Durant la Deuxième Guerre mondiale (DGM), le Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) a été fondé en 1943, à Grenoble, dans la clandestinité, à l’initiative du rabbin Isaac Schneersohn (1879 ou 1881-1969). Le 30 octobre 1956, à l'initiative d’Isaac Schneersohn est inauguré à Paris un bâtiment en mémoire des victimes de la Shoah, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu. 2026 marque le 70e anniversaire du Mémorial du Martyr Juif Inconnu, devenu en 2005 le Mémorial de la Shoah. Une institution "islamiquement et arabiquement correcte". Dans l'exposition itinérante "Le Centre de documentation juive contemporaine, 1943-2013 : documenter la Shoah", photographies, lettres, journaux, livres, films et autres archives retracent l’histoire du CDJC en insistant sur les premières décennies.Lors de la Seconde Guerre mondiale, dans une France occupée par les Nazis, le Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) "a été créé dans la clandestinité, en avril 1943, à Grenoble alors dans la zone d'occupation italienne."
Initiateur de ce projet, le rabbin Isaac Schneersohn (1879 ou 1881-1969) voulait « écrire le Grand livre du martyrologue [sic] du judaïsme de France » et organiser la collecte des documents disponibles sur les persécutions antisémites perpétrées par l’occupant allemand et le régime de Vichy. mort, Il a été le rédacteur en chef de la Revue du CDJC.Installé en 1956 dans le Marais (75004) à Paris au sein du Tombeau du martyr juif inconnu, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu est devenu en 2013 le Centre de documentation du Mémorial de la Shoah inauguré en janvier 2005."
Le Mémorial de la Shoah comprend, en son sein, le Mur des noms des juifs déportés de France métropolitaine. Curieusement, il en a exclu les noms des juifs déportés de Tunisie, alors un protectorat de la France..
Rue Geoffroy-l'Asnier, une façade du Mémorial de la Shoah est devenue le Mur des Justes parmi les Nations. Ces personnes ont sauvé des Juifs, parfois au péril de leur vie, durant la Deuxième Guerre mondiale.
Depuis 2012, le Mémorial de la Shoah a initié des actions visant à étendre le champs de son action, en banlieue parisienne, en province et à l'étranger. Il dispose depuis 2012 d'un musée à Drancy, en face de la cité de la Muette, ancien camp d’internement, et présentant l’histoire du camp de Drancy. En Province : à Toulouse, l’antenne régionale pour le sud de la France, le CERCIL- Musée Mémorial des enfants du Vel d’Hiv, puis le lieu de mémoire du Chambon-sur-Lignon en 2020, le centre du Jules-Isaac en 2021 et la gare de Pithiviers en Juillet 2022.
"Le Mémorial de la Shoah compte depuis 2010 sur une correspondante permanente en Italie. Il organise en Pologne notamment des voyages de mémoire et l’Université d’été, et aux Etats-Unis des expositions temporaires.
Le Mémorial de la Shoah a élargi sa thématique à d'autres génocides sur lesquels il a proposé des expositions temporaires : celui des Arméniens par les Turcs et des Kurdes, celui des Tutsi par des Hutu.
Afin de proposer plus d'espaces à ses expositions temporaires, le Mémorial de la Shoah a libéré des bureaux occupés par ses services administratifs, et a installé ces derniers dans un hôtel particulier à quelques dizaines de mètres du Mémorial.
"Shoah islamiquement et arabiquement correcte"
Le rapport moral 2025 du Mémorial de la Shoah vante le bilan statistiques de ses actions : 185 actions de formation pour les enseignants dont 174 pour les 1er et 2e degrés, 203151 documents acquis, 3094 retombées médias confondus, 376500 visiteurs des expositions temporaires à Paris et à Drancy, 5294 lecteurs en salle de lecture (4919 en 2024)... Le budget de fonctionnement se décompose ainsi : dépenses 21 517 K€, recettes 21 593 K€.
Pourtant, la faille historique majeure, grave, de cette institution consiste à présenter une "Shoah islamiquement ou arabiquement correcte" : le Mémorial de la Shoah occulte l'antisémitisme islamique ou/et Arabe, la part majeure de dirigeants musulmans dans la Shoah. Il offre une vision dépassée de la Shoah : il ignore les recherches historiques depuis plus d'une décennie, notamment d'historiens américains, russes ou israéliens, sur le rôle essentiel du mufti de Jérusalem al-Husseini, la propagande nazie (Radio Berlin) en direction du monde Arabe, le projet d'exterminer des juifs en Palestine mandataire, etc. C'est le musée mémorial de l'Holocaust à Washington (Etats-Unis) qui a recueilli les souvenirs de juifs originaires de Tunisie, ayant subi l'occupation nazie, et offre sur son site Internet leurs enregistrements audio.
Certes, le Mémorial de la Shoah montre brièvement, dans son exposition permanente, le sort des juifs de Tunisie. Mais son exposition sur les ghettos, centrée sur l'Europe continentale, omettait les mellahs ou ghettos marocains que des juifs marocains ont été contraints de rejoindre. Interrogé, le directeur du Mémorial de la Shoah, Eric Fredj, répondait que le Mémorial avait présenté une exposition sur les juifs de Tunisie durant la Deuxième Guerre mondiale ! "Issue d’une coopération entre le CDJC et la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie (SHJT)", cette exposition s'était déroulée du 20 décembre 2002 au 15 janvier 2003 !
Cette occultation historique sert, involontairement, le narratif anti-israélien ou pro-palestinien selon lequel l'Europe se serait "débarrassée de son sentiment de culpabilité lié à la Shoah en envoyant les rescapés de l'Holocauste en Palestine mandataire où ils auraient volé la terre des Palestiniens..." ou "Les descendants de victimes de la Shoah commettraient un génocide des Palestiniens dans la bande de Gaza". Une propagande haineuse véhiculant des stéréotypes antijuifs"
Cette faille historique s'avère d'autant plus cruciale qu'après des attentats terroristes islamistes, des dirigeants politiques français se recueillent au Mémorial de la Shoah et que des individus, souvent musulmans, condamnés pour antisémitisme par la justice à suivre des "stages de citoyenneté" au Mémorial de la Shoah, entendent ce discours "islamiquement ou arabiquement correct". Pense-t-on que ces moments de recueillement de politiciens et ces stages vont réduire leur antisémitisme ? On peut légitimement en douter.
Historien, Georges Bensoussan a été le rédacteur en chef dès 1993 de la revue d'histoire du Mémorial de la Shoah devenue la Revue d'histoire de la Shoah, qui avait consacré un numéro aux "Juifs d'Orient face au nazisme et à la Shoah", et en 2002 responsable éditorial au Mémorial de la Shoah (Paris). Il a créé à la fin des années 1990 le service de formation consacré à l’enseignement de l’histoire de la Shoah.
Il a dirigé en 2002, sous le pseudonyme d'Emmanuel Brenner, Les Territoires perdus de la République, recueil de témoignages d'enseignants et de chefs d'établissements scolaires français sur l'antisémitisme, le racisme et le sexisme en milieu scolaire, principalement dans une jeunesse issue de l'immigration maghrébine. Une étude rejoignant les conclusions du rapport Obin.
L'affaire Georges Bensoussan illustre cette faille historique aux nombreux enjeux capitaux. Le 10 octobre 2015, lors de l'émission Répliques animée par l'essayiste Alain Finkielkraut sur France Culture, Georges Bensoussan a évoqué le sociologue Smaïn Laacher en déclarant que l'antisémitisme est présent « dans les familles arabes [...] on le tète avec le lait de la mère ». Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a dressé une « une mise en garde ferme » à la chaine. Cet historien est poursuivi par le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), SOS Racisme et la Ligue des droits de l'homme (LDH) devant le Tribunal pour "provocation à la haine, la violence ou la discrimination". Il est relaxé en 2017 en première instance, en 2018 par la Cour d'appel et en 2019 par la Cour de cassation. Georges Bensoussan s'est plaint du très faible soutien de dirigeants du Mémorial de la Shoah. Son travail pour le Mémorial de la Shoah a alors pris fin.
L'exposition sur le génocide des Arméniens rechignait à évoquer la dhimmitude et à replacer ce génocide parmi ceux commis par des Turcs durant la Première Guerre mondiale envers les Assyriens, les Grecs pontiques, etc.
Exposition
Après le Mémorial de la Shoah, l'Espace Hillel, le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère a accueilli en 2023, dans le cadre du 80e anniversaire de la création du Centre de documentation juive contemporaine (rue Bizanet à Grenoble), l’exposition itinérante "Le Centre de documentation juive contemporaine, 1943-2013 : documenter la Shoah".
Zakhor (Souviens-toi, en hébreu)
Promoteur du projet de CDJC : Isaac Schneersohn (1881-1960), cousin du rabbin Schneour Zalman Schneersohn, rabbin et industriel d'origine russe. Né à Kamenetz-Podolsk (actuelle Ukraine) dans une famille de rabbins, formé et officiant comme rabbin, Isaac Schneersohn s’installe en 1920 en France dont il acquiert la nationalité.
A Paris, ce proche du rabbin David Feuerwerker accueille à son domicile des dirigeants Juifs, souvent sionistes - Vladimir Jabotinsky, Chaim Weizmann -, et embrasse une carrière d’industriel comme administrateur délégué de la Société anonyme de travaux métalliques (SATM). En 1939, trois de ses fils sont mobilisés comme officiers de réserve de l’armée française. Isaac Schneersohn et sa famille se réfugient à Bordeaux, puis dès 1941 à Mussidan (Dordogne). Mandaté par l'Union générale des Israélites de France (UGIF), Isaac Schneersohn se rend souvent à Grenoble.
En 1943, il voulait « écrire le Grand livre du martyrologe du judaïsme de France » et « organiser la collecte des documents disponibles sur les persécutions antisémites perpétrées par l’occupant allemand et le régime de Vichy ».
De « ses premières années à la mort de son fondateur en 1969, le CDJC écrit l’histoire, constitue un fonds d’archives pour que justice soit rendue aux victimes. Parallèlement, de nombreuses initiatives et études sont menées en Europe par des survivants de la Shoah et des historiens ».
« Fondateur d’une historiographie, premier centre d’archives accessible aux chercheurs sur le sort des Juifs de France pendant la guerre, le CDJC, intégré dans ce qui est devenu depuis janvier 2005 le Mémorial de la Shoah, se confond aujourd’hui avec la mémoire de la Shoah des Juifs de France dont il est devenu le dépositaire ». A nuancer, tant le Mémorial de la Shoah tend à restreindre, dans de nombreuses expositions, la France de la Seconde Guerre mondiale à la Métropole, et n’a pas entrepris, en temps utile, le recueil des témoignages des Juifs ayant vécu en Afrique du Nord les persécutions antisémites : installation forcée dans un mellah (ghetto), rafle, racket, vols, horribles camps de travail forcé, etc.
Des preuves historiques
Le 28 avril 1943, quarante militants et dirigeants représentant les divers courants de la communauté juive se réunissent à l’initiative d’Isaac Schneersohn dans l’appartement qu’il loue dans la rue Bizanet, à Grenoble. Dans la clandestinité, ils créent le Centre de documentation juive contemporaine, afin « de rassembler des preuves de la persécution des Juifs afin de témoigner et demander justice dès la fin de la guerre ».
Les fondateurs du CDJC commencent à collecter des documents, à éditer le Bulletin du CDJC qui se transformera après-guerre en revue, mais ils doivent suspendre leur travail en septembre 1943 car les Allemands envahissent la zone occupée par les Italiens et où se trouvait Grenoble.
Ils plongent dans la clandestinité. « Mon obstination et ma persévérance, ma conviction ferme de la nécessité de recueillir cette documentation se renforçaient toujours davantage. [...] Je ne savais pas si je survivrais, aucun de nous ne croyait qu'il sortirait vivant de l'enfer. Mais je n'avais qu'un seul désir, aussi longtemps que je le pourrais, consigner ce qui se passait », se souvenait Isaac Schneersohn qui rejoint alors la résistance en Dordogne et y noue des contacts avec la Résistance française qui s'avéreront précieux.
Le comité de direction du CDJC « est composé de 7 membres : 2 représentants du Consistoire (Consistoire central), 2 représentants de la Fédération des Sociétés juives de France, 1 représentant de l'ORT (Organisation Reconstruction Travail), 1 représentant du rabbinat et Schneersohn lui-même qui le préside. L'objectif est de rassembler les documents qui permettront, un jour, d'écrire l'histoire des Juifs de France pendant la guerre » (André Kaspi).
Alors que les combats pour la libération de la France ont débuté, Isaac Schneersohn et son équipe se pressent de rejoindre Paris pour « sauver de la destruction et de la mise sous séquestre les fonds d'archives émanant de Vichy et de l'occupant nazi ».
Grâce à l’aide des résistants et « au flair d'Isaac Schneersohn et de Léon Poliakov en charge du Service de recherches des archives, le CDJC met la main sur des archives précieuses dans des conditions souvent rocambolesques, telles que celles du Commissariat général aux questions juives (CGQJ), de l'ambassade d'Allemagne à Paris, de l'Etat-major, de la délégation générale du Gouvernement de Vichy et surtout sur celles du service anti-juif de la Gestapo, l'une des rares récupérées en Europe ».
Dès la Libération de Paris, le CDJC « entreprend de classer ses archives afin d'étudier le processus qui avait conduit à la destruction des Juifs de France ».
Léon Poliakov (1910-1997), "secrétaire de Schneersohn, en fut un témoin ironique : « Je me souviens, écrit-il dans son autobiographie L’auberge des musiciens, que, pour commencer, il [Schneersohn], avait installé un bureau à Grenoble, rue Bizanet, où une demi-douzaine de dactylos étaient chargées de dépouiller le Journal officiel pour dresser l’interminable liste des entreprises aryanisées, ce que je trouvais suprêmement ridicule, ne comprenant pas qu’il faut un commencement à tout. »
« Avec ses compagnons, Joseph Billig, Georges Wellers, Léon Poliakov, avec son ami Claude Kelman, ils ont fait une œuvre extraordinaire à une époque extrêmement difficile où le silence, la gêne étaient le lot des déportés survivants », a déclaré Éric de Rothschild, président du Mémorial de la Shoah, le 27 janvier 1945.
Le CDJC crée sa propre maison d'édition, publie ses premiers travaux sur les camps d'internement (Joseph Weill, Contribution à l'histoire des camps d'internement dans l'anti-France, Paris, CDJC). « Dès 1945 trois ouvrages importants sont publiés par le CDJC, suivis par 5 autres en 1946, 5 autres encore en 1947, au total 20 jusqu'à la fin de l'année 1951. Le CDJC est ainsi devenu la mémoire de la communauté juive, de toute la communauté ». (André Kaspi)
En 1946, le CDJC transforme son Bulletin en Le Monde Juif, première revue d'histoire de la Shoah.
Isaac Schneersohn devient alors président du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) et directeur de la Revue publiée par ce centre, jusqu'en 1969.
Le CDJC et le jugement des criminels de guerre
Le gouvernement français, par l'entremise d'Edgar Faure, demande au CDJC « d'étayer la plaidoirie française aux procès de Nuremberg ».
Le CDJC amène « sa documentation à Nuremberg et bénéficie d'une représentation permanente pendant les procès internationaux et américains, devenant l'un des destinataires officiels de tous les documents alors en circulation ».
Son travail est si remarquable que le Procureur général Telford Taylor « autorise Léon Poliakov et Joseph Billig à puiser dans les archives de ce premier grand procès international ».
Inauguré lors des procès de Nuremberg , ce « rôle d'aide à la justice s'est poursuivi durant les procès des responsables et complices de la solution finale en Allemagne, en France et en Israël où Georges Wellers, le responsable scientifique du CDJC est appelé à déposer au procès Eichmann ».
Dans les années 1980, le CDJC « fournit à la justice française une pièce d'archive, le télex d'Izieu, qui lui a permis de procéder à l'inculpation de Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, pour crimes contre l'humanité ».
Un « tombeau-mémorial »
Dans les années 1950, Isaac Schneersohn parvient « à imposer l’idée de la construction d’un tombeau-mémorial dédié aux victimes de la Shoah ».
Cette « idée suscite l'opposition d'une partie de la communauté juive qui ne voulait pas « d'une institution tournée vers le passé ».
Isaac Schneersohn constitue un comité de parrainage réunissant des personnalités. Quand David Ben Gourion, alors Premier ministre de l’Etat d'Israël renaissant, est sollicité, il se rend compte que le premier Mémorial en hommage aux victimes juives du nazisme serait édifié à Paris. Rapidement, l'Etat d'Israël fonde Yad Vashem, à Jérusalem, avec qui le CDJC noue des relations privilégiées.
Le 17 mai 1953, la première pierre du Mémorial est posée sur un terrain donné par la Ville de Paris. Par des donations d’œuvres d’art, la France, la Belgique, le Luxembourg, la Yougoslavie participent à la construction du Mémorial.
Inauguré le 30 octobre 1956 en présence de 50 délégations des communautés Juives du monde entier, de personnalités politiques et religieuses venues de toute l'Europe, le Mémorial du martyr juif inconnu « accueille naturellement dans ses murs le CDJC ».
Le 24 février 1957, des « cendres provenant des camps d'extermination et du ghetto de Varsovie sont solennellement déposées dans la crypte du Mémorial par le grand rabbin Jacob Kaplan ».
Le 8 octobre 1958, l’éminent juriste français Juif René Cassin, futur prix Nobel de la paix, remet à Isaac Schneersohn la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur dans les salons du prestigieux hôtel Plaza Athénée à Paris.
Classé monument historique depuis 1991, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu accueille chaque année les principales cérémonies liées à la Shoah – soulèvement du ghetto de Varsovie, découverte du camp d'Auschwitz, Hazkarah (dédié aux victimes de la Shoah mortes sans sépulture), Journée nationale de la Déportation - organisées par l'Etat ou/et par la communauté Juive française.
Le « développement du centre de recherche sur la Shoah, devenu l'un des tout premiers en Europe, comme celui des activités du Mémorial, notamment en direction des publics scolaires, ont amené le conseil d'administration du Mémorial-CDJC à proposer une nouvelle étape : la création du Mémorial de la Shoah ».
Avec le soutien de l'Etat, de la Ville de Paris et de la Région Ile-de-France, le Mémorial a élaboré un projet en vue de l’agrandissement de son bâtiment. Les travaux sont terminés à la fin 2004.
Initié en 1997, ce « plan d’agrandissement et de regroupement de ces deux institutions d’histoire et de mémoire - le CDJC et le Mémorial du martyr juif inconnu - en une seule entité se met en place et aboutit à l’ouverture du Mémorial de la Shoah le 27 janvier 2005 ».
Cet agrandissement a « permis notamment d'offrir davantage de place aux chercheurs dans les salles de lecture, de déployer l'exposition permanente sur l'histoire de la Shoah, de créer un espace multimédia, un auditorium et d'ériger à l'extérieur du bâtiment « le Mur des noms » où ont été gravés les noms de tous les Juifs déportés de France ».
Formé de trois départements - les archives, la photothèque et la bibliothèque -, le Mémorial de la Shoah/CDJC « se positionne aujourd’hui comme le plus grand centre de documentation en Europe consacré à l’histoire de la Shoah et au sort des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ». Son fonds documentaire s’accroît régulièrement grâce à des dépôts, dons ou achats. Ce Mémorial de la Shoah gère aussi les archives d’organisations et de particuliers, célèbres et anonymes.
Sara Halperyn (1920-2002)
C’est une mémoire du CDJC qui a disparu en 2002. Responsable de la bibliothèque du CDJC, Sara Halperyn, octogénaire, est décédée le 13 février 2002. Regrettée de tous...
Sara Halperyn est née Neumann, en 1920 à Francfort, « dans une famille d’Ostjuden, des Juifs polonais installés en Allemagne », précisait Maurice Rajsfus. La famille Neumann, surtout la mère, est pratiquante. Sara et ses deux frères bénéficient donc d’une éducation religieuse.
C’est en 1936 que la famille quitte l’Allemagne nazie pour la Palestine. Seule y reste une grand-mère paternelle adorée, qui sera internée à Therezienstadt, puis mourra à Auschwitz. La famille Neuman s’installe à Jérusalem, et le père ouvre une épicerie à Herzliya.
Sara ne retourne plus en Allemagne. Plus tard elle refuse de toucher les dédommagements allemands auxquels elle a droit (Claims Conference). Son ressentiment pour l'Etat allemand ne se confond jamais avec sa perception de la génération née dans ce pays après le génocide juif. Elle accueille ainsi chaleureusement des volontaires allemands à la fin des années 1990 au CDJC.
Dotée d'une culture juive très étendue et de solides connaissances médicales, la jeune Sara devient infirmière. Difficile de connaître sa vie en Palestine, puis en Israël, tant la femme était était pudique et discrète. A peine sait-on que Sara Halperyn ne pratiquait plus vers la fin de sa vie et bien sûr s’inquiétait de la guerre en Israël. La cause de la paix, introuvable, lui tenait aussi beaucoup à cœur.
Sara Halperyn rencontre à Jérusalem en 1943 Jacob Halperyn. Né à Łódź (Pologne), en 1903, intellectuel et érudit juif, Jacob Halperyn est également un talentueux polyglotte.
Le couple arrive en France en France en 1950 et se marie en 1957. Il a deux enfants, Sophie et Léon. Le second poursuit plus tard un parcours de chercheur avec une thèse de doctorat en "Langues, civilisations et sociétés orientales", soutenue en 2019 à l'université de Paris 3 - Sorbonne Nouvelle.
Vers 1970, Sara Halperyn entre au CDJC comme assistante de la bibliothécaire, Olga Imbert. « Le centre est alors une structure encore petite, qui accueillait peu de chercheurs. Les archives et la bibliothèque se trouvaient au même niveau », précisait Maurice Rajsfus en 2002.
Sara Halperyn est nommée responsable de la bibliothèque en 1980, lorsque Mme Imbert prend sa retraite. Une fonction qu’elle exerce jusqu’au 8 février 2002.
Sara Halperyn a participé à la mise à jour de fichiers aux classements pertinents et aux résumés clairs en français. Maîtrisant l’allemand, le yiddish et l’hébreu, Sara Halperyn a traduit moultes documents pour les chercheurs. « C’était un puits de compétence et d’érudition. Elle guidait les gens pour éviter des études superficielles ou inexactes », expliquait Serge Klarsfeld en 2002. Une fois leur travail publié, de nombreux chercheurs la remercieront pour son aide, dans leur ouvrage.
Veuve depuis 1987, cette septuagénaire obtient une maîtrise d’hébreu à l'université de Paris VIII.
Et elle est affectée par les décès récents d’un de ses frères en Israël et de sa meilleure amie.
« On riait toujours avec Sara. Elle avait un sourire, un dynamisme, une modestie... Elle était ouverte sur les autres et discrète sur sa vie. Elle disait toujours : « Tout va très bien ». Elle avait une parfaite connaissance du fonds. Elle maternait les chercheurs, les encourageant et les orientant dans leurs recherches. Sara n’aura pas vu le retour du Centre dans ses locaux agrandis en 2004. Elle laisse un grand vide... », se souvenait avec émotion Sarah Mimoun, une collègue et amie.
Affaiblie par une bronchite, Sara Halperyn meurt le 13 février 2002.
A son enterrement au Père Lachaise le 19 février 2002, se sont retrouvés collègues, amis, chercheurs, journalistes, historiens, étudiants, etc.
Le 21 mars 2002, Eric de Rothschild, président du CDJC, le conseil d’administration et l’ensemble du personnel du Centre, ont rappelé le souvenir de la responsable de sa bibliothèque, Sara Halperyn. Chercheurs et amis décrivent une dame dévouée, discrète, drôle, chaleureuse, polyglotte, très active et particulièrement compétente. Le Monde juif, la revue d’histoire de la Shoah du CDJC, a publié un numéro spécial en son honneur.
Groupe de Mémoriaux
"En 2012, le Mémorial de la Shoah a ouvert un musée à Drancy, en face de la cité de la Muette, ancien camp d’internement. Lieu d’histoire et de transmission, complémentaire du Mémorial de Paris, ce centre a pour vocation de présenter l’histoire du camp de Drancy".
"Le Mémorial de la Shoah est aussi présent en région et à l’étranger. A Toulouse, l’antenne régionale pour le sud de la France relaie les actions du Mémorial en s’appuyant sur les partenaires locaux et sur le patrimoine régional. En 2016 est organisée pour les professeurs à Toulouse la première Université du sud de la France."
"Depuis 2018, le Mémorial de la Shoah s’est agrandit en région avec le CERCIL- Musée Mémorial des enfants du Vel d’Hiv, puis le lieu de mémoire du Chambon-sur-Lignon en 2020, le centre du Jules-Isaac en 2021 et la gare de Pithiviers en Juillet 2022."
"En Italie, où il peut compter depuis 2010 sur une correspondante permanente, le Mémorial de la Shoah développe trois grands types d’actions: la formation continue, les partenariats avec les musées de la Résistance, une présence active au sein du réseau universitaire."
"Le Mémorial est aussi très présent en Pologne, avec, notamment les voyages de mémoire et l’Université d’été, et aux Etats-Unis où des expositions temporaires sont proposées au public américain grâce à des partenariats locaux".
70e anniversaire
"1956 – 2026 : 70e anniversaire du Mémorial du Martyr Juif Inconnu, devenu le Mémorial de la Shoah en 2005. Où en sommes-nous 70 ans après ?
Le 30 octobre 1956, le projet final d’Isaac Schneersohn, fondateur du Centre de Documentation Juive Contemporaine, voit le jour : l’inauguration d’un bâtiment en mémoire des victimes de la Shoah, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu.
"A l’occasion de ce 70e anniversaire, le Mémorial de la Shoah fait découvrir sur ces réseaux sociaux l’histoire de ce lieu, pensé dès lors comme un centre d’archives et un musée : quelles sont les personnalités qui ont soutenu le projet de Schneersohn et quels sont les difficultés rencontrées ? Qui sont les architectes et pourquoi avoir conçu le bâtiment sous cette forme ? Comment s’est déroulée l’inauguration du Mémorial le 30 octobre 1956 ? Qui sont les chercheurs venus se documenter au Mémorial ? 70 ans après, que devient l’institution ?
Son évolution témoigne aussi de la place désormais centrale de l’éducation dans cette mission : le Mémorial accueillait 38 000 élèves de tous niveaux en 2015, contre 185 000 en 2025."
"Ces 70 ans permettent ainsi de regarder à la fois l’histoire du Mémorial et les nouveaux défis auxquels il est confronté : comment préserver et transmettre une mémoire lorsque disparaissent progressivement ceux qui peuvent en témoigner directement ?"
"La commémoration du 30 octobre reviendra également sur l’histoire, parfois difficile, de la création du Mémorial et sur l’évolution de sa mission depuis 70 ans, tout en interrogeant son rôle dans la société française aujourd’hui."
Du 30 mars au 30 avril 2023
Au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
Au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
14, rue Hébert 38000 Grenoble France
Tél. : 04 76 42 38 53 Entrée libre de 10 h 00 à 18 h 00
Du 27 janvier au 6 février 2014
A l'Espace Hillel
113, boulevard Marius Vivier Merle. 63003 Lyon
Tél. : 04 37 43 15 15/04 37 57 05 70
Du lundi au jeudi de 9 h à 22 h. Le vendredi de 9 h à 14 h. le reste de la semaine en fonction des activités. Vernissage le lundi 27 janvier 2014 à 17 h. Accès Entrée libre
17, rue Geoffroy-l’Asnier. 75004 Paris
Tous les jours sauf le samedi, de 10 h à 18 h, et le jeudi jusqu’à 22 h
Tél. : 01 42 77 44 72
Visuel :
Le CDJC en 1953 à Paris, le service des archives.
© Daniel Franck
© Daniel Franck
A lire sur ce blog :
Les citations proviennent du communiqué de presse. La partie du Sara Halperyn a été publiée par Actualité juive hebdo.
Cet article a été publié le 15 novembre 2013, puis les 27 janvier 2014 et 27 avril 2023
Cet article a été publié le 15 novembre 2013, puis les 27 janvier 2014 et 27 avril 2023






























