Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 18 octobre 2026

« LE DIBBOUK – Entre deux mondes » de Shalom An-Ski

Du 16 au 25 octobre 2026, le Théâtre de l’Épée de Bois propose « LE DIBBOUK – Entre deux mondes », pièce de Shalom An-Ski par la compagnie Lézart, dans une nouvelle adaptation de Jean-Henri Blumen et une mise en scène de Georges Perla.
L'âme d'un défunt habite le corps de sa bien-aimée qui allait épouser l'homme choisi par son père... Un classique du théâtre yiddish. Ce Théâtre accueille aussi l’exposition du peintre et sculpteur Alain Kleinmann intitulée « Les fruits de la mémoire ».
« … Un grand malheur est arrivé, l’âme de Khanan, qui est mort, a pris possession du corps de Léa ! … C’est un dibbouk !!! »

« Dans la croyance populaire juive, le dibbouk est l’âme d’un défunt qui, n’ayant pas trouvé le repos, s’attache au corps d’un vivant et en prend possession.»

"Le Dibbouk : Entre deux mondes. Légende dramatique en 4 actes" est inspiré par des traditions orales recueillies par Shalom An-Ski au début du XXe siècle. Cette « œuvre majeure du théâtre yiddish créée en 1920, avait déjà impressionné par son audace, sa force poétique, et sa modernité, les grands metteurs en scène de son époque (Stanislavski, Vakhtangov, Gaston Baty…) »

« La pièce raconte l’histoire d’une destinée amoureuse contrariée au milieu d’un drame mystique. À l’instar des grands drames amoureux, Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Orphée et Eurydice, l’amour entretient ici une relation poignante avec la mort et l’éternité. Jamais dans une œuvre ne fut poussée aussi loin l’union des amants. L’âme du défunt aimé habite le corps de sa fiancée prédestinée : c’est un scandale contre l’ordre du monde, les lois sociales, les convenances.»

« Comme l’indique son sous-titre, Le Dibbouk est un entre deux mondes. Il nous amène entre le monde des vivants et celui des morts, entre l’ancien monde qui vacille et le nouveau qui peine à naitre dans le bruit et la fureur. Cette tension dramatique qui traverse l’œuvre résonne avec nos inquiétudes contemporaines.» 

« L’amour entretient ici une relation poignante avec la mort et l’au-delà. Jamais ne fut poussée aussi loin dans une oeuvre théâtrale l’union des amants. L’oeuvre nous conduit entre le monde des vivants et celui des morts. Cette nouvelle adaptation nous plonge dans un monde du passé sous le regard de notre présent. Elle se veut claire et dynamique pour souligner l’essentiel : la force de l’amour, par-delà les conventions, vers l’éternité. »

Produite par les Compagnie Lézart et Compagnie Vice Versa, présentée au Théâtre de l’Épée de Bois, Le Dibbouk est mis en scène par Georges Perla dans une nouvelle adaptation de Jean-Henri Blumen. C'est la première représentation en France de cette pièce de théâtre depuis plus de douze ans. Cette pièce de théâtre est interprétée par Lemmy Constantine, David Duran Camacho, Shahar Fineberg, Henri Gruvman, Ulysse Lechine, Orit Mizrahi, Georges Perla et Hanna Rosenblum.  

Durant la représentation théâtrale, sont projetées des œuvres d’Alain Kleinmann.

* « La langue yiddish s’est créée au Moyen-âge à partir de l’hébreu et d’un dialecte allemand. Devenue langue populaire des Juifs d’Europe de l’Est, elle connaît un âge d’or entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe siècle. Roman, poésie, théâtre, chanson, les auteurs yiddish nous ont légué un immense trésor littéraire. »

« Les fruits de la mémoire »
Le Théâtre propose aussi au public l'exposition « Les fruits de la mémoire » d'Alain Kleinmann. Une bonne introduction au contexte du Dibbouk.

Accompagne cette pièce de théâtre, le catalogue de l'exposition d'une trentaine de tableaux mixtes d'Alain Kleinmann, artiste dont l'oeuvre - collage, sculptures, huiles sur toiles - explore la mémoire, les souvenirs d'êtres humains ou de livres, la mémoire enfouie émergeant avec sa précision et son flou. Un oeuvre rappelant le monde juif ashkénaze, avec ses violonistes, ses rabbins érudits et les élèves studieux de yeshivas, ses escaliers mystérieux menant on ne sait où...

« Travailler sur la mémoire est un acte de projection vers le futur et non une nostalgie passéiste. Pour qu’un arbre ait un tronc, des branches et puisse porter des fruits, il faut d’abord qu’il établisse ses racines. C’est dans un rapport construit à la mémoire que se définit l’identité avec laquelle on peut fonder son présent et son avenir. La mémoire et l’identité sont peut-être d’ailleurs profondément des synonymes. L’une explique constamment l’autre et chacune est cette galaxie de petits morceaux de réalité séparés qui deviennent une unité et en peinture une unité plastique », a écrit Alain Kleinmann.

Le site Internet d'Alain Kleinmann propose des photographies de la pièce de théâtre et de ses œuvres.

PRESENTATION

« Le Dibbouk, oeuvre majeure du théâtre yiddish créée en 1920, avait déjà impressionné par son audace, sa force poétique, et sa modernité, les grands metteurs en scène de son époque (Stanislavski, Vakhtangov, Gaston Baty…) 
Fortement imprégnée de mysticisme, la pièce raconte l’histoire d’une destinée amoureuse contrariée. 
A l’instar des grands drames amoureux, Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Orphée et Eurydice, l’amour entretient ici une relation poignante avec la mort et l’éternité. L’âme du défunt aimé habite le corps de sa fiancée prédestinée. Jamais dans une oeuvre ne fut poussée aussi loin l’union des amants : C’est un scandale contre les convenances, les lois sociales, l’ordre du monde. 
Comme l’indique son sous-titre, Le Dibbouk est un entre deux mondes. Il nous amène entre le monde des vivants et celui des morts, entre l’ancien monde qui vacille et le nouveau qui peine à naitre dans le bruit et la fureur. Cette tension dramatique qui traverse l’oeuvre résonne avec nos inquiétudes contemporaines. 

Pour situer la pièce originale d’An-ski 
En toile de fond, un monde entièrement structuré par les traditions religieuses où se posent les questions du Bien et du Mal et celles du devenir des âmes. L’action écrite par An-ski se situe au XIXe siècle dans une bourgade juive de l’Empire Russe. Là-bas aucune frontière entre l’humain et le divin ; le monde des vivants communique avec les mondes invisibles peuplés d’esprits. 
Avec un énorme succès à Varsovie (troupe de Vilna 1920), et à Moscou (mise en scè ne Vakhtangov 1922), suivit de tournées en Europe et en Amérique, cette oeuvre marque le thé âtre expressionniste du XXe siècle. 
Le Dibbouk arrive à Paris en 1926 où il impressionne le monde théâtral. Gaston Baty le met en scène en 1928 au Studio des Champs-Élysées puis en 1930 au Théâtre Montparnasse, avec Marguerite Jamois dans le rôle principal. 
Films, téléfilms (Sidney Lumet), ballets (musique de Léonard Bernstein), romans (Romain Gary), une multitude de mises en scène, (Wajda), Le Dibbouk ne cesse de passionner les plus grands artistes. Jean-Louis Barrault l’accueille en 1955 au Théâtre des Nations, Daniel Mesguish le monte à Paris en 1998 et 2004, Krzysztof Warlikowski apporte sa mise scène aux Bouffes du Nord en 2004, Benjamin Lazar au TGP de Saint-Denis en 2015. » 

SYNOPSIS

« Khonen, jeune étudiant, est fou amoureux de Leye, la fille du riche Sender. Mais Sender préfère pour sa fille un fiancé fortuné. Leye sera mariée à un autre ; Khonen en meurt. Arrive la célébration du mariage : Leye repousse violement le fiancé choisi par son père. L’âme de Khonen vient de prendre possession du corps de Leye : c’est un Dibbouk !!! Le Dibbouk n’a pas été représenté en France depuis plus de dix ans. Cette nouvelle production replace ce chef d’oeuvre troublant dans notre culture vivante. » 

Note de l’auteur de l’adaptation
Jean-Henri BLUMEN

« Parti d’un texte comportant une multitude de personnages et des récits secondaires, je ne voulais pas que Le Dibbouk reste le « fantôme d’un monde révolu » ; (sous-titre de la magnifique exposition du M.A.H.J). Il me fallait chercher le coeur d’un drame qui nous touche encore aujourd’hui. 
Dans mon adaptation, j’ai accentué la tension dramatique de la pièce en réduisant le nombre de personnages ; chaque protagoniste porte avec intensité une des forces en présence, que ce soit l’ordre traditionnel, la passion amoureuse, la dimension mystique, le bon sens commun.. Il me fallait aussi mettre en évidence la singularité de la situation. Les deux jeunes amoureux sont face à un ordre établi, un véritable mur qui s’oppose à leur union dans le monde des vivants. Surtout, la promesse d’union non tenue faites par leurs pères avant leurs naissances crée un trouble qui les dépasse. Ces conflits sont exacerbés à tel point que l’apparition inattendue, choquante, déroutante, du Dibbouk en est la conséquence. 
Autour de ce drame, j’ai redessiné la trajectoire du Messager soulignant son rôle dans l’accompagnement des évènements. C’est lui qui tisse depuis le début de la pièce la toile du monde invisible qui mène à la révélation et à la conclusion. J’ai attribué un rôle central à Meir, le bedeau de la synagogue, voix de la sagesse populaire, autre fil, celui-là terrestre qui relie les vivants. La plupart des personnages sont traités comme des miroirs en reflet ou en opposition les uns aux autres. (ex : Ménaché, le fiancé apeuré, est tout le contraire de Khonen l’amoureux passionné qui ose tout). J’ai regroupé les lieux en un seul village qui devient la représentation du monde. De même, en condensant les temps dans un enchainement de scènes successives, j’ai pu renforcer le caractère fatidique des évènements qui conduit inéluctablement à l’accomplissement du destin. 
Au final, si un ordre social semble se retrouver avec la parole, l’amour, de son côté, va bien au-delà grâce à son chant : c’est le Cantique des Cantiques, sublime chant d’amour et de vie. Cela explique mes choix d’interventions musicales chantées en hébreu ou en yiddish à des moments clefs du récit. A la fin de la pièce, les amants enfin unis dans l’autre monde, se retrouvent avec leur chant d’amour. Malgré la tragédie, ils nous apportent la consolation et l’espoir. » 

NOTE DE MISE EN SCÈNE
Georges PERLA

« Monter aujourd’hui Le Dibbouk c’est faire entendre la force vitale qu’il contient : cette vitalité fait écho à nos inquiétudes. 

Une parole qui déborde la scène 
Le Messager raconte le cœur du monde et le pouvoir du chant. Il s’en ira à l’improviste, pour réapparaître, comme un passe-muraille, porteur de paraboles et avant que les lumières du théâtre ne s’éteignent, prononçant, énigmatique, la dernière parole. Ce personnage essentiel dévoile la trame d’un récit caché qui ne peut s’énoncer clairement parce qu’il en va du libre arbitre des personnages … et de notre liberté de spectateur. 

Les corps 
Le Dibbouk habite le corps de Léyé mais celle-ci accueille aussi le corps de son aimé. Elle provoque le scandale. C’est un défi à l’ordre du social ! Cette affirmation du désir se manifeste dans les corps. Ce jeu rend compte de l’invisible, nous le retrouvons chez les personnages qui se confrontent au monde des morts (Leyé convoquant les saints fiancés assassinés, Fradé, invoquant la mère défunte de Léyé ou le Rabbi appelant l’âme de Nissan venue de l’autre monde). En contre point, les comédiens jouent des personnages qui se déforment sous l’emprise de la comédie : Khonen trouve sa contrepartie dans Ménaché, le fiancé ridicule, Fradé « devient » excessive et dévote dans Khanna Esther, et le riche Sender « se retrouve » sous les habits d’un mendiant. Changements de perspectives : éclats de rire, un monde plus prosaïque. 

La table et ses invités 
Une longue table de bois usé définit le lieu des transformations de l’espace : 
- La synagogue, où l’on prie les « saints rouleaux » de la Torah. 
- La salle d’étude où l’on questionne les livres avec passion et conviction. 
- À quelques pas de la table mais déjà séparé, assis sur un petit tabouret Khonen étudie solitaire. 
- Le lieu des révélations, du jugement et de l’exorcisme. La table est donc le passage entre l’invisible et le visible, les morts et les vivants : tout peut se mettre en mouvement. 

Ombres et lumières 
La lumière trace l’espace, du visible à l’invisible. Les protagonistes du drame apparaissent et comme si leurs présences étaient provisoires, ils retournent à la pénombre. Le déroulement de la pièce est, au sens littéral, une révélation qui préserve une part d‘ombre et de mystère. 

Musiques 
La pianiste, présente durant toute la représentation, ouvre sur le monde des âmes. La musique prend une tonalité plus terrestre dans la danse des mendiants ou au cours de la noce. Elle se fait chaleureuse et tendre comme cette berceuse chantée à la mort de Khonen. La musique est entre deux mondes. Une composition donne toute la mesure de son rôle particulier : le Cantique des Cantiques. Il dit au-delà ce que ne pourraient pas élucider les paroles : le désir ardent des amants, la séparation, l’exil et la mort, mais aussi la Promesse et la Réparation du monde. » 

GLOSSAIRE

« Arche sainte - Espace de la synagogue vers lequel se tournent les fidèles. Tantôt ouverte, tantôt fermée par des portes et un rideau, elle contient les rouleaux de la Torah.

Bobéniou - Diminutif affectueux qui désigne une grand-mère.

Cholem Aleïchem ! - Bonjour !

Choul - Mot yiddish désignant la synagogue.

Kabbale - Ensemble de textes ésotériques et de pratiques mystiques qui visent à la connaissance des desseins cachés de Dieu.

Livre de l’Ange Raziel - Ouvrage de la kabbale de pratiques magiques.

Mazel Tov ! - Félicitation ! À la bonne heure !

Grand sanhédrin de Jérusalem - Assemblée des docteurs de la loi siégeant à Jérusalem avant la destruction du second Temple qui faisait office de tribunal suprême.

Prophète Élie - Personnage biblique qui peut réapparaître parmi nous sous toutes formes humaines. Il annonce la Délivrance.

Rouleaux de la Torah - La Torah, (en hébreu : la loi), constituée par les cinq premiers livres de la Bible, est écrite sur des rouleaux de parchemin enroulés autour de deux axes appelés arbres de vie.

Rabbi - Sage, maître.

Talmud - Ensemble de textes du judaïsme qui rassemblent lois, commentaires, traités et contes.

Schnorers - Mendiants.

Schmatess - Chiffons, fripes.

Shofar - Corne de bélier utilisée à l’occasion de célébrations religieuses. Sa sonnerie appelle au réveil spirituel et annonce la repentance et le jugement.

Yéchiva - École d’étude talmudique. »


Du 16 au 25 octobre 2026
Au Théâtre de l’Épée de Bois - Cartoucherie de Vincennes
Dans la Salle en bois : pièce de Shalom An-Ski
Route du Champ de Manœuvre. 75012 Paris
Billetterie : 01 48 08 39 74
Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, la LICRA, le Centre Medem, Maison de la Culture Yiddish, Journées européennes de la Culture Juive (JECJ), Yiddish sans Frontière
Durée : 1h45
Dans une nouvelle adaptation de Jean-Henri Blumen
Mise en scène de Georges Perla
Participation à la mise en scène : Henri Gruvman, Orit Mizrahi
Création musicale, piano et chant : Suzanne Ben Zakoun
Chorégraphie : David Duran Camacho
Création lumière : Jean Grison
Projections d’après les œuvres d’Alain Kleinmann
Costumes : Itris
Assistante de mise en scène : Éva Bitton
Avec Lemmy Constantine, David Duran Camacho, Shahar Fineberg, Henri Gruvman, Ulysse Lechine, Orit Mizrahi, Georges Perla, Hanna Rosenblum.
Projections : d'après les œuvres du peintre Alain Kleinmann
Jeudi et vendredi à 19h. Samedi à 14h30 et 19 h. Dimanches à 14h30. Mercredi 21 octobre 2026 à 20h30. 
Affiche : Crédit photo : Peinture d'Alain Kleinmann
Tout public

Exposition du peintre et sculpteur Alain Kleinmann
Alain Kleinmann, Le Dibbouk. Paris, 2026. 34 pages.


samedi 17 octobre 2026

H. G. Wells (1866-1946)

Herbert George Wells (1866-1946) était un écrivain britannique prolifique célèbre sous son nom de plume H. G. Wells et ses romans de science-fiction : "La Machine à explorer le temps" (The Time Machine, 1895), "L'Île du docteur Moreau" (The Island of Doctor Moreau, 1896), L'Homme invisible (The Invisible Man, 1897), La Guerre des mondes (The War of the Worlds, 1898)... Arte diffusera le 18 octobre 2026 à 23 h 45 "La guerre des mondes" : quand Mars attaque... », documentaire de Cyril Leuthy.

Raymond Aron (1905-1983) 
« ENS : L'école de l’engagement à Paris » par Antoine de Gaudemar et Mathilde Damoisel
Archives de la vie littéraire sous l'Occupation 

Né dans une famille modeste, Herbert George Wells (1866-1946) a étudié, grâce à une bourse, au Royal College of Science, puis à l'université de Londres.

Cet écrivain britannique prolifique est célèbre dès les années 1890 sous son nom de plume H. G. Wells et ses romans de science-fiction : "La Machine à explorer le temps" (The Time Machine, 1895), "L'Île du docteur Moreau" (The Island of Doctor Moreau, 1896), L'Homme invisible (The Invisible Man, 1897), La Guerre des mondes (The War of the Worlds, 1898)... 

Il a aussi signé des  romans de satire, d'œuvres de prospective, de réflexions politiques et sociales, des ouvrages de vulgarisation scientifiques liées à la biologie et à l'histoire qu'aux questions sociétales et civilisationnelles. 

Il a exercé une influence considérable sur la science-fiction contemporaine.

Il a présidé le PEN International (1932-1935), association d'écrivains.

Journaliste, il a collaboré à The Atlantic, The War Illustrated, World War 1914-1918, The Saturday Evening Post. 

H. G. Wells "se considérait comme un théoricien politique et social, écrivant des ouvrages tels  qu'Une utopie moderne (A Modern Utopia) et un traité philosophique d'avant-Deuxième-Guerre-mondiale, La Forme des choses à venir (The Shape of Things to Come), qui prédisait un conflit majeur en Europe . Dans les années précédant la Première Guerre mondiale, Wells, qui n'était  pas juif, s'intéressa au territorialisme. Ce courant de pensée proto- sioniste  prônait la création d'un foyer national Juif, sans pour autant nécessairement se situer sur le  territoire historique d'Israël . Wells fut d'abord séduit par la possibilité d'un État Juif qui lui fut présentée par un confrère écrivain, Israel Zangwill, et y vit une version de sa propre philosophie utopique. Cependant, Wells devint rapidement hostile au sionisme, y percevant une supériorité ethnique implicite. « Je ne peux vous apporter ni aide ni conseil. Votre peuple est suffisamment riche, capable et puissant pour se sauver lui-même», écrivit-il à Zangwill au sujet d'un État Juif. »

"Après la Deuxième Guerre mondiale, lorsque la vérité sur la Shoah fut révélée, Wells changea d'avis, revint sur ses déclarations antérieures et devint un fervent partisan de l'État d'Israël. Il entama même une correspondance avec Chaim Weizmann, qui allait devenir le premier Président d'Israël, et lui donna des conseils sur  la création d'un nouvel État – non pas que Wells ait jamais vécu cette expérience, mais il avait certainement beaucoup écrit à ce sujet."

"La guerre des mondes" : quand Mars attaque... »
Arte diffusera le 18 octobre 2026 à 23 h 45 "La guerre des mondes" : quand Mars attaque... » de Cyril Leuthy.

« 1898, H. G. Wells écrit "La guerre des mondes". Classique parmi les classiques, ce roman est la première histoire d’invasion extraterrestre jamais racontée ; un récit qui a inventé la science-fiction moderne et inscrit la figure du martien dans nos imaginaires. Écrivain, scientifique et homme politique, H. G. Wells a fait de sa vie un combat, utilisant la science-fiction pour réveiller nos consciences. »

« À la toute fin du XIXe siècle, la révolution industrielle bat son plein, l’empire colonial britannique triomphe, et au pays de la reine Victoria, protégé par une flotte réputée invincible, on se sent en sécurité. »

« Pourtant, cette civilisation, perçue comme le fruit de l’accomplissement du génie humain à travers les siècles, un écrivain va l’imaginer détruite en quelques secondes : le jeune H. G. Wells, déjà connu pour des récits de science-fiction tels que La machine à explorer le temps et L’homme invisible, décrit la catastrophe dans les pages de son nouveau roman, La guerre des mondes. »

« Celle-ci reflète certaines angoisses du milieu scientifique et intellectuel de l’époque : l’idée que la planète Mars, qu’on commence à observer de près, pourrait être habitée, que la technologie est porteuse de destruction et que la conquête de pays lointains s’accompagne de crimes hautement condamnables. »

« Jusque-là, l’idée d’une attaque d’extraterrestres était au mieux digne d’un conte pour enfants. En la traitant au premier degré à travers une écriture aussi réaliste qu’imaginative, H. G. Wells pose les bases de la science-fiction moderne… »

« Réalisé par Cyril Leuthy (James Dean : le nouvel homme, Godard – Seul le cinéma…) et illustré de séquences générées par IA, ce documentaire à l’atmosphère de fin du monde croise les regards historique, littéraire et scientifique (notamment celui de l’astrobiologiste Nathalie Cabrol) pour mettre en lumière la richesse d’une œuvre dont l’héritage dans la culture populaire a presque éclipsé, par son abondance, la dimension novatrice. »

« À travers ses multiples adaptations (de la célèbre version radiophonique d’Orson Welles à celle de Steven Spielberg, en passant par la vision ouvertement satirique de Tim Burton), le puissant motif de La guerre des mondes a infusé les imaginaires pour refléter, au fil du temps, les peurs du présent, qu’il s’agisse du spectre de la Seconde Guerre mondiale, de la lutte contre l’ennemi communiste, de l’après-11-Septembre ou, actuellement, de l’urgence écologique. »

« On découvre, à sa source, un écrivain progressiste et visionnaire, aux multiples facettes, dont René Barjavel a dit : "Après H. G. Wells, les auteurs de science-fiction n’ont fait que broder."


France, 2025, 53 minutes
Dans la collection "Avant/après" 
Coproduction : ARTE France, 10.7 Productions
Avec la voix de Loïc Corbery, de la Comédie-Française
Sur Arte le 18 octobre 2026 à 23 h 45
Sur arte.tv du 23/07/2026 au 22/01/2027
Visuels : © 10.7 PRODUCTIONS


jeudi 15 octobre 2026

« L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques » de Sabine Reeh

Bâtiments industriels désaffectés, édifices religieux - synagogues, chapelles, etc. - à faible fréquentation, immeubles ayant logé des soldats... Ils constituent un patrimoine historique, architectural et spirituel devant être conservé, réhabilité pour être affecté à divers usages : musée, logements, cafés... Arte diffusera les 18 et 25 octobre 2026 à 08 h 40 « L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques », série documentaire de Sabine Reeh. 
 
La fabrique des saintes images. Rome-Paris, 1580-1660
Cranach et son temps 

Bâtiments industriels désaffectés, édifices religieux à faible fréquentation, immeubles ayant logé des militaires... Ils témoignent de  l'histoire d'une ville, d'une région, d'un pays, d'une école architecturale, d'un aménagement urbain, des interactions avec la ville où ils sont installés. Ce patrimoine historique, architectural et spirituel doit être conservé, réhabilité pour être affecté à divers usages. 

Le musée de la Figurine de Compiègne est installé dans l’ancien mess des officiers de l’école d’État-Major, près du château et du théâtre impérial. Il s’étend sur une surface de 1000 m².  Sa collection bénéficie de 150 000 figures. Son exposition permanente passionne petits et grands.

Pour les lieux spirituels - synagogues, églises, etc. -, la nouvelle affectation s'effectue avec une vigilance particulière. 

A Paris, un Climbing District a été aménagé dans une ancienne chapelle du XIXe siècle : il propose "une salle d'escalade, un espace de coworking, un café/bar chaleureux et une bibliothèque en mezzanine".

Judaïsme
La synagogue d’Erfurt, construite au XIe siècle en Thuringe, est devenue un musée en 2009 et a été inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2023. Celle de Prague, terminée en 1270, est toujours en activité.

"Les juifs d'Alsace ont représenté plus de la moitié du judaïsme français au XVIIIe siècle, mais ils ont dû attendre 1791 pour avoir le droit de revenir dans les villes qui leur avaient été interdites au XIVe siècle. D'où la présence de cimetières, de bains rituels et de synagogues dans les campagnes, qui ont survécu à des communautés aujourd'hui quasiment disparues.  cette multitude de communautés juives jadis installées dans les campagnes d'Alsace et de Lorraine, et aujourd'hui en voie d'extinction."

"La majorité des quelque 90 synagogues répertoriées en Alsace sont aujourd'hui désaffectées."

"Lorsqu'un bâtiment est très ancien et qu'il n'y a plus de communauté juive, nous sommes obligés de nous en séparer, souvent pour une somme assez modique", explique Jacques Banner, président du consistoire israélite du Haut-Rhin. Ces synagogues sont alors transformées en foyers culturels, en dépôts, voire en salle de sport comme à Mommenheim (Bas-Rhin), ou en habitations privées."

"A une soixantaine de kilomètres de Sarre-Union, Roger Cahn, 84 ans, est l'un des derniers juifs du petit village de Westhoffen, qui en a compté plus de 200 au milieu du XIXe siècle, avant que ne commence l'inexorable exode rural. Bâtie dans les années 1860, elle n'accueille plus d'office depuis 1940, se souvient-il, évoquant sans pathos les années noires pendant lesquelles il a dû fuir les nazis avec sa famille avant de revenir en 1945 sur la terre de ses aïeux. "Quand on me le demande, je récupère les clés de la synagogue à la mairie, qui est devenue propriétaire, et je fais volontiers la visite", explique Roger Cahn en montrant l'intérieur dépouillé de la bâtisse en grès rose, où les voix résonnent dans le vide".

"La présence de la synagogue de Bergheim témoigne de la présence, au fil des siècles, d’une importante communauté juive à Bergheim (présence attestée dans les archives à partir de 1398). Forte de 68 familles en 1784, la communauté juive de Bergheim comptait 513 personnes en 1838 (15% de la population de la ville). Il s’agissait alors de la plus forte communauté juive d’Alsace. - Après avoir été persécutée, dispersée ou anéantie durant la Shoah, la communauté juive de Bergheim ne compte plus aujourd’hui que 2 familles. Le bâtiment actuel de la synagogue, construit entre 1860 et 1863 dans le style néo-roman adoptant un plan médiéval et restauré en 2002, s’élève à l’emplacement de 3 synagogues antérieures (elle est la seule et unique synagogue en Alsace qui se trouve encore sur l'emplacement où elle avait été construite au 14e siècle). La synagogue de Bergheim était, avec celle de Haguenau, la seule synagogue médiévale d'Alsace : à ne pas avoir été détruite lors des grands pogroms de 1349 et à avoir été en fonction jusqu’au 19e siècle. En 1992, la synagogue a été désacralisée (la communauté juive ne comptait alors plus que 2 hommes, alors qu’un minimum de 10 est exigé par l’ordre religieux pour célébrer un office) et après avoir servit de hangar, devint en 2002 un espace culturel proposant expositions, pièces de théâtre et concerts. L’Aron kodesh et les rouleaux de la Torah sont aujourd’hui visibles au Musée Bartholdi à Colmar. La synagogue est accessible uniquement sur demande et/ou à l'occasion des expositions".

"Une synagogue de village datant du XIXe siècle située près de Brumath, a été sauvée de la démolition grâce à ses nouveaux propriétaires qui l'ont transformée en loft. Ce projet met en lumière la préservation des volumes d'origine et des éléments d'époque tout en intégrant des aménagements contemporains sur mesure, offrant ainsi une seconde vie singulière à ce bâtiment historique."

"L’ancienne synagogue de Rouffach, édifiée vers 1290 et transformée en habitation au XVe siècle, est à vendre en 2025. C'est un bâtiment qu’on devine à peine depuis la rue Ullin à Rouffach. L’ancienne synagogue de Rouffach est en retrait de la rue Ullin car enserrée dans un enchevêtrement de cour et de granges. L’ancienne synagogue de Rouffach est « la seule synagogue médiévale conservée en France et l’une des très rares en Europe, avec celle de Prague ou encore celle de Worms, cette dernière ayant été plusieurs fois reconstruite », précisent Jean-Pierre Lambert et Norbert Schwab, président d’honneur et président de la Séjal (Société pour l’étude du judaïsme en Alsace-Lorraine). Les associations de sauvegarde du patrimoine juif en Alsace tentent de mobiliser pouvoirs publics et mécènes pour rendre ce trésor historique méconnu accessible au public. Avec deux autres associations qui œuvrent pour la sauvegarde du patrimoine juif d’Alsace (les Routes du judaïsme rhénanes et la Maison du judaïsme rhénan), ils sonnent l’alerte concernant la mise en vente de l’édifice, proposé au prix de 700 000 € par une agence immobilière spécialisée dans les biens d’exception, Espaces atypiques. La vente fait suite au décès du dernier propriétaire, l’architecte d’intérieur Serge Gayrau. "L’édifice médiéval de Rouffach, près de Colmar, témoigne d’un riche héritage judéo-alsacien. Malgré sa façade discrète, il s’agit assurément d’un « bien atypique », comme l’assure l’agence immobilière chargée en 2025 de la vente de cette maison de 327 m2 sur trois niveaux, avec deux jardins, située au cœur de Rouffach, à 15 kilomètres au sud de Colmar (Haut-Rhin). Pour la coquette somme de 700.000 euros, le futur acquéreur entrera en possession de la seule synagogue médiévale connue conservée en France et une des plus anciennes d’Europe." 

La Fondation du Patrimoine propose aux Internautes : "Aidez à la restructuration de l'ancienne synagogue de Duppigheim dans le Bas-Rhin". 52 donateurs ont versé 11 631 €. L'objectif est 40 000 €. Restent 186 jours. La synagogue est située au 17 Rue des Juifs - 68750 Bergheim. Elle "présente son mur-pignon antérieur sur la rue, avec la porte d'entrée, un mur-gouttereau étant longé par une cour, l'autre donnant sur la rue qui forme un coude à cet endroit. Un vaisseau central est flanqué de deux bas-côtés, séparés par des arcades en plein cintre sous lesquelles sont situées les tribunes. Les élévations extérieures adoptent un style néo-roman dépouillé. Les baies en plein cintre alternent avec des oculus. Le sommet du pignon antérieur est orné des tables de la Loi. L'intérieur de la synagogue a conservé un décor peint soulignant les formes architecturales, mais l'aron a été détruit, le mobilier supprimé et elle doit prochainement être restaurée pour abriter un bâtiment culturel municipal."
"Malgré les déprédations qu'elle a subies durant l'occupation nazie, la synagogue de Bergheim présente un intérêt architectural non négligeable. S'inscrivant dans le courant général de son époque, elle adopte le vocabulaire néo-roman, tant dans le schéma des volumes (nef centrale, bas-côtés) que dans le décor de la façade ouest. A l'intérieur, où l'on retrouve une ordonnance médiévale dans l'organisation d'une travée, c'est la hauteur de l'élévation qui surprend pour un édifice de dimensions relativement réduites et compose, avec ses grandes arcades, un volume harmonieux. Témoin d'une communauté implantée depuis le XIVe siècle, éteinte aujourd'hui."
"L'existence d'une population juive à Bergheim est attestée dès 1300, la synagogue étant confisquée en 1349 après l'extermination des juifs de Bergheim et de Ribeauvillé. Elle fut rachetée en 1551 par un israélite. En 1784, la ville comptait 68 familles et 328 personnes de religion juive. La synagogue existant au XIXe siècle fut détruite dans un incendie en 1840 et reconstruite en 1863, au même emplacement que la première synagogue du XIVe siècle, sur les plans de l'architecte Auguste Hartmann. Endommagée par les allemands durant la seconde guerre mondiale (destruction de l'aron) , elle fut désaffectée en 1990, la population juive de Bergheim ayant totalement disparu. Un projet de réhabilitation est en cours à la mairie de Bergheim (l'extérieur a été restauré en 2000)."

La synagogue Or Thora, située rue Saint-Dominique, entre la Gare de Marseille-Saint-Charles et la Canebière, dans le 1er arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône), a été édifiée en 1962 par des Juifs d'Algérie ("Pieds-noirs"). La situation démographique a évolué dans ce quartier du centre-ville : départs des habitants juifs français du quartier, arrivée d'immigrés musulmans. La synagogue a été achetée en 2016 pour environ 400 000 euros par l'association cultuelle musulmane Al Badr qui l'a transformée en mosquée El-Badr. L’ancienne synagogue est en mesure d’abriter jusqu’à 250 fidèles. A Marseille, "les musulmans sont 250.000 dont 10% pratiquent régulièrement. La transaction s’élève à environ 400.000 euros et sera concrétisée sous peu, à moins que la mairie de Marseille ne décide de s’y opposer. En juin 2015, Dalil Boubakeur, le président du Conseil français du culte musulman, avait proposé d'installer des mosquées dans des églises vides, suscitant un tollé contre sa proposition..." A Marseille, "la communauté disposerait toujours de 58 synagogues à Marseille (23 écoles plus 60 restaurants kachers) contre 32, il y a 25 ans".

L’ancienne synagogue d’Altkirch, située au 6 rue de Ferrette, dans la capitale du Sundgau, a ouvert ses portes en 1837. A l’arrière du bâtiment se trouve la porte d’entrée surmontée d’un linteau sur lequel on peut lire en hébreu : « Car tous les peuples iront, chacun au nom de son dieu, et nous, nous irons avec le nom de Hashem notre Dieu ! ».
Cet édifice religieux a été transformé en salle de cinéma pendant la Deuxième Guerre mondiale. 
En décembre 2021, le Consistoire Israélite du Haut-Rhin l'avait mis en vente, via l’agence immobilière Robischung de Hirsingue. En 2022, après une dizaine d'années d'attente, il l'a vendu à un couple de trentenaires originaire du Sud Alsace qui l'a transformée en sa maison. Zineb et Alexander Haese vivent depuis novembre 2024 avec leurs deux garçons dans cet espace de 350 mètres carrés doté d'un terrain de 1500 m².
En 2023, "seul le toit avait été refait ; le carrelage noir et blanc suranné habillait encore le sol et la tribune des femmes rappelait le passé religieux du lieu.
"On voulait un emplacement plus central entre nos lieux de travail, à Mulhouse pour ma femme et à Bâle pour moi », expliquait l’informaticien. 
"Le balcon a laissé place à un étage avec les chambres, la pièce principale a été métamorphosée en cuisine ouverte sur un « grand salon », la hauteur sous plafond de huit mètres a en partie été conservée. Le couple a plutôt eu de « bonnes surprises » ; comme le dévoilement de ce colombage caché sous les couches de plâtre d’un mur de l’entrée. Les artisans ont révélé les pierres au mur dans la cage d’escalier. .
"Zineb et Alexander ne sont pas de confession juive. Ils avaient pour autant à cœur de respecter cet « endroit sacré », édifice du patrimoine altkirchois construit dans les années 1830 et plusieurs fois rénové depuis."
"Pour preuves, l’escalier tournant en bois qui « a été sablé » et dont certaines marches ont dû être renforcées, le petit escalier qui permet de rejoindre la cuisine et qui « donne du cachet », les vitraux devant lesquels a été posé une vitre pour l’isolation et, plus anecdotique, le tableau électrique avec lequel Alexander aimerait « faire de la domotique ».
"Des touches çà et là rappellent la vie d’avant du bâtiment. Surtout, l’aspect extérieur est très fidèle à l’enveloppe de l’ancienne synagogue. Pas le choix : inscrite à l’inventaire général du patrimoine culturel, elle se trouve surtout dans le périmètre des Bâtiments de France. « Ce qui nous a pris du temps, c’était de créer les ouvertures. On a transformé des fenêtres en portes-fenêtres pour avoir un accès sur la terrasse et on a dû attendre le retour des ABF (architectes des Bâtiments de France) pour cela. » Les « règles » des ABF s’appliquent pour la toiture (style de tuiles et pas de panneaux photovoltaïques comme le couple aurait aimé), pour les fenêtres (qui doivent être en bois), pour la couleur de la façade aussi. « On avait le choix entre trois coloris : beige, blanc crème et beige un peu plus foncé… », liste Alexander Haesen".
"À l’intérieur en revanche, le couple a pu laisser vagabonder son imagination. Le seul principe à respecter était de ne pas aménager les salles d’eau et sanitaires à l’endroit même où se trouvait la Torah. Zineb Haesen a passé des heures sur les réseaux. « J’étais beaucoup sur Pinterest, sur YouTube… Dans les pays anglo-saxons, il y a beaucoup d’églises qui sont transformées, ça donne des idées. Si on avait eu ChatGPT à l’époque… Ça nous aurait aidés », plaisante la professeure d’anglais".. 

« L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques »
Arte diffusera les 18 et 25 octobre 2026 à 08 h 40 « L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques », série documentaire de Sabine Reeh. 

« Le neuf ne doit pas remplacer le vieux : les anciens et les nouveaux bâtiments peuvent coexister, fusionner ou s'inspirer mutuellement. Une ville est un organisme vivant qui évolue constamment, tout comme la société. Construire dans l'existant ne signifie donc pas seulement rénover : c'est avant tout la poursuite créative de la construction qui fait sa qualité. »

« Mettre en valeur les architectures anciennes par des innovations radicales : tel est l’ambitieux pari relevé pour la rénovation ou l’agrandissement de certains bâtiments . Illustrations dans « L'ancien fait peau neuve. Une nouvelle vie pour des bâtiments historiques  », série documentaire en quatre volets de Sabine Reeh.»

1ère partie : « Des musées »
« L’architecture des musées repose très souvent sur un dialogue entre l’ancien et le moderne. »

« Ainsi, de nombreux projets de rénovation et d’agrandissement apportent un contrepoint formel aux structures existantes par le choix des matériaux, des formes ou des teintes. Ce jeu de contrastes est pensé comme un dialogue avec la structure originelle, qui demeure généralement un élément central du bâti. » 

« Dans le 13e arrondissement de Paris, la Fondation Pathé se distingue par une gigantesque coque recouverte de volets en aluminium qui s’intercale entre deux immeubles haussmanniens. »

« Dans la ville allemande de Halle-sur-Saale, lors de la rénovation et de l'extension du château de Moritzburg, toutes les structures d’origine encore existantes ont été sauvées, permettant à un nouveau musée d’être construit à l'intérieur même des vestiges. »

2e partie : « Des bâtiments industriels »
« Depuis la fin de l’ère industrielle, de nombreux entrepôts, usines et centrales électriques ont été laissés à l’abandon. Hormis les coûts élevés que représente leur démantèlement, ils sont aujourd’hui considérés comme des éléments à part entière du patrimoine historique, témoignant d’un âge d’or révolu. »

« Partout dans le monde, des projets de réhabilitation créatifs et audacieux fleurissent pour offrir une deuxième vie à ces vastes espaces. »

« À Paris, la Cité de la mode et du design est installée dans un ancien entrepôt dont la structure d’origine, en béton armé, est recouverte d’une double peau en verre. Le musée d’Art contemporain du Cap, en Afrique du Sud, est quant à lui construit dans un ancien silo à grains qui a conservé son emblématique silhouette alvéolaire. »

3e partie : « Des édifices religieux »
« En Europe, l’ère postindustrielle s’est accompagnée d’une sécularisation de la société. De nombreux lieux de culte ont ainsi été transformés en galeries d’art, résidences de luxe ou centres de bien-être. »

« S’ils sont détournés de leur fonction initiale, la plupart de ces édifices conservent leur architecture singulière et leur ambiance solennelle. »

« En Allemagne, l’ancienne église de la petite ville de Bielefeld abrite aujourd’hui un restaurant atypique, tandis qu’en plein cœur de Bruxelles la chapelle médiévale des Brigittines est devenue un centre culturel réputé. Dans le quartier huppé de Mayfair, à Londres, un temple anglican s’est quant à lui métamorphosé en food market branché. »

4e partie : « Y vivre et travailler »
« Faire du neuf avec de l’ancien : si cette idée gagne du terrain à l’heure où la réhabilitation s’avère souvent plus rentable que la destruction. Illustration avec la mythique centrale électrique Battersea Power Station, popularisée par la pochette de l’album "Animals" du groupe Pink Floyd. »

« Au fin fond de la forêt bavaroise, une ancienne maison en ruine a fait l’objet d’un vaste projet de rénovation aussi minimaliste qu’efficace. À Gand, en Belgique, un ensemble d’anciens logements ouvriers s’est transformé en lieu d’art et de culture, tout en conservant son emblématique enclave circulaire. »

« Mise à l’honneur en 1977 sur la pochette de l’album Animals du groupe Pink Floyd, la mythique centrale électrique Battersea Power Station a été reconvertie en un lieu de vie aux usages mixtes, où cohabitent une galerie marchande et des logements luxueux. »


Allemagne, 2023
Production : Isarfilm
1ère partie (27 min) : © BR/Paul Busse
2e partie (27 min) : © BR/Sabine Reeh
3e partie (27 min) : le 18 octobre 2026 à 08 h 40. © BR / Sabine Reeh
4e partie (27 min) : le 25 octobre 2026 à 08 h 05. © DR
Sur arte.tv du 02/10/2026 au 31/10/2026
Visuel : © BR/Paul Busse