Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

jeudi 27 août 2026

La country music

Entrainante ou mélancolique, la musique country mêle des musiques traditionnelles, associe des instruments divers et est née d'influences variées : celtique, gospel des noirs américains, européenne, polka, blues, etc. Célèbre chanteuse de country music, Dolly Parton s'est inspirée de la Bible hébraïque. Arte rediffusera le 27 août 2026 à 23 h 22 « Dolly Parton : l'Amérique réconciliée », documentaire de Nicolas Maupied.

Le siècle du jazz 
« La révolution du 78 tours » par Dagmar Brendecke 
Martial Solal, pîaniste de jazz 

Entrainante ou mélancolique, la musique country mêle des musiques traditionnelles, associe des instruments divers et est née d'influences variées : celtique, gospel des noirs américains, européenne, polka, blues, etc. Elle exprime la vie des gens modestes, leurs valeurs, leurs préoccupations quotidiennes. Elle a influé le rock and roll. A Nashville (Tennessee), se trouvent de prestigieux studios de musique country. 

Le judaïsme a influé sur la country music américaine.

Dans "The secret Jewish history of Dolly Parton. The singer and philanthropist boasts an impressive command of the Jewish Bible" (Forward, 19 janvier 2023), le journaliste Seth Rogovoy a souligné combien Dolly Parton, chanteuse célèbre de country music a été influencée par la Bible hébraïque, notamment dans certaines chansons, et le rôle majeur joué par Sandy Gallin, agent artistique juif américain, qui a propulsé sa carrière à un niveau inédit : 
"Dans une interview pour « By the Book », Dolly Parton a confié au New York Times qu'un exemplaire de la Bible se trouve toujours sur sa table de nuit, à côté d'un « livre de dévotion quotidienne ». Dans « Songteller », Parton explique : « Je ne suis pas très religieuse, mais je suis très, très spirituelle. J'ai grandi dans un environnement très religieux. J'ai grandi avec un enseignement biblique, et j'en suis heureuse. »
La connaissance de Parton de la Bible juive transparaît dans plusieurs de ses chansons préférées, notamment « Coat of Many Colors » et « The Master's Hand ». La chanson « Coat of Many Colors » s'inspire de l'enfance de Parton, passée dans une relative pauvreté, et s'inspire de l'histoire biblique de Joseph. Parton chante : « Alors qu'elle [sa mère] cousait, elle raconta une histoire biblique qu'elle avait lue / À propos d'un manteau multicolore que Joseph portait… »
Dans « Songteller », Parton raconte : « Ma mère m'a confectionné ce petit manteau. Pour que je sois fière de ce petit manteau, je le sais maintenant, elle m'a raconté l'histoire de Joseph dans la Bible et de son manteau multicolore. Alors je me suis dit : "Eh bien, si c'est tiré de la Bible et que Joseph était un personnage important, il doit être très spécial et important." Puis, quand je suis allée à l'école, les enfants ne l'ont pas vu. Ils se sont contentés de se moquer de mon petit manteau. J'avais vu bien plus dans ce manteau que ce que Maman avait cousu, des choses cousues dans mon corps, mon âme, tout en moi. Maman l'avait confectionné, raconté l'histoire et rendu tout cela si réel. C'était tellement bouleversant et déchirant pour moi qu'ils s'en moquaient. Dans mon esprit, je pensais que je ressemblais exactement à Joseph. Mais les enfants ne le voyaient pas, et ça m'a anéantie. »
Sa chanson « The Master's Hand », écrite en 1971, témoigne de la profonde immersion de Parton non seulement dans les cinq livres de Moïse, mais aussi dans les Écrits, et plus particulièrement dans le livre de Daniel. La chanson commence par le récit familier de Noé :
Dans les jours précédant le déluge
Le monde est devenu méchant et corrompu.
Mais Noé était un homme bon ,
Et le Seigneur vint à lui.
Et il dit à Noé : « Va, construis une arche. »
Noé l'a fait, et le ciel s'est assombri,
Et un grand déluge détruisit tout.
Sauf Noé et sa femme
Et leurs trois fils et leurs femmes
Et une paire de chaque espèce de créature
Marcher dans le pays.
Et le peuple se moquait.
Et ils se sont moqués.
Mais le vieux Noé a travaillé jusqu'à ce que ce soit terminé,
Parce qu'il tenait la main du Maître.
Après le refrain, la chanson continue avec l'histoire moins connue de Schadrac, Méschac et Abed-Nego, trois personnages du livre de Daniel. Tous trois sont jetés dans une « fournaise ardente » après avoir refusé de se prosterner devant une image de Nabuchodonosor II, roi de Babylone. Récompensés pour leur loyauté envers Dieu, ils survivent miraculeusement au feu. Ou, comme le dit Dolly Parton :
Trois enfants hébreux dans les temps anciens
Ont été conduits dans les charbons ardents,
Parce qu'ils ne renieraient pas le Seigneur,
N'obéirait pas aux ordres.
Et la fournaise rugit comme une puissante tempête,
Mais les enfants hébreux ne voyaient aucun mal.
La flamme fut étouffée par la main du Maître… .
Shadrach, Méshach et Abed-Nego
Je n’avais pas peur des charbons ardents,
Parce qu'ils tenaient la main du Maître.
« Je connais mes histoires bibliques, comme celles que je mentionne dans cette chanson », écrit Parton dans « Songteller ».
Bien que les racines musicales de Dolly Parton plongent dans la country et le gospel, au milieu des années 1970, alors que sa carrière était au point mort, elle était prête à toucher un public plus large. Deux juifs nés à Brooklyn ont joué un rôle essentiel dans l'ascension de Parton depuis Nashville vers la célébrité pop grand public. Parton attribue tout le mérite à Sandy Gallin, l'un des agents artistiques les plus prospères des années 1970 à 1990, qui l'a aidée à atteindre un succès musical « crossover » et à se lancer dans la télévision, le cinéma et même un parc d'attractions.
En 1977, Gallin convainquit Parton d'enregistrer une chanson intitulée « Here You Come Again », écrite par le duo juif Barry Mann et Cynthia Weil. Il fit appel à un autre natif de Brooklyn, Gary Klein, pour produire la chanson et l'album du même nom. Le single entra dans le Top 20 des albums pop et fut à l'origine de son premier succès pop au Top 10 ; l'album fut son premier à se vendre à des millions d'exemplaires. (D'ailleurs, son succès pop ne se fit pas au détriment de sa crédibilité country ; la chanson resta en tête du classement des singles country pendant cinq semaines.) La chanson valut également à Parton son tout premier Grammy Award, celui de la meilleure voix country féminine. Au cours des années suivantes, Klein produisit plusieurs autres tubes pour Parton.
Mais pour Gallin, les choses ne s'arrêtèrent pas là. Il convainquit Parton d'ouvrir le parc d'attractions « Dollywood » dans le Tennessee, et tous deux cofondèrent une société de production, Sandollar, dont les nombreux succès furent le film de Steve Martin « Le Père de la mariée » et la série télévisée à succès « Buffy contre les vampires ». Les producteurs remportèrent un Oscar en 1990 pour leur documentaire sur le sida, « Common Threads: Stories from the Quilt ». Gallin produisit également les films « Rhinestone » et « Straight Talk » avec Parton. Parton commémora son amitié et sa loyauté envers Gallin en écrivant « Sandy's Song », chantée sur l'air de « Greensleeves ».
Dans « Songteller », Dolly Parton écrit à propos de Gallin : « Nous étions si proches et notre relation était si tendre. Nous venions de deux mondes complètement différents, mais le courant est passé, d'une certaine manière. C'était un de ces amis que l'on trouve et dont on sait qu'ils resteront amis pour toujours. » Pendant un temps, ils ont même partagé un appartement dans l'Upper East Side de Manhattan. Après la mort de Gallin en 2017, Parton a confié à un journaliste : « Personne ne comprenait vraiment comment la chrétienne du Sud et le juif new-yorkais pouvaient avoir autant en commun. Mais c'était réel. »
"Né au Texas et élevé dans le Sud, Joe Buchanan fait de la musique country imprégnée de Torah. La musique de Joe met en valeur les valeurs, la Torah et l'histoire du peuple juif pour livrer des histoires imprégnées de la lutte et du triomphe de l'esprit humain, tout en louant D.ieu pour la bonté de la vie... Environ 13 ans après son mariage, Joe Buchanan a découvert que sa femme était juive. Grâce à cette découverte, leur famille a pris un chemin qui allait tout changer. Du premier cours et ses innombrables questions au mikvé et au-delà, le judaïsme a répondu à toutes les questions spirituelles" de l'artiste qui s'est converti au judaïsme. "Joe Buchanan a sorti son premier album, Unbroken, et en 2020 a sorti son deuxième album, Back From Babylon".

Arte propose « Country. This is America ! » Programmation spéciale country avec 2 documentaires inédits "Dolly Parton, l'Amérique réconciliée", "Rebel Country" et la série documentaire de Ken Burns "Country ».

La série documentaire « Country Music . Une histoire populaire des États-Unis » de Ken Burns « raconte la passionnante histoire des hommes et des femmes qui ont créé la Country Music, cette forme musicale si fortement ancrée dans la culture américaine. Regard chronologique sur l'évolution du genre, depuis ses débuts dans l’Amérique profonde des années 1930 jusqu’à la fin du 20ème siècle, où elle devient un véritable phénomène mondial. »

« Dolly Parton : l'Amérique réconciliée »
Arte rediffusera le 27 août 2026 à 23 h 22 « Dolly Parton : l'Amérique réconciliée », documentaire de Nicolas Maupied.

« Reine absolue de la country music, Dolly Parton parvient à rallier l’Amérique fracturée à sa choucroute peroxydée et à ses paradoxes assumés. Portrait d’une immense artiste et d’une icône à l’irrésistible espièglerie. » 

« Depuis près de soixante ans, elle enchante l’Amérique à coups de hits devenus planétaires, de "Jolene", reconverti brûlot indie rock par les White Stripes, à "I Will Always Love You", dont la reprise par Whitney Houston reste la chanson d’une artiste femme la plus vendue de tous les temps. »

« Choucroute peroxydée et combinaisons moulantes à paillettes, la reine absolue de la country a su en outre s’attirer tous les suffrages par ses aphorismes – les "dollismes" – et sa générosité de businesswoman philanthrope. »

« Immense auteure-compositrice-interprète autant que virtuose de l’autodérision – "Ça coûte cher d’avoir l’air bas de gamme !" –, Dolly Parton, née en 1946, grandit en Cendrillon dans un cabanon sans eau ni électricité des Appalaches auprès de onze frères et sœurs, avant d’emporter, à 17 ans, sa voix de soprano, sa guitare et son rêve de devenir star dans un car pour Nashville. »

« Sûre de son talent, celle qui d’emblée prévient "Just because I'm blonde, don't think I'm dumb" ("Juste parce que je suis blonde, ne crois pas que je suis idiote") s’émancipe vite de ses pygmalions pour écrire trois mille chansons et vendre cent millions de disques au cours d’une carrière hors norme. »

« Jouant de sa caricature, l’autoproclamée Backwoods Barbie ("Barbie de la cambrousse"), titre d’un album de 1967, s’honore de servir de modèle aux drag-queens : "Si j’avais été un garçon, j’en aurais été une, c’est sûr"… »

« Plus équitable qu’engagée, mais surtout courageuse et maligne, Dolly, qui a ouvert un parc d’attractions à son nom dans le Tennessee, sait faire entendre la voix de la tolérance. En plein mouvement Black Lives Matter, cette fille du Sud profond rappelle ainsi : "Il n’y a pas que nos petits culs de blancs qui comptent." Taylor Swift, qui se réclame de son héritage, raconte que, lors d’un concert, son aînée pré #MeToo aurait taclé un importun qui lui hurlait sa flamme d’un sobre : "Je t’avais dit de rester dans le camion."

« Retraçant la flamboyante carrière de cette légende vivante de la country – vénérée par Beyoncé qui, à son tour, a repris "Jolene" –, ce documentaire montre comment Dolly Parton, icône queer, a su conjuguer extrême artificialité et vraie profondeur. »

« Car derrière ses extravagants costumes et son maquillage outrancier, la "Mae West de Nashville", attachée à ses Appalaches natales, raconte dans ses textes son intimité et sait y insuffler la gravité d’enjeux de société. »

Elle aborde aussi dans ses chansons des faits de société : une adolescente enceinte attend en vain son compagnon, des enfants mettent le feu à la maison de correction où ils ont été maltraités, etc.

« Avec sa musique, un inébranlable optimisme qui voile sa mélancolie, et son espièglerie, "sainte Dolly" réussit à fédérer une Amérique fracturée, ralliant à sa bannière colorée Blancs et Noirs, progressistes et conservateurs. »

« Féministe par le parcours plus que par le discours, elle s’investit dans de justes causes, pourvoyant en bibliothèques les enfants privés de livres ou participant en 2020 au financement  de la recherche sur le vaccin contre le Covid-19. »

« Au fil de ses apparitions télévisées explosives et en chansons, le réjouissant portrait d’un phénomène attachant qui n'a jamais rendu de comptes qu’à Dieu. » 

Dolly Parton est décédée le 25 août 2026. Le Président conservateur Donald Trump a ordonné la mise en berne des drapeaux américains sur le territoire des États-Unis durant une semaine.


« Reine absolue de la country, autrice-compositrice de trois mille chansons, lady Parton a mêlé mélos et mélodies, refrains et odes pré #MeToo. Portrait en cinq titres entrés au panthéon du genre. Par Sylvie Dauvillier.

1970 – "Down from Dover"
"Mon corps se tord, c’est le moment"… D’une déchirante pudeur, "Down from Dover" conte la tragédie d’une adolescente abandonnée par son amant dont elle espère le retour. Rejetée par tous, elle met seule au monde une enfant mort-née. Reprise par Nancy Sinatra et Marianne Faithfull, la chanson dénonce, en 1970, le sort réservé aux filles-mères et l’hypocrisie de la société. Dolly Parton la considère comme l’une de ses plus belles.

1971 – "Coat of Many Colors"
"Même si nous étions pauvres, j'étais riche…" Avant de caracoler en tête des hits et d’arborer faux cils et vestiaire kitsch, cette fille des Appalaches a grandi dans la misère, mais aussi dans l’amour. Un jour, elle subit les sarcasmes de ses camarades à cause d’un manteau de chiffons cousu par sa mère. Plébiscité par l'Amérique chrétienne pour sa référence biblique à la tunique multicolore de Joseph, ce titre autobiographique devient, dans les années 1980, un hymne de la communauté gay, qui se reconnaît dans cette ode à la différence qui transforme la honte en fierté.

1973 – "Jolene"
"Jolene. Jolene. Jolene. Joleeeene, je t’en supplie, ne prends pas mon homme…" Hymne viral plus de trente ans après sa sortie avec les reprises des White Stripes, de Taylor Swift ou de Beyoncé, "Jolene" ‒ le prénom d’une fan en mal d’autographe ‒, met en scène une blonde priant sa rivale rousse de renoncer à son offensive de séduction. Refrain entêtant et déluge émotionnel, la ballade détruit le cliché machiste de la jalousie hystérique entre femmes pour plaider la compassion.

1974 – "I Will Always Love You"
"Si je devais rester, je ne ferais que t’encombrer…" En la reprenant pour la B.O. de Bodyguard, Whitney Houston a offert à cette poignante chanson d’adieu un tour du monde phénoménal ‒ le single le plus vendu de l’histoire par une artiste féminine ! ‒ et à Dolly Parton quelques millions de dollars en plus. À l’origine, la reine de la country y annonçait sa rupture à Porter Wagoner, pygmalion qui l’avait lancée avant d’être dépassé par son succès.

1980 – "9 to 5"
"Travailler de neuf à cinq, quelle façon de gagner sa vie !" Quand Dolly, boostée par Hollywood et la comédie culte 9 to 5 – Comment se débarrasser de son patron, avec Jane Fonda et Lily Tomlin, devient pop star… Sur un rythme disco qui, quarante ans avant #MeToo, dénonce les cadences infernales de secrétaires harcelées, l’icône country devient celle des travailleurs opprimés pour se hisser au sommet de la culture populaire américaine. »


France, 2024, 53 min
Coproduction : ARTE France, O2B Films 
Auteurs : Stéphane Davet et Nicolas Maupied 
Sur Arte les 10 août 2025 à 22 h 40, 27 août 2026 à 23 h 22
Sur arte.tv du 02/05/2025 au 06/08/2025
Sur arte.tv du 25/08/2026 au 24/02/2027
Visuels : © O2B FILMS


Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 1er août 2025.

mercredi 26 août 2026

« Une voix venue du désert : le Grand Rouleau d’Isaïe »

Le Musée d’Israël à Jérusalem (Israël) propose l’exposition « A Voice from the Desert: The Great Isaiah Scroll » (« Une voix venue du désert : le Grand Rouleau d’Isaïe »). « À l’occasion du 60e anniversaire du Musée d’Israël, à Jérusalem, le Grand Rouleau d’Isaïe, un des manuscrits trouvés près de la mer Morte, est exposé dans son intégralité – une occasion unique de découvrir le manuscrit biblique le plus complet jamais découvert. » Isaïe est le premier des grands prophètes dans les Nevi'im (« Prophètes »). Livre du Tanakh ou Bible hébraïque, le Livre d'Isaïe ou Livre d'Ésaïe évoque l'histoire du peuple Juif, sa déportation à Babylone, puis son retour en Eretz Israël et la reconstruction du Temple de Jérusalem sur l'ordre du roi achéménide Cyrus II. Le christianisme y perçoit l'annonce du Messie.

Les chrétiens en "Palestine"
« Gaza, la vie » par Garry Keane 

Depuis décembre 2025, le Musée d’Israël, à Jérusalem, célèbre le 60e anniversaire de son ouverture.

« Fait extrêmement rare, il présente l’intégralité du « Grand Rouleau d’Isaïe », le manuscrit biblique le plus complet parmi les manuscrits de la mer Morte. Pour bon nombre des dizaines de milliers de visiteurs attendus qui viendront admirer ce rouleau, ce sera peut-être la seule occasion de le voir de toute leur vie. »

« La découverte des manuscrits de la mer Morte, les plus anciens manuscrits de la Bible hébraïque encore existants, marque un tournant dans l’étude de l’histoire du peuple juif dans l’Antiquité ; jamais auparavant un trésor littéraire et historique d’une telle ampleur n’avait été mis au jour. Ces découvertes remarquables mettent en lumière une période fondatrice de l’histoire humaine qui enrichit considérablement notre connaissance de la société juive en Terre d’Israël durant les périodes hellénistique et romaine, ainsi que des origines du judaïsme rabbinique et du christianisme primitif. Elles sont donc devenues un incontournable de l’itinéraire de tout visiteur de l’État d’Israël. »

« Les manuscrits de la mer Morte ont été découverts entre 1947 et 1956 dans onze grottes situées près de Khirbet Qumran, sur la rive nord-ouest de la mer Morte. Vieux d’environ 2 000 ans, ils datent du IIe siècle avant l’ère commune au Ier siècle de notre ère. Le plus remarquable de ces manuscrits est sans aucun doute le Grand Rouleau d’Isaïe. Avec ses 7,17 mètres, le Grand Rouleau d’Isaïe est le plus long et le mieux conservé de tous les rouleaux bibliques. Ses 54 colonnes contiennent l’intégralité des 66 chapitres de la version hébraïque du Livre d’Isaïe. Datant d'environ 125 avant J.-C., il est également l'un des plus anciens des manuscrits de la mer Morte, antérieur d'environ mille ans aux plus anciens manuscrits de la Bible hébraïque que l'on connaissait avant la découverte des manuscrits de la mer Morte. » « Il se compose de 17 feuilles cousues ensemble, mais devait sans doute, à l’origine, se présenter en deux parties. »

Découvert par « des bergers bédouins dans une grotte, non loin de l’ancienne Qumran, en 1947, avec les manuscrits de la mer Morte, ce Grand Rouleau d'Isaïe a été vendu à un antiquaire, puis à l’archevêque syrien de l’Église syriaque orthodoxe de Jérusalem, Athanase Yeshue Samuel, le manuscrit fut racheté anonymement par Israël, en 1954, lorsque l’archevêque le rapporta à New York dans l’espoir de lui trouver un nouvel acquéreur. »

« Le Grand Rouleau d’Isaïe est conservé au Sanctuaire du Livre du Musée d’Israël, construit spécialement pour abriter les sept premiers manuscrits de la mer Morte. Conçu par les architectes américains Armand P. Bartos et Frederic J. Kiesler, il a été inauguré lors d’une cérémonie grandiose le 20 avril 1965, un mois avant le reste du musée. L’année 2025 marqua donc le 60e anniversaire du Sanctuaire du Livre ainsi que celui de l’ouverture du Musée d’Israël – une occasion idéale pour exposer le Grand Rouleau d’Isaïe et le faire découvrir à nos publics variés, de tous âges, de toutes religions et de tous horizons, tant locaux qu’internationaux. »

« Bien que le Grand Rouleau d’Isaïe soit considéré comme le joyau du Sanctuaire du Livre, seule une petite partie du rouleau original est généralement exposée. Cela s’explique par des contraintes de conservation qui n’existaient pas lors de la conception du Sanctuaire dans les années 1960. Le Rouleau a été retiré pour être entreposé en 1968 ; depuis lors, les visiteurs ne peuvent voir qu’un fac-similé du rouleau complet au centre du Sanctuaire, ainsi qu’une petite partie du rouleau original dans une vitrine latérale. Cette exposition constitue donc une occasion unique de voir le Rouleau dans son intégralité. À cette occasion historique, le Grand Rouleau d’Isaïe est exposé en place d’honneur dans la galerie Bella et Harry Wexner, située au cœur du musée, un espace d’exposition devant lequel passent pratiquement tous les visiteurs du musée. »

Lors de l'inauguration de l'exposition, le Président Isaac Herzog a déclaré : « Devant de tels fragments de parchemin, petits ou grands, revêtus d’une écriture ancienne, on prend conscience que tout ne commence pas avec nous... Il y a une continuité, une tradition, des racines ; une longue chaîne de générations, une histoire écrite et transmise, génération après génération, au fil de l’histoire de notre peuple. »

Hagit Maoz, conservatrice des Manuscrits de la mer Morte et commissaire de l'exposition, et Isaac Herzog « ont rappelé qu’un grand nombre de versets d’Isaïe faisaient partie intégrante de l’éthique moderne juive et israélienne, que ce soit « La nation ne lèvera pas l’épée contre la nation », gravée dans le bureau d’Herzog, à « Réconforte, ô réconforte mon peuple. »

« Isaïe est cité 66 fois dans le Nouveau Testament, et il est considéré comme l’un de ceux qui annoncent vraiment la venue du Messie », a précisé Hagit Maoz. 

Parcours de l’exposition
« L'exposition propose une nouvelle approche du Rouleau, en l'examinant à la fois comme un objet archéologique et comme une création historique unique. La visite permet de découvrir les matériaux qui composent le Rouleau ainsi que les traces de son utilisation dans l'Antiquité, avant son dépôt dans la grotte. Cette analyse approfondie offre aux visiteurs un aperçu de la fabrication du Rouleau et de son essence même : le contenu intemporel et profond qu'il renferme. Conçue de manière à mettre en lumière le Rouleau pour les chercheurs, les profanes et les visiteurs de tous âges, de tous horizons et de toutes confessions, l’exposition a pour objectif principal de toucher le plus grand nombre possible de personnes à travers le monde, tant en présentiel qu’en ligne, en encourageant une interaction personnelle avec le Rouleau. »

L'exposition « emmène les visiteurs dans un voyage personnel unique, qui débutera dans le désert de Judée, sous un soleil éblouissant, face aux falaises abruptes de la grotte n° 1, située sur la rive nord-ouest de la mer Morte, où les sept premiers rouleaux ont été découverts. En pénétrant dans l'obscurité de la grotte, les visiteurs vivent par eux-mêmes l'incroyable histoire de la découverte des sept premiers rouleaux, parmi lesquels figure le Grand Rouleau d'Isaïe.

Le parcours se poursuit en retraçant le chemin emprunté par le rouleau et en retraçant les mains par lesquelles il est passé, jusqu’à son arrivée, en 1965, au Sanctuaire du Livre du Musée d’Israël. »

Ce « parcours personnel proposé aux visiteurs culmine avec la possibilité de découvrir l’intégralité du Grand Rouleau d’Isaïe, long de plus de sept mètres, dans toute sa splendeur – offrant ainsi à beaucoup la chance de découvrir pour la toute première fois ce manuscrit monumental ».

« Dans la section suivante de l'exposition, l'accent est mis sur les résultats de nouvelles recherches qui ont permis de mieux comprendre l'utilisation du rouleau dans l'Antiquité. Les recherches novatrices qui ont conduit à cette exposition dévoileront au public des secrets concernant la création du rouleau, ses matériaux et sa fonction. Ces découvertes offrent un aperçu sans précédent de la manière dont le rouleau était utilisé et conservé par la communauté antique. Outre l’exploration des aspects physiques et historiques du rouleau, l’exposition met également en avant la valeur et la signification considérables de son contenu écrit. Les visiteurs ont l’occasion d’approfondir leur compréhension de l’identité du scribe et de la nature du texte lui-même, en soulignant son importance et son impact. L’exposition aborde et souligne l’importance du rouleau tant pour le judaïsme que pour le christianisme, tout en présentant des citations et des prophéties bien connues tirées du Livre d’Isaïe, dont beaucoup sont devenues des pierres angulaires de la civilisation judéo-chrétienne et font désormais partie du langage courant. »

« La plus célèbre d'entre elles est sans doute la vision d'Isaïe d'une paix universelle à la fin des temps : « Ils forgeront leurs épées en socs et leurs lances en serpes ; une nation ne lèvera plus l'épée contre une autre, et l'on ne connaîtra plus la guerre. » (2, 4). »

La commissaire de l’exposition est Hagit Maoz, conservatrice des Manuscrits de la mer Morte et directrice du Sanctuaire du Livre, et les conseillers scientifiques sont le Prof. Marcello Fidanzio, le Prof. Noam Mizrahi et la Dr Charlotte Obeid.

La Bible hébraïque

Le Tanakh est la Bible hébraïque. C'est l'acronyme de l’hébreu « תּוֹרָה - נביאים - כתובים », en français : « Torah (la Loi ou Pentateuque) - Nevi'im (les Prophètes) - Ketouvim » (les Écrits saints ou Hagiographes), formé par l'initiale du titre de ces trois parties constituant la Bible hébraïque. 

Il contient vingt-quatre livres, dont les cinq livres de la Torah.
La Torah comprend :
1. Bereshit (בראשית, « Au commencement » / Genèse) ;
2. Shemot (שמות, « Noms » / Exode) ;
3. Vayiqra (ויקרא, « Et Il appela » / Lévitique) ;
4. Bamidbar (במדבר, « Dans le désert » / Nombres) ;
5. Devarim (דברים, « Paroles » / Deutéronome).

Les Nevi'im (נביאים, « Prophètes ») sont :
Neviim rishonim (נביאים ראשונים, « Premiers prophètes ») :
6. Yehoshoua (יהושע, Josué) ,
7. Shoftim (שופטים, Juges) ,
8. Shemouel (שמואל, Livres de Samuel – I et II) ,
9. Melakhim (מלכים, Livres des Rois - I et II) ;
Neviim aharonim (נביאים אחרונים, « Derniers prophètes ») :
10. Yeshayahou (ישעיהו, Isaïe) ,
11. Yrmeyahou (ירמיהו, Jérémie) ,
12. Yehezqel (יחזקאל, Ézéchiel) ,
13. Trei Assar (תרי עשר) :
I. Hoshéa (הושע, Osée) ,
II. Yoël (יואל, Joël) ,
III. Amos (עמוס, Amos) ,
IV. Ovadia (עובדיה, Abdias) ,
V. Yona (יונה, Jonas) ,
VI. Mikha (מיכה, Michée) ,
VII. Nahoum (נחום, Nahum) ,
VIII. 'Havaqouq (חבקוק, Habacuc) ,
IX. Tsephania (צפניה, Sophonie) ,
X. Haggaï (חגי, Aggée) ,
XI. Zekharia (זכריה, Zacharie) ,
XII. Malakhi (מלאכי, Malachie).

Les Ketouvim (כתובים, « Écrits ») consistent en :
14. Tehilim (תהילים, « Louanges » / Psaumes) ;
15. Mishlei (משלי, « Paraboles » / Proverbes) ;
16. Iyov (איוב, Job) ;
17. Shir Hashirim (שיר השירים, Cantique des cantiques) ;
18. Routh (רות, Ruth) ;
19. Eikha (איכה, « Où » / Lamentations) ;
20. Qohelet (קהלת, « Prédicateur » / Ecclésiaste) ;
21. Esther ((אסתר ;
22. Daniel (דניאל) ;
23. Ezra-Nehemia (עזרא ונחמיה, Ezra wuNekhem'ya, Esdras et Néhémie) ;
24. Divrei Hayamim (דברי הימים, Chroniques - I et II).

Par le Pasteur Gérald Fruhinsholz

« Le manuscrit d’Ésaïe a réduit au silence les sceptiques.
Des critiques prétendaient que la Bible avait été modifiée au fil des siècles. La découverte de Qumrân a bouleversé ces affirmations. Le rouleau d’Ésaïe est daté d’environ 150 ans avant l’ère commune.
Or, lorsqu’on le compare au texte hébreu (massorétique) transmis jusqu’à nos Bibles modernes, la fidélité est tout simplement remarquable.
Il existe quelques variantes d’orthographe, quelques différences de copie, comme dans tout manuscrit ancien.
Mais le message, les prophéties, les promesses, tout demeure.
Quel autre livre ancien peut revendiquer la remarquable fidélité de transmission des Écritures sur plus de deux millénaires ?
Le prophète Ésaïe a écrit :
« L’herbe sèche, la fleur tombe, mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement » (Ésaïe 40 :8).
Pendant 2 000 ans, ce rouleau est resté caché dans une jarre, au cœur du désert de Judée.
Les empires se sont succédé, Rome a disparu, les royaumes sont tombés.
Mais la Parole de Dieu attendait son heure car Dieu veille sur Sa Parole. Au moment choisi, elle est ressortie intacte.
Un signe pour notre génération
En contemplant ce parchemin de plus de 7 mètres, nous voyons le témoignage de Celui qui tient Ses promesses et conduit l’Histoire.
La découverte du rouleau d’Ésaïe à la veille de la renaissance d’Israël offre au croyant une image saisissante.
Tandis qu’Israël retrouvait sa place parmi les nations, le monde retrouvait aussi l’un des plus anciens témoins de la véracité des Écritures.
Pour nous qui avons eu le privilège de voir de nos yeux ce manuscrit exceptionnel, nous croyons que si Dieu a préservé Sa Parole durant 20 siècles, Il accomplira également tout ce qu’Il a promis. Et le rouleau d’Ésaïe, silencieux depuis plus de 2 000 ans, continuera encore de proclamer cette vérité.
« Je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre, Je suis Dieu, et nul n’est semblable à moi. J’annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli » –Ésaïe 46:9 GF♦  »


Du 24 février au 3 octobre 2026
A la Bella and Harry Wexner Gallery
POB 39281
Jerusalem, 9139102
Israel
Tel: 972-2-670-8811
Fermé le dimanche
Lundi, mercredi de 10 h à 16 h
Mardi de 16 h à 20 h
Jeudi et samedi de 10 h à 18 h
Vendredi de 10 h à 14 h
Visuels :
Installation views
© The Israel Museum, Jerusalem, by Elie Posner
Images of the Great Isaiah Scroll
The Great Isaiah Scroll (detail). Photo © Giorgio Skory, The Israel Museum, Jerusalem


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