Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 31 août 2021

Nina Simone (1933-2003)

Nina Simone (1933-2003) était une p
ianiste, chanteuse, compositrice et arrangeuse musicale ainsi qu'une militante américaine pour les droits civiques aux États-Unis. Son registre incluait le jazz, le blues, la soul, le R&B, le folk, le gospel. Arte diffusera le 4 septembre 2021 « Nina Simone - Live at Montreux 1976 » de Jean Bovon. Un article plagié par Ilana Ferhadian, journaliste, sur Radio J, les 2 et 3 septembre 2021.

Le siècle du jazz 
« La révolution du 78 tours » par Dagmar Brendecke 
Martial Solal, pîaniste de jazz 

Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan et Billie Holiday, Nina Simone (1933-2003) composent le carré d'as des meilleures chanteuses de jazz.

Certains ont découvert Nina Simone, interprète émouvante de « Ne me quitte pas  », chanson de Jacques Brel.


Nina Simone (1933-2003) est née dans une famille pauvre méthodiste.

Elle aspire à devenir la « première concertiste classique noire en Amérique ».

En 1950, elle sort major de sa promotion du lycée Allen, pensionnat pour enfants noirs surdoués.

Durant l’été 1950, à la Juilliard School, sous la férule de Carl Friedberg, elle prépare l’audition d’entrée au Curtis Institute of Music de Philadelphie. Mais elle essuie un échec qu’elle attribue au racisme. Ce que nie cet Institut.

Tout en suivant les cours de Vladimir Sokhaloff, elle gagne sa vie en travaillant auprès d’un photographe, puis comme pianiste d’une professeure de chant et au Midtown Bar & Grill à Atlantic City.

En 1954, pour dissimuler à ses parents son métier de chanteuse dans un cabaret, elle choisit comme nom d’artiste, Nina Simone – Simone par admiration pour Simone Signoret.

Elle se constitue un public admiratif.

En 1955, elle fait la connaissance de Tex Axelrod qui l’invite à interpréter I Loves You, Porgy, chanson de l'opéra Porgy and Bess de George Gershwin.

Pour le label King Records, Nina Simone enregistre un premier disque.

En 1957, le label Bethlehem Records lui fait enregistrer I Love You, Porgy. Un succès.


L’année suivante sort son premier album, Little Girl Blue qui comprend notamment My Baby Just Cares for Me (littéralement « Mon bébé ne s'occupe que de moi »), une chanson d'amour de jazz blues du compositeur Walter Donaldson et du parolier Gus Kahn, pour la comédie musicale américaine de Broadway Whoopee! (1928), suivi du film musical Whoopee! de Thornton Freeland (1930) avec Eddie Cantor. En 1987, une publicité du parfum No 5 de Chanel, réalisée par  Ridley Scott avec Carole Bouquet, reprend ce titre qui se hisse aux premières places des classements musicaux mondiaux. Comme Nina Simone a vendu à Bethlehem Records ses droits sur cet album pour 3 000 $, elle ne bénéficie pas de ce succès financier. 


Le registre de Nina Simone inclut le jazz, le blues, la soul, le R&B, le folk et le gospel.

De son mariage en 1961 avec Andrew Stroud, policier devenu son manager, nait sa fille, Lisa Celeste Stroud en 1962.

Dans les années 1960, Nina Simone milite pour les droits civiques des Noirs américains, et affine sa conscience politique en discutant sur Marx ou Lénine. 

Le 12 avril 1963, Martin Luther King est arrêté à Birmingham (Alabama) ; Nina Simone donne un récital au Carnegie Hall. En juin, elle offre les recettes d’un autre à la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), et en août participe, dans le stade d'une université noire, au premier concert multiracial de cet État. 

Téléspectatrice, elle assiste à la télévision à la marche sur Washington pour l'emploi et la liberté, culminant par le discours de Martin Luther King « I have a dream ».

En 1964, son passage de Colpix à Philips s’accompagne d’un tournant dans ses chansons : d’une thématique afro-américaine (Brown Baby) à une revendication pour l’égalité raciale aux Etats-Unis (Mississippi Goddam, Old Jim Crow, Strange Fruit, Four Women).

Elle prononce un discours politique lors de la Marche de Selma à Montgomery en 1965.

Nina Simone soutient une démarche de changement politique par la violence.

Elle rend hommage à Martin Luther King assassiné dans sa chanson Why? (The King Of Love Is Dead). 


La décennie 1970 est marquée par son divorce, ses démêlés avec le fisc et son exil à La Barbade et, sur les conseils de Miriam Makeba, au Libéria, en Suisse, aux Pays-Bas et en France (1981-1983).

Sa vie est perturbée par se problèmes psychiatriques (troubles bipolaires).

En 1992, Nina Simone publie son autobiographie, I Put a Spell on You, dont s’inspire Frank Lords pour son documentaire Nina Simone : la légende.

Sept ans plus tard, Nina Simone est distinguée par le Music Award à Dublin, et, en 2000 par le Diamond Award for Excellence in Music de l'Association de la musique afro-américaine de Philadelphie.

A Paris, l'allée Nina Simone est située sur la place de l'Île-de-Sein, dans le XIVe arrondissement.

Documentaires et biopics
En 2014, Jeff Lieberman réalise "The Amazing Nina Simone" (122 minutes). "Années 60 : grâce à un style unique et des pamphlets musicaux comme "Mississippi Goddam", Nina Simone devient une vedette aux États-Unis pour sa vision sans concession de la libération noire. Aujourd'hui, 11 ans après sa mort, Nina est plus populaire que jamais. Avec de nouvelles perspectives sur sa carrière avortée de pianiste classique, sa reconnaissance mondiale grâce au jazz, du Sud ségrégationniste aux droits civiques et à son exil en France, le film saisit l'héritage d’une artiste singulière."



En 2015, Liz Barbus réalise le documentaire What Happened, Miss Simone? (Netflix, 1 h 42 minutes) présenté en ouverture du Festival du film de Sundance 2015. 

"L'histoire de la chanteuse de légende Nina Simone, mêlant des enregistrements jamais diffusés à de rares images d’archives, le tout bercé par ses plus grands succès". "Nommé aux Oscars, ce portrait d'une icône controversée a remporté l'Emmy du meilleur documentaire".

Parallèlement, est sorti Nina Revisited.. A Tribute To Nina Simone, album de reprises des plus grands titres de Nina Simone.


En 2016, sort Nina, biopic réalisé par Cynthia Mort avec Zoe Saldana, David Oyelowo et Kevin Mambo. Zoe Saldana "avait fait l'objet de vives critiques en raison de ses origines sud-américaines et de son teint trop clair. Pour les besoins du film, Zoe Saldana avait d'ailleurs dû passer par la case maquillage pour faire foncer sa peau et avait porté une prothèse lui épaississant l'arête du nez."

En 2020, "l'actrice de 42 ans a affirmé qu'elle regrettait d'avoir accepté le rôle qui aurait dû revenir, selon elle, à une actrice afro-américaine. «Je n'aurais jamais dû jouer Nina», confesse Zoe Saldana dans une vidéo relayée par le Huffpost. « J'aurais dû faire tout ce qui était en mon pouvoir, avec les leviers que j'avais il y a dix ans, pour confier le rôle à une femme noire pour qu'elle puisse incarner le rôle d'une femme noire exceptionnelle », poursuit l'actrice très émue".

« Je pensais à l'époque que j'avais la permission parce que j'étais une femme noire. Je le suis. Mais il s'agissait de Nina Simone. Nina a eu un parcours et une vie qui doivent être honorés dans le moindre détail. Sa voix, ses opinions, sa vision, sa musique et son art, tout était unique. Elle était si honnête, elle méritait mieux », déplore Zoe Saldana, qui finit par s'excuser dans un sanglot".

« Je vais vous dire ce que la liberté signifie pour moi : ne pas avoir peur. J'entends par là ne vraiment pas avoir peur», se défendait Zoe Saldana lors de la sortie du film, citant ainsi Nina Simone." 

"Cependant, l'entourage de la chanteuse décédée en 2003 lui avait sèchement répondu sur Twitter, la priant de ne plus jamais parler de «Nina» pour le restant de ses jours".


Judaïsme, Juifs et Israël
"En 1962, Nina Simone a intégré à son répertoire la chanson folklorique israélienne Eretz Zavat Chalav U'Dvash (« Le pays où coulent le lait et le miel », en hébreu) - cette expression revient à 21 reprises dans la Torah
. En 1963, elle l'a interprétée avec une autre chanson israélienne intitulée "Vaynikehu" selon le programme, au Carnegie Hall, en habillant ces sons anciens de son style", un "mélange exquis de joie et de nostalgie"Nina Simone a su capturer "à la fois la nostalgie de quelqu'un en exil et le souvenir lointain du bonheur d'être chez soi", en Terre d'Israël (Eretz Israël). Nina Simone a séjourné en Israël durant plusieurs semaines. « Elle a trouvé la paix avec des musiciens là-bas, et à la plage », a affirmé le documentariste Jeff Lieberman.

"Il est probable que Nina Simone ait appris cette chanson de Shlomo Carlebach [rabbin, compositeur, interprète, Nda], qu'elle a rencontré dans les années 1950, alors qu'ils débutaient tous deux dans leur carrière."

"Soul Doctor - Journey of a Rockstar Rabbi" est une comédie musicale (musical) de Broadway évoquant la vie du rabbin Shlomo Carlebach et son amitié avec Nina Simone - celle-ci l'a familiarisé avec la soul et le gospel -, avec des musiques et paroles de Shlomo Carlebach et David Schechter,  dans une mise en scène de Daniel Wise. Elle a été créée en 2013.


Sur son album Pastel Blues (1965), Nina Simone a aussi repris la chanson "Strange Fruit" (« fruit étrange »), tirée d'un poème écrit et publié en 1937 par Abel Meeropol (1903-1986). Auteur-compositeur et librettiste américain juif célèbre sous son nom d'artiste Lewis Allan, Abel Meeropol a composé la musique de cette chanson fustigeant les lynchages de Noirs américains, dans le Sud des Etats-Unis. Cette chanson est interprétée par Laura Duncan en protest song sur les scènes de New York, notamment au Madison Square Garden, à la fin des années 1930. Billie Holiday l'a chantée pour la première fois en 1939, au Café Society de New York et l'a popularisée.

Le « strange fruit » est le corps d'un Noir pendu à un arbre :
"Southern trees bear a strange fruit
Blood on the leaves and blood at the root
Black bodies swingin' in the Southern breeze
Strange fruit hangin' from the poplar trees".


En mars 2015, Ester Rada, chanteuse israélienne d'origine éthiopienne, a rendu hommage à Nina Simone, dans un EP, I Wish, composé de 4 titres, dont Four Women, qui définit quatre styles de femmes Noires.


En avril 2015, Yael Naim a interprété "Plain Gold Ring de Nina Simone, au festival de Bourges, pour l'hommage qui lui était consacré. C'était un honneur de pouvoir interpréter un de ses titres. Cette femme dégageait une force incroyable et c'est ce que j'admire : elle a su transformer sa rage en un chant puissant et émouvant". (L'express, 25 mai 2015)

Ilana Ferhadian et Radio J
Le 1er septembre 2021, Ilana Ferhadian, journaliste sur Radio J, a lu un billet hommage à la chanteuse Nina Simone en reprenant de nombreuses phrases de mon article sur cette artiste.  

Sur les réseaux sociaux, je l'ai interpelée :
"Bonjour Ilana Ferhadian. 
Ce 1er septembre au matin, vers 7 h 15, sur Radio J, vous avez évoqué Nina Simone en reprenant de nombreuses phrases de mon article sur cette artiste : http://www.veroniquechemla.info/2021/08/nina-simone-1933-2003.html.
Mais vous ne m'avez pas citée comme votre source essentielle. Pourquoi ?
Ce n'est pas la première fois. 
Je m'exprime publiquement, car Radio J n'a pas répondu à mon précédent message.
Je souhaite que vos plagiats ne deviennent pas systématiques. Cela n'est pas très professionnel, pas très éthique.
Par élégance, on cite ses consœurs. A fortiori, quand on lit gracieusement mes articles et quand on est salariée.
Peut-être pourriez-vous, avec le directeur de publication de Radio J dont la responsabilité juridique est engagée, à titre de dommages et intérêts pour vos plagiats et en règlement amiable, effectuer un don à mon blog.
Je vous remercie tous deux pour votre générosité".

Le 3 septembre 2021, Radio J a rediffusé vers 7 h 15 et 8 h 46 cette chronique ou "Carte blanche" d'Ilana Ferhadian intitulée "Nina Simone, son rapport avec les juifs et Israël" et plagiant mon article. Toujours sans me citer comme sa source.

Eh oui, cela se passe ainsi sur Radio J, dont Alexis Lacroix est le directeur de la rédaction, Nellu Cohn le directeur des antennes, Marc Eisenberg et Dominique Romano sont les propriétaires !

« Nina Simone - Live at Montreux 1976 »
Arte diffusera le 4 septembre 2021 « Nina Simone - Live at Montreux 1976 » de Jean Bovon.

« Un légendaire concert enregistré à Montreux en 1976 au cours duquel la diva de la soul donne toute sa démesure ».

« Sur les cinq concerts que Nina Simone, disparue en 2003, donna au festival de jazz de Montreux, celui enregistré le 3 juillet 1976 est le plus mémorable et le seul dont il subsiste une vidéo ». 

« Sanglée dans une petite robe élégante, la reine de la soul et du blues apparaît, tendue et altière, puis se laisse dérider par une facétie du public, avant de s’installer au piano ». 

« Déclarant qu’elle souhaite "commencer par le commencement", elle démarre par un morceau de son premier album, "Little Girl Blue", lancé par une superbe introduction classique ». 

« Ce préambule rappelle que Nina Simone a travaillé d’arrache-pied à ses débuts pour devenir concertiste, un rêve brisé par la ségrégation et ses origines sociales, dont elle gardera une plaie ouverte à jamais ». 

« Le public est saisi par sa voix magnifique et déchirante, sa virtuosité au piano et sa présence chaleureuse ». 

« Toujours sur le fil, Nina Simone se raconte avec émotion, entre les morceaux "Backlash Blues", "Be My Husband", "Feelings", etc., qu’elle interprète seule au piano ou accompagnée d’un batteur ». 

« Pour finir, elle fait venir sur scène un percussionniste sénégalais et livre une danse africaine libératrice. Une prestation mémorable. »



Suisse, Royaume-Uni, 1976, 73 min
Production : Montreux Sounds SA
Sur Arte le 4 septembre 2021 à 00 h 10 et 30 septembre 2021 à 5 h
Disponible sur arte.tv du 27/08/2021 au 31/12/2021
Visuels
Nina Simone en " Live in Montreux" 1976: Seule au piano, ou accompagnée de son batteur
© Courtesy of Mercury Studios

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