Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 15 octobre 2026

« L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques » de Sabine Reeh

Bâtiments industriels désaffectés, édifices religieux à faible fréquentation, immeubles ayant logé des soldats... Ils constituent un patrimoine historique, architectural et spirituel devant être conservé, réhabilité pour être affecté à divers usages. Arte diffusera les 18 et 25 octobre 2026 à 08 h 40 « L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques », série documentaire de Sabine Reeh. 
 
La fabrique des saintes images. Rome-Paris, 1580-1660
Cranach et son temps 

Bâtiments industriels désaffectés, édifices religieux à faible fréquentation, immeubles ayant logé des militaires... Ils témoignent de  l'histoire d'une ville, d'une région, d'un pays, d'une école architecturale, d'un aménagement urbain, des interactions avec la ville où ils sont installés. Ce patrimoine historique, architectural et spirituel doit être conservé, réhabilité pour être affecté à divers usages. 

Le musée de la Figurine de Compiègne est installé dans l’ancien mess des officiers de l’école d’État-Major, près du château et du théâtre impérial. Il s’étend sur une surface de 1000 m².  Sa collection bénéficie de 150 000 figures. Son exposition permanente passionne petits et grands.

Pour les lieux spirituels - synagogues, églises, etc. -, la nouvelle affectation s'effectue avec une vigilance particulière. 

A Paris, un Climbing District a été aménagé dans une ancienne chapelle du XIXe siècle : il propose "une salle d'escalade, un espace de coworking, un café/bar chaleureux et une bibliothèque en mezzanine".

Judaïsme
La synagogue d’Erfurt, construite au XIe siècle en Thuringe, est devenue un musée en 2009 et a été inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2023. Celle de Prague, terminée en 1270, est toujours en activité.

"Les juifs d'Alsace ont représenté plus de la moitié du judaïsme français au XVIIIe siècle, mais ils ont dû attendre 1791 pour avoir le droit de revenir dans les villes qui leur avaient été interdites au XIVe siècle. D'où la présence de cimetières, de bains rituels et de synagogues dans les campagnes, qui ont survécu à des communautés aujourd'hui quasiment disparues.  cette multitude de communautés juives jadis installées dans les campagnes d'Alsace et de Lorraine, et aujourd'hui en voie d'extinction."

"La majorité des quelque 90 synagogues répertoriées en Alsace sont aujourd'hui désaffectées. "Lorsqu'un bâtiment est très ancien et qu'il n'y a plus de communauté juive, nous sommes obligés de nous en séparer, souvent pour une somme assez modique", explique Jacques Banner, président du consistoire israélite du Haut-Rhin. Ces synagogues sont alors transformées en foyers culturels, en dépôts, voire en salle de sport comme à Mommenheim (Bas-Rhin), ou en habitations privées."

"A une soixantaine de kilomètres de Sarre-Union, Roger Cahn, 84 ans, est l'un des derniers juifs du petit village de Westhoffen, qui en a compté plus de 200 au milieu du XIXe siècle, avant que ne commence l'inexorable exode rural. Bâtie dans les années 1860, elle n'accueille plus d'office depuis 1940, se souvient-il, évoquant sans pathos les années noires pendant lesquelles il a dû fuir les nazis avec sa famille avant de revenir en 1945 sur la terre de ses aïeux. "Quand on me le demande, je récupère les clés de la synagogue à la mairie, qui est devenue propriétaire, et je fais volontiers la visite", explique Roger Cahn en montrant l'intérieur dépouillé de la bâtisse en grès rose, où les voix résonnent dans le vide".

"La présence de la synagogue de Bergheim témoigne de la présence, au fil des siècles, d’une importante communauté juive à Bergheim (présence attestée dans les archives à partir de 1398). Forte de 68 familles en 1784, la communauté juive de Bergheim comptait 513 personnes en 1838 (15% de la population de la ville). Il s’agissait alors de la plus forte communauté juive d’Alsace. - Après avoir été persécutée, dispersée ou anéantie durant la Shoah, la communauté juive de Bergheim ne compte plus aujourd’hui que 2 familles. Le bâtiment actuel de la synagogue, construit entre 1860 et 1863 dans le style néo-roman adoptant un plan médiéval et restauré en 2002, s’élève à l’emplacement de 3 synagogues antérieures (elle est la seule et unique synagogue en Alsace qui se trouve encore sur l'emplacement où elle avait été construite au 14e siècle). La synagogue de Bergheim était, avec celle de Haguenau, la seule synagogue médiévale d'Alsace : à ne pas avoir été détruite lors des grands pogroms de 1349 et à avoir été en fonction jusqu’au 19e siècle. En 1992, la synagogue a été désacralisée (la communauté juive ne comptait alors plus que 2 hommes, alors qu’un minimum de 10 est exigé par l’ordre religieux pour célébrer un office) et après avoir servit de hangar, devint en 2002 un espace culturel proposant expositions, pièces de théâtre et concerts. L’Aron kodesh et les rouleaux de la Torah sont aujourd’hui visibles au Musée Bartholdi à Colmar. La synagogue est accessible uniquement sur demande et/ou à l'occasion des expositions".

"Une synagogue de village datant du XIXe siècle située près de Brumath, a été sauvée de la démolition grâce à ses nouveaux propriétaires qui l'ont transformée en loft. Ce projet met en lumière la préservation des volumes d'origine et des éléments d'époque tout en intégrant des aménagements contemporains sur mesure, offrant ainsi une seconde vie singulière à ce bâtiment historique."

"L’ancienne synagogue de Rouffach, édifiée vers 1290 et transformée en habitation au XVe siècle, est à vendre en 2025. C'est un bâtiment qu’on devine à peine depuis la rue Ullin à Rouffach. L’ancienne synagogue de Rouffach est en retrait de la rue Ullin car enserrée dans un enchevêtrement de cour et de granges. L’ancienne synagogue de Rouffach est « la seule synagogue médiévale conservée en France et l’une des très rares en Europe, avec celle de Prague ou encore celle de Worms, cette dernière ayant été plusieurs fois reconstruite », précisent Jean-Pierre Lambert et Norbert Schwab, président d’honneur et président de la Séjal (Société pour l’étude du judaïsme en Alsace-Lorraine). Les associations de sauvegarde du patrimoine juif en Alsace tentent de mobiliser pouvoirs publics et mécènes pour rendre ce trésor historique méconnu accessible au public. Avec deux autres associations qui œuvrent pour la sauvegarde du patrimoine juif d’Alsace (les Routes du judaïsme rhénanes et la Maison du judaïsme rhénan), ils sonnent l’alerte concernant la mise en vente de l’édifice, proposé au prix de 700 000 € par une agence immobilière spécialisée dans les biens d’exception, Espaces atypiques. La vente fait suite au décès du dernier propriétaire, l’architecte d’intérieur Serge Gayrau. "L’édifice médiéval de Rouffach, près de Colmar, témoigne d’un riche héritage judéo-alsacien. Malgré sa façade discrète, il s’agit assurément d’un « bien atypique », comme l’assure l’agence immobilière chargée en 2025 de la vente de cette maison de 327 m2 sur trois niveaux, avec deux jardins, située au cœur de Rouffach, à 15 kilomètres au sud de Colmar (Haut-Rhin). Pour la coquette somme de 700.000 euros, le futur acquéreur entrera en possession de la seule synagogue médiévale connue conservée en France et une des plus anciennes d’Europe." 

La Fondation du Patrimoine propose aux Internautes : "Aidez à la restructuration de l'ancienne synagogue de Duppigheim dans le Bas-Rhin". 52 donateurs ont versé 11 631 €. L'objectif est 40 000 €. Restent 186 jours. La synagogue est située au 17 Rue des Juifs - 68750 Bergheim. Elle "présente son mur-pignon antérieur sur la rue, avec la porte d'entrée, un mur-gouttereau étant longé par une cour, l'autre donnant sur la rue qui forme un coude à cet endroit. Un vaisseau central est flanqué de deux bas-côtés, séparés par des arcades en plein cintre sous lesquelles sont situées les tribunes. Les élévations extérieures adoptent un style néo-roman dépouillé. Les baies en plein cintre alternent avec des oculus. Le sommet du pignon antérieur est orné des tables de la Loi. L'intérieur de la synagogue a conservé un décor peint soulignant les formes architecturales, mais l'aron a été détruit, le mobilier supprimé et elle doit prochainement être restaurée pour abriter un bâtiment culturel municipal."
"Malgré les déprédations qu'elle a subies durant l'occupation nazie, la synagogue de Bergheim présente un intérêt architectural non négligeable. S'inscrivant dans le courant général de son époque, elle adopte le vocabulaire néo-roman, tant dans le schéma des volumes (nef centrale, bas-côtés) que dans le décor de la façade ouest. A l'intérieur, où l'on retrouve une ordonnance médiévale dans l'organisation d'une travée, c'est la hauteur de l'élévation qui surprend pour un édifice de dimensions relativement réduites et compose, avec ses grandes arcades, un volume harmonieux. Témoin d'une communauté implantée depuis le XIVe siècle, éteinte aujourd'hui."
"L'existence d'une population juive à Bergheim est attestée dès 1300, la synagogue étant confisquée en 1349 après l'extermination des juifs de Bergheim et de Ribeauvillé. Elle fut rachetée en 1551 par un israélite. En 1784, la ville comptait 68 familles et 328 personnes de religion juive. La synagogue existant au XIXe siècle fut détruite dans un incendie en 1840 et reconstruite en 1863, au même emplacement que la première synagogue du XIVe siècle, sur les plans de l'architecte Auguste Hartmann. Endommagée par les allemands durant la seconde guerre mondiale (destruction de l'aron) , elle fut désaffectée en 1990, la population juive de Bergheim ayant totalement disparu. Un projet de réhabilitation est en cours à la mairie de Bergheim (l'extérieur a été restauré en 2000)."

La synagogue Or Thora, située rue Saint-Dominique, entre la Gare de Marseille-Saint-Charles et la Canebière, dans le 1er arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône), a été édifiée en 1962 par des Juifs d'Algérie ("Pieds-noirs"). La situation démographique a évolué dans ce quartier du centre-ville : départs des habitants juifs français du quartier, arrivée d'immigrés musulmans. La synagogue a été achetée en 2016 pour environ 400 000 euros par l'association cultuelle musulmane Al Badr qui l'a transformée en mosquée El-Badr. L’ancienne synagogue est en mesure d’abriter jusqu’à 250 fidèles. A Marseille, "les musulmans sont 250.000 dont 10% pratiquent régulièrement. La transaction s’élève à environ 400.000 euros et sera concrétisée sous peu, à moins que la mairie de Marseille ne décide de s’y opposer. En juin 2015, Dalil Boubakeur, le président du Conseil français du culte musulman, avait proposé d'installer des mosquées dans des églises vides, suscitant un tollé contre sa proposition..." A Marseille, "la communauté disposerait toujours de 58 synagogues à Marseille (23 écoles plus 60 restaurants kachers) contre 32, il y a 25 ans".

« L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques »
Arte diffusera les 18 et 25 octobre 2026 à 08 h 40 « L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques », série documentaire de Sabine Reeh. 

« Le neuf ne doit pas remplacer le vieux : les anciens et les nouveaux bâtiments peuvent coexister, fusionner ou s'inspirer mutuellement. Une ville est un organisme vivant qui évolue constamment, tout comme la société. Construire dans l'existant ne signifie donc pas seulement rénover : c'est avant tout la poursuite créative de la construction qui fait sa qualité. »

« Mettre en valeur les architectures anciennes par des innovations radicales : tel est l’ambitieux pari relevé pour la rénovation ou l’agrandissement de certains bâtiments . Illustrations dans « L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques  », série documentaire en quatre volets de Sabine Reeh.»

1ère partie : « Des musées »
« L’architecture des musées repose très souvent sur un dialogue entre l’ancien et le moderne. »

« Ainsi, de nombreux projets de rénovation et d’agrandissement apportent un contrepoint formel aux structures existantes par le choix des matériaux, des formes ou des teintes. Ce jeu de contrastes est pensé comme un dialogue avec la structure originelle, qui demeure généralement un élément central du bâti. » 

« Dans le 13e arrondissement de Paris, la Fondation Pathé se distingue par une gigantesque coque recouverte de volets en aluminium qui s’intercale entre deux immeubles haussmanniens. »

« Dans la ville allemande de Halle-sur-Saale, lors de la rénovation et de l'extension du château de Moritzburg, toutes les structures d’origine encore existantes ont été sauvées, permettant à un nouveau musée d’être construit à l'intérieur même des vestiges. »

2e partie : « Des bâtiments industriels »
« Depuis la fin de l’ère industrielle, de nombreux entrepôts, usines et centrales électriques ont été laissés à l’abandon. Hormis les coûts élevés que représente leur démantèlement, ils sont aujourd’hui considérés comme des éléments à part entière du patrimoine historique, témoignant d’un âge d’or révolu. »

« Partout dans le monde, des projets de réhabilitation créatifs et audacieux fleurissent pour offrir une deuxième vie à ces vastes espaces. »

« À Paris, la Cité de la mode et du design est installée dans un ancien entrepôt dont la structure d’origine, en béton armé, est recouverte d’une double peau en verre. Le musée d’Art contemporain du Cap, en Afrique du Sud, est quant à lui construit dans un ancien silo à grains qui a conservé son emblématique silhouette alvéolaire. »

3e partie : « Des édifices religieux »
« En Europe, l’ère postindustrielle s’est accompagnée d’une sécularisation de la société. De nombreux lieux de culte ont ainsi été transformés en galeries d’art, résidences de luxe ou centres de bien-être. »

« S’ils sont détournés de leur fonction initiale, la plupart de ces édifices conservent leur architecture singulière et leur ambiance solennelle. »

« En Allemagne, l’ancienne église de la petite ville de Bielefeld abrite aujourd’hui un restaurant atypique, tandis qu’en plein cœur de Bruxelles la chapelle médiévale des Brigittines est devenue un centre culturel réputé. Dans le quartier huppé de Mayfair, à Londres, un temple anglican s’est quant à lui métamorphosé en food market branché. »

4e partie : « Y vivre et travailler »
« Faire du neuf avec de l’ancien : si cette idée gagne du terrain à l’heure où la réhabilitation s’avère souvent plus rentable que la destruction. Illustration avec la mythique centrale électrique Battersea Power Station, popularisée par la pochette de l’album "Animals" du groupe Pink Floyd. »

« Au fin fond de la forêt bavaroise, une ancienne maison en ruine a fait l’objet d’un vaste projet de rénovation aussi minimaliste qu’efficace. À Gand, en Belgique, un ensemble d’anciens logements ouvriers s’est transformé en lieu d’art et de culture, tout en conservant son emblématique enclave circulaire. »

« Mise à l’honneur en 1977 sur la pochette de l’album Animals du groupe Pink Floyd, la mythique centrale électrique Battersea Power Station a été reconvertie en un lieu de vie aux usages mixtes, où cohabitent une galerie marchande et des logements luxueux. »


Allemagne, 2023
Production : Isarfilm
1ère partie (27 min) : © BR/Paul Busse
2e partie (27 min) : © BR/Sabine Reeh
3e partie (27 min) : le 18 octobre 2026 à 08 h 40. © BR / Sabine Reeh
4e partie (27 min) : le 25 octobre 2026 à 08 h 05. © DR
Sur arte.tv du 02/10/2026 au 31/10/2026
Visuel : © BR/Paul Busse


mercredi 14 octobre 2026

De Byzance à Constantinople

Localisée à l'entrée du Bosphore, Byzance était une cité grecque, capitale de la Thrace. En 330, l'empereur Constantin Ier a fondé Constantinople sur son site. La ville est devenue la capitale de l'Empire romain, puis de l'Empire romain d'Orient ou Empire byzantin, isolé dans le monde chrétien. Après un long siège, les troupes ottomanes dirigées par Mehmed II s'emparèrent de Constantinople en 1453. Il en est résulté la fin de l'Empire romain d'Orient apparu au IVe siècle. Arte diffusera le 17 octobre 2026 à 20 h 55 « Byzance, mille ans qui ont changé le monde », documentaire de Jacques Plaisant. 

« Les chrétiens d’Orient - Vitalité, souffrances, avenir » de Jean-Michel Cadiot
« Manuscrits en péril » par Susanne Brahms
« Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? La nouvelle christianophobie » par Alexandre del Valle

« -33 - Crucifixion de Jésus » par Denis van Waerebeke 
« 315, la donation de Constantin » de Denis van Waerebeke 
« 24 septembre 622 : l'an 1 de l'islam » par Denis van Waerebeke 
« 29 mai 1453, la prise de Constantinople » de Denis van Waerebeke
« 1492 : un nouveau monde » par Denis van Waerebeke 
Le Vatican 
Localisée à l'entrée du Bosphore, Byzance était une cité grecque, capitale de la Thrace. 

En 330, l'empereur Constantin Ier a fondé Constantinople, sa nouvelle capitale, sur le site de Byzance. 

En 395, l'Empire romain, difficile à gouverner, est divisé définitivement en deux parties : l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient ou Empire byzantin, isolé dans le monde chrétien. Un empire chrétien, souvent de langue grecque dont Constantinople est la capitale.

L'administration de l'Empire romain d'Occident s'avère progressivement difficile en raison de l'arrivée, par signatures de traités ou par conquêtes territoriales, d'élites barbares. L’Empire d’Orient s'est doté d'institutions politiques spécifiques. 

En 476, le dernier empereur d'Occident abdique. L'empereur byzantin devient alors le seul souverain de l'Empire romain.

L'empire byzantin s'étend sous Justinien Ier, empereur de 527 à 565 et atteint les limites des anciennes frontières impériales, puis sa superficie se réduit.

Dès le VIIe siècle, l'empire byzantin s'adapte à un monde contestant son autorité universelle. Il modernise ses structures et, après la crise iconoclaste, il s'étend et atteint son apogée sous Basile II, régnant de 976 à 1025.

Les guerres civiles et l’apparition de menaces contraignent l'Empire byzantin à se transformer à l'initiative de la dynastie des Comnènes régna de 1081 à 1185, puis "est disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s'emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans ni à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise)".

"Héritier d’une riche culture gréco-romaine, il la fait vivre et contribue à la transmettre à l’Occident au moment de la Renaissance. Il développe sa civilisation,  empreinte de religiosité. Pilier du monde chrétien, il est le défenseur du christianisme orthodoxe qui rayonne dans l’Europe centrale et orientale, tandis que la séparation des Églises d'Orient et d'Occident inaugure la rupture progressive avec le catholicisme romain. Au-delà, il a su rayonner, transmettant un droit romain codifié, des chefs-d’œuvre architecturaux, incarnés par la basilique Sainte-Sophie, et, plus largement, une culture originale."

Dès 1204, le déclin apparait.

Le régime politique de cet Empire a été perçu comme un modèle pour les régimes absolutistes du XVIIe siècle, et a été fustigé au XVIIIe siècle par les détracteurs de l’absolutisme. 

L'historiographie avait considéré cet Empire byzantin « archaïque » ou « déclinant ». Des historiens ont récemment souligné le rôle majeur de cet Empire à l'économie florissante, sa capacité à recourir à la diplomatie comme à la force militaire pour vaincre les menaces à ses frontières, son action de transmission de savoirs antiques contribuant à l'apparition de la Renaissance européenne, et un fait historique permettant une meilleure compréhension du monde slave. 

L'essayiste Bat Ye'or montre dans ses livres sur la dhimmitude que les discriminations contre les Juifs sous l'Empire byzantin ont inspiré aux Ottomans celles imposées aux chrétiens vaincus du djihad. Les Juifs byzantins étaient très hellénisés, fidèles au Talmud de Jérusalem, et de langue yévanique. 

Après un long siège, les troupes ottomanes dirigées par Mehmed II s'emparèrent de Constantinople en 1453. Les divisions entre chrétiens ont contribué à la victoire des Ottomans djihadistes. Il en résulta la fin de l'Empire byzantin, auparavant.

Après le pillage de Constantinople, Mehmed II y entre. Victorieux, il est surnommé le "Fatih" ("le Conquérant"). Constantinople devient le capitale de l'empire Ottoman. Les richesses de l'Empire byzantin permettent de financer les entreprises guerrières, donc le djihad de Mehmed II. 

Les chrétiens y sont assujettis au statut de dhimmis. 

En 1930, Constantinople est renommée Istanbul, ville de Turquie.

« Byzance, mille ans qui ont changé le monde »
Arte diffusera le 17 octobre 2026 à 20 h 55 « Byzance, mille ans qui ont changé le monde », documentaire de Jacques Plaisant.

« D’Istanbul jusqu’au Louvre, une exploration des mille ans d’histoire de l’Empire byzantin, de 330 à 1453, à travers ses trésors archéologiques. »

« Des rives du Bosphore aux déserts égyptiens, de l’Italie à la Grèce, l’Empire byzantin a dominé de sa puissance et de sa richesse le monde méditerranéen pendant près de mille ans. Entre Orient et Occident, Moyen Âge et Antiquité, son histoire est devenue un mythe, nourri par les chefs-d’œuvre qu’il nous a légués – Sainte-Sophie à Istanbul, Daphni en Grèce ou Ravenne en Italie. »

« L’ouverture prochaine au musée du Louvre d’un nouveau département dédié aux arts de Byzance et aux chrétientés en Orient offre aux chercheurs un terrain inédit pour réinterroger l’héritage de cette civilisation. » 

« Au cœur de leurs recherches, les icônes – images à la force singulière – qui ont forgé le caractère de Byzance, et témoignent de son rayonnement, ses tourments et ses croyances, ainsi que des vestiges uniques qui dévoilent le mode de vie d’une société métissée. »

« Nourri d’apports d'historiens, d'archéologues et de conservateurs, ce documentaire mène l’enquête à Istanbul, au Sinaï, en Italie, en Grèce ou en Serbie pour retracer, à travers ses trésors, les jalons de l’histoire de Byzance : la fondation par Constantin, en 330, de Constantinople, nouvelle capitale de l’Empire romain d’Orient et rivale de Rome ; le règne faste de Justinien, marqué par les conquêtes ; les avancées arabes, puis les querelles iconoclastes qui fragilisent et divisent durablement l’empire. »

« Jusqu’à sa chute, en 1453, l’Empire byzantin transmet à l’Europe ses savoirs, ses arts et une part essentielle de son imaginaire. »

« Manuscrits, mosaïques, icônes et vestiges archéologiques révèlent un ensemble multiculturel, traversé par les influences et les échanges commerciaux autant que par les conflits religieux et politiques. »


« 29 mai 1453, la prise de Constantinople » de Denis van Waerebeke
Nommé au Collège de France en 2015, Patrick Boucheron dirige l’« Histoire mondiale de France » (Seuil, 2017) présentant "les nouvelles grandes dates mondiales qui ont façonné l’hexagone", "mettant en valeur les colonisés et l’islam" et assumant une "islamophilie systématique". Un anti-« Lieux de mémoire » du professeur Pierre Nora.

Un best-seller analysé dans « Histoire de l'islamisation française 1979-2019 » (Ed. L’Artilleur), controversé, critiqué notamment par Pierre Nora (« Politiquement, l’objectif est de lutter, « par une conception pluraliste de l’histoire, contre l’étrécissement identitaire qui domine aujourd’hui le débat public »).

Et fustigé par Eric Zemmour : « En près de 800 pages et 146 dates, on ne déviera pas de la ligne du parti: tout ce qui vient de l’étranger est bon. Les invasions barbares sont des « migrations germanique s» ; la défaite des Gaulois leur permit d’entrer dans la mondialisation romaine ; les conquérants arabes étaient bien plus brillants que les minables défenseurs carolingiens ; les martyrs chrétiens de Lyon venaient d’ailleurs et saint Martin était hongrois. Les théologiens chrétiens doivent tout au grand talmudiste Rachi ; « l’honteux traité de Troyes » de 1420 (qui donnait le royaume de France à la monarchie anglaise) est une heureuse tentative de construire la paix perpétuelle par l’union des couronnes ».


Quant à Alain Finkielkraut, il a estimé : 
« Je découvre, effaré, que ni Rabelais, ni Ronsard, ni La Fontaine, ni Racine, ni Molière, ni Baudelaire, ni Verlaine, ni Proust n’y figurent. Et si Mauriac est cité, ce n’est pas pour son œuvre, c’est pour sa critique honteusement réactionnaire du féminisme. Ainsi s’éclaire le sens de « monde » pour les nouveaux historiens. Mondialiser l’histoire de France, c’est dissoudre ce qu’elle a de spécifique, son identité, son génie propre, dans le grand bain de la mixité, de la diversité, de la mobilité et du métissage. Et c’est répondre au défi islamiste par l’affirmation de notre dette envers l’Islam. De manière générale, l’Histoire mondiale de la France remplace l’identité par l’endettement. Ici doit tout à ailleurs. De la France, patrie littéraire, ce qui surnage, c’est la traduction des Mille et Une Nuits par Antoine Galland et l’audace qui a été la sienne d’ajouter au corpus original des histoires que lui avait racontées un voyageur arabe venu d’Alep.
Instructif aussi est le récit de l’invasion musulmane de 719 à Narbonne, où les cultures se sont mêlées avant que les Francs, hélas, n’arriment par la force cette ville à leur royaume. Ceux qui, en revanche, croient pouvoir mettre au crédit de la France naissante la première traduction latine du Coran par l’abbé de Cluny Pierre le Vénérable en 1143, sont avertis que cette démarche n’était pas inspirée par la curiosité mais par une volonté de dénigrement. Et peu importe le fait que l’Islam de son côté ne pouvait pas même envisager de traduire les Écritures saintes des religions antérieures à son avènement.
Nos éminents universitaires n’ont que l’Autre à la bouche et sous la plume. Ouverture est leur maître mot. Mais ils frappent d’inexistence Cioran, Ionesco, Kundera, Levinas, tous ces étrangers qui ont enrichi notre philosophie et honoré notre littérature. Car c’est à ce «notre» qu’ils veulent faire rendre l’âme...
Le dégoût de l’identité a fait place nette de la culture. Les façonniers de l’Histoire mondiale de la France sont les fossoyeurs du grand héritage français.
« Une histoire libre », dit le journal Libération pour qualifier ce bréviaire de la bien-pensance et de la soumission, cette chronique tout entière asservie aux dogmes du politiquement correct qui ne consacre pas moins de quatorze articles aux intellectuels sans jamais mentionner Raymond Aron, ni Castoriadis, ni Claude Lefort, ni aucun de ceux qui ont médité la catastrophe totalitaire et la bêtise de l’intelligence au XXe siècle…
« Histoire jubilatoire », ajoute Libération. Ce mot – le plus insupportablement bête de la doxa contemporaine – convient particulièrement mal pour une histoire acharnée à priver la France de son rayonnement et à l’amputer de ses merveilles.
Il n’y a pas de civilisation française, la France n’est rien de spécifiquement français: c’est par cette bonne nouvelle que les rédacteurs de ce qui voudrait être le Lavisse du XXIe siècle entendent apaiser la société et contribuer à résoudre la crise du vivre-ensemble.
Quelle misère! »
« Quand l'histoire fait date » 2020
« Dans cette deuxième saison de la série" « Quand l'histoire fait date », "aussi érudite et ludique que la précédente, le médiéviste Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, poursuit son exploration alerte des dates marquantes de l’histoire, des trésors artistiques ornant la grotte de Lascaux, en 18 000 avant notre ère, au coup d’État militaire contre le président chilien Salvador Allende, le 11 septembre 1973 ». 

« Mobilisant son talent de conteur, associé à une animation qui s’appuie sur une riche iconographie, et convoquant éclairages de spécialistes et approche réflexive, l’historien bouscule notre regard sur vingt événements majeurs et les traces qu’ils ont laissées dans les mémoires, en les replaçant dans une perspective globale et en assumant les incertitudes de la science historique ». 

« Entrelaçant plaisir du récit, techniques d’animation et esprit critique, Patrick Boucheron dévoile vingt nouvelles enquêtes sur les grandes dates qui ont marqué l’histoire et la mémoire des hommes ».

Arte diffusa le 6 septembre 2020, dans la série « Quand l'histoire fait date » (Zahlen schreiben Geschichte), « 29 mai 1453, la prise de Constantinople » (29. Mai 1453, Eroberung von Konstantinopel) de Denis van Waerebeke. 

« La chute en 1453 de cette “deuxième Rome”, phare du christianisme orthodoxe, est considérée par les historiens comme l’acte de décès de l'Empire byzantin", ou Empire romain d'Orient, "et l’acte de naissance de l’Empire ottoman ». 

« Même si le sultanat ottoman était maître de la Turquie d'Europe et d'Orient depuis alors plus d'un siècle, la date a longtemps été considérée comme la césure entre les périodes médiévale et moderne ». 

« Cette rupture des temps est un aussi un partage des espaces : désormais l'Orient et l'Occident semblent ne plus se comprendre tout en ayant irrémédiablement besoin l'un de l'autre ». 

« Mais cette cassure dans l’histoire est-elle aussi évidente et définitive qu’on veut bien nous le dire ? » 

Curieusement, la série historique n'a pas envisagé la résistance de Vienne assiégée (1529, 1683) par des armées musulmanes. Et pourtant, ces résistances héroïques au djihad s'avèrent déterminantes dans l'histoire de l'Europe.

« Le temps retrouvé »
(Arte mag n° 36. Le programme du 29 août au 4 septembre 2020)

« Pour sa deuxième saison, Quand l’histoire fait dates offre une exploration audacieuse de grands événements et de leurs représentations. Entretien avec son concepteur, l’historien Patrick Boucheron. Propos recueillis par Benoît Hervieu-Léger ».

« Quels critères ont guidé votre approche pour ces vingt nouveaux épisodes ?
Patrick Boucheron : Nous avons radicalisé notre proposition initiale ! Depuis sa conception, la série interroge les diverses manières de faire événement.
Elle propose une collection de problèmes davantage que de périodes. Nous avons, cette fois-ci, voulu aller plus loin en retenant des dates dont on cherche l’événement, comme l’an mil. Nous avons joué sur le contre-factuel * dans l’épisode sur la mise à sac du palais d’été de Pékin en 1860. 
Nous avons même poussé l’audace jusqu’à dater un événement qui n’a pas eu lieu. Au IVe siècle, l’empereur Constantin est censé avoir donné la moitié de son empire au pape. Le texte de la donation est un faux. Le non-événement a pris une importance que l’événement réel n’aurait pas eue.

La représentation de l’histoire compterait donc plus que l’histoire elle-même ?
Une date a l’apparence de l’évidence, comme Marignan en 1515.
Or derrière chaque date il y a une petite intrigue aussi captivante à explorer que le récit en soi. C’est pourquoi la série inclut deux fils narratifs : le récit que l’on raconte et nous-mêmes en train de le raconter. Cette approche se lit en particulier dans l’épisode sur la révolution religieuse d’Akhenaton, en Égypte ancienne. À la fin de sa vie, Freud, miné par la maladie et l’exil, a voulu en percer le mystère pour expliquer la montée du nazisme et de l’antisémitisme à son époque. La solution aux énigmes du présent se trouve parfois dans le passé.
L’histoire de l’esclavage et de la colonisation resurgit depuis l’affaire George Floyd.

Un épisode aurait-il pu faire écho à ce présent si enraciné dans le passé ?
La question de la justice et de l’égalité, aiguisée par la crise sanitaire, est abordée avec la Déclaration d’indépendance des États-Unis, en 1776. Ce moment marque la première affirmation des droits universels de l’humain dans un pays dont on sait qu’il détruit les nations indiennes et qu’il deviendra esclavagiste. La “question noire”, déjà traitée dans la première saison avec la libération de Mandela, revient maintenant avec le pèlerinage du roi malien Mansa Moussa en 1324.
Nous aurions certes pu aborder plus frontalement la question de la décolonisation. Elle apparaît malgré tout dans l’épisode sur le massacre des Algériens, à Paris le 17 octobre 1961. L’événement pose clairement la question du racisme, de la violence policière et du legs colonial en France.

* Type de raisonnement qui consiste à imaginer l’issue nouvelle d’un événement historique, après avoir modifié l’une de ses causes. »


France, 2026, 90 min
Coproduction : ARTE France, Tournez S’il Vous Plaît, Musée du Louvre
Sur Arte les 17 octobre 2026 à 20 h 55, 20 octobre 2026 à 9 h 55, 06 novembre 2026 à 9 h 55
Sur arte.tv du 10/10/2026 au 16/12/2026
Visuels : © TSVP

« 29 mai 1453, la prise de Constantinople » de Denis van Waerebeke
France, 2019, 27 min
Sur Arte le 6 septembre 2020 à 16 h 35
Disponible du 30/08/2020 au 04/11/2020
Visuels : © Les Films d'ici

Les citations sur le film proviennent d'Arte.