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jeudi 9 juillet 2026

« Les coulisses du pouvoir » de Dror Moreh

Arte diffusera le 21 juillet 2026 à 23 h 25 « Les coulisses du pouvoir », documentaire partial de Dror Moreh. « Pourquoi, malgré le "Plus jamais ça" promis au lendemain de la Shoah, les massacres et les génocides se sont-ils succédé depuis la fin de l'URSS ? Pour tenter de comprendre, Dror Moreh ("The Gatekeepers") confronte d'ex-secrétaires d'État américains (James Baker, Colin Powell, Madeleine Albright et Hillary Clinton) à leurs décisions passées. » 

Les chrétiens en "Palestine"
« Gaza, la vie » par Garry Keane 

« Au lendemain de la Shoah, les Nations unies s'étaient engagées à ne plus jamais laisser perpétrer ni génocide ni crimes contre l'humanité, notions juridiques reconnues pour la première fois lors du procès de Nuremberg. »

« Or, dans l'après-guerre froide, les crimes de masse se sont multipliés sous l'œil des caméras, des massacres de la population musulmane durant la guerre de Bosnie (1992-1995) au génocide des Tutsi rwandais de 1994, de la désintégration de l'Irak après l'invasion américaine de 2003 aux guerres civiles libyenne (2014-2020) et syrienne (2011-2024). » Une juxtaposition de faits : quel rapport entre le génocide des Tutsis au Rwanda et le djihad de l'Etat islamique en Syrie ?

« Pourquoi la superpuissance américaine, gendarme autoproclamé du monde après la chute de l'URSS, n'a-t-elle pas su prévenir ou interrompre ces massacres dont elle n'ignorait rien ? » Le nouvel ordre mondial né de la Charte des Nations unies n'impose pas aux Etats-Unis de s'affranchir du droit international et de devenir le gendarme du monde. Et ce d'autant que les Etats-Unis sont critiqués, qu'ils interviennent contre la République iranienne ou signent un cessez-le-feu avec le régime des mollahs iraniens. Quid des forces des Nations unies dans le monde ? Quid de la FINUL critiquée pour avoir laissé le mouvement islamiste Hezbollah avoir créé une infrastructure terroriste au sud-Liban ? 

« Cherchant à comprendre son inaction au regard des millions de vies humaines sacrifiées, Dror Moreh interroge les plus hauts responsables de la politique extérieure américaine sous les administrations Bush senior, Bush junior, Clinton, puis Obama : entre autres les ex-secrétaires d'État James Baker (1989-1992), Colin Powell (2001-2005), Madeleine Albright (1997-2001) et Hillary Clinton (2009-2013), ainsi que leurs conseillers, mais aussi Samantha Power, journaliste devenue ambassadrice auprès de l'ONU, puis, de 2021 à 2025, administratrice de l'USAid, l'agence américaine pour le développement. » Des démocrates...

« Par le biais des archives et du montage parallèle, le réalisateur confronte leurs doutes, leurs justifications et leurs remords à la réalité des guerres contemporaines dont les civils sont les premières cibles. »

« Au travers des choix militaires et politiques qui ont façonné notre présent, un face à face avec le pouvoir, la décision et la responsabilité, que le réalisateur des Gatekeepers a tourné sur sept années. »

« Alors que l'Ukraine subit depuis plus de quatre ans une invasion russe d'une violence terrifiante, alors que la guerre d'anéantissement menée par Israël contre les populations civiles à Gaza se poursuit, qu'une nouvelle guerre à l'initiative de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou, lequel s'affranchit de toute considération du droit international, embrase encore plus le Moyen-Orient, que l'USAid a été pratiquement démantelée et que le droit du plus fort cherche partout à s'imposer, on ne peut plus tout à fait regarder ce documentaire comme lors de sa sortie en salle en 2024 ». 

La guerre en Ukraine n'a pas commencé en 2022, mais en 2014. Le protocole de Minsk, ou Minsk I est un accord signé le 5 septembre 2014 à Minsk (Biélorussie), accord de cessez-le-feu en Ukraine orientale. En février 2015, les accords de Minsk II le remplacent en conférant à la France et à l'Allemagne le soin de veiller à son respect. Ainsi que l'a avoué François Hollande, alors Président socialiste français, la France et l'Allemagne ont gagné du temps pour permettre à l'Ukraine de mieux affronter militairement la Russie qui a vu les Etats-Unis ne pas respecter son engagement en intégrant dans l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) des pays limitrophes de la Russie. Celle-ci ne pouvait pas demeurer indifférente à la guerre menée par l'Ukraine au régime corrompu, au Président Vladimir Zélensky sans mandat, contre sa minorité russophone. 

Le samedi 7 octobre 2023 au matin, lors de Sim’ha Torah (Souccot), environ 6 000 Gazaouis lourdement armés - 3 800 terroristes islamistes, notamment du Hamas, et 2 200 civils -, ont envahi, le sud de l’Etat d’Israël pour commettre le djihad en criant « Allah Akbar ». Nul ne qualifie pertinemment d’agression djihadiste les actes - invasion, viols, 1200 assassinats, razzias, rapts… - commis par 6 000 Gazaouis : civils, dont des employés de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East), et membres d'au moins cinq mouvements islamistes : Hamas - dont la Nukhba, unité militaire d'élite -, Djihad islamique, Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) et Brigades des martyrs d'Al Aqsa liées au Fatah. 

Depuis, Israël mène une guerre existentielle Swords of Iron (Epées de fer) contre l'Iran et ses proxys : le Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, les factions islamistes en Judée et en Samarie... L'armée israélienne vise exclusivement les djihadistes, prévient les civils par tracts, appels téléphoniques, créations de corridors humanitaires, etc. Bien que les djihadistes utilisent les civils comme boucliers humains - armes et munitions stockées dans des maisons, tirs de roquettes à partir d'hôpitaux, etc. -, le rapport entre terroristes tués et civils victimes collatérales dans la bande de Gaza est le plus faible au monde (1/1,5). Chaque victime civile innocente est à déplorer. Et l'armée israélienne se conduit d'une manière éthique, encadrée par des juristes.

Quant à l'US Aid (Agence américaine pour le développement international), elle contrôlait 50 milliards de dollars par an, dont une partie importante finançait comme l'AFD françaises des actions absurdes : "par exemple, 2 millions de dollars pour des opérations de changement de sexe au Guatemala, 20 millions pour Sesame Street en Irak, 8 millions pour former des journalistes sri-lankais à éviter le langage binaire des genres, 1,5 million pour la défense des droits des personnes transgenres en Jamaïque, 1,5 million pour les médias cubains, 3,9 millions pour les causes transgenres en Macédoine, 1 million « pour aider les personnes handicapées du Tadjikistan à devenir des leaders climatiques ». Mais le pire, ce sont les révélations selon lesquelles l'USAID a dépensé de l'argent pour faire tomber des populistes dans le monde entier – Bolsonaro au Brésil, Le Pen en France – et a versé 20 millions de dollars pour obtenir des informations compromettantes sur Rudy Giuliani susceptibles de servir à destituer Donald Trump. Des sommes colossales ont été dépensées pour financer la « vérification des faits » – et nous savons ce que cela signifie. Un demi-milliard de dollars a été versé au réseau Internews, qui a « formé » des milliers de journalistes à travers le monde et encouragé la censure sur les réseaux sociaux. « La quasi-totalité des médias traditionnels – dans le monde entier – a été financée par le gouvernement américain par le biais de l'USAID », a tweeté Ron Paul. Le plus incroyable, c'est que l'USAID a bel et bien envoyé de l'argent à des groupes et des États terroristes, comme l'a révélé Daniel Greenfield : par exemple, 2,3 milliards de dollars à la Somalie ces deux dernières années, 2,1 milliards à Gaza et en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023, 3,7 milliards aux talibans depuis leur prise de pouvoir en Afghanistan et 1,1 milliard au Liban, contrôlé par le Hezbollah. Même des projets qui semblent relever des compétences de l'USAID se révèlent avoir été menés avec une incompétence notoire : des envois de matériel médical jamais arrivés à destination, une centrale électrique jamais achevée. On découvre que l'USAID était un instrument de la CIA et d'autres services de renseignement, menant pour leur compte des activités secrètes sans aucun lien avec l'aide étrangère. Sans parler des fraudes pures et simples, des pots-de-vin, de la corruption, des escroqueries : toutes sortes de chiffres et de noms circulent – ​​Bill Kristol, les Clinton (inévitablement) – même si la vérité et les chiffres exacts restent à établir. Et ce qui est encore plus sidérant que l'ampleur de ces dépenses, c'est l'ampleur des réactions hypocrites et moralisatrices de nombre de ceux qui y ont participé, l'ont dissimulée et/ou en ont profité – ou qui, tout simplement, partagent l'idéologie des radicaux d'extrême gauche de l'USAID et savaient pertinemment qu'il s'agissait d'une opération malhonnête. Au lieu de se cacher honteusement, ces individus ont redoublé d'efforts dans leur malhonnêteté et se sont mis à indigner de façon outrancière... La BBC a eu l'honnêteté d'admettre que sa propre organisation caritative, BBC Media Action, avait reçu 3,23 millions de dollars de l'USAID en 2024 – sans toutefois expliquer pourquoi l'USAID distribuerait une telle somme d'argent du contribuable américain à la BBC, qui tire déjà suffisamment de revenus du vol des citoyens britanniques" (Defending USAID de Bruce Bawer, FrontPage Magazine, 12 février 2025). 

Allouant des salaires mirobolants à des dirigeants, "l'USAID a bel et bien dilapidé l'argent des contribuables. De même, le magazine Time a dressé une longue liste de programmes de l'USAID, pour la plupart aux allures louables, dont l'efficacité reste à prouver, mais, là encore, n'a pas cherché à justifier les dépenses absurdes mises au jour par Musk..." 

"Et Samantha Power, la directrice de l'USAID fidèle alliée d'Obama, a proclamé que les merveilleuses personnes qui travaillent à l'USAID ne choisissent pas d'y travailler « pour l'argent » mais parce qu'elles « veulent changer le monde » – oui, en poursuivant leurs propres objectifs avec des milliards de dollars provenant de l'argent des autres, sans aucune transparence, sans aucun contrôle et sans le moindre souci des souhaits ou du bien-être des contribuables américains. Power a pris la parole pour défendre « les personnes vulnérables du monde entier ». Qu'en est-il des personnes vulnérables aux États-Unis ? Pourquoi l'USAID n'a-t-elle pas aidé les habitants de Maui, de Pacific Palisades ou de l'ouest de la Caroline du Nord ? Bien sûr, nous savons pourquoi : parce que pour un progressiste illuminé, dépenser 1,5 million de dollars pour promouvoir la diversité, l'équité et l'inclusion en Serbie ou 2 millions de dollars pour soutenir « l'activisme LGBT » au Guatemala est bien plus excitant que de loger et nourrir les Américains sans abri suite à un incendie ou une inondation."

« Les contempteurs de la raison d'État (dont Samantha Power, qui fustige "l'anesthésie émotionnelle générée par la bureaucratie") pourront y voir un riche nuancier des diverses couleurs de la langue de bois, dans lequel les droits humains ne comptent pas, ou si peu. »

« Mais s'il pointe avec une terrible efficacité les limites, voire les mensonges de la diplomatie, Dror Moreh interroge surtout la nature de l'aveuglement et de l'indifférence, bien au-delà des positions de ces hauts responsables et de leur personne. Il rend ainsi hommage à toutes les victimes abandonnées à leur sort et rappelle combien la démocratie et la paix sont fragiles. » 

 

« Les coulisses du pouvoir » de Dror Moreh
France, Israël, 2022, 2 h 09
Coproduction : ARTE France Cinéma, Dror Moreh Productions, Les Films du Poisson, Katuh Studio, SWR, BR/ARTE, The Post Republic
Sur Arte le 21 juillet 2026 à 23 h 25 
Sur arte.tv du 21/07/2026 au 27/07/2026
Visuels : © Les Films du Poisson


jeudi 2 juillet 2026

Le sauvetage par Israël des otages à Entebbe

Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, sur l’aéroport d’Entebbe (Ouganda), a lieu le sauvetage extraordinaire par Tsahal (Israel Defense Forces, IDF) de la centaine d’otages, essentiellement juifs et israéliens, détenus par des terroristes allemands et palestiniens ayant détourné, le 27 juin 1976, un avion d’Air France. En juin 2026, lors du 50e anniversaire de l'opération à Entebbe, des documents secrets israéliens inédits sur l'opération militaire à Entebbe ont été rendus publics. Ils ont révélé le processus politique ayant mené à la décision israélienne d'entreprendre, sans aide extérieure, une opération de sauvetage à des milliers de kilomètres de ses frontières. Réalisé par Boaz Dvir, le documentaire « To Kill A Nazi » (Tuer un nazi) évoque le parcours de Michel Cojot, un passager français qui a communiqué à Israël des informations précieuses.
« Une jeunesse allemande » par Jean-Gabriel Périot 
« Extrémisme de gauche - Entre protestation et terreur » par Rainer Fromm


Dans le cadre de Metropolis, Arte diffusa sur son site Internet un reportage sur "Otages à Entebbe", de José Padilha avec Rosamund Pike, Daniel Brühl, Ben Schnetzer. "Le film de José Padilha revient sur le détournement d’un avion d’Air France par des terroristes allemands et palestiniens en 1976 : les pirates de l’air avaient gardé en otage les passagers israéliens et libéré les non-juifs, un "tri" qui avait profondément choqué l’opinion publique". Ce sont les Palestiniens qui ordonnent de séparer les passagers otages selon qu'ils étaient Israéliens/Juifs ou non.

La chaîne publique franco-allemande Arte a diffusé à une seule reprise, le documentaire allemand Les otages d’Entebbe, le combat d’Israël contre le terrorisme (Von Auschwitz nach Entebbe, Israels Kampf gegen den Terrorde Thomas Ammann (2009). Un film clair et intéressant sur ce "raid de l'impossible".

Grâce à des archives souvent inédites et des interviews de personnes impliquées – politiciens (Shimon Peres), anciens militaires (Ehud Barak), otages, anciens terroristes allemands, diplomates -, ce documentaire de Thomas Amman rappelle le contexte de ce détournement d’avion.

Opération Thunderbolt
Enlèvements d’hommes d’affaires (Hans Martin Schleier) ou de politiciens, meurtres, prises d’otages… C’est par ces actes terroristes que des mouvements d’extrême-gauche allemands et italiens se rendent célèbrent dans les années 1970.

Aden (Yémen) est alors le « fief de l’Internationale terroriste, le centre de formation du combat armé ».


Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) y « organise des camps d’entrainement pour terroristes venus d’Allemagne, d’Italie, du Japon ou de l’Amérique latine. Pour mener à bien ses opérations, le médecin » Wadi Haddad (Abu Ani), chef du « bras armé du FPLP. Ce « fils de réfugiés palestiniens, est spécialisé dans les détournements d’avions ». Il « recrute volontiers des mercenaires allemands issus des Cellules révolutionnaires ou de la Fraction Armée Rouge » (FAR).

« Les gens des CR sont devenus de plus en plus dépendants des Palestiniens. Pour finir, ils ont été sous leur coupe. Ce qui convenait à Abu Ani, car cela lui a permis de les manœuvrer un peu comme des pions », analyse Peter-Jürgen Boock, ancien membre des FAR.


« Il y a eu de violentes discussions parce que l’aile droite du Fatah regroupait des gens qui considéraient que le fascisme n’était pas allé assez loin, que cela leur aurait évité ce problème », se souvient Peter-Jürgen Boock, ancien membre de la FAR. Et Hans-Joaquim Klein, ancien membre des CR, de renchérir : « Il existe un antisémitisme dont on peut suivre le fil à travers toute l’histoire des Cellules révolutionnaires ».

Les « racines de cet antisémitisme remontent à la première moitié du XXe siècle. Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem et principal chef religieux musulman de la région, attise la haine contre les juifs et leur déclare la guerre ».

Hadj Amin al-Husseini (1895-1974) « est responsable de la mort de milliers d’entre eux. A l’époque, il bénéficie du soutien d’Hitler et du chef SS Heinrich Himmler ».

« Le mufti s’est allié avec les nazis et il était vraiment à l’époque le leader des Palestiniens. Je ne dis pas que tous les Palestiniens l’ont suivi… Mais c’était le principal chef palestinien », précise Avi Primor.

Al-Husseini deviendra « le père spirituel de Yasser Arafat, leader de l’OLP. De plus, il est parent avec Ali Hassan Salameh, instigateur de l’attentat de Munich » en 1972.

« On vivait dans une atmosphère d’attentats terroristes. Il y avait eu l’attaque contre les sportifs israéliens aux Jeux olympiques [de Munich]… Cela faisait partie de notre quotidien. Les Palestiniens cherchaient à faire régner la terreur dans le monde. Et pour cela, ils s’étaient alliés avec les terroristes du monde entier », constate Avi Primor, ancien diplomate israélien en poste en France qui décrit l’opposition d’une majorité d’Israéliens à l’établissement en 1965 des relations diplomatiques entre Israël et la République fédérale d’Allemagne (RFA). Avi Primor insiste sur le changement de l’image d’Israël après la guerre des Six-Jours (1967) : « C’est l’époque où les étudiants et les jeunes ont découvert les Palestiniens… Les Israéliens n’étaient plus seulement les juifs qu’il fallait aider. Ils devenaient des occupants, des agresseurs, et les véritables opprimés, c’était les Palestiniens qu’on découvrait alors ».

Le chef du FPLP, « le plus grand ennemi des Juifs et d’Israël », organise le détournement d’un avion d’Air France par deux terroristes allemands des CR - Wilfried Böse, 27 ans, et Brigitte Kuhlmann, 29 ans, qui « a plongé elle aussi dans la clandestinité » - et deux Palestiniens.

« L’action terroriste était une sorte d’idée fixe pour Wilfried Böse. Il était toujours en train de préparer un attentat. Il avait tellement d’idées qu’il n’a jamais réussi à en mener une seule jusqu’au bout », observe Hans-Joaquim Klein, ancien membre des CR.


L’avion d’Air France reliant Tel-Aviv à Paris est détourné peu après son escale à Athènes (Grèce) avec ses 248 passagers et 12 membres d’équipage. Direction : Bengazi (Libye) car les terroristes espèrent le soutien du dictateur Kadhafi.


Dès la première réunion le 27 juin, le gouvernement israélien est divisé. Si le Premier ministre Yitzhak Rabin souhaite négocier, le ministre de la Défense Shimon Pérès privilégie l’option militaire pour libérer les otages. « Officiellement, on refuse de négocier avec les terroristes, mais dans la pratique, on fait toujours quelques tentatives car on ne sait jamais comment cela va se terminer. On peut très bien lancer une opération militaire et venir à bout des terroristes, mais on risque aussi de perdre les otages », relate Avi Primor.


Pendant les négociations avec les terroristes, l’armée israélienne prépare secrètement une opération pour libérer les otages avec des spécialistes du combat anti-terroriste. Depuis le détournement en 1972 d’un avion de la compagnie belge Sabena contraint d’atterrir à Tel-Aviv et l’intervention militaire ayant permis de sauver les otages à son bord – un passager était alors mort -, Israël s’était entraîné à la prise d’assaut.

Le général Matan Vilnaï, « ancien général parachutiste, rassemble une centaine de parachutistes en prévision d’une intervention ». Une « unité d’élite, des combattants anti-terroristes de la Sayeret Matkal ».


Le 27 juin, une jeune Britannique est autorisée à quitter l’avion. Puis, une infirmière feint une maladie et obtient des pirates de l’air sa libération. A Londres, elle est interrogée par les agents du Mossad. « Elle nous a dit [que les terroristes] étaient quatre : deux Palestiniens, une Allemande et un Allemand. Elle a décrit leurs armes et nous les avons identifiées », affirme Muki Betzer, ancien commandant de l’unité anti-terroriste.


L’avion décolle pour rejoindre Entebbe en Ouganda où Idi Amin Dada, « dictateur sanguinaire », feint de jouer au médiateur entre les gouvernements et les terroristes, mais soutient ces derniers.


A l’instar des nazis, les terroristes opèrent une sélection parmi les otages. Parmi ceux-ci, seuls ceux détenteurs de passeports français – au nombre de 147 - sont libérés. Et 85 otages juifs ayant un passeport israélien sont parqués dans l’aérogare. « Une nouvelle fois, on assiste à une sélection entre juifs et non juifs. Et qui procède à cette sélection ? Des Allemands. Vous imaginez l’impact que cela a pu avoir », s’exclame Avi Primor.

Michel Bacos, commandant de bord de l’avion, et l’équipage se distinguent par leur solidarité avec les otages israéliens : évoquant l’« éthique de la profession », ce commandant souligne : « Pour nous, il n’était pas question d’abandonner une personne ».

Les terroristes exigent la libération de centaines de terroristes palestiniens emprisonnés en Israël, au Kenya, en France, en Suisse et en Allemagne ainsi que des terroristes allemands. Des cellules de crise fonctionnent au Quai d’Orsay (Paris) et à Bonn. « Si on relâchait [ces terroristes], ils allaient reprendre leurs agissements », résume Hans-Jochen Vogel, ancien ministre fédéral de la Justice.


Dora Bloch, septuagénaire souffrant de problèmes respiratoires, est séparée des autres otages pour être hospitalisée.

Israël obtient les plans du terminal de l’aéroport grâce à une entreprise israélienne ayant construit les pistes à l’époque des bonnes relations entre Israël et l’Ouganda. Convertit un avion cargo. Assure un entraînement intensif à ses jeunes soldats.


Le général de brigade Dan Shomron est nommé commandant en chef de l’opération. Il est assisté de Yonatan Netanyahou, officier de 30 ans issu d’une éminente famille israélienne et un des chefs de l’unité Sayeret Matkal. Il « nous a insufflé une confiance absolue en nous-mêmes, et en nos capacités. Son comportement était celui d’un homme qui maîtrisait parfaitement la situation. Nous étions très impressionnés par lui. Cela nous a beaucoup aidés pendant l’opération. Les instructions qu’il a données étaient extraordinaires. Je n’ai jamais entendu cela avant une opération », précise Amir Ofer, ancien officier de l’unité anti-terroriste.

Menée le 30 juin peu avant l’expiration de l’ultimatum, avec in extremis l’autorisation du gouvernement israélien, à 4 000 km d’Israël, l’opération Thunderbolt, qui devait être dénommée « Vague de cendres », réussit : la centaine d’otages est libérée sauf trois otages Juifs - Jean-Jacques Mimouni, jeune franco-israélien âgé de 19 ans, Pasco Cohen et Ida Borochovitch - qui seront tués lors de l'opération, et les terroristes tués. Cependant, Yonathan Netanyahou est mortellement blessé au début de l’opération, ainsi que des otages pris par erreur pour des terroristes. Un parachutiste Sorin Hershko, gravement blessé, devient paraplégique, et confie avec conviction et dignité : « Ma participation a toujours été un honneur pour moi ».

Vengeance cruelle d’Idi Amin Dada : Dora Bloch est assassinée sur ses ordres.

Le réalisateur Eyal Boers a consacré son documentaire canado-israélien To Live and Die in Entebbe (2012) aux trois otages Juifs tués lors de l'opération israélienne, et dont l'histoire officielle a oublié les noms et parcours brisés.

Voici des archives filmées par l'armée israélienne de l'arrivée en Israël des sauveteurs et des anciens otages et de leur accueil par des membres du gouvernement israélien et de Tsahal : Yitzhak Rabin, Premier ministre, Shimon Peres, ministre de la Défense, le major Poren, secrétaire général du Premier ministre, le général de division Shlomo Gazit, Aryeh Brown, secrétaire général du ministre de la Défense, Yigal Shefi, Chef d'état-major, M., Amos Eran, Directeur général de la Cabinet du Premier ministre, le général de brigade Dan Shomron-Kahatzar, Avigdor (Janusz) Ben-Gal-A. 


Quelles leçons pour les démocraties ?
Israël a refusé de céder aux terroristes : « Enough is enough  ! » La force de Tsahal, la détermination, l’intelligence et le courage de ses soldats, la qualité des renseignements recueillis ont permis à l’Etat juif de mener rapidement et victorieusement une action périlleuse. Seul.

L'un des deux titres originaux en allemand du documentaire - Von Auschwitz nach Entebbe, Israels Kampf gegen den Terror et Operation Donnerschlag Israels Kampf gegen den Terror - souligne la volonté génocidaire communes aux les nazis et aux islamistes.

Le documentaire souffre parfois d’une terminologie inadéquate : « Israël est l’ennemi juré de la Libye et d’autres pays arabes ». Non, ce sont ces pays arabes qui sont les ennemis de l’Etat juif dont ils refusent de reconnaître la légitimité, le droit à l’existence. « Des Palestiniens avaient pris le contrôle d’un » avion. Ce sont des terroristes palestiniens qui l’avaient détourné. L’islamisme n’est pas nommé.

De plus, la lutte contre le terrorisme n’est pas le combat du seul Israël. C’est aussi celui de ceux visés par l’islamisme : d’autres démocraties – en particulier, les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, de novembre 2008 à Bombay/Mumbai (Inde) - et des régimes autoritaires : prises d'otages par des Tchétchènes au théâtre de Moscou en octobre 2002 et à l’école de Beslan en septembre 2004, etc.


Des Palestiniens, le documentaire montre les seules images de pauvres réfugiés dans des camps, alors qu’un seul tiers des réfugiés y vit. Et surtout, ce film occulte le rôle des dirigeants palestiniens et arabes, des mouvements terroristes, ainsi que de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), dans l’instrumentalisation de ces réfugiés qui bénéficient cependant d’un statut privilégié héréditaire, reçoivent une manne financière internationale abondante, etc.


On peut regretter l’absence d’interviews de responsables et terroristes palestiniens, ou le silence sur les réactions dans le monde après ce sauvetage.

Curieusement, les visuels libres de droits du documentaire ne montrent pas les terroristes allemands et palestiniens.


Ancien directeur du Mossad (1974-1982), le Maj.-Gen. (res.) Yitzhak Hofi est mort à Ramat Gan le 15 septembre 2014 à l'âge de 87 ans.

Le 23 juin 2015, l'Etat d'Israël a rendu hommage à Yonatan Netanyahou, héros mort lors de cette opération audacieuse. 


En juillet 2015, le musée du Centre Yitzhak Rabin présenta une exposition sur l'opération Entebbe.

Hommage en 2016

Le 4 juillet 2016, jour du 40e anniversaire de cette opération, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a débuté un voyage officielle en Afrique. 

"Accompagné de 80 hommes d’affaires représentant une cinquantaine d’entreprises israéliennes, Netanyahu a débuté en Ouganda une tournée africaine de quatre jours qui l’emmènera aussi au Kenya, au Rwanda et en Ethiopie".


"Israël cherche à s’assurer le soutien des pays africains dans les institutions internationales, où il fait l’objet de vives critiques liées aux Territoires palestiniens ou à ses activités nucléaires. Le gouvernement israélien a récemment approuvé une proposition d’ouvrir des bureaux de l’Agence israélienne pour le développement international dans ces quatre pays. Cette agence partage avec les pays en voie de développement les technologies et le savoir-faire israéliens. Selon le bureau de Netanyahu, une enveloppe de 13 millions de dollars (11,7 millions d’euros) sera consacrée au « renforcement des relations économiques et de la coopération avec les pays africains ». Elle inclut notamment une formation dans les domaines de la « sécurité nationale » et de la santé. Le Premier ministre israélien devait également prendre part lundi à un mini-sommet régional sur la sécurité et le « terrorisme », rassemblant les chefs d’Etat et de gouvernement kényan, rwandais, éthiopien, sud-soudanais, zambien et malawite".

Dans la tour de contrôle de l'ancien aéroport d'Entebbe en Ouganda, il a participé le 4 juillet 2016, avec des soldats israéliens, des dirigeants politiques ougandais et israéliens - président d’Ouganda et son épouse, ministre de l’Education et des Sports, ainsi que l’homologue israélienne de cette dernière, Miri Regevn députés Omer Bar-Lev, vice chef d’Etat-major Yair Golan,  chef des renseignements militaires Herzi Halevi, directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold -, ainsi que des représentants de la communauté juive d'Ouganda, à une cérémonie en hommage aux victimes de cette opération de sauvetage. Parmi les spectateurs à cet événement important sur les rives du lac Victoria, à environ 40 kilomètres au sud de la capitale Kampala : l'ancien ministre de la Défense Shaul Mofaz, Giora Eiland, d’autres participants de l’opération, et des représentants des victimes et des soldats en service des unités ayant participé à l’opération.

Les hymnes nationaux des deux pays ont été interprétés par la fanfare militaire. La "cérémonie a commencé avec un chant en hébreu chanté par un officier de l’armée israélienne. Cette chanson, « Eretz Tzvi », est « surtout associée à l’opération Entebbe », a déclaré la maîtresse de cérémonie.

Akiva Laxer, un des anciens otages d’Entebbe, a prononcé des bénédictions et des remerciements pour avoir survécu a cette épreuve : « Au nom de mes trois enfants, je te bénis Seigneur, notre Dieu, qui a fait ce miracle pour moi en cet endroit. » La maîtresse de cérémonie, lisant ses notes, a déclaré que le sauvetage des otages était un commandement religieux important du judaïsme. Elle a lu les noms des trois victimes tuées à l’aéroport, et celui de Dora Bloch, Israélo-Britannique de 72 ans qui a plus tard été assassinée dans un hôpital ougandais. Pendant qu’une musique était jouée, une flamme a été allumée par un soldat israélien, fils d’un des otages assassinés.

Le chef du gouvernement Benjamin Netanyahu a déclaré : « Je suis ému d’être ici, à l’endroit où les troupes israéliennes ont sauvé ici des otages au cœur de l’Afrique, si loin de la maison. Il y a 40 ans, des soldats israéliens ont mené une mission historique », « héroïque » et « inoubliable ». Il a évoqué son frère aîné Yonathan, Yoni. Et d'ajouter : « Il y a 40 ans, ils ont atterri au beau milieu de la nuit dans un pays mené par un dictateur brutal qui a offert un refuge aux terroristes. Aujourd’hui, nous avons atterri en plein jour et avons été accueillis par un président qui combat le terrorisme. Entebbe est toujours avec moi, dans mes pensées, ma conscience et profondément dans mon cœur. Chacun d’entre vous, les soldats et les pilotes, que vous soyez ici ou pas ; vous ne saviez pas si vous rentreriez à la maison. Vous êtes venus pour sauver, mais vous saviez que si quelque chose se passait mal, il n’y avait aucune certitude que quelqu’un vienne vous sauver ». Aux familles des otages « dont les êtres chers ont été tués pendant ou après l’opération », Netanyahu a confié qu'à l'instar d'eux ayant éprouvé une « douleur terrible », il avait lui aussi connu cette douleur "en apprenant que son frère avait été tué". Il a ajouté que "malgré ce terrible prix, l’opération avait été un succès et avait renforcé la réputation d’Israël. Cela représente d’après lui une leçon pour les temps actuels, où le monde est toujours confronté au terrorisme". « Le terrorisme a souffert une défaite cuisante. » L'opération Entebbe prouve que « le bien peut triompher sur le mal ». Elle « a été un grand tournant pour mon peuple. Nous avons été assassinés par millions, sans Etat. L’Etat d’Israël a changé cela. C’est peut-être à Entebbe que cette transformation a été vue par le monde. Nous n’étions plus impuissants. »

En anglais, Netanyahu "a déclaré que l’Afrique était un « continent en plein essor ». Sous des applaudissements, il a ajouté que l’Etat juif cherchait « à améliorer ses relations avec tous les états africains. » Il s’est dit « fier » d’être le premier Premier ministre israélien depuis des décennies à venir en Afrique. « Israël revient en Afrique, et l’Afrique revient en Israël », a-t-il déclaré, répétant mot pour mot un slogan inventé au moment de l’annonce de son voyage, il y a plusieurs mois. Dans les années 1960, de nombreux pays africains avaient en effet pris leurs distances avec Israël en raison des guerres de l’Etat hébreu avec ses voisins entre 1967 et 1973 et des liens unissant Tel-Aviv au régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Et d'ajouter : "Afin de battre le terrorisme, le monde a besoin de deux choses : de la clarté pour distinguer le bien du mal, et du courage pour combattre le terrorisme. Nous devons condamner tous les actes de terrorisme, quelque soit l’endroit où ils ont été commis. Lorsque le terrorisme est défait à un endroit, il est affaibli partout. C’est pour cela qu’Entebbe […] était une victoire pour toute l’humanité ».


Le président ougandais, Yoweri Museveni, a estimé que l’opération Entebbe est « un autre lien » entre « la Palestine et l’Afrique ». Il "a invoqué l’histoire biblique de Joseph, qui « était aussi une historie triste, mais a aussi créé un lien, tout comme celle-ci. » Il a continué en déclarant que « bébé Jésus » avait été caché en Egypte, semblant impliqué qu’il était « un autre lien entre l’Afrique et la Palestine, tous nés dans de tristes circonstances ».Il a ajouté que « même […] la religion musulmane » avait été liée à l’Afrique quand le prophète Mahomet avait du fuir sur le continent".

A Netanyahu, il a déclaré : « Votre frère, Jonathan, certains otages israéliens, et certains soldats ougandais ont été tués ici, en cette nuit, le 4 juillet 1976. Heureusement, la mission de sauvetage a réussi et des civils innocents ont été sauvés. »


Il a ensuite souligné "que les terroristes devaient être distingués des combattants de la liberté. « Notre mouvement est un mouvement de libération. Nous n’avons jamais utilisé de méthodes terroristes. Quand il s’agit de savoir quelle guerre combattre, ce sont les deux, la cause et la méthode. Nous devons combattre une juste cause, mais également utilisé des méthodes de combat civilisées. L’utilisation sans discrimination de la violence est interdite. Même les soldats, quand ils ne sont pas armés, ils ne devraient pas être attaqués : c’est notre doctrine. Nous sommes un mouvement de libération, nous utilisons la violence pour la cause de l’Afrique, mais c’est de la violence disciplinée et qui a un but. Pas de la violence sans discrimination. »


Le "dirigeant ougandais a ensuite raconté une histoire à propos d’une rencontre entre lui et le président iranien de l’époque, Mahmoud Ahmadinejad. « Quand je suis allé en Iran, et qu’il y avait l’homme qui était président à ce moment, celui avant l’actuel, Ahmadinejad, je lui ai raconté cette histoire biblique », a-t-il raconté, en parlant des histories liant les juifs à la Terre sainte. « Il me disait que les Juifs ne viennent pas du Moyen Orient, mais d’Europe. Je lui ai dit non, j’ai ma Bible, j’ai ma Bible avec moi, je la lui ai montrée. » Museveni a raconté qu’Ahmadinejad « ne savait rien ». « Dans la Bible, on parle des Perses et des Médianites. Je lui ai demandé, où sont les Médianites ? Je sais que vous êtes les Persans. Mais où sont les Médianites ? Il ne savait pas. » La question est, a-t-il dit, qu’il y a « beaucoup d’ignorance. Bien sûr, je ne veux pas dire à mes amis arabes et à nos amis iraniens que vous êtes tous mentionnés dans la Bible. Il a également noté, en passant, que les « Ougandais pensent que vous êtes chrétiens… Ils ne savent pas que vous êtes les petits-enfants d’Abraham. »

Netanyahu a "ensuite déposé une couronne pour commémorer l’opération à l’aéroport. En 2005, alors qu’il n’était pas à la tête du gouvernement, Netanyahu s’était déjà rendu en Ouganda et avait dévoilé une plaque à la mémoire de son frère".


Projection-débat en 2018
Le 15 novembre 2018 de 20 h 15 à 23 h, la Maison de la Culture Juive de Nogent organisa la projection/débat au Cinéma Royal Palace Nogent du film « Otages à Entebbe », en présence de Rami Sherman, officier d'intervention de Yonatan Netanyhou & de plusieurs témoins. "Le 27 juin 1976, le vol Air France 139, venant de Tel Aviv en Israël et transportant 246 passagers et 12 membres d’équipage, décolle d’Athènes pour rejoindre Paris, mais le vol est détourné par 4 terroristes : 2 Palestiniens membres du Front populaire de libération de la Palestine et 2 Allemands, dont le bras droit de Carlos, appartenant au Revolutionäre Zellen. Ils prennent le commandement de l’avion et le détournent vers Entebbe en Ouganda, où ils atterrissent à l’aéroport international."

Michel Bacos
Commandant de bord du vol 139 d’Air France détourné, gaulliste, Michel Bacos est mort le 26 mars 2019, à l'âge de 95 ans, à Nice. L'hymne israélien a été interprété lors de son enterrement. Le colonel Yonatan Yaari, attaché militaire auprès de l’ambassade d’Israël en France, a prononcé un discours : « Je tenais à être présent ici parmi vous pour saluer la mémoire du commandant Michel Bacos, a-t-il déclaré. Je suis très honoré de partager ce moment avec vous et de représenter ici l’État d’Israël et nos forces armées, Tsahal. En effet, suite à quelques jours dramatiques en 1976, nos destins se sont liés. Par son choix de ne pas abandonner l’ensemble des passagers israéliens et juifs, le commandant Bacos a fait preuve d’un sens de responsabilité, fraternité et courage remarquables qui ont marqué toute une génération en Israël. Il a dit : ‘Un équipage ne quitte pas ses passagers. Un point c’est tout.’ Il savait parfaitement qu’en faisant ce choix, il mettait en danger sa propre vie. Il a préféré rester fidèle à son sens du devoir et d’éthique. En mon nom personnel et au nom de l’État d’Israël, je vous présente toutes nos condoléances les plus sincères. La mémoire du commandant Bacos et de son héroïsme restera gravée dans l’histoire de notre nation pour toujours. »

Michel Cojot
Réalisé par Boaz Dvir, le documentaire « To Kill A Nazi » (Tuer un nazi) évoque le parcours de Michel Cojot, un consultant français dont le père juif Joseph Goldberg avait été déporté et assassiné lors de la Shoah. Michel Cojot avait tenté de tuer Klaus Barbie, puis avait témoigné au procès à Lyon du dirigeant nazi. 

Passager dans cet avion détourné à Entebbe, il avait joué un rôle important en négociant avec les preneurs d'otages pour tenter d'améliorer les conditions de survie des otages, puis en communiquant des informations précieuses sur les armes des terroristes, les lieux, etc.

Ce film a été présenté en avant-première à Los Angeles ce 22 juin 2026 et sera projeté sur Internet, "cet été. La narration est assurée par l’acteur juif déjà récompensé Jason Alexander."

Dances with Films, USA, Sélection officielle, 2026. Mention honorable
Croatian International Film Festival, Croatie, Sélection officielle, 2026



Archives secrètes révélées
En juin 2026, lors du 50e anniversaire de l'opération à Entebbe, des documents secrets israéliens inédits sur l'opération militaire à Entebbe ont été rendus publics. Ils ont révélé le processus politique ayant mené à la décision israélienne d'entreprendre, sans aide extérieure, une opération de sauvetage à des milliers de kilomètres de ses frontières. Après l'échec des négociations avec les terroristes en vue d'un échange otages contre prisonniers, le gouvernement dirigé par Yitzhak Rabin avait pris la décision de mener une opération de sauvetage, seul, sans soutien d'un autre pays.

Issus des Archives, les "procès-verbaux des réunions du gouvernement montrent que, le 1er juillet 1976, le cabinet d'Yitzhak Rabin avait officiellement décidé d'accepter les exigences des terroristes et d'engager des négociations en vue d'un échange de prisonniers, faute d'alternative militaire crédible à ce stade de la crise."

"Ces documents, publiés par les Archives de l'État rattachées au Bureau du Premier ministre, révèlent que les dirigeants israéliens n'ont pas privilégié dès le départ une option militaire, contrairement à l'image largement répandue. Deux jours avant le raid qui libérera les otages en Ouganda, Rabin expliquait aux ministres que la décision d'ouvrir des négociations avait été prise "la conscience tranquille", car "il n'existait alors aucune alternative militaire réalisable dans les délais impartis".

"Le procès-verbal de la réunion du 1er juillet montre ainsi que le gouvernement a accepté d'autoriser son équipe de négociation à entamer immédiatement des discussions avec les ravisseurs, en se déclarant prêt à libérer des prisonniers en échange des otages. Rabin reconnaissait alors qu'Israël s'apprêtait à devenir "le premier gouvernement à accepter d'entrer dans des négociations" avec des terroristes, précisant qu'il ne s'agissait pas d'une simple manœuvre de diversion mais d'une véritable intention de parvenir à un accord."

"Même le ministre de la Défense, Shimon Peres, pourtant farouchement opposé sur le principe à toute concession au terrorisme, s'était rallié à cette décision. Il avait averti ses collègues que céder aux exigences des terroristes risquait d'encourager le terrorisme international, tout en reconnaissant qu'aucun plan opérationnel n'était alors disponible."

Le tournant intervient lorsque les preneurs d'otages décident de prolonger leur ultimatum. Ce délai supplémentaire permet à Tsahal et aux services de sécurité d'élaborer, pour la première fois, une opération militaire concrète. Lors d'une nouvelle réunion gouvernementale le 3 juillet, quelques heures avant le décollage des avions vers l'Ouganda, Rabin explique que "le temps supplémentaire, les nouvelles informations et leur analyse permettent désormais d'envisager une option militaire raisonnable". À partir de ce moment, les négociations ne visent plus qu'à gagner du temps afin de préparer le raid."

"Les archives montrent toutefois qu'aucun des responsables politiques ne nourrissait d'illusions sur les risques de l'opération. Rabin avertit les ministres que le raid entraînera probablement des pertes, tant parmi les soldats que parmi les otages. "Je ne veux pas que le gouvernement prenne sa décision sur la base d'hypothèses optimistes qui ne reposent pas sur les renseignements dont nous disposons aujourd'hui", déclare-t-il. "Nous nous engageons dans une opération complexe qui fera des victimes."

"Les inquiétudes portent également sur la qualité des renseignements disponibles. Le ministre de la Police, Haim Bar-Lev, souligne que les informations sur le terrain sont incomplètes, tandis que Shimon Peres décrit l'opération comme "une première dans l'histoire d'Israël en dehors des frontières du Moyen-Orient".

"Ces documents offrent ainsi un éclairage inédit sur la prise de décision qui a précédé le célèbre raid d'Entebbe. Ils montrent que le recours à la force n'a été adopté qu'après l'apparition d'une possibilité opérationnelle crédible, alors que le gouvernement s'était initialement résolu, par absence d'alternative, à négocier avec les ravisseurs pour tenter de sauver les otages."



"To Kill a Nazi" de Boaz Dvir
Etats-Unis, France, 2026, 101 min.
Producteurs : Boaz Dvir, Matthew Einstein, Gayle Zachmann
Narrateur : Jason Alexander

Les otages d’Entebbe, le combat d’Israël contre le terrorismede Thomas Ammann
Allemagne, 2009, 52 minutes
Sur Arte le 30 juin 2010, à 20 h 35


Visuels de haut en bas :
Photos en couleurs : Muki Betzer, ancien commandant de l’unité anti-terroriste, Avi Primor, diplomate à la retraite, et Nahum Dahan, ancien otage. © Prounen Film/Uli Fischer
Photo du camp d'Auschwitz-Birkenau en noir et blanc : © DR
Photo de Jean-Jacques Mimouni :  © DR, Eyal Boers  
Logos du FPLP et des Forces de défense israéliennes

A lire :
Aventures dans le ciel : coup d'éclat à Entebbe, Aviasport, n° 557, avril 2001

Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié pour la première fois le 27 juin 2010, republié les 3 juillet 2012 et 3 juillet 2013, 16 septembre 2014, 24 juin 2015, 3 juillet 2016, 4 juillet 2017, 14 novembre 2018, 4 juillet 2019, 3 juillet 2020. Il a été modifié le 14 novembre 2018, 2 juillet 2021, 1er juillet 2022.