Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 2 octobre 2026

Paris en 1970

En 1970, la Ville de Paris et la Fnac ont organisé un concours destinés à des amateurs chargés de photographier Paris. Sur les 15 000 inscrits, environ 2 800 candidats ont adressé 91 655 photographies : un tiers de diapositives en couleurs et deux tiers de tirages noir et blanc. Une sélection de ces archives visuelles est proposée par la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP) dans l’exposition, nostalgique, parfois émouvante et à l’entrée gratuite, « C’était Paris en 1970 », ainsi que par le hors-série inédit du Parisien intitulé « Paris 1970 ». Apparait une image contrastée de la capitale diurne. D’une part, une ville belle, animée et bien entretenue, encore populaire, aux Parisiennes élégantes, aux enfants sages jouant dans des squares ou dans les rues, aux magasins aux enseignes variées, à l’affichage sauvage politisé, à la circulation intense d’automobiles et de bus parfois à plateforme arrière ouverte, aux travaux liés au RER. Et, d’autre part, des quartiers, insalubres ou en ruines, en pleine rénovation urbaine. Bref, le Paris d’avant…

« Au milieu des années 1950, Pierre Sudreau initie la "Reconquête de Paris" (1954-1975), une politique visant à reconstruire une ville accusée de souffrir d'un retard urbain et architectural. Les grands travaux suscitent une nouvelle prise de consciences patrimoniale. »

Du point de vue urbanistique, sous l’impulsion du ministre des Affaires culturelles (1958-1969) André Malraux, la rénovation urbaine - ravalements d’immeubles - a été initiée, des secteurs ont été sauvegardés, des espaces publics embellis, mais des quartiers insalubres perdurent en 1970.

Administrativement et politiquement, Paris n’a pas en 1970 de maire élu. La ville-département est alors géré(e) par l’Etat via la préfecture de Paris et par un Conseil d’élus alors majoritairement gaullistes ainsi que centristes.

Au printemps 1970, la Ville de Paris et la Fnac « lancent un grand concours "C'était Paris en 1970" dans le but de constituer des archives photographiques de la capitale aussi précises et complètes que possibles. »

1970, c’est une année charnière : débute la dernière décennie du Paris d’avant les grands travaux mitterrandiens des années 1980, d’avant sa gentrification ou boboïsation, d’avant l’implantation en centres villes d’enseignes par exemples de mini-markets ou de fast food, d’avant l’uniformisation à la stalinienne de la municipalité socialo-écolo-gaucho-communiste et, sous prétexte de végétalisation, avec des carrés de verdure dans des rues devenues piétonnes et aux trottoirs élargis parfois « dealers-compatibles » près d'écoles. D'avant sa tiers-mondisation.

Succès du concours
« Le 3 mars 1970, la Ville de Paris renoue avec un genre qu’elle avait débuté avec succès au début du siècle et annonce, lors d’une cérémonie à l’Hôtel de Ville, la tenue d’un grand concours de photographie amateur intitulé « C’était Paris en 1970 ». Une initiative de Claude Gourbeyre, maire du 20e arrondissement, Henry de Surirey de Saint-Rémy, directeur de la Bibliothèque historique, et des dirigeants » de la Fnac (Fédération nationale d'achats des cadres), Max Théret et André Essel, co-fondateurs de cette chaîne de magasins de vente de produits culturels et électroniques.

« Paris est alors découpée en 1755 carrés virtuels de 250 mètres sur 250 mètres : un photographe amateur tire au sort un de ces carrés et effectue un reportage dans le quartier correspondant à ce carré. »

« L’objectif est de constituer des archives photographiques, aussi précises et complètes que possible, dans chaque quartier, voire dans chaque rue, de la capitale. L’opération est très largement promue et financée par la Fnac, qui n’hésite pas à commander pour l’occasion une chanson à Juliette Gréco, » interprète de « Sous le ciel de Paris », « Paris Canaille », « Paris couleur Novembre », « A Saint Germain des Près », « Paris se rêve... »…

« Le 25 avril, près de 15 000 personnes se rendent aux Halles pour s’inscrire au concours. C’est là que les candidats tirent au sort le carré qu’ils devront documenter par un reportage photographique ».

« Sur les 15 000 inscrits, environ 2 800 candidats rendent leur copie. La masse documentaire ainsi obtenue s’élève à 91 655 photographies dont un tiers (30 000) de diapositives en couleurs et deux tiers (70 000) de tirages noir et blanc. La Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP) est désignée pour recevoir la riche production du concours, suscitée en quelques semaines ». 

« Ces photographes présentent une sociologie et une origine géographique plutôt contrastée. La moitié seulement réside à Paris, 40 % en banlieues limitrophes et 10 % sont venus d’autres régions. »

« La publicité du concours a donc largement débordé les limites de la capitale, preuve de la vivacité des réseaux de photographes amateurs (les années 1970 voient se multiplier les clubs-photos) et aussi de l’intérêt pour ce grand projet. Loin de rassembler une population âgée tenante du « c’était mieux avant », le concours a attiré la jeunesse : les deux tiers des candidats ont moins de 30 ans. Cette jeunesse est majoritairement masculine : seulement 13 % sont des femmes ».

« Quels appareils ont utilisé les concurrents ? La fin des années 1960 est un moment de transition où s’affirme, avec la diffusion grandissante d’appareils comme le Minolta SRT 101, le choix du reflex 24x36 par les amateurs avertis. Il faut cependant être prêt à débourser au moins 2 000 francs, soit plus de trois fois un SMIC, pour se l’offrir. Des appareils 24x36 plus simples et compacts, moins chers sans être bon marché, comme le Rollei 35 (1 200 francs), connaissent aussi un succès croissant. »

« Mais tous les concurrents ne sont pas équipés d’appareils coûteux ou dernier cri. Pour les plus petites bourses, le géant Kodak perfectionne chaque année sa gamme abordable et très populaire d’Instamatic, fabriquée en Europe, comme le 233-X, sorti en 1970 au prix d’environ 150 francs, qui produit des vues de format carré. Dans les années 1960, Kodak proposait aussi au grand public, pour 300 francs environ, une excellente déclinaison de son fameux Rétina : la Rétinette. Vendue à plus d’un million d’exemplaires, elle est encore très courante en 1970. L’entreprise française Foca propose également jusqu’en 1967 une belle alternative à la Rétinette, le Focasport, en métal puis partiellement en plastique dans un design du célèbre Roger Tallon ».

L’exposition propose les interviews de quelques uns de ces photographes amateurs passionnés et souvent autodidactes. L’un d’eux s’étonne du choix du vainqueur car il n’a pas, selon lui, correspondu aux critères du concours.

Ce concours et « le travail de la Commission du Vieux Paris, témoignent des mutations urbaines à travers la photographie. »

Ont puisé dans ce fonds photographique, la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP) pour l’exposition nostalgique, parfois émouvante, « C’était Paris en 1970 » à l’entrée libre, et Le Parisien pour son hors-série inédit Paris 1970.

Pour paraphraser Charles Aznavour, cette exposition photographique et le hors-série du Parisien montrent le Paris que les « moins de… soixante ans n’ont pas connu... »

« C’était Paris en 1970 » 
L’exposition présentée à la BHVP, notamment dans sa cour, « met à l’honneur ce fonds pléthorique, instructif et émouvant, à la fois nostalgique des années 1960 et annonciateur de la modernité des Seventies. »

« Elle est une invitation à se plonger dans ces archives visuelles, témoins d’un Paris en partie disparu : des rues où les enfants sautent à l’élastique et jouent librement au gendarme et au voleur, où les vieux se retrouvent sur un banc le temps d’une belote, où l’on rencontre des boulistes dans chaque square et terrain vague. » « Vieux » ? Plutôt personnes âgées.

La Commissaire de l'exposition est Juliette Eyméoud, Conservatrice au département de la Photographie et de l’Iconographie à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.

Sur Instagram et Facebook, la BHVP offre une visite virtuelle et partielle de cette exposition qui suscite nostalgie et attendrissement. Chaque semaine jusqu'à la fin de l'été, elle proposait de gagner une affiche de l’exposition en identifiant le lieu d'une photo.

Une invitation à la découverte de la capitale et de Parisiens, badauds, touristes, provinciaux ou étrangers, et banlieusards.

Les photographes amateurs ont saisi le Paris chanté par Yves Montand et Jacques Dutronc. Et celui immortalisé par les photographes humanistes : Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Willy Ronis, Brassaï, Izis, André Kertesz, Sabine Weiss…

Le noir et blanc de photographies de ruines dramatise le caractère désolé de certains quartiers. « Paris est « une ville en chantiers, tout en démolition, construction et restructuration, dans laquelle on s’inquiète de l’expropriation comme du temps d’Haussmann, et sous laquelle un dédale de souterrains accueille les lignes du Métro et du récent RER. »

De ces photographies, émerge surtout l’image d’un Paris éternel avec sa butte Montmartre, la Tour Eiffel. Une belle capitale ensoleillée, arpentée par des personnes bien habillées, des femmes arborant parfois des mini-jupes et de rares hippies.

Une ville vivante, belle, propre. Avec des enfants bien vêtus, jouant dans des squares sous la surveillance de leurs mères et non de nounous immigrées. Des garçons en patins à roulettes et non en trottinettes dans une rue, des petites filles à socquettes blanches et chaussées de babies en cuir jouant dans un square. Des devantures de magasins divers – quincaillier ou droguiste, magasins de prêt-à-porter -. Des quartiers spécifiques. Des immeubles sans interphone, où artisans et ouvriers pouvaient encore y vivre, où des passants pouvaient entrer dans la cour intérieure pavée et découvrir une fontaine, des ateliers de confection. Une cité touristique saisie sous des angles surprenants : des enfants assis sur et dans une voiture. Un mobilier urbain en bon état : bancs en bois verts où nos ainés aimaient observer le spectacle de la rue, grilles métalliques protégeant la base des arbres. Une ville diurne où règnent la voiture, sous l’œil vigilant de « contractuels », et des bus à plateforme arrière ouverte.

Une ville « enfin où l’information et la politique se lisent dans la presse imprimée, distribuée partout, et sur les murs, couverts d’affiches et de graffitis ». 

Une vitrine de l’exposition rappelle la rivalité entre deux quotidiens populaires France-Soir et Le Parisien libéré. Beaucoup de graffitis du Parti communiste français (PCF) ou de la Confédération générale du travail (CGT) et d’affiches sur la guerre au Vietnam. 

Aucun graffiti « Free Palestine » ou « Free Gaza ».

« Paris 1970 »
Le 23 septembre 2026, Le Parisien a publié son hors-série  inédit « Paris 1970 » : « 113 photos inédites d'une capitale en pleine transformation » sont commentées par la rédaction du journal.

Des auteurs de ces photographies et Antoine de Caunes témoignent sur leur vécu.

« Au printemps 1970, Paris est en pleine effervescence : chantiers et grands travaux  métamorphosent la capitale. La ville de Paris et la Fnac organisent alors « le plus grand concours photo du monde » ! L’objectif : documenter une ville en pleine mutation. »

« Plongez dans un Paris où s’entrechoquent les générations, où se croisent encore Parisiens d’avant-guerre et hippies des 70’s. Redécouvrez une ville populaire chargée d’histoire bousculée par un vent de modernité. »

Le « Paris d’avant »
On est épaté par la beauté d’une ville vivante, sans camps de migrants, avant l’immigration de masse « chance pour la France » et marqueur de la « diversité ». Les clochards ou vagabonds n’étaient pas encore dénommés « SDF » (Sans domicile fixe), acronyme réapparaissant dans les années 1980, dès le premier septennat du Président socialiste François Mitterrand.

Un tel concours serait-il envisageable en 2026 ? S'imposeraient le floutage des visages par respect pour la vie privée et le droit à l’image, la censure de certains lieux squattés par des drogués ou des étrangers en situation irrégulière. On verrait des piétons aux godasses moches, des adolescentes ou jeunes femmes aux vêtements amples dissimulant la silhouette, des boutiques "Bail à céder", une rue de Rivoli quasi-morte le matin vers 9 heures avec ses doubles allées pour de rares cyclistes et la file des voitures et camions...

En un peu plus d’un demi-siècle, Paris s’est métamorphosé. Pas en bien ni en beau. L’exposition et le hors-série montrent le « Paris d’avant  »… 

Avant sa gentrification, sa boboïsation, son uniformisation, et l'instrumentalisation du logement social devenu un moyen d’éviction de la classe moyenne et permettant le basculement politique de circonscriptions et la conquête de la Mairie de Paris.

Avant la politique de la municipalité socialo-écolo-gaucho-communiste depuis un quart de siècle. Le Paris où les touristes pouvaient visiter une belle ville sans risque pour leur sécurité. 


Du 1er juin au 7 octobre 2026 
24, rue Pavée, 75004
Tél. : 01 44 59 29 40
Entrée libre du lundi au samedi de 10h à 18h 
Visuels :
© BHVP - André Papet

© BHVP - Michel Fromont

© BHVP - Raymond Pages

« Garagistes rue de Sèvres »
Vincent Fournier

© BHVP – Rameaux

« De tout…un peu »
© BHVP Photographe non identifié

© BHVP - Camille Henry

« Travaux rue de la Paix »
Manuel Cruz Serna

2-DP-012-0117-01 (13)
« Enfants et chantier »
Ezio Magnabosco

© BHVP - Michel Perruchot Dupleix


Paris 1970
Hors-série de 100 pages
Disponible pendant 3 mois
6,90 € 
Disponible à la commande sur la boutique leparisien.fr


Articles sur ce blog concernant :

jeudi 1 octobre 2026

Javier Milei, Président de l'Argentine

Né le 22 octobre 1970 à Buenos Aires (Argentine), économiste libéral, député libertarien élu en 2021, est Président de l'Argentine depuis 2023. Hostile au socialisme, il a redressé de manière spectaculaire l'économie argentine en appliquant son programme visant à réduire les interventions de l'Etat dans la vie économique. En un an, le bilan s'avère positif. Intéressé par le judaïsme, Javier Milei soutient l'Etat d'Israël dans sa guerre existentielle. Il entame un voyage officiel en France tiers-mondisée par des politiques de gauche, dont le macronisme, afin d'attirer des investissements économiques dans son pays riche notamment en lithium, et bénéficie du Mercosur, traité de libre-échange entre l'Union européenne (UE)  favorisant notamment ses agriculteurs.

Le périple des Juifs allemands du « Saint-Louis »

Né le 22 octobre 1970 à Buenos Aires (Argentine), est un économiste libéral argentin. 

Professeur d’économie à l’université pendant une vingtaine d’années, il est médiatisé et exprime son adhésion au libéralisme. Son attachement aux libertés lui inspire des critiques envers la politique liberticide durant la pandémie de coronavirus.

En 2019, il adhère au Parti libertarien (Partido Libertario, PL), fondé en 2018.

En 2021, il est élu député.

Le 19 novembre 2023, avec 55,65 % des suffrages exprimés, il est élu Président de la Nation argentine après une campagne électorale où il campe avec une tronçonneuse pour illustrer son programme de réduire l’Etat, dont il se méfie, à ses compétences régaliennes et diminuer le nombre des fonctionnaires. Son slogan : « Afuera ! » (« ça dégage ! ») résume les coupes budgétaires qu'il prévoyait d'effectuer.

Le 10 décembre 2023, au Congrès de la Nation argentine, Javier Milei est investi Président de la Nation. Son mandat est de quatre ans.

Rapidement, il applique son programme économiquement libéral pour favoriser la libre entreprise dans un contexte d’hyperinflation (140% par an), de dette élevée, et malgré l’opposition du monde culturel : réduction du nombre de membres du gouvernement et de fonctionnaires, de réglementations dans l’immobilier pour inciter les propriétaires à remettre dans le marché leurs biens en location, etc.
 
En un an, les résultats sont positifs : inflation jugulée, premier excédent budgétaire depuis 2008. La pauvreté (40%) persiste.

L’administration Trump, notamment Elon Musk, a rencontré Javier Milei pour dialoguer sur son action.

Très intéressé par le judaïsme, Javier Milei considère Shimon Axel Wahnish, grand rabbin de la communauté juive marocaine-argentine, comme son « guide spirituel ». Il s’est rendu, ému, au Kotel, à Jérusalem, lors de sa visite officielle en Israël qu’il soutient dans son combat existentiel contre les djihadistes. Il a annoncé le déplacement de l’ambassade d’Argentine à Jérusalem.

Non "politiquement correct", il nie le "dérèglement ou réchauffement climatique".

Doué de bon sens, Javier Milei représente l’opposition aux politiques économiques qui ont induit les déclins de nombre de pays européens, dont la France, et à la médiocrité des « experts » ainsi que des politiciens français. Il incarne le libéralisme honni par l'"économiquement correct" qui loue l'interventionnisme étatique, source de surrèglementations, de gaspillages et d'irresponsabilités, imprègne les manuels scolaires de socialisme, et conduit inéluctablement à la pauvreté généralisée, au chômage de masse et à la décroissance.

Il insuffle l’espoir qu’une alternative rapide existe pour redresser des pays appauvris par des politiques socialistes vouées à l’échec. Il redonne la confiance, à des électeurs déçus, en des nouveaux politiciens qui appliquent leur programme et obtiennent le succès promis.

"Depuis son apparition sur la scène politique argentine et internationale, Javier Milei a provoqué de vives réactions chez de nombreux responsables de gauche, particulièrement en France. Sur X, Olivier Faure (PS) dénonçait un « feu d’artifice réactionnaire en Argentine. Le libéralisme chimiquement pur ». Yannick Jadot (EELV) qualifiait pour sa part Javier Milei de figure inquiétante en affirmant que « l’internationale de l’extrême-droite a produit son pire monstre politique ». Sandrine Rousseau (EELV) ajoutait : « pour ne pas agir nous sommes prêts à mettre les pires au pouvoir. Bientôt la France ? ». Et Clémentine Autain (ex-LFI) avait apporté son « soutien aux Argentin.es qui lui résisteront. Même Stéphane Séjourné, Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services (membre de Renaissance et ancien du PS), écrivait sur X : « L’Argentine a fait démocratiquement le choix de l’aventure populiste d’extrême-droite. […] Mais répétons-le encore et encore : à chaque fois, ces expériences se soldent par un échec et de la souffrance ».», a écrit Lorenzo Delpech dans "L’Argentine de Milei atteint 4,4 % de croissance : la gauche étatiste à court d’arguments !" (Contrepoints, 25 février 2026).

Et l'auteur a poursuivi : "Pourtant, la gauche, qui se présente comme le défenseur des plus démunis, ne peut pas nier les faits. Le taux de pauvreté en Argentine est aujourd’hui au plus bas depuis 2010, et les données économiques publiées par l’INDEC (Instituto Nacional de Estadística y Censos) le 24 février 2026 sont tout aussi encourageantes. L’estimation mensuelle de l’activité économique (EMAE) pour décembre 2025 enregistre une croissance de 3,5 % par rapport à décembre 2024 et de 1,8 % par rapport à novembre en données désaisonnalisées. Sur l’ensemble de l’année, la moyenne annuelle de l’EMAE progresse de 4,4 % par rapport à 2024. En décembre 2025, l’indice qui mesure le niveau d’activité économique corrigé des variations saisonnières (base 100 en 2004) atteint 155,5 – soit son niveau le plus élevé depuis 2022. Onze secteurs d’activité composant l’EMAE ont affiché des hausses en décembre, avec en tête le secteur agricole (+32,2 % en glissement annuel), porté par une production historique de blé, et l’intermédiation financière (+14,1 %). Si l’industrie manufacturière (-3,9 %) et le commerce (-1,3 %) ont légèrement reculé, l’ensemble de l’économie présente un rebond généralisé, contrastant fortement avec les années de gestion péroniste".

Et Lorenzo Delpech a conclu : "En 2025, le bilan économique de Javier Milei apparaît donc remarquable, surpassant largement ce que la gauche péroniste a produit dans des conditions comparables. Inflation maîtrisée, pauvreté en recul et croissance soutenue : la logique interventionniste et centrée sur des programmes de gauche-marxiste, qui n’a jamais permis une prospérité durable, continue de se heurter à des faits indiscutables".

Le Président Javier Milei est le vainqueur des élections législatives de mi-mandat en 2025.

Les résultats économiques sont élogieux : en 2026, l'inflation devrait avoisiner 25 %, le taux de pauvreté a chuté de 20 points en un an à 31,6 % au premier semestre 2025. Le FMI prévoit une hausse du PIB de 3,5 % cette année. Le budget devrait été équilibré et dégager un excédent en 2027. Les finances publiques devraient afficher cette année un excédent primaire (NDLR : hors paiement des intérêts de la dette et du principal) de 1,4 % du PIB.

Par son libéralisme économique expliqué de manière didactique par Sarah Knafo, Reconquête ! paraît le parti le plus proche de Javier Milei.

Le Marché commun du Sud, Mercosur ou Mercosul, est une zone de libre-échange réunissant l'Union européenne (UE) et des pays de l'Amérique du Sud : Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay et Uruguay. Le Venezuela en a été suspendu dès décembre 2016. Par cet accord appliqué provisoirement, l'UE a ainsi sacrifié ses agriculteurs soumis à des normes bureaucratiques ou sanitaires non appliquées par les pays sudaméricains cocontractants.

Le Président Javier Milei conteste la souveraineté britannique sur les iles Falklands ou Malouines (Malvinas) visées par des projets pétroliers.

« Milei : le documentaire à la tronçonneuse »
Dans la série « Le dessous des images. Regarder pour mieux voir », « Sonia Devillers raconte avec passion l’histoire d’une photo, d’une image. De sa construction à son impact sur notre vision du monde, comment expliquer sa viralité et ses pouvoirs ? Le magazine “Le dessous des images” propose une interprétation qui nous apprend à voir au-delà du premier regard. »

Arte diffusa le 15 janvier 2025 à 19 h 30, dans le cadre de la série « Le dessous des images », « Milei : le documentaire à la tronçonneuse ».

« Un homme présenté en héros, un montage partisan et une musique épique, voici la bande-annonce d’une série documentaire, retraçant l’ascension politique du président argentin Javier Milei. Démarche documentaire ou outil de communication, à qui profite vraiment ce type d’images ?  »  

« La bande-annonce de cette série événement a été publiée sur X le 27 août 2024. Digne d’une production Netflix, elle a été réalisée par l’équipe du président argentin pour écrire sa légende »

« Pour la correspondante en Argentine Anaïs Dubois, cette série s’inscrit dans la stratégie de communication de Javier Milei. »

« Filmer l’ascension d’un homme politique n’est pas nouveau, c’est même devenu un genre depuis les années 1960. Mais le spécialiste du cinéma et de l’audiovisuel Martin Goutte nous explique qu’avec sa série, Milei brouille les codes pour en faire un outil de pure propagande. »


France, 2024, 11 min
Présentation : Sonia Devillers
Sur Arte le 15 janvier 2025 à 19 h 30
Sur arte.tv du 15/01/2025 au 16/12/2029



Les citations sur le film proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 13 janvier 2025.

mercredi 30 septembre 2026

Le Dr Yehuda David, Clément Weill-Raynal et Actualité juive condamnés pour avoir diffamé Jamal al-Dura

Le 29 avril 2011, la XVIIe chambre du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris a condamné le Dr Yehuda David, chirurgien, Clément Weill-Raynal, journaliste, et Actualité juive à payer solidairement 5 000 euros en dommages et intérêts à Jamal al-Dura pour l'avoir diffamé dans deux articles publiés en 2008 par cet hebdomadaire. Le Tribunal a jugé diffamatoires des propos alléguant que, le 30 septembre 2000, ce Gazaoui avait participé à une mise en scène diffusée par France 2, puis avait imputé à tort à des tirs israéliens la mort de son fils Mohammed et ses anciennes blessures afin de berner l'opinion publique, et ce, avec la complicité de médecins palestiniens. Ce jugement laisse entières certaines questions, voire en suscite d'autres notamment sur la date de l'hospitalisation à Amman de Jamal al-Dura et la "foi" de magistrats en un "rapport" médical jordanien. Ce qui affaiblit la crédibilité de ces images télévisées. Article republié en ce 26e anniversaire de la diffusion par le Journal télévisé (JT) de 20 h France 2 de ce "blood libel" (allégation infondée de meurtre rituel d'un enfant non-juif par des Juifs), et alors que, depuis et notamment durant la guerre israélienne existentielle Swords of Iron (Epées de fer), Pallywood/Gazawood a continué de mettre en scène, produire et diffuser à des médias occidentaux, naïfs ou cyniques, d'autres blood libels alimentant l'antisémitisme et diffamant l'Etat d'Israël. Faute d'une défaite judiciaire, politique et médiatique dans cette affaire al-Dura, Pallywood a continué sa production léthale pour Israël et les juifs. Le 30 septembre 2026, l'historien Richard Landes a publié sur son blog "Al Durah, The First Post-Modern Blood Libel. Pallywood’s Most Spectacular Success" ("Al Durah, la première accusation de meurtre rituel post-moderne. Le succès le plus spectaculaire de Pallywood").

Cet article a été publié en une version américaine plus concise par Ami magazine.
That article was published in American English and in a more concise version by Ami magazine.
Les blessures de Jamal al-Dura étudiées par le Tribunal correctionnel de Paris
La Cour d’appel de Paris a évoqué les blessures de Jamal al-Dura 
« Le fusillé du mur des cons » par Clément Weill-Raynal


C'est un jugement de treize pages à la motivation sévère, mais il ne convainc pas et ne clôt pas l'affaire al-Dura.

Des images aux "blessures"
L'affaire al-Dura a débuté le 30 septembre 2000, quand France 2 a diffusé le reportage de Charles Enderlin, son correspondant permanent à Jérusalem, déclarant en voix off sur des images signées par le cameraman palestinien Talal Abu Rahma :
« Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus des positions israéliennes. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».
Jamal al-Dura a été filmé alité dans un hôpital à Gaza le 1er octobre 2000, puis à Amman (Jordanie) le 5 octobre 2000 lors de la visite du roi Hussein de Jordanie.

L’image du « petit Mohamed » devient l’icône de l’Intifada II.

Ce reportage suscite des doutes, et des enquêtes dès fin 2000 de Nahum Shahaf, physicien israélien, de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l’agence de presse Mena (Metula News Agency). 

Nahum Shahaf et la Ména contestent l'authenticité des faits allégués dans ce reportage, et concluent à la mise en scène.

Au sein de la Ména, Gérard Huber, psychanalyste, et Luc Rosenzweig, journaliste confirmé, poursuivent leurs investigations. Gérard Huber publie un livre au titre significatif.

Dans son documentaire Trois balles et un enfant mort. Qui a tué Mohamed al-Dura ? diffusé en 2002 par ARD, Esther Schapira, documentariste allemande, soutient que l'enfant serait mort vraisemblablement par des balles palestiniennes. 

C'est Richard Landes, historien américain, qui parvient à interviewer Charles Enderlin, et forge le néologisme Pallywood pour désigner l'industrie audiovisuelle palestinienne de propagande…

La polémique sur ce reportage controversé est alimentée par le long refus de France 2 de rendre publics les rushes du reportage, et les versions successives et contradictoires de Talal Abu Rahma qui, le 3 octobre 2000, affirme sous serment, au Centre palestinien des droits de l’homme : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne », puis se rétracte le 30 septembre 2002, soit deux ans plus tard, dans un fax adressé à France 2 Jérusalem : « Je n’ai jamais dit à l’Organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement et en connaissance de cause Mohamed al-Dura et blessé son père ».

Le 23 octobre 2004, Talal Abu Rahma a filmé (13'04") Jamal al-Dura à son domicile Gazaoui en train de montrer les cicatrices censées remonter à l'incident du 30 septembre 2000. France 2 a diffusé ce film lors d’une conférence de presse le 18 novembre 2004 afin de mettre un terme à cette controverse.

Le 19 octobre 2006, la XVIIe chambre du TGI de Paris a condamné Philippe Karsenty, directeur de l'agence de notation des médias Média-Ratings, pour diffamation à l’égard de France 2 et de Charles Enderlin : il avait évoqué une « mise en scène » de ces images. Un jugement infirmé par la Cour d’appel de Paris qui a relaxé Philippe Karsenty le 21 mai 2008.

Les 4 septembre et 25 septembre 2008, Actualité juive (1) a publié l'interview du Dr Yehuda David, chirurgien à l’hôpital Tel ha Shomer à Tel-Aviv, par Clément Weill-Raynal - article titré Les blessures de Jamal al-Dura existaient déjà en 1993 sans la moindre ambiguïté possible ! -, puis une réponse de ce journaliste à un droit de réponse de Charles Enderlin.

Le Dr Yehuda David y affirmait que Jamal al-Dura, victime en 1992, de blessures au couteau lors d’une rixe entre Palestiniens, avait d'abord été opéré dans la bande de Gaza : ces coups avaient sectionné des nerfs médian et cubital ; ils avaient induit une paralysie de la main droite. En 1994, le Dr David a opéré Jamal al-Dura à l'hôpital Tel ha Shomer à Tel-Aviv : pour restaurer la flexibilité des doigts de cette main droite, il a prélevé un tendon dans le pied et la jambe gauches du patient pour les transférer dans sa main droite. Ce chirurgien a d'une part reconnu dans des cicatrices de Jamal al-Dura au pied et à la jambe gauches ainsi qu'à la main et à l'avant-bras droit les cicatrices de blessures originelles et celles de son opération, et d'autre part, douté de l'authenticité de faits allégués par Jamal al-Dura, en particulier l'imputation à des balles israéliennes d'autres blessures (artère fémorale).

Le 9 septembre 2008, le professeur israélien Raphaël Walden a écrit un "rapport" d'une page en se fondant seulement sur "le dossier médical pour l'hospitalisation de Jamal al-Dura à l'Al-Hussein Medical City Hospital" à Amman le "1er octobre 2000". Il a listé les blessures de Jamal al-Dura selon leur localisation : "membre supérieur droit", "membre inférieur droit" et "membre inférieur gauche" en évoquant des "blessures par balles" dans les seuls deux membres inférieurs.

Le 8 février 2011, le Dr Yehuda David et Clément Weill-Raynal, journaliste à Actualité juive, ont comparu et, Serge Bénattar, directeur de cet hebdomadaire français, était représenté, devant la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris.  Ils étaient poursuivis pour diffamation par Jamal al-Dura, A Dura ou Dura, absent de l'audience.

10 000 euros à verser à Jamal al-Dura
Le Tribunal n'a donc pas suivi les réquisitions de relaxe des prévenus proposées par Dominique Lefebvre-Ligneul, représentant le Parquet.

Il a condamné chaque défendeur à une amende de 1 000 euros, assortie d'un sursis total, et tous trois solidairement à verser à Jamal al-Dura 5 000 euros au titre des dommages et intérêts, ainsi que 5 000 euros au titre de ses frais de justice.

Il a aussi ordonné la publication par Actualité juive d'un communiqué sur ce jugement dans le mois suivant sa notification.

Il a débouté Jamal al-Dura du surplus de ses demandes.

Une diffamation établie
La diffamation est une « allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne » (article 29 de la loi du 29 juillet 1881).

Le Tribunal estime que les six passages incriminés de ces deux articles sont diffamatoires car ils allèguent que Jamal al-Dura a participé à un incident mis en scène et qu'il a rendu "des tirs émanant de l'armée israélienne" responsables de "blessures anciennes", dans le but de tromper l'opinion publique "en faisant croire que des blessures venaient de lui être infligées au cours d'une fusillade qui avait fait perdre la vie à son fils", et avec le concours de complices médecins palestiniens.

Poursuivis pour diffamation, les prévenus peuvent être relaxés s’ils prouvent la vérité des faits allégués - exception de vérité -, ou s'ils démontrent leur bonne foi.

La « preuve des faits diffamatoires doit être parfaite, complète et corrélative aux imputations diffamatoires dans leur matérialité et toute leur portée ». Le Tribunal estime que celle des trois défendeurs ne l'est pas, et n'examine pas celle de Jamal al-Dura. Ainsi, il écarte des articles de presse et l'arrêt de la Cour d'appel de Paris de 2008 tançant Charles Enderlin au motif qu'ils ne "sont pas probants au regard des imputations dont la vérité est recherchée", ainsi que les témoignages de Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), et de Luc Rosenzweig, journaliste ayant enquêté sur l'affaire car "ils n'ont pas permis d'établir la preuve recherchée par les prévenus". Quant à l'attestation du Dr Stéphane Romano du 7 juin 2010, certes elle reconnaît que "l'aspect de la main et le handicap au membre supérieur de ce patient sont consécutifs à un traumatisme précédent son éventuelle implication dans la fusillade d'octobre 2000", mais "la description des blessures ne permet pas d'identifier celles qui proviennent des interventions précédentes et celles qui seraient nouvelles".

Par contre, le Tribunal retient le "document médical" que Jamal al-Dura "avait présenté lors de l'entretien télévisé du mois d'octobre 2004, ainsi que la capture d'écran du rapport médical (avec sa traduction), établi par les docteurs Ahmaed Abdallah, Mohamed al Zaher et Hakem al Kadi, médecins de la cité médicale Al Hussein à Hamman en Jordanie où il avait été hospitalisé le 4 décembre 2000" et qui "constate :
- un état anémique grave dû à l'hémorragie,
- une double fracture (avec effritement osseux) au niveau de l'humérus droit,
- une fracture au niveau du bassin plus l'os de la "hanche droite",
- une section de l'artère, de la veine et du nerf au niveau de la cuisse droite (une intervention ayant été pratiquée dans la bande de Gaza),
- des blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes,
- d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit".

Ces "constatations distinguent clairement des blessures anciennes de la main droite d'autres blessures dont il n'est pas dit qu'elles seraient anciennes et dont il y a lieu de croire, sur la foi de ce rapport, qu'elles auraient été constatées lors de l'admission de Jamal al-Dura à l'hôpital Al Hussein d'Hammam".

Ces constatations "n'excluent nullement l'existence de blessures survenues ultérieurement à l'intervention du docteur Yehuda David et ne permettent donc pas de rapporter la preuve des imputations diffamatoires".

Pour résumer cet extrait du jugement fondé sur un argument chronologique : sur la base de ce "rapport médical", les "constatations" lors de l'admission de Jamal al-Dura dans cet hôpital "le 4 décembre 2000" ne permettent pas, selon le Tribunal, d'exclure l'hypothèse de blessures postérieures à 1994.

Sur la bonne foi, la jurisprudence requiert la réunion de quatre conditions : l’absence d’animosité personnelle, un but légitime, la prudence dans l’expression et une enquête préalable sérieuse.

Certes, le Tribunal reconnaît l'absence d'animosité du journaliste et du chirurgien à l'égard de Jamal al-Dura, ainsi que la nécessité d'informer sur un reportage ayant donné lieu à un "débat public et la polémique" et ayant généré une "affaire internationale particulièrement médiatisée", les "images de la mort du jeune Mohammed ayant fait le tour du monde et étant devenues emblématiques de la cause palestinienne".

Cependant, le Tribunal reproche au Dr David d'avoir manqué de prudence dans ses déclarations, de n'avoir pas examiné récemment Jamal al-Dura ni lu ses dossiers médicaux à Gaza et en Jordanie avant de s'exprimer sur certaines blessures. Quant à Clément Weill-Raynal, le Tribunal blâme son "engagement rédactionnel", son "acquiescement" aux propos du chirurgien, et une rétention d'informations à l'égard de celui-ci et des lecteurs, sans "donner au lecteur des éléments contradictoires lui permettant d'apprécier "la thèse de la mise en scène" développée".

Les trois défendeurs ont interjeté appel de leur condamnation.

Des avocats interrogés, seule Me Orly Rezlan, avocate de Jamal al-Dura, m'a répondu. Le 1er mai 2011, Me Orly Rezlan s'est réjouie de cette décision qui "reflète le contenu des débats à l’audience. Le docteur David a admis que son dossier médical ne pouvait expliquer les cicatrices les plus impressionnantes constatées sur le corps de Jamal al-Dura et en particulier, la cicatrice à l’aine... Il est ainsi démontré que les blessures de Jamal al-Dura ne préexistaient pas à la fusillade. Ce procès aura permis de poser à ce médecin des questions précises et de montrer les limites de son propos”.

Carences informatives et contradictions
Pourtant, le jugement laisse dubitatif par certaines assertions - notamment l'avis négatif sur l'enquête sérieuse menée par Clément Weill-Raynal -, ses contradictions et ses carences informatives, ainsi que ses partis pris non motivés : le Tribunal cite des déclarations officielles israéliennes anciennes (octobre et novembre 2000), mais non celles plus récentes, par exemples la lettre de la Direction nationale de l'Information auprès du Premier ministre le 21 octobre 2010 réfutant toute responsabilité israélienne dans la "mort de Mohamed al-Dura" ou les déclarations de Daniel Seaman, alors responsable du Bureau de presse gouvernemental (GPO), affirmant fin septembre 2007 au cabinet israélien d’avocats Shurat HaDin que "le cameraman Talal Abu Rahma a mis en scène tout l’incident" et précisant en 2008 que ce cameraman s'était vu retirer sa carte de presse par le GPO "car il était impliqué "dans la mise en scène d'évènements dans la bande de Gaza". On pourrait donc retourner au Tribunal le reproche de rétention d'informations qu'il adresse à Clément Weill-Raynal.

A cet égard, on comprend mal les louvoiements du gouvernement israélien entre deux thèses inconciliables : celle de la "mise en scène de l'incident al-Dura" et celle de la "mort de Mohamed al-Dura" selon "une forte probabilité" par des "balles palestiniennes". Il conviendrait qu'il fixe enfin sa position, et en tire toutes les conséquences.

Ce jugement du Tribunal suscite de nombreuses questions.

1. A quelle date Jamal al-Dura a-t-il été hospitalisé dans "la cité médicale Al Hussein à Hamman en Jordanie" ?
            - "sur la foi" du rapport jordanien d'hospitalisation de Jamal al-Dura à Amman, le Tribunal écrit que ce patient y "avait été hospitalisé le 4 décembre 2000".
            - se fondant sur le "rapport médical d'hospitalisation" de Jamal al-Dura à Amman, le professeur Raphaël Walden mentionne, dans son "rapport" évoqué devant le Tribunal, une autre date d'hospitalisation : le "1er octobre 2000".
            - le film montré par France 2 devant la Cour d'appel de Paris le 27 février 2008 et sur son site Internet, indique que "le lendemain des faits", donc le 1er octobre 2000, "Jamal al-Dura est allongé sur son lit d'hôpital à Gaza" (11'13").
            - le rapport médical jordanien traduit par la Metula News Agency (ou Mena) est signé par les docteurs Issam Albshari, Mohamed Altihar et Hakim Alkadi. Il indique que Jamal al-Dura a été admis dans cet hôpital al-Hussein " le 1er octobre 2000 après avoir été transféré de la bande de Gaza, Camp de El Burej, des suites de blessures par balles deux jours avant son transfert", soit le 29 septembre 2000. Or, le reportage de France 2 sur l'incident al-Dura date du 30 septembre 2000.
            - Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Mena (1), a indiqué :
"en date du 26 novembre 2000, la Direction de la Coordination et des Liaisons de l’armée israélienne fait parvenir par courrier au chef de la Commission d’enquête sur les événements du 30 septembre 2000 à Nétzarim, Nahum Shahaf, un compte-rendu des "Mouvements de sorties à l’étranger de Jamal Mohamed Ahmed Dura – carte d’identité 942395930". Le rapport des mouvements de sorties est signé par Yekhezkel Dgani, le coordinateur de l’Enregistrement de la population – Mirsham Ha-okhluzinn -, l’administration israélienne en charge du Contrôle de l’Habitant. Le compte-rendu référencie les cinq derniers mouvements de Jamal. Or ce document mentionne spécifiquement que c’est le 4 octobre qu’A-Dura [Nda : "La carte d’identité israélienne et le rapport jordanien mentionnent Dura et A Dura, ce qui est équivalent", précise Stéphane Juffa] a quitté le territoire alors contrôlé par l’Etat d’Israël, au poste de l’aéroport de Dahanya, dans le sud de la Bande de Gaza".
            - le roi Hussein de Jordanie a été filmé le 5 octobre 2000 au chevet de Jamal al-Dura qui a été interviewé par deux journalistes israéliens.

C'est d'autant plus étrange qu'il ressortait des débats que Jamal al-Dura avait été hospitalisé une seule fois dans cet hôpital jordanien en 2000.

2. Quelles blessures ? Quelles cicatrices de quelles blessures ?
Il est regrettable qu'après les dix heures d'audience du 8 février 2011, et même en reprenant la teneur du "rapport médical" de trois médecins de l'hôpital Al Hussein à Amman, le Tribunal ne fournisse pas des données essentielles et indispensables : nombre, nature et localisations exacts des blessures de Jamal al-Dura attribuées aux tirs israéliens le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim. De même, manquent les comparaisons entre les blessures de 1992, celles opérées en 1994 et celles datant du 30 septembre 2000.

Selon le Tribunal, ce "rapport médical" jordanien évoque des "blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes", et pour elles seules. Pourquoi les trois auteurs de ce "rapport médical" jordanien ont-ils tenu à spécifier la nature des blessures - "par balles" - pour ces seuls membres ? Par cette précision, ses trois auteurs ont opéré une distinction parmi toutes les blessures, selon leur nature.

A contrario, et ipso facto, les autres blessures constatées - "une double fracture (avec effritement osseux) au niveau de l'humérus droit, une fracture au niveau du bassin plus l'os de la "hanche droite", une section de l'artère, de la veine et du nerf au niveau de la cuisse droite (une intervention ayant été pratiquée dans la bande de Gaza)" et "d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit" - ne résulteraient donc pas de balles si l'on suit la distinction opérée par ces trois médecins. Et elles ne pourraient donc pas avoir été causées par des balles israéliennes le 30 septembre 2000.

Poursuivons ce raisonnement respectueux du sens littéral du "rapport médical" rédigé par trois praticiens jordaniens :

- ce "rapport médical" jordanien exclut ipso facto toute nouvelle blessure "au niveau de la main droite" et toute nouvelle "section du nerf cubital droit". L'état de la main droite de Jamal al-Dura se trouve donc en l'état résultant de l'opération chirurgicale effectuée par le Dr Yehuda David dans un hôpital réputé de Tel-Aviv en 1994.

- pourquoi le bras droit jusqu'à la main de Jamal al-Dura, hospitalisé le 1er octobre 2000 à Gaza, est-il entouré d'un plâtre ou bandage taché de rouge (surtout au niveau de la main, 11'12'') ? Surtout si seul "l'humérus droit" a subi une "double fracture" ?

- quand "l'intervention à la cuisse droite" a-t-elle été pratiquée "dans la bande de Gaza" ? Et dans quel hôpital ?

- quid du petit rond sur la fesse droite de Jamal al-Dura présenté comme la cicatrice d'une "blessure par balle" du 30 septembre 2000, filmé par Talal Abu Rahma le 23 octobre 2004 (13'40'') et omis par ce "rapport médical" jordanien et par le Tribunal qui a vu ce film ? Admettons qu'un médecin de cet hôpital d'Amman n'ait pas vu cette "blessure par balle" sur la fesse droite de Jamal al-Dura. Mais trois !? Ces trois médecins de l'hôpital d'Amman ont-ils ausculté leur patient à son arrivée ou se sont-ils fiés au dossier médical de l'hôpital palestinien en en recopiant une partie ? De quand date ce petit rond ? A l'audience, le Dr Yehuda David avait informé le Tribunal que des Palestiniens tirent une balle dans la fesse de ceux présumés avoir collaboré avec l’Etat d’Israël.

- Combien de "blessures par balles" ? "Neuf" selon des "sources médicales palestiniennes". Le Tribunal évoque, "sur la foi" du "rapport médical" jordanien, "des blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes". Dans le film tourné par Talal Abu Rahma pour France 2 le 23 octobre 2004 sur les cicatrices provoquées par des "blessures par balles" le 30 septembre 2000, Jamal al-Dura dirige son index le long de tracés de ce qui semble de longues et fines cicatrices sur sa jambe gauche (13'47''), puis désigne dans sa jambe droite ce qu'il présente aussi comme deux cicatrices : une petite zone que l'on peine à distinguer et qui semble au-dessous d'un rond foncé près du genou (14'22''), et un petit rond près du pied (14'28'').

- Jambe gauche. Selon le "rapport" du professeur Walden, Jamal al-Dura a " deux blessures par balles" situées " au milieu et au tiers supérieur". Cependant, Jamal al-Dura désigne de son index ce qui semble des cicatrices qui parcourent sa jambe du genou jusqu'au pied, donc bien au-delà du "milieu" de la jambe (13'47''-14'19''). Le Dr Yehuda David affirme que certaines cicatrices datent de son opération chirurgicale en 1994.
- Jambe droite. Selon le "rapport" du professeur Walden, Jamal al-Dura aurait de "multiples blessures par balles" et une "blessure par balle au tiers supérieur du tibia". Jamal al-Dura ne désigne que deux zones de cicatrices de "blessures par balles". Pointée par l'index de Jamal al-Dura, la zone du petit rond près du pied droit apparaît dépourvue de plâtre ou bandage et sans aucune blessure le 1er octobre 2000 dans le film de France 2 (11'21'') ; elle ne peut donc pas correspondre à une blessure par balle israélienne le 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim. Comment Jamal al-Dura a-t-il pu se tromper ? Reste donc une "blessure par balle au tiers supérieur du tibia". Cette prétendue cicatrice est peu visible, et la caméra de Tala Abu Rahma la quitte rapidement pour se déplacer vers le petit rond près du pied.

- Quels calibres de balles ? A la différence du "rapport médical" jordanien cité par le Tribunal, le "rapport" du professeur Raphael Walden ne distingue aucune différence de calibre dans les balles censées avoir blessé Jamal al-Dura. Comment des balles de même calibre, provenant du même endroit, tirées par les mêmes soldats, peuvent elles provoquer des blessures tantôt aux "cicatrices" minuscules et rondes et tantôt aux cicatrices longues et fines ?

- Comment une fusillade aussi nourrie dans la durée - « Les balles pleuvaient autour de nous comme de la pluie » et ce, "pendant 45 minutes" selon Talal Abu Rahma -, a-t-elle pu laisser sur le corps de Jamal al-Dura si peu d'impacts de balles, toutes étrangement focalisées "au niveau des deux jambes", alors que sa tête était visible au-dessus du baril pendant 16 secondes sans être atteinte par des balles (7'58''-8'03'' et 8'19''-8'30'') ? "Les armes utilisées [par les soldats israéliens] sont des fusils d’assaut, capables de tirer par rafales et dont la cadence de tir est de six cents à huit cents coups à la minute. En supposant même qu’un seul tireur ait tiré 50 coups à la minute, le nombre de coups de feu sur une durée de 40 minutes aurait été de DEUX MILLE...", écrit l'expert balistique mandaté par Philippe Karsenty dans son rapport du 19 février 2008.

- Comment concilier "l'hémorragie" évoquée dans ce "rapport médical" jordanien et l'absence de sang sur les vêtements, le sol et le mur derrière Jamal al-Dura, pendant et après les "tirs venus des positions israéliennes" ? "Du sang sur un tee-shirt blanc, cela se voit", a ironisé le Dr David Yehuda interviewé par le rédacteur en chef Michel Zerbib sur Radio J, le 5 mai 2011. Et sur un pantalon bleu aussi, serait-on tenté d'ajouter. Le commentaire du film présenté par France 2 à la Cour d'appel de Paris en 2008 allègue qu'une tache près du bras droit serait du sang (8'14''). Mais le "rapport médical" jordanien, auquel le Tribunal accorde une telle "foi", ne relève des "blessures par balles" qu'au "niveau des deux jambes".

Quel crédit accorder à ce "rapport médical" jordanien ? C'est sur ce "rapport" que le Tribunal se fonde - "il y a lieu de croire, sur la foi de ce rapport" - avant de conclure que la "preuve des imputations diffamatoires" n'est pas apportée. En fondant ainsi sa décision sur ce "rapport médical" jordanien - certaines de ses phrases contredisent notamment un autre "rapport médical" -, le Tribunal semble avoir renoncé à son devoir de statuer en droit, avec bon sens et avec logique. A noter que la justice française offre des exemples où des magistrats motivent leurs jugements en se fondant sur des rapports d'experts - psychiatre, spécialiste en immobilier - contestables par leurs imprécisions, leurs contradictions, etc. Ce qui est préjudiciable pour les justiciables qui subissent des dommages.

Curieusement, ce Tribunal qualifie de "déclaration péremptoire" une observation du Dr Yehuda David induite par son expertise acquise en particulier sur les champs de guerres au sein d'unités de Tsahal. Ce chirurgien émérite a affirmé, notamment à l'audience, que Jamal al-Dura n'aurait pas survécu - il se serait "vidé de son sang en quelques minutes sans pouvoir atteindre l'hôpital de Gaza" - si son artère fémorale avait été touchée par des balles de M16 israéliens ce 30 septembre 2000.

On demeure au moins étonné, voire choqué, par le faible niveau des magistrats ayant rendu ce jugement. Des juges semblant dénués d'esprit logique, de raison... au pays de Descartes.

Une information majeure
En qualifiant de "limitée" la portée de la révélation du Dr Yehuda David, le Tribunal minore sans raison une information majeure.

En effet, en 2000, Jamal al-Dura avait attribué toutes ses blessures à Tsahal. C'est aussi ce qui ressort de ce film de Talal Abu Rahma pour France 2 et en date du 23 octobre 2004. Un film intégré dans celui montré par France 2 et Charles Enderlin à la Cour d'appel de Paris le 27 février 2008 et visible sur le site de France 2 (13'04''). En rappelant son opération de chirurgie réparatrice de 1994, le Dr Yehuda David non seulement a annihilé les allégations de Jamal al-Dura, de Talal Abu Rahma et de France 2 en ce qui concerne les membres opérés, mais a aussi réduit le crédit à apporter à leurs allégations d'autres "blessures par balles".

Et ce chirurgien se voit conforté dans ses affirmations par ledit "rapport médical" jordanien qui évoque, aux dires mêmes du Tribunal, "d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit", et donc, a contrario, aucune autre nouvelle blessure à cette main de Jamal al-Dura.

Enfin, on peut s'interroger sur le choix de Jamal al-Dura d'avoir judiciarisé les questions visant ses blessures, alors qu'il aurait pu répondre aux questions de Clément Weill-Raynal et de Luc Rosenzweig, venir s'exprimer devant le Tribunal et surtout accepter d'être examiné par les experts d'une commission d'enquête indépendante chargée d'établir la vérité sur ce qui s'est produit le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim, et dont la constitution a été demandée par Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) en 2008, puis en 2011.

D'autant que les autorités israéliennes ont toujours indiqué qu'elles ne mettraient "aucun obstacle à ses déplacements".

Il est désolant qu'aucune des institutions publiques françaises - notamment la direction de France Télévisions, le ministère de la Culture et de la Communication et le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) - ne soit intervenue depuis tant d'années pour mettre un terme par des réponses à ces questionnements légitimes et logiques sur "l'incident al-Dura".

21es Rendez-vous de l'Histoire
Les 21es Rendez-vous de l'Histoire à Blois ont eu pour thème "La puissance des images" (10-14 octobre 2018).

Al-Jazeera
Le 30 septembre 2024, AJ+ français, branche française de la chaine qatari al-Jazeera, a diffusé sur X, ex-Twitter, un reportage (3'22'') ainsi commenté : 
"C'était le pire jour de ma vie.”
Le 30 septembre 2000, Mohammed al-Durrah, 12 ans, est tué par l'armée israélienne alors qu'il se trouve dans les bras de son père.Les images, diffusées le soir même sur France 2, marqueront le monde entier.
Ses parents témoignent pour AJ+ ".
Manal al-Durrah, présentée comme la mère de Mohammad al-Durrah - au lieu de "al-Dura" -, évoque ce dernier comme un "martyr" (shahid).

Mediapart
Le 30 septembre 2025 à
 10h32, Mediapart diffuse l'interview de Jamal al-Dura intitulée "Jamal al-Dura : « Le sang de Mohammed n’en finit pas de couler » et signée par Gwenaelle Lenoir.

Réservé aux abonnés, cet article débute ainsi :
"Il y a vingt-cinq ans, le 30 septembre 2000, Mohammed al-Dura mourait dans les bras de son père, tué par des balles israéliennes, derrière un cylindre de béton, à un carrefour de la bande de Gaza. Ce père, Jamal al-Dura, vit toujours dans le camp d’Al-Bureij. Mediapart a pu le joindre et l’écouter.

L’image est mauvaise, le son se hache avant de revenir et puis de repartir, la liaison coupe souvent. Mais les mots et les traits de Jamal al-Dura nous parviennent quand même, depuis le camp d’Al-Bureij, dans la partie centrale de la bande de Gaza. Son visage est long et émacié, ses cheveux gris, sa peau semble un peu jaune. « Je me suis rendu chez des amis pour vous parler, dit-il à Mediapart, le 15 septembre en fin d’après-midi. Chez moi, c’est impossible, j’habite dans les ruines de ma maison, j’ai réussi à y aménager un coin, mais obtenir une liaison internet"

Co-fondateur de Mediapart, Edwy Plenel a annoncé ainsi cet article sur X, ex-Twitter à 11 h13 :
"Il y a 25 ans, le 30 septembre 2000, Mohammed al-Dura mourait dans les bras de son père, tué par des balles israéliennes à un carrefour de la bande de #Gaza. Ce père, Jamal  al-Dura, vit toujours dans le camp d’Al-Bureij. @Mediapart  a pu le joindre."

Pourquoi ce regain d'intérêt pour l'affaire al-Dura ? Pour tenter d'effacer le souvenir des fakes, notamment sur "la famine dans la bande de Gaza" ? Pour renforcer l'image diffamant Israël et ses soldats présentés faussement comme "tueurs d'enfants" depuis des décennies, notamment auprès de la génération née en 2000 (génération Z ou Gen Z) ?

Richard Landes
Le 30 septembre 2026, Richard Landes a publié sur son blog "Al Durah, The First Post-Modern Blood Libel. Pallywood’s Most Spectacular Success" ("Al Durah, la première accusation de meurtre rituel post-moderne. Le succès le plus spectaculaire de Pallywood") :
"Le 30 septembre 2000, Charles Enderlin, correspondant de France 2 au Moyen-Orient, a présenté une cinquantaine de secondes d'images floues, filmées par son caméraman palestinien Tala abu Rahmeh, comme illustrant l'histoire d'un garçon et de son père pris entre deux feux, cachés derrière un baril au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, visés et tués « par des tirs provenant d'une position israélienne ». En réalité, les images ne montrent rien de tel : les tirs proviennent d'une position opposée (c'est-à-dire palestinienne ), ils n'ont pas été pris au piège mais placés là, comme le révèlent des images de l'AP et de Reuters, il n'y a aucune trace de sang sur le mur ni sur le père (qui a reçu 11 blessures), et le garçon, après avoir été déclaré mort par Enderlin, lève le coude et regarde la caméra (une scène qu'Enderlin a coupée au montage).
Rien dans les images utilisées par Enderlin ne confirme le récit qu'il a diffusé avec son caméraman : une pluie de balles, une blessure à l'estomac, un meurtre de sang-froid, un ambulancier tué en venant à la rescousse. S'il avait fait preuve d'un tant soit peu du scepticisme professionnel qu'exigeait un reportage aussi sensationnaliste, Enderlin n'aurait certainement pas utilisé ces images (comme CNN l'avait fait auparavant). Au lieu de cela, il n'a pas raisonné selon le principe : « Est-ce crédible ? » mais plutôt : « Que puis-je rendre crédible ? »
Et, hélas, l'histoire se propagea comme une traînée de poudre. Dans le monde musulman, elle devint la preuve irréfutable que les Infidèles – les Juifs ! – tuaient des musulmans innocents, justifiant ainsi le ciblage des « civils » infidèles. En Occident, elle fut largement adoptée par les progressistes comme un moyen d'« effacer, de remplacer » l'icône de l'Holocauste : une échappatoire à la honte de l'Holocauste . L'inversion de l'Holocauste – les Juifs sont les nouveaux nazis, les Palestiniens les nouvelles victimes juives du génocide – se banalisa.
Al Durah était le saint patron de Durban, le cri de ralliement de la vague d'antisémitisme qui a déferlé sur ces événements, la présence dominante au mariage des progressistes occidentaux et des suprémacistes musulmans.
Il s'agissait de la première accusation de crime rituel « post-moderne », la première à réussir en Occident après la Shoah, la première diffusée par un Juif (et Israélien), la première relayée par des médias d'information modernes et professionnels. Pourtant, à ce jour, les journalistes occidentaux, y compris israéliens, ont-ils manifesté une grande réticence à envisager la possibilité d'une mise en scène, le plus grand succès de Pallywood, cette industrie cinématographique vouée à accuser Israël de crimes de guerre. Cette affaire a électrisé le monde entier, attisant une haine qui a lié les progressistes occidentaux aux suprémacistes djihadistes.
À l'instar de la blessure infligée par la lame de Morgul dans Le Seigneur des Anneaux (Lord of the Rings), tant que ce fragment de l'œuvre la plus malveillante de Pallywood restera ancré dans le récit des médias traditionnels, présenté comme une information plutôt que comme une erreur professionnelle colossale, la couverture occidentale d'Israël et de ses ennemis sera gangrenée par la propagande de guerre djihadiste : ce sont les Israéliens (et non les Palestiniens) qui ciblent les enfants ; ce sont les Israéliens (et non les Palestiniens) qui commettent un génocide. L'Occident est littéralement aveuglé, désorienté, moralement écœuré par ce journalisme de guerre contre-productif et son appétit apparemment insatiable pour les récits de Juifs se comportant mal."


Articles à lire sur
- l'affaire al-Dura/Israël
- la France
- le Judaïsme/Juifs
- le Monde arabe/Islam
- Articles in English

Cet article a été modifié le 15 octobre 2011 puis les 13 mai 2011, 30 septembre 2016, 2 octobre 2018, 29 septembre 2019, 2 octobre 2020, 28 septembre 2022, 28 septembre 2023, 30 septembre 2024, 30 septembre 2025.