Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 13 juillet 2026

« L’affaire Dreyfus à Rennes »

Pour les 120 ans de la réhabilitation du capitaine Alfred Dreyfus, le musée de Bretagne-Les Champs libres propose l’exposition permanente « L’affaire Dreyfus à Rennes » consacrée à un procès important dans une affaire politique, médiatisée, teintée d'antisémitisme. Le 22 décembre 1894, le capitaine Alfred Dreyfus (1859-1935) est condamné à l'unanimité pour trahison, « à la destitution de son grade, à la dégradation militaire, et à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée », c'est-à-dire au bagne en Guyane. Le 3 juin 1899, la Cour de cassation casse le jugement de 1894, et renvoie Alfred Dreyfus devant un nouveau conseil de guerre à Rennes. Celui-ci condamne de nouveau l'officier français juif, en assortissant son jugement de circonstances atténuantes. Peu après, le Président de la République Émile Loubet gracie Alfred Dreyfus. En 1904 débute la révision du procès de Rennes, et le 12 juillet 1906 la Cour de cassation reconnait l'innocence d'Alfred Dreyfus qui est réintégré dans l’armée avec le grade de commandant et nommé chevalier de la Légion d’honneur. Entrée libre.


« En 2006, dès l’ouverture des Champs Libres, une première exposition permanente, basée sur les collections du Musée de Bretagne, revenait sur l’affaire Dreyfus et sur le procès en appel de Rennes. »

« En 2026, à l’occasion des 120 ans de la réhabilitation du capitaine Alfred Dreyfus, le Musée de Bretagne réaffirme son engagement à défendre cette mémoire et produit une nouvelle exposition permanente en phase avec les enjeux contemporains, l’éducation aux médias et à l’information et la lutte contre l’antisémitisme. »

« L’exposition est produite par Rennes Métropole et soutenue par la Fondation du Judaïsme français. »

Le site Internet des Archives de Rennes a réuni des documents, dont un dossier pédagogique, une frise chronologique et une cartographie, sur l'affaire Dreyfus

Le conseil scientifique est composé de :
Marie Aynié, historienne, secrétaire générale du comité d’histoire de la ville de Paris
Claire Decomps, conservatrice en chef du patrimoine, responsable de la conservation au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Charles Dreyfus, petit-fils d’Alfred et Lucie Dreyfus
Michel Dreyfus, arrière petit-fils d’Alfred et Lucie Dreyfus
Vincent Duclert, historien, inspecteur général de l’éducation nationale
André Hélard, historien, professeur de lettres classiques
Pierre Karila-Cohen, historien, professeur d’histoire contemporaine
Philippe Oriol, historien, directeur de la Maison Zola / Musée Dreyfus
Pascal Ory, historien, membre de l’Académie française
Jean-Marc Perl, arrière petit-fils d’Alfred et Lucie Dreyfus
Paul Salmona, directeur du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Une exposition labellisée « Exposition d’intérêt national » 
« Cette nouvelle exposition est labellisée « Exposition d’intérêt national ». Ce label est attribué par le ministère de la Culture depuis 1999 aux musées de France présentant des expositions dites remarquables. Les structures recevant le label doivent présenter des expositions ayant une approche thématique inédite d’intérêt national, une qualité scientifique et muséographique exemplaire, ainsi qu’une scénographie et un dispositif de médiation ayant pour objectif de toucher les publics les plus variés. Cette appellation valorise les initiatives en région et reflète la richesse et la diversité des collections des musées de France. » 
 
Retour sur l’affaire « du siècle »

« L’affaire Dreyfus est une machination militaro-judiciaire, mais aussi une grave crise politique qui marque la France au tournant du 20e siècle : durant 12 ans (1894-1906), elle emporte un homme, le capitaine Alfred Dreyfus. »

Chronologie de l’Affaire
« Le 15 octobre 1894, le capitaine Alfred Dreyfus (1859-1935) est arrêté au ministère de la Guerre. Il est accusé sur la base d’un document trouvé dans une corbeille à papier de l’ambassade d’Allemagne à Paris. Ce document, dénommé le bordereau, contient des informations militaires prétendument secrètes. Dreyfus est reconnu coupable de haute trahison au terme d’un procès militaire qui bafoue les droits de la défense. 

Il est condamné à la dégradation et à la déportation sur l’île du Diable, en Guyane. Le coupable, le commandant Ferdinand Walsin Esterhazy, est identifié en 1896. Il faudra toute l’énergie de Lucie et Mathieu Dreyfus pour obtenir la révision du procès. 

Au lendemain de l’acquittement d’Esterhazy, Émile Zola publie dans le journal L’Aurore daté du 13 janvier 1898 son célèbre « J’Accuse…! », qui fait basculer la situation : l’écrivain accuse nommément plusieurs hauts-gradés d’avoir monté une machination contre Dreyfus. 

Le 3 juin 1899, la Cour de cassation casse le jugement de 1894, et renvoie Dreyfus devant un nouveau conseil de guerre à Rennes. À l’issue de ce second procès, Dreyfus est de nouveau condamné, mais avec d’absurdes circonstances atténuantes. Quelques jours plus tard, il est gracié par le Président de la République Émile Loubet.

En 1904 commence la révision du procès de Rennes, et le 12 juillet 1906 la Cour de cassation affirme la pleine innocence du capitaine. Il est réintégré dans l’armée avec le grade de commandant et nommé chevalier de la Légion d’honneur. »

Les répercussions de l’Affaire
« L’Affaire a des répercussions mondiales, bien au-delà de la situation individuelle d’Alfred Dreyfus et des déchirements français. L’affrontement entre dreyfusards et antidreyfusards engendre des clivages idéologiques qui perdurent tout au long du 20e siècle. »

« Ce sont les valeurs de justice, de vérité, de citoyenneté et d’équité qui ont été mises à l’épreuve, et qui résonnent encore aujourd’hui lorsque l’on évoque l’affaire Dreyfus. Cette mémoire est particulièrement forte à Rennes, qui accueillit le procès en révision en 1899. »
 
« C’est à Rennes qu’eut lieu l’un des plus sombres épisodes de l’Affaire et c’est au sein des Champs Libres, au Musée de Bretagne, que dans une exposition permanente exceptionnelle, Rennes célèbre la pleine réhabilitation de mon grand-père Alfred Dreyfus. J’en suis ému et reconnaissant ». 
Charles Dreyfus
Petit-fils d’Alfred Dreyfus 

« Rien ne prédisposait la ville de Rennes à occuper pendant un mois de l’été 1899 l’attention internationale. Il en fut pourtant ainsi. Mais le plus remarquable de toute cette histoire se mesure au travers du long cheminement qui a conduit le Musée de Bretagne à devenir le grand lieu de mémoire de l’« Affaire ». Et, là aussi, la surprise est grande de découvrir dans les collections de ce musée non seulement les articles et dessins de presse ou la correspondance privée qu’on est en droit d’y trouver mais encore l’émouvant trésor des messages de sympathie envoyés, du monde entier, au capitaine et à son épouse ». 
Pascal Ory
Historien, Membre de l’Académie Française 


Un portrait signé Jef Aérosol
« Les Champs Libres ont proposé à l’artiste Jef Aérosol de signer le visuel de l’exposition et de réaliser une oeuvre monumentale à l’entrée de la salle. Visible dès le hall des Champs Libres, elle propose un regard intemporel sur la figure presque iconique de Dreyfus. Par sa présence, l’oeuvre marque l’implantation centrale de l’exposition au coeur des Champs Libres. » 

UNE SCÉNOGRAPHIE ORIGINALE
« La scénographie a été réalisée par l’agence In Site, accompagnée par la graphiste Mesh. Elle se propose de faire ressentir l’ambiance rennaise de cette fin du 19e siècle, à travers l’évocation de la ville, de ses lieux emblématiques, pour la plupart toujours reconnaissables. Les images de Rennes en 1890 issues des fonds photographiques du musée côtoient les collections de journaux d’époque, qui relatent chaque jour les audiences du procès rennais. Des espaces plus intimistes permettent de découvrir l’importante correspondance de soutien reçue par Lucie et Alfred Dreyfus, ou de mieux connaitre certains protagonistes présents à Rennes lors du procès. »
DISPOSITIFS DE MÉDIATION
« Au fil du parcours, plusieurs dispositifs permettent de montrer le rôle central de la presse durant l’Affaire, de développer l’esprit critique des visiteurs, tout en questionnant plus largement leur rapport à l’information. 
Chacun de ces dispositifs, s’appuyant sur les grandes thématiques de l’Éducation aux Médias et à I’Information, prend comme point de départ une collection ou un évènement afin de questionner le poids des images et des mots, le traitement d’une information ou encore la polarisation des opinions.
Par exemple, dans la manipulation « L’île du diable, entre invention et réalité », les visiteurs découvrent que l’exil d’Alfred Dreyfus a souvent été représenté dans les médias comme des vacances sur une île paradisiaque, mais la réalité est tout autre.
Dans la manipulation « Unes en pagaille », les visiteurs doivent retrouver les bonnes unes en associant le titre du journal à son illustration et sa légende, selon les orientations de chaque journal. »
ZOOM SUR LE PARCOURS ENQUÊTE LUDIQUE
« Conçu par les Francs Limiers et adapté pour un public à partir de 12 ans, il est jouable en groupe de 2 à 6 personnes, de façon autonome, 3 groupes peuvent jouer simultanément dans leur résolution de leur enquête. Ce parcours enquête est pleinement intégré à l’exposition avec des énigmes à résoudre grâce à de nombreux dispositifs à manipuler et indices dissimulés tout au long du parcours. Il invite, par l’exploration des collections, à découvrir d’une autre manière les contenus et le propos de l’exposition. 
Synopsis : l’influenceur controversé Histobuzz, coutumier de la réalisation de vidéos fake news, annonce qu’il va sortir d’ici 1h, une vidéo remettant en cause l’innocence de Dreyfus. À l’aide d’un carnet d’enquête, les joueurs doivent retrouver les preuves pour démonter un à un les arguments d’Histobuzz. » 


Le parcours de l’exposition

L’exposition « présente un parcours en 6 séquences, avec une attention particulière portée aux adolescents et jeunes adultes. » 

1. QUI EST ALFRED DREYFUS ? L’HOMME DERRIÈRE L’AFFAIRE
« Cette partie permet de comprendre qui était Alfred Dreyfus : ses origines, sa formation, sa profession, son mariage, ses enfants, son lien à l’armée, son rapport à la religion… L’exposition présente notamment un arbre généalogique, des photographies familiales et un fac-similé de sa veste d’officier d’artillerie. »

Alfred Dreyfus artilleur à Bourges, photographie, Franck (photographe), Bourges, 1889, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public
« 9 artilleurs sont répartis autour d’une pièce d’artillerie dans des poses peu conventionnelles (pipe à la bouche, vestes ouvertes). Des inscriptions figurent sur celles-ci : «Vive la Flotte», «Vive L’Arti» (sur la veste d’Alfred Dreyfus). Chaque personne a signé sur la marge inférieure du support. Alfred Dreyfus est le deuxième en partant de la gauche. »

2. LES GRANDES ÉTAPES DE L’AFFAIRE
« L’affaire Dreyfus est un évènement complexe qui a connu de nombreux rebondissements. Pour appréhender pleinement ses enjeux, une frise chronologique illustrée de collections (une de journaux, estampes, photographies…) pose les grands jalons de l’Affaire. Un épisode de 10 minutes de l’émission Karambolage (Arte) vient compléter cette présentation. À travers la profusion de caricatures, que l’on trouvait dans des journaux, cartes postales ou même objets du quotidien, l’exposition montre le climat antisémite de l’époque qui irrigue la sphère politique et plus largement toute la société.  »

Canne de marche au pommeau sculpté d’une effigie caricaturale antisémite, vers 1880, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public
Dès le 18e siècle ont été réalisés des objets usuels à caractère antisémite : pipes, cannes, figurines qui transmettent déjà des stéréotypes qui persistent tout au long des siècles suivants. On voit ici un personnage au nez très long, surmonté de petites lunettes supposées évoquer l’usurier. Cheveux frisés et, papillotes évoquent l’appartenance religieuse. L’autre face figure une tête de mort coiffée de la kippa. Ce type d’objets luxueux, destinés à une clientèle aisée, témoigne de la très large diffusion de la caricature antisémite. » 

3. RENNES 1899 – LE PROCÈS DU SIÈCLE
« Le 3 juin 1899, la Cour de cassation casse le jugement de 1894 et renvoie Alfred Dreyfus devant le conseil de guerre de Rennes. Émile Zola désigne le procès de Rennes comme « La suprême bataille ». Le procès se déroule du 7 août au 9 septembre 1899 au lycée de garçons de Rennes – actuel lycée Zola. »

« Les visiteurs découvrent l’ambiance de Rennes en cette fin de 19e siècle à travers une projection d’images de l’époque et des grandes reproductions de photographies. Pierre-François Lebrun a réalisé un film mêlant photographies, dessins d’animations et vues contemporaines pour retracer de manière vivante le procès jour après jour (production JPL Films). »

« Enfin les lieux et les acteurs du procès de Rennes sont mis en avant à travers une grande carte et des documents d’époque. »

Audience du conseil de guerre de Rennes
, photographie, Valerian Gribayedoff (photographe), 7 août 1899, Rennes, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public
« Rare photographie de l’intérieur de la salle des fêtes du lycée Zola, prise le premier jour du procès. » 

4. LE PROCÈS FAIT LA UNE !
« Le procès de Rennes est le premier procès médiatique international de l’histoire contemporaine. Rennes reçoit des journalistes du monde entier : presse nationale et locale font le récit au jour le jour des audiences du procès grâce à l’essor de nouveaux outils facilitant la communication. Pour la première fois, la photographie produit un grand nombre d’images qui illustrent les revues. L’évocation d’un étal de marchand de journaux permet de montrer le rôle central de la presse et la polarisation de l’opinion selon l’orientation dreyfusarde ou antidreyfusarde des journaux. » 

Les journalistes français et étrangers, album de photographie, Valérian Gribayedoff (photographe) ou Léon Bouët (photographe), été 1899, Rennes, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public


5. LES AMIS INCONNUS DE DREYFUS
« Dès 1898, des milliers de personnes témoignent leur soutien au capitaine Dreyfus et à son épouse Lucie. Après l’injustice criante du verdict de Rennes, ils reçoivent une immense correspondance. Mots de réconfort, d’amitié, de consolation et d’encouragement : des milliers de lettres parviennent à Lucie et Alfred Dreyfus de toute la France et de toute l’Europe. Ces témoignages d’indignation et de solidarité révèlent l’ampleur du mouvement d’opinion qui se développe autour de l’Affaire. Une grande carte du monde présente quelques exemples de cette riche correspondance. Il est également possible de lire et d’écouter des lettres qui prennent vie grâce aux lectures des élèves de l’école du Théâtre National de Bretagne (TNB).» 

Portrait d'Alfred Dreyfus, épinglette, années 1890
« Le soutien à une cause, hier comme aujourd’hui, s’accompagne parfois de petits objets, ostensiblement portés par ceux qui adhérent à la cause évoquée. Ces petites épinglettes n’étaient pas destinées à être conservées, de fait elles sont aujourd’hui rares. »

6. VERS LA RÉHABILITATION
« La dernière partie de l’exposition présente sous forme de frise chronologique les évènements qui se sont déroulés entre le jugement de 1899 et la mort d’Alfred Dreyfus en 1935.

« Elle revient sur l’héritage de l’Affaire, qui a continué à s’écrire, que ce soit avec des travaux d’historiens ou à travers des œuvres artistiques (littérature, cinéma, arts plastiques...). Des extraits de films de fiction viennent conclure l’exposition. »

Alfred Dreyfus dans la cour de l’École militaire après la cérémonie de réhabilitation
, carte postale, 12 juillet 1906, Éditions Ernest Le Deley, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public 

Un espace d’ouverture : Dreyfus et nous
« À la sortie de l’exposition, un espace donne la parole à celles et ceux pour qui l’affaire Dreyfus a compté dans leur trajectoire personnelle, professionnelle - des hommes politiques, des historiens, les descendants d’Alfred Dreyfus - mais aussi des jeunes qui la découvrent dans le cadre des projets d’éducation artistique et culturelle menés durant la phase de conception du projet d’exposition.

En 2027, il sera réaménagé comme un laboratoire de la pensée critique qui invitera le public à questionner la polarisation de la société et à explorer des pistes de dialogues pour dépasser les divisions. »

JEF AÉROSOL

« Né à Nantes en 1957, Jef Aérosol (pseudonyme de Jean-François Perroy) vit et travaille à Lille depuis 1984. Artiste français issu de la première vague d’art urbain, il a posé son premier pochoir sur les murs de Tours en 1982. 
Depuis, il a sillonné les rues de nombreux pays pour y peindre ou coller ses personnages, souvent représentés à l’échelle 1. Également muraliste, Jef Aérosol a réalisé de nombreuses fresques, tant en France qu’à l’étranger.
Son travail est désormais caractérisé par l’usage important du noir et blanc à l’exception de cette fameuse flèche rouge, marque de fabrique et « élément perturbateur » ! Ses œuvres sont visibles dans de nombreuses expositions en galeries et musées, festivals, art fairs, ventes publiques et événements internationaux.
Plus poétique que politique, le message délivré par Jef Aérosol est avant tout humaniste, ce qui rend son travail universel et intemporel. Dans les yeux de ses personnages passent toutes les émotions. Inconnus ou reconnus, ils reflètent le regard juste et attentif que l’artiste pose sur le monde et sur l’époque. »

« Transmettre le flambeau de l’Histoire pour éviter qu’elle ne se répète »
Par Nathalie Appéré,
Maire de Rennes, Présidente de Rennes Métropole

« À Rennes, « l’affaire du siècle » tient une place particulière. C’est dans notre ville qu’a eu lieu le procès en révision du capitaine Alfred Dreyfus, victime de l’une des plus grandes injustices du 19e siècle, parce qu’il était juif.
C’est dans notre ville que le jugement du conseil de guerre fut rendu dans ce qui était autrefois le lycée de Rennes, et qui porte depuis plus d’un demi-siècle le nom d’Émile Zola.
Dès leur ouverture en 2006, Les Champs Libres ont accueilli une première exposition permanente, pour commémorer, comprendre, enseigner cet événement historique majeur. 
Aujourd’hui, voilà 120 ans qu’Alfred Dreyfus a été réhabilité.
À cette occasion, le Musée de Bretagne franchit une nouvelle étape pour défendre notre mémoire commune, à travers une exposition permanente 2.0, autour des enjeux contemporains liés à l’éducation aux médias et à la lutte contre l’antisémitisme.
Au-delà de cet indispensable devoir, célébrer la réhabilitation d’Alfred Dreyfus, c’est surtout transmettre le flambeau de l’Histoire pour éviter qu’elle ne se répète, à l’heure où les relents de haine qui conduisirent à cette affaire ont une résonnance singulière. Si les époques se succèdent, certaines passions mortifères demeurent et l’antisémitisme gangrène encore notre société
À rebours des logiques de repli sur soi et de rejet de l’autre, cette exposition a été pensée pour nous éclairer sur le chemin de l’apaisement de notre société. Nous souhaitons qu’elle puisse constituer le point de départ d’une réflexion plus globale sur la fabrique de l’opinion ou encore la place de la justice face à la haine. 
Je tiens à remercier l’ensemble des actrices et des acteurs qui ont participé à la construction de cette exposition d’une grande richesse, ainsi qu’à la volonté de celles et de ceux qui viendront apporter leur éclairage sur l’affaire Dreyfus en elle-même, comme sur les questions de société qui lui font écho aujourd’hui. »

L’affaire Dreyfus, « une leçon vivante de citoyenneté »
Par Céline Chanas,
Directrice du Musée de Bretagne

« En 2026, 20 ans après l’ouverture des Champs Libres à Rennes et la première exposition consacrée à l’affaire Dreyfus en France, le Musée de Bretagne ouvre une nouvelle exposition, symboliquement placée au coeur des Champs Libres. Son ambition est claire : faire dialoguer l’histoire avec le présent et la rendre accessible aux jeunes. Car l’affaire Dreyfus n’est pas qu’un épisode lointain de la IIIe République, elle est une leçon vivante de citoyenneté. En suivant l’injustice subie par le capitaine Alfred Dreyfus, condamné à tort dans un climat d’antisémitisme et de raison d’État, le public est invité à se questionner sur ce que représentent la justice, la vérité ou l’engagement. Partie prenante du réseau des musées engagés, le Musée de Bretagne assume une ligne : parler d’histoire, asseoir son récit au plus près des parcours de ceux qui les ont vécus et portés ; parler du temps présent inspiré des écrits de Marc Bloch, « Sans se pencher sur le présent, il est impossible de comprendre le passé ».
Au-delà de l’histoire, ce sont bien les enjeux contemporains qui affleurent. Désinformation, justice médiatique, discriminations : les parallèles avec notre époque sont troublants. L’exposition ne les impose pas, mais les suggère subtilement. À l’heure où l’opinion publique se forge parfois en quelques clics, revisiter l’affaire Dreyfus devient un acte presque nécessaire. Les Champs Libres proposent ainsi bien plus qu’une exposition : un espace de transmission et de réflexion. En plaçant la jeunesse au centre du dispositif, ils rappellent que la citoyenneté s’apprend tôt, et que comprendre le passé est une clé pour agir avec lucidité dans le présent. »

L’exposition, « Une démarche scientifique »
Laurence Prodhomme
Commissaire d’exposition

« Pour concevoir cette nouvelle exposition, le Musée de Bretagne s’est appuyé sur sa collection exceptionnelle de plus de 8 000 documents, constituée dès 1899 puis enrichie notamment grâce à des dons de la famille Dreyfus et des achats sur le marché de l’art. 
Un conseil scientifique réunissant des historiennes et des historiens, ainsi que des descendants d’Alfred Dreyfus a été constitué pour accompagner le musée dans chaque étape du projet : scénario, textes, choix des collections. Laurence Prod’homme, commissaire d’exposition, revient sur la démarche scientifique. Cette nouvelle exposition permanente consacrée à l'affaire Dreyfus est l'héritière au sein du Musée de Bretagne, de nombreuses autres expositions sur le sujet. Expositions temporaires dans les années 1970 et 1990, première exposition permanente en 2006, toutes ont tracé le chemin.
Durant ce laps de temps qui s'étire sur plus de 50 ans, le travail des historiens a développé de nouveaux axes de recherches et interrogé d'autres sources archivistiques. Nourris par leurs travaux et conscients des manques que pouvait présenter l'exposition précédente, nous avons souhaité mettre en avant quelques thèmes et en priorité la personne d'Alfred Dreyfus. »
Mieux connaître l’homme derrière l’Affaire
« Longtemps présenté comme une simple victime, fade et peu investi dans la défense de sa propre cause, Alfred Dreyfus s’est en réalité battu durant 12 ans pour faire reconnaitre son innocence. 
« À travers des cartels spécifiques, les témoignages et les prises de position du capitaine trouvent une place essentielle dans l’exposition. Les liens indéfectibles avec sa famille sont évoqués par le biais de l’immense correspondance conservée au musée, dont des extraits peuvent être lus et écoutés. Un fac-similé de son uniforme permet d’incarner l’homme et sa fidélité à l’armée.
Rennes durant le procès
La seconde thématique s’articule autour de la place de la ville de Rennes au moment du procès. Nous voulions permettre au public de se plonger dans l’atmosphère rennaise à l’été 1899, mettre en avant quelques moments forts, évoquer le quotidien des Rennais, leur indifférence ou leur engagement. Nous avons pour cela confié la création d’un film au réalisateur Pierre-François Lebrun (production JPL films). Ce court-métrage permet également de suivre le procès au jour le jour.
Le rôle de la presse
Enfin, une place essentielle est consacrée à la presse. En effet, elle s’empare de l’Affaire d’une manière inédite : titres nationaux et journaux régionaux y consacrent leur une de manière régulière. 
Au-delà des nombreuses collections iconographiques conservées par le musée, des objets acquis au fil du temps retiendront plus concrètement l’oeil du visiteur et souligneront l’impact de l’Affaire. »


A partir du 20 juin 2026
10, cours des Alliés. 35000 Rennes
Tél. 02 23 40 66 00
Entrée gratuite.
Ouverture du mardi au dimanche
Visuels :
Portrait d'Alfred Dreyfus, photographie, Aaron Gerschel (photographe), vers 1890, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public 

Dreyfus se promenant entre deux gardes dans la cour de sa prison, album de photographies, Léon Bouët (photographe), été 1899, Rennes, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public. 
Les numéros présents sur la photographie indiquent : 1 : Alfred Dreyfus, 2 : la cellule de l’accusé, 3 : la Manutention, 4 : le poste de police


Le traître, dégradation d’Alfred Dreyfus, Le Petit Journal illustré (Supplément du 13 janvier 1895), Henri Mayer (dessinateur), coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public

Vendeur de journaux, plâtre d'après l’œuvre du sculpteur José Emmenez de Charmoy, F. Gilles (sculpteur), 1931, coll. Musée de Bretagne, CC-BY

L’affaire Dreyfus, affiche de cinéma, film de José Ferrer, Metro Goldwin Mayer, 1958, tous droits réservés

Lettre enluminée adressée à Lucie Dreyfus par les lecteurs du journal anglais le Morning Herald. Elle était accompagnée d’un coffret en argent offert à l’épouse du capitaine. 1899.coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public 

La case de Dreyfus, carte postale, Jean Hess (illustrateur), 29 septembre 1898, Éditions Meulenhoff, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public
"Le journaliste Jean Hess est chargé par le journal Le Matin de réaliser un reportage sur les conditions de détention réelles d’Alfred Dreyfus. Il publiera même un livre A l'Ile du Diable ; enquête d'un reporter aux Iles du Salut et à Cayenne, 1898"

Sortie de Dreyfus, album de photographies, été 1899, Rennes, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public

Laissez-passer pour le journal New York Herald, été 1899, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public 

Alfred Dreyfus à bord du Sfax le ramenant en métropole, photographie, anonyme, 24 juin 1899, coll. Musée de Bretagne, marque du domaine public

Alfred Dreyfus avec les enfants de son fils Pierre, photographie, 1934, coll. de la famille Dreyfus

samedi 11 juillet 2026

James Gray

Né en 1969 à New York (Etats-Unis), James Gray est un réalisateur - 
Little Odessa (1994), The Yards (2000), La nuit nous appartient (We Own the Night, 2007), Two Lovers (2008), The Immigrant (2013), The Lost City of Z (2016), Ad Astra (2019), Armageddon Time (2022) -, scénariste et producteur juif américain. Arte diffusera le 12 juillet 2026 à 21 h « La nuit nous appartient » (We Own the Night) de James Gray avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Eva Mendes et Robert Duvall, puis le 16 septembre 2026 à 22 h 42 « James Gray, l'odyssée intérieure », documentaire de Claire Duguet.
  
Fred Astaire (1899-1987)

James Gray est né en 1969 à New York (Etats-Unis).

Son arrière-grand-père paternel avait été tué par les Cosaques lors d'un pogrom tsariste. Ses grands-parents paternels ont fui la guerre civile à Ostropol (Ukraine) pour immigrer aux Etats-Unis. Russophone, yiddishophones, ses grands-parents ne maîtrisent pas l'anglais. Leur nom patronymique - Greyzerstein - est américanisé en « Gray » quand ils s'installent à Brooklyn en 1923.

Américaine bourgeoise, sa mère décède quand il a 19 ans. 

Diplômé d'un doctorat en génie électrique, son père enseigne à New York, puis il deviendra entrepreneur, mais sans succès. 

James Gray Gray a étudié à la University of Southern California School of Cinematic Arts.

Il a réalisé Little Odessa (1994), The Yards (2000), La nuit nous appartient (We Own the Night, 2007), Two Lovers (2008), The Immigrant (2013), The Lost City of Z (2016), Ad Astra (2019), Armageddon Time (2022).

Cinémathèque française
En octobre 2019, la Cinémathèque française a présenté une rétrospective des films de James Gray. Jérôme Momcilovic a écrit :

« LA LUTTE QU'ETRE UNE PERSONNE IMPLIQUE
La formule est ample et précise, simple et complexe, en tous points fidèle à ses films dont elle entend ramasser l'immuable enjeu : « The struggle of what it means to be a person. » James Gray l'employait à deux reprises voilà deux ans, à la Cinémathèque, où il était venu présenter The Lost City of Z. Il faut l'entendre prononcer ces mots, dûment pesés, pour reconnaître leur double poids de mélancolie. Celle des personnages de ses films d'abord, tous alourdis du fardeau de cette lutte, tous maudits d'être nés sans avoir choisi leur place, et de grandir sans savoir jamais la trouver. Cette mélancolie, celle des désillusionnés, est l'objet de toute l'œuvre de James Gray à ce jour, dessinant un ensemble très cohérent de mélodrames existentialistes tortueux, dans les habits classiques du film noir (Little Odessa, The Yards, La Nuit nous appartient), de la romance (Two Lovers), du film d'époque (The Immigrant) ou d'aventures (The Lost City of Z). Mais il faut entendre aussi la mélancolie, maintes fois ressassée, du cinéaste lui-même, tant il sait inactuelle son ambition d'explorer ces gouffres avec les moyens qui furent ceux d'un grand cinéma populaire et adulte, subtil mais spectaculaire, auquel les studios hollywoodiens (ou ce qu'il en reste) ont renoncé en entraînant le public avec eux.

LA VOLUPTE DE LA MORT
Cette lutte, dit-il, le questionne depuis l'enfance. Dans l'appartement du Queens où il a grandi, enfant de l'immigration juive russe, il redoutait, les soirs, de voir s'éteindre sous la porte de la chambre des parents le mince filet de lumière qui les disait encore debout. Dans The Yards, un poste de télévision fera la réclame d'une comédie oubliée avec Doris Day, Where Were You When the Lights Went Out? Et dans Two Lovers, c'est une mère inquiète (elles le sont toutes, douloureusement) qui guettera le même filet de lumière sous la porte de son fils. Tous les films reviendront explorer cette pénombre, qui tombe comme une malédiction pour vous abandonner à la solitude. C'est d'abord le climat sépulcral de décors filmés comme autant de caveaux – tunnels (The Yards) et souterrains (The Immigrant), boîtes de nuit ou tripots comme des cryptes (La Nuit nous appartient), et bien sûr ces appartements familiaux, asphyxiants et viscontiens (pour guider la photographie sublime d'Harris Savides sur The Yards, il convoque un mot du Guépard : la « volupté de la mort »), où toute lumière est bue par la surcharge des bibelots et des papiers peints (autre souvenir d'enfance : l'appartement des grands-parents). Et l'on ne sort de ces décors que pour s'enfermer dans des extérieurs complices, guère plus respirables, jour laiteux et ciels bas d'hiver (Two Lovers, The Immigrant), ou jungle lointaine qui est le contraire d'une évasion car elle ne pousse en vérité qu'entre les boiseries d'un intérieur anglais (The Lost City of Z).

ON ERRE
C'est l'hiver que tout commence, dans la blancheur aveuglante et paradoxale d'un film qui reste le plus funèbre de tous. Sorti en 1994 et distingué par un Lion d'argent à Venise, Little Odessa fut à la fois porté et masqué par la vogue d'un cinéma « néo-noir », dont il se distingue par une gravité radicalement étrangère à l'ironie postmoderne qui accompagne alors le sacre du cinéma indépendant américain. Miramax, la société des frères Weinstein qui triomphe alors avec Pulp Fiction, produit le deuxième film de James Gray, The Yards, mais en massacre la sortie après avoir lui imposé de renoncer à une fin jugée trop sombre. C'est à la lumière de ce cruel malentendu (The Yards est sifflé à Cannes, et Gray devra attendre sept ans pour tourner de nouveau) qu'il faut envisager la suite de sa carrière, pour y admirer l'entêtement de ce cinéaste trop raffiné pour l'époque, et condamné par la désuétude de ses préoccupations – la lutte des classes, l'opéra, la grande forme narrative que lui ont inspirés Coppola et Visconti. L'entêtement se lit, avant tout, dans le sujet des films. D'un genre l'autre, il n'aura cessé de situer la lutte du côté des fils, sur le seuil où des familles claniques leur refusent la paix en les empêchant d'entrer (Little Odessa, The Yards, The Immigrant) ou de sortir (La Nuit nous appartient, Two Lovers) – et quand ils quittent la famille, c'est seulement pour aller chercher, à l'autre bout du monde, la possibilité de la rêver (The Lost City of Z). Irrémédiablement retenus par le passé, condamnés par lui à l'errance dans un monde qu'ils n'ont pas choisi (« On est des Juifs, on erre », dit Tim Roth dans Little Odessa), les personnages de Gray ne font qu'un avec son cinéma.

REMONTER LE TEMPS
Inactuelle et mélancolique, la filmographie de James Gray l'est aussi d'avoir gardé une idée du cinéma qui est celle de la mort au travail. Son attachement au 35 mm en est un signe. Un autre, moins explicite, tient dans son plaisir à filmer la photographie (les somptueux diaporamas disséminés dans La Nuit nous appartient, Two Lovers, The Lost City of Z) pour y voir vibrer le grain du temps. Complétant la minutie documentaire, très scorsesienne, avec laquelle ses films ont remonté l'histoire de sa famille comme celle de son pays, ce geste d'archiviste trouve une destination naturelle dans The Immigrant et The Lost City of Z, tous deux situés à l'aube du XXème siècle. Et il faut se garder de voir seulement, dans leurs dimensions réduites de fresques à l'élan brisé, l'absence de moyens à laquelle se heurte ce cinéma fait pour un autre temps. Car autant que la contingence, c'est le mouvement interne de l'œuvre qui leur dicte cette retenue, et retient leurs personnages sur de nouveaux seuils – pour l'immigrante : un cruel purgatoire au bord de l'Amérique ; pour l'explorateur : une jungle purement mentale, par définition introuvable. La grande histoire et le film d'aventure n'y sont que de nouveaux chemins pour explorer la même lutte, et régler toujours mieux la mécanique qui donne aux films de James Gray, depuis plus de vingt ans, les finales les plus subtils et bouleversants du cinéma contemporain. Preuve, peut-être, que sa tristesse sincère d'être né trop tard n'est qu'une ruse de son génie pour tracer le sillon qui lui convient. »

« James Gray, l'odyssée intérieure »
Arte diffusera le 16 septembre 2026 à 22 h 42 « James Gray, l'odyssée intérieure », documentaire de Claire Duguet qui a rencontré le réalisateur américain chez lui.

« Âgé de 55 ans, James Gray est l’un des chefs de file de la nouvelle génération du cinéma indépendant américain. De « Little Odessa » à « Armageddon Time », en huit films seulement, il a exploré tous les genres, policier, science-fiction, aventures, comédie intimiste. Et il a imposé son style, à la fois classique et ancré dans l’époque, entre nostalgie du grand rêve américain et acerbe critique sociale. Son refus des règles hollywoodiennes fait de lui un artiste à part, et sans doute le plus européen des cinéastes américains. »

«  Le réalisateur James Gray fait découvrir ses archives personnelles, ses premiers story-boards, ses scénarios et ses photos de plateau. »

« The Yards »
« The Yards » est un film de James Gray avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, James Caan, Charlize Theron.

« Un jeune repris de justice est témoin des pratiques mafieuses de son oncle pour assurer la prospérité de l’entreprise de maintenance ferroviaire qu’il dirige. Après "Little Odessa", James Gray dénonce l’avidité des élites dans un polar à la noirceur tragique. Avec Mark Wahlberg, James Caan et Joaquin Phoenix. »

« Libéré de prison après avoir purgé une peine pour un vol de voiture, le jeune Leo Handler n’a qu’un souhait : rester dans le droit chemin. Au cours de la fête familiale organisée par sa mère pour son retour, il retrouve son ami Willie Gutierrez. Filant le parfait amour avec sa cousine Erica, ce dernier travaille désormais pour Frank Olchin, le nouveau beau-père de la jeune femme, qui dirige l'Electric Rail Corporation, une entreprise bénéficiant de contrats de la ville pour l'entretien du métro dans le Queens. Prêt à aider Leo à se réinsérer, Olchin lui propose de suivre une formation pour devenir machiniste. Mais ayant besoin d’argent rapidement pour aider sa mère à la santé fragile, Leo préfère suivre Willie, généreusement payé pour graisser la patte des fonctionnaires municipaux et intimider les sociétés concurrentes. Une nuit, le sabotage de rames confiées à la Weltech, auquel Leo participe, tourne mal… »

« Cinq ans après Little Odessa, le coup de maître qui l’a révélé, James Gray s’inspire de faits réels – un scandale de corruption autour du métro new-yorkais vécu de l’intérieur par son propre père – pour dénoncer un ordre social défaillant sur fond de guerre entre les acteurs du monde ferroviaire. »

« Dans sa quête de rédemption, Leo (Mark Wahlberg) incarne la figure du naïf, manipulé avant d’être lâché par son oncle par alliance (James Caan) et surtout par Willie (Joaquin Phoenix, flamboyant), ce presque-frère pour lequel il s’est sacrifié en allant seul en prison et qui lui a aussi pris celle qu’il aimait en secret. Dans un polar à la noirceur tragique, le tableau d’une famille décomposée au sein d'une société décadente, rongée par l’avidité de ses élites. »

Compétition officielle, Cannes 2000


« La nuit nous appartient »
Arte diffusera le 12 juillet 2026 à 21 h « La nuit nous appartient » (We Own the Night) de James Gray.

« Quand la loi du sang, affaire de famille et de violence, s’empare de la nuit à New York... Nerveux, sombre et virtuose, le troisième film de James Gray ("Little Odessa", "Two Lovers") impressionne par son génie immersif et brutal. Un chef-d'œuvre du polar avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Eva Mendes et l'impeccable Robert Duvall. »

« New York, 1980. Au club El Caribe, des centaines de corps s'oublient dans la musique chaude et l'alcool. Flamboyant, radieux, Bobby Green navigue entre ses convives et sa maîtresse, la sculpturale Amada, le nez blanchi par la cocaïne. Gérant de la boîte de nuit, il est proche du propriétaire, un mafieux d'origine russe. À quelques rues de là, la police de New York s’épuise dans une lutte inégale. Sous l'uniforme, le père de Bobby et son frère Joseph cherchent à démanteler un réseau de drogue dans le quartier slave. Une nuit qui danse contre une autre qui tue, deux frères comme les deux facettes d'une même pièce, et la violence qui engendre la violence... Entre le pouvoir de l’argent et sa famille, Bobby devra choisir. »

« Pour son troisième film, chef-d’œuvre tendu de bout en bout, James Gray (Little Odessa, Two Lovers) fait montre d’une maîtrise absolue, tant dans l’écriture que dans la précision du cadre. »

« À travers le parcours de deux frères que tout oppose, par-delà les frontières de la morale et des territoires, il suit une sanglante et implacable passation de pouvoirs. D’un meurtre à l’autre, l’autorité du père, commandant de police (impeccable Robert Duvall), glisse sur les épaules du fils Joseph, l’héritier justicier, puis sur celles de Bobby, fils indigne et intense (Joaquin Phoenix, une fois encore habité), guidé par son seul instinct de survie. »

« Un polar traité comme un drame shakespearien, où s’entremêlent rivalité, cruauté et loyauté. Dos au mur, les protagonistes sont précipités vers leur destin, emportés par la terreur et la violence brute. Entre les chaudes couleurs des clubs où l’argent, l’alcool et la drogue coulent à flots, et l’austérité glacée des postes de police, deux univers se heurtent. Peu à peu, l’image se ternit et projette son aura, malade et blafarde, sur les mauvais choix, deuils et renoncements. »

« Le son nous immerge au cœur de l'action. Scène culte, la course-poursuite en voiture est filmée sous des trombes d'eau. Souffles courts, martèlement de la pluie, chuintement lancinant des essuie-glaces... : tout suggère l'étouffement et cette hyperconscience qui précède le désastre. Une leçon de cinéma, tout à la fois d'auteur et d'action. »

Sélection officielle, Cannes 2007. César 2008 : Meilleur film étranger

« Ce troisième long métrage impose James Gray comme l’un des auteurs majeurs du nouveau cinéma américain, et un maître du polar, du moins en Europe où sa réputation est bien plus grande que dans son pays d’origine. Le film baigne dans le climat d’insécurité du New York de la fin des années 80, décrivant un état d’impunité où les truands ne craignent plus la loi et peuvent condamner à mort les flics qui se dressent sur leur chemin », a analysé Olivier Père.

Et Olivier Père de poursuivre : « La nuit nous appartient comme Little Odessa et The Yards, précédents films de Gray, est avant tout une histoire de famille et de fratrie. Les trois films peuvent d’ailleurs s’appréhender comme une trilogie explorant les mêmes thématiques. L’enquête policière intéresse moins Gray que les émotions. Le film explore le cruel dilemme vécu par son personnage principal et les relations conflictuelles qu’il entretient avec son frère et son père, puis sa décision de les rejoindre dans leur croisade contre le crime organisé »

« Gray part d’un matériau documentaire – un article de journal, une longue préparation immersive, les photos en noir et blanc du générique sur les policiers de la brigade criminelle de New York, dont la devise « we own the night » donne son titre au film – pour déboucher, comme à son habitude, sur une véritable tragédie shakespearienne, peuplée d’âmes perdues et de créatures de la nuit. Vadim, le terrifiant trafiquant russe, est filmé comme un vampire, à l’instar de Tim Roth dans le premier long métrage de Gray, Little Odessa. La dramaturgie est la grande préoccupation de Gray, des scènes d’affrontements verbaux jusqu’à l’impressionnante fusillade lors d’une poursuite de voitures sous une pluie torrentielle. La mise en scène de Gray est superbe, privilégiant le cadre plutôt que le mouvement, instaurant une lenteur funèbre contrariée par des accès de violence névrotique. On pourrait aussi citer l’électrisante séquence d’ouverture au son du « Heart of Glass » de Blondie dans les coulisses d’un gigantesque night-club, dernier moment d’hédonisme et d’insouciance de Bobby avant que son destin ne le rattrape. Interprétation magistrale de Joachin Phoenix, figure très moderne et tourmentée de la masculinité que l’on retrouvera dans les films suivants de Gray, Two Lovers et The Immigrant », a conclu Olivier Père.



"Two Lovers"
Arte diffusa les 07 août 2022 à 21 h, 11 août 2022 à 13 h 35, 19 août 2022 à 13 h 35 "Two Lovers" de James Gray.

"Un trentenaire est tiraillé entre deux femmes que tout oppose. Par James Gray, un drame romantique émouvant avec Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow et Vinessa Shaw."

"Vieux garçon vivant encore chez ses parents, Leonard Kraditor peine à se remettre d'une douloureuse rupture qui l'a dévasté quelques années auparavant. Après une tentative de suicide ratée, il rencontre Michelle, la nouvelle voisine de ses parents. Leonard devient le complice et le confident de cette séduisante jeune femme blonde, dont il ne tarde pas à tomber éperdument amoureux. Il n'en continue pas moins de courtiser la brune et touchante Sandra. Entre ces deux femmes que tout oppose, Leonard devra faire un choix."

"Pour son quatrième long métrage, James Gray (Little Odessa, La nuit nous appartient, The Immigrant...) laisse de côté le polar pour s'essayer avec brio au mélodrame. Joaquin Phoenix y campe un célibataire un brin névrosé, qui travaille dans la laverie familiale de Brighton Beach. Solitaire un peu gauche, ce personnage attendrissant est écartelé entre sa passion dévorante pour sa sensuelle voisine et la promesse de stabilité affective d'un mariage avec l'aimante fille du futur associé de son père. Dans la peau de la girl next door, Gwyneth Paltrow interprète une jeune femme à la vie dissolue, entre prise de drogues et relation avec un homme marié. En parfait contrepoint, Vinessa Shaw revêt les atours de la fiancée idéale, sensible et attentionnée." 

"Si Gray abandonne le film policier, il en conserve néanmoins les ingrédients, en mettant en scène un huis clos étouffant où les personnages passent leur temps à s'espionner l'un l'autre. Pour ce faire, le cinéaste filme une nouvelle fois le monde de la nuit new-yorkaise, devenu le refuge d'un héros qui fuit un cocon familial à la fois rassurant et oppressant. Une solitude qui contraste avec la cohésion de la communauté juive de Brooklyn dont il est issu, et dont le réalisateur se plaît une fois de plus à dépeindre affectueusement les petits travers."

"Two Lovers est sans doute le meilleur film de James Gray, du moins notre préféré. Pour la première fois de sa carrière le cinéaste américain se débarrasse des oripeaux du film noir ou du thriller pour mettre en scène un pur mélodrame, sans conteste la plus belle et la plus triste des histoires d’amour du cinéma contemporain. La plus belle rencontre aussi, fugace mais inoubliable", a écrit Olivier Père.

"New York est la ville de James Gray et il continue de la magnifier dans Two Lovers, en la filmant dans sa quotidienneté, ses multiples facettes. Malgré son charme et sa sensibilité artistique Leonard est un jeune homme fragile, suicidaire depuis une rupture douloureuse, qui vit et travaille encore avec ses parents. Ce sont eux qui lui présentent la belle Sandra, car elle est la fille de l’homme avec qui sont père est en affaires, et les deux familles appartiennent à la communauté juive de la ville. Presque au même moment, Leonard fait la connaissance de sa ravissante voisine, la blonde Michelle qui semble traverser une mauvaise passe. Michelle est le genre de femme qu’on a envie de protéger, et d’aimer malgré où à cause de tous les obstacles et complications qui rendent cet amour impossible. Car l’amour, dixit Truffaut, « c’est une joie et une souffrance… », analyse Olivier Père.

"Leonard est partagé entre ces deux femmes, l’une qui représente la tradition, la complicité et la stabilité dont il aurait besoin, l’autre l’aventure et la passion qui lui manquent et lui permettraient de s’évader d’un cocon parental étouffant d’une manière bien plus radicale. L’une est brune, l’autre est blonde, l’une est sage, l’autre est volage, mais James Gray a l’intelligence de faire de Sandra une amante tout aussi désirable que Michelle", poursuit Olivier Père.

Et Olivier Père de conclure : "James Gray est aujourd’hui l’un des seuls (le seul ?) cinéaste américain de sa génération qui puisse revendiquer l’héritage de Michael Cimino, Francis Coppola, Elia Kazan. L’héritage, mais aussi l’ambition et le talent. La principale différence avec ces cinéastes et leur position dans les années 60 et 70 est que les studios américains n’accordent pas beaucoup de crédit à James Gray qui doit se battre pour produire chaque nouveau film, avec des moyens modestes par rapport à ceux de ses collègues célèbres, malgré la notoriété méritée dont il jouit en Europe. Gray confirme avec Two Lovers ses renversantes qualités de scénariste et de cinéaste. La lumière, le rythme, la dramaturgie du film sont inhabituels car ils renvoient à une forme de classicisme qui n’est plus de mise dans le cinéma contemporain, en Amérique et ailleurs. Mais la magie du film émane avant tout de ses trois comédiens principaux : Joachin Phoenix, déjà dans The Yards et La nuit nous appartient, Vinessa Shaw (découverte dans Eyes Wide Shut et qui ne tourne pas assez à notre goût) et Gwyneth Paltrow sont magnifiques. Cette dernière est sans doute la merveilleuse surprise du film, car elle ne s’était pas beaucoup fait remarquer auparavant par la qualité de sa filmographie et ses talents d’actrice. Dans Two Lovers, elle est belle et émouvante, on comprend les sentiments qu’elle inspire à Leonard, et on regrette que cette performance en tous points remarquable soit restée sans lendemain. Mais elle restera aussi, à tout jamais, dans les souvenirs des amoureux du cinéma et donc de ce film."


« The Immigrant »
« The Immigrant » (2013) est un film réalisé par James Gray. 

Un « mélo déchirant, signé James Gray, qui met en scène l’envers du rêve américain, l’âpreté de l’exil et la force de l’espoir ». 

"1920, deux sœurs polonaises arrivent à New York après un long voyage. À Ellis Island, Magda, atteinte de tuberculose, est placée en quarantaine tandis qu’Ewa fait la connaissance de Bruno, un souteneur sans scrupules. Dans l’espoir de sauver sa sœur, Ewa se livre à la prostitution pour le compte de Bruno. L'arrivée d'Orlando, le cousin illusionniste de Bruno lui redonne confiance". 

« New York, 1921. Ewa et sa sœur Magda, qui émigrent de Pologne, débarquent à Ellis Island, la Terre promise au fond des yeux. Mais Magda, tuberculeuse, est aussitôt placée en quarantaine, avant son expulsion programmée, au grand désespoir d’Ewa, qui jure de la sortir de là. Isolée et désemparée, cette dernière est bientôt recueillie par Bruno Weiss, un proxénète, homme tout à la fois providentiel et vénéneux, qui lui propose du travail en échange de la libération de sa sœur. Pour sauver Magda, Ewa, la catholique, consent alors à se prostituer avant qu’Orlando, illusionniste et cousin de Bruno, ne fasse renaître en elle un espoir, sous le regard fou de jalousie du maquereau ».

« Épopée tragique aux accents dostoïevskiens, The immigrant suit le sacrifice sublime de son héroïne comme un long chemin de croix, jusqu’à la rédemption et la grâce. Car en acceptant la souillure par amour pour sa sœur, Ewa n’en finit plus de s’élever ». 

« Dans le New York corrompu des années 1920 aux allures de XIXe siècle, porte d’un dévorant mirage américain, c’est aussi la rencontre de deux âmes perdues – Ewa, la catholique, que Marion Cotillard incarne avec force, tout en douleur retenue, et Bruno, le maquereau, en proie au désir, incarné par Joaquin Phoenix » [frère de River Phoenix], « touchant d’ambivalence et de fragilité. Des êtres qui se déchirent pour se révéler et peut-être mieux se pardonner ». 

« Liens du sang, conflits intérieurs, âpreté de l’exil et perversion du capitalisme : James Gray met en scène, dans un très religieux clair-obscur, un bouleversant mélo ».

James Gray considère que c'est son film « le plus personnel ». Il « avait évoqué les racines juives russes de sa famille dans son tout premier film, Little Odessa (1994) ». Il « s’est inspiré de photos prises par son grand-père, arrivé de Russie à Ellis Island en 1923, ainsi que des anecdotes de l’un de ses arrière-grands-pères, tenancier de bar dans le Lower East Side à New York, à la même époque ».

« Mes grands-parents sont arrivés aux Etats-Unis de Russie – ou d’Ukraine, selon l’époque dont on parle. Ils venaient d’Ostropol, une ville proche de Kiev. Les parents de ma grand-mère ont été assassinés par l’armée russe blanche pendant la guerre civile, lors d’un pogrom. Et en 1923, mon grand-père et ma grand-mère sont arrivés aux Etats-Unis en passant par Ellis Island. J’ai entendu, bien sûr, d’innombrables anecdotes sur Ellis Island, et le lieu m’a longtemps obsédé. J’y suis allé pour la première fois en 1988, avant la restauration de l’île. Tout était resté intact, comme figé par le temps. C’était une vision troublante, ces formulaires d’immigration à moitié remplis, répandus par terre… Ellis Island m’est apparue comme un endroit hanté par des fantômes, ceux de toute ma famille. J’ai donc conçu le projet d’un film qui viendrait de cette histoire. Et puis j’avais aussi, du côté de ma mère, un arrière-grand-père qui tenait un restaurant dans le Lower East Side et y côtoyait tout un tas de personnages douteux. Je me suis renseigné sur ce monde, et j’ai découvert un souteneur local qui s’appelait Max Hockstim. C’est ainsi qu’est né Bruno, ce personnage qui recrute à Ellis Island les femmes célibataires auxquelles on refuse l’entrée aux Etats-Unis et les enrôle dans son harem. Je trouvais que cette histoire pouvait être passionnante, si on l’alliait à l’expérience de l’immigration que mes grands-parents avaient vécue, ce sentiment déchirant d’avoir été arraché à l’Europe de l’Est. Émigrer pour les Etats-Unis était un processus plein de regrets et d’angoisse, et bien sûr d’impatience », a déclaré James Gray.

En 2013, le film a été présenté au Festival de Cannes dans le cadre de la Sélection officielle. Marion Cotillard a reçu le New York Film Critics Circle Award 2014 et le Toronto Film Critics Association Awards 2014 de la Meilleure actrice.




« James Gray, l'odyssée intérieure » de Claire Duguet
France, 2025, 52 min
Production : Folamour
Sur Arte le 16 septembre 2026 à 22 h 42
Sur arte.tv du 01/04/2026 au 30/09/202
Disponible à partir du 09/09/2026

« The Yards » de James Gray
Etats-Unis, 2000, 111 min
Production : Miramax, Industry Entertainment
Scénario : James Gray, Matt Reeves
Avec : Mark Wahlberg, James Caan, Charlize Theron, Ellen Burstyn, Faye Dunaway, Tony Musante, Steve Lawrence
Sur arte.tv du 01/04/2026 au 30/09/2026
Visuel : © DR
 

« La nuit nous appartient » de James Gray 
États-Unis, 2007, 1 h 53 mn, 
Production : 2929 Productions, Industry Entertainment
Producteurs : Nick Wechsler, Marc Butan, Mark Wahlberg, Joaquin Phoenix
Scénario : James Gray
Image : Joaquin Baca-Asay
Montage : John Axelrad
Musique : Wojciech Kilar
Avec Joaquin Phoenix (Robert Grusinsky/Bobby Green), Mark Wahlberg (Joseph Grusinsky), Eva Mendes (Amada Juarez), Robert Duvall (Burt Grusinsky), Moni Moshonov (Marat Buzhayev), Alex Veadov (Vadim Nezhinski)
Sur Arte le 12 juillet 2026 à 21 h
Sur arte.tv du 12/07/2026 au 18/07/2026
Visuels : © 2929 Productions


"Two Lovers" de James Gray

États-Unis, 2008, 1 h 42 mn
Production : 2929 Productions
Scénario : James Gray, Richard Menello
Avec : Joaquin Phoenix (Leonard Kraditor), Gwyneth Paltrow (Michelle Rausch), Vinessa Shaw (Sandra Cohen), Moni Moshonov (Reuben Kraditor), Isabella Rossellini (Ruth Kraditor), John Ortiz (Jose Cordero), Bob Ari (Michael Cohen), Elias Koteas (Ronald Blatte), Julie Budd (Carol Cohen) 
Sur Arte les 07 août 2022 à 21 h, 11 août 2022 à 13 h 35, 19 août 2022 à 13 h 35
Sur arte.tv du 07/08/2022 au 13/08/2022
Visuels : © Wild Side Films


« The Immigrant » par James Gray
Etats-Unis, 2013, 110 min
Image : Darius Khondji
Montage : John Axelrad, Kayla M. Emter
Musique : Christopher Spelman
Production : Worldview Entertainment, Keep Your Head, Kingsgate Films
Producteur/-trice : James Gray, Anthony Katagas, Greg Shapiro, Christopher Woodrow
Scénario : James Gray, Richard Menello
Avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner, Dagmara Dominczyk, Jicky Schnee, Angela Sarafyan
Sur Arte le 14 décembre 2016 à 20 h 55
Sur OCS City le 3 novembre 2017, à 9 h 45
Sur TCM Cinéma les 18 mars 2019 à 15 h 30, 22 mars 2019 à 11 h 30 et 28 mars 2019 à 17 h 25
Sur Ciné + Emotion les 21 janvier 2020 de 18h45 à 20h50, 23 janvier 2020 de 01h55 à 03h50, 25 janvier 2020 de 10h25 à 12h20, 31 janvier 2020 de 02h00 à 03h55


A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations sur le film sont d'Arte et du dossier de presse.
Cet article a été publié le 14 décembre 2016, puis les 31 octobre 2017 et 19 mars 2019, 23 janvier 202, 7 août 2022.