Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 23 septembre 2026

Le Second Empire (1852-1870)

Après avoir mis un terme brutal à la IIe République, l'empereur Napoléon III initie une politique mettant en scène son pouvoir, les réussites industrielles et les œuvres artistiques de la France impériale. 
Le Musée d’Orsay a proposé l’exposition Spectaculaire Second Empire 1852-1870 et Histoire a diffusé Second Empire, le pouvoir en scène (Macht und Pracht. Frankreichs Künste im zweiten Kaiserreich, 2016), documentaire de Laurence JourdanÉric Ciotti, maire de Nice, et Maxime Michelet, député UDR, ont proposé, dans une tribune dans Le Figaro (14 septembre 2026) de rapatrier les cendres de Napoléon III en France pour « ouvrir le chemin de la renaissance mémorielle ».

  
« Régime décrié en son temps et honni après sa chute, le Second Empire fut longtemps marqué du sceau décadent et superficiel de la « fête impériale ». Sur fond de bouleversements sociaux, cette époque de prospérité fut pourtant un temps de fastes et d'euphorie économique, d'ostentation et de célébrations multiples qu'il convient aujourd'hui de réexaminer. Des décors éphémères aux mutations haussmanniennes de Paris, des joyaux impériaux à l'éclectisme des arts décoratifs, de Cabanel à Manet », le catalogue de l’exposition « brosse le portrait d'une époque foisonnante, brillante et riche de contradictions aux sources de notre modernité ».

« C'est également une période de crise morale et esthétique, écartelée entre les cadres culturels anciens et les nouveaux usages, entre l'hypertrophie des décors et la quête du vrai, autant d'oppositions qui déterminent pour une large part la création française des années 1850 et 1860 ».

Le judaïsme consistorial s'affirme : l'Ecole rabbinique est déplacée de Metz à Paris. En 1856, les grands-rabbins acceptent la réduction des piyoutim, la prédication en français et l'orgue dans les synagogues.

Les Israélites migrent vers les grandes villes : Bordeaux, Marseille, Strasbourg, Paris. C'est l'époque de la construction de grandes synagogues : à Lyon et Marseille vers 1864, à Paris (rue de la Victoire dès 1867 et non orientée vers Jérusalem en raison de la volonté de l'impératrice Eugénie). 

Certains Israélites s'assimilent. D'autres se soucient de leurs coreligionnaires en Algérie et dans le bassin méditerranéen. Ainsi, en 1860, après l'affaire Mortara, des bourgeois israélites, dont Adolphe Crémieux, fondent l'Alliance israélite universelle et aident leurs coreligionnaires en Afrique du nord et au Moyen-Orient en ouvrant des écoles dispensant des cours en français.

Le Second Empire permet aux Rothschild et aux frères Péreire, à des familles sépharades originaires de Bordeaux et du Comtat, en particulier de briller dans la finance et de contribuer à l'essor industriel et des chemins de fer. En politique, Adolphe Crémieux et Achille Fould s'activent, et en culture, les compositeurs Offenbach et Waldfeutel ainsi que la tragédienne Rachel poursuivent de belles carrières.

"Spectaculaire Second Empire "
Les « fastes de la « fête impériale » et l’humiliante défaite de 1870 contre la Prusse ont longtemps terni la réputation du Second Empire, suspecté de n’avoir été qu’un temps de divertissements, d’affaires et de vices, tel que le décrit Zola dans ses romans écrits sous la IIIe République. L’époque pourtant fut celle d’une prospérité sans équivalent au XIXe siècle et de bouleversements sociaux inédits. Temps d’abondance, d’euphorie et de célébrations multiples - politiques, économiques, religieuses et artistiques - les années 1850-1860 apparaissent aujourd’hui comme le pivot qui voit naître « la France moderne » (Gambetta) ». 

« Pour célébrer ses 30 ans à l'automne 2016, le musée d'Orsay se penche sur le Second Empire des spectacles et de la fête, et sur les différentes « scènes » où s'est inventée notre modernité, sur cette première société du spectacle et de la consommation dont nous sommes les héritiers ». 

L’exposition Spectaculaire Second Empire 1852-1870 associe peintures, sculptures, photographies, dessins d’architecture, objets d’art et bijoux dans un parcours foisonnant et thématique construit autour de grandes questions esthétiques et sociales qui n’ont rien perdu de leur actualité : l’art au service de la comédie au pouvoir, l’individu et son image, le goût de l’objet et du décor, les divertissements nouveaux de la société, les grands évènements artistiques que sont les Salons et les Expositions universelles. Elle « brosse le portrait de cette époque foisonnante, brillante et riche en contradictions ».

Le Second Empire « est une période de mise en scène de l’autorité où Napoléon III cherche à apparaître comme le digne héritier de son oncle » l’empereur Napoléon Ier, « et l’impératrice Eugénie, en parfaite « première dame », dévouée aux causes charitables. Installés dans des décors hérités de la monarchie (Les Tuileries, le château de Saint-Cloud) ou sur de nouvelles scènes (le nouveau Louvre, le château de Pierrefonds), l’Empereur use des multiples événements dynastiques ou politiques qui ponctuent son règne pour cimenter l’adhésion de la population à un régime fragile. Le baptême du Prince impérial en 1856 - représenté dans l’exposition par l’incroyable berceau offert par la Ville de Paris à Napoléon III (musée Carnavalet) - apparaît comme le premier apogée du règne, après le succès de l’Exposition universelle de 1855 et les victoires de Crimée ». 

« Enrichie et triomphante, fascinée par sa propre image, la bourgeoisie démultiplie à l’infini son reflet par le portait peint, sculpté ou photographié. Face à la demande, les artistes perpétuent les traditions néo-classiques (Ingres, Flandrin), ou innovent, en puisant à de nouvelles sources d’inspiration, le brio de la peinture anglaise pour Winterhalter ou le souffle du baroque français pour Carpeaux ».

« Aux exhibitions narcissiques et aux jeux de travestissements photographiques, comme ceux de la Comtesse de Castiglione ou de l’Impératrice Eugénie, répondent les tentatives réalistes de certains peintres comme Courbet, Manet, Monet ou Degas de dépeindre l’individu « dans son milieu ». La décoration et l’aménagement des intérieurs, écrins de cette société nouvelle, font l’objet d’un soin particulier où sont présentés objets de collections et mobilier flambant neuf. Quelques demeures cristallisent ces enjeux - la Villa Pompéienne du Prince Napoléon, le château d’Abbadia près d’Hendaye, folie néo-gothique, ou le château de Ferrières, luxueux écrin néo-renaissance bâti par la famille Rothschild - et sont évoquées dans l’exposition par une éclectique réunion d’objets et de vues intérieures ».  

Sous le Second Empire, la « vie parisienne bat au rythme des nombreux bals, soirées et salons organisés par la cour la plus brillante du XIXe siècle, et dont plusieurs grandes aquarelles d’Eugène Lami ou d’Henri Baron gardent le souvenir. Paris devient le cœur de cette « fête impériale » plus politique qu’il n’y paraît, et qui soutient l’industrie du luxe. 
Cette société cultive le goût des tableaux vivants, travestissements et bals costumés, où les identités s’effacent, où le monde et le demi-monde intriguent et se mêlent ». 

« S’appuyant sur la vivacité de la vie théâtrale et lyrique parisienne, l’Empereur modernise la réglementation des théâtres, détruit de vieilles salles et lance la construction de nouveaux lieux comme les théâtres de la place du Châtelet, et le nouvel Opéra de Charles Garnier, monument-spectacle par excellence. La ville de Paris, en perpétuel chantier, métamorphosée par la scénographie haussmannienne, se fait décor à ciel ouvert et une certaine nature, artificielle, envahie l’espace urbain. Avec l’avènement du loisir et de la villégiature, de Biarritz à Deauville, naît une Nouvelle peinture, évoquée dans l’exposition par des tableaux de Boudin, Degas, Renoir ou Monet ». 

« Lieu de la reconnaissance officielle ou du scandale, le Salon de peinture et de sculpture est à la fois un champ de bataille esthétique et un grand marché pour le nouveau public bourgeois qui s’y presse en nombre. En 1863 Napoléon III, face aux protestations des artistes rejetés par le jury, crée en parallèle du Salon officiel un « Salon des refusés », acte de libéralisation majeur. L’exposition évoque, par un accrochage sur plusieurs rangs tel que pratiqué au XIXe siècle, le choc entre les deux Salons, celui de la
Naissance de Vénus de Cabanel et du Déjeuner sur l’herbe de Manet ».

L’Empire de Napoléon III « se met également en scène face à l’Europe lors des Expositions universelles en 1855 et 1867 à Paris, où l’Empire brille de ses derniers feux. S’y affirment l’excellence de l’industrie d’art française et l’éclectisme débridé des sources d’inspiration auxquels puisent les créateurs. L’exposition présente par une scénographie spectaculaire, ces joyeuses accumulations des plus beaux objets créés par la manufacture impériale de Sèvres, les ébénistes Fourdinois et Diehl, les orfèvres Christofle et Froment-Meurice ou encore le bronzier Barbedienne ».

L'exposition « est organisée par le musée d’Orsay, avec les participations exceptionnelles de la Bibliothèque nationale de France, du Musée national du palais de Compiègne, du Musée Carnavalet-Histoire de Paris, du Mobilier national et du Victoria and Albert Museum de Londres ».

L’exposition présentait 443 œuvres dont plus de 80 tableaux, près de 100 œuvres graphiques, 20 sculptures, 25 pièces de mobilier, 95 objets d’art, 82 photographies, 34 bijoux et 6 pièces textiles

Le Commissariat général est assuré par Guy Cogeval, Président des musées d’Orsay et de l’Orangerie, le Commissariat :par Yves Badetz, conservateur général au musée d’Orsay Paul Perrin, conservateur au musée d’Orsay et Marie-Paule Vial, conservateur en chef du patrimoine honoraire. La scénographie est signée par Hubert Le Gall.

PARCOURS DE L'EXPOSITION

« Les fastes de la « fête impériale » et l’humiliante défaite de 1870 contre la Prusse ont longtemps terni la réputation de Napoléon III et du Second Empire (1852-1870), méprisé pour n’avoir été qu’un temps de plaisirs, corrompu par l’argent, tel que le pourfend Victor Hugo en exil et comme le racontera plus tard Émile Zola dans sa fresque romanesque des Rougon-Macquart. Les années 1850-1860, portées par une conjoncture économique favorable et la stabilité du régime impérial, furent bien celles d’une prospérité sans équivalent au XIXe siècle, un temps d’abondance et de célébrations multiples – politiques, économiques, religieuses et artistiques. »

« L’Empereur éblouit l’Europe en ressuscitant les fastes de Versailles et cimente l’adhésion du peuple à son régime par de nombreuses fêtes. Triomphante, la bourgeoisie multiplie les signes extérieurs de richesse, et, fascinée par sa propre image, nourrit une véritable industrie du portrait. La vie parisienne bat au rythme des Salons, des grands bals organisés par la Cour et des spectacles offerts par les théâtres. L’Empire français, qui a retrouvé sa place sur la scène internationale grâce à une politique étrangère offensive, jubile lors des Expositions universelles en 1855 et 1867, et avec elles l’industrie française du luxe et l’éclectisme des créateurs. »

« Pour ses 30 ans, le musée d’Orsay propose une approche renouvelée de ce Second Empire riche en innovations et de la « fête impériale », ancêtre de notre société de consommation et du spectacle. »

« La comédie du pouvoir »
« Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), neveu de Napoléon Ier, après une vie d’exils et d’actions d’éclat manquées, se fait élire en décembre 1848 premier président de la République française. »

« Le 2 décembre 1851, date anniversaire d’Austerlitz et du sacre de son oncle, a lieu le coup d’État à partir duquel le « prince-président » fait basculer la république vers l’empire héréditaire. »

« Louis-Napoléon mate la résistance, emprisonne les opposants, muselle la presse, mais rétablit le suffrage universel (masculin). Après un vote massif des Français, l’Empire est restauré le 2 décembre 1852. »

« Régime tirant sa légitimité du vote populaire, le bonapartisme de Napoléon III « consiste à reconstituer la société française bouleversée par cinquante ans de révolutions, à concilier l’ordre et la liberté » (Louis-Napoléon Bonaparte, Les Idées napoléoniennes, 1839). Afin de cimenter l’adhésion de la population autour de sa personne, l’empereur se sert de l’image (peinture, photographie, gravure) pour commémorer et diffuser ces grands moments d’une « geste impériale » moderne et traditionnelle à la fois. »

« La propagande impériale se construit également autour de la jeune impératrice Eugénie (1826-1920). Dès janvier 1853, Napoléon III annonce publiquement son mariage par une déclaration officielle qui rompt avec les usages anciens. Ce mariage romantique participe à la popularité de l’empereur ; l’impératrice, dévouée aux causes charitables, devient rapidement un atout du régime. »

« Fastes dynastiques »
« Le mariage de l’empereur en 1853, puis la naissance du prince impérial en 1856, répondent aux attentes dynastiques. Lors de ces grands moments politiques et religieux, le duc de Cambacérès, grand maître des cérémonies, exhume l’étiquette du Premier Empire pour l’organisation des célébrations fastueuses financées par le budget du ministère de la Maison de l’empereur. Pour le baptême du prince impérial, dont le pape est le parrain, la dépense est somptuaire (150 000 francs). À cette occasion, la berline à huit chevaux du sacre de Charles X est sortie des remises et Notre-Dame de Paris est entièrement décorée par Viollet-le-Duc. »

« Ce baptême vaut un sacre ! » aurait dit l’empereur. Renouant avec l’antique usage qui voulait que la Ville de Paris offre un berceau au futur souverain, et comme elle l’avait fait en 1811 pour le roi de Rome, la municipalité décide dès 1855 d’en confier la composition à son architecte Baltard. Ce berceau, l’un des plus précieux du siècle, est aussi l’un des plus beaux meubles du Second Empire par son inventivité et sa réalisation très aboutie. Les meilleurs artistes du temps y travaillent. »

« La mort du roi Jérôme en 1860 et du duc de Morny – demi-frère de l’empereur – en 1865, donnent lieu à des cérémonies dynastiques et des funérailles grandioses, aux Invalides pour le premier et à l’église de la Madeleine pour le second. »

« Célébrations et décors éphémères »
« Dès avant le rétablissement de l’Empire, Louis-Napoléon Bonaparte affiche sa volonté d’associer les Parisiens et la population aux grandes célébrations qui marquent la mise en place du nouveau régime. L’empereur affirme le faste du pouvoir dans des mises en scènes populaires. Le 15 août, jour de la « Saint-Napoléon », redevient jour de fête nationale comme sous le Premier Empire, et de grandioses décors éphémères, selon la tradition, sont élevés pour l’occasion dans la capitale. Les grandes victoires militaires sont également l’occasion de défilés triomphaux, comme le 14 août 1859, lors du retour des troupes de l’armée d’Italie à Paris, qui voient leur parcours jalonné d’arcs de triomphe, portiques et drapeaux. Cent mille hommes défilent de la place de Bastille à la place Vendôme, où on loue les balcons pour apercevoir le cortège des zouaves blessés mais victorieux. On inaugure également chaque nouvelle gare de chemin de fer, chaque nouvelle percée urbaine avec la même féerie de constructions en bois et toile peinte. »

« Ces importants moments de liesse – véritables plébiscites festifs – renforcent l’adhésion des Français au régime. C’est avec le même faste que l’impératrice inaugure, le 16 novembre 1869, le canal de Suez, grande réalisation de l’Empire hors de ses frontières. »

Les résidences impériales
« Quelques jours après le coup d’État, Louis-Napoléon Bonaparte quitte le palais présidentiel de l’Élysée pour s’installer aux Tuileries, demeure des rois de France. Un de ses premiers chantiers est l’achèvement du Louvre et des Tuileries, destinés à abriter aussi bien la résidence des souverains que le ministère d’État et le musée. »

« Dans les anciens palais (Saint-Cloud, Fontainebleau, Compiègne), les souverains s’accommodent des décors historiques prestigieux. L’impératrice Eugénie veille à y apporter le confort moderne et s’attache à y conserver le souvenir de la reine Marie-Antoinette, qui la fascine. L’impératrice s’entoure de pièces du mobilier royal du XVIIIe siècle qu’elle recherche chez les marchands où dans les réserves du Garde-Meuble impérial. Elle leur assortit de somptueuses créations contemporaines dues aux manufactures (Gobelins, Sèvres, Beauvais) ou aux meilleurs ébénistes (Fourdinois), copies exactes de meubles réputés d’origine royale ou variations plus libres sur les styles Louis XV et Louis XVI. »

« Au milieu du règne, l’impératrice confie à l’architecte Hector Lefuel la construction d’un nouvel appartement, édifié sur les terrasses du palais des Tuileries et aménagé dans ce goût. Cette mode, qui est aussi celle de toute une époque, marque tellement le règne que la notion de style « Louis XVI-Impératrice» passera à la postérité. »

Portraits d’une société
« Le flot des portraits monte chaque année et menace d’envahir le Salon tout entier. »

« L’explication est simple : il n’y a plus guère que les personnes voulant avoir leur portrait qui achètent encore de la peinture », écrit le jeune critique Émile Zola, fustigeant une société narcissique. Au début du Second Empire, peu d’artistes peuvent rivaliser avec les chefs-d’œuvre d’Ingres et de Winterhalter. Au cours des années 1860, la nouvelle génération des peintres réalistes – Manet, Tissot, Degas ou Cézanne – a l’ambition de renouveler le genre et de se faire connaître par des portraits en pied qui élèvent leurs modèles bourgeois au rang de figures historiques, alors que Cabanel donne une image moderne et intime du souverain souvent mal comprise. »

« De leur côté, les photographes Nadar ou Mayer et Pierson puisent dans la tradition picturale pour ennoblir leurs modèles. Les progrès de la technique permettent le développement d’une véritable industrie du portrait photographique (Paris compte trois cent cinquante ateliers professionnels à la fin des années 1860) dont Disdéri, qui brevète en 1854 le procédé du « portrait-carte », est le roi. Peint, sculpté ou photographié, public ou privé, le portrait moderne hésite entre soumission aux conventions sociales et expression libre du tempérament de l’artiste et de son modèle. »

La villa pompéienne et le goût néo-grec
« La société du Second Empire théâtralise son cadre de vie. Les intérieurs, lieux de représentation, se font les écrins des fantasmes du passé ou de l’ailleurs pour une bourgeoisie pétrie de romantisme. »

« Parmi les styles en vogue, le goût de l’Antiquité classique et le style néo-grec connaissent un regain d’intérêt. La villa pompéienne du prince Napoléon-Jérôme, cousin de l’empereur, en est la plus parfaite illustration. »

« Œuvre d’art totale, la villa est édifiée au 18 de l’avenue Montaigne par l’architecte Alfred Normand pour le prince et sa maîtresse, la tragédienne Rachel. L’intérieur synthétise l’approche, jusqu’alors approximative, des modèles grecs et pompéiens. Malgré le décès de Rachel en 1859, la villa est inaugurée lors d’une soirée en février 1860, en présence des souverains et de la princesse Mathilde, cousine de l’empereur. Les acteurs de la Comédie-Française viennent jouer plusieurs pièces d’Émile Augier et d’Alexandre Dumas. »

« Rapidement déserté par le commanditaire, en butte à la réprobation de sa jeune épouse Marie-Clotilde de Savoie, l’édifice est vendu en 1866, dégradé pendant la Commune en 1871 et rasé en 1891. Reflet de l’éclectisme de l’époque, cette folie voisinait avec la maison mauresque de Jules de Lesseps sise au 22 et un palais néogothique de l’architecte Jean-Baptiste Lassus au 20 de la même voie. »

Néogothique et renouveau catholique
« Le Second Empire marque le point d’orgue des recherches autour du style gothique tel qu’il est prôné par Viollet-le-Duc, théoricien et « restaurateur » des grands monuments de la France médiévale, comme le château de Pierrefonds ou les fortifications de Carcassonne. Dans cette même veine, l’architecte préféré du couple impérial dessine pour le Trésor de Notre-Dame de Paris le grand ostensoir et le reliquaire de la Sainte Couronne d’épines. »

« Exécuté par l’orfèvre Poussielgue-Rusand, ce chef-d’œuvre est présenté à l’Exposition universelle de Londres en 1862. Viollet-le-Duc est par ailleurs l’auteur des dessins du dais de procession tissé par la Manufacture de Beauvais pour la cathédrale de Marseille. »

« Si le Second Empire voit le triomphe du positivisme et une forte montée des sentiments anticléricaux, il apparaît aussi comme un temps de regain de la foi catholique. Le budget des cultes augmente, de nouvelles églises sont édifiées et de nouveaux pèlerinages sont institués, comme celui de Lourdes, où la Vierge Marie apparaît dix-huit fois à Bernadette Soubirous en 1858 et qui demeure l’un des plus célèbres. »

L’éclectisme des intérieurs
« Reflet de la diversité de sa société et des fortunes récentes, le Second Empire ose les tentatives stylistiques les plus diverses, oscillant du néo-grec au néogothique, en passant par l’orientalisme et le japonisme. À la fois preuve d’audace et de conservatisme, ce développement des revivals, déjà présent sous la monarchie de Juillet, se poursuit sous l’Empire. Cet encyclopédisme des sources ornementales fait l’objet de publications telles que The Grammar of Ornament (Owen Jones, 1856), qui contribuent à une meilleure connaissance des motifs et à leur large diffusion. »

« Le néogothique trouve son expression profane la plus aboutie dans les restaurations des châteaux de Pierrefonds (Oise) et de Roquetaillade (Gironde) ou encore dans l’édification du château d’Abbadia à Hendaye sur la Côte basque. Bâtie sur une falaise dominant l’Atlantique par un élève de Viollet-le-Duc, Edmond Duthoit, pour une famille de monarchistes anglophiles, la demeure est l’expression d’une synthèse savante et moderne entre les répertoires gothique et islamique, réunis par un même goût pour la polychromie. La Renaissance apparaît également comme un des styles favoris des nouveaux commanditaires, à l’image du luxueux hôtel de la marquise de Païva, magistrale synthèse stylistique illustrée ici par l’une des consoles du grand salon et de précieux velours. Chez les collectionneurs et financiers, le goût pour les objets des XVIIe et XVIIIe siècles reste une constante qui conditionne la construction et la distribution des hôtels particuliers et demeures. Le plus bel exemple est le château de Ferrière, édifié en Seine-et-Marne par l’architecte anglais Paxton pour la famille du grand banquier James de Rothschild. »

Les lumières de la « fête impériale »
« L’image de la « fête impériale » a longtemps nuit à la postérité du Second Empire. »

« L’organisation de réceptions somptueuses relève pourtant d’une volonté politique de prestige. Jeune et cosmopolite, la Cour soutient l’industrie du luxe et contribue à faire de Paris la capitale des divertissements en Europe. Trois à quatre mille invités se pressent régulièrement aux grands bals donnés aux Tuileries pendant l’hiver. À l’occasion des réceptions officielles, comme celle, en 1855, de la reine Victoria, ou celle du roi d’Espagne en août 1864, l’Empire renoue avec les fastes du Versailles de Louis XIV. La visite du roi de Prusse et du tsar de Russie, lors de l’Exposition universelle de 1867, donne lieu à l’une des réceptions les plus fastueuses de l’époque. »

« Pendant le carnaval, l’impératrice qui aime se déguiser, goût qu’elle partage avec la comtesse de Castiglione, organise des bals costumés. Elle y apparaît en dogaresse, en odalisque, en costume du XVIIIe siècle, témoignage de son intérêt pour Marie-Antoinette. À Compiègne, les fameuses séries, organisées trois ou quatre fois par saison, de la fin octobre à la mi-décembre, réunissent écrivains, compositeurs, peintres et hommes politiques. Lors des soirées animées par le comte de Nieuwerkerke au Louvre ou la princesse Pauline de Metternich à l’ambassade d’Autriche, on improvise des tableaux vivants et autres jeux de société. »

« Ainsi se construit l’image d’un régime placé sous le signe de la fête perpétuelle. »

Les théâtres sous l’Empire
« Le nouvel Opéra de Charles Garnier, monument le plus célèbre et le plus spectaculaire du Paris d’Haussmann, demeure l’un des plus emblématiques du style Napoléon III, selon la réponse que l’architecte fit, dit-on, à l’impératrice Eugénie lorsqu’elle lui demanda de quel style il était. Mais il ne doit pas occulter la richesse et la diversité de ce que fut le monde du spectacle sous l’Empire. À l’Opéra triomphent Verdi et Meyerbeer, mais Wagner fait scandale avec son Tannhäuser (1861). Le Théâtre-Lyrique est le lieu du renouveau avec Gounod et Bizet. »

« Pour percer le boulevard du Prince-Eugène, Haussmann détruit le boulevard du Temple et ses salles réservées à des spectacles populaires, entraînant la reconstruction de nombreux théâtres comme ceux de la place du Châtelet, le Vaudeville, le Gymnase ou la Gaîté. Le décret de libéralisation des théâtres de 1864 permet la floraison de nouvelles scènes, ouvertes à un nouveau répertoire, et voit l’émergence de personnalités dont les noms sont pour toujours attachés à la période : Jacques Offenbach, créateur de l’opéra-bouffe, triomphe aux Bouffes-Parisiens puis aux Variétés avec La Belle Hélène (1864), La Vie parisienne (1866) ou La Grande-Duchesse de Gerolstein (1867), autant de succès qu’il partage avec sa chanteuse star, Hortense Schneider. »

« Le théâtre est dominé par les comédies de mœurs de Dumas fils, Victorien Sardou et les vaudevilles de Labiche dont Un chapeau de paille d’Italie (1851) et Le Voyage de Monsieur Perrichon (1860) devaient assurer sa gloire. »

« Les classes populaires se tournent vers les nouveaux cafés-concerts, L’Eldorado (1858) ou le Ba-ta-clan (1864), où l’on vient écouter des chanteurs populaires comme Thérésa, première vedette de l’histoire de la chanson. »

Nouveaux loisirs, nouvelle peinture
« Les années 1850 marquent l’avènement des loisirs modernes. Les nombreux théâtres et cafés-concerts qui voient le jour dans la capitale ne sont pas les seuls divertissements et moyens d’évasion recherchés par les différentes classes sociales. Pour fuir la rue et son agitation il n’est pas nécessaire d’aller loin, et les jardins, qu’ils soient de création récente, comme celui des Buttes-Chaumont, ou historiques, comme celui des Tuileries, s’offrent comme des havres de paix et de loisirs. Adolf von Menzel, alors qu’il réside à Paris en 1867, a su saisir les deux visages de la ville, la rue animée où l’on s’active et les jardins où l’on se retrouve à l’ombre des arbres. Non loin de Paris, sur les bords de la Seine, dans l’île de la Chaussée à Croissy, La Grenouillère, avec son restaurant et sa salle de bal, est un rendez-vous populaire où l’on vient faire du canotage et où les peintres Monet et Renoir trouvent le sujet moderne adéquat à leur nouvelle manière de voir. » 

« C’est aussi le temps de la villégiature et du tourisme balnéaire que l’extension du chemin de fer facilite. La Côte normande et la Côte basque sont les destinations privilégiées de l’aristocratie et des nouvelles fortunes industrielles et financières. Napoléon III fait construire pour l’impératrice une villa à Biarritz et des investisseurs privés bâtissent les stations balnéaires de Cabourg, Deauville ou Arcachon. Comme sur les boulevards, le monde et le demi-monde y paradent. Les peintres « de la vie moderne » se saisissent de ces nouveaux usages, comme Eugène Boudin, qui fait du rivage et des ciels changeants l’un de ses sujets de prédilection, ou Claude Monet, qui passe l’été 1870 à Trouville et y immortalise l’hôtel des Roches noires (célèbre palace ouvert en 1866). »

Le Salon ou la scène de l’art
« Manifestation artistique deux fois centenaire, le Salon domine encore largement le monde des arts à Paris sous le Second Empire. »

« Chaque année ou tous les deux ans, des milliers d’artistes soumettent leurs œuvres à un jury d’académiciens et au regard d’un public toujours plus nombreux, dont les travers font la joie des caricaturistes. Malgré le développement de quelques galeries privées, la gloire, les achats de l’État et les commandes ne s’obtiennent qu’au Salon. Les critiques y déplorent régulièrement la mort de la grande peinture d’histoire et le triomphe des genres mineurs que sont le portrait, le paysage ou la nature morte. En ces temps d’abondance et de crise esthétique, aucune école ne semble dominer. Éclectique et profus, le Salon accueille aussi bien Delacroix et les élèves d’Ingres, que les provocations réalistes de Courbet, les nus de Bouguereau, les fantaisies des peintres de genre et les mirages orientalistes. »

« En mai 1863, devant le nombre considérable d’œuvres refusées (3 000 sur les 6 000 présentées) et la protestation des artistes, l’empereur désavoue l’Académie – bastion de l’opposition monarchiste – et institue un « Salon des refusés », qui laisse le public juge de la qualité des œuvres. Au Salon officiel et du côté de celui des refusés, le bon grain et l’ivraie se côtoient, mais l’histoire de l’art en retiendra l’achat par l’empereur de la Vénus de Cabanel et le scandale du Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet, dont le sujet moderne et la manière franche choquent en ouvrant la voie à nouveau mode de représentation. »

« Dans un accrochage typique de l’époque, cette salle regroupe une sélection d’œuvres du Salon de 1863. »

Les expositions universelles ou le triomphe de l’Empire
« Voulues par l’Empereur et soutenues par les grands industriels français (Émile Pereire ou Eugène Schneider) les Expositions universelles organisées à Paris en 1855 et 1867 témoignent de la prospérité de l’Empire. »

« En réponse à la première édition londonienne de 1851, Napoléon III ordonne dès mars 1852 la construction d’un « Palais de l’Industrie » sur les Champs-Élysées pour y accueillir une exposition française. En 1867, l’Exposition s’étend sur le Champ-de-Mars pour accueillir d’avril à octobre le chiffre record de onze millions de visiteurs, dont une foule de têtes couronnées épatées par les nouveaux aménagements de Paris. »

« Ces foires d’un nouveau genre s’affirment comme le lieu de la rivalité commerciale entre les nations, et comme le symptôme spectaculaire d’une société fascinée par l’abondance de biens permise par la révolution industrielle. « L’Europe s’est déplacée pour voir des marchandises », écrit l’historien et philosophe Taine en 1855. »

« La France et l’Angleterre, qui ont signé en 1860 un traité de libre-échange, mènent alors une véritable « guerre en douceur » pour la supériorité dans le domaine des arts appliqués. Si la capacité industrielle de l’Angleterre est indéniable, l’innovation et la qualité des produits français triomphent et dominent le marché du luxe. Les expositions contribuent également à brasser les particularismes nationaux et à cimenter une conscience culturelle européenne forte qui s’exprime par une lente standardisation des styles. Si la notion de « chef-d’œuvre » reste déterminante pour les créateurs, le succès grandissant des objets manufacturés comme les sièges en bois courbé de la firme Thonet annonce le rôle prépondérant de l’industrie dans l’histoire des arts décoratifs au XXe siècle. »

Accrochage Autour de l’opéra

« Autour de l’Opéra » se propose de présenter des dessins d’architecture, des photographies, des maquettes d’opéra et un film autour de l’œuvre de Charles Garnier. C’est l’occasion à la fois de présenter des œuvres graphiques en complémentarité avec les œuvres de l’exposition « Spectaculaire Second Empire » et de fêter les 30 ans du musée en faisant des emprunts aux institutions prestigieuses et partenaires du musée d’Orsay que sont la Médiathèque du Patrimoine, la Bibliothèque-Musée de l’Opéra, l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts, le musée français de la photographie de Bièvres et Gaumont-Pathé Archives. »

« Des dessins d’architecture montreront les projets de façade de l’Opéra ainsi que de son décor par les grands architectes du XIXe siècle que sont notamment Viollet-le-Duc et Charles Garnier, des photographies stéréoscopiques avec visionneuses permettront de voir en trois dimensions des détails colorisés de l’architecture de l’Opéra, tandis que des maquettes de spectacles d’opéra donnés sous le Second-Empire illustreront l’activité musicale du lieu. Enfin, un film d’Alice Guy Blaché, première réalisatrice de l’histoire du cinéma, daté de 1900, sera montré au milieu des œuvres ; projeté à l’envers pour lui donner un aspect comique, ce film montre l’avenue de l’Opéra et ses passants avec en toile de fond l’Opéra lui-même. »

« Cet accrochage est réalisé conjointement par les conservatrices Isabelle Morin Loutrel et Marie Robert. Accrochage présenté en fond de nef ».

"Second Empire, le pouvoir en scène"
A l’occasion de l’exposition « Spectaculaire Second Empire 1852-1870 », Second Empire, le pouvoir en scène, documentaire foisonnant de Laurence Jourdan, « éclaire d’un jour nouveau la politique menée par Napoléon III (1808-1873) qui n’a cessé de promouvoir l'image de prestige et de puissance de son régime à travers la culture, qu'il a libéralisée ». 

« Étrange paradoxe, marqué du sceau de la « Fête impériale », le Second Empire (1852-1870) peine à se « départir de sa « légende noire », par-delà l’empreinte artistique, culturelle, architecturale, sociale et économique qu’il a laissée. Celle d'un régime autoritaire et humilié par l'accumulation des débâcles militaires, dont la dernière, à Sedan, provoqua sa chute ».

« Jamais pourtant, un pouvoir n’a autant travaillé à la mise en scène de son image".

"Napoléon III n’a de cesse d’asseoir son prestige sur la scène internationale et d’éblouir par ses réalisations". Festivités somptueuses, grands travaux d'embellissement et d'assainissement des villes, mise en scène et libéralisation des Beaux-Arts et des spectacles, organisation d'Expositions Universelles spectaculaires, ont contribué à forger la légende impériale, mais pas à en faire oublier l'envers social du décor ».

Dès sa proclamation, l’empire de Napoléon III « se veut la vitrine d’une France festive et raffinée, innovante et prospère. Le régime n’a de cesse d’asseoir son prestige sur la scène internationale. Les résidences impériales deviennent le théâtre de festivités splendides dont les artistes sont appelés à transposer les scènes. L’art officiel fait alors autorité, au détriment de la création indépendante dont l’Académie récuse la forme picturale comme les sujets ». Cet art officiel doit traiter un sujet biblique, mythologique ou historique. Jean-Léon Gérôme excelle dans la peinture historique. Ingres et Delacroix sont "au faîte de leur gloire". Les "vendredis du Louvre" réunit une élite de centaines de personnalités. Un art indépendant émerge, transgressant les normes officielles.

Le style Napoléon III "ne craint ni le pastiche ni l'ostentatoire". Les festivités se succèdent, mettant en valeur la créativité française, une France "prospère et innovante". Le portraitiste doit "sublimer son commanditaire". Disdéri "a révolutionné le portrait photo".

Avec compassion, Victor Hugo décrit la misère des Parisiens immortalisée par les premiers photographes.  L'industrie dépeuple les campagnes.

L'empereur Napoléon III projette de transformer Paris afin qu'elle rivalise avec les grandes métropoles européennes, comme Londres. Il réunit les palais des Tuileries et du Louvre. Un chantier qui dure cinq ans. Paris passe de 12 à 20 arrondissements. De nouveaux grands magasins comblent les appétits des bourgeois et ouvriers. Une révolution urbanistique et architecturale qui éblouit.

« Confiés au baron Haussmann, de grands travaux de modernisation et d’embellissement révolutionnent la géographie et la vie sociale de la capitale, tandis que l’Empire accueille deux expositions universelles spectaculaires (1855 et 1867) pour forcer l’admiration mondiale par son agriculture, son industrie et ses arts. La France qui brille masque toutefois une grande détresse sociale et la montée des oppositions… » La percée de voies larges vise à éviter d'éventuelles barricades. Expropriations et expulsions se conjuguent pour l'avènement de ce nouveau Paris.

En 1855, Paris est la deuxième capitale à accueillir une Exposition universelle. Des monuments exaltent le fer et le verre. L’ingénierie et l'industrie françaises sont exaltées. Cette exposition se double d'une exposition d'art. Exclu, Courbet organise sa propre exposition.

En 1863, trois mille œuvres sont refusées au Salon. L'Empereur décide de les exposer dans une autre partie du Palais de l'Industrie. Les "peintres indépendants peinent à percer". Paysages et scènes de la vie quotidienne inspirent Monet, Sisley, Manet, Pissarro. Ceux que l'on appellera les Impressionnistes.

Le peuple se presse dans les cafés concerts, L'Alhambra, le Bataclan, dans cette société de spectacles. Des théâtres du Boulevard du Crime sont détruits. Les vaudevilles ou comédies comiques attirent le public qui ovationne Labiche. Situé rue Le Pelletier, l'Opéra vit une soirée ensanglantée par un attentat. L'Empereur décide de construire un Opéra situé près de larges avenues. Il en confie l'édification à l'architecte Garnier, admirateur de Carpeaux. L'impératrice est déçue par le style.

La censure veille, mais le régime impérial se libéralise. Les ouvriers "sont bientôt autorisés à faire gréve".

Le développement des voies ferrées invite à des séjours dans des cités balnéaires, comme Deauville en Normandie ou Biarritz au pays basque, peintes notamment par Corot ou Boudin.

En 1867, l'Exposition universelle se caractérise par une prouesse architecturale sur le champs de Mars. L'opérette empli les salles parisiennes. Offenbach et Hortense Schneider y règnent. Jules Ferry stigmatise ces dépenses impériales.

« Mais c’est une guerre qui sonnera le glas de l’Empire : défait par les Prussiens à Sedan en 1870, l’Empereur est fait prisonnier » et s'exile en Angleterre.

« Aussi foisonnante que paradoxale, l’histoire du Second Empire intrigue. Pour en explorer sa mise en scène si singulière par le pouvoir impérial, Laurence Jourdan s’appuie sur une iconographie d’une diversité et d’une richesse rares, entrecoupée d’extraits de films de fiction et de textes d’écrivains, d’artistes et d’hommes politiques de l’époque ».

Cendres de Napoléon III
L'empereur Napoléon III est mort en exil à Chislehurst le 9 janvier 1873. Ses restes reposent depuis 1888 dans la crypte de l’abbaye Saint-Michel de Farnborough, dans le Hampshire.

Après le Président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella, Éric Ciotti, maire de Nice, et Maxime Michelet, député UDR, ont proposé, dans une tribune dans Le Figaro (14 septembre 2026) de rapatrier les cendres de Napoléon III en France pour « ouvrir le chemin de la renaissance mémorielle ».

CHRONOLOGIE

« 1848 10 décembre : Louis Napoléon Bonaparte élu président de la République pour quatre ans.
1851 1er mai –15 octobre : À Londres, première Exposition universelle.
2 décembre : Coup d’État. Louis Napoléon Bonaparte dissout l’Assemblée et rétablit le suffrage universel.
20-21 décembre : Plébiscite approuvant le coup d’État.
1852 4 janvier : Louis Napoléon Bonaparte président de la République pour dix ans.
17 février : Décret qui soumet la presse au bon vouloir de l’administration.
12 mars : Décret approuvant le plan de réunification du Louvre et des Tuileries.
17 juillet : Inauguration du chemin de fer de Paris à Strasbourg par le prince-président.
2 décembre : Proclamation de l’Empire à Saint-Cloud.
1853 29 janvier : Napoléon III épouse Eugénie de Montijo, comtesse de Teba.
22 juin : Haussmann nommé préfet de la Seine.
Début des travaux de réaménagement du bois de Boulogne. Ouverture de la gare Saint-Lazare.
1854 27 mars : La France et l’Angleterre déclarent la guerre à la Russie pour soutenir la Turquie (guerre de Crimée).
20 septembre : Victoire des troupes franco-anglaises sur les Russes à l’Alma.
1855 28 avril : Attentat raté de Pianori contre Napoléon III. 15 mai : Ouverture de l’Exposition universelle à Paris. 9 juillet : Création des Grands Magasins du Louvre.
18-27 août : Voyage à Paris de la reine Victoria et du prince Albert.
10 septembre : Les troupes franco-anglaises entrent dans Sébastopol évacué par les Russes.
1856 16 mars : Naissance du prince impérial, Napoléon Eugène Louis Jean Joseph.
30 mars : Signature du traité de Paris. Fin de la guerre de Crimée.
14 juin : Baptême du prince impérial à Notre-Dame de Paris.
1857 Mai- juillet : Achèvement de la conquête de la Kabylie.
3 juillet : Création de la Compagnie des chemins de fer reliant Paris à Lyon et à la Méditerranée.
14 août : Le couple impérial inaugure le nouveau Louvre.
1858 14 janvier : Attentat d’Orsini rue Le Peletier.
19 février : Vote de la loi de sûreté générale, promulguée le 27 février.
21-22 juillet : Entrevue de Napoléon III et de Cavour, Premier ministre du Piémont, à Plombières, pour l’intervention de la France en Italie contre l’Autriche.
26 décembre : Fondation par Ferdinand de Lesseps de la Compagnie universelle du canal de Suez.
1859 30 janvier : Mariage du prince Napoléon-Jérôme avec la princesse Clotilde de Savoie, fille du roi du Piémont Victor-Emmanuel II.
3 mai : Déclaration de guerre de la France à l’Autriche, consécutive à l’invasion du territoire piémontais le 27 avril.
10 mai : Napoléon III quitte Paris pour prendre la tête de l’armée d’Italie.
Régence de l’impératrice.
4 juin : Victoire de Magenta.
24 juin : Victoire de Solférino.
11 juillet : Armistice de Villafranca. Fin de la guerre d’Italie.
16 août : Amnistie pour tous les condamnés politiques.
1860 23 janvier : Traité de libre-échange signé entre la France et l’Angleterre.
Avril : Rattachement du comté de Nice et de la Savoie à la France par un vote.
24 juin : Mort de Jérôme Bonaparte, oncle de l’empereur.
Octobre : Prise de Pékin. Sac et incendie du palais d’Été par les troupes franco-anglaises.
1861 2 avril : Transfert du cercueil de Napoléon Ier dans la crypte des Invalides.
31 octobre : Convention entre la France, l’Angleterre et l’Espagne relative à une expédition au Mexique.
1862 Avril Les Anglais et les Espagnols retirent leurs troupes du Mexique. Les Français reprennent les hostilités contre les Mexicains.
1er mai – 1er novembre : Exposition universelle de Londres.
1863 Juin : Début de l’annexion de la Cochinchine.
10 juillet : Napoléon III fait reconnaître comme empereur du Mexique l’archiduc Maximilien.
11 août : Protectorat de la France sur le Cambodge.
1864 4 mai : Création de la Société générale par décret.
25 mai : Loi abolissant le délit de coalition et accordant le droit de grève.
1865 10 mars : Mort du duc de Morny. Funérailles nationales le 13 mars.
5 mai – 8 juin : Voyage de l’empereur en Algérie.
Régence de l’impératrice.
Juillet : Ouverture à Paris de la première succursale de l’Internationale ouvrière.
1866 Septembre : Début de l’évacuation des troupes françaises du Mexique.
1867 19 janvier : Napoléon III annonce les libertés de presse et de réunion.
12 mars : Évacuation du Mexique par le dernier corps français.
1er avril : Ouverture de l’Exposition universelle à Paris.
19 juin : Exécution de l’empereur Maximilien à Querétaro.
24 juillet : Loi autorisant la constitution de sociétés anonymes par actions.
15 août : Dévoilement de la façade du nouvel Opéra de Charles Garnier.
1868 11 mai : Loi sur la presse.
Rétablissement d’une relative liberté.
1869 17 novembre : Inauguration du canal de Suez en présence de l’impératrice Eugénie.
1870 5 janvier : Haussmann est destitué par le cabinet d’Émile Ollivier.
20 avril : Sénatus-consulte proposant une nouvelle Constitution : le principe d’un régime parlementaire n’est pas proclamé, mais sa pratique est acceptée.
8 mai : Plébiscite approuvant la nouvelle Constitution.
19 juillet : Suite à un conflit diplomatique lié au trône d’Espagne, la France déclare la guerre à la Prusse.
6 août : Défaites de Froeschwiller et de Forbach.
1er septembre : L’armée de Mac-Mahon accompagnée de l’empereur est bloquée dans Sedan.
2 septembre : Mac-Mahon capitule, Napoléon III se constitue prisonnier.
4 septembre : Proclamation de la Troisième République à l’hôtel de ville de Paris.
8 septembre : L’impératrice et le prince s’exilent en Angleterre.
13 octobre : Le château de Saint-Cloud est bombardé et incendié pendant le conflit franco-prussien.
1871 23 mai : Les communards mettent feu au palais des Tuileries.
1873 9 janvier : Décès de Napoléon III.
Inhumé le 15 janvier à Chislehurst.
1879 1er juin : Décès du prince impérial Napoléon Eugène à 23 ans en territoire zoulou.

1920 11 juillet : Décès d’Eugénie de Montijo à Madrid. »


Du 27 septembre 2016 au 15 janvier 2017
Niveau 0, Grand espace d'exposition 
1, rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris 
Tél. : +33 (0)1 40 49 48 14
Tous les jours, sauf le lundi, de 9 h 30 à 18 h, le jeudi jusqu’à 21 h 45
Visuels :
Affiche
Jean-Auguste-Dominique Ingres (Montauban, 1780 – Paris, 1867)
Madame Moitessier, 1856 Huile sur toile, 120 x 92,1 cm
Londres, The National Gallery, Bought, 1936, inv. NG 4821
© The National Gallery, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / National Gallery Photographic Department

Salles d'exposition
© Musée d’Orsay - Sophie Boegly

Georges Alphonse Monbro (Paris, 1807-1884) Achille Legost, émailleur (Paris, actif entre 1852 et 1881) 
Bas d'armoire, vers 1855
Ebène, bronze doré, émail, pierres 132 x 86 x 45 cm Paris, musée d'Orsay, OAO 497
© RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Droits réservés

Jean-Léon Gérôme (Vesoul, 1824-Paris, 1904) 
Portrait de la baronne Nathaniel de Rotschild, 1866 Huile sur bois, 49.6 x 35.8 cm
Paris, musée d'Orsay, R.F. 2004.9
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Maison Belloir et Vazelle (active à Paris de 1820 à 1910) 
Projet de chapiteau pour une fête impériale, vers 1869 Crayon et gouache, 40 x 60.5 cm
Paris, musée d'Orsay, RF.MO.ARO.2015.3.1
© Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Max Berthelin (Troyes, 1811-Paris, 1877) 
Le Palais de l'Industrie, vue perspective, 1854 Plume et encre noire, aquarelle, 31 x 67,3 cm Paris, musée d'Orsay
© Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Second Empire, le pouvoir en scène
, de Laurence Jourdan
France, Zadig Productions, 2015, 52 min
Produit par Dominique Gibrail
Sur Arte le 4 décembre à 17 h 25
Sur Histoire, les 21 octobre 2020 à 18 h 15, 26 octobre 2020 à 17 h, 4 novembre 2020 à 16 h 55

Visuels
Fronton Pavillon Denon
Carpeaux © musée d'Orsay RMN
Impératrice Eugénie
Famille Impériale-Disderi
Palais de Compiègne © Zadig Productions 2016
Portrait Napoléon III-Disderi
Salle de bal-Grand Café ©Zadig Productions 2016
Second Empire © Zadig Productions 2016
Théâtre de Compiègne © Zadig Productions 2016

Les citations sont d'Arte, du documentaire et du musée d'Orsay. Cet article a été publié le 4 décembre 2016, puis le 29 octobre 2020.

mardi 22 septembre 2026

Jacky Kooken, sculpteur

Créateur de sculptures figuratives, Jacky Kooken, ancien dompteur, pratique la taille directe (« création sans repentir »), et sur commande la mise aux points, sur le marbre, la pierre et le granit pour des œuvres dans lesquelles ce sculpteur imprime une grande douceur, une poésie et une spiritualité. En 2018, signé par Monique Ayoun et Jacky Kooken, Le Paris de la Passion, "roman largement autobiographique et romancé, a été édité dans la collection Électrons libres de Evidence Editions. Le jeudi 24 septembre 2026 à 19 h, la Galerie Area accueillera la dédicace débat de l'essai "Chants magnétiques des Arts" de Jacky Kooken puis le vernissage de son exposition de sculptures.

Jacky Kooken  est issu d’une famille de saltimbanques Juifs du cirque.

D'origine iranienne, son père Pablo Kooken a été un dompteur adepte du dressage en douceur, et un peintre et sculpteur pratiquant l’Art brut.

Né à Paris, Jacky Kooken  a poursuivi dans cette voie artistique en sculptant la pierre, le marbre et le granit pour faire apparaître des œuvres  empreintes d'une grande douceur. Il s’est perfectionné chez le statuaire François (1980-1981).

La taille directe, qui ne tolère aucun repentir et que Jacky Kooken préfère, « exprime au mieux la sensibilité et la chaleur impulsive de l’artiste. A la recherche d’une autre voie que celle empruntée par Rodin, il se tourne vers la tradition des tailleurs de pierre et sculpteurs de nos églises romanes. Il cherche la sobriété, sculpte et simplifie le corps humain, pour n’en retenir que l’âme, l’essentiel » (Mareyk Goyffon).

Têtes en offrande, figures littéraires (Don Quichotte), divinité romaine (Jason), personnage biblique (Samson), rabbin, anges bienveillants aux yeux clos, femmes muses et lettres hébraïques peuplent l’imaginaire de cet artiste adepte du geste épuré, si patent dans une photo de son père guidant Rhinna la tigresse .

En plus de ses sculptures en matériaux compacts, Jacky Kooken a créé des mobiles légers, suspendus, quasi-transparents, en plastique bleu récupéré. Le thème principale : le cirque, et surtout les trapézistes.

« Passionné et mystique, Kooken frappe la pierre comme on cherche le Graal. Il travaille la matière (pierre, marbre ou granit) avec une euphorie juvénile et sauvage qui lui fait oublier toute fatigue. Aujourd’hui, la plupart de ses confrères utilisent des machines, mais lui refuse cette mécanisation : «  Qui pourra dire le plaisir du coup de massette qui sonne dans le marbre comme un battement de cœur ? », s’émerveille-t-il... Il y a une métaphysique de la joie chez Kooken. Doté d’une force physique exceptionnelle, l’artiste transmet ce trop-plein d’énergie vitale et sa chaleur impulsive à ses œuvres qui rayonnent dés lors d’un magnétisme rare… Kooken exprime avec tendresse et ferveur sa judaïté. Prix Neuman pour une « Menorah étoilée » qu’il dédia à son père et qui fait toujours le bonheur de la collection du Musée d’Art juif de Paris, Jacky aime à sculpter des « Aleph », des « Figures d’Anges » ou des « Chandeliers à Sept branches »… Toutes ses sculptures sont une véritable invitation à la caresse. La pierre pour lui est voluptueuse. Le plaisir d’aimer se transcende dans celui de la création plastique… Il se plait à dire que dans sa vie, les anges déchus ont été vaincus et il croit très fort en son Ange Gardien qu’il porte toujours autour du cou… « L’ange bleu, « Icare », « Voie Lactée », « L’envol », « Elévation »…. Toutes ces somptueuses sculptures nous parlent de sacré autant que d’érotisme. « Le coup de massette, c’est le rythme. Le rythme c’est le souffle, et le souffle c’est l’âme non entravée dans sa capacité de jouir… » Telle est la profession de foi de ce sculpteur-poète », résume Monique Ayoun, journaliste et écrivain.

Jacky Kooken a notamment exposé au Salon des Indépendants (De la bible à nos jours, Grand Palais, 1985), à l’Institut de France (concours international P. L. Weller, 1986) et au Musée d’art Juif (1987), ainsi que dans des galeries – galerie Robain, galerie du Vert Galant - et espaces : cloître des Billettes (Paris, 1999), exposition internationale de sculptures monumentales au Centre culturel de Chantilly (2000-2010). Il a aussi participé au festival international de sculpture Stone in the Galilee  à Ma’alot-Tarshiha (Israël) pour lequel il a créé en 1998 une sculpture de sept tonnes en marbre de Carrare (225 x 166 x 80 cm), à la Biennale internationale de Malte (2001-2003) et est exposé en permanence en particulier au Jardin de sculptures de Tasos (Grèce). Il est conseiller artistique et membre du jury au Centre culturel Christiane Peugeot- Galerie Atelier Z.

Des prix ont jalonné sa carrière : Prix A. Neuman, prix international décerné par le Musée d'art Juif de Paris (1987) - le marbre couronné fait partie de la collection du Musée -, Grand Prix Rubens de l’association Belgo-Hispanica et de la revue artistique Belge Apollo (1987), distinction spéciale à la Biennale internationale d’art à Malte (2001, 2003).

En avril 2014, la Galerie Metanoia  a présenté l’exposition collective Don’t Worry, Be Happy! avec notamment des sculptures figuratives de Jacky Kooken.  Don't Worry, Be Happy (Ne t'inquiète pas, sois heureux) est une des chansons les plus célèbres de Bobby McFerrin. Par cette exposition, la Galerie Métanoïa, qui a « proposé une sélection d'art contemporain dans une perspective pluriculturelle », a entendu favoriser la détente et le bonheur.

"Cette exposition prend le contre pieds des artistes qui projettent dans leurs œuvres leurs angoisses, leurs craintes, leurs traumatismes ou leurs peurs. Des artistes, tout à fait dans l’air de ce temps désespérant... Il est plus aisé de créer dans la noirceur que dans la lumière. "Don’t warry be happy" est une démarche artistique volontairement optimiste. Nous avons pris le parti de l’art positif, lumineux, dégageant de la joie, celle-là même que nous avons eu à créer. Suivre les élans de son ange gardien dans sa création, c’est aussi rester sourd aux incitations démoniaques de son ange déchu. Créer dans l’élévation et la beauté est une mission divine. Il y a plus d’un médium pour y parvenir (peinture, sculpture, musique, etc.) comme il y a plus d’un chemin", expliquait Jacky Kooken.

Au petit matin du 17 juillet 2014, vers 7 heures du matin, un ou plusieurs "vandales ont tiré sans doute avec une corde ou une ceinture attachée au haut de la sculpture Janus, et l’on faite basculer violemment au sol. Comme cette sculpture n’était pas scellée, ils n’ont pas eu de difficulté à la faire tomber au sol de tout son long... Sculpture de 2 m 12 de haut pour un poids de 400 Kilos environ, Janus, dont le cœur est en béton cellulaire, a été armée de grillage et de ciment blanc de Portland. Cette oeuvre avait été sélectionnée et exposée au Printemps de la sculpture à Chantilly en 2001 pour l’exposition internationale de sculptures monumentales organisée par le Centre culturel de la ville. Elle était pressentie pour orner la cour d’une école, mais ce projet n’a hélas pas abouti, le maire ayant préféré avantager un sculpteur local". Elle "était donc posée sur une palette, dans la cour, devant" l'atelier de l'artiste "depuis le retour de cette exposition. Une restauration au ciment s’imposait avec un soclage en béton avec point d’ancrage au sol garantissant une fixation au sol... Janus monte désormais "la garde devant mon atelier, boulonné au sol, en attendant un éventuel acquéreur institutionnel", écrit Jacky Kooken sur son blog.

La Galerie Metanoia a présenté l’exposition Le Ciel et l'Enfer avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken.

"Un thème très baudelairien qui mêle spiritualité et sensualité.  Marbres, granits, pierres, bronze doré à la feuille d'or, vous découvrirez un best of de mes plus belles sculptures. A cette occasion ma Muse Monique Ayoun dédicaça ses ouvrages "Viens", "Histoire de mes seins" avec les illustrations de Wolinski, "Musulmanes et laïques en révolte", a écrit Jacky Kooken qui était présent jusqu'au 27 novembre 2014 de 13 h 30 à 18 h 45 tous les jours de l'exposition.

Le 31 décembre 2014, le prix international ´Monte Dei Fiori' (160 artistes de 27 pays) de la galerie Métanoïa a été décerné à Jacky Kooken pour Ecce Homo. "Passionné et mystique, Kooken frappe la pierre comme on cherche le Graal. Il travaille la matière ( pierre, marbre ou granit) avec une euphorie juvénile et sauvage qui lui fait oublier toute fatigue. Aujourd’hui, la plupart de ses confrères utilisent des machines, mais lui refuse cette mécanisation : « Qui pourra dire le plaisir du coup de massette qui sonne dans le marbre comme un battement de cœur ? », s’émerveille-t-il... Il y a une métaphysique de la joie chez Kooken. Doté d’une force physique exceptionnelle, l’artiste transmet ce trop-plein d’énergie vitale et sa chaleur impulsive à ses œuvres qui rayonnent dés lors d’un magnétisme rare..."

En janvier 2015, la Galerie Metanoia a présenté l’exposition Le Ciel et l'Enfer avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken,


La Galerie Metanoia a présenté l’exposition collective L'âge d'or (13-19 mars 2015) avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken. "Si certains l'imaginent enfoui dans un lointain passé tandis que d'autres le situent dans un avenir plus ou moins proche, l'Âge d'Or n'a jamais cessé de fasciner l'humanité comme le symbole éternel d'une communauté humaine enfin apaisée et heureuse. Les artistes dont le travail figure dans cette exposition feront leur affaire de nous en donner une vision convaincante". Les commissaires de l'exposition sont Jacky Kooken et Mona Ayoun.


La Galerie 89 Viaduc des Arts a présenté une exposition collective, du 1er au 13 juillet 2015, avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken.

La Galerie Metanoia a présenté à l'été 2015 l'exposition collective Solve & Coagula avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken. Elle a montré l'exposition collective Eroticux Panopticum avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken.

La galerie 89 a proposé des sculptures et mobiles de ce sculpteur dans une exposition collective. Vernissage 10 février 2016 dès 17 h.

ARThé, salon de thé, a réuni des sculptures de Jacky Kooken du 1er juin au 30 juin 2016. Les "mobiles de Jacky Kooken ont fait merveille entourés des toiles de son ami peintre Hubert Ulysse Leca".

L'Atelier Gustave a accueilli dans le cadre de MINIMENTA La grande exposition des petits formats (9-30 juin 2016), la galerie itinérante L'oeil de la femme à barbe qui à conçu "Sous le signe du singulier Pluriel !", une exposition de petits formats. Invité par Ghislaine Verdier, directrice de la galerie "L'œil de la femme à barbe ", Jacky Kooken y a montré neuf sculptures en marbre, pierre, granit et bronze.

La galerie Metanoïa présenta l'exposition collective Eroticus Panapticum Love for live (12-19 novembre 2016) avec des œuvres de Jacky Kooken. L'oeuvre ci-jointe appelée Les Ailes du plaisir, spécialement sculptée pour l'exposition dans la pierre de Paris (carrière des Buttes Chaumont), y sera présentée entre autres. Vernissage le 11 novembre 2016 de 18 h à 21 h.

La galerie Metanoïa présenta l'exposition individuelle collective La Force de L'Art - ´ART to Invigorate avec des œuvres de Jacky Kooken. Un événement de la Biennale Off de Venise.

Le 7 février 2017, de 18 h 30 à 20 h 30, à l'Aréa, Jacky Kooken a dédicacé son livre Secrets ésotériques de la sculpture et de l'architecture. Le 16 mars 2018, il était présent au Salon du livre de Paris (16-19 mars 2018) au stand U37 d'Evidence Editions.

"Cet essai a pour ambition de donner quelques notions de géobiologie en relation avec l’architecture et la sculpture : (étude du magnétisme cosmo-tellurique et des émissions dues aux ondes de formes). Il a aussi l’espoir d’expliciter les secrets ésotériques de la sculpture et de l’architecture. L’ésotérisme de la sculpture et de l’architecture évoque l’émotion qui se dégage d’une statue ou d’un bâtiment tels qu’ils se présentent à nos sens. C’est une sensation qui fait appel autant au toucher qu’à l’intuition et au lâcher-prise qui élargit notre conscience en lui restituant les éléments de son arrière-plan invisible c’est à dire ses vibrations et la mémoire des murs. En sculpture, c’est l’aspect vibratoire de la matière, l’énergie emmagasinée par la pierre pendant la taille et enfin les ondes de forme générées par la statue dans l’espace qui constituent son ésotérisme et donc l’aura d’une sculpture".

"Un couple fusionnel qui écrit à quatre mains cela donne un roman où l'Art, l'amour, l'amitié les espoirs comme les déceptions se succèdent dans ce Paris des années 1990-2001 qui était encore la capitale des arts aprés New-York..." En 2018, signé par Monique Ayoun et Jacky Kooken, Le Paris de la Passion, "roman largement autobiographique et romancé, va être édité dans la collection Électrons libres de Evidence Editions. Il y a un peu plus d'un an, il était en lice aux Editions L'age d'homme avant que la branche France ne soit coupée. Il avait suscité ce commentaire qui nous avait beaucoup touchés " un roman trés vivant, au style si limpide et homogène que l'on n'arrive pas à reconnaître auquel des deux auteurs on doit tel passage ou tel autre."

Une lecture/signature du livre a eu lieu le 27 septembre 2018 à La Belle Hortense.

A la galerie Metanoïa, l'exposition collective "Un seul grain de riz" a sélectionné des oeuvres d'art graphique de format réduit, dont deux oeuvres, hors concours, de Jacky Kooken, afin de "faire redécouvrir le monde". 

La 6e édition de ce concours a lieu du 19 décembre au 9 janvier 2019. "Chacun connait l' "Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal" qui associe Adam et Eve, le Serpent et la pomme dans la Bible. Mais l' "Arbre de Vie", qui figure pourtant dans le même livre, est plus mal connu. Selon la Genèse (Gn 3), cet «Arbre de Vie» est gardé par deux chérubins armés d’épées enflammées pour en prévenir l'accès. Autrefois, les arbres jouaient un grand rôle dans la vie des hommes. Protecteurs, pourvoyant à presque tous leurs besoins, ils étaient considérés comme les manifestations de la présence des dieux sur terre, au point qu'à chacun de ceux-ci on avait attribué une essence particulière. D'Yggdrasill, l'Arbre du Monde dans la mythologie nordique au bois de la croix en passant par l'Arbre de la Bodhi qui vit l'Eveil du Bouddha, de nombreuses cultures à travers l'histoire ont sollicité ce symbole universel. Dans la continuité de la tradition, les artistes sont invités à nous présenter leur vision de l'Arbre intérieur..."

En 2019, Jacky Kooken a été commissaire d'exposition pour la France et responsable des arts visuels du Festival d'art sacré de Senlis, avec plus de 700 œuvres et plus de 350 artistes de 24 pays. "Un succès total. Un rêve éveillé avec Juliette Binoche en final et sa lecture au combien émouvante de son livre de chevet : Dialogue avec l'ange".

L’Espace Sorbonne a accueilli l'exposition « Inspiration » du 7 mai au 14 mai 2023 dont le commissaire est Jacky Kooken  : "L'inspiration est la pierre philosophale de l'Art, elle transmute le plomb en or et l'idée en création. Sur ce thème  j’ai réuni à l’Espace Sorbonne4 sept peintres de talent : Valerie Arvalys à la démarche picturale figurative aux multiples influences magnifiées : art nouveau, orientalisme, vitrail. Agathe Demoulin peintre au graphisme poétique, aux couleurs pastels épurées, Claudine Jamel avec ses espaces transfigurés dans une abstraction rêvée, Isa kuentz-Mayer à la figuration sensible et touchante, Hélène Matlis et ses portraits féminins qui enchantent le cœur et l’âme par un trait résolument contemporain, Momo Takahashi, aux influences traditionnelles japonaises revisitées par sa facture contemporaine, Mezz Zapharelli et ses pastels aux graphismes imaginaires vivifiants. Un compagnonnage artistique merveilleux de couleurs qui contrastent avec la densité de mes marbres de Carrare qui ancrent de leur volume cette exposition."

Le jeudi 24 septembre 2026 à 19 h, la Galerie Area accueillera la dédicace-débat de l'essai "Chants magnétiques des Arts" de Jacky Kooken, puis le vernissage de son exposition de sculptures.


Du 24 septembre au 1er novembre 2026
46 bis rue de Paradis 75010 Paris
Tel : +33(0) 9 81 79 74 73
Du mercredi au samedi 14H – 19H
ou sur rendez-vous

Du 7 mai au 14 mai 2023
4 rue de la Sorbonne. 75005 Paris

Le 7 février 2017, de 18 h 30 à 20 h 30
A l'Aréa
10 rue des Tournelles. 75004 Paris

Du 9 au 30 juin 2016
A l'Atelier Gustave
36, rue Boissonade, 75014 Paris
Vernissage le 9 juin 2016 de 18 h à 21 h.

Du 1er juin au 30 juin 2016 
A ARThé
27, rue Campagne Première. 75014 Paris
Du lundi au vendredi de 11 h à 17 h 30. Vernissage le 3 juin 2016 de 18 h à 20 h

Du 1er au 30 juillet 2017. Vernissage à Paris le 2 juillet 2017 de 18 h à 21 h, puis à Venise le 14 juillet 2017.
Du 11 au 19 novembre 2016. Vernissage le 11 novembre 2016 de 18 h à 21 h.
Du 5 au 11 février 2016
Du 28 août au 3 septembre 2015Vernissage le 28 août  2015 à 17 h. 
Du 21 au 27 novembre 2014. Vernissage le 21 novembre 2014 à partir de 18 h.
Du 18 au 24 avril 2014
A la Galerie Metanoia
56, rue Quincampoix. 75004 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 65 23 83
Du lundi au samedi de 13 h 30 à 18 h 45
Concert d'AIYANA, cordes vocales et instrumentales le 23 avril 2014
Vernissage le 18 avril 2014 de 18 h à 21 h. L'artiste a accueilli les visiteurs le lundi de Pâques.

Du 8 au 19 février 2016. Vernissage 10 février 2016 dès 17 h.
Du 1er au 13 juillet 2015. Vernissage le 1er juillet 2015 de 18 h à 21 h
A la galerie 89 Viaduc des Arts
89 avenue Daumesnil. 75012 Paris

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Cet article a été publié le 18 avril 2014. Il a été republié les 30 août et 21 novembre 2014, 16 janvier,  13 mars et 29 juin et 26 août 2015, 4 février, 31 mai et 9 novembre 2016, 28 juin 2017, 7 février  et 27 septembre 2018.