Family" - "Les Juifs britanniques ont eu de bonnes raisons de se sentir en sécurité sous la protection de la famille royale" - (The Jewish Chronicle, 21 septembre 2022) :
"Au fur et à mesure que la cérémonie [de couronnement d'Elisabeth le 2 juin 1953] avançait, il devenait impossible, du moins si l'on se concentrait sur les paroles, de ne pas remarquer l'ascendance juive essentielle de l'Église d'Angleterre – et donc de la Reine.
En entrant dans l'abbaye [de Westminster, à Londres], Élisabeth fut accueillie par le psaume 122, priant pour la paix de Jérusalem et la prospérité de ses palais. Juste avant que l'archevêque ne pose la main sur l'ampoule, il implora Dieu de bénir et de sanctifier son élue Élisabeth, comme il l'avait fait jadis pour les rois, les prêtres et les prophètes afin qu'ils instruisent et gouvernent « ton peuple Israël ». Soudain, elle devint le fondement de ce majestueux édifice. Peu après, accompagné par Haendel, fit son entrée le prêtre Tsadok : « Et comme Salomon fut oint roi par le prêtre Tsadok et le prophète Nathan, sois ointe, bénie et consacrée reine. » Ainsi, avec toute la pompe imaginable, Élisabeth reçut son droit divin de régner, non seulement selon les préceptes de la Bible hébraïque, mais aussi en référence précise à l'interprétation biblique des négociations solennelles, voire controversées, menées avant que Dieu n'autorise un monarque à régner à sa place.
Je ne prétends évidemment pas que le couronnement n'était qu'une bat-mitsva plus pompeuse. Ni que toutes les allusions à l'Ancien Testament m'étaient évidentes à l'époque. Mais le langage pénètre l'esprit, tout comme la cérémonie imprègne l'âme, de manière inexplicable et durable. Zadok et Nathan, pour ne citer qu'un exemple anodin, resteraient à jamais les noms que j'aurais choisis pour une entreprise fictive de tailleurs juifs.
Il est en tout cas que les Juifs anglais accordent une grande confiance à la famille royale et éprouvent un respect qui, à certains égards, se confond avec de l'affection pour la Reine. Lorsque nous portions un toast en son honneur lors d'occasions solennelles, mon père l'appelait « la Reine » en utilisant une expression yiddish...
Jonathan Romain, le rabbin de la synagogue de Maidenhead, raconte comment la princesse Margaret, en visite à la synagogue en 1990, fut surprise d'entendre la prière pour la bonne santé et les sages conseils de la Reine, récitée dans toutes les synagogues le jour du sabbat, comme lors de nombreuses fêtes juives. « C'est charmant », remarqua la princesse Margaret, « on ne le fait pas à l'église. Je le dirai à ma sœur. »
Expliquer pourquoi une synagogue pourrait exprimer un royalisme plus fervent qu'une église exigerait un long détour par l'histoire juive et les leçons tirées par le peuple juif de son long exil. Mais on trouve un indice dans les exhortations du prophète Jérémie lors de la captivité babylonienne, il y a deux mille cinq cents ans : « Recherchez la paix de la ville où je vous ai fait déporter, et priez l'Éternel pour elle ; car c'est dans sa paix que vous trouverez la paix. » Et bien que ce conseil n'ait pas, à toutes les époques et dans tous les pays, joué en faveur des Juifs, ils l'ont généralement suivi, autant par politesse que par prudence. Le chroniqueur du Times, Daniel Finkelstein, rapporte les propos de sa grand-mère : « Pendant que la Reine est en sécurité à Buckingham Palace, nous sommes en sécurité à Hendon Central. » En somme, un Jérémie revisité pour les Londoniens...
Mais les conseils pratiques de Jérémie et le doux optimisme de la grand-mère de Daniel Finkelstein n'expliquent pas à eux seuls l'enthousiasme avec lequel les Juifs considéraient la Reine.
Devant le monde entier, elle s'était engagée à « tenir bon et à conserver désormais le siège et l'état de dignité royale et impériale qui vous sont conférés ce jour-là au nom et par l'autorité de Dieu Tout-Puissant ». Aucune femme, née d'une mortelle, n'aurait pu se lever du trône du couronnement ce jour-là, imprégnée de telles paroles, et reprendre ensuite le cours de sa vie, à moins de considérer toute cette cérémonie comme une vaste imposture théâtrale et son propre rôle comme une véritable supercherie. Et bien qu'il ne soit donné à personne de sonder les secrets du cœur d'autrui, la Reine n'a jamais, pas un seul instant, donné l'impression – ni été décrite comme ayant donné l'impression – de jouer un rôle auquel elle ne croyait pas."

Le prince Charles était un invité régulier d'événements caritatifs juifs et s'est souvent exprimé contre l'antisémitisme. Le roi Charles III a une kippa en velours bleu brodée des armoiries royales. Il la porte quand il assiste à des événements juifs, dont des mariages.  Le 6 mai 2023 - jour de chabbat -, le couronnement du roi Charles III et de son épouse Camilla Parker Bowles comme roi et reine consort du Royaume-Uni et des autres royaumes du Commonwealth s'est déroulé à l'Abbaye de Westminster, à Londres. La cérémonie a débuté par l'onction du roi, symbole de son entrée spirituelle dans la royauté - l'onction rappelle celle des rois bibliques : David, Salomon... Le Grand Rabbin du Commonwealth, Sir Ephraim Mirvis, a été invité à demeurer à Clarence House la veille de cette cérémonie afin de s'y rendre à pied dans le respect du chabbat. Il a été fait Chevalier Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique par le roi Charles III au château de Windsor.

La princesse Alice de Grèce et de Danemark était la mère du prince Philip et la belle-mère de la reine Elizabeth II. Durant la Deuxième Guerre mondiale, elle a caché, dans sa maison, et sauvé la famille juive Cohen à Athènes (Grèce). Elle a été distinguée par le titre de Juste parmi les nations par Yad Vashem à Jérusalem (Israël). Conformément à ses souhaits, elle a été inhumée au mont des Oliviers, à Jérusalem. 

Née en 1980, l'actrice juive britannique Sophie Winkleman a épousé en 2009 Lord Frederick Windsor, fils du prince Michael de Kent, cousin germain de la reine Elizabeth II, et  de la princesse Michael de Kent, née Marie-Christine von Reibnitz. Elle est ainsi devenue Lady Frederick Windsor, membre de la famille royale par alliance. Le couple a deux filles : Maud, née en 2013, et Isabella, née en 2016, figurant, comme leur père, dans l’ordre de succession au trône britannique.

« Les ancêtres des Windsor »
Arte rediffusera sur son site Internet dès le 15 novembre 2024 « Les ancêtres des Windsor », série documentaire de Mimi Templar-Gay.

« Calomnies, conflits et tromperies marquent une époque de l'histoire britannique. Après que L’acte d’Établissement de 1701 a réglé la succession au trône britannique en faveur des protestants, la maison de Hanovre accède de manière inattendue au trône en 1714. Sous l’impulsion de ces ancêtres des Windsor actuels, la Grande-Bretagne devient une superpuissance mondiale. La série révèle les scandales de la vie privée des nouveaux rois. »

« Au début du XVIIIe siècle, des souverains d'origine allemande s’installent légitimement sur le trône britannique. Porté par des historiens passionnés, le portrait d'une dynastie qui a régné sur une période charnière, de 1714 à 1830. »

« En 1714, la mort de la reine Anne, dépourvue d'héritier, chamboule la lignée royale britannique. Tout descendant catholique étant écarté du pouvoir, une nouvelle ère commence dans une Grande-Bretagne scindée en deux camps religieux. »

« Parcourant plus d’un siècle, de 1714 à 1830, cette série documentaire déroule les règnes tumultueux des quatre souverains de la maison de Hanovre en illustrant le récit des chercheurs spécialistes de la période avec des reconstitutions, des animations en papier découpé, ainsi que des tableaux et gravures d’époques, dont de nombreux dessins de presse. »

« Un récit éclairant sur cette période méconnue de l’histoire britannique qui précéda directement la toute-puissance de l’ère victorienne. » 

1ère partie  : « Georges Ier - L’héritier »
« À l’issue de l’acte d’Établissement de 1701, voté par le Parlement anglais pour préserver les acquis de la Glorieuse Révolution, la succession au trône britannique est désormais exclusivement réservée aux descendants protestants du roi Jacques Ier Stuart. »
« George-Louis de Brunswick-Lunebourg, prince héritier du Hanovre, est alors identifié comme le seul prétendant éligible à la couronne et devient roi sous le nom de George Ier en 1714. S’il apporte de la stabilité au royaume d’un point de vue politique, ce roi d’origine germanique, qui ne parle pas la langue de ses sujets, est peu apprécié. »

« Alors qu’il est défié par les partisans de la maison Stuart lors de la première rébellion jacobite en 1715 et essuie les conséquences de la débâcle financière de 1720, George Ier trouve refuge aux côtés de ses maîtresses et dans ses fréquents voyages à Hanovre. »

« La popularité de George II auprès de ses sujets précède son couronnement, qui survient en 1727. Sa réputation de guerrier, gagnée sur les champs de bataille de la guerre de succession d’Espagne (1701-1714), se confirme avec celle de l’Autriche (1740-1748) et la guerre de Sept Ans (1756-1763). »

« Sous son règne, la dynastie de Hanovre se renforce, notamment quand il écrase la seconde rébellion jacobite de 1745, instiguée par l’héritier de la dynastie Stuart. Mais sur le plan personnel, George II est rongé par la rancœur qu’il éprouve pour son père, et qui envenime sa relation avec son propre fils, le prince Frédéric. »

« Quand celui-ci meurt, en 1751, le souverain endeuillé doit réfléchir à sa succession. »

3e partie : « Georges III - Le roi fou »
« Premier des rois de Hanovre à être né et élevé en Grande-Bretagne, George III, petit-fils de George II, se sent profondément patriote. Monté sur le trône en 1761, à seulement 21 ans, le jeune souverain recueille les fruits d’une victoire, celle de la guerre de Sept Ans (1756-1763), mais essuie vingt ans plus tard une cuisante défaite... »

« Après une longue guerre avec son armée, les États-Unis d’Amérique déclarent leur indépendance par le traité de Paris, en 1783. »

« Son règne, le plus long jusque-là de l'histoire britannique (soixante ans, record battu par Victoria, puis Élisabeth II), devient plus malaisé après la Révolution française, qui remet sa légitimité en cause. Néanmoins adoré de ses sujets, George III connaît une fin tragique, sombrant petit à petit dans la folie. » 

« Les dernières années de sa vie sont marquées par des tentatives de cure aussi inutiles que cruelles, jusqu’à sa mort en 1820. »

« George IV se construit en opposition à l’exemple de vertu et de moralité que son père George III incarnait. En réaction à son éducation puritaine, il multiplie les excès, les dettes, les maîtresses et les scandales. »

« Prince régent dès 1811, en raison de la maladie mentale de son père, il sert ses propres intérêts avant ceux de la Couronne et se lance dans des chantiers dispendieux, comme celui qui transforme son palais de Brighton en un joyau d’architecture au style anglo-indien. »

« Si la finesse de ses goûts est honorée par la postérité, au travers des arts qu'il a encouragés durant cette période dite de la régence, George IV, surtout moqué, voire haï par ses contemporains, sera peu regretté à sa mort, survenue en 1830. »

« Opération duc de Windsor »
En 2026, les éditions du Rocher ont publié « Opération duc de Windsor. Le prince, les nazis et les espions... Les dossiers secrets enfin révélés » d’Antoine Michelland. Une enquête passionnante.

Antoine Michelland  « a été pendant plus de trente ans Grand-Reporter, spécialiste des Windsor, au magazine "Point de Vue". Il est considéré comme l'un des grands spécialistes de l'histoire de la famille Windsor - et plus largement de la couronne Britannique. Ses découvertes au coeur des archives britannique récemment déclassifiées, consacrent son long et patient travail, au travers d'une enquête intrigante et exclusive. Grâce à des documents déclassifiés, des recherches et publications récentes, et ses avancées propres, a pu mettre au jour une opération historique digne des plus grands romans d'espionnage. »

« 1935 : peu avant sa mort, le roi George V, arrière-grand-père de l'actuel roi Charles III, découvre que son fils aîné, l'héritier du trône, est sous l'emprise d'une maîtresse inquiétante, Wallis Simpson, croqueuse de fortune et potentiel agent d'influence. Pire, le futur et éphémère Edward VIII prône un rapprochement avec l'Allemagne nazie. »

« Commence alors, à la demande du vieux souverain, une des plus vastes opérations de renseignement qu'ait jamais connu le Royaume-Uni avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. 
Scotland Yard, puis le MI-5, le MI-6, et même le FBI, surveillent sans relâche, en Angleterre, en Europe, aux Bahamas ou aux États-Unis, les moindres faits et gestes d'Edward, devenu duc de Windsor après son abdication forcée. Les ordres sont clairs : entourer d'informateurs le prince indigne, le mettre sur écoute, intercepter son courrier, l'empêcher d'inciter les Américains à ne pas entrer en guerre, contrer les agents nazis qui projettent de l'enlever et d'en faire un roi fantoche… pour mieux pactiser avec Hitler. »

Des archives multiples consultées par l'auteur, émerge le portrait non pas de deux amants heureux, mais d'un couple constitué d'un homme immature, faible, capricieux, soucieux de trouver l'argent pour financer son train de vie royal, pratiquant l'auto-humiliation, le sadomasochisme, sous l'emprise d'une femme arriviste, qui l'humiliait et dont le passé s'avère difficile à retracer. Tous deux bisexuels, antisémites, séduits par des dirigeants nazis, et ayant vécu après 1945 en France une vie d'exil doré, vide, avec des jet-setteurs. Une réalité loin de l'histoire à l'eau de rose véhiculée par la presse.

L'abdication du roi Edward VIII, aux aspirations dictatoriales, a évité une crise politique, diplomatique, institutionnelle, religieuse, à un régime parlementaire démocratique britannique où le monarque doit unifier la nation, l'empire (Commonwealth), et non agir en diviseur irresponsable : préférant la victoire de l'Allemagne nazie - où il se rendit en octobre 1937 - sur la France, cet admirateur du führer Adolf Hitler était prêt à défier l'Eglise anglicane, le gouvernement... 

Frère du roi Edward VIII, Le roi George VI, bègue, a révélé sa dimension durant la Deuxième Guerre mondiale.

« Edward et George, les Windsor face à Hitler »
Arte diffusera le 
15 octobre 2026 à 09 h 55 « Edward et George, les Windsor face à Hitler », documentaire de Brian Henry Martin. 

« La destinée tourmentée de deux frères ennemis, Edward VIII et George VI, tous deux appelés à porter la couronne britannique. Historiens et témoins proches des événements reviennent sur la rivalité qui les opposa, et sur l’empreinte durable qu’elle a laissée sur la famille Windsor. »

« L'un a abandonné la couronne de l'Empire britannique à l'autre. Historiens et témoins de choix racontent l'histoire d'Edward et George, deux frères ennemis dans le tourment de l'histoire. » 

« L'amour ou le trône ? La plus grande crise constitutionnelle de la monarchie britannique au XXe siècle, dite "crise de l'abdication", aura finalement reposé sur une question de caractère… La passation entre Edward et George tombe finalement à point nommé au vu des sympathies nazies du duc de Windsor, qui aurait pu, s'il avait gardé sa couronne, faire pencher l'Empire britannique du côté de Hitler. 
» 

« Historiens et témoins des vies des deux frères racontent une relation singulière dans le tourment de la grande histoire. »

« Une plongée dans les coulisses de la famille royale à conseiller aux fans du Discours d'un roi, succès public et critique en 2010, qui mettait face à face les frères ennemis, interprétés par Colin Firth et Guy Pearce. »

« En décembre 1936, Edward VIII renonce au trône pour épouser Wallis Simpson et laisse la couronne à son frère George. Un an plus tard à peine, il fait de nouveau les gros titres en rendant visite à Hitler. George VI, quant à lui, se retrouve à la tête d’une monarchie en pleine crise, confrontée aux défis d’une guerre imminente. »

« L'aîné était pourtant le plus charismatique des deux. Edward VIII, né David en 1894, a régné moins d'une année sur l'Empire britannique, du 20 janvier au 10 décembre 1936, date à laquelle il a abdiqué en faveur de son frère Albert, dit Bertie, futur George VI. »

« À la mort de leur père, après un règne de vingt-cinq ans, la succession s'est pourtant déroulée sans encombre. Mais le caractère d'Edward pose déjà un problème : irresponsable, le roi néglige ses devoirs et aime la vie légère. Pire encore, il souffre d'un défaut insurmontable pour la "firme", surnom de la famille royale : il est amoureux de Wallis Simpson, une Américaine divorcée… »

« De son côté, Bertie, d'un naturel réservé, souffre d'une affliction qui complexifie toute apparition publique : un très fort bégaiement. Tout le contraire de son frère, charmant et mondain. »

« Même après la guerre, le conflit entre les deux frères et leurs épouses respectives ne s'apaise pas. Edward vit en exil et publie des mémoires controversées qui provoquent un véritable scandale. Peu après, l’état de santé du roi George VI se dégrade de façon inquiétante. »

« À la veille de la Seconde Guerre mondiale, le roi George VI et la reine Elizabeth entrent dans l'histoire en tant que premiers monarques britanniques à se rendre aux États-Unis, où ils captivent les foules et consolident les liens transatlantiques. »

« Pendant ce temps, le duc et la duchesse de Windsor cultivent leur propre popularité dans la haute société new-yorkaise. »

« Tout oppose les deux épouses : Wallis, connue pour son style affirmé, renforce la célébrité des Windsor, tandis que la discrète Elizabeth apporte un soutien indéfectible à George VI. »

« Edward suscite une nouvelle controverse avec la publication de ses mémoires… »


Antoine Michelland, « Opération duc de Windsor. Le prince, les nazis et les espions... Les dossiers secrets enfin révélés  ». Editions du Rocher, 2026. 480 pages. EAN : 9782268113029. 21,90€ TTC

« Les ancêtres des Windsor », série documentaire de Mimi Templar-Gay
Royaume-Uni, 2024
Coproduction : ARTE/ZDF, One Tribe TV
Sur Arte
1ère partie (45 min)
2e partie (45 min) : 
3e partie (45 min) : 
4e partie (46 min) : 
Sur arte.tv du 15/11/2024 au 30/08/2029
Visuels : © One Tribe TV

Royaume-Uni, 2024
Production : Doubleband Films
Sur Arte
1ère partie (48 min) : les 15 octobre 2026 à 09 h 55, 25 octobre 2026 à 11 h 50, 08 novembre 2026 à 15 h 15
2e partie (47 min) : les 15 octobre 2026 à 10 h 40, 25 octobre 2026 à 12 h 40, 8 novembre 2026 à 16 h 05
Sur arte.tv du 08/08/2026 au 14/07/2027
Visuels : © DoubleBand Films