Citations

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mercredi 16 septembre 2026

« Sous toutes les coutures - Le vêtement au travail »

Le Musée postal propose l’exposition « Sous toutes les coutures - Le vêtement au travail ». « L’histoire sociale, sociétale et culturelle du vêtement professionnel du XVIIIe siècle à nos jours, à travers les collections exceptionnelles du Musée postal et de pièces d’autres grandes institutions. Les vêtements au travail racontent les rapports de pouvoir, le désir d’émancipation et les conquêtes sociales, les mutations du travail et les combats menés pour la dignité des travailleurs et des travailleuses ».
 
L’histoire sous les pieds. 3000 ans de chaussures 

« Plus qu’une simple garde-robe professionnelle, le vêtement de travail raconte deux siècles d’histoire sociale, d’émancipation et de luttes. Témoin silencieux mais révélateur des bouleversements du monde du travail, de l’évolution des mœurs et de la société, il porte en lui les traces de nos combats pour la dignité, l’égalité et la reconnaissance. Partons à sa rencontre et remontons le temps… Le vêtement de travail, une mémoire collective à (re)découvrir ».

« Uniformes historiques, bleus de travail, créations inédites... Un patrimoine textile unique révélé au grand public, incluant un grand nombre de pièces et d’œuvres provenant d’institutions patrimoniales prestigieuses (BNF, Musée d’Orsay…) et de collections privées, pour certaines d’entre elles présentées pour la première fois. »

« Le vêtement de travail n’est pas qu’un uniforme. C’est la seconde peau de notre histoire sociale. »

« Endosser un uniforme, enfiler un bleu de travail, porter une tenue d’entreprise... Ces gestes quotidiens, si anodins en apparence, tissent en réalité l’histoire intime de nos sociétés. »

« Ils racontent les rapports de pouvoir, le désir d’émancipation et les conquêtes sociales, les mutations du travail et les combats menés pour la dignité des travailleurs et des travailleuses. »

« Pour la première fois, le Musée Postal dévoile les trésors de ses collections textiles pour raconter deux siècles d’histoire du vêtement professionnel. De l’uniforme de postillon de 1786 aux tenues éco-conçues d’aujourd’hui, l’exposition « Sous toutes les coutures » offre un regard inédit sur ces habits qui nous définissent autant qu’ils nous contraignent. » Un vêtement de travail qui a généralement disparu à La Poste.

« Une visite immersive où la douce nostalgie des images d’Épinal, évoquées par ces tenues emblématiques, nous plonge au coeur de ces luttes et de ces combats, aux côtés de celles et de ceux qui les ont menés. »

Une histoire incarnée
« Pourquoi le bleu de travail est-il devenu l’emblème du monde ouvrier ? Comment les femmes ont-elles conquis leur place dans le vestiaire professionnel ? Quand l’uniforme cesse-t-il d’être militaire pour devenir véritablement civil ? Pourquoi est-on fier de le porter ? Autant de questions auxquelles répond cette exposition à travers un parcours sensible et documenté. »

« En trois grands actes – « Parures d’autorité : l’uniforme comme langage du pouvoir », « Parures de protection : la naissance du vêtement de travail » et « 1990-2025 : quand la mode rencontre l’engagement » – le visiteur découvre comment le vêtement professionnel reflète les grandes transformations de notre société : industrialisation, émancipation féminine, démocratisation, mondialisation. »

Un marqueur social
« L’exposition montre également une véritable « hiérarchie du paraître », révélatrice des inégalités inscrites dans le Code du travail comme dans le Code civil. »

« Ainsi, le vêtement de travail, véritable « uniforme civil », entend codifier les apparences et les identités au travail : faisant de celui qui le porte l’incarnation d’une fonction, l’émanation de son entreprise ou de son administration. Un pan d’histoire rarement raconté, ici exposé avec justesse et mesure. »

Une absence révélatrice
« L’un des aspects les plus émouvants de l’exposition réside dans l’absence. L’absence d’un vestiaire professionnel féminin pendant plus d’un siècle et demi. Cette invisibilité vestimentaire traduit un refus de reconnaissance : refus d’accorder aux femmes « l’étoffe du travailleur » alors même qu’elles en ont endossé le rôle dès le début du XXe siècle, avec le départ des hommes pour le front lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale. »

« Il faudra encore attendre un demi-siècle et les années 1970 pour que l’uniforme civil, débarrassé de ses oripeaux militaires, puisse habiller les deux sexes à égalité ».

Quand l’uniforme s’ouvre aux créateurs
« L’exposition révèle une rencontre inattendue : celle où les grandes maisons de couture – Balenciaga, Balmain, Carven, Fanchon Le Fouler – prêtent leur signature aux uniformes du service public. Une rencontre inattendue entre élégance parisienne et exigences professionnelles, entre image de marque et contraintes du terrain. » 

« Aujourd’hui, la tenue professionnelle incarne de nouveaux enjeux : éco-conception, économie circulaire, traçabilité éthique. »

« Des marques comme Armor Lux et Cepovett réinventent le vêtement de travail en conjuguant performance technique, responsabilité sociale et design contemporain. » 

« Une séquence finale entre glamour et exemples tricolores qui nous ramène avec subtilité et optimisme vers notre quotidien : l’occasion de faire le point sur le chemin parcouru ! »

« Avec ses dessins dynamiques et sa mise en page inspirée des mangas, un livret-jeux pour le jeune public donne immédiatement envie de parcourir l’exposition aux côtés de Léa et Max. Au fil de ses 12 pages, les enfants découvriront 6 petites activités (signalées en rouge) et profiteront d’un livret que l’on emporte volontiers à la maison, pour prolonger le plaisir… et garder un souvenir de la visite  ».

Les commissaires de l’exposition sont Didier Filoche, « responsable du Service des collections d’histoire postale au Musée Postal depuis 2018. Diplômé en sciences de l’information, il entre au musée en 1991. Passionné par le patrimoine historique postal, chargé de son étude et de sa conservation, il en est un des spécialistes. Le patrimoine textile l’intéresse tout particulièrement », et Elodie Goëssant, « co-commissaire de l’exposition, est chargée de conservation des collections d’histoire postale au Musée Postal depuis 2018. Docteure en Histoire de l’art de l’université Paris-Sorbonne IV, elle contribue à l’étude, la conservation et la valorisation des collections, et plus spécifiquement des fonds de peintures et arts graphiques. En 2022, elle fut commissaire de l’exposition « Jouez, Postez ! » consacrée aux jeux et jouets inspirés de l’univers postal. »

Le Comité scientifique de l'exposition
« Pascal Aumasson
Conservateur du patrimoine honoraire, il a dirigé le musée d’Art et d’Histoire de Saint-Brieuc, le port-musée de Douarnenez, le musée de Bretagne à Rennes et le musée des Beaux-Arts à Brest. Outre ses publications de catalogues, il a abordé l’histoire textile avec Kabig, le destin d’un habit de grève (2020) et Habits de travail, du labeur à la mode (2022).

Jérémie Brucker
Docteur agrégé, il est historien du vêtement et du monde du travail. Chercheur associé du laboratoire TEMOS (Temps Mondes, Sociétés) CNRS, à l’Université d’Angers, sa thèse « Avoir l’étoffe. Une histoire du vêtement professionnel en France des années 1880 à nos jours » a reçu le prix Rolande Trempé (2020) de l’Association française pour l’histoire des mondes du travail.

Jean-Pierre Lethuillier
Maître de conférences honoraire en Histoire moderne (université Rennes 2). Ses recherches portent sur l’histoire des costumes régionaux et des vêtements en général. Il a été directeur puis directeur-adjoint du Groupe d’Intérêt Scientifique Acorso (Apparences, Corps et Sociétés) de 2015 à 2025 et a dirigé trois publications (aux Presses Universitaires de Rennes) : « Des Habits et nous. Vêtir nos identités », 2007, « Les costumes régionaux entre mémoire et histoire », 2009, et (en co-direction avec Gabriele Mentges), « Le Patrimoine textile des musées européens », 2024 » 

FOCUS : UNE SCÉNOGRAPHIE IMMERSIVE
« Dès le franchissement des portes du musée, le public est  plongé dans l’univers de l’exposition. »
« Pour la première fois, le majestueux hall d’entrée accueillera plusieurs pièces conçues pour capter l’attention : un casier de tri postal transformé en matériauthèque, une cabine d’essayage – photomaton et plusieurs présentations artistiques de vêtement postaux upcyclés. »
« Véritable invitation à la découverte, cette scénographie immersive décloisonne les espaces : entre exposition permanente et temporaire, entre intérieur et extérieur. »
« Le parcours se poursuit ensuite au sein de l’exposition selon un déroulé linéaire et chronologique retraçant l’histoire sociale, technique et économique du vêtement de travail depuis le XVIIIe siècle. »
Il met en regard le « vêtement d’image », porté par les professionnels en contact avec le public, et l’« habit de travail », associé aux métiers de l’arrière. Soumis à des enjeux distincts, ces deux archétypes dialoguent, s’influencent et parfois se rejoignent. À certains moments du parcours, le visiteur pourra ainsi découvrir des pièces situées à la croisée de ces deux univers. »


PARCOURS DE L’EXPOSITION

« Embarquons pour un voyage à travers deux siècles d’histoire sociale, articulé en trois temps forts qui révèlent l’évolution du rapport au travail, à l’autorité, au corps et à l’identité. »

AXE 1 – PARURES D’AUTORITÉ
« L’uniforme : langage du pouvoir, outil de discipline, symbole d’appartenance ». 

« Un des premiers uniformes civils apparaît en 1786, lorsque Louis XVI codifie la tenue des agents de la poste aux chevaux. Ces travailleurs qui ne sont ni militaires ni domestiques reçoivent une tenue réglementée. Ce geste marque la volonté de l’État d’user du vêtement pour incarner son autorité et organiser ses services. »

Le modèle militaire comme matrice
« Tout au long du XIXe siècle, l’uniforme civil emprunte ses codes au vestiaire militaire : coupes martiales, galons dorés, boutons brillants, cocardes tricolores. Cette influence n’est pas anodine. Elle vise à discipliner les agents, à exiger obéissance et dévouement. »

« Porter l’uniforme, c’est intérioriser une hiérarchie, accepter une place dans un corps constitué. »

« Le Second Empire (1852-1870) porte cette logique à son paroxysme : Napoléon III impose un caractère résolument militaire aux uniformes de tous ses fonctionnaires. »

« Gendarmes, policiers, facteurs arborent des silhouettes qui les distinguent nettement de la population. »

Uniformiser, hiérarchiser, identifier
« Sous la IIIe République, l’uniformisation vestimentaire accompagne la construction de l’espace et du récit national. Il s’agit d’incorporer les Français à la République. Les couleurs (bleu de roi, rouge garance, kaki) deviennent des marqueurs d’appartenance. »

« Les galons, passepoils et insignes organisent une lecture visuelle immédiate des grades et des fonctions. »

« Cette hiérarchisation vestimentaire n’est acceptée que lorsqu’elle élève celui qui porte l’uniforme, lorsqu’elle procure de la considération. »

« L’apparente uniformité cache en réalité une multitude de signes distinctifs que seuls les initiés savent décrypter. »

Vers un uniforme véritablement civil
« Au XXe siècle, l’uniforme se détache progressivement de l’influence militaire. Les organisations rationalisent leurs vestiaires, simplifient les ornements, suppriment l’uniforme des cadres dirigeants. Dans les années 1960-1970, les sigles remplacent les cocardes. Les coupes s’inspirent de la mode pour rajeunir l’image et créer une nouvelle proximité avec le public. »

L’absence marquante : le vestiaire féminin
« Pendant plus d’un siècle, les femmes sont reléguées aux marges du système vestimentaire professionnel. Elles doivent se contenter d’un tablier noir standardisé ou de quelques pièces essentielles. »

« Il faut attendre les années 1940-1960 pour que certaines administrations commencent à doter leurs employées d’éléments d’uniforme. »

« Mais c’est seulement dans les années 1970, lorsque les uniformes adoptent un genre plus neutre, qu’ils peuvent enfin être portés par les deux sexes. La loi de 1975 impose un égal accès aux concours de la fonction publique. Le vêtement suit cette évolution. »

AXE 2 – PARURES DE PROTECTION
« Naissance et évolution du vêtement de travail : de la blouse de campagne aux normes de sécurité ».

« Longtemps, le vêtement de travail n’existe pas en tant que tel. Il se résume à des adaptations du vêtement quotidien, bricolées par les travailleurs eux-mêmes : superposition de chemises, ajout de plastrons, confection de jambières... Ces protections empiriques répondent aux « savoirs populaires sur le corps » : garder le chaud, contrer le mouillé, parer aux dangers. »

La blouse de campagne, une pionnière
« Dès les années 1830, la blouse de campagne fait exception. Ample, solide, appréciée des cultivateurs, elle se diffuse partout en France. Portant les signes d’une appartenance régionale, elle se prête déjà à la confection industrielle et marque la transition entre deux mondes : celui du vêtement auto-produit et celui du vêtement fabriqué en série. »

Inventer le vêtement de travail
« À la fin du XIXe siècle, plusieurs conditions se réunissent pour qu’apparaisse un vêtement de travail codifié. L’industrialisation transforme les ateliers et les usines. Le machinisme impose de nouvelles contraintes. Influencés par la pensée hygiéniste, les industriels et l’État élaborent les premières normes de protection. »

« Parallèlement, les fabricants textiles prennent conscience de l’énorme marché que constitue le vêtement de travail. Des marques puissantes comme Aux Deux Villageois, Le Laboureur, La Belle Jardinière diffusent leurs produits via leurs succursales et la vente par correspondance. Elles proposent des articles réunissant les qualités attendues : facilité d’enfilage, solidité, commodité d’entretien, résistance au déchirement. »

« Ces confectionneurs prennent une place de choix dans la fixation des canons de l’apparence ouvrière, composant des tenues associées aux idées de propreté et de solidité, chères aux classes populaires. »

L’impossible vestiaire féminin
« En 1900, à l’exception des domestiques, des infirmières et des religieuses, la plupart des travailleuses ne sont pas dotées d’uniforme ou de vêtement de protection. Elles doivent endosser leur propre blouse ou tablier. »

« Le monde du travail est conceptualisé par des hommes pour des hommes. Les listes de dotation et les catalogues de vente ne traitent l’habit de travail que par ce prisme. »

« La Première Guerre mondiale ouvre une brève parenthèse, vite refermée au lendemain du conflit avec le renvoi des femmes aux activités domestiques. »

1920-1980 : innovations et résistances
« Ces décennies n’apportent pas de transformations formelles majeures. Les innovations passent par l’ajout de poches, le remplacement des boutons par des fermetures à glissière, l’introduction de nouveaux textiles. Dans les années 1950, la moleskine est perfectionnée, les tissus irrétrécissables s’imposent. Les années 1960 voient apparaître les premières fibres synthétiques, mais leur tendance à retenir la sueur et à prendre feu pose problème. »

« Le bleu de travail, devenu vêtement masculin par excellence, ne se diffuse que lentement. »

« Son achat reste à la charge des employés qui rechignent à la dépense. En 1960, 87 % des entreprises françaises ne fournissent toujours pas cet outil de travail. »

Législation et protection
« L’Inspection du travail est créée en 1892. La loi de 1893 explicite les mesures d’hygiène et de sécurité. Mais le vêtement n’est encore évoqué qu’en creux, par l’interdit ou la prescription. »

« Il faut attendre 1945 et la création de la Sécurité sociale, pour la prévention soir réorganisée. En 1947, l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) est créé pour enseigner la prévention. »

AXE 3 – 1990-2025 : UNE NOUVELLE ÈRE
« Quand la haute couture rencontre le service public, quand l’éco-conception devient un impératif »

« À partir des années 1990, de nombreuses administrations changent de statut. Elles deviennent des établissements publics, voire des sociétés anonymes à capitaux publics, évoluant sur des marchés concurrentiels. Le marketing et la communication prennent une place prépondérante. L’individu est désormais au cœur des préoccupations. Ces transformations ont une incidence directe sur les allures au travail. »

L’appel à la haute couture
« Confrontées aux nouveaux enjeux marketing, les administrations s’inspirent d’Air France, pour qui le vestiaire est une image de l’élégance française. Dès 1985, elles font appel aux griffes des grands couturiers et aux stylistes de mode : Balenciaga, Balmain, Carven. »

« En 1986, La Poste lance un grand concours pour le renouvellement des tenues. Douze stylistes participent. La lauréate, Fanchon Le Fouler, crée une tenue appelée à marquer durablement le « look » des facteurs. »

« La campagne « Bougez avec La Poste » accompagne cette transformation en entreprise moderne. »

« Ces créations doivent répondre à des besoins spécifiques : adopter un look moderne et décontracté, sans renoncer à la solidité, à la protection et au confort. Elles doivent aussi gommer l’ancienne hiérarchie pour créer des tenues unisexes revendiquant l’égalité homme-femme. »

Répondre aux besoins spécifiques
« La tenue de travail touche à la culture d’entreprise, au sentiment d’appartenance, aux conditions de travail, à l’identité et au message que souhaite communiquer l’entreprise. Visibilité, communication, image de marque, confort, solidité, esthétique : tous ces éléments doivent être réunis. » 

« Le choix des couleurs, de l’esthétique et des matières est intimement lié au message. »

« L’identité visuelle, déclinée sur de nombreux supports dont le vêtement, permet d’identifier une administration dans un environnement saturé de signes. Face au public, chaque collaborateur devient ambassadeur de la marque. »

Les nouveaux textiles techniques
« Depuis vingt ans, l’industrie textile a donné naissance à des tissus techniques aux propriétés parfois inédites : imperméables, antibactériens, anti-UV, inflammable, anti-coupure, respirants, rafraîchissants. Elle emploie de nouveaux matériaux moins allergisants : bambou, lin, chanvre. »

« La loi du 31 décembre 1991 inscrit le concept d’équipements de protection individuelle (EPI) dans le code du travail. Les équipements se multiplient : casques, lunettes, chaussures à coquilles, gants anti-coupures, protections auditives, vêtements haute visibilité... »

Éco conception et économie circulaire
« Les enjeux esthétiques, pratiques et marketing se combinent désormais aux exigences liées à la RSE et au développement durable. La Poste fut la première à recourir au commerce équitable dans le vêtement professionnel dès les années 2000, grâce à sa collaboration avec Armor Lux. »

« Depuis le 1er janvier 2025, la loi oblige les entreprises à trier et valoriser les vêtements professionnels usagés. La Poste, la SNCF et d’autres se tournent vers Nouvelles Fibres Textiles, premier centre de tri automatisé en France. Dans son usine d’Amplepuis, les machines déchiquètent, séparent et ef filochent les fibres pour créer de nouvelles matières : fils pour la confection, isolant thermique, rembourrage, chiffons industriels. »

« En 2018, La Poste s’allie à Suez pour créer Recygo. En 2024, l’offre est complétée par une filière dédiée aux textiles professionnels. »

« Grâce à ses facteurs et à ses véhicules, Recygo collecte les vêtements dans les bureaux de poste, les entreprises et les collectivités, puis les achemine vers des ateliers d’upcycling ou de recyclage. »

LA PAROLE AUX COMMISSAIRES 

Didier Filoche
« Didier Filoche, co-commissaire de l’exposition, est responsable du Service des collections d’histoire postale au Musée Postal depuis 2018. Diplômé en sciences de l’information, il entre au musée en 1991. Passionné par le patrimoine historique postal, chargé de son étude et de sa conservation, il en est un des spécialistes. Le patrimoine textile l’intéresse tout particulièrement. »

Elodie Goëssant
« Elodie Goëssant, co-commissaire de l’exposition, est chargée de conservation des collections d’histoire postale au Musée Postal depuis 2018. Docteure en Histoire de l’art de l’université Paris-Sorbonne IV, elle contribue à l’étude, la conservation et la valorisation des collections, et plus spécifiquement des fonds de peintures et arts graphiques. En 2022, elle fut commissaire de l’exposition « Jouez, Postez ! » consacrée aux jeux et jouets inspirés de l’univers postal. »

« DANS Q UEL C ONTEXTE S’INSCRIT CETTE EXPOSITION ?
D.F. : À travers ses différentes expositions temporaires, le Musée Postal s’emploie à valoriser ses collections, notamment celles ayant trait à l’histoire postale. À ce titre, cette nouvelle proposition s’inscrit pleinement dans notre projet scientifique et culturel. Les visiteurs pourront y découvrir des pièces qui n’ont encore jamais été montrées au public.

COMMENT VOUS EST VENU L’IDÉE DE CE THÈME DU VÊTEMENT PROFESSIONNEL ?
D.F. : Nous disposons parmi nos collections de plus de 500 pièces textiles, d’authentiques uniformes postaux notamment. En les faisant dialoguer avec les tenues d’autres administrations et grandes entreprises, comme la préfecture de police, EDF, la RATP ou la SNCF, nous retraçons une histoire du vêtement professionnel et, à travers lui, l’évolution du monde du travail et de notre société. Le vêtement de travail cristallise en effet des enjeux d’appartenance, de reconnaissance, de représentation… Une approche en parfaite adéquation avec la mission du Musée Postal qui se définit également comme un « musée de société ».

JUSTEMENT, PARLEZ-NOUS DE LA MANIÈRE DONT VOUS ABORDEZ CETTE HISTOIRE.
E.G. : Le parcours conduit le visiteur du XVIIIe siècle, avec les premiers uniformes postaux, à nos jours. Il montre l’évolution du vêtement de travail des grandes administrations, marquée au XIXe siècle par les changements de régime, puis au XXe siècle par les guerres et les bouleversements sociaux et sociétaux, comme l’évolution des rapports hiérarchiques et l’égalité femmes-hommes.
Aujourd’hui, ces tenues répondent aux enjeux de représentation des entreprises et administrations, mais aussi aux réalités du métier. À La Poste, elles conjuguent ainsi esthétique et praticité : deux critères essentiels pour que les facteurs se les approprient.
D.F. : Et c’est là un point essentiel ! Ce que l’on imposait autrefois par l’obligation, s’obtient aujourd’hui en suscitant l’adhésion, en proposant des vêtements à la fois confortables, « sportswear », pratiques, élégants, modulables, et souvent unisexe.

L’UNIFORME P OSTAL NE SYNTHÉTISE-T-IL PAS T OUTES C ES É VOLUTIONS ?
D.F. : Absolument. Autrefois, une nette distinction existait entre nos deux principaux corps de métiers : l’acheminement et la distribution. Si les facteurs à l’uniforme soigné étaient les ambassadeurs de La Poste, les professionnels de l’acheminement étaient vêtus d’une simple blouse.
Peu à peu, un équipement adapté leur a été fourni, jusqu’à la fusion des deux vestiaires. C’est ainsi que le vestiaire modulable du postier actuel est né, offrant plus de liberté et favorisant un sentiment commun d’appartenance.
E.G. : On mesure ici à quel point l’évolution de la société influe sur ce que l’on porte, y compris au travail. Du XVIIIe siècle aux années 1960, l’uniforme des grandes administrations s’inspire largement du modèle militaire. À partir des années 1960-70, avec l’essor de la société de consommation, il adopte des formes plus civiles, plus proches des administrés et des clients.

QUI VA CONCEVOIR CES PREMIERS VÊTEMENTS DE TRAVAIL PROTECTEURS ?
E.G. : Les confectionneurs et fabricants eux-mêmes, comme La Belle Jardinière, l’équivalent du Printemps aujourd’hui, qui proposaient d’abord des tenues de travail très simples. Puis, en l’espace de 20 ans, ils ont créé des typologies de vêtements par profession, façonnant la silhouette de nombreux métiers. Si cette démarche répondait à des objectifs commerciaux, elle a aussi profondément marqué notre imaginaire et la société.

L’INFLUENCE DE LA MODE SUR CES TENUES DE TRAVAIL EST-ELLE S IGNIFICATIVE ?
E.G. : Elle est réelle oui. Les grandes entreprises et administrations suivent les tendances via leurs fournisseurs. Dans les années 1950-60, Air France a le vent en poupe, elle incarne l’excellence et l’élégance à la française. Elle fait appel à la maison Dior pour créer ses uniformes. Dans les années 1980-90, la SNCF suit avec Balenciaga, et la Police avec Balmain. De nombreuses maisons de haute couture ont développé des branches dédiées au vêtement de travail, adaptant leur style au cahier des charges strict des tenues professionnelles.

QUELLE SERA LA PLACE DE LA FE MME AU SEIN DE CETTE EXPOSITION ?
E.G. : Elle brillera en partie par son absence. Le vêtement de travail féminin fait timidement son apparition dans les années 1960. Et encore, si l’on consulte un catalogue de cette époque, sur 30 pages, 27 sont consacrées aux hommes et 3 aux femmes. Auparavant, seules les domestiques et les vendeuses des grands magasins portent des tenues fournies par leur employeur.
D.F. : L’autre exception demeure la période de la Première Guerre mondiale, lorsque les femmes ont dû remplacer les hommes partis au front dans les usines d’armement, notamment. Une tenue spécifique a même été inventée à leur attention. Mais dès la guerre terminée, cette blouse-pantalon leur est retirée.
E.G. : L’année 1975 est marquée par l’abolition des quotas de recrutement femmes-hommes dans les concours de la fonction publique. C’est une date clé de l’histoire de l’égalité femmes hommes dans le monde du travail. Cette petite révolution va permettre à nombre de femmes d’exercer des métiers pour lesquels les vêtements étaient jusque-là conçus pour les hommes.
On observe depuis une tendance à l’uniformisation du vêtement de travail, avec le développement d’un vestiaire unisexe.

SI VOUS NE DEVIEZ GARDER QU’UN VÊTEMENT DE TRAVAIL EMBLÉMATIQUE, LEQUEL SERAIT-IL ?
E.G. : L’incontournable « bleu » de travail sans aucun doute ! Popularisé dans les années 1950-60, il apparaît au début du XXe siècle et évolue au gré des techniques pour devenir toujours plus solide, pratique et facile à entretenir. Vêtement ouvrier par excellence, il a donné naissance à un véritable marché et incarne à lui seul toute une catégorie socio-professionnelle. »

PROGRAMMATION

« Tout au long de l’exposition « Sous toutes les coutures, le vêtement au travail », le musée propose une programmation culturelle et des dispositifs de médiation conçus pour prolonger la visite et multiplier les points de vue sur le vêtement comme objet social, esthétique et politique.
Conférences, performances, ateliers participatifs, visites thématiques et rendez-vous familiaux invitent les publics à explorer les multiples dimensions du vêtement : identité, travail, genre, mémoire et création contemporaine. 
La programmation complète sera régulièrement mise à jour sur le site du musée.

CYCLE DE CONFÉRENCES – LES NOCTURNES DU JEUDI
Un cycle de conférences réunissant chercheurs, créateurs et professionnels du patrimoine textile explore les grandes questions soulevées par l’exposition.
• 23 avril – Comment le vêtement utile devient-il tendance — et inversement ?
• 28 mai – Col bleu / col blanc : le vêtement au travail
• 18 juin – Genre et uniformes (dans le cadre du mois des fiertés)
• 10 septembre – Conserver, transmettre : les enjeux des collections textiles Ces rencontres prennent la forme de nocturnes conférencées, suivies d’échanges avec le public

LA NUIT EUROPÉENNE DES MUSÉES -
SAMEDI 23 MAI
À l’occasion de la Nuit des musées, le musée devient un espace de création et d’expérimentation autour du vêtement. 
La soirée proposera notamment :
• Un défilé participatif de créations upcyclées réalisées avec les équipes du musée
• Des médiations incarnées, où médiateurs et participants présentent les pièces portées
• Une performance sonore / podcast autour du rapport au corps et au vêtement de travail
• Une friperie solidaire et un atelier d’upcycling
• Des ateliers créatifs : broderie, cartes postales textiles, portefeuilles-enveloppes
• Un cours de catwalk autour de la posture et de la confiance en soi
• Une installation participative dans le hall du musée
WEEK-END FAMILLES 
- 30 ET 31 MAI
Deux journées entièrement dédiées aux familles avec :
• Ateliers créatifs
• Médiations ludiques
• Visites adaptées aux enfants
• Découverte sensible de l’exposition
Toutes les activités sont gratuites dans la limite des places disponibles.
MÉDIATION ET ACCOMPAGNEMENT DES PUBLICS
Le musée met à disposition différents dispositifs pour accompagner la visite et favoriser l’appropriation de l’exposition par tous les publics.
Visites et rencontres
• Visites guidées de l’exposition
• Visites contées pour les 3–6 ans
• Visites thématiques
• Ateliers créatifs pour les enfants (6–12 ans)
• Ateliers « graines de philosophe » pour échanger autour des grandes questions soulevées par l’exposition
• Parcours-jeu pour les enfants
La programmation détaillée et les réservations seront disponibles sur le site internet et les réseaux sociaux du musée  ».

EDITO DE GUILLAUME GOY, DIRECTEUR

« Chaque nouvelle exposition que nous présentons au public est une aventure profondément stimulante et enthousiasmante ! Nous concevons chacune de nos propositions comme une rencontre culturelle bien sûr, mais aussi comme un voyage dans le sensible, une expérience qui invite à ressentir autant qu’à réfléchir. Cette démarche fait naître, à chaque fois, son lot de questions : l’exposition saura-t-elle parler aux visiteurs ? Les interpeler, éveiller leur curiosité, les émouvoir ?
C’est avec ces interrogations, mais surtout un immense bonheur, que nous vous présentons notre nouvelle exposition, intitulée :
Quel autre vêtement aura davantage marqué notre quotidien et notre inconscient collectif ? Le bleu de travail, iconique. Les tenues du personnel aérien, synonymes de rêve et d’évasion. Les uniformes de la police et de la gendarmerie, incarnation de l’autorité de l’État. Sans oublier bien sûr celui du facteur ! Tous ces vêtements nous renvoient à des représentations et à des codes que nous avons parfaitement intégrés. Ils ont tracé les contours et les repères d’un quotidien familier.
Tous évoquent non seulement une page de notre histoire sociale et sociétale, ainsi que les mutations du monde du travail. Ils éveillent également, en chacun de nous, des souvenirs empreints de nostalgie et d’émotion.
Cette exposition, si riche, est la première que le musée accueille sous sa nouvelle identité. Elle incarne parfaitement nos valeurs et notre héritage : celui d’une institution créatrice de liens … et d’émotions, fruit de l’engagement quotidien d’hommes et de femmes qui ont à cœur que chaque lettre, chaque message, chaque attention trouve son heureux destinataire.
Elle met à l’honneur des pièces, certaines pour la première fois, issues du foisonnement d’objets, d’œuvres et de témoignages dont nous sommes les fiers dépositaires.
Quelle merveilleuse entrée en matière donc pour celui que l’on nomme désormais :
le Musée Postal, Facteur d’Émotions !  »


Du 08 avril au 22 septembre 2026
34, boulevard de Vaugirard – 75015 Paris
Tél. : +33 (0) 1 42 79 24 24
Ouvert de 11h à 18h (fermé le mardi)
Visuels :
Vues des salles 
© Musée de La Poste, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2026

Groupe de facteurs, 1900, tirage argentique, coll. Musée de La Poste, Paris - La Poste © Musée de La Poste, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2026

Habits de directeur principal, inspecteur général, et inspecteur des télégraphes, Debierne, 1860, lithographie, coll. Musée de La Poste, Paris - La Poste © Musée de La Poste, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2026

Préposée à la distribution, 1975, tirage argentique, coll. Musée de La Poste, Paris - La Poste © Musée de La Poste, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2026

Costume des facteurs ruraux, 1830, lithographie et rehauts à l'aquarelle, coll. Musée de La Poste, Paris - La Poste © Musée de La Poste, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2026

Garage des PTT, 1950, tirage argentique, coll. Musée de La Poste, Paris - La Poste © Musée de La Poste, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2026

Au guichet, 1962, tirage argentique, coll. Musée de La Poste, Paris - La Poste © Musée de La Poste, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2026

Concours « La nouvelle tenue des facteurs », projet Deloule, 1987, tirage argentique, coll. Musée de La Poste, Paris - La Poste © Musée de La Poste, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2026

lundi 7 septembre 2026

« La dernière heure » de Joseph Safieddine

Arte diffuse sur arte.tv, YouTube et les chaînes sociales d’ARTE « La dernière heure », série franco-libanaise en six parties de dix minutes de Joseph Safieddine d’après la bande-dessinée de Joseph Safieddine et Cyril Doisneau (Editions Dupuis, 2023). « À peine arrivée dans le pays de ses origines pour les découvrir, Billie doit  repartir en urgence à cause d’une insurrection. Confinée avec son père (Mustapha) chez son grand-père (Bilal), affaibli par Alzheimer, elle n’a qu’une heure avant l’arrivée du véhicule de l’ambassade pour retrouver le passeport égaré de son père, pour plonger au milieu des secrets familiaux et comprendre les décennies d’exil qui hantent sa famille. »

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« À peine arrivée au Moyen-Orient pour découvrir le pays de ses origines, Billie, jeune femme de 25 ans, doit déjà faire face à l’urgence. Une insurrection éclate et précipite l’évacuation des ressortissants français. Coincée dans l’appartement de son grand-père, Bilal, avec son père, Mustapha, et Georges (Abdelhafid Metalsi), ami d’enfance du père de Billie, elle se retrouve plongée dans un huis clos sous tension, rythmé par les coupures de courant et les échos de tirs dans la ville. Complète ce tableau Zeina (Hiam Abbas), voisine impertinente et ancienne institutrice des deux hommes. »

« Affaibli par la maladie, son grand-père se perd entre le présent et ses souvenirs, ravivant malgré lui des fragments du passé. À mesure que l’attente s’installe, les tensions familiales émergent et les non-dits refont surface. Pourquoi son père a-t-il quitté le Liban son pays d’origine ? Que s’est-il joué dans cette famille marquée par l’exil ? »

« En l’espace d’une heure, Billie accède pour la première fois à une histoire familiale longtemps tue. Portée par les souvenirs transmis, elle remonte le fil de cette histoire complexe, alors même que le temps lui est compté pour quitter le pays. »

« À mesure que l’attente s’installe dans ce huis clos, les tensions émergent et les non-dits refont surface. Ayant grandi avec un père (campé par Mustapha Abourachid) exilé en France et qui a passé sa vie à fuir son passé, Billie (Sawsan Abès, vue dans Amours solitaires, Ourika, Rue des dames, Fils de), portée par ces trajectoires croisées, remonte le fil de son histoire, alors même que le temps lui est compté pour fuir. La jeune femme accède pour la première fois à une histoire familiale longtemps tue, et affronte les secrets qui ont façonné sa famille pour comprendre ce qui, depuis des décennies, les tient tous à distance. » 

« Un huis clos où le temps est un personnage à part entière, et dans lequel l’appartement devient le théâtre de discussions et disputes, entre coupures de courant, rafales de kalachnikov et souvenirs qui s’entrechoquent. »

Une série adaptée de la bande-dessinée de Joseph Safieddine et du dessinateur Cyril Doisneau (éditions Dupuis, 2023) Les Fusibles. « Dans une métropole anonyme d'un pays fragilisé, trois enfants jouent à « sauver la ville ». Trente ans plus tard, Abel s'est reconstruit en Europe et se tient loin de ses origines. Georges, resté au pays, le rejoint le temps d'un week-end. Il va le convaincre de rentrer pour être aux côtés de son père qui vit ses derniers jours. Un récit en quatre temps qui offre une réflexion sur l'identité, le déracinement et la transmission. »

« Pour sa première réalisation, le scénariste Joseph Safieddine (auteur la série en animation Été et avec Thomas Cadène de la websérie Fluide sur ARTE), adapte son roman graphique Les fusibles (Dupuis, 2023) en six épisodes brefs, qui explorent le thème du déracinement en jouant avec originalité de la forme du huis clos. Les fusibles, ici, ce sont les plombs qui ne cessent de sauter dans l'appartement familial à cause du réseau électrique capricieux. Mais ce sont aussi des êtres : le père de Billie, notamment, qui, voulant protéger sa fille, a pris sur lui toute la tension engendrée par l'exil, au point de nier ses origines. Contre l'oubli, Billie cherche à rétablir le courant. La série raconte cette quête dans un juste équilibre entre suspense, introspection et humour, emmenée par des personnages qui opposent aux circonstances une vitalité salvatrice, à l'image de la sage Zeina qu'interprète Hiam Abbass. L’urgence politique se mêle à l’urgence intime ».

Joseph Safieddine est né en France d’une mère française et d’un père libanais qui a refusé d'enseigner la langue arabe à ses enfants. Il aurait aimé tourner "à Tyr, dans ce Sud-Liban dont est originaire son père, au sein même de « cet appartement familial que j’avais reproduit dans ma bédé et qui a été pulvérisé lors des derniers bombardements », révèle le réalisateur, qui ne cache pas sa colère et son désarroi face aux événements qui secouent le Liban et Gaza." (L'Orient le jour, 22 août 2026)

Prix des lycéens - 17ème édition de Séries Mania (Sélection dans la section “Formats courts”)

Sur YouTube, Cracker l'époque a interviewé Joseph Safieddine et Sawsan Abès : "La dernière heure, ce que les pères nous laissent" (25 mars 2026). Le réalisateur a évoqué brièvement le "Liban Sud rasé" et allégué s'"être fait courser dans le métro" durant sa prime jeunesse.


« Billie arrive dans une ville du Moyen-Orient avec Mustapha, son père, pour rencontrer son grand-père qu'elle connaît à peine. Mais, au bout de deux jours seulement, ils doivent fuir le pays en proie à une violente insurrection qui embrase la ville. Dans l’appartement familial plongé dans le noir, En compagnie du vieux Bilal, désorienté par la maladie, ainsi que de Georges, l'ami d'enfance de Mustapha, et de Zeina, leur ancienne professeure de français, ils attendent le taxi que doit leur envoyer l'ambassade de France pour assurer leur évacuation. Au milieu de tirs, coupures de courant et tensions familiales, les souvenirs d’exil et non-dits ressurgissent. Peu à peu, Billie comprend les raisons de l'exil de son père… »

« Repliée dans la cuisine avec son père, son grand-père et Georges après des tirs près du salon, Billie découvre un passé familial enfoui. Tandis que Bilal confond présent et souvenirs, l’arrivée d’une voisine blessée ravive les liens avec le passé. La situation se tend dans l’appartement. »

« Au milieu des coupures de courant, Billie découvre un quotidien chaotique et complexe. L’arrivée de la voisine fait resurgir les liens du passé, tandis qu’un carnet retrouvé dans les affaires de Bilal intrigue Billie et la pousse à interroger son père sur son histoire. »

« L’annonce du départ de Georges pour la France cristallise les tensions avec Mustapha. Entre celui qui est resté pour s’occuper de Bilal et celui qui a vécu l’exil, les reproches explosent. Le passé refait surface, jusqu’à faire éclater une vérité intime et douloureuse. »

« Une explosion ravive chez Bilal des souvenirs liés à l’enfance de Mustapha. Billie tente de rassurer son grand-père en partageant sa passion pour le dessin avec lui. Puis elle découvre une vieille caméra dans la chambre de son père. Les images ouvrent une question restée sans réponse : qui est Sarah ? »  

« Le convoi de l’ambassade arrive en bas de chez Bilal. Alors que le départ se rapproche, Mustapha retrouve son passeport et affronte enfin son passé face à son père. Billie découvre un héritage familial qui éclaire son histoire. Entre adieux et hésitations, chacun se confronte à ce qu’il est prêt à quitter… ou à retenir. »


« Les retrouvailles, contraintes par les circonstances, d’une jeune Française avec une partie de sa famille au Moyen-Orient… Inspirée des souvenirs de Joseph Safieddine, créateur de la série, cette quête en huis clos révèle les non-dits et rétablit le lien entre générations. Par Jonathan Lennuyeux-Comnène »
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« Un personnage de retour au pays, en quête de racines mal connues : le motif est classique. La série La dernière heure l'aborde pourtant de manière inattendue, puisque Billie, son héroïne, se voit contrainte de reprendre l'avion pour la France deux jours seulement après son arrivée au Moyen-Orient. Ces six épisodes d'une douzaine de minutes chacun racontent en temps réel l'heure qui les sépare, elle et son père, de ce retour précipité par les troubles qui agitent la ville où ils se trouvent. Une heure particulièrement dense où, dans l'urgence, les non-dits vont peu à peu se dissiper, éclaircissant le passé des uns et des autres, infléchissant leurs trajectoires. À l'origine de ce récit, il y a la propre histoire familiale du créateur de la série, Joseph Safieddine : "Pendant la guerre de juillet 2006 au Liban, une partie de ma famille s'est retrouvée sous les bombardements, en attente d'être évacuée. Je me trouvais, moi, à des milliers de kilomètres de là, dans le calme d'une banlieue parisienne. Comme Billie, j'éprouve le besoin de me rapprocher de cette histoire."

Coupures de courant
L'auteur avait déjà exploré le sujet à travers un roman graphique paru en 2023 aux éditions Dupuis, Les fusibles. Il a fait le choix d'en adapter uniquement la dernière partie : un huis clos dans l'appartement du grand-père de Billie, aux murs imprégnés d'une foule de souvenirs. Ce dispositif quasi théâtral concentre le drame dans l'espace et le temps, et en fait jaillir l'essentiel. L'exploration du passé paternel par Billie se mêle au suspense inhérent à la situation pour raconter la reconnexion des membres exilés de la famille avec leurs origines. Joseph Safieddine se souvient : "Toute sa vie, mon père s'est félicité d'avoir joué un rôle de fusible entre le Liban qu'il a fui et la France où j'ai été élevé. Dans une volonté presque schizophrène, il a mis à distance sa culture d'origine. Mais on ne peut pas nier le passé ; notre histoire nous rattrape toujours." Dans La dernière heure, les coupures électriques dues aux caprices du réseau plongent régulièrement l'appartement familial dans le noir. Contre l'oubli, la série explore différentes manières de rétablir le courant : par la parole enfin libérée ; par le dessin, vecteur magique de transmission ; par la cuisine, unique moyen de communier avec les siens pour le grand-père, Bilal, atteint de la maladie d'Alzheimer. Sans oublier le regard attentif de Zeina, sage amie de la famille interprétée par l'excellente Hiam Abbass, rempart de vitalité et d'humour face à l'adversité. »   


« La dernière heure » de Joseph Safieddine
France, Liban, 2026, 6x10’
Production : ARTE France, Escales Production, Interscoop
Producteurs : Mathurin Beauvert, Brieuc Dreano, Antoine Bertrand-Hardy
Coproduction : ARTE France, Escales et Interscoop
Adaptée de sa bande-dessinée Les Fusibles
Auteurs : Joseph Safieddine, Hélène Faure, Maud Konan
Scénario : Joseph Safieddine avec Hélène Faure et Maud Konan 
Musique : Samuel Hirsch 
Avec Sawsan Abès (Billie), Mounir Maasri (Bilal), Mustapha Abourachid (Mustapha), Abdelhafid Metalsi (Georges), Hiam Abbass (Zeina), Ilyana Zaouak (Sarah), Samy Metheni (Mustapha enfant), Aaron Dellal (Georges enfant), Lynn Adib (Nayla), Mustapha Safieddine (Chauffeur de l'ambassade), Éléna Bultot (Répondeur de l'ambassade), Domitille Safieddine (Voix de l'ambassade), Anne-Marie Safieddine (Michèle)
Dès lundi 7 septembre 2026 sur arte.tv, YouTube et les chaînes sociales d’ARTE 
Sur arte.tv du 07/09/2026 au 28/06/2029