Citations

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dimanche 16 août 2026

« Aux origines. Regards croisés sur le racisme et les discriminations »

Le musée de l’histoire de l’immigration présente l’exposition politique partiale « Aux origines. Regards croisés sur le racisme et les discriminations ». U
ne exposition prétentieuse avec des œuvres moches, alléguant des racismes inexistants afin de culpabiliser les Français blancs, éludant les racismes anti-Français ou anti-Blanc, usant de vocables alambiqués, procédant par amalgames douteux. Un énième scandale dans ce musée financé par l'argent public.

Le siècle du jazz 
« La victoire des bleus » par Serge Viallet 

« À travers le prisme de l’art contemporain et l’éclairage de données scientifiques, l’exposition Aux origines interroge l’un des facteurs de discrimination les plus puissants et persistants de notre société. L'”origine”, réelle ou fantasmée, est cause d’exclusion et de stigmatisation au quotidien. Une réalité souvent sourde, qui façonne pourtant des trajectoires collectives et individuelles, et ce, dès l’enfance. »  

« Les discriminations naissent souvent d’un simple regard. Les personnes d’origine étrangère et/ou perçues comme telles en subissent massivement les frais. Cette « origine » - réelle, supposée ou fantasmée - est à la source de stéréotypes tenaces, qui conditionnent souvent les parcours de vie dès l’enfance. »  

« À travers le regard subversif d’artistes contemporains - parmi lesquels les sœurs Chevalme, Patrick Zachmann, Euridice Zaituna Kala, Hamedine Kane - et des données inédites, l’exposition Aux origines nous invite à remonter à la source de ces mécanismes de stigmatisation et d’exclusion, en interrogeant la manière dont les regards se construisent et se perpétuent. » Mais alors pourquoi des millions d'immigrés viennent-ils en France ?

« En s’appuyant sur les recherches récentes en sciences sociales, et notamment sur le projet européen UNDETERRED* - UNintentional Discrimination dETEcted and Racism REvealed and Deactivated - le parcours met en lumière le caractère structurel, parfois inconscient, des discriminations. Sans en oublier les effets concrets dans la vie quotidienne, en particulier chez les plus jeunes. Accès à l’éducation, à l’emploi, au logement ou aux soins : autant de domaines où cet engrenage produit des inégalités durables. Le projet UNDETERRED entend contribuer à la lutte contre les discriminations systémiques subies par la jeunesse européenne (18/35 ans) dans les domaines de la santé, du logement, de l’éducation et de l’emploi. Coordonné par l’Université de Bordeaux, il prend pour point de départ l’analyse empirique de six villes – Amsterdam, Barcelone, Bordeaux, Bucarest, Lausanne, Québec – pour mettre en lumière la manière dont des discriminations structurelles traversent les politiques publiques et la vie quotidienne de la jeunesse. »

« En écho aux données chiffrées, les œuvres d’artistes contemporains témoignent du versant sensible de ces discriminations : la fatigue, les obstacles, mais aussi les formes de résistance et de solidarité qui en découlent sont autant d’effets intimes, durables et souvent invisibles de celles-ci. »

L'exposition cite une étude sur les discriminations aux urgences publiée fin décembre 2023 par plusieurs chercheurs dans l’European Journal of Emergency Medecine. "Au total, 1 563 médecins urgentistes, internes et infirmiers travaillant dans des établissements de santé en France, en Belgique, en Suisse et à Monaco, ont été interrogés sur leur décision de prise en charge d’un patient, via un cas clinique et l’image d’une personne présentant des douleurs thoraciques. Cette étude sur les urgences alléguait des discriminations dans la prise en charge des malades. Dans une tribune, Vincent Lautard, infirmier, juriste en droit de la santé et consultant dans le secteur sanitaire et social, a montré pourtant que ce n'est pas ce qu'indique l'étude". (Marianne, 8 février 2024) Les commissaires de l'exposition l'ignoraient ? Pourquoi véhiculer dans un évènement public des allégations nourrissant la haine ?

« Dans le sport, les corps et les athlètes racisés sont très présents dans certaines disciplines et pratiquement absents d’autres. Ces répartitions ne sont pas spontanées : elles reposent sur des stéréotypes liés au corps, au genre ou à l’origine. Certains athlètes sont valorisés pour leur force ou leur endurance, quand d’autres sont associés à la grâce, à la maîtrise ou au prestige. » Quid de l'acceptation par les instances olympiques d'un boxeur algérien combattant contre des boxeuses lors des Jeux Olympiques de 2024 à Paris ? N'aurait-il pas du être discriminé et participer à des compétitions masculines ?

Durant la Guerre d'Algérie (1er novembre 1954-5 juillet 1962), pour protester contre le couvre-feu imposé aux nord-Africains, la fédération de France du FLN (Front de libération nationale) organise une manifestation, non déclarée à la préfecture de police, d'enfants et d'adultes algériens le 17 octobre 1961 à Paris. La police assure le maintien de l'ordre. Le nombre de morts s'élèverait à des dizaines de personnes. Il ne s'agit donc pas d'un massacre comme l'allègue l'exposition.

Adama Traoré, jeune délinquant, est décédé en 2016 après avoir résisté à son interpellation par les forces de l'ordre, et George Floyd, Afro-américain mort lors de son interpellation par des policiers. Adama Traoré n'est donc pas "devenu un symbole contemporain de la lutte contre les violences policières" comme l'affirme sans raison l'exposition.

Enfin, peut-être le pire, le passage « Libre de croire et de pratiquer ? ». De manière compliquée, l'exposition évoque la laïcité, puis allègue « Pour beaucoup, la religion s’inscrit dans des gestes simples, des relations, des habitudes, des pratiques, des formes de soin. Elle peut être vécue de manière intime, mais aussi collective, comme une façon d’habiter le monde et de se relier aux autres. » Quel soin ?

« Dans un contexte de hausse des actes antisémites et antimusulmans, certaines expressions religieuses deviennent des sujets de tensions dans l’espace public. Vêtements, pratiques alimentaires ou lieux de culte peuvent être soumis à la suspicion, au contrôle, voire à l’interdiction ou à la sanction... Près de 2 500 actes visant des personnes ou lieux de culte en raison de leur religion ont été enregistrés en France en 2025. (Ministère de l’Intérieur) » » Quid des actes anti-chrétiens et anti-français ? L'exposition élude sciemment ces deux délits. Or, en 2025, les statistiques de ce ministère sont les suivantes : un total de 2 489 actes antireligieux : 1 320 actes antisémites (en baisse de 16 % et à un niveau historiquement haut), 843 actes antichrétiens (augmentation annuelle de 9 %) et 326 actes antimusulmans augmentation de 88 %). Pourquoi cette occultation ?  

Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, Thomas Perotto, lycéen et joueur de rugby âgé de seize ans, participait au bal d’hiver de Crépol (26) quand il fut poignardé à mort. Des témoins ont entendu des jeunes assaillants dire : « On va planter du Blanc ». Le 20 juillet 2026, dans un second avis de fin d’information, la juge d’instruction chargée du dossier a retenu contre les quatorze personnes mises en examen la circonstance aggravante liée à l’appartenance supposée des victimes à « la race blanche et la nation française » Pourquoi les commissaires de l'exposition et le Défenseur des droits ont-ils occulté ce racisme ? Le même Défenseur des droits, Jacques Toubon, inactif concernant l'affaire du Dr Lionel Krief.

« La laïcité, qui est un principe de liberté et d’égalité, est parfois détournée pour réguler les corps et les pratiques, jusqu’à rendre certaines expressions religieuses illégitimes. Les oeuvres présentées ici proposent un autre regard : non pas l’effacement du religieux, mais la coexistence et le respect dans un espace commun. » Le discours de l'exposition évoque sans la nommer l'interdiction du voile islamique dans le cadre du service public, et incite au "en même temps" la laïcité et la sharia.

« La série photographique de Didier Ben Loulou, tout comme celle de Patrick Zachmann, explore la place du religieux dans la vie ordinaire. » Ordinaire ou quotidienne ? 
Quatre photographies de la série "Rencontres" (2004) de Didier Ben Loulou montrent un chandelier à neuf branches, un coin de cuisine avec un faitout sur une cuisinière et des bouteilles d'alcool et un torchon sur le plan de travail, des petits pains italiens, des olives vertes et du thon, des variantes dans une boite plastifiée, et des paquets de Matsot (galettes de Pessah, fête de la Pâque juive, Nda) sur une étagère. Quel rapport avec le racisme et les discriminations ?

Le reste est à l'avenant. 

C'est donc une exposition 
politiquement partiale - à charge contre la France -, alléguant des racismes inexistants afin de culpabiliser les Français blancs accusés de nombreux maux, refusant d'évoquer les racismes anti-Français ou anti-Blanc, prétentieuse, usant de vocables alambiqués, procédant par amalgames douteux,  artistiquement très souvent moche, et ayant bénéficié d'une campagne publicitaire dans le métro. Et le tout au nom du "vivre ensemble". Un énième scandale dans ce musée financé par l'argent public.

Depuis près d'un demi-siècle, la France a abandonné l'assimilation et le principe du mérite républicain, moteurs d'ascenseur social, au profit de l'intégration et de la discrimination positive dans le cadre d'une immigration de masse aux valeurs distinctes, voire opposées à de celles françaises. Il en résulte une nation fragmentée en communautés dont certaines nourrissent un esprit de revanche mêlé de haine envers le pays d'accueil. 

"Depuis 2004, une trentaine d'établissements coopèrent pour aller à la rencontre des publics peu familiers des institutions culturelles et ainsi lutter contre les discriminations dans le domaine de la culture". Le musée d'histoire de l'immigration est un "relais du champ social" et participe à la Mission Vivre ensemble. Le problème est que le discours des expositions, permanente ou temporaire, pour adultes et enfants, se trouve souvent  influencé de manière biaisée par ces thématiques.

« Comment le racisme et les discriminations s’inscrivent-ils dans les sociétés contemporaines ? Et comment faire monde commun sans effacer nos différences ? L’égalité est un principe fondateur de nos sociétés, mais des obstacles demeurent pour assurer l’accès au logement, à l’école, à l’emploi ou aux droits à toutes les personnes, quelles que soient leurs origines réelles ou supposées. Ces situations ne relèvent pas seulement de préjugés individuels. Elles découlent également de mécanismes inscrits dans le fonctionnement des institutions. C’est ce que l’on appelle le racisme structurel ou systémique, qu’il est indispensable de décrypter pour comprendre des processus qui dépassent les actes conscients de certaines personnes. Ces logiques orientent les trajectoires et affectent parfois les vies de façon irréversible. » Les "racisés" bénéficient largement du logement social sur des générations - ce qui permet à beaucoup de se constituer un patrimoine immobilier dans leur pays d'origine -, de la discrimination positive dans l'enseignement - filières spécifiques dans les grandes écoles -, dans des entreprises publiques et privées - du recrutement (le CV anonyme est la fausse bonne idée car il favorise les discriminations à l'embauche) au déroulement de carrière -, d'aides sociales multiples, etc. 
Le 4 août 2026, Le Canard enchainé a révélé que Bally Bagayoko, élu en 2026 Maire (LFI) de Saint-Denis, a été recruté sans entretien d'embauche par la RATP. éAvant de devenir le maire de Saint-Denis, la « ville des rois morts et du peuple vivant », l’Insoumis Bally Bagayoko cumulait ses fonctions d’élu local avec un emploi de cadre à temps plein : du lundi au vendredi, il était à la fois à l’hôtel de ville et à la RATP. Rembobinons. Ses anciens mentors communistes assument auprès du « Canard » avoir autrefois donné un substantiel coup de pouce au nouvel édile LFI. « Il a été recruté en 2000 sur ma proposition », confirme Jacques Marsaud, qui, à l’époque, était directeur général de la Régie chargé du développement. L’ancien maire (PC) Patrick Braouezec complète : « C’était un moment où la RATP recrutait beaucoup dans la diversité et dans les quartiers. » Certains soupçonnent un emploi fictif. "Selon le journal satirique, lorsque M. Bagayoko a perdu en 2015 son mandat départemental, le conseil municipal de la ville dirigée par le PCF lui a accordé une "hausse de 102% de ses indemnités d'adjoint", "de quoi compléter un salaire de cadre qui dépassera ensuite les 6.000 euros par mois". "En intégrant le 13e mois et les primes", a confirmé M. Bagayoko au Canard".

« Ces mécanismes structurels s’ancrent dans l’histoire longue. À partir du XVe siècle, l’esclavage et la colonisation ont installé des hiérarchies durables entre les peuples, renforcées aux XVIIIe et XIXe siècles par des théories pseudoscientifiques classant l’humanité en « races ».Le Palais de la Porte Dorée, construit pour l’Exposition coloniale de 1931, porte la trace de cette histoire. Il inscrit dans la pierre des récits qui ont servi à justifier le contrôle et l’exploitation des territoires et des populations colonisés. Bien que discrédités aujourd’hui, ces modes de pensée ont encore des effets dans nos sociétés contemporaines. » Quid des Barbaresques qui pillaient les navires européens et américains en mer Méditerranée du XVe au XIXe siècle, réduisaient en esclavage les passagers vendus dans les marchés d'Alger, de Tunis ou de Tripoli, etc. ? Quid des colonisations Arabe et musulmane ? Quid de l'esclavage des Africains par les Arabes ? "Quant à la France, elle a construit et financé : 50.000 km de routes, 215.000 km de pistes, 18.000 km de voies ferrées, 63 ports, 196 aérodromes, 2000 dispensaires équipés, 600 maternités, 220 hôpitaux avec la gratuité des soins et des médicaments… Les Français n’ont pas à s’excuser", a écrit Bernard Lugan. En outre, la colonisation française a libéré juifs et chrétiens de la dhimmitude, statut inférieur et cruel imposé aux « gens du Livre » (les dhimmis).

« L’exposition « Aux origines. Regards croisés sur le racisme et les discriminations » met en dialogue des travaux scientifiques sur les discriminations, issus de différentes études de l’INED, du Défenseur des droits et du projet de recherche européen UNDETERRED et mis en regard avec des œuvres ou pratiques artistiques. Elle propose plusieurs entrées pour comprendre comment les discriminations s’inscrivent dans l’organisation sociale, pour analyser les structures qui les produisent et pour imaginer d’autres manières d’habiter ensemble notre monde. Là où les données scientifiques éclairent les logiques systémiques dans la production et la reproduction des discriminations, l’art interroge la construction des regards. À travers des récits reliant mémoires et luttes individuelles et collectives, l’exposition Aux origines ouvre un espace où nos différences ne séparent pas, mais deviennent ce qui rend possible et désirable de faire monde commun. »

Le commissariat et conseil scientifique est assuré par Farah Clémentine Dramani-Issifou. « Chercheuse et commissaire d’exposition Doctorante à Aix-Marseille Université (LESA), elle achève une thèse sur la décolonisation des régimes de visibilité dans l’exposition des présences africaines dans l’art et le cinéma (1984-2026) Son travail porte sur les politiques contemporaines du visible, les circulations patrimoniales et les épistémologies situées Elle développe une approche transdisciplinaire articulant archives, mémoires et création contemporaine Présidente du comité de sélection de la bourse MacMillan-Stewart au Film Study Center de Harvard, elle a notamment co-commissarié les expositions Afrotropes, des imaginaires en mouvement (Dakar, 2024), Tofodji, sur les pas des ancêtres, (Porto-Novo, 2022) et Un.e Air.e  de Famille (Saint-Denis, 2021) Elle dirige actuellement l’ouvrage Réparer le visible La Cinémathèque Afrique : héritages, histoires et devenirs d’un patrimoine cinématographique entre la France et le continent africain (Institut français/Marest Éditeur, 2026) Elle vit et travaille entre Paris et Dakar. »

Farah Clémentine Dramani-Issifou a signé les pétitions "La scène culturelle française en soutien au peuple palestinien" (8 novembre 2023) - "Si nous sommes choqués et émus face à la violence qu’ont subi les civils israéliens le 7 octobre, c’est avec solidarité que nous nous dressons ensemble et avec les Palestiniens contre toute politique de vengeance qui risquerait, comme l’ont signalé de nombreux universitaires et experts des Nations unies, de se révéler génocidaire, et que nous demandons que soient correctement contextualisés les évènements du 7 octobre" - et "Empêchons l’assassinat de la culture palestinienne. 150 personnalités de la culture dénoncent la stratégie d’effacement de l’armée israélienne" (LundiMatin, 19 février 2024).

Farah Clémentine Dramani-Issifou est accompagnée d’Olivier Bedoin, « chargé d’exposition au Musée national de l’histoire de l’immigration Diplômé en histoire, sciences politiques et en gestion du patrimoine culturel à l’université Paris 1 Panthéon - Sorbonne, il a notamment participé à la préparation d’expositions au musée Carnavalet - Histoire de Paris ainsi qu’à la réalisation du parcours permanent du Musée national de l’histoire de l’immigration, des expositions Olympisme, une histoire du monde et Migrations et climat présentée au Palais de la Porte Dorée en 2025/2026. »

Conseil scientifique
Patrick Simon est « socio-démographe à l’Institut national d’études démographiques (INED) (Paris, France) où il dirige l’unité de recherche « Migrations internationales et minorités » et chercheur associé au Centre d’Etudes Européennes de Sciences Po. Il a co-dirigé également à l’INED l’enquête « Trajectoires et Origines » sur la diversité des populations en France. Ses thématiques de recherche sont les discriminations, les catégorisations statistiques ethno-raciales, les trajectoires sociales des immigrés et des minorités ethniques et raciales, ainsi que la ségrégation résidentielle et la politique urbaine ».

Jacques Toubon « a été ministre de la Culture puis de la Justice entre 1993 et 1997.Il est l’auteur du rapport remis à Jean-Pierre Raffarin, Premier Ministre, en 2004, qui a posé les bases de la création de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Jacques Toubon préside le Conseil d’orientation de l’Établissement Public du Palais de la Porte Dorée de sa création jusqu’en 2014.Il a également été le Défenseur des droits entre 2014 et 2020. »

Exposition en partenariat avec le Défenseur des droits, "qui a apporté son expertise et un soutien actif à la promotion de l’exposition".


PARCOURS DE L’EXPOSITION

« Défaire l’ordre du regard »
« D’un point de vue historique et juridique, l’esclavage et la colonisation n’ont pas seulement instauré des rapports de domination politique et économique. Ils ont aussi produit des images, des récits et des catégories, des manières de classer, de hiérarchiser et de représenter les peuples, qui ont engendré des systèmes dont les effets se prolongent aujourd’hui. C’est ce que l’on peut appeler la « colonialité du visible », soit des façons de voir, héritées de l’ordre colonial, encore présentes dans nos imaginaires et nos institutions. »

« Défaire cet ordre du regard, ce n’est ni effacer le passé ni accuser le présent, mais chercher à révéler et déplacer les cadres d’analyse. Les artistes présents ici travaillent depuis le contemporain pour déconstruire ces représentations toujours actives dans nos imaginaires et nos pratiques. Rendre perceptibles ces filtres, c’est élargir le regard, c’est-à-dire accepter de donner à voir des existences pleines. »

« La fabrication des regards discriminants »
« Les oeuvres réunies ici cherchent à renverser les images héritées de l’histoire. Elles font surgir des présences effacées des archives, elles révèlent les scènes de domination cachées dans les objets du quotidien, elles inscrivent des présences là où les corps avaient été classés, mesurés, réduits au silence. »

« Ces gestes répondent à une histoire. Au fil du temps, photographies, illustrations et récits ont participé à légitimer des discriminations, des colonisations, des ségrégations, des persécutions, façonnant des manières de voir et de penser. »

« Les artistes ouvrent une brèche dans cet ordre visuel, révélant la violence ordinaire de sociétés qui restent traversées par du racisme et des discriminations. » Comme l'Algérie renvoyant dans le désert les immigrés originaires d'Afrique subsaharienne démunis d'eau et de nourriture ainsi que de leur argent ?

« À l’invitation du Palais de la Porte Dorée, Euridice Zaituna Kala réalise une installation en verre qui détourne l’iconographie coloniale conservée dans les collections du Musée national de l’histoire de l’immigration. À la monumentalité de l’ancien Palais des Colonies, elle oppose une structure fragile qui met en lumière la précarité des fondements idéologiques sur lesquels l’édifice a été construit. »

« Ici prend son sens le travail de Roméo Mivekannin et sa Hottentot Venus, qui fait référence à Saartjie Baartman, femme khoïkhoï d’Afrique du Sud exhibée en Europe au début du XIXe siècle et devenue symbole des violences coloniales, racistes et sexistes exercées sur les corps noirs. Les luttes pour l’émancipation, absentes des représentations historiques de la Guerre de Sécession, retrouvent une place dans les oeuvres de Kara Walker, qui ajoute de grandes silhouettes noires aux gravures d’époque. » Quid des esclaves noirs émasculés par les esclavagistes Arabes et du rôle de tribus africaines dans les esclavages ?
« La peinture hybride de Rayan Yasmineh interroge les représentations associées aux jeunes hommes d’origine arabe ainsi que l’injonction à choisir entre deux cultures, orientale et occidentale, prétendument opposées. » Des allégations sans argument.

« Les stéréotypes assignés aux personnes roms, les persécutions dont elles ont été victimes au XXe siècle, ainsi que le travail de mémoire et de réappropriation de leur image qui en découle, traversent les oeuvres de Malgorzata Mirga-Tas, Lila Loisse et Ceija Stojka. Le salon du XIXe siècle reconstitué par les soeurs Chevalme montre que le confort bourgeois occidental s’est construit grâce à l’exploitation des peuples et des territoires colonisés. » Non.

Bernard Lugan a écrit : 
"En 1953, comme les recettes locales ne permettaient plus de faire face aux dépenses de fonctionnement, l’Algérie fut en faillite. Au mois d’août 1952, anticipant en quelque sorte la situation, le gouvernement d’Antoine Pinay (8 mars 1952-23 décembre 1952), demanda au parlement le vote de 200 milliards d’impôts nouveaux, tout en étant contraint de faire des choix budgétaires douloureux. Pour aider encore davantage l’Algérie il fallut alors faire patienter la Corrèze et le Cantal.
L’addition des chiffres donne le vertige : durant les seuls 9 premiers mois de 1959 les investissements en Algérie atteignirent 103,7 milliards de crédit dont 71,5 milliards directement financés par le Trésor français. De 1950 à 1956 la seule industrie algérienne reçut, hors secteur minier, en moyenne 2 395 millions anciens francs annuellement. En 1959 et en 1960 cette somme atteignit en moyenne 5 390 millions (Lefeuvre, 2005). Entre 1959 et 1961, pour le seul plan de Constantine, les industries métropolitaines investirent 27,40 milliards d’anciens francs, gaz et pétrole non compris.
La France s’est donc ruinée en Algérie alors qu’elle n’y avait aucun intérêt économique réel. Qu’il s’agisse des minerais, du liège, de l’alpha, des vins, des agrumes etc., toutes les productions algériennes avaient des coûts supérieurs à ceux du marché international. Or, toujours généreuse, la France continua d’acheter à des cours largement supérieurs au marché des productions qu’elle avait déjà largement payées puisqu’elle n’avait jamais cessé de les subventionner !
Au bilan, l’Algérie a donc été placée sous « assistance respiratoire » par la France qui n’a cessé de l’alimenter artificiellement. Année après année, la France remplissait donc le « tonneau des Danaïdes », algérien, nourrissant les bouches nouvelles, bâtissant hôpitaux, écoles, routes, ponts et tentant de créer artificiellement des milliers d’emplois.
Non seulement la France n’a donc pas pillé l’Algérie, mais, plus encore, c’est elle qui serait fondée à lui « présenter la facture ».
« Détourner le regard »
« Les stéréotypes hérités de l’histoire coloniale circulent encore dans les discours politiques, les médias et le langage ordinaire. À force d’être répétés, ils façonnent les manières de voir et de se voir. Ces images n’agissent pas seulement sur la façon dont les autres sont regardés, mais aussi sur la manière dont les personnes concernées peuvent finir par se percevoir elles-mêmes. Détourner le regard peut alors avoir deux sens. Cela peut signifier fermer les yeux et ne pas voir les discriminations qui traversent la société. Mais cela peut également vouloir dire refuser ces images imposées, les transformer et reprendre la maîtrise de sa propre représentation. »

« Les oeuvres présentées ici explorent cette tension. Elles déplacent les points de vue, rejouent des images violentes ou stigmatisantes pour en transformer le sens. Ce qui servait à discréditer ou à exclure devient un outil d’affirmation, de résistance et de réappropriation de son histoire. »

« Dans 2ZDZ, Sara Sadik détourne l’idée des « no-go zones » en imaginant une visite virtuelle de quartiers stigmatisés afin de révéler, contre les discours médiatiques hérités de représentations coloniales, les solidarités et stratégies de contournement qui s’y déploient. » Ces « no-go zones » sont régis par la sharia et les narcotrafiquants.

« Emeka Ogboh inscrit dans l’espace, en néon rouge la réflexion « quand il y en a un ça va… » pour en souligner la violence raciste. »

« Aimer, lutter, vivre »
« Des gestes simples du quotidien. Des liens affectifs. Des formes de solidarité et de lutte. Les œuvres réunies ici montrent des personnes qui existent, des vies riches, complexes, traversées par des relations, des choix et des engagements. »

« L’amour et la solidarité dessinent une autre manière d’être au monde : une façon de se relier aux autres, de prendre soin, de vivre ensemble et de faire communauté. Cette idée rejoint la pensée de l’intellectuelle états-unienne et figure du féminisme noir bell hooks, pour qui l’amour peut être une force de résistance face aux rapports de domination. Elle parle de « regard oppositionnel » pour désigner le refus de se voir à travers le regard de ceux qui dominent. »

« L’installation de Raphaël Grisey à partir des archives du militant Bouba Touré matérialise une forme de résistance fondée sur l’engagement dans les luttes antiracistes et anticoloniales. »

« À une échelle plus intime, la photographie Les Amoureux en noir et blanc de Gérald Bloncourt, tout comme les portraits de jeunes Marseillais réalisés par Yohanne Lamoulère, donne forme aux stratégies de protection construites à travers les liens affectifs au territoire et aux proches. » Ce cliché représente un couple constitué par un Noir et une Blanche. Pourquoi pas l'inverse ?

« → À retrouver également dans cette section : Joshua Leon, Karim Ghelloussi, Sandra Rocha, Grace Ly et William Adjété Wilson »

« Des droits empêchés. Racisme et discriminations dans les institutions »

« Avoir des droits inscrits dans la loi ne signifie pas toujours pouvoir les exercer dans la réalité. Pour certaines personnes, l’accès aux droits est freiné par des situations discriminatoires qui peuvent se répéter : orientations scolaires inégalitaires, refus de logement, difficultés d’accès aux soins, discriminations à l’embauche, contrôles d’identité au faciès. Ces obstacles ne relèvent pas de cas isolés. Ils s’inscrivent dans des mécanismes durables. »

« Plusieurs études de l’INED et du Défenseur des droits ou récemment le projet européen UNDETERRED, analysent ces formes contemporaines de discriminations. Les résultats montrent qu’elles ne dépendent pas seulement des comportements individuels, mais aussi du fonctionnement des institutions, de la conception des politiques publiques et des pratiques professionnelles. »

« Cette section présente quelques-uns de ces résultats et les met en dialogue avec les oeuvres exposées. Là où la recherche scientifique éclaire les mécanismes et les conséquences des biais discriminatoires, les oeuvres donnent accès à des expériences vécues et à des points de vue rarement entendus dans l’espace public. »

« Ensemble, la recherche et l’art permettent de mieux comprendre ce que signifie vivre dans une société où les droits existent mais ne s’exercent pas de la même manière pour toutes et tous. »

« L’école : entre promesse et ségrégation »
« Historiquement pensée comme un lieu d’émancipation, l’école n’échappe pas aux inégalités. Ces dernières se manifestent par des phénomènes visibles, comme le harcèlement discriminatoire, mais aussi par des formes plus discrètes, telles que la « ségrégation scolaire » : certains établissements regroupent davantage d’élèves issus de milieux populaires où les jeunes perçus comme étrangers sont plus nombreux. Selon l’OCDE, 40 % des élèves des établissements publics sont défavorisés, contre 17 % dans le privé. »

« Par ailleurs, des difficultés liées aux conditions de vie peuvent être interprétées comme des limites scolaires, orientant les élèves vers des filières inadaptées à leurs besoins ou à leur potentiel. Ainsi, 65 % des élèves en CAP viennent de milieux populaires, contre 29 % dans les filières générales et technologiques. Ces dynamiques se cumulent avec des écarts territoriaux, notamment entre la France hexagonale et l’outre-mer. À Mayotte par exemple, les enfants de parents étrangers rencontrent des obstacles à la scolarisation : en 2020, l’île comptait 15 462 mineurs non scolarisés. » Quelle est la part de l'immigration illégale ?

« Dans Il a fait grave chaud, l’artiste Valérie Mréjen interroge des élèves de deux collèges de Sarcelles sur leur héritage culturel, leurs projets d’avenir ou encore ce qui les met en colère. Les témoignages recueillis évoquent, à hauteur d’adolescents, la singularité de chaque parcours. »

Valérie Mréjen, Il a fait grave chaud, 2023, vidéo HD, 12 min. © Palais de la Porte Dorée, collection Musée national de l’histoire de l’immigration © Adagp, Paris, 2026

20 % des enfants d’immigrés du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne ont vécu des discriminations au cours de leur scolarité en France. (Ined)

« Habiter les inégalités »
« Des caravanes, des camps, des hôtels meublés. Les oeuvres réunies ici montrent des lieux de vie précaires, ceux de familles reléguées aux marges des villes. Derrière ces images, on ne peut que deviner des existences invisibilisées, des droits ignorés, des politiques qui excluent. » La France - Etat, collectivités locales - paient les frais de logement de "racisés", versent des aides au logement de nombreuses familles.

« Le logement est un espace où les discriminations s’exercent de manière concrète mais souvent dissimulée. Selon SOS Racisme, 50 % des agences immobilières acceptent les demandes discriminatoires de propriétaires (donnée 2026).Les refus de location comme les phénomènes de ségrégation urbaine dessinent une géographie inégale des villes. » A des fins électoralistes, des municipalités accordent des logements sociaux - achat à prix d'or de bâtiments, travaux au coût élevé - à des étrangers dans des circonscriptions qu'ils souhaitent gagner.

« Habiter quelque part, ce n’est pas seulement avoir un logement : c’est aussi pouvoir prendre part à la vie collective. Or, cette possibilité n’est pas garantie pour tous. Certains sont privés d’un « droit à la ville », c’est-à-dire de la possibilité de se loger à un coût abordable, de bénéficier de services publics et de transports adaptés, mais aussi d’accéder aux espaces de décision qui permettent de participer à l’aménagement de leur territoire. » ¨

« Les photographies de Guillaume Collanges et Myr Muratet évoquent la difficulté de s’extraire d’un habitat précaire lorsque l’on subit des discriminations liées à son origine ou à son appartenance à une minorité nationale. Elles mettent en lumière la manière dont les parcours migratoires peuvent accentuer les situations de vulnérabilité sociale et limiter l’accès à un logement stable et digne. »

Guillaume Collanges, Hôtels meublés - Si tu ne paies pas, tu t’en vas, entre 2000 et 2001 © Palais de la Porte Dorée, collection Musée national de l’histoire de l’immigration

« 50 % des agences immobilières acceptent de relayer les demandes discriminatoires des propriétaires sur l’origine des candidats à la location. (SOS Racisme) » 

« Corps visibles, blessures invisibles »
« Le racisme marque les corps et les esprits. Dès les années 1950, Frantz Fanon, psychiatre et figure de l’anticolonialisme, analysait les traumatismes produits par la domination coloniale. Aujourd’hui, la chercheuse française Maboula Soumahoro parle de « charge raciale » pour désigner cette usure psychique liée à l’expérience répétée du racisme : fatigue, stress, sentiment de n’être jamais pleinement reconnu. »

« Cette difficulté à être entendu se retrouve aussi dans le soin médical. Des stéréotypes persistent, comme la supposée meilleure résistance à la douleur des personnes noires. Ces préjugés ont un impact sur la prise en charge des patients concernés et le type de traitements prescrits. »

« Les films documentaires Mariannes noires (Mame-Fatou Niang, Kaytie Nielsen) et Journal d’une femme nwar (Matthieu Bareyre) explorent tous deux les conséquences psychologiques de l’expérience du racisme : le premier en analysant ses effets dans le langage, le second en mettant en lumière l’injonction récurrente faite aux femmes noires victimes de racisme de devoir sans cesse se justifier lorsqu’elles expriment leur colère. »

« Un homme blanc a 50 % de chances de plus qu’une femme noire d’être considéré comme une urgence vitale quand il consulte dans un service d’urgence pour une douleur thoracique. (European Journal of Emergency Medicine) »

« Avoir la « gueule de l’emploi »
« Avant même d’avoir parlé, certaines personnes paraissent immédiatement « à leur place », tandis que d’autres doivent sans cesse faire leurs preuves. En France, porter un nom perçu comme arabe réduit fortement les chances d’être contacté par un recruteur. »

« Dans un contexte de fortes tensions sur le marché du travail, les jeunes connaissent des parcours d’insertion fragmentés, alternant stages, CDD et périodes de chômage. Cette situation favorise les discriminations à l’embauche et en début de carrière (faible rémunération, absence de promotion).Cependant, les discriminations ne concernent pas seulement l’accès à l’emploi : elles touchent aussi à la reconnaissance des compétences et des parcours. »

« Malgré leurs qualifications, beaucoup acceptent des emplois sous-qualifiés, ou se tournent vers l’autoentrepreneuriat pour contourner ces obstacles. L’anticipation des discriminations entraîne aussi de l’autocensure : 53 % des jeunes perçus comme non blancs déclarent ne pas avoir postulé à des offres correspondant pourtant à leurs compétences. »

« Dans Living Labour, Bouchra Khalili recueille la parole de travailleurs immigrés confrontés à la clandestinité et à la précarité et révèle la force politique de leurs récits. Avec Territoire-Travail, Gilberto Güiza-Rojas met en scène les parcours de personnes contraintes de se réorienter professionnellement lors de leur arrivée en France, et convoque la mémoire de leurs anciens métiers. Enfin, Chéri Samba dénonce le regard suspicieux porté sur les travailleurs étrangers, victimes de préjugés alimentés par le discours médiatique. »

« Porter un nom à consonance maghrébine plutôt que française diminue d’un tiers les chances d’être contacté par un recruteur pour un entretien. (Dares Analyses n° 67) »

« Terrains de jeu / terrain de luttes »
« Le contraste entre le noir et le blanc traverse les oeuvres présentées ici comme un principe de mise en tension. Il ne relève pas d’un simple effet visuel : il perturbe nos habitudes de lecture et révèle des normes souvent invisibles. »

« Dans le sport, les corps et les athlètes racisés sont très présents dans certaines disciplines et pratiquement absents d’autres. Ces répartitions ne sont pas spontanées : elles reposent sur des stéréotypes liés au corps, au genre ou à l’origine. Certains athlètes sont valorisés pour leur force ou leur endurance, quand d’autres sont associés à la grâce, à la maîtrise ou au prestige. »

« Les oeuvres mettent ainsi en lumière une tension centrale. Le sport apparaît à la fois comme un espace de reproduction des inégalités et comme un lieu où elles peuvent être contestées. Entre assignation et émancipation, entre exclusion et résistance collective, il révèle les hiérarchies qui structurent nos imaginaires du corps et de la performance, tout en ouvrant la possibilité de les déplacer. »

« La série La boxe féminine de la photographe Jane Evelyn Atwood, tout comme les dessins baptisés La Danse de Didier Viodé, révèle des normes implicites associées à la pratique sportive où la répartition des corps racisés selon les disciplines reflète des stéréotypes liés au corps, au genre et à l’origine, faisant de cet espace à la fois un lieu de reproduction des inégalités et un terrain possible de contestation et de reconfiguration des hiérarchies. » 

« Les recherches liées à cette sous-section ont révélé une quasi-absence de données significatives et fiables relatives aux discriminations liées à l’origine dans le sport, ce qui mérite d’être souligné au regard des autres statistiques présentes dans l’exposition. » 

« Sous surveillance »
« Un fragment du triptyque 17.10.61 des soeurs Chevalme consacré au massacre du 17 octobre 1961 évoque la répression meurtrière, par la police française, d’une manifestation pacifique organisée à Paris. Une contre-enquête menée par Le Monde et Forensic Architecture reconstitue les circonstances de la mort d’Adama Traoré, devenu un symbole contemporain de la lutte contre les violences policières. Ces deux cas rendent visibles des violences qui peinent encore à être pleinement reconnues comme telles. »

« Si la police incarne l’autorité de l’État, cette présence n’a pas les mêmes effets pour tous. Selon une enquête du Défenseur des droits publiée en 2025, les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes ont quatre fois plus de risques d’être contrôlés. »

« Face à ces violences, des mobilisations collectives ont émergé - Black Lives Matter ou encore Roma Lives Matter. Elles rappellent que ces pratiques relèvent non pas de cas isolés, mais d’un problème structurel qui s’observe dans de nombreux pays. »

« Les jeunes hommes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins ont 4 fois plus de risques d’être contrôlés que le reste de la population et 12 fois plus de risques de faire l’objet d’un contrôle « poussé » (fouille, palpation, conduite au poste, injonction à quitter les lieux). (Défenseur des droits) »
 
« Libre de croire et de pratiquer ? »
« Croire ou ne pas croire fait partie de la vie ordinaire. Pour beaucoup, la religion s’inscrit dans des gestes simples, des relations, des habitudes, des pratiques, des formes de soin. Elle peut être vécue de manière intime, mais aussi collective, comme une façon d’habiter le monde et de se relier aux autres. »

« Dans un contexte de hausse des actes antisémites et antimusulmans, certaines expressions religieuses deviennent des sujets de tensions dans l’espace public. Vêtements, pratiques alimentaires ou lieux de culte peuvent être soumis à la suspicion, au contrôle, voire à l’interdiction ou à la sanction. »

« La laïcité, qui est un principe de liberté et d’égalité, est parfois détournée pour réguler les corps et les pratiques, jusqu’à rendre certaines expressions religieuses illégitimes. Les oeuvres présentées ici proposent un autre regard : non pas l’effacement du religieux, mais la coexistence et le respect dans un espace commun. » 

« La série photographique de Didier Ben Loulou, tout comme celle de Patrick Zachmann, explore la place du religieux dans la vie ordinaire. »

« Près de 2 500 actes visant des personnes ou lieux de culte en raison de leur religion ont été enregistrés en France en 2025. (Ministère de l’Intérieur) »

« → À retrouver également dans cette section : dAcRuZ, Philippe Chancel, Laura Taubmann, le MIB, Forensic Architecture, Latifa Echakhch, Tonika Lewis Johnson, Bintou Dembele » 
 
« L’assemblée des vivants »
« Comment imaginer d’autres manières d’être au monde, sans racisme ni discrimination ? »

« Les oeuvres réunies ici décomposent les distinctions censées séparer les individus, mais montrent aussi que d’autres frontières que l’on croit évidentes, entre nature et culture, humain et non-humain, passé et présent, sont en réalité construites et instables. Elles cherchent non pas à effacer les différences ou à produire une harmonie idéale, mais à rendre visibles les liens, les tensions et les contradictions qui façonnent nos existences. Joies et violences, mémoires et croyances, forces et fragilités coexistent, sans être réduites à des oppositions simples. »

« À travers la peinture, l’installation ou la performance, les artistes inventent des situations où l’existence ne va pas de soi, mais où elle se construit dans l’attention à l’autre, dans le frottement et dans l’expérience partagée. »

« C’est ainsi que se dessine une assemblée des vivants. Non pas un collectif homogène, mais un espace où des formes d’existence différentes se rencontrent, dialoguent et se transforment. Les frontières que l’on croyait figées deviennent poreuses, laissant circuler histoires, mémoires et expériences. Les différences n’y sont plus des lignes de séparation, mais les conditions mêmes d’existences communes et plurielles. »

« Les oeuvres d’Hamedine Kane et d’Olivier Marboeuf interrogent les mémoires issues des histoires coloniales et diasporiques et la circulation des idées antiracistes. La première prend la forme d’une cabane / bibliothèque pensée comme un espace vivant où circulent des voix, des récits et des expériences, tandis que la seconde réassemble, à travers un accrochage de dessins, des fragments d’histoires dispersées. »

« Quand les catégories échouent »
« Comment dépasser les cadres qui assignent les individus à des identités uniques et réductrices ? Les oeuvres réunies ici ne proposent pas de nouveaux classements. Elles mettent en évidence l’écart entre les catégories raciales, culturelles ou historiques et la réalité des expériences vécues. Face à la diversité concrète des couleurs de peau, des visages et des corps, les oppositions simples et les hiérarchies factices ne tiennent plus. »

« En jouant avec les codes de la représentation, les artistes créent des espaces de réparation où chaque existence peut se situer, être incarnée et reprendre place dans l’histoire, non plus comme appartenant à une catégorie fixe et abstraite, mais comme une présence singulière dans le monde. »

« Les œuvres d’Hélène Bellenger et d’Angélica Dass interrogent les constructions de la couleur, entre héritage esthétique et classifications sociales : la première révèle comment l’idéal de blancheur, hérité de l’Antiquité et relayé par l’industrie, imprègne les objets du quotidien, tandis que la seconde déconstruit les catégories raciales en célébrant la diversité infinie des carnations humaines, invitant ainsi à repenser ce que nous associons à la couleur et à l’identité. »

« Des existences communes »
« Qu’appelle-t-on « vivant » ? Que peut-on réduire au statut d’objet, de décor ou de ressource ? Ici, le vivant ne désigne pas seulement les êtres humains ou la nature, mais l’ensemble des relations qui nous lient aux autres, aux histoires et aux territoires. »

« Les artistes réunis ici proposent des assemblages inattendus. Ils mettent en relation des corps humains et animaux, des références sacrées et des formes du quotidien. Ils rappellent que chaque chose doit être appréhendée dans son rapport à ce qui l’entoure, à son passé et aux espaces qu’elle traverse. Ces relations faites de tensions ou d’attachements sont au cœur des installations présentées. En utilisant le dessin pour cartographier ces échanges ou en réunissant des ouvrages pour les faire dialoguer, elles créent des lieux de circulation des savoirs, des voix et des récits. »

« Ces œuvres invitent à penser le monde comme un tissu de relations plutôt que comme une somme d’entités séparées. Elles donnent à voir des existences communes : un monde non pas uniforme, mais traversé d’expériences partagées. »

« Meschac Gaba développe une oeuvre hybride qui explore les notions d’ancrage, d’altérité et de mutation. L’artiste opère alors un croisement des buildings de Manhattan et des coiffeurs de Harlem originaires d’Afrique de l’Ouest. Les oeuvres de Ali Cherri, Dalila Dalléas Bouzar et Romuald Jandolo poursuivent cette réflexion sur les identités en mutation : artefacts anciens déplacés par la guerre, corps réappropriés et identités hybrides, ils interrogent ce qui demeure, se métamorphose ou résiste aux récits figés de l’histoire. »

3 QUESTIONS À PATRICK SIMON
Socio-démographe à l’INED (Institut national des études démographiques), conseiller scientifique de l’exposition

« Une partie de l’exposition est basée sur les résultats de l’enquête UNDETERRED portant sur cinq villes européennes et une ville canadienne. En termes de racisme et de discriminations, quelles sont les spécificités françaises ? 
« Par rapport à la plupart des autres pays européens, la France connaît une immigration européenne assez ancienne, depuis les années 1850, et une immigration non européenne depuis les années 1950.La place des secondes générations de l’immigration post-coloniale y est plus importante qu’en Espagne ou Italie par exemple. Or les discriminations ethno-raciales touchent principalement les immigrés et les descendants d’origine maghrébine, subsaharienne ou asiatique. Les personnes d’origine d’Afrique subsaharienne rapportent un racisme lié à la couleur de leur peau et à leurs origines, celles du Maghreb par rapport à leur religion et à leurs origines. Les personnes d’origine asiatique parlent moins de discriminations pour accéder à l’emploi que de racisme dans la vie quotidienne. Enfin, des études comparatives montrent que le niveau des discriminations subies par les descendants d’immigrés d’Afrique subsaharienne est plus élevé en France que dans des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou même les États-Unis. C’est un constat qui interroge.

Est-ce à dire que ce racisme et ces discriminations se perpétuent de génération en génération ?
Les descendants d’immigrés déclarent même plus de discriminations que les immigrés eux-mêmes ! Certes, ils se sentent plus légitimes à faire valoir leurs droits que la première génération, qui considère souvent les inégalités comme inhérentes à leur position de migrants. Mais la persistance de ces discriminations est une réalité. Pour les immigrés d’origine européenne, la plupart des obstacles disparaissent pour les immigrés installés de longue date, et plus encore à la deuxième génération. Ce n’est pas le cas pour ceux d’origine maghrébine et subsaharienne, y compris très diplômés. C’est le « paradoxe de l’intégration » : leur intégration culturelle et leur mobilité sociale devraient les protéger, or ce n’est pas le cas.

Il existe de nombreuses études sur le sujet. Comment servent-elles à faire évoluer la situation ?
Les études reposent sur des statistiques, des observations, des entretiens et des enquêtes expérimentales du type des testings, qui comparent les résultats obtenus par deux candidats au profil identique sauf par leurs origines. Quand un même CV est envoyé et que le candidat d’origine maghrébine ou subsaharienne n’est pas reçu, contrairement au candidat de référence « français », la discrimination est révélée, même si elle est niée par le recruteur.
C’est la complémentarité des sources qui révèle les discriminations systémiques et la subtilité de mécanismes peu visibles, notamment dans l’accès au logement ou à l’emploi.
Ces études visent à inspirer les politiques publiques, mais celles-ci restent extrêmement lacunaires pour lutter contre les discriminations ethno-raciales ou religieuses. On constate dès lors un scepticisme des personnes concernées à obtenir réparation. En effet, les recours pour discriminations liées aux origines, et plus encore les condamnations, sont bien moins nombreuses que celles liées au sexe ou au handicap. Cela devrait être un sujet d’importance pour les pouvoirs publics : les politiques de lutte contre les discriminations ne sont pas perçues comme efficaces ou crédibles pour protéger les personnes exposées au racisme systémique. »

CATALOGUE ET EXPOSITION MOBILE

Catalogue de l’exposition 
« Le catalogue Aux origines, dirigé par Farah Clémentine Dramani-Issifou, reproduit, en suivant le parcours de l’exposition dont elle assure le commissariat, près de 80 oeuvres accompagnées de notices ou de témoignages de personnes ayant accepté de livrer leurs points de vue sensibles sur certaines d’entre elles. Il est enrichi par un essai de la commissaire et par un entretien avec les chercheurs impliqués dans le projet UNDETERRED dont l’analyse des mécanismes institutionnels - parfois invisibles ou non intentionnels - à l’origine des inégalités dans les domaines de l’emploi, de la santé, de l’éducation et du logement, permet de renforcer la lutte contre les discriminations systémiques en Europe.
176 pages24 € TTCISBN : 9782919040834 »

L’exposition mobile Aux origines
« À partir d’octobre 2026, le Palais de la Porte Dorée proposera une version mobile de l’exposition Aux origines, diffusable en France et à l’international. Cette exposition clef en main, à imprimer sur place, restituera les messages principaux de l’exposition temporaire à travers une sélection d’oeuvres présentées sous forme de reproductions.
Caractéristiques techniques : 15 panneaux de 1 mètre de large et 2 mètres de haut, à imprimer sur place sur tous types de supports au choix de la structure d’accueil (kakemonos à suspendre, plaques Dibond, panneaux aimantés...).
Deux oeuvres dématérialisées créées spécialement pour l’exposition par Euridice Zaituna Kala et Hamedine Kane. Ces oeuvres sont encore en conception. Elles seront diffusables via du matériel technique léger dont la liste précise sera communiquée prochainement (haut-parleurs, ordinateurs de bureaux, impressions petit format...).
Langue : L’exposition sera disponible en version française ou en version anglaise, et traduisible dans toute autre langue en fonction de la structure d’accueil.
Possibilités d’adaptation et d’enrichissement : les structures qui accueillent l’exposition seront libres d’y ajouter du contenu, qu’il s’agisse d’objets, d’oeuvres d’art ou de textes. Un gabarit graphique sera mis à disposition pour la création de nouveaux panneaux d’exposition. d’un simple regard. Les per-perçues comme telles en font massivement origine » – réelle, supposée ou fantasmée stéréotypes tenaces, qui conditionnent souvent l’enfance. Musée national de l’histoire de l’immigration origines, qui interroge l’un des discriminations et du racisme dans notre prisme de l’art contemporain et des Farah Clémentine Dramani-parcours de l’exposition dont elle assure oeuvres accompagnées de notices personnes ayant accepté de livrer leurs certaines d’entre elles. Il est enrichi par un essai de la commissaire et par un entretien avec les chercheurs impliqués dont l’analyse des mécanismes institutionnels non intentionnels – à l’origine des l’emploi, de la santé, de l’édu-renforcer la lutte contre les discriminations Europe.simple glance. People of foreign bear the brunt of this. This imaged – drives persistent stereo-paths from childhood onwards.National Museum of the History Origins, which examines one discrimination and racism in our society art and the social sciences. Farah Clémentine Dramani-exhibition she curated, reproducing descriptions or testimonies from their personal perspectives an essay by the exhibition’s the researchers involved in analysis of the institutional mech-unintentional – underlying inequalities education, and housing helps discrimination in Europe ». 
 
LISTE DES ARTISTES PRÉSENTÉS

William Adjété Wilson
Jane Evelyn Atwood
Asia Ballufier, Elisa Bellanger & Elsa Longueville
Matthieu Bareyre & Rose-Marie Ayoko Folly 
Hélène Bellenger 
Didier Ben Loulou 
Gérald Bloncourt 
Philippe Chancel 
Ali Cherri 
Les soeurs Chevalme 
Guillaume Collanges 
dAcRuZ
Dalila Dalléas Bouzar 
Angélica Dass
Bintou Dembélé & Leonardo García-Alarcón
Latifa Echakhch 
Meschac Gaba 
Karim Ghelloussi 
Gilberto Güiza-Rojas 
Romuald Jandolo 
Gabi Jimenez 
Hamedine Kane
Bouchra Khalili 
Yohanne Lamoulère
Joshua Leon
Tonika Lewis Johnson
Lila Loisse
Grace Ly
Olivier Marboeuf
Małgorzata Mirga-Tas
Roméo Mivekannin
Valérie Mréjen
Myr Muratet
Mame-Fatou Niang & Kaytie Nielsen
Emeka Ogboh
Sandra Rocha
Sara Sadik
Chéri Samba
Ceija Stojka
Laura Taubman
Bouba Touré
Didier Viodé
Kara Walker
Rayan Yasmineh
Patrick Zachmann
Euridice Zaituna Kala

LE PROJET UNDETERRED

Coordination scientifique : Fabien Sabatier et Hachem Benissa (Université de Bordeaux)

« Le projet de recherche européen UNDETERRED, coordonné par l’Université de Bordeaux, s’attaque à une question centrale de nos sociétés contemporaines : pourquoi, malgré les lois existantes, les discriminations persistent-elles de manière durable et structurée ? En mettant en lumière les mécanismes institutionnels - parfois invisibles ou non intentionnels - qui produisent et reproduisent des inégalités dans les domaines de l’emploi, de la santé, de l’éducation et du logement, ce projet vise à renforcer concrètement la lutte contre les discriminations systémiques en Europe et au Canada. À travers la collecte de données quantitatives et qualitatives, les chercheurs étudient le quotidien des jeunes adultes de 18 à 35 ans issus de l’immigration, descendants d’immigrés ou appartenant à des minorités nationales européennes, notamment les populations roms. »

PROGRAMMATION CULTURELLE

« •LES MERCREDIS DE LA PORTE DORÉE
Chaque semaine, les visiteurs sont invités à apprendre et partager autour d’un film, d’un livre ou d’une question en lien avec les enjeux contemporains : immigration, discrimination, sauvegarde de la biodiversité, rapport au vivant. Mêlant cinéma, littérature et rencontres, ce rendez-vous hebdomadaire et gratuit réunit un ou plusieurs invités issus d’horizons variés.
Tous les mercredis I 19h I Forum Gratuit sur réservation. 

LITTÉRATURE / CYCLE AUX ORIGINES #1
Déconstruire les regards : écrire pour dénoncer le racisme
Conversation avec Sikou Niakaté, Mirrianne Mahn, Grace Ly et Maïram Guissé
Comment se construire quand on est sans cesse renvoyé au regard que le monde pose sur soi ? Cette rencontre, en écho à l’exposition Aux origines, réunit quatre auteurs et autrices qui placent les mécanismes du racisme au coeur de leur récit. Avec Dans le noir, je crie (Stock,2025), Sikou Niakaté explore, de l’enfance à l’âge adulte, la trajectoire de son double de fiction, grand, pauvre, noir et donc menaçant, qui se débat entre deux courants contraires :correspondre au stigmate ou s’en affranchir. Dans Sous nos peaux (Grasset, 2025), Maïram Guissé se livre à une enquête subjective, en retraçant des itinéraires empreints d’espoir, parfois chaotiques, où le racisme ne se censure pas. Avec Issa (Stock, 2026), Mirrianne Mahn, écrivaine allemande de parents camerounais et conseillère municipale à Francfort en charge des discriminations raciales, pose la question de l’impensé colonial allemand, du racisme ordinaire et de la difficile transmission de l’héritage familial. Enfin, dans Les nouveaux territoires (Harper Collins, 2026), Grace Ly explore son histoire familiale à Belleville, les paradoxes nés des fantasmes coloniaux et la métamorphose d’une femme qui choisit enfin de s’appartenir.
Mercredi 10 juin I 19h I Durée 2h I Auditorium Marie Curie

•RENCONTRE / CYCLE AUX ORIGINES #2
Déconstruire le racisme et les discriminations.
Avec le quotidien d’idées AOC
Le quotidien d’idées AOC s’associe au Palais de la Porte Dorée pour proposer un évènement consacré à l’apport fondamental des sciences sociales pour déconstruire le racisme et les discriminations. Cette proposition se déploie en deux temps : d’une part, trois micro-conférences seront proposées par de jeunes chercheurs au sein du parcours de l’exposition temporaire ; d’autre part, un débat animé par Sylvain Bourmeau sera consacré au thème« De quoi le concept “racisé” est-il l’outil ? ».
Mercredi 17 juin I 19h I Auditorium Marie Curie

•CINÉMA / CYCLE AUX ORIGINES #3 - QU’EST-CE QU’ON VA FAIRE DE TOI ?
De Salma Cheddadi et Karelle Fitoussi
À quel âge cesse-t-on d’apprendre à vivre ensemble ? Dans une maternelle classée REP, au coeur de Paris, Moussa, Faustine, Fatou et les autres ne jouissent pas tous des mêmes conditions de vie et leurs mondes ne se croisent pas en dehors du sanctuaire de l’école publique.20 
À 5 ans, ils dessinent, chantent, se disputent, se réconcilient. Mais dans leurs mots d’enfants, derrière les rires et les chamailleries, filtrent déjà les échos anxiogènes d’un monde adulte qui les dépasse. Nous sommes en 2024, année pivot marquée par une victoire historique de l’extrême-droite aux élections européennes, et cette nouvelle génération, métissée et vibrante, brasse déjà toutes les interrogations et les défis de notre époque.
Ni discours d’experts ni démonstration théorique, ce documentaire filmé à hauteur d’enfants donne à entendre une parole tantôt grave, tantôt hilarante, mais toujours libre.
Mercredi 24 juin I 19h I 52 minutes (projection), suivie d’une rencontre avec les réalisatrices | Auditorium Marie Curie

•COLLOQUE / QUAND LE RACISME FAIT SYSTÈME : THÉORIES, VÉCUS ET POLITIQUES
Avec : Ann Morning (sociologue, New York University), Sarah Mazouz (sociologue, CNRS), Daniel Sabagh (politiste, Sciences Po), Fabien Sabatier (historien, Université Bordeaux-Montaigne), Marine Bachelot Nguyen (autrice et metteuse en scène), Delphine Pereitti-Courtis (historienne, Aix Marseille Université) et d’autres intervenants.
En lien avec l’exposition Aux origines. Regards croisés sur le racisme et les discriminations etle projet de recherche européen UNDETERRED, ce colloque mettra en lumière les nouveaux cadres d’analyse et d’interprétation du racisme. Comment se construisent dans le temps les représentations, comment comprendre la notion de racisme systémique, comment les personnes racisées vivent-elles et pensent-elles leurs expériences ? À la lumière de ces questionnements, le colloque sera également l’occasion de s’interroger sur la persistance des discriminations liées aux origines, et sur l’évolution des politiques publiques de lutte contre les discriminations. Chercheuses et chercheurs, artistes, représentants associatifs et acteurs des politiques publiques viendront partager leurs connaissances et leurs expériences.
Jeudi 18 juin I De 9h30 à 17h I Auditorium Marie Curie
Gratuit sur inscription

•RENCONTRES / GÉNÉRATION DISCRIMINÉE ?
Dans le cadre de l’exposition Aux origines. Regards croisés sur le racisme et les discriminations, le Palais de la Porte Dorée, avec l’association L’Ascenseur, propose un temps fort consacré à la jeunesse et à la lutte contre les discriminations.
Cet évènement réunira des jeunes engagés aux côtés d’acteurs culturels et institutionnels pour ouvrir un dialogue essentiel : quelle place et quel rôle pour les institutions culturelles face à la persistance des discriminations ?
Porté par le collectif de L’Ascenseur, engagé pour l’égalité des chances, en partenariat avec Chaillot - Théâtre national de la danse, ce rendez-vous se veut un véritable espace d’échange et de réflexion. Il mettra en lumière l’impact des discriminations sur les parcours des jeunes, tout en explorant la manière dont la création artistique peut contribuer à faire évoluer les regards.
Interventions artistiques, témoignages et tables rondes rythmeront la journée, en plaçant la parole des jeunes au coeur du programme. L’ambition : faire émerger des pistes d’action concrètes et renforcer l’engagement des institutions culturelles dans la lutte contre les inégalités.
Mardi 16 juin I De 12h à 13h30 I Auditorium Marie Curie
Gratuit, sur réservation

•RENCONTRE / PARLEMENT DES EXILÉS
Les débats sur la migration se construisent encore trop souvent sans celles et ceux qui en font l’expérience. Pour y remédier, le Parlement des Exilés a vu le jour en 2024 : une assemblée citoyenne unique, composée de 15 députés élus par et pour les personnes exilées en France.
À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, et dans le cadre de la Semaine de l’Hospitalité du Campus Condorcet, le Palais de la Porte Dorée ouvre ses portes à cette initiative. Cet évènement marque la clôture de la formation de la première promotion de députés exilés. Le temps d’un après-midi, venez rencontrer et écouter ces députés, qui partageront leurs parcours et leur engagement citoyen. Ils présenteront également des propositions concrètes sur des enjeux majeurs tels que le logement, l’éducation et l’emploi.
Au programme : tables rondes, échanges avec les acteurs publics ayant accompagné le projet, ainsi que des lectures multilingues de poèmes portant les voix, les récits et les imaginaires qui traversent cette première promotion.
Samedi 20 juin I De 15h30 à 18h I Auditorium Marie Curie
Gratuit, sur réservation

•VISITES GUIDÉES
À travers des oeuvres d’art, des témoignages et des données scientifiques, vous explorerez comment l’« origine » - réelle, supposée ou fantasmée - façonne les regards, influence les représentations et peut engendrer discriminations et exclusions. Une réalité souvent sourde, qui façonne pourtant des trajectoires collectives et individuelles, et ce, dès l’enfance.
Samedis 13 juin, 4 et 18 juillet 2026 I 14h30 I durée 1h30 I Musée
Samedi 28 juin 2026 I 11h I durée 1h30 I Musée »

Le Palais de la Porte Dorée et le Musée national de l’histoire de l’immigration

À propos du Palais de la Porte Dorée
« Institution culturelle pluridisciplinaire, le Palais de la Porte Dorée est constitué d’un monument historique, le Palais de la Porte Dorée, un musée - le Musée national de l’histoire de l’immigration et l’Aquarium tropical. Le Palais de la Porte Dorée est tout à la fois : lieu d’exposition et de diffusion de la connaissance, forum d’expression, lieu de conservation d’espèces menacées, espace de sociabilité, lieu de spectacles et de festivals. »

À propos du Musée national de l’histoire de l’immigration
« Le parcours permanent du Musée national de l’histoire de l’immigration déroule un récit chronologique, thématique et sensible de l’immigration en France en 11 dates repères - de 1685 à nos jours - qui montrent que l’histoire de l’immigration est une composante indivisible de l’histoire de France, à partir de données scientifiques, d’évènements, de récits de vie. Mêlant documents d’archive, photographies, peintures, sculptures, affiches, parcours de vie, créations artistiques contemporaines et outils de médiations numériques pour tous les âges, le Musée apporte à chaque visiteur les éléments essentiels pour connaître et comprendre une part essentielle de l’identité française. »


Du 5 juin au 23 août 2026
Musée national de l’histoire de l’immigration
Aquarium tropical
293, avenue Daumesnil - 75012 Paris
Tél. : 01 53 59 58 60
Du mardi au vendredi 10h - 17h30
Samedi et dimanche 10h - 19h
Visuels :
Portrait et visuels in-situ 
(c) Cyril Zannettacci

Didier Ben Loulou, série Rencontres, 2004, © mahJ / Didier Ben Loulou

Guillaume Collanges, Hôtels meublés - Si tu ne paies pas, tu t’en vas, entre 2000 et 2001 © Palais de la Porte Dorée,collection Musée national de l’histoire de l’immigration

Didier Ben Loulou, série Rencontres, 2004, © mahJ / Didier Ben Loulou

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