Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)
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mercredi 2 septembre 2026

Marcel Marceau (1923-2007)

Marcel Marceau, dit le mime Marceau, né Marcel Mangel (1923-2007) est un mime et acteur français. Résistant durant la Deuxième Guerre mondiale, il a contribué au sauvetage d’enfants juifs ; son père, boucher cacher, a été déporté au camp nazi d’Auschwitz où il a été tué. En 1947, le mime Marcel Marceau a créé le personnage silencieux de Bip.
En  2023, les éditions Actes Sud publieront, dans la collection Beaux-Arts, « Histoire de ma vie. De 1923 à 1952 » de Marcel Marceau. Arte rediffusera le 6 septembre 2026 à 23 h 50 « Marcel Marceau - L'art du silence » (Art of Silence), documentaire de Maurizius Staerkle Drux. 

Le théâtre juif 

« Dans mes mimodrames et dans mes pantomimes au théâtre, je peux construire un monde tel que je voudrais qu’il soit, montrer la déchirure, le mal, en ne montrant pas l’abandon mais un cri d’espoir. Je crois à la rédemption humaine à travers le théâtre », a déclaré le mime Marcel Marceau.

Marcel Marceau, dit le mime Marceau, est né à Strasbourg Marcel Mangel (1923-2007) dans une famille juive prisant la culture : son père, boucher cacher d'origine polonaise, aspirait, grâce à sa voix de baryton, à devenir chanteur d'opéra, et sa mère adorait la lecture. Enfant, il découvre et admire Charlie Chaplin et son personnage Charlot.

Etudiant la céramique à l'Ecole nationale des Arts décoratifs de Limoges, résistant sous le nom de "Marceau" durant la Deuxième Guerre mondiale, il a contribué dès 1942, à Limoges, au sauvetage d’enfants juifs ; son père, boucher cacher, a été déporté au camp nazi d’Auschwitz où il a été tué. A la libération de la France, il s'engage dans la Première armée du général de Lattre. Il participe à la campagne d'Allemagne.

Marcel Marceau suit les cours de Charles Dullin, de Jean-Louis Barrault et d’Étienne Decroux qui fixe la « grammaire » de l’art du mime, la « statuaire mobile ».

En 1947, au théâtre de Poche Montparnasse (Paris), le mime Marcel Marceau a créé le personnage silencieux nommé Bip. 
« Bip est un personnage intemporel, tout en étant proche de mes rêves d'enfants. Il se cogne à la vie qui est à la fois un grand cirque et un grand mystère, et j'aime à dire qu'il finit toujours vaincu, mais toujours vainqueur… Il est tout ensemble l'homme de la rue, un vagabond du quotidien et l'homme universel affrontant le tragi-comique de l'existence… Il est l'homme tout simplement, se montrant dans la nudité et la fragilité de son être », a expliqué Marcel Marceau qui intègrera dans sa création artistiques des éléments du théâtre no, du kabuki, des masques du théâtre oriental et de la commedia dell'arte.

En 1947, il crée la « Compagnie Marcel Marceau ». Figurent à son répertoire des mimodrames et des pantomimes : Le Manteau, d'après Nicolas Gogol, Le Joueur de flûte, Exercices de style, Le Matador, Le Petit Cirque, Paris qui rit, Paris qui pleure.

Débute alors sa longue collaboration avec le décorateur de théâtre Jacques Noël. En 1952, Marcel Marceau recrute dans sa compagnie Pierre Verry (1913-2009), élève d’Étienne Decroux.

De 1969 à 1971, Marcel Marceau fonde et dirige à Paris la première école internationale de mime, au Théâtre de la Musique, ancienne Gaîté-Lyrique. Lui succède Pierre Verry. 
 
Le 15 novembre 1978, Marcel Marceau crée à Paris une Ecole internationale de mimodrame, localisée dans les sous-sols du Théâtre de la Porte-Saint-Martin (Paris), grâce à l'aide de Jacques Chirac, maire de la capitale, et Marcel Landowski, son conseiller culturel. Les élèves suivent des cours de mime, de danse classique, d'acrobatie et d'art dramatique... En 2005, l'école de Marcel Marceau ferme ses portes en raison des économies demandées par la mairie de Paris, qui créera l'ESAD en 2007.

« Marcel Marceau - L'art du silence »
Arte rediffusera le 6 septembre 2026 à 23 h 50 « Marcel Marceau - L'art du silence » (Art of Silence), documentaire allemand de Maurizius Staerkle Drux (2020).

« Diffusé à l’occasion du centenaire de sa naissance, un portrait du mime Marceau, tendrement évoqué par ses proches. »

« Né le 22 mars 1923, il aurait eu 100 ans cette année. Marqué par Charlot, qu’il imitait à la perfection, et par Buster Keaton, Marcel Mangel a grandi à Strasbourg dans une famille juive aimante. »

« Quand la guerre éclate, le jeune homme rejoint la Résistance et se fait appeler Marceau, patronyme qu’il conservera pour la scène. »

« Avec son cousin Georges Loinger, qui, à 108 ans, livre dans ce film un émouvant témoignage, il fait passer la frontière suisse à des centaines d’enfants juifs. Comme il ne faut pas attirer l’attention des soldats allemands qui patrouillent, Marcel s’ingénie à distraire ses petits protégés en silence. »

« En 1944, il est frappé par un drame : dénoncé, son père, un boucher casher épris d’opéra, est déporté à Auschwitz, dont il ne reviendra pas. »

« Après-guerre, Marcel se lance dans la pantomime et invente Bip, un personnage de clown, qui, par son maquillage blanc évoquant la commedia dell’arte et ses cris silencieux, exprime la poésie du monde, le tragique de l’existence et l’espoir d’une vie meilleure. »

« Raconté par ses proches, sa compagne, ses filles et son petit-fils, qui perpétuent, chacun à leur façon, son héritage, le portrait émouvant d’un artiste mondialement connu, grand pacifiste qui n’hésita pas à se produire en Allemagne malgré le traumatisme de la guerre. »


« Résistance »
« Résistance » est un film biographique réalisé par le vénézuélien Jonathan Jakubowicz (2020), avec Jesse Eisenberg, Ed Harris, Édgar Ramírez, Clémence Poésy, Félix Moati. Le réalisateur se concentre sur les actes de résistance du jeune Marcel Marceau afin de permettre que des enfants juifs se réfugient en Suisse. Ce film a été écrit et réalisé sans en informer la famille de l'artiste qui a émis des réserves.
Timbre
Le 20 mars 2023, La Poste a mis en vente un timbre pour les lettres internationales dédié au mime Marceau. « Centenaire de la naissance du mime Marcel Marceau : Avec son corps pour unique instrument, Marcel Marceau (1923-2007) a porté l’art du mime sur les scènes du monde entier, imposant un langage universel. Celui qui savait « rendre visible l’invisible » a donné vie à des personnages qui, sans dire un mot, expriment la vie comme elle est, avec ses combats, ses espérances, ses rêves. Marcel Mangel, de son vrai nom, naît à Strasbourg le 22 mars 1923. » 

« Au début de la Seconde Guerre mondiale, sa famille d’origine juive polonaise doit quitter précipitamment Strasbourg pour Périgueux. Marcel a 16 ans et déjà il imite Chaplin, son héros, à la perfection. En 1942, il rejoint la Résistance, prenant le pseudonyme de « Marceau » qu’il gardera toute sa vie. Dans la clandestinité, il achemine de nombreux enfants vers la Suisse, les sauvant de la déportation. La condition humaine, faite de rires et de larmes, sera le terreau de son art. »

« Le 22 mars 1947, Marcel Marceau crée au Théâtre de Poche le personnage silencieux de Bip. Le costume de cet alter ego, héros des temps modernes, au visage fardé de blanc, en pantalon clair et caraco à gros boutons fermé sur une marinière, et au célèbre chapeau haut de forme sur lequel tremble une fleur rouge, fera de lui l’un des Français les plus connus à l’étranger. »

« Qu’il chasse d’invisibles papillons, qu’il grimpe des escaliers imaginaires, qu’il marche contre le vent, inspirant le fameux « moonwalk » de Michael Jackson, le mime Marceau, tour à tour lyrique, poétique, parfois grave ou drôle, remplit l’espace vide de récits allégoriques ou quotidiens avec pour seule arme ses gestes et ses regards. »

« En 1978, il crée l’École internationale de mimodrame, où il transmet à ses élèves les exigeantes conventions du mime comme le sens de l’ellipse, le jeu entre l’espace, le temps et le mouvement. » 

« Marcel Marceau aura traversé le XXe siècle en virtuose de la « comédie silencieuse ». Immense artiste, il a réinventé la pantomime pour la hisser au rang d’art classique. »

Timbre (Taille-douce) : création Benjamin Van Blancke et gravure Pierre Bara d’après © LIDO/SIPA. 

« Histoire de ma vie »
En avril 2023, pour le centenaire de la naissance de l'artiste, les éditions Actes Sud ont publié, dans la collection Beaux-Arts, « Histoire de ma vie. De 1923 à 1952 » de Marcel Marceau.

« Le mime Marcel Marceau a parcouru les scènes du monde entier avec son célèbre personnage Bip, alter ego silencieux. Au seuil de la mort, il confie à ses enfants son manuscrit “Histoire de ma vie”, un récit de jeunesse où il évoque sa naissance à Strasbourg en 1923, son enfance de “petite âme verte”, la montée de l’antisémitisme en France, la résistance avec son frère pendant la Seconde Guerre mondiale, la Maison de Sèvres auprès des enfants cachés ou encore sa formation d’acteur chez Charles Dullin et Étienne Decroux à Paris. Il y déploie sa vision de l’art du silence et nous entraîne au coeur de sa pensée d’artiste et de poète pour mieux saisir l’essence de ses créations, cris contre l’absurdité de la guerre et des hommes. »

« Pour étoffer ce récit : plus de cent cinquante documents, de nombreux extraits de ses écrits, une chronologie biographique exhaustive ainsi qu’une bibliographie, une filmographie et la liste de ses spectacles et pantomimes. »

« Le témoignage puissant et vivant d’un artiste majeur qui réinventa l’art du mime et se hissa au rang de mythe dans la grande histoire du théâtre. »

« À l’occasion du centenaire de la naissance de Marcel Marceau, en collaboration avec ses filles Aurélia et Camille Marceau, une plongée dans les archives conservées par la Cinémathèque de Toulouse de ce grand artiste connu dans le monde entier. »


Cinémathèque de Toulouse
« Du 22 septembre 2017 au 23 septembre 2017, à l’occasion des 10 ans de sa disparition, la Cinémathèque de Toulouse dédia une séance hommage au mime Marcel Marceau, dont les filles Camille et Aurélia ont déposé en septembre 2016 un précieux fonds de films au Centre de conservation et de recherche de la Cinémathèque. Composées de copies 35 mm, 16 mm et vidéo, ces archives révèlent une filmographie demeurée longtemps en sommeil et témoignent d’une carrière internationale de plus de soixante ans. À partir de l’ensemble des films déposés, nous avons sélectionné pour cet hommage deux courts métrages très rares et un documentaire absolument inédit, témoignages de la naissance et de l’évolution de Bip, le célèbre personnage créé par Marcel Marceau. »

Du 4 avril au 2 juillet 2023, la Cinémathèque de Toulouse proposa « Le mime Marceau aurait 100 ans ». « À l’occasion du centenaire de la naissance de Marcel Marceau, en collaboration avec ses filles Aurélia et Camille Marceau, une plongée dans les archives conservées par la Cinémathèque de Toulouse de ce grand artiste connu dans le monde entier. Entre une lettre de Douglas Fairbanks, une photo de tournage et son mythique chapeau, la force poétique de Marcel Marceau émerge et étincelle comme la fleur rouge de son haut-de-forme. »



Marcel Marceau, « Histoire de ma vie. De 1923 à 1952 ». Actes Sud, 2023. 19.60 x 25.50 cm. 272 pages. ISBN : 978-2-330-17579-5. 39.90 €

« Marcel Marceau - L'art du silence » de Maurizius Staerkle Drux
Allemagne, 2019, 52 mn
Production : Beauvoir Films, Lichtblick Film, ZDF, SRG SSR
Sur Arte les 22 mars 2023 à 22 h 50, 6 septembre 2026 à 23 h 50
Sur arte.tv du 21/03/2023 au 28/03/2023
Sur arte.tv du 05/09/2026 au 12/09/2026
Visuels : © W-film/Les Films du Prieuré


Articles sur ce blog concernant :
Les citations sur le film sont d'Arte. Cet article a été publié le 21 mars 2023.

lundi 31 août 2026

« Derniers étés à Sanary-sur-Mer (1933-1941). L’intelligentsia allemande en exil » d’Andreas Christoph Schmidt

Arte diffusera le 1er septembre 2026 à 00 h 05 « Derniers étés à Sanary-sur-Mer (1933-1941). L’intelligentsia allemande en exil » d’Andreas Christoph Schmidt. 
« Au début du IIIe Reich, nombre d’écrivains et d’intellectuels allemands se réfugient à Sanary-sur-Mer, petit port de pêche varois. À travers leur regard et leurs mots, une plongée dans cette période contrastée, entre douleur de l’exil et douceur de vivre. » Une seule diffusion et à un horaire nocturne !

« Descendants de nazis. L’héritage infernal » de Marie-Pierre Raimbault et Michael Grynszpan 

« En 1933, après l’accession de Hitler au pouvoir, Sanary-sur-Mer, dans le sud de la France, se transforme en "capitale de la littérature allemande", selon le mot du philosophe Ludwig Marcuse, en accueillant les écrivains et les intellectuels exilés. »

« Comme son frère Heinrich, Thomas Mann s’y installe avec sa femme Katia et leurs six enfants. Alma Mahler et son mari, le poète Franz Werfel, arrivés après l’Anschluss, le romancier René Schickele et d’autres encore y trouvent aussi refuge. »

« Déjà fréquenté par des artistes européens, dont Aldous Huxley qui y a écrit Le meilleur des mondes, le port de pêche provençal offre un asile moins onéreux qu'à Paris. L’écrivain Lion Feuchtwanger y invite son ami Bertolt Brecht. Mais l’auteur de L’opéra de quat’sous, lui, ne sera pas conquis : "La Méditerranée est d’un ennui !" 

« Dès septembre 1933, Thomas et Katia Mann, quant à eux, quittent Sanary pour la Suisse avant les États-Unis. »

« Désignés "étrangers ennemis" avec le début de la guerre, certains de ces émigrés, dont Lion Feuchtwanger, seront internés. Le fragile sanctuaire disparaît. »

« À partir de lettres, de journaux intimes et de textes littéraires, ce documentaire retrace la vie de cette intelligentsia allemande, entre enchantement et mélancolie. »

« Alors qu’on brûle les livres de ces écrivains en Allemagne, à Sanary, entre le café du Dôme, le marché et la corniche, de grandes œuvres voient le jour. »

« À cette créativité, teintée de rivalités, se mêlent l’espoir du retour, la douleur de l’exil et l’effroi face à la barbarie. »

"Au fond, je suis beaucoup trop bon Allemand, et la rupture avec mon pays, qui est quasiment inévitable, me pèse et m’angoisse beaucoup", confie Thomas Mann à Albert Einstein, bientôt déchu de sa nationalité. »

« L’émouvant portrait d’un monde perdu. »

Le 19 juillet 2026, le préfet du Var a posté sur X :
"#Mémoire | Entre 1930 et 1940, plus de 400 exilés allemands et autrichiens se sont réfugiés à Sanary-sur-Mer, fuyant le régime nazi.
⚫️ Durant la Guerre, beaucoup d’entre eux ont été internés au Camp des Milles, à l’initiative de l’administration française. 
Du camp des Milles, certains, juifs, furent déportés et ne revinrent jamais des camps d’extermination.
Ces heures sombres de notre histoire s’accompagnent également de la lumière des « Justes », ces femmes et ces hommes qui ont maintenu vivante la flamme de notre devise républicaine : liberté, égalité, fraternité 🇨🇵
✅ Aujour’hui, à Sanary, aux côtés du maire de la commune et des élus, le préfet du #Var a présidé  la cérémonie de commémoration de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux « Justes » de France. 
En présence de nombreux jeunes, ils ont évoqué cette page importante et sombre de l’histoire de notre département.
#NoublionsJamais
@sanaryofficiel"

Allemagne, 2026, 53 mn
Coproduction : ARTE GEIE, Schmidt und Paetzel Fernsehfilme
Sur Arte le 1er septembre 2026 à 00 h 05 
Sur arte.tv du 24/08/2026 au 30/08/2027
Visuels :
© Feuchtwanger Memorial Library/University of Southern California (USC)
© ETH Zürich/Thomas-Mann-Archiv


jeudi 27 août 2026

La country music

Entrainante ou mélancolique, la musique country mêle des musiques traditionnelles, associe des instruments divers et est née d'influences variées : celtique, gospel des noirs américains, européenne, polka, blues, etc. Célèbre chanteuse de country music, Dolly Parton s'est inspirée de la Bible hébraïque. Arte rediffusera le 27 août 2026 à 23 h 22 « Dolly Parton : l'Amérique réconciliée », documentaire de Nicolas Maupied.

Le siècle du jazz 
« La révolution du 78 tours » par Dagmar Brendecke 
Martial Solal, pîaniste de jazz 

Entrainante ou mélancolique, la musique country mêle des musiques traditionnelles, associe des instruments divers et est née d'influences variées : celtique, gospel des noirs américains, européenne, polka, blues, etc. Elle exprime la vie des gens modestes, leurs valeurs, leurs préoccupations quotidiennes. Elle a influé le rock and roll. A Nashville (Tennessee), se trouvent de prestigieux studios de musique country. 

Le judaïsme a influé sur la country music américaine.

Dans "The secret Jewish history of Dolly Parton. The singer and philanthropist boasts an impressive command of the Jewish Bible" (Forward, 19 janvier 2023), le journaliste Seth Rogovoy a souligné combien Dolly Parton, chanteuse célèbre de country music a été influencée par la Bible hébraïque, notamment dans certaines chansons, et le rôle majeur joué par Sandy Gallin, agent artistique juif américain, qui a propulsé sa carrière à un niveau inédit : 
"Dans une interview pour « By the Book », Dolly Parton a confié au New York Times qu'un exemplaire de la Bible se trouve toujours sur sa table de nuit, à côté d'un « livre de dévotion quotidienne ». Dans « Songteller », Parton explique : « Je ne suis pas très religieuse, mais je suis très, très spirituelle. J'ai grandi dans un environnement très religieux. J'ai grandi avec un enseignement biblique, et j'en suis heureuse. »
La connaissance de Parton de la Bible juive transparaît dans plusieurs de ses chansons préférées, notamment « Coat of Many Colors » et « The Master's Hand ». La chanson « Coat of Many Colors » s'inspire de l'enfance de Parton, passée dans une relative pauvreté, et s'inspire de l'histoire biblique de Joseph. Parton chante : « Alors qu'elle [sa mère] cousait, elle raconta une histoire biblique qu'elle avait lue / À propos d'un manteau multicolore que Joseph portait… »
Dans « Songteller », Parton raconte : « Ma mère m'a confectionné ce petit manteau. Pour que je sois fière de ce petit manteau, je le sais maintenant, elle m'a raconté l'histoire de Joseph dans la Bible et de son manteau multicolore. Alors je me suis dit : "Eh bien, si c'est tiré de la Bible et que Joseph était un personnage important, il doit être très spécial et important." Puis, quand je suis allée à l'école, les enfants ne l'ont pas vu. Ils se sont contentés de se moquer de mon petit manteau. J'avais vu bien plus dans ce manteau que ce que Maman avait cousu, des choses cousues dans mon corps, mon âme, tout en moi. Maman l'avait confectionné, raconté l'histoire et rendu tout cela si réel. C'était tellement bouleversant et déchirant pour moi qu'ils s'en moquaient. Dans mon esprit, je pensais que je ressemblais exactement à Joseph. Mais les enfants ne le voyaient pas, et ça m'a anéantie. »
Sa chanson « The Master's Hand », écrite en 1971, témoigne de la profonde immersion de Parton non seulement dans les cinq livres de Moïse, mais aussi dans les Écrits, et plus particulièrement dans le livre de Daniel. La chanson commence par le récit familier de Noé :
Dans les jours précédant le déluge
Le monde est devenu méchant et corrompu.
Mais Noé était un homme bon ,
Et le Seigneur vint à lui.
Et il dit à Noé : « Va, construis une arche. »
Noé l'a fait, et le ciel s'est assombri,
Et un grand déluge détruisit tout.
Sauf Noé et sa femme
Et leurs trois fils et leurs femmes
Et une paire de chaque espèce de créature
Marcher dans le pays.
Et le peuple se moquait.
Et ils se sont moqués.
Mais le vieux Noé a travaillé jusqu'à ce que ce soit terminé,
Parce qu'il tenait la main du Maître.
Après le refrain, la chanson continue avec l'histoire moins connue de Schadrac, Méschac et Abed-Nego, trois personnages du livre de Daniel. Tous trois sont jetés dans une « fournaise ardente » après avoir refusé de se prosterner devant une image de Nabuchodonosor II, roi de Babylone. Récompensés pour leur loyauté envers Dieu, ils survivent miraculeusement au feu. Ou, comme le dit Dolly Parton :
Trois enfants hébreux dans les temps anciens
Ont été conduits dans les charbons ardents,
Parce qu'ils ne renieraient pas le Seigneur,
N'obéirait pas aux ordres.
Et la fournaise rugit comme une puissante tempête,
Mais les enfants hébreux ne voyaient aucun mal.
La flamme fut étouffée par la main du Maître… .
Shadrach, Méshach et Abed-Nego
Je n’avais pas peur des charbons ardents,
Parce qu'ils tenaient la main du Maître.
« Je connais mes histoires bibliques, comme celles que je mentionne dans cette chanson », écrit Parton dans « Songteller ».
Bien que les racines musicales de Dolly Parton plongent dans la country et le gospel, au milieu des années 1970, alors que sa carrière était au point mort, elle était prête à toucher un public plus large. Deux juifs nés à Brooklyn ont joué un rôle essentiel dans l'ascension de Parton depuis Nashville vers la célébrité pop grand public. Parton attribue tout le mérite à Sandy Gallin, l'un des agents artistiques les plus prospères des années 1970 à 1990, qui l'a aidée à atteindre un succès musical « crossover » et à se lancer dans la télévision, le cinéma et même un parc d'attractions.
En 1977, Gallin convainquit Parton d'enregistrer une chanson intitulée « Here You Come Again », écrite par le duo juif Barry Mann et Cynthia Weil. Il fit appel à un autre natif de Brooklyn, Gary Klein, pour produire la chanson et l'album du même nom. Le single entra dans le Top 20 des albums pop et fut à l'origine de son premier succès pop au Top 10 ; l'album fut son premier à se vendre à des millions d'exemplaires. (D'ailleurs, son succès pop ne se fit pas au détriment de sa crédibilité country ; la chanson resta en tête du classement des singles country pendant cinq semaines.) La chanson valut également à Parton son tout premier Grammy Award, celui de la meilleure voix country féminine. Au cours des années suivantes, Klein produisit plusieurs autres tubes pour Parton.
Mais pour Gallin, les choses ne s'arrêtèrent pas là. Il convainquit Parton d'ouvrir le parc d'attractions « Dollywood » dans le Tennessee, et tous deux cofondèrent une société de production, Sandollar, dont les nombreux succès furent le film de Steve Martin « Le Père de la mariée » et la série télévisée à succès « Buffy contre les vampires ». Les producteurs remportèrent un Oscar en 1990 pour leur documentaire sur le sida, « Common Threads: Stories from the Quilt ». Gallin produisit également les films « Rhinestone » et « Straight Talk » avec Parton. Parton commémora son amitié et sa loyauté envers Gallin en écrivant « Sandy's Song », chantée sur l'air de « Greensleeves ».
Dans « Songteller », Dolly Parton écrit à propos de Gallin : « Nous étions si proches et notre relation était si tendre. Nous venions de deux mondes complètement différents, mais le courant est passé, d'une certaine manière. C'était un de ces amis que l'on trouve et dont on sait qu'ils resteront amis pour toujours. » Pendant un temps, ils ont même partagé un appartement dans l'Upper East Side de Manhattan. Après la mort de Gallin en 2017, Parton a confié à un journaliste : « Personne ne comprenait vraiment comment la chrétienne du Sud et le juif new-yorkais pouvaient avoir autant en commun. Mais c'était réel. »
"Né au Texas et élevé dans le Sud, Joe Buchanan fait de la musique country imprégnée de Torah. La musique de Joe met en valeur les valeurs, la Torah et l'histoire du peuple juif pour livrer des histoires imprégnées de la lutte et du triomphe de l'esprit humain, tout en louant D.ieu pour la bonté de la vie... Environ 13 ans après son mariage, Joe Buchanan a découvert que sa femme était juive. Grâce à cette découverte, leur famille a pris un chemin qui allait tout changer. Du premier cours et ses innombrables questions au mikvé et au-delà, le judaïsme a répondu à toutes les questions spirituelles" de l'artiste qui s'est converti au judaïsme. "Joe Buchanan a sorti son premier album, Unbroken, et en 2020 a sorti son deuxième album, Back From Babylon".

Arte propose « Country. This is America ! » Programmation spéciale country avec 2 documentaires inédits "Dolly Parton, l'Amérique réconciliée", "Rebel Country" et la série documentaire de Ken Burns "Country ».

La série documentaire « Country Music . Une histoire populaire des États-Unis » de Ken Burns « raconte la passionnante histoire des hommes et des femmes qui ont créé la Country Music, cette forme musicale si fortement ancrée dans la culture américaine. Regard chronologique sur l'évolution du genre, depuis ses débuts dans l’Amérique profonde des années 1930 jusqu’à la fin du 20ème siècle, où elle devient un véritable phénomène mondial. »

« Dolly Parton : l'Amérique réconciliée »
Arte rediffusera le 27 août 2026 à 23 h 22 « Dolly Parton : l'Amérique réconciliée », documentaire de Nicolas Maupied.

« Reine absolue de la country music, Dolly Parton parvient à rallier l’Amérique fracturée à sa choucroute peroxydée et à ses paradoxes assumés. Portrait d’une immense artiste et d’une icône à l’irrésistible espièglerie. » 

« Depuis près de soixante ans, elle enchante l’Amérique à coups de hits devenus planétaires, de "Jolene", reconverti brûlot indie rock par les White Stripes, à "I Will Always Love You", dont la reprise par Whitney Houston reste la chanson d’une artiste femme la plus vendue de tous les temps. »

« Choucroute peroxydée et combinaisons moulantes à paillettes, la reine absolue de la country a su en outre s’attirer tous les suffrages par ses aphorismes – les "dollismes" – et sa générosité de businesswoman philanthrope. »

« Immense auteure-compositrice-interprète autant que virtuose de l’autodérision – "Ça coûte cher d’avoir l’air bas de gamme !" –, Dolly Parton, née en 1946, grandit en Cendrillon dans un cabanon sans eau ni électricité des Appalaches auprès de onze frères et sœurs, avant d’emporter, à 17 ans, sa voix de soprano, sa guitare et son rêve de devenir star dans un car pour Nashville. »

« Sûre de son talent, celle qui d’emblée prévient "Just because I'm blonde, don't think I'm dumb" ("Juste parce que je suis blonde, ne crois pas que je suis idiote") s’émancipe vite de ses pygmalions pour écrire trois mille chansons et vendre cent millions de disques au cours d’une carrière hors norme. »

« Jouant de sa caricature, l’autoproclamée Backwoods Barbie ("Barbie de la cambrousse"), titre d’un album de 1967, s’honore de servir de modèle aux drag-queens : "Si j’avais été un garçon, j’en aurais été une, c’est sûr"… »

« Plus équitable qu’engagée, mais surtout courageuse et maligne, Dolly, qui a ouvert un parc d’attractions à son nom dans le Tennessee, sait faire entendre la voix de la tolérance. En plein mouvement Black Lives Matter, cette fille du Sud profond rappelle ainsi : "Il n’y a pas que nos petits culs de blancs qui comptent." Taylor Swift, qui se réclame de son héritage, raconte que, lors d’un concert, son aînée pré #MeToo aurait taclé un importun qui lui hurlait sa flamme d’un sobre : "Je t’avais dit de rester dans le camion."

« Retraçant la flamboyante carrière de cette légende vivante de la country – vénérée par Beyoncé qui, à son tour, a repris "Jolene" –, ce documentaire montre comment Dolly Parton, icône queer, a su conjuguer extrême artificialité et vraie profondeur. »

« Car derrière ses extravagants costumes et son maquillage outrancier, la "Mae West de Nashville", attachée à ses Appalaches natales, raconte dans ses textes son intimité et sait y insuffler la gravité d’enjeux de société. »

Elle aborde aussi dans ses chansons des faits de société : une adolescente enceinte attend en vain son compagnon, des enfants mettent le feu à la maison de correction où ils ont été maltraités, etc.

« Avec sa musique, un inébranlable optimisme qui voile sa mélancolie, et son espièglerie, "sainte Dolly" réussit à fédérer une Amérique fracturée, ralliant à sa bannière colorée Blancs et Noirs, progressistes et conservateurs. »

« Féministe par le parcours plus que par le discours, elle s’investit dans de justes causes, pourvoyant en bibliothèques les enfants privés de livres ou participant en 2020 au financement  de la recherche sur le vaccin contre le Covid-19. »

« Au fil de ses apparitions télévisées explosives et en chansons, le réjouissant portrait d’un phénomène attachant qui n'a jamais rendu de comptes qu’à Dieu. » 

Dolly Parton est décédée le 25 août 2026. Le Président conservateur Donald Trump a ordonné la mise en berne des drapeaux américains sur le territoire des États-Unis durant une semaine.


« Reine absolue de la country, autrice-compositrice de trois mille chansons, lady Parton a mêlé mélos et mélodies, refrains et odes pré #MeToo. Portrait en cinq titres entrés au panthéon du genre. Par Sylvie Dauvillier.

1970 – "Down from Dover"
"Mon corps se tord, c’est le moment"… D’une déchirante pudeur, "Down from Dover" conte la tragédie d’une adolescente abandonnée par son amant dont elle espère le retour. Rejetée par tous, elle met seule au monde une enfant mort-née. Reprise par Nancy Sinatra et Marianne Faithfull, la chanson dénonce, en 1970, le sort réservé aux filles-mères et l’hypocrisie de la société. Dolly Parton la considère comme l’une de ses plus belles.

1971 – "Coat of Many Colors"
"Même si nous étions pauvres, j'étais riche…" Avant de caracoler en tête des hits et d’arborer faux cils et vestiaire kitsch, cette fille des Appalaches a grandi dans la misère, mais aussi dans l’amour. Un jour, elle subit les sarcasmes de ses camarades à cause d’un manteau de chiffons cousu par sa mère. Plébiscité par l'Amérique chrétienne pour sa référence biblique à la tunique multicolore de Joseph, ce titre autobiographique devient, dans les années 1980, un hymne de la communauté gay, qui se reconnaît dans cette ode à la différence qui transforme la honte en fierté.

1973 – "Jolene"
"Jolene. Jolene. Jolene. Joleeeene, je t’en supplie, ne prends pas mon homme…" Hymne viral plus de trente ans après sa sortie avec les reprises des White Stripes, de Taylor Swift ou de Beyoncé, "Jolene" ‒ le prénom d’une fan en mal d’autographe ‒, met en scène une blonde priant sa rivale rousse de renoncer à son offensive de séduction. Refrain entêtant et déluge émotionnel, la ballade détruit le cliché machiste de la jalousie hystérique entre femmes pour plaider la compassion.

1974 – "I Will Always Love You"
"Si je devais rester, je ne ferais que t’encombrer…" En la reprenant pour la B.O. de Bodyguard, Whitney Houston a offert à cette poignante chanson d’adieu un tour du monde phénoménal ‒ le single le plus vendu de l’histoire par une artiste féminine ! ‒ et à Dolly Parton quelques millions de dollars en plus. À l’origine, la reine de la country y annonçait sa rupture à Porter Wagoner, pygmalion qui l’avait lancée avant d’être dépassé par son succès.

1980 – "9 to 5"
"Travailler de neuf à cinq, quelle façon de gagner sa vie !" Quand Dolly, boostée par Hollywood et la comédie culte 9 to 5 – Comment se débarrasser de son patron, avec Jane Fonda et Lily Tomlin, devient pop star… Sur un rythme disco qui, quarante ans avant #MeToo, dénonce les cadences infernales de secrétaires harcelées, l’icône country devient celle des travailleurs opprimés pour se hisser au sommet de la culture populaire américaine. »


France, 2024, 53 min
Coproduction : ARTE France, O2B Films 
Auteurs : Stéphane Davet et Nicolas Maupied 
Sur Arte les 10 août 2025 à 22 h 40, 27 août 2026 à 23 h 22
Sur arte.tv du 02/05/2025 au 06/08/2025
Sur arte.tv du 25/08/2026 au 24/02/2027
Visuels : © O2B FILMS


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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 1er août 2025.