Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

samedi 24 octobre 2026

L'université Harvard

Fondée en 1636, la prestigieuse université américaine Harvard fait partie de la Ivy League. Pour lutter contre certaines méthodes contestées de cet établissement privé d'enseignement supérieur réputé, l'administration du Président républicain Donald Trump a mis un terme aux subventions étatiques. L'inaction d'Harvard dans la lutte contre l'antisémitisme sur son campus a amené sa Présidente, Claudine Gay à démissionner en 2024. Arte diffusera le 27 octobre 2026 à 21 h « La bataille de Harvard », série documentaire partiale de Sandrine Rigaud, Serge Turquier, Robert Libetti et Mike Shum.


L'université Harvard a été fondée le 8 septembre 1636 et a pris son nom deux années plus tard en hommage à John Harvard, jeune pasteur puritain de Charlestown; donateur de sa bibliothèque et de la moitié de ses biens à l'institution. Elle a pris son essor au XIXe siècle.

C'est l'établissement d'enseignement supérieur américain le plus ancien. Comme le Massachusetts Institute of Technology (MIT), Harvard est située à Cambridge, près de Boston (Massachusetts), donc sur la côte Est des Etats-Unis. 

Le blason de cet établissement prestigieux privé montre une couronne de feuilles de lauriers et un ruban blanc au nom de Harvard entourant un écusson rouge. Sur ce bouclier écarlate, trois livres ouverts sont disposés : sur ceux du haut les lettres "VE" et "RI", et sur celui du bas "TAS", soit "VERITAS" (vérité, en latin).  

Très sélective - 3,6 % en 2024 -, dotée d'un budget important et d'un corps professoral - près de 2500 enseignants - réputé, Harvard figure en tête de la liste des meilleures universités mondiales du classement de Shanghai. Des ressortissants de plus de 130 nationalités y travaillent ou y étudient.

Harvard fait partie de la Ivy League (
(« Ivy », lierre en américain), groupe informel des huit universités américaines les plus influentes et d'excellence, toutes situées sur la côte Est : Brown (Providence, Rhode Island), Columbia (New York, New York), Cornell (Ithaca, New York), Dartmouth (Hanover, New Hampshire), Penn / Université de Pennsylvanie (Philadelphie, Pennsylvanie), Princeton (Princeton, New Jersey) et Yale (New Haven, Connecticut).

Harvard accueille, dans ses neuf facultés (faculties) environ 6 700 étudiants de premier cycle (undergraduate, en américain) et plus de 12 400 étudiants de cycle supérieur (graduate en américain). Les alumni, anciens diplômés, renforcent par leur situation socio-professionnelle la réputation d'Harvard et sont de généreux donateurs. Citons par ces alumni : John Adams, George W. Bush, John Fitzgerald Kennedy, Barack Hussein Obama, Theodore Roosevelt et Franklin Delano Roosevelt, anciens Présidents des États-Unis, Bill Gates, fondateur de Microsoft, et  Mark Zuckerberg, PDG de Meta, Terrence Malick, réalisateur, et Natalie Portman, actrice et productrice.

"Ont enseigné ou étudié à Harvard 160 prix Nobel, 18 médaillés Fields, 14 prix Turing, 10 récompensés aux Oscars, 48 prix Pulitzer et 108 médailles olympiques (dont 46 médailles d'or), 8 Présidents américains, 30 dirigeants mondiaux, 188 milliardaires, 369 boursiers Rhodes et 252 boursiers Marshall."

Le 5 juin 1947, le Secrétaire d'État George Marshall a prononcé son célèbre discours annonçant le Programme de rétablissement européen (European Recovery Program ou ERP), dénommé aussi « plan Marshall ».

Radical Harvard
Daniel Pipes, expert en géopolitique, se souvient dans "Soulèvement communiste à Harvard : 50 ans après. L'événement qui marqua l'éveil de ma conscience politique" (National Review Online, 9 avril 2019) : 
"Ce 9 avril correspond à l'éveil, il y a 50 ans, de ma conscience politique. Les événements du 9 avril 1969 ont contribué à faire de moi ce que je suis et à faire de l'université ce qu'elle est.
J'étais en deuxième année d'université quand, ce jour-là, mes compagnons de route de Harvard décidèrent que la situation politique du moment, notamment la guerre au Vietnam et la présence d'un programme d'entraînement militaire sur le campus, les contraignait à prendre le contrôle du bâtiment administratif principal appelé Hall de l'université...
La révolution n'advint pas. À trois heures du matin, environ 400 agents de police investirent le Hall de l'université, rappelant aux 500 étudiants qui s'y trouvaient qui était vraiment le patron à savoir, le président de Harvard. Lâchant la bride à une colère prolétarienne quelque peu légitime à l'encontre d'étudiants radicaux choyés, les « cochons », c'est le sobriquet dont on les avait affublés, frappèrent honteusement et emmenèrent de force en prison les révolutionnaires improvisés...
C'est alors qu'éclata la véritable crise. Pour des raisons qui m'échappent toujours après un demi-siècle, un consensus parmi les sages de Harvard se fit sur l'idée que les étudiants étaient en droit d'exagérer dans leur ferveur idéaliste mais que les autorités administratives de l'université péchaient gravement en appelant la police. Ce n'est pas « l'occupation » mais bien le « coup de force » qui devint la question centrale.
Cet événement et d'autres faits semblables à travers le pays provoquèrent un changement profond dans la nature même de l'enseignement supérieur aux États-Unis. Ce qui avait été une institution libérale depuis la Première Guerre mondiale (on se rappelle la boutade lancée en 1961 par William F. Buckley Jr : « Je préférerais être gouverné par les 2000 premières personnes de l'annuaire téléphonique que par les facultés universitaires de Harvard ») commençait désormais à s'enliser dans le radicalisme.
Ensuite, les soi-disant révolutionnaires de la fin des années 1960 modifièrent les fondements de la vie académique américaine dans laquelle ils introduisirent leurs spécialités telles que l'étude de la condition féminine, le politiquement correct, les micro-agressions et l'intersectionnalité. Cet enlisement se poursuit aujourd'hui encore non seulement en raison de la présence quasi-hégémonique des extrémistes de gauche dans les sciences humaines et sociales, mais aussi en raison de l'intensité croissante de leur radicalisme et de leur intolérance."

Antisémitisme
"En 2020, l’auteur américain Raymond Ibrahim a publié un rapport montrant que le Qatar avait investi 5,6 milliards de dollars dans 81 universités américaines depuis 2007, dont Harvard, Yale, Cornell et Stanford. Ibrahim a en outre montré que le Qatar utilisait son influence dans les écoles pour promouvoir les études islamiques et pour supprimer spécifiquement l’étude d’autres minorités du Moyen-Orient, notamment les chrétiens, les juifs, les bahaïs, les yézidis, les Kurdes et les Druzes". Le Qatar abrite des dirigeants du Hamas, mouvement lié aux Frères musulmans.

"L’étude qui avait été réalisée en 2022 par l’Institut d’études de l’antisémitisme et de la politique mondiale (ISGAP) affirmait qu’au fur et à mesure que les financements offerts par les pays du Moyen-Orient augmentaient – et qu’ils perdaient de la transparence aux yeux du public – certains campus connaissaient des phénomènes nouveaux, avec des campagnes visant à réduire au silence les universitaires, une érosion des valeurs démocratiques et une absence de riposte face aux attaques menées contre la liberté d’expression des étudiants. Utilisant des outils statistiques, les auteurs avaient supposé qu’il y avait une corrélation entre les établissements qui bénéficiaient d’un financement étranger et la présence, dans leur enceinte, d’une rhétorique antisémite ou anti-israélienne ou d’activités antisémites... Les liens tissés entre le Qatar et le milieu universitaire américain remontent aux années 1970 et 1980. Harvard  a reçu plus de huit millions de dollars de la part du Qatar depuis 2020".

Fondé en 1873, le journal estudiantin "The Harvard Crimson" a eu parmi ses rédacteurs, les Présidents démocrates Franklin D. Roosevelt et John F. Kennedy. Campus Reform a examiné 44 articles du "Crimson" consacrés à Israël et publiés entre le 16 avril 2018 et le 11 mai 2022. Cette analyse a révélé que "92 % des articles publiés durant ces quatre années concernant Israël présentaient un parti pris négatif. Environ 47 % des articles qualifient Israël d’État d’« apartheid ». Dix-neuf articles étaient des tribunes libres, dont environ 58 % étaient critiques envers Israël. 

Le 29 avril 2022, le comité de rédaction  du Crimson s'est déclaré  pro-Palestine et a annoncé son soutien au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Le conseil a ouvertement admis que le Comité de solidarité avec la Palestine du Harvard College (PSC) avait « forcé » ses membres à « se confronter à ce que Human Rights Watch et Amnesty International ont qualifié de "crimes contre l'humanité" d'Israël ». Le conseil d'administration a ensuite renforcé son engagement envers « la mission et l'activisme du PSC » et a publiquement déclaré son soutien à une  exposition artistique  organisée par le PSC au cours du semestre de printemps et intitulée « Le Mur de la Résistance ». Le mur a été exposé lors de la « Semaine de l'apartheid israélien » annuelle du groupe et appelait à des actions du BDS. Cet éditorial du 29 avril 2022 a suscité de vives critiques. "

Le 4 mai 2022, Natalie Kahn, "rédactrice adjointe  du Crimson  et présidente de Harvard Hillel, a publié une  tribune  dans le journal intitulée « Je suis rédactrice au Crimson et je soutiens Israël ». Elle affirme que « le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions — massivement condamné par le Congrès dans une résolution de 2019 adoptée par 398 voix contre 17 — n’est pas seulement un boycott ; le BDS rejette totalement l’autodétermination juive. » Natalie Kahn s'en prend ensuite au comité de rédaction pour avoir « omis de condamner le terrorisme palestinien ou la  charte du Hamas  — le régime au  pouvoir élu à Gaza  en 2006 — qui appelle explicitement à l'anéantissement du peuple juif ».

"Alan Dershowitz, professeur émérite de droit à Harvard, a averti dans une lettre à l'éditeur du 6 mai 2022 que  la rhétorique du Crimson entraînerait une recrudescence du sentiment anti-israélien sur le campus, qualifiant l'article de « l'un des éditoriaux  les plus ignorants, discriminatoires et trompeurs   publiés par  le Crimson ». « Le mouvement BDS cible une nation parmi tant d'autres confrontées à de graves problèmes de droits de l'homme, à savoir l'État-nation du peuple juif ? C'est de l'antisémitisme », a-t-il écrit."

"Une  lettre  à la rédaction datée du 5 juin 2022 et signée par 24  anciens élèves de Harvard critique également la décision du conseil d'administration. Les signataires se disent « consternés par le soutien apporté par le comité de rédaction à un mouvement qui, hostile à un règlement de paix à deux États pour deux peuples et rejetant l'objectif d'un État palestinien aux côtés d'Israël et en paix avec lui, entraînerait l'éradication de l'État d'Israël sous toute forme acceptable pour la grande majorité de ses citoyens. Soutenir le BDS implique nécessairement de soutenir une entreprise sanglante et violente ».

"La rhétorique et les sentiments anti-israéliens sont un élément constant à Harvard, bien au-delà du  journal The  Crimson. En avril dernier, par exemple, Campus Reform a rapporté  que des étudiants juifs se sentaient en insécurité sur le campus en raison de la montée des sentiments anti-israéliens et antisémites. Zachary Lech, étudiant à Harvard, a déclaré à  Campus Reform : « Malheureusement, l’activisme anti-israélien est une caractéristique du campus de Harvard. »

"En février, l'association étudiante Harvard Out of Occupied Palestine (« HOOP »)  a manifesté contre  le général à la retraite des Forces de défense israéliennes, Amos Yadlin. Ce dernier était chercheur principal au Belfer Center de la Harvard Kennedy School durant le semestre de printemps. Une autre manifestation a tenté  de faire retirer le houmous Sabra du campus, car le produit serait « imprégné de haine ». Sabra appartient au groupe Strauss, un important fabricant de produits alimentaires israélien. HOOP a également  incité  les étudiants à boycotter le voyage d'études en Israël organisé par Harvard, qui comprend un séjour en Israël et en Cisjordanie pendant les vacances de printemps, et  a perturbé  une conférence en avril avec l'ambassadeur israélien Michael Hezrog".

"L'activisme anti-israélien était également bien présent sur le campus du Massachusetts en 2021. Selon le journal The Crimson, 89 associations étudiantes et 900 étudiants  ont signé  une déclaration condamnant « le recours à la force par Israël contre la Palestine » et exigeant que l'université « mette fin à sa complicité avec les politiques d'apartheid israéliennes ».

En novembre 2023, Joel Finkelstein, Sonia Yanovsky, Danit Finkelstein, Sean T. Stevens, Nathan Honeycutt, Pamela Paresky, Ayal Feinberg, Charles Asher Small et Lee Jussim ont publié "The Corruption of the American Mind: How Foreign Funding in U.S. Higher Education by Authoritarian Regimes, Widely Undisclosed, Predicts Erosion of Democratic Norms and Antisemitic Incidents on Campus" (La corruption de l'esprit américain : comment le financement étranger de l'enseignement supérieur américain par des régimes autoritaires, largement passé sous silence, laisse présager une érosion des normes démocratiques et une recrudescence des incidents antisémites sur les campus). L'étude "a révélé que 349 établissements d'enseignement supérieur avaient reçu près de 18 milliards de dollars provenant de sources étrangères entre 2014 et 2019. Il a été constaté que les financements étrangers — en particulier ceux provenant des pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et des États autoritaires — étaient associés à des niveaux plus élevés d’antisémitisme et d’incidents antisionistes sur les campus. Une modélisation spatiale a été utilisée pour montrer que les incidents antisémites sur les campus sont associés aux incidents antisémites locaux dans tout le pays et permettent de les prévoir."

Au cours des dernières décennies, l'antisémitisme s'est accru sur les campus universitaires américains. 

Depuis l'agression djihadiste par des mouvements islamistes dont le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, l'activisme anti-israélien et pro-Hamas de mouvements (Students for Justice in Palestine, SJP fondée par Hatem Bazian) et d'étudiants souvent non-Américains et venant du monde musulman, le soft power notamment par des financements d'Etats Arabes, dont le Qatar, visant l'islamisation en particulier par la dawa (prédication) et l'amélioration de l'image de certains pays Arabes, l'intersectionnalité des luttes, le wokisme... contribuent à l'alimenter. 

L’audition, le 5 décembre 2023, de trois Présidentes d’universités américaines prestigieuses – Claudine Gay de Harvard, Liz Magill de l’Université de Pennsylvania, Sally Kornbluth du Massachusetts Institute of Technology (MIT) – devant la Commission de l'éducation  de la Chambre des représentants en décembre 2023 a été 
filmée. 

Devant le sous-comité Enseignement supérieur et développement de la main-d'œuvre de cette Commission, ces trois dirigeantes avaient été interrogées, notamment par la membre du Congrès républicaine Elise Stefanik, sur l’antisémitisme  dans les campus. Cette élue de New-York assimilait les appels d'étudiants à l’« intifada » à une incitation à « un génocide contre les Juifs en Israël et dans le monde », et écartait la justification de l’inaction de Présidentes par le respect de la liberté d’expression.

Lorsque la Représentante Elise Stefanik avait demandé : « Appeler au génocide des Juifs viole-t-il les règles de Harvard en matière d’intimidation et de harcèlement ? Oui ou non ? », Claudine Gay, Présidente de Harvard, avait répondu : « Cela peut dépendre du contexte ». A Elise Stefanik qui expliquait : « C’est destiné aux étudiants juifs, aux personnes juives. Comprenez-vous que votre témoignage les déshumanise ? Comprenez-vous que la déshumanisation fait partie de l’antisémitisme ? », Claudine Gay avait dit : « Cela dépend du contexte ». Même réponse  de Liz Magill à la même question. 

Devant l’indignation suscitée par ses propos, Liz Magill avait exprimé ses regrets et, le 9 décembre 2023, annonçait  sa démission. 

Le 7 décembre 2023, critiquée pour ses réponses, Claudine Gay présentait ses excuses, et, le 2 janvier 2024, aussi accusée de plagiat, elle démissionnait. Le 29 avril 2025, Harvard a publié le rapport de sa task force présidentielle concernant la lutte contre l'antisémitisme et les biais anti-israéliens.

"La ministre de l’Éducation, Linda McMahon, a déclaré le 23 avril que des milliards de dollars provenant de pays comme la Chine et le Qatar ont été injectés dans l’enseignement supérieur américain sans aucun contrôle. « Cette infiltration financière a permis à des gouvernements étrangers de voler la propriété intellectuelle financée par les contribuables et de remodeler la manière dont nos campus d’élite enseignent Israël et le Moyen-Orient », a-t-elle déclaré.  Par cupidité encore, les universités ont massivement ouvert leurs inscriptions aux étudiants étrangers. Moyennant un surcoût, les grandes universités américaines ont importé massivement les étudiants riches de plusieurs pays d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Asie. Non seulement ces étudiants payaient des droits d’inscription plus élevés, mais ils permettaient en sus aux établissements d’enseignement de se pavaner en affichant des critères élevés d’« inclusion et de diversité », la nouvelle idéologie woke qui gangrène les campus. En 2024-2025, Harvard comptait 6 793 étudiants internationaux, représentant 27,2 % de l’effectif total de l’université. En 2015 déjà, Business Insider remarquait que les étudiants étrangers représentaient 12 % de la population étudiante, mais fournissaient 28 % des recettes de droits d’inscriptions annuels (9 milliards de dollars en 2015)", a écrit le journaliste Yves Mamou.

En avril 2025, l'administration américaine sous la Présidence de Donald Trump a gelé 2,2 milliards de subventions à Harvard : celle-ci refusait des exigences de cette administration sur l'admission de ses étudiants, en particulier les étudiants étrangers et la discrimination positive - « affirmative action » pénalisant dans les années 1920-1930 les étudiants juifs, puis au début du XXIe siècle les étudiants asiatiques, meilleurs notamment en mathématiques que les étudiants hispaniques et afro-américains ; la Cour suprême l'a interdite en 2023 à Harvard -, la lutte contre l'antisémitisme, une centralisation des pouvoirs de ses facultés. En mai 2025, Kristi Noem, Secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, a annoncé mettre un terme à l'obtention des visas Student and Exchange Visitor (Etudiant et visiteur dans le cadre de programmes d'échanges). Seraient visés environ 6 700 étudiants, soit 27 % des étudiants d'Harvard. Des recours judiciaires ont été formés contre cette décision, dont l'exécution a été suspendue.

« La bataille de Harvard »
Arte diffusera le 27 octobre 2026 à 21 h « La bataille de Harvard », série documentaire partiale de Sandrine Rigaud, Serge Turquier, Robert Libetti et Mike Shum.

« Comment Harvard, haut-lieu de l'élite académique américaine, est-elle devenue le symbole de l'opposition aux offensives idéologiques du mouvement Maga ? Ce documentaire « La bataille de Harvard » en trois parties nous plonge dans les coulisses d'Harvard et décrit un tournant historique : le déclin fulgurant des institutions intellectuelles dans une démocratie confrontée à la montée de l'autoritarisme. »

« Comment la plus prestigieuse des universités états-uniennes en est-elle venue à incarner, presque malgré elle, la résistance à l'administration Trump ? Retour en trois volets  sur un bras de fer économique et politique raconté par les représentants des deux camps. »

« Alors en résidence sur le campus, les auteurs de cette série documentaire ont vécu de l'intérieur un bras de fer qui va durer des mois, jusqu'à une première victoire judiciaire : le 3 septembre 2025, une juge fédérale annule le gel de plus de 2,2 milliards de dollars de subventions de recherche retirées à l'université. »

« Mais la bataille est loin d'être terminée. »

« Donnant la parole à des étudiants et enseignants en première ligne de la rébellion, au discret président de l'université, Alan Garber, mais aussi aux représentants de l’administration Trump, La bataille de Harvard retrace en trois volets une lutte qui, dans un pays mis en état de choc par la brutalité de l'offensive Maga ("Make America great again"), devient un des symboles de la résistance. »

« Elle exhume aussi les racines d'une guerre culturelle aux ramifications profondes pour éclairer un moment de bascule historique : la fragilisation accélérée des institutions intellectuelles dans une démocratie confrontée à la montée de l’autoritarisme. »

1ère partie : « La peur »
« La peur se diffuse sur le campus alors qu'arrestations et licenciements se multiplient à travers le pays. »

« Moins de deux mois après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, alors que des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux ont été licenciés et des agences gouvernementales comme l'USAID, pratiquement liquidées, les grandes universités du pays sont à leur tour prises pour cible par son administration. »

« Accusées d'être devenues les bastions de la pensée “woke” et d'une jeunesse dangereusement radicalisée, taxée entre autres d'antisémitisme, Columbia (à New York), Berkeley (près de San Francisco), Northwestern (près de Chicago) et Harvard (à Cambridge, près de Boston) figurent parmi les premières à essuyer les foudres du nouveau pouvoir. »

« À travers le pays, l'offensive prend toutes les formes : arrestations discrétionnaires d'étudiants étrangers, révocations de visas… »

« Première frappée, Columbia cède aux diktats de l'exécutif, qui exige un droit de regard sur le recrutement comme sur le contenu académique de ces établissements jusque-là autonomes. Harvard, qui résiste, se voit retirer le droit d'accueillir des étudiants étrangers, qui constituent le quart de ses effectifs et lui apportent des revenus substantiels. Au sein de la plus ancienne, riche et prestigieuse université des États-Unis, la peur se propage en même temps que la colère… »

2e partie : « L'argent »
« Harvard refuse de s'incliner et ses subventions fédérales de recherche lui sont retirées. »

« Poursuivant sa croisade contre les universités, Donald Trump va user, après la peur, d'une arme tout aussi redoutable : l’argent. »

« Après avoir fait plier l’université Columbia, son administration gèle des milliards de subventions à Harvard pour imposer sa réforme et combattre le "wokisme", l'ennemi déclaré. »

« Malgré son immense fortune, l'université se découvre vulnérable. Face au chantage financier, va-t-elle céder et se soumettre ? »

3e partie : « La justice » 
« C'est devant un tribunal fédéral du Massachusetts que se poursuit un combat devenu emblématique. »

« Après des semaines de pression, Harvard ose, contre toute attente, dire non à Donald Trump. Subventions gelées, étudiants étrangers menacés... : l’affrontement se déplace alors sur le terrain judiciaire. »

« Harvard remporte plusieurs victoires. »

« Mais derrière sa résistance devenue symbole, l’université est aussi contrainte de faire des concessions. Jusqu’où peut-elle tenir tête au pouvoir, et à quel prix ? »


« La bataille de Harvard » de Sandrine Rigaud, Serge Turquier, Robert Libetti et Mike Shum
Etats-Unis, 2025
Coproduction : ARTE France, Yami2
Auteurs : Sandrine Rigaud, Mike Shum, Robert Libetti et Serge Turquier 
Sur Arte :
1ère partie (33 min) : le 27 octobre 2026 à 21 h
2e partie (31 min) : le 27 octobre 2026 à 21 h 30 
3e partie (31 min) : le 27 octobre 2026 à 22 h 00
Sur arte.tv du 20/10/2026 au 25/11/2026
Visuels : © ARTE FRANCE - YAMI2


vendredi 23 octobre 2026

Ingrid Bergman (1915-1982)

Née en Suède, Ingrid Bergman (1915-1982), comédienne polyglotte, talentueuse, à la carrière internationale jalonnée par 54 films et couronnée par quatre Oscar, a infléchi sa carrière par de nombreux tournants : arrivée à Hollywood en 1939, installation tumultueuse en 1949 en Italie auprès de son futur deuxième mari, le réalisateur néoréaliste Roberto Rossellini, retour triomphal à Hollywood en 1956, rencontre cinématographique avec Ingmar Bergman... Arte rediffusera le 25 octobre 2026 à 21 h "La maison du docteur Edwardes" (Spellbound) d'Alfred Hitchcock (1945) avec Ingrid Bergman et Gregory Peck, puis à 22 h 50, dans le cadre de la série « Couples mythiques du cinéma », « Ingrid Bergman et Roberto Rossellini », documentaire de Bertrand Tessier.


Ingrid Bergman est née en 1915 à Stockholm (Suède). Sa mère allemande, Friedel Adler Bergman, née à Hambourg, décède d'une jaunisse quand Ingrid a trois ans. Son père Justus Samuel Bergman, propriétaire d’un magasin de photographie, élève Ingrid Bergman en la familiarisant avec l’objectif de la caméra, en filmant sa fille dans des saynètes. Il décède en 1927.


"Vive, timide, turbulente et têtue, triste et solitaire". C'est ainsi qu'Ingrid Bergman se décrit enfant se créant un monde imaginaire pour fuir une réalité triste.

Ingrid Bergman est élevée par divers membres de sa famille paternelle.

Comme d'autres membres de sa famille, elle était persuadée avoir du "sang juif" dans sa branche maternelle. Des recherches généalogiques auraient infirmé cette croyance.

A 18 ans, elle est admise à l’Ecole Royale d’Art Dramatique de Suède en interprétant un rôle comique, et entame une carrière fulgurante au théâtre et au cinéma. Elle épouse Petter Lindstrom, neuro-chirurgien, in 1937.

A 22 ans, Ingrid Bergman a tourné dans onze films populaires et est déjà une vedette.

En 1938, pour son contrat de trois films avec une société cinématographique allemande, Universum Film AG (UFA) un certificat attestant qu'elle a seulement des ancêtres aryens s'avère nécessaire.

Ingrid Bergman aime filmer les voyages effectués avec son époux en Allemagne. Là, elle saisit le panneau indiquant un commerce Juif, des jeunes nazis défilant...

Le 20 septembre 1938, le couple Lindstrom a une fille, Friedel Pia, future journaliste de télévision.

Éprise de liberté, Ingrid Bergman "veut voir le monde, et travailler dans une langue qui n'est pas la sienne".

Hollywood, Hollywood !
Repérée par Hollywood, elle arrive aux Etats-Unis en 1939, à l’invitation du producteur David O. Selznick qui souhaite faire un remake d’Intermezzo (1936) de Gustaf Molander où Ingrid Bergman brillait par le naturel de son jeu, irradiant la pellicule de l’expressivité de ses expressions et de son charme.

Très vite, elle s’oppose aux studios qui, au terme des premiers essais, veulent la métamorphoser en star glamorous : épilation des sourcils, maquillage sophistiqué, adoption d’un nom d’artiste - "Indy Lindberg" -, etc.

Ruth Roberts, coach technique et "excellent professeur d'anglais", Kay Brown, son agent, et Irène Selznick, épouse de David I. Selznick, deviennent ses meilleures amies.

Devant les refus d’Ingrid Bergman, les studios s’inclinent et promeuvent « la première actrice naturelle ». Elle avait "un rayonnement, une lumière", se souvient sa fille Isabella Rossellini.



Ingrid Bergman obtient de signer, non un contrat standard de sept ans, mais un contrat pour tourner dans quatre films. Elle s'installe à Hollywood avec sa fille. Son mari la rejoint, étudie la médecine à Rochester. Il devient neurochirurgien.

Oscar
Ingrid Bergman n'hésite pas à choisir des contre-emplois : dans Dr. Jekyll and Mr. Hyde, film de Victor Fleming (1941) avec Spencer Tracy et Lana Turner, Ingrid Bergman, lasse de jouer des rôles de femmes vertueuses, échange avec Lana Turner le rôle de la jeune première vertueuse fiancée du Dr Jekyll contre celui de la prostituée masochiste Ivy.

"Je ne demande pas grand chose. Je veux tout". Mue par un goût sûr, Ingrid Bergman ne veut tourner que dans des chefs d'oeuvre. Ce qui fait sourire Alfred Hitchcock, "un homme brillant qui sait mêler comédie et drame". "Il lui apprend à se détendre", déclare Isabella Rossellini.

Casablanca (1942), For Whom the Bell Tolls (1943), Gaslight (Hantise, 1944) de George Cukor – Ingrid Bergman reçoit l’Oscar de la meilleure actrice -, Spellbound (La Maison du docteur Edwardes, 1945), The Bells of St. Mary's (Les Cloches de Sainte-Marie), Notorious (Les Enchaînés, 1946) d’Alfred Hitchcock, Joan of Arc (1948) -Ingrid Bergman "aimait ce personnage de jeune paysanne choisie pour être héroïque", confie sa fille aînée Pia -, Under Capricorn (Les Amants du Capricorne, 1949) d’Alfred Hitchcock...

C'est une filmographie brillante, variée dans les genres - drame, suspense, comédie romantique -, que constitue en quelques années Ingrid Bergman, star mondialement célèbre.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, Ingrid Bergman joue en Europe pour les soldats américains.

En 1945, Ingrid Bergman rencontre à Paris le photographe Robert Capa qui a couvert le débarquement des Alliés en Normandie.

Ils vivent une liaison amoureuse pendant deux ans". Son influence hongroise lui fait du bien".

Italie
Ingrid Bergman "se languit de vivre quelque chose de nouveau" et sent "l'oiseau migrateur en elle".

En 1950, enthousiasmée par le néoréalisme italien (Rome ville ouverte, Païsa), elle écrit au réalisateur italien Roberto Rossellini et tourne Stromboli, sous sa direction. "L'île entière participe au tournage".

Une histoire d’amour lie ce réalisateur du "néo-réalisme" et Ingrid Bergman. Ce qui suscite la réaction courroucée de ceux stigmatisant une relation adultère. Un fait privé devenu un scandale public médiatisé et évoqué au Sénat américain.

Après leurs divorces réciproques, le couple se marie en 1950. Trois enfants naissent de leur union : Renato Roberto (1950), Isabella et Isotta (1952). "Charmante, courageuse, énergique, timide, volontaire mais pas sereine". C'est ainsi que les enfants Rossellini décrivent leur mère.

En Italie, le couple tourne quatre autres films ensembles de 1950 à 1955 : Europa 1951, Viaggio in Italia, Giovanna d'Arco al rogo (Jeanne au bûcher), La Paura (Fear). "De bons films, mais que le public n'aime pas". La relation au sein du couple s'en ressent.

Le couple se sépare au milieu des années 1950.

Deux films à succès - Elena et les hommes de Jean Renoir et surtout Anastasia (1956) d’Anatole Litvak avec Yul Brynner – relancent la carrière d’Ingrid Bergman. Le rôle de la princesse russe vaut un Oscar à Ingrid Bergman reçu, pour elle, par Cary Grant. "Jean Renoir lui a appris le rôle d'un film dans la société. Elle a appris à mieux comprendre les films de mon père", explique Isabella Rossellini.

Excuses du Sénat américain
Ingrid Bergman épouse en 1958 le producteur suédois Lars Schmidt. Leur divorce est prononcé en 1975.

Ingrid Bergman poursuit une carrière cinématographique - Cactus Flower (Fleur de cactus, 1969) de Gene Saks avec Walter Matthau et Goldie Hawn, Murder on the Orient Express (Le Crime de l'Orient-Express, 1974) de Sidney Lumet avec Lauren Bacall, Sean Connery, Albert Finney et Anthony Perkins, Sonate d’automne (Höstsonaten, 1978) d’Ingmar Bergman avec Liv Ullmann, Lena Nyman et Halvar Björk -, théâtrale et télévisuelle.

En 1972, le Sénat américain présente des excuses à Ingrid Bergman pour l’avoir attaquée lors de son union avec Roberto Rossellini.

Le 7 mars 1979, le réalisateur Alfred Hitchcock reçoit lors d’une soirée télévisée animée par Ingrid Bergman le Life Achievment Award de l’American Film Institute. Élégante maîtresse de cette cérémonie où se succèdent des hommages affectueux à ce génie cinématographique, Ingrid Bergman lui remet... la fameuse clé qu’elle détenait depuis Notorious (Les Enchaînés, 1946).

Ingrid Bergman, les Juifs et Israël
En 1926, une tante maternelle d'Ingrid Bergman, alors âgée de onze ans, lui aurait dit qu'elle avait du "sang juif". Ce qu'a longtemps cru la comédienne. Dans “Ingrid Bergman and Her American Relatives", Aleksandra Ziolkowska-Boehm nie tout ancêtre juif dans les aïeux d'Ingrid Bergman. Dans les années 1950, pour sa demande de visa de travail en Arabie saoudite qui refusait l'entrée à des Juifs, un cousin de l'actrice a effectué des recherches généalogiques dans leur lignée commune et n'a pas trouvé trace d'ancêtre juif.

Alors jeune actrice, elle a signé à la fin des années 1930 un contrat pour trois films avec la firme allemande Universum Film AG. Elle a du assurer sur son aryanité. Elle a vraisemblablement pensé que le nazisme serait temporaire en Allemagne.  En Europe à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, elle ne s'est pas rendue pour voir les camps nazis de concentration et d'extermination. A l'automne 1938, elle oriente sa carrière vers Hollywood où elle arrive en 1939.

Le dernier rôle incarné par Ingrid Bergman est Golda Meir, pour le téléfilm A Woman Called Golda d'Alan Gibson. Un rôle significatif, outre la stature de l’ancien Premier ministre israélien, car Ingrid Bergman s’est sentie coupable, lors de la Seconde Guerre mondiale, de n’avoir pas pris conscience de la situation en Allemagne. Un personnage avec lequel elle partageait des points communs, notamment celui d’être soignée pour un cancer à l’hôpital Tel Hashomer lors du tournage. Une interprétation qui lui vaut un Emmy Award et un Golden Globe.

En 1982, Ingrid Bergman meurt d’un cancer, diagnostiqué en 1973, à son domicile londonien.

Cinémathèque française
En 2015, la Cinémathèque française a présenté une rétrospective de la comédienne Ingrid Bergman  (1915-1982). Murielle Joudet analyse dans "Ingrid Bergman, histoire d'un visage" :
"Dissimulé sous les larges bords de sa capeline blanche dans Casablanca, ou les cheveux au vent sur l’île de Stromboli, le visage d’Ingrid Bergman s’est toujours défendu d’appartenir à une seule lumière. Elle fut pour cette raison même l’actrice pure parce que fondamentalement déracinée, ou plutôt : s’enracinant là où son désir de jouer l’emportait. Actrice mais aussi star par excellence, celle dont la vie privée brille du même éclat qu’une filmographie n’ayant d’ailleurs jamais cessé d’être le secret commentaire de cette première."
"À dix-huit ans à peine, la jeune Ingrid se décide à passer le concours pour intégrer l’Ecole royale d’art dramatique de Suède. Son oncle (elle est orpheline à l’âge de douze ans), qui désapprouve l’initiative, lui pose une condition : si la jeune fille échoue au concours, elle devra renoncer définitivement à devenir actrice. À l’audition elle décide d’interpréter, à l’inverse des autres candidates, un rôle comique. À peine débarquée sur scène en s’esclaffant, le jury interrompt l’audition. Durant le temps des délibérations, elle est livrée à elle-même dans les rues de Stockholm, persuadée d’avoir échoué, sans savoir que sa seule entrée en scène avait convaincu le jury. Elle écrira dans ses mémoires : « Je sais alors qu’il ne me reste plus qu’une chose à faire : me jeter à l’eau et mourir. »
"La suite n’est qu’une succession d’accélérations: à peine a-t-elle intégré l’École d’art dramatique, qu’elle se voit proposer des rôles au théâtre, pour le plus grand mécontentement des étudiantes des années supérieures. Le théâtre sera vite abandonné au profit du cinéma, mais cette carrière cinématographique suédoise sera elle-même interrompue par un départ à Hollywood en 1939. Si la jeune actrice brûle les étapes, c’est que depuis l’intuition quasi mystique de sa vocation, elle ne pense qu’à jouer et à trouver dans le jeu une forme d’extase comme principe actoral suprême. Formée à l’école suédoise, elle restera excédée par la règle en cours à Hollywood qui consistait à trouver son rôle et à s’y maintenir ; c’est que l’extase exige de se tenir toujours hors de soi-même et donc de chercher des rôles à contre-emploi."

"Ce qui semble intéresser Bergman, c’est d’abord et avant tout d’atteindre à la matière pure du jeu d’acteur, débarrassée de toute contingence et de tout décor. Cette matière trouve son incarnation dans ce qu’on pourrait appeler le « plan bergmanien » : les bords du cadre se resserrent et scrutent le visage moelleux et luminescent de l’actrice, faisant tout advenir d’elle-même à la surface du visage qui s’éclaire alors de l’intérieur. Autour, plus rien n’existe, l’épiderme devient cet écran neigeux et scintillant où vient se projeter ce « luxe de sentiments divers que la plume la plus concise perdrait plusieurs pages à l’exprimer », écrivait Chabrol à propos de Under Capricorn (Les Amants du Capricorne). Mais un visage n’éclot pas si impunément, si librement à l’intérieur du plan – une force capte, fascinée, cette pure éclosion du féminin tout en tentant de la réprimer. À la surface du plan bergmanien se noue une lutte entre l’actrice et un cinéaste, qui se rejouera dans tous ses grands films."
"À L’OPPOSÉ DE LA CRÉATURE HOLLYWOODIENNE"
"Cette lutte est intimement liée aux figures de Pygmalion qui jalonnent la carrière de l’actrice. L’un des plus déterminants, son « deuxième mari » comme elle l’appelait, fut certainement David O. Selznick, qui la fit venir à Hollywood. Changement de nom, épilation des sourcils, maquillage : le producteur désire que la jeune Suédoise se transforme en créature hollywoodienne, ce qu’elle refusa catégoriquement. Selznick décida alors que Bergman existerait sur un tout autre mode que les autres actrices : elle sera la première actrice « naturelle » de Hollywood, quasiment pas maquillée et conservant l’intégrité de son nom. Ce commun accord fondera la singularité de l’actrice quand on sait à quel point l’artifice du maquillage et du nom, à Hollywood, font office de première nature. Dès lors, toutes les apparitions d’Ingrid Bergman reconduiront cet effet de voir apparaître une trace nue et étincelante sur l’écran, comme un peu de poussière d’étoiles."

"Mais ce naturel est à double tranchant : il est à la fois la résistance à toute forme de compromission, en même temps que le lieu par lequel l’actrice peut être attaquée. Notorious (Les Enchaînés), Casablanca, Under Capricorn, The Bells of St. Mary’s (Les Cloches de Sainte-Marie), Gaslight (Hantise), dans cette succession de chefs-d’œuvre hollywoodiens, se déploie un même dispositif d’une effrayante constance : les personnages qu’elle incarne se trouvent immanquablement sous la tutelle de deux hommes qui veulent disposer de sa vie à sa place. Souvent l’un des hommes incarne une figure autoritaire, vampirique, néfaste, l’autre est l’amant : tout à la fois vecteur de l’émancipation de Bergman, il est pourtant en étroit dialogue avec le premier. Dans cette première période américaine, Hitchcock servira le mieux d’écrin au visage de son actrice, en lui offrant la durée et le plan resserré (le baiser de Notorious, le monologue d’Under Capricorn) mais également des scénarios qui semblent être dictés par la tentation du vampirisme qu’il inspire. Chabrol, toujours à propos d’Under Capricorn, résumera magnifiquement cette collaboration : « Ce film est l’histoire d’un visage, celui d’Ingrid Bergman, comme l’était déjà Notorious. C’est lui que l’objectif scrute, fouille, tantôt burine, tantôt adoucit. C’est à lui que va l’hommage de ses plus belles trouvailles. »
"LA RENCONTRE AVEC ROSSELLINI"
"Ingrid Bergman trouva très certainement chez Rossellini un moyen de révéler encore un peu plus la vérité de son visage – pour l’actrice, ce fut le coup de foudre au premier regard posé sur Païsa en 1948. La suite de l’histoire est connue : elle part rejoindre Rossellini alors qu’elle n’est pas divorcée, laissant derrière elle sa petite fille Pia et un mari tyrannique. Le scandale est tel que le gouverneur du Colorado proféra devant le Sénat un réquisitoire d’une rare violence contre l’actrice : « Si par suite de la dégradation liée à Stromboli, la décence et le sens commun peuvent être rétablis à Hollywood, Ingrid Bergman n’aura pas détruit sa carrière en vain. De ses cendres pourrait renaître un meilleur Hollywood. »

"Les six films que Rossellini et Bergman tourneront ensemble sont autant de magnifiques mises à l’épreuve où la fiction conjure, hystérise et repasse à travers les motifs de la vie de l’actrice, révélant la nature fondamentalement sado-masochiste de leur collaboration. Par la fiction, Bergman traversera une série d’épreuves moralement éprouvantes, et c’est toujours au bord de l’harassement moral le plus complet qu’a lieu l’épiphanie rédemptrice (Stromboli, La Peur, Voyage en Italie). Pécheresse, Bergman inspirera pourtant régulièrement des figures de sainte détenant le secret d’un amour extatique que les tenants masculins de la rationalité tenteront de quadriller – Rossellini pressent chez l’actrice la même chose que Hitchcock. Cette sainteté souvent suspectée de folie s’exprimera de la façon la plus pure dans la véritable obsession de Bergman pour la figure de Jeanne d’Arc, qu’elle jouera plusieurs fois au théâtre comme au cinéma : d’abord pour Victor Fleming puis avec Rossellini dans Jeanne au bûcher, captation de l’oratorio de Claudel, ainsi que dans Europe 51, réécriture moderne du mythe."
"RETOUR À HOLLYWOOD"
"1957 marquera son retour aux États-Unis, qui l’accueillent à bras ouverts après l’avoir violemment vilipendée. Comme beaucoup d’actrices de l’âge d’or, elle accompagnera dans sa belle mort le Hollywood classique, tout en poursuivant intensivement une carrière théâtrale et télévisuelle. Elle tournera deux grands films avant l’arrivée des années 1960 : le flamboyant Indiscreet (Indiscret, 1957) de Stanley Donen et Elena et les hommes (1956) de Jean Renoir, qui s’était promis d’attendre que sa carrière soit sur le déclin pour tourner avec elle. Ces deux films ont pour point commun de se mettre au diapason de l’actrice en lui laissant toute la place pour irradier. Chez Renoir, Bergman devient le vecteur d’un hédonisme lumineux en interprétant Elena Sorokovska, une princesse polonaise au grand cœur, investie de la mission quasi magique de pousser certains hommes à accomplir leur vocation. C’est enfin Bergman qui dicte son rythme au film et non plus l’inverse : c’est elle qui fera triompher l’amour et la libido sur les ambitions, elle qui contaminera enfin ce monde d’hommes. La morale renoirienne trouve en Ingrid Bergman la parfaite complice de son épanouissement."

"En dehors de ces exceptions, le corps d’Ingrid Bergman, après avoir plané sur les cimes d’un classicisme adamantin, traversera la vulgarité « cartoonesque » de la télévision et la déliquescence du cinéma américain des années 1960 où sa performance, bien que souvent passionnante, est cantonnée à des rôles de jeune femme débonnaire (The Inn of Sixth Happiness / L’Auberge du sixième bonheur, Cactus Flower / Fleur de cactus). Il manque dans ces films le regard de grands cinéastes pour modeler ce torrent de bonté, seul A Matter of Time (Nina) de Minnelli arrivant justement à se faire le commentaire de ce lent crépuscule hollywoodien."

"La filmographie d’Ingrid Bergman se concluera par un retour en Suède. En 1978, elle tourne Höstsonaten (Sonate d’automne) avec Ingmar Bergman, où elle incarne une grande pianiste qui revient en Suède après avoir fait passer sa carrière avant ses filles. Sonate d’automne peut être perçu comme la suite d’Intermezzo, film qu’elle tourna deux fois et qui fit la transition entre sa carrière suédoise et hollywoodienne. Ingrid Bergman succomba à un cancer en 1982 à l’âge de soixante-sept ans. Ce dernier grand film douloureux, où se devine le sadisme fasciné de son réalisateur démontra une dernière fois qu’à la politique de l’auteur devait toujours résister celle d’une grande actrice."
Pour le centenaire de la naissance de la comédienne Ingrid Bergman (1915-1982), Arte a diffusé Casablanca, de Michael Curtiz (1941). Je suis Ingrid (Ingrid Bergman- In Her Own Words), documentaire de Stig Björkman (2014) a été diffusé par Arte le 30 août 2015 et par l'Institut suédois de Paris le 5 septembre 2015.

"Je suis Ingrid" 
Je suis Ingrid (Ingrid Bergman- In Her Own Words ; Ich Bin Ingrid Bergman), documentaire de Stig Björkman (2014) a été diffusé par Arte le 30 août 2015 et, dans le cadre de Cinéma en plein air #1, par l'Institut suédois de Paris le 5 septembre 2015. Au travers de documents inédits - films familiaux, dont certains tournés par Ingrid Bergman et son père, archives personnelles (journaux intimes) -, d'interviews des enfants de la comédienne, le réalisateur Stig Björkman brosse le portrait "de la sublime Ingrid Bergman. Star hollywoodienne, par deux fois oscarisée, elle fut avant tout une femme aux vies multiples, capable de choix audacieux", d'une "femme qui a toujours choisi son chemin", de "la vie exceptionnelle d’une jeune Suédoise devenue l’une des plus célèbres actrices au monde". 

"En 2011, Isabella Rossellini donne au documentariste Stig Björkman l'accès aux journaux intimes de sa mère, Ingrid Bergman, et à des films de famille jamais montrés. Le portrait d'une femme peu conventionnelle s'y dessine : dès les années 1940, à l'encontre des usages à Hollywood, la star avait refusé de se transformer pour correspondre aux canons des productions et joua toute sa vie peu maquillée, avec subtilité et dépouillement. Au fil des archives, son intimité est aussi dévoilée, de sa liaison tenue secrète avec le photographe Robert Capa, qui l'encouragea à filmer – ce qu'elle fit tout au long de sa vie dans sa sphère privée – et qui inspira Alfred Hitchcock pour Fenêtre sur cour, à sa fugue italienne avec Roberto Rossellini, qui scandalisa l'Amérique".

Je suis Ingrid "montre comment une star hollywoodienne par excellence (Casablanca, Les enchaînés, etc.) fut d'abord une femme aux vies multiples, puis une figure marquante du cinéma moderne. Étayé par des archives rares, ce portrait décrypte la manière dont une jeune Suédoise, née il y a tout juste cent ans, devint l'une des actrices les plus célébrées du cinéma américain, jusqu’à recevoir deux Oscars de la meilleure actrice (Hantise et Anastasia). En point d'orgue au documentaire, une belle rencontre entre Sigourney Weaver (qui joua au théâtre au côté de la star), sa fille Isabella et l'actrice Liv Ullman, avec laquelle Ingrid Bergman tourna son dernier film, en 1978, Sonate d'automne, sous la direction d’Ingmar Bergman".

"Le documentaire Je suis Ingrid dévoile les riches archives privées d'Ingrid Bergman. Car cette star, à la vie privée scrutée dans ses moindres détails, n’a cessé de filmer son quotidien. Une façon de préserver sa liberté au cœur de la société du spectacle.  Ingrid Bergman, c'est d'abord un visage. Une icône, comme Hollywood savait en créer au temps de sa gloire. Encore aujourd'hui, son pouvoir d'évocation est tel qu'en cette année du centenaire de sa naissance le Festival de Cannes en a fait son égérie, en plaçant au centre d'une affiche sobre et élégante son profil immédiatement reconnaissable. Mais combien de secrets dorment derrière les sourires et les poses ?", a analysé Emmanuel Raspiengeas dans "Ingrid Bergman. La filmeuse".

Et il a poursuivi : "Le film Je suis Ingrid est né d'une question spontanée d'Isabella Rossellini au documentariste suédois Stig Björkman : "Et si on faisait un film sur maman ?" Spécialiste de "l'autre" Bergman, Ingmar, le réalisateur accepte et se plonge dans les archives de la star. Ce qu'il y découvre le fascine. L'actrice d'Hitchcock, de Renoir, de McCarey et de Rossellini avait documenté sa propre vie avec une méticulosité surprenante : un journal intime débuté dès ses années d'enfance en Suède ; de multiples correspondances avec ses proches et surtout, une masse de films de famille, home-movies amateurs que l'interprète de Casablanca n'a jamais cessé d'engranger, emportant partout sous le bras caméra et appareil photo, pour construire une galerie d'images n'appartenant qu'à elle."

"Ce besoin permanent d'images lui venait de deux des nombreux hommes de sa vie, deux photographes : son père adoré, qui ne cessait de la faire poser devant son objectif, et son amant, Robert Capa, rencontré durant la guerre, qui l'encouragea dans cette voie. Les plans tournés, muets et tremblotants, ont le charme argentique d'une intimité soustraite à la société du spectacle naissante, déjà avide de clichés et de vidéos volés. On y découvre des instants de grâce suspendus, où derrière les nombreux rires affleure une inquiétude profonde dans le regard de la jeune fille timide devenue star, qui sembla ne jamais croire à un succès si ardemment désiré. Comme si celle qui disait "Je ne demande pas grand-chose, je veux simplement tout" était restée l'éternelle orpheline de Stockholm, qui perdit sa mère trop tôt pour en garder un souvenir, et son père à 13 ans, conservant de ces drames un perpétuel besoin de se souvenir et d'être aimée", a conclu Emmanuel Raspiengeas.

« Ingrid Bergman et Roberto Rossellini »
Arte diffusera le 25 octobre 2026 à 22 h 50, dans le cadre de la série « Couples mythiques du cinéma », « Ingrid Bergman et Roberto Rossellini », documentaire de Bertrand Tessier.

« Une des plus célèbres idylles d'Hollywood est celle qui lia la star hollywoodienne Ingrid Bergman au cinéaste italien Roberto Rossellini, avec lequel elle tourna cinq films, devenus des classiques : "Stromboli", "Europe 51", "Voyage en Italie", "La peur" et "Jeanne au bûcher".

« Leur relation, débutée en 1948, scelle la rencontre de deux mondes opposés. Star hollywoodienne, la Suédoise Ingrid Bergman a imposé sa grâce naturelle dans des succès tels que Casablanca, Pour qui sonne le glas ou Hantise, qui lui a valu un Oscar en 1944. »

« Roberto Rossellini, lui, a révolutionné le septième art en donnant naissance au néoréalisme italien avec Rome, ville ouverte. Ayant découvert ce chef-d'œuvre dans une salle new-yorkaise, puis vécu le même choc devant Paisà, l’actrice écrit son admiration au cinéaste romain, qui lui rend visite à Londres sur le tournage des Amants du Capricorne d’Alfred Hitchcock. »

« Immédiatement séduit, il lui propose le rôle principal de Stromboli, dévolu à Anna Magnani. C’est sur l’île volcanique, quelques mois plus tard, qu’Ingrid Bergman, mariée et mère d’une petite fille – Pia Lindström, qui témoigne dans ce documentaire –, se découvre enceinte du réalisateur. »

« Elle l’épouse en 1950 malgré le scandale, Hollywood ne lui pardonnant pas d’avoir abandonné sa famille et sa carrière pour s’épanouir en Europe. Le couple aura deux autres enfants, dont Isabella Rossellini, et tournera Europe 51, Voyage en Italie, La peur et Jeanne au bûcher, avant de se séparer, dans la douleur, en 1957. »

"Casablanca"
"Casablanca" de Michael Curtiz réunit un couple mythique, Ingrid Bergman et Humphrey Bogart. "1942. Tous ceux qui tentent d’échapper au joug nazi et de rejoindre l’Amérique échouent à Casablanca, encore sous administration française. Une foule cosmopolite se presse ainsi chez Rick’s, le cabaret-casino à la mode. Un soir, le capitaine Renault, représentant du gouvernement de Vichy, y fait arrêter Ugarte, un aventurier qui a assassiné deux courriers allemands pour leur dérober leurs lettres de transit. Avant d’être emmené, Ugarte est parvenu à confier son butin au propriétaire des lieux, Rick, un Américain qui affecte la neutralité. Le même soir, Victor Laszlo, un important chef de la Résistance, débarque au cabaret en compagnie de sa femme. Rick reconnaît aussitôt Ilsa, dont il est tombé amoureux à Paris deux ans plus tôt, et qui l’a trahi..."

"Tourné en pleine Seconde Guerre mondiale, Casablanca est un film mythique sur lequel le temps n’a pas de prise. Michael Curtiz a réalisé un film de propagande antinazie, mais c’est à coup sûr le plus original et le plus subtil jamais tourné pendant le conflit". Un chef d'oeuvre à la chanson inoubliable "As time goes by".

"D’abord, il fait entrer dans la légende le couple Bogart/Bergman, qui n’a pas fini de faire rêver. Ensuite, il présente un formidable raccourci du conflit mondial dans une vision d’une grande justesse, les différentes forces en présence étant personnifiées par les clients du cabaret".

"Enfin, il parvient à mélanger avec fluidité et élégance une multitude de genres : Casablanca est à la fois l’une des plus belles histoires d’amour du cinéma hollywoodien, un film de guerre, un mélodrame exotique, un thriller et un prêche patriotique. Sur fond de guerre se joue le drame d’un trio dont chaque protagoniste incarne un mode d’engagement différent : rationnel (Laszlo), sentimental (Ilsa), chevaleresque (Rick). Résultat d’une improvisation féconde (le scénario du film était écrit au fur et à mesure du tournage), les louvoiements de l’action servent admirablement le propos d’un film où règnent l’incertitude, le hasard, le mensonge et le bluff".

"Pour qui sonne le glas"
En 1943, Sam Wood a réalisé Pour qui sonne le glas  (For Whom the Bell Tolls) avec Gary Cooper et Ingrid Bergman. "En pleine guerre d'Espagne, Robert Jordan, un Américain, s'engage auprès des combattants républicains... Tiré du célèbre roman d'Hemingway, un mélodrame poignant sur fond de guerre civile espagnole".

"Dans la nuit espagnole, en pleine guerre civile, un train explose. Deux hommes s'enfuient, des soldats à leurs trousses. L'un d'eux est touché. Pour lui éviter de tomber aux mains de l'ennemi, son compagnon l'achève. Ce dernier s'appelle Robert Jordan, il est américain et combat aux côtés des républicains. Sa prochaine mission : faire sauter un pont lors d'un assaut d'envergure contre les troupes franquistes. Dans les montagnes, l'" Inglés" rejoint un groupe dirigé par une femme, Pilár. Celle-ci a recueilli la jeune María, dont les parents ont été tués par les franquistes. Robert et María tombent amoureux..."

"Sierra melodramática". "Comment traduire à l'écran l'idéalisme sec et le romantisme sombre du roman d'Hemingway ? La Paramount, qui avait racheté les droits du livre en 1949, voulut en faire une superproduction mélodramatique tournée dans la Sierra Nevada californienne. La guerre d'Espagne et la politique passent à l'arrière-plan, et l'intrigue se concentre sur les personnages : d'un côté la petite troupe de Pilár, tronches burlesques et caractères hauts en couleur, de l'autre les deux héros, beaux, passionnés et très émouvants, incarnés par Gary Cooper et Ingrid Bergman".


"La Maison du docteur Edwardes"

Arte diffusera le 25 octobre 2026 à 21 h "La maison du docteur Edwardes" (Ich kämpfe um dich ; Spellbound), d'Alfred Hitchcock (1945) avec Ingrid Bergman (Dr. Constance Petersen), Gregory Peck (Dr. Anthony Edwardes/John Ballantyne), Michael Chekhov (Dr. Alexander Brulov), Leo G. Carroll (Dr. Murchison).

"Le docteur Edwardes, le nouveau directeur de la clinique psychiatrique de Green Manor, a un comportement bien étrange... Amour, chasse à l'homme et psychanalyse pour la première collaboration d'Ingrid Bergman et de Gregory Peck avec Alfred Hitchcock. Le film est également connu pour la séquence du rêve réalisée en collaboration avec Salvador Dali".

"Constance Petersen est psychiatre dans un asile d’aliénés, Green Manor, dans le Vermont. Le directeur de l’établissement, le docteur Murchinson, part à la retraite et doit être remplacé par un certain Edwardes. Dès son arrivée, ce dernier se comporte bizarrement. Après plusieurs incidents, Constance s’aperçoit qu’il s’agit d’un amnésique se prenant pour Edwardes. Le "docteur" ayant fait une fugue, Constance parvient à le rejoindre. Elle décide de l’aider… "

"C’est en 1944, lors d’un séjour à Londres, qu’Alfred Hitchcock commence à travailler avec Angus McPhail à l’adaptation du livre de Francis Beeding. Dans le roman, un fou s’empare d’un asile d’aliénés dont le directeur dit des messes noires, la croix du Christ étant tatouée sur la plante de ses pieds afin qu’il puisse la fouler à chaque pas… De retour à Hollywood, Hitchcock écrit avec Ben Hecht un scénario plus sage sous la férule de Selznick. Le sujet – une femme veut à tout prix guérir l’homme qu’elle aime – fait du film un vibrant plaidoyer en faveur de la psychanalyse, science alors en vogue aux États-Unis et qui passionne Hitchcock". 

"Le film se déroule comme une longue marche du couple à la recherche de la vérité, dans une espèce de labyrinthe parsemé de symboles, sur un fond musical où reviennent deux superbes leitmotiv pour lesquels Miklos Rozsa décrocha l’Oscar. La séquence du rêve est l’une des plus étonnantes : "J’ai voulu absolument rompre avec la tradition des rêves de cinéma qui sont habituellement brumeux et confus, avec l’écran qui tremble, explique Hitchcock dans ses entretiens avec François Truffaut (Éd. Ramsay). J’ai demandé à Selznick de s’assurer la collaboration de Salvador Dalí. […] Je voulais Dalí à cause de l’aspect aigu de son architecture – Chirico est très semblable –, les longues ombres, l’infini des distances, les lignes qui convergent dans la perspective… les visages sans formes… Naturellement, Dalí a inventé des choses assez étranges qu’il n’a pas été possible de réaliser : une statue qui craque, des fourmis qui s’échappent et recouvrent Ingrid Bergman..." 

"Ce film d’Alfred Hitchcock est célèbre pour proposer une vulgarisation de la psychanalyse. Dans une clinique psychiatrique, l’interprétation d’un rêve va permettre la guérison d’un malade atteint d’un complexe de culpabilité, mais aussi de résoudre une intrigue criminelle aux ramifications imprévisibles. Cette production hollywoodienne de prestige est écrite par Ben Hecht pour David O. Selznick, alors à la tête de la MGM. Le producteur et directeur de studio a confié à Salvador Dali une longue séquence de cauchemar qui sera finalement fragmentée en quatre parties. Le peintre surréaliste, qui jouissait d’une immense popularité aux États-Unis, projette de créer plusieurs tableaux vivants qui seront abandonnés, trop compliqués ou impossibles à intégrer dans un long métrage commercial. Si les visions de l’artiste génial finissent par s’intégrer tant bien que mal au reste du métrage, Alfred Hitchcock sait donner à ses propres images une valeur onirique, comme par exemple ce revolver filmé en gros plan qui se retourne vers le spectateur, ou cette scène de descente à ski d’une montagne enneigée. Comme dans un certain nombre de ses films, le cinéaste associe dans le même mouvement narratif une histoire d’amour et une enquête policière. Une psychiatre cherche la vérité sur l’homme qu’elle a rencontré et qui l’a immédiatement séduite. Cet homme se révèle un imposteur frappé d’amnésie et mêlé à la disparition du mystérieux docteur Edwardes. Hitchcock met en scène une double quête, celle d’une identité perdue, et celle d’un assassin caché. La photographie du film sublime la beauté de ses deux stars, Ingrid Bergman et Gregory Peck, dans une forme de quintessence du « glamour » hollywoodien", a analysé Olivier Père.

« Les enchaînés »
« Les enchaînés » a été réalisé par Alfred Hitchcock (1946).

« La fille d’un traître pronazi séduit un ami de son père au bénéfice des services secrets. Avec un couple inoubliable (Cary Grant et Ingrid Bergman), Hitchcock signe l’un de ses plus beaux films. »

« Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Huberman, un espion américain pronazi, est condamné à mort. Sa fille, Alicia, s'abîme dans la débauche. Lorsqu'un agent du gouvernement, Devlin, lui propose de réhabiliter son nom en risquant sa vie pour son pays, elle accepte. Ils partent pour Rio et se sentent peu à peu puissamment attirés l’un vers l’autre. Mais Devlin méprise Alicia en raison de son passé. Lorsqu'il l'informe de sa mission – séduire un ancien ami de son père, Sebastian, afin d’infiltrer son réseau –, il espère qu'elle refusera. Mais elle consent et réussit... »

« Ce sont les Mémoires de l’espionne française Marthe Richard qui ont inspiré Les enchaînés à Hitchcock, même si le film, l’un de ses plus émouvants, n'a qu'un rapport lointain avec les exploits de cette dernière. »

Au plus près de ses interprètes magnifiques et au fil d’un suspense oppressant, le cinéaste raconte le lent chemin l’un vers l’autre de deux solitaires, murés l’une dans sa tristesse autodestructrice de "scandaleuse" ("notorious" en anglais, le titre original), l’autre dans ses préjugés amers. »

« Entre drame psychologique et thriller d'espionnage, ce chef-d'œuvre porté sous son apparente froideur par une sensualité torride procède aussi d’une analogie politique : Hitchcock identifie le nazisme à une conspiration diabolique tout en regardant ses personnages lutter contre la tentation du pire. Une séduction maléfique dont on ne peut se défaire que par l'aveu, vertu clé de tous les films du maître. »

"Anastasia"
Arte diffusa le 27 décembre 2024 à 20 h 55 "Anastasia", film américain d'Anatole Litvak (1956) avec Ingrid Bergman, Yul Brynner, Helen Hayes et Akim Tamiroff.

Meilleure actrice (Ingrid Bergman), Oscars, Golden Globes et Prix David di Donatello 1957  

"En 1928, dix ans après l’assassinat des Romanov, un général russe en exil affirme avoir retrouvé la fille du tsar, seule survivante du massacre. Anatole Litvak conjugue romanesque historique et faste hollywoodien dans cette reconstitution inspirée de faits réels, avec Ingrid Bergman et Yul Brynner."
 
"En 1928 à Paris, Bounine, un général russe exilé, cherche à mettre la main sur la fortune du tsar Nicolas II, exécuté dix ans plus tôt par les bolcheviks avec toute sa famille. Le jour de la Pâque orthodoxe, il sauve du suicide une jeune amnésique, Anna Koreff, qui ressemble étrangement à la grande-duchesse Anastasia, la fille de l’empereur assassiné, dont une rumeur prétend qu’elle aurait survécu au massacre. Bounine forme lui-même sa protégée, lui enseignant les bonnes manières et l’histoire des Romanov. Ils font ensuite le voyage à Copenhague dans l’espoir d’y rencontrer la grand-mère d’Anastasia, seule à même de confirmer l’identité de la jeune femme…"
 
"Si les corps des époux impériaux et de leurs cinq enfants ont été depuis formellement identifiés, en 1956, le mystère Anastasia demeure. Adaptant une pièce de Marcelle Maurette, Anatole Litvak (La nuit des généraux) explore l’histoire véritable d’Anna Anderson, qui prétendit être la princesse russe."

"D’où proviennent les souvenirs qu’elle conte et que seule Anastasia a pu vivre ? Comment expliquer ce dédoublement de la personnalité ? Laissant planer le doute, le réalisateur signe une reconstitution romanesque dans la plus pure tradition hollywoodienne, servie par des costumes et décors somptueux et un majestueux duo d’interprètes. Face au ténébreux Yul Brynner, Ingrid Bergman, oscarisée, livre une prestation émouvante dans ce rôle de jeune femme tourmentée, en quête d’identité." 

"Indiscret"
"Indiscret" (Indiskret ; Indiscreet) est une comédie réalisée par Stanley Donen (1958) avec Cary Grant et Ingrid Bergman. "Au premier regard, une comédienne succombe au charme d'un expert financier. Mais celui-ci lui annonce qu'il est marié... Réunissant Ingrid Bergman et Cary Grant dans un duo de charme, une élégante comédie sentimentale mise en scène par Stanley Donen, maître du genre."

"Après avoir abrégé des vacances aux Baléares, Anna Kalman, comédienne de théâtre à la gloire désenchantée, est de retour chez elle à Londres. Ayant perdu toute illusion sur les hommes, la belle célibataire rencontre alors, grâce à sa sœur et à son beau-frère, Philip Adams, un irrésistible expert financier au charme duquel elle succombe au premier regard. Le parti idéal n’a qu’une faiblesse : il est marié et dans l’incapacité de divorcer. Bravant avec panache les conventions, le couple entame une liaison sans nuages, jusqu’au jour où Anna apprend que Philip lui a menti…"

"Impeccable fluidité de la mise en scène, audaces formelles dans une économie de lieux et subterfuges visuels empruntés au théâtre… : à partir du scénario de Norman Krasna adapté de sa pièce à succès et sur un très étroit fil narratif, Stanley Donen (Chantons sous la pluie) brode une délicieuse comédie et explore avec élégance la complexité du couple et de ses petits arrangements. Épris d’Anna, Philip, maladivement rétif à l’engagement, se retranche derrière un statut fictif d’homme marié pour éviter, avec elle comme avec ses conquêtes antérieures, l’invasion conjugale, tandis qu’elle s’égare avec volupté dans le rêve romantique de l’amour impossible. C’est cette partition délicate et à fleurets mouchetés qu’interprètent Cary Grant et Ingrid Bergman, stars assumant le flamboyant crépuscule de leur carrière, et qui se retrouvent à l’écran douze ans après avoir été réunis au sommet par Hitchcock dans Les enchaînés. Un duo de charme dont la classe souveraine infuse le film, discrète et subtile variation sur la guerre des sexes."

« Le crime de l'Orient-Express »
Arte diffusa le 1er juillet 2024 à 13 h 35 « Le crime de l'Orient-Express » de Sidney Lumet, avec Albert Finney, Lauren Bacall, Ingrid Bergman.

« Hercule Poirot traque un meurtrier lors d'un voyage en train où la plupart des passagers sont suspects... Portée par un casting de haut vol (Albert Finney, Lauren Bacall, Ingrid Bergman), une savoureuse adaptation hollywoodienne du best-seller d'Agatha Christie. »

Dans le train express Istanbul-Calais, un drame vient troubler la quiétude des passagers. M. Ratchett, un homme d'affaires américain, est retrouvé poignardé dans sa couchette. Une douzaine de personnes sont suspectées. Toutes ont un alibi, mais restent étrangement liées au meurtre. Passager du train lui aussi, Hercule Poirot mène l'enquête. Ses seuls indices : un mouchoir de femme marqué de l'initiale "H", un cure-pipe, un bouton d'uniforme, un peignoir de soie blanc et les cendres d'un message… »

« Charme de l’exotisme à l'ancienne des rues d'Istanbul grouillant d'une foule bigarrée, train de légende aux couleurs cuivrées, délices des toilettes, des maquillages et des silhouettes… : avec Le crime de l'Orient-Express, Sidney Lumet rend hommage au raffinement du siècle passé, à travers le soin apporté aux décors et sa mise en scène délibérément classique. »

Si le dénouement du roman le plus populaire d'Agatha Christie ne fait plus mystère, l’on suit avec un délicieux plaisir – à l’instar du réalisateur, friand de comédiens mythiques – la galerie hétéroclite de stars qui se croisent dans les couloirs des voitures. »

« De l’énigmatique Richard Widmark à Ingrid Bergman, irrésistible en bigote apeurée, oscarisée pour son interprétation, en passant par Sean Connery et Jacqueline Bisset, tous s’amusent de leurs personnages avec une évidente jubilation, pour des compositions hautes en couleur. »

Meilleur actrice dans un second rôle (Ingrid Bergman), Oscars 1975




Suède, 2015, 114 min. VOSTF.
Coproduction : Mantaray Film, ZDF/ARTE
A l'Institut suédois le 5 septembre 2015 à 21 h
11 rue Payenne. F-75003 Paris
Tél. : + 33 1 44 78 80 20
Sur Arte les 29 avril 2018 à 22 h 55, 20 mai 2018 à 9 h 25, 24 juillet 2022 à 5 h 25
Sur arte.tv du 03/07/2022 au 01/08/2022

« Ingrid Bergman et Roberto Rossellini » de Bertrand Tessier
France, 2018, 52 min
Production : Adamis Production
Sur Arte les 25 octobre 2026 à 22 h 50, 01 novembre 2026 à 20 h 05
Sur arte.tv du 24/09/2026 au 30/08/2027
Visuels : © The Burbank Agency

Casablanca, de Michael Curtiz (1941)
Etats-Unis, 1941, 98 min
Sur Arte le 30 août 2015 à 20 h 45
Auteur : Murray Burnett, Joan Alison
Image : Arthur Edeson
Montage : Owen Marks
Musique : Max Steiner
Producteur/-trice : Hal B. Wallis, Jack L. Warner
Production : Warner Bros.
Réalisation : Michael Curtiz
Scénario : Julius J. Epstein, Philip G. Epstein, Howard Koch
Image : HD, 16/9
Son : Mono
Acteurs : Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Conrad Veidt, Sydney Greenstreet, Peter Lorre, S.Z. Sakall, Madeleine LeBeau, Dooley Wilson, Joy Page, John Qualen, Leonid Kinskey, Curt Bois
Sur Arte les 30 août à 20 h 45 et 31 août 2015 à 13 h 35

"Pour qui sonne le glas" de Sam Wood
Paramount Pictures, 1943, 150 min
Auteur : Ernest Hemingway
Image : Ray Rennahan
Montage : John F. Link Sr., Sherman Todd
Musique :Victor Young
Scénario : Dudley Nichols
Avec Gary Cooper (Robert Jordan), Akim Tamiroff (Pablo), Ingrid Bergman (María), Arturo de Cordova (Agustin), Vladimir Sokoloff (Anselmo), Fortunio Bonanova (Fernando), Katina Paxinou (Pilar)
Sur Arte les 26 septembre à 20 h 50 et 17 octobre 2016 à 13 h 35, 10 juillet 2022 à 13 h 25
Visuels : © 1943 Paramount Pictures, EMKA

"La maison du docteur Edwardes" par Alfred Hitchcock
Etats-Unis, 1945
Auteurs : Francis Beeding, Hilary St George Saunders
Scénario : Ben Hecht, Angus MacPhail
Production : Selznick International Pictures, Vanguard Films
Producteur : David O. Selznick
Image : George Barnes
Montage : William H. Ziegler, Hal C. Kern
Musique : Miklos Rozsa
Avec Ingrid Bergman (Dr. Constance Petersen), Gregory Peck (Dr. Anthony Edwardes/John Ballantyne), Michael Chekhov (Dr. Alexander Brulov), Leo G. Carroll (Dr. Murchison), John Emery (Dr. Fleurot), Steven Geray (Dr. Graff)
Sur Arte les  6 juillet 2020 à 20 h 55, 25 octobre 2026 à 21 h, 31octobre 2026 à 13 h 30
Visuels :
Gregory Peck (le docteur Edwardes/John Ballantine) et Ingrid Bergman (le docteur Constance Petersen)
Ingrid Bergman (le docteur Constance Petersen)
© ABC Inc. All rights reserved

« Les enchaînés » d'Alfred Hitchcock
États-Unis, 1946, 1h37mn, VF/VOSTF
Production : RKO
Scénario : Ben Hecht, Alfred Hitchcock
Montage : Theron Warth
Direction artistique : Carroll Clark et Albert S. D'Agostino
Décors de plateau : Claude E. Carpenter (en), Darrell Silvera
Costumes : Edith Head
Musique originale : Roy Webb
Avec Cary Grant, Ingrid Bergman, Claude Rains, Louis Calhern, Leopoldine Konstantin, Reinhold Schünzel 


"Anastasia" d'Anatole Litvak
Etats-Unis, 1956, 1h41 
Auteurs : Marcelle Maurette,  Guy Bolton
Production : Twentieth Century-Fox
Producteur : Buddy Adler
Scénario : Arthur Laurents
Image : Jack Hildyard
Montage : Bert Bates
Musique : Alfred Newman
Avec Ingrid Bergman (Anna Koreff), Yul Brynner (Général Sergei Pavlovich Bounine), Helen Hayes (Maria Fedorovna), Akim Tamiroff (Boris Adreivich Chernov)
Sur Arte les 27 décembre 2024 à 20 h 55 et 29 décembre 2024 à 15 h10
Visuels : 
Ingrid Bergman (Anna Koreff) et Yul Brynner ( Général Sergei Pavlovich Bounine) dans " Anastasia" d' Anatole Litvak
Ingrid Bergman (Anna Koreff) et Helen Hayes (Maria Fedorovna) dans " Anastasia" d' Anatole Litvak
© Twentieth Century Fox

"Indiscret" par Stanley Donen
Royaume-Uni, Etats-Unis, 1958
Auteur :  Norman Krasna
Scénario : Norman Krasna
Production : Warner Bros., Grandon Productions
Producteur : Stanley Donen
Image : Freddie Young
Montage : Jack Harris
Musique : Ken Jones, Richard R. Bennett
Avec Cary Grant, Ingrid Bergman, Cecil Parker, Phyllis Calvert, David Kossoff, Megs Jenkins
Sur Arte le 6 janvier 2020 à 20 h 55
Visuels : © 2019 by Paramount Pictures Corporation

Jusqu’au 2 août 2015
51, rue de Bercy. 75012 Paris
Tél. : 01 71 19 33 33

Visuels
Casablanca de Michael Curtiz, 1952 © Théâtre du Temple et © Warner Bros
Docteur Jekyll et Mr Hyde de Victor Fleming, 1941 © Warner Bros. Picture France
Hantise de George Cukor, 1944 © Théâtre du Temple
Les Cloches de Sainte Marie de Leo McCarey, 1945 © DR
La Maison du Docteur Edwards de Alfred Hitchcock, 1944 © Les Acacias
Stromboli de Roberto Rossellini, 1949 © Films sans frontières
Jeanne au bûcher de Roberto Rossellini, 1954 © Gaumont
Elena et les hommes de Jean Renoir, 1955 © Gaumont
Les Enchaînés de Alfred Hitchcock, 1945 © Les Acacias

© "Wesleyan University Cinema Archive"
© Stina Gardell


« Le crime de l'Orient-Express » de Sidney Lumet
Royaume-Uni, 1974, 2 h 2
Production : EMI Film, G.W. Films
Producteurs : John Brabourne, Richard Goodwin
Auteure : Agatha Christie
Scénario : Paul Dehn
Image : Geoffrey Unsworth
Montage : Anne V. Coates
Musique : Richard Rodney Bennett
Avec Albert Finney (Hercule Poirot), Lauren Bacall (Mrs. Hubbard), Martin Balsam (Bianchi), Ingrid Bergman (Greta), Jacqueline Bisset (Comtesse Andrenyi), Jean-Pierre Cassel (Pierre), Sean Connery (colonel Arbuthnot), Anthony Perkins (McQueen), Vanessa Redgrave (Mary Debenham), Richard Widmark (Mr. Ratchett), Wendy Hiller (Prinzessin Dragomiroff)
Sur Arte les 1er juillet 2024 à 13 h 35, 04 juillet 2024 à 0 h 05, 06 juillet 2024 à 13 h 30


Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié sur mon blog le 31 juillet et 30 août 2015, puis les 27 septembre 2016, 29 avril 2018, 4 janvier 2020, 8 juillet 2022.