Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)
Affichage des articles dont le libellé est Al-Dura. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Al-Dura. Afficher tous les articles

mercredi 30 septembre 2026

Le Dr Yehuda David, Clément Weill-Raynal et Actualité juive condamnés pour avoir diffamé Jamal al-Dura

Le 29 avril 2011, la XVIIe chambre du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris a condamné le Dr Yehuda David, chirurgien, Clément Weill-Raynal, journaliste, et Actualité juive à payer solidairement 5 000 euros en dommages et intérêts à Jamal al-Dura pour l'avoir diffamé dans deux articles publiés en 2008 par cet hebdomadaire. Le Tribunal a jugé diffamatoires des propos alléguant que, le 30 septembre 2000, ce Gazaoui avait participé à une mise en scène diffusée par France 2, puis avait imputé à tort à des tirs israéliens la mort de son fils Mohammed et ses anciennes blessures afin de berner l'opinion publique, et ce, avec la complicité de médecins palestiniens. Ce jugement laisse entières certaines questions, voire en suscite d'autres notamment sur la date de l'hospitalisation à Amman de Jamal al-Dura et la "foi" de magistrats en un "rapport" médical jordanien. Ce qui affaiblit la crédibilité de ces images télévisées. Article republié en ce 26e anniversaire de la diffusion par le Journal télévisé (JT) de 20 h France 2 de ce "blood libel" (allégation infondée de meurtre rituel d'un enfant non-juif par des Juifs), et alors que, depuis et notamment durant la guerre israélienne existentielle Swords of Iron (Epées de fer), Pallywood/Gazawood a continué de mettre en scène, produire et diffuser à des médias occidentaux, naïfs ou cyniques, d'autres blood libels alimentant l'antisémitisme et diffamant l'Etat d'Israël. Faute d'une défaite judiciaire, politique et médiatique dans cette affaire al-Dura, Pallywood a continué sa production léthale pour Israël et les juifs. Le 30 septembre 2026, l'historien Richard Landes a publié sur son blog "Al Durah, The First Post-Modern Blood Libel. Pallywood’s Most Spectacular Success" ("Al Durah, la première accusation de meurtre rituel post-moderne. Le succès le plus spectaculaire de Pallywood").

Cet article a été publié en une version américaine plus concise par Ami magazine.
That article was published in American English and in a more concise version by Ami magazine.
Les blessures de Jamal al-Dura étudiées par le Tribunal correctionnel de Paris
La Cour d’appel de Paris a évoqué les blessures de Jamal al-Dura 
« Le fusillé du mur des cons » par Clément Weill-Raynal


C'est un jugement de treize pages à la motivation sévère, mais il ne convainc pas et ne clôt pas l'affaire al-Dura.

Des images aux "blessures"
L'affaire al-Dura a débuté le 30 septembre 2000, quand France 2 a diffusé le reportage de Charles Enderlin, son correspondant permanent à Jérusalem, déclarant en voix off sur des images signées par le cameraman palestinien Talal Abu Rahma :
« Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus des positions israéliennes. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».
Jamal al-Dura a été filmé alité dans un hôpital à Gaza le 1er octobre 2000, puis à Amman (Jordanie) le 5 octobre 2000 lors de la visite du roi Hussein de Jordanie.

L’image du « petit Mohamed » devient l’icône de l’Intifada II.

Ce reportage suscite des doutes, et des enquêtes dès fin 2000 de Nahum Shahaf, physicien israélien, de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l’agence de presse Mena (Metula News Agency). 

Nahum Shahaf et la Ména contestent l'authenticité des faits allégués dans ce reportage, et concluent à la mise en scène.

Au sein de la Ména, Gérard Huber, psychanalyste, et Luc Rosenzweig, journaliste confirmé, poursuivent leurs investigations. Gérard Huber publie un livre au titre significatif.

Dans son documentaire Trois balles et un enfant mort. Qui a tué Mohamed al-Dura ? diffusé en 2002 par ARD, Esther Schapira, documentariste allemande, soutient que l'enfant serait mort vraisemblablement par des balles palestiniennes. 

C'est Richard Landes, historien américain, qui parvient à interviewer Charles Enderlin, et forge le néologisme Pallywood pour désigner l'industrie audiovisuelle palestinienne de propagande…

La polémique sur ce reportage controversé est alimentée par le long refus de France 2 de rendre publics les rushes du reportage, et les versions successives et contradictoires de Talal Abu Rahma qui, le 3 octobre 2000, affirme sous serment, au Centre palestinien des droits de l’homme : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne », puis se rétracte le 30 septembre 2002, soit deux ans plus tard, dans un fax adressé à France 2 Jérusalem : « Je n’ai jamais dit à l’Organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement et en connaissance de cause Mohamed al-Dura et blessé son père ».

Le 23 octobre 2004, Talal Abu Rahma a filmé (13'04") Jamal al-Dura à son domicile Gazaoui en train de montrer les cicatrices censées remonter à l'incident du 30 septembre 2000. France 2 a diffusé ce film lors d’une conférence de presse le 18 novembre 2004 afin de mettre un terme à cette controverse.

Le 19 octobre 2006, la XVIIe chambre du TGI de Paris a condamné Philippe Karsenty, directeur de l'agence de notation des médias Média-Ratings, pour diffamation à l’égard de France 2 et de Charles Enderlin : il avait évoqué une « mise en scène » de ces images. Un jugement infirmé par la Cour d’appel de Paris qui a relaxé Philippe Karsenty le 21 mai 2008.

Les 4 septembre et 25 septembre 2008, Actualité juive (1) a publié l'interview du Dr Yehuda David, chirurgien à l’hôpital Tel ha Shomer à Tel-Aviv, par Clément Weill-Raynal - article titré Les blessures de Jamal al-Dura existaient déjà en 1993 sans la moindre ambiguïté possible ! -, puis une réponse de ce journaliste à un droit de réponse de Charles Enderlin.

Le Dr Yehuda David y affirmait que Jamal al-Dura, victime en 1992, de blessures au couteau lors d’une rixe entre Palestiniens, avait d'abord été opéré dans la bande de Gaza : ces coups avaient sectionné des nerfs médian et cubital ; ils avaient induit une paralysie de la main droite. En 1994, le Dr David a opéré Jamal al-Dura à l'hôpital Tel ha Shomer à Tel-Aviv : pour restaurer la flexibilité des doigts de cette main droite, il a prélevé un tendon dans le pied et la jambe gauches du patient pour les transférer dans sa main droite. Ce chirurgien a d'une part reconnu dans des cicatrices de Jamal al-Dura au pied et à la jambe gauches ainsi qu'à la main et à l'avant-bras droit les cicatrices de blessures originelles et celles de son opération, et d'autre part, douté de l'authenticité de faits allégués par Jamal al-Dura, en particulier l'imputation à des balles israéliennes d'autres blessures (artère fémorale).

Le 9 septembre 2008, le professeur israélien Raphaël Walden a écrit un "rapport" d'une page en se fondant seulement sur "le dossier médical pour l'hospitalisation de Jamal al-Dura à l'Al-Hussein Medical City Hospital" à Amman le "1er octobre 2000". Il a listé les blessures de Jamal al-Dura selon leur localisation : "membre supérieur droit", "membre inférieur droit" et "membre inférieur gauche" en évoquant des "blessures par balles" dans les seuls deux membres inférieurs.

Le 8 février 2011, le Dr Yehuda David et Clément Weill-Raynal, journaliste à Actualité juive, ont comparu et, Serge Bénattar, directeur de cet hebdomadaire français, était représenté, devant la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris.  Ils étaient poursuivis pour diffamation par Jamal al-Dura, A Dura ou Dura, absent de l'audience.

10 000 euros à verser à Jamal al-Dura
Le Tribunal n'a donc pas suivi les réquisitions de relaxe des prévenus proposées par Dominique Lefebvre-Ligneul, représentant le Parquet.

Il a condamné chaque défendeur à une amende de 1 000 euros, assortie d'un sursis total, et tous trois solidairement à verser à Jamal al-Dura 5 000 euros au titre des dommages et intérêts, ainsi que 5 000 euros au titre de ses frais de justice.

Il a aussi ordonné la publication par Actualité juive d'un communiqué sur ce jugement dans le mois suivant sa notification.

Il a débouté Jamal al-Dura du surplus de ses demandes.

Une diffamation établie
La diffamation est une « allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne » (article 29 de la loi du 29 juillet 1881).

Le Tribunal estime que les six passages incriminés de ces deux articles sont diffamatoires car ils allèguent que Jamal al-Dura a participé à un incident mis en scène et qu'il a rendu "des tirs émanant de l'armée israélienne" responsables de "blessures anciennes", dans le but de tromper l'opinion publique "en faisant croire que des blessures venaient de lui être infligées au cours d'une fusillade qui avait fait perdre la vie à son fils", et avec le concours de complices médecins palestiniens.

Poursuivis pour diffamation, les prévenus peuvent être relaxés s’ils prouvent la vérité des faits allégués - exception de vérité -, ou s'ils démontrent leur bonne foi.

La « preuve des faits diffamatoires doit être parfaite, complète et corrélative aux imputations diffamatoires dans leur matérialité et toute leur portée ». Le Tribunal estime que celle des trois défendeurs ne l'est pas, et n'examine pas celle de Jamal al-Dura. Ainsi, il écarte des articles de presse et l'arrêt de la Cour d'appel de Paris de 2008 tançant Charles Enderlin au motif qu'ils ne "sont pas probants au regard des imputations dont la vérité est recherchée", ainsi que les témoignages de Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), et de Luc Rosenzweig, journaliste ayant enquêté sur l'affaire car "ils n'ont pas permis d'établir la preuve recherchée par les prévenus". Quant à l'attestation du Dr Stéphane Romano du 7 juin 2010, certes elle reconnaît que "l'aspect de la main et le handicap au membre supérieur de ce patient sont consécutifs à un traumatisme précédent son éventuelle implication dans la fusillade d'octobre 2000", mais "la description des blessures ne permet pas d'identifier celles qui proviennent des interventions précédentes et celles qui seraient nouvelles".

Par contre, le Tribunal retient le "document médical" que Jamal al-Dura "avait présenté lors de l'entretien télévisé du mois d'octobre 2004, ainsi que la capture d'écran du rapport médical (avec sa traduction), établi par les docteurs Ahmaed Abdallah, Mohamed al Zaher et Hakem al Kadi, médecins de la cité médicale Al Hussein à Hamman en Jordanie où il avait été hospitalisé le 4 décembre 2000" et qui "constate :
- un état anémique grave dû à l'hémorragie,
- une double fracture (avec effritement osseux) au niveau de l'humérus droit,
- une fracture au niveau du bassin plus l'os de la "hanche droite",
- une section de l'artère, de la veine et du nerf au niveau de la cuisse droite (une intervention ayant été pratiquée dans la bande de Gaza),
- des blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes,
- d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit".

Ces "constatations distinguent clairement des blessures anciennes de la main droite d'autres blessures dont il n'est pas dit qu'elles seraient anciennes et dont il y a lieu de croire, sur la foi de ce rapport, qu'elles auraient été constatées lors de l'admission de Jamal al-Dura à l'hôpital Al Hussein d'Hammam".

Ces constatations "n'excluent nullement l'existence de blessures survenues ultérieurement à l'intervention du docteur Yehuda David et ne permettent donc pas de rapporter la preuve des imputations diffamatoires".

Pour résumer cet extrait du jugement fondé sur un argument chronologique : sur la base de ce "rapport médical", les "constatations" lors de l'admission de Jamal al-Dura dans cet hôpital "le 4 décembre 2000" ne permettent pas, selon le Tribunal, d'exclure l'hypothèse de blessures postérieures à 1994.

Sur la bonne foi, la jurisprudence requiert la réunion de quatre conditions : l’absence d’animosité personnelle, un but légitime, la prudence dans l’expression et une enquête préalable sérieuse.

Certes, le Tribunal reconnaît l'absence d'animosité du journaliste et du chirurgien à l'égard de Jamal al-Dura, ainsi que la nécessité d'informer sur un reportage ayant donné lieu à un "débat public et la polémique" et ayant généré une "affaire internationale particulièrement médiatisée", les "images de la mort du jeune Mohammed ayant fait le tour du monde et étant devenues emblématiques de la cause palestinienne".

Cependant, le Tribunal reproche au Dr David d'avoir manqué de prudence dans ses déclarations, de n'avoir pas examiné récemment Jamal al-Dura ni lu ses dossiers médicaux à Gaza et en Jordanie avant de s'exprimer sur certaines blessures. Quant à Clément Weill-Raynal, le Tribunal blâme son "engagement rédactionnel", son "acquiescement" aux propos du chirurgien, et une rétention d'informations à l'égard de celui-ci et des lecteurs, sans "donner au lecteur des éléments contradictoires lui permettant d'apprécier "la thèse de la mise en scène" développée".

Les trois défendeurs ont interjeté appel de leur condamnation.

Des avocats interrogés, seule Me Orly Rezlan, avocate de Jamal al-Dura, m'a répondu. Le 1er mai 2011, Me Orly Rezlan s'est réjouie de cette décision qui "reflète le contenu des débats à l’audience. Le docteur David a admis que son dossier médical ne pouvait expliquer les cicatrices les plus impressionnantes constatées sur le corps de Jamal al-Dura et en particulier, la cicatrice à l’aine... Il est ainsi démontré que les blessures de Jamal al-Dura ne préexistaient pas à la fusillade. Ce procès aura permis de poser à ce médecin des questions précises et de montrer les limites de son propos”.

Carences informatives et contradictions
Pourtant, le jugement laisse dubitatif par certaines assertions - notamment l'avis négatif sur l'enquête sérieuse menée par Clément Weill-Raynal -, ses contradictions et ses carences informatives, ainsi que ses partis pris non motivés : le Tribunal cite des déclarations officielles israéliennes anciennes (octobre et novembre 2000), mais non celles plus récentes, par exemples la lettre de la Direction nationale de l'Information auprès du Premier ministre le 21 octobre 2010 réfutant toute responsabilité israélienne dans la "mort de Mohamed al-Dura" ou les déclarations de Daniel Seaman, alors responsable du Bureau de presse gouvernemental (GPO), affirmant fin septembre 2007 au cabinet israélien d’avocats Shurat HaDin que "le cameraman Talal Abu Rahma a mis en scène tout l’incident" et précisant en 2008 que ce cameraman s'était vu retirer sa carte de presse par le GPO "car il était impliqué "dans la mise en scène d'évènements dans la bande de Gaza". On pourrait donc retourner au Tribunal le reproche de rétention d'informations qu'il adresse à Clément Weill-Raynal.

A cet égard, on comprend mal les louvoiements du gouvernement israélien entre deux thèses inconciliables : celle de la "mise en scène de l'incident al-Dura" et celle de la "mort de Mohamed al-Dura" selon "une forte probabilité" par des "balles palestiniennes". Il conviendrait qu'il fixe enfin sa position, et en tire toutes les conséquences.

Ce jugement du Tribunal suscite de nombreuses questions.

1. A quelle date Jamal al-Dura a-t-il été hospitalisé dans "la cité médicale Al Hussein à Hamman en Jordanie" ?
            - "sur la foi" du rapport jordanien d'hospitalisation de Jamal al-Dura à Amman, le Tribunal écrit que ce patient y "avait été hospitalisé le 4 décembre 2000".
            - se fondant sur le "rapport médical d'hospitalisation" de Jamal al-Dura à Amman, le professeur Raphaël Walden mentionne, dans son "rapport" évoqué devant le Tribunal, une autre date d'hospitalisation : le "1er octobre 2000".
            - le film montré par France 2 devant la Cour d'appel de Paris le 27 février 2008 et sur son site Internet, indique que "le lendemain des faits", donc le 1er octobre 2000, "Jamal al-Dura est allongé sur son lit d'hôpital à Gaza" (11'13").
            - le rapport médical jordanien traduit par la Metula News Agency (ou Mena) est signé par les docteurs Issam Albshari, Mohamed Altihar et Hakim Alkadi. Il indique que Jamal al-Dura a été admis dans cet hôpital al-Hussein " le 1er octobre 2000 après avoir été transféré de la bande de Gaza, Camp de El Burej, des suites de blessures par balles deux jours avant son transfert", soit le 29 septembre 2000. Or, le reportage de France 2 sur l'incident al-Dura date du 30 septembre 2000.
            - Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Mena (1), a indiqué :
"en date du 26 novembre 2000, la Direction de la Coordination et des Liaisons de l’armée israélienne fait parvenir par courrier au chef de la Commission d’enquête sur les événements du 30 septembre 2000 à Nétzarim, Nahum Shahaf, un compte-rendu des "Mouvements de sorties à l’étranger de Jamal Mohamed Ahmed Dura – carte d’identité 942395930". Le rapport des mouvements de sorties est signé par Yekhezkel Dgani, le coordinateur de l’Enregistrement de la population – Mirsham Ha-okhluzinn -, l’administration israélienne en charge du Contrôle de l’Habitant. Le compte-rendu référencie les cinq derniers mouvements de Jamal. Or ce document mentionne spécifiquement que c’est le 4 octobre qu’A-Dura [Nda : "La carte d’identité israélienne et le rapport jordanien mentionnent Dura et A Dura, ce qui est équivalent", précise Stéphane Juffa] a quitté le territoire alors contrôlé par l’Etat d’Israël, au poste de l’aéroport de Dahanya, dans le sud de la Bande de Gaza".
            - le roi Hussein de Jordanie a été filmé le 5 octobre 2000 au chevet de Jamal al-Dura qui a été interviewé par deux journalistes israéliens.

C'est d'autant plus étrange qu'il ressortait des débats que Jamal al-Dura avait été hospitalisé une seule fois dans cet hôpital jordanien en 2000.

2. Quelles blessures ? Quelles cicatrices de quelles blessures ?
Il est regrettable qu'après les dix heures d'audience du 8 février 2011, et même en reprenant la teneur du "rapport médical" de trois médecins de l'hôpital Al Hussein à Amman, le Tribunal ne fournisse pas des données essentielles et indispensables : nombre, nature et localisations exacts des blessures de Jamal al-Dura attribuées aux tirs israéliens le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim. De même, manquent les comparaisons entre les blessures de 1992, celles opérées en 1994 et celles datant du 30 septembre 2000.

Selon le Tribunal, ce "rapport médical" jordanien évoque des "blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes", et pour elles seules. Pourquoi les trois auteurs de ce "rapport médical" jordanien ont-ils tenu à spécifier la nature des blessures - "par balles" - pour ces seuls membres ? Par cette précision, ses trois auteurs ont opéré une distinction parmi toutes les blessures, selon leur nature.

A contrario, et ipso facto, les autres blessures constatées - "une double fracture (avec effritement osseux) au niveau de l'humérus droit, une fracture au niveau du bassin plus l'os de la "hanche droite", une section de l'artère, de la veine et du nerf au niveau de la cuisse droite (une intervention ayant été pratiquée dans la bande de Gaza)" et "d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit" - ne résulteraient donc pas de balles si l'on suit la distinction opérée par ces trois médecins. Et elles ne pourraient donc pas avoir été causées par des balles israéliennes le 30 septembre 2000.

Poursuivons ce raisonnement respectueux du sens littéral du "rapport médical" rédigé par trois praticiens jordaniens :

- ce "rapport médical" jordanien exclut ipso facto toute nouvelle blessure "au niveau de la main droite" et toute nouvelle "section du nerf cubital droit". L'état de la main droite de Jamal al-Dura se trouve donc en l'état résultant de l'opération chirurgicale effectuée par le Dr Yehuda David dans un hôpital réputé de Tel-Aviv en 1994.

- pourquoi le bras droit jusqu'à la main de Jamal al-Dura, hospitalisé le 1er octobre 2000 à Gaza, est-il entouré d'un plâtre ou bandage taché de rouge (surtout au niveau de la main, 11'12'') ? Surtout si seul "l'humérus droit" a subi une "double fracture" ?

- quand "l'intervention à la cuisse droite" a-t-elle été pratiquée "dans la bande de Gaza" ? Et dans quel hôpital ?

- quid du petit rond sur la fesse droite de Jamal al-Dura présenté comme la cicatrice d'une "blessure par balle" du 30 septembre 2000, filmé par Talal Abu Rahma le 23 octobre 2004 (13'40'') et omis par ce "rapport médical" jordanien et par le Tribunal qui a vu ce film ? Admettons qu'un médecin de cet hôpital d'Amman n'ait pas vu cette "blessure par balle" sur la fesse droite de Jamal al-Dura. Mais trois !? Ces trois médecins de l'hôpital d'Amman ont-ils ausculté leur patient à son arrivée ou se sont-ils fiés au dossier médical de l'hôpital palestinien en en recopiant une partie ? De quand date ce petit rond ? A l'audience, le Dr Yehuda David avait informé le Tribunal que des Palestiniens tirent une balle dans la fesse de ceux présumés avoir collaboré avec l’Etat d’Israël.

- Combien de "blessures par balles" ? "Neuf" selon des "sources médicales palestiniennes". Le Tribunal évoque, "sur la foi" du "rapport médical" jordanien, "des blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes". Dans le film tourné par Talal Abu Rahma pour France 2 le 23 octobre 2004 sur les cicatrices provoquées par des "blessures par balles" le 30 septembre 2000, Jamal al-Dura dirige son index le long de tracés de ce qui semble de longues et fines cicatrices sur sa jambe gauche (13'47''), puis désigne dans sa jambe droite ce qu'il présente aussi comme deux cicatrices : une petite zone que l'on peine à distinguer et qui semble au-dessous d'un rond foncé près du genou (14'22''), et un petit rond près du pied (14'28'').

- Jambe gauche. Selon le "rapport" du professeur Walden, Jamal al-Dura a " deux blessures par balles" situées " au milieu et au tiers supérieur". Cependant, Jamal al-Dura désigne de son index ce qui semble des cicatrices qui parcourent sa jambe du genou jusqu'au pied, donc bien au-delà du "milieu" de la jambe (13'47''-14'19''). Le Dr Yehuda David affirme que certaines cicatrices datent de son opération chirurgicale en 1994.
- Jambe droite. Selon le "rapport" du professeur Walden, Jamal al-Dura aurait de "multiples blessures par balles" et une "blessure par balle au tiers supérieur du tibia". Jamal al-Dura ne désigne que deux zones de cicatrices de "blessures par balles". Pointée par l'index de Jamal al-Dura, la zone du petit rond près du pied droit apparaît dépourvue de plâtre ou bandage et sans aucune blessure le 1er octobre 2000 dans le film de France 2 (11'21'') ; elle ne peut donc pas correspondre à une blessure par balle israélienne le 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim. Comment Jamal al-Dura a-t-il pu se tromper ? Reste donc une "blessure par balle au tiers supérieur du tibia". Cette prétendue cicatrice est peu visible, et la caméra de Tala Abu Rahma la quitte rapidement pour se déplacer vers le petit rond près du pied.

- Quels calibres de balles ? A la différence du "rapport médical" jordanien cité par le Tribunal, le "rapport" du professeur Raphael Walden ne distingue aucune différence de calibre dans les balles censées avoir blessé Jamal al-Dura. Comment des balles de même calibre, provenant du même endroit, tirées par les mêmes soldats, peuvent elles provoquer des blessures tantôt aux "cicatrices" minuscules et rondes et tantôt aux cicatrices longues et fines ?

- Comment une fusillade aussi nourrie dans la durée - « Les balles pleuvaient autour de nous comme de la pluie » et ce, "pendant 45 minutes" selon Talal Abu Rahma -, a-t-elle pu laisser sur le corps de Jamal al-Dura si peu d'impacts de balles, toutes étrangement focalisées "au niveau des deux jambes", alors que sa tête était visible au-dessus du baril pendant 16 secondes sans être atteinte par des balles (7'58''-8'03'' et 8'19''-8'30'') ? "Les armes utilisées [par les soldats israéliens] sont des fusils d’assaut, capables de tirer par rafales et dont la cadence de tir est de six cents à huit cents coups à la minute. En supposant même qu’un seul tireur ait tiré 50 coups à la minute, le nombre de coups de feu sur une durée de 40 minutes aurait été de DEUX MILLE...", écrit l'expert balistique mandaté par Philippe Karsenty dans son rapport du 19 février 2008.

- Comment concilier "l'hémorragie" évoquée dans ce "rapport médical" jordanien et l'absence de sang sur les vêtements, le sol et le mur derrière Jamal al-Dura, pendant et après les "tirs venus des positions israéliennes" ? "Du sang sur un tee-shirt blanc, cela se voit", a ironisé le Dr David Yehuda interviewé par le rédacteur en chef Michel Zerbib sur Radio J, le 5 mai 2011. Et sur un pantalon bleu aussi, serait-on tenté d'ajouter. Le commentaire du film présenté par France 2 à la Cour d'appel de Paris en 2008 allègue qu'une tache près du bras droit serait du sang (8'14''). Mais le "rapport médical" jordanien, auquel le Tribunal accorde une telle "foi", ne relève des "blessures par balles" qu'au "niveau des deux jambes".

Quel crédit accorder à ce "rapport médical" jordanien ? C'est sur ce "rapport" que le Tribunal se fonde - "il y a lieu de croire, sur la foi de ce rapport" - avant de conclure que la "preuve des imputations diffamatoires" n'est pas apportée. En fondant ainsi sa décision sur ce "rapport médical" jordanien - certaines de ses phrases contredisent notamment un autre "rapport médical" -, le Tribunal semble avoir renoncé à son devoir de statuer en droit, avec bon sens et avec logique. A noter que la justice française offre des exemples où des magistrats motivent leurs jugements en se fondant sur des rapports d'experts - psychiatre, spécialiste en immobilier - contestables par leurs imprécisions, leurs contradictions, etc. Ce qui est préjudiciable pour les justiciables qui subissent des dommages.

Curieusement, ce Tribunal qualifie de "déclaration péremptoire" une observation du Dr Yehuda David induite par son expertise acquise en particulier sur les champs de guerres au sein d'unités de Tsahal. Ce chirurgien émérite a affirmé, notamment à l'audience, que Jamal al-Dura n'aurait pas survécu - il se serait "vidé de son sang en quelques minutes sans pouvoir atteindre l'hôpital de Gaza" - si son artère fémorale avait été touchée par des balles de M16 israéliens ce 30 septembre 2000.

On demeure au moins étonné, voire choqué, par le faible niveau des magistrats ayant rendu ce jugement. Des juges semblant dénués d'esprit logique, de raison... au pays de Descartes.

Une information majeure
En qualifiant de "limitée" la portée de la révélation du Dr Yehuda David, le Tribunal minore sans raison une information majeure.

En effet, en 2000, Jamal al-Dura avait attribué toutes ses blessures à Tsahal. C'est aussi ce qui ressort de ce film de Talal Abu Rahma pour France 2 et en date du 23 octobre 2004. Un film intégré dans celui montré par France 2 et Charles Enderlin à la Cour d'appel de Paris le 27 février 2008 et visible sur le site de France 2 (13'04''). En rappelant son opération de chirurgie réparatrice de 1994, le Dr Yehuda David non seulement a annihilé les allégations de Jamal al-Dura, de Talal Abu Rahma et de France 2 en ce qui concerne les membres opérés, mais a aussi réduit le crédit à apporter à leurs allégations d'autres "blessures par balles".

Et ce chirurgien se voit conforté dans ses affirmations par ledit "rapport médical" jordanien qui évoque, aux dires mêmes du Tribunal, "d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit", et donc, a contrario, aucune autre nouvelle blessure à cette main de Jamal al-Dura.

Enfin, on peut s'interroger sur le choix de Jamal al-Dura d'avoir judiciarisé les questions visant ses blessures, alors qu'il aurait pu répondre aux questions de Clément Weill-Raynal et de Luc Rosenzweig, venir s'exprimer devant le Tribunal et surtout accepter d'être examiné par les experts d'une commission d'enquête indépendante chargée d'établir la vérité sur ce qui s'est produit le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim, et dont la constitution a été demandée par Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) en 2008, puis en 2011.

D'autant que les autorités israéliennes ont toujours indiqué qu'elles ne mettraient "aucun obstacle à ses déplacements".

Il est désolant qu'aucune des institutions publiques françaises - notamment la direction de France Télévisions, le ministère de la Culture et de la Communication et le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) - ne soit intervenue depuis tant d'années pour mettre un terme par des réponses à ces questionnements légitimes et logiques sur "l'incident al-Dura".

21es Rendez-vous de l'Histoire
Les 21es Rendez-vous de l'Histoire à Blois ont eu pour thème "La puissance des images" (10-14 octobre 2018).

Al-Jazeera
Le 30 septembre 2024, AJ+ français, branche française de la chaine qatari al-Jazeera, a diffusé sur X, ex-Twitter, un reportage (3'22'') ainsi commenté : 
"C'était le pire jour de ma vie.”
Le 30 septembre 2000, Mohammed al-Durrah, 12 ans, est tué par l'armée israélienne alors qu'il se trouve dans les bras de son père.Les images, diffusées le soir même sur France 2, marqueront le monde entier.
Ses parents témoignent pour AJ+ ".
Manal al-Durrah, présentée comme la mère de Mohammad al-Durrah - au lieu de "al-Dura" -, évoque ce dernier comme un "martyr" (shahid).

Mediapart
Le 30 septembre 2025 à
 10h32, Mediapart diffuse l'interview de Jamal al-Dura intitulée "Jamal al-Dura : « Le sang de Mohammed n’en finit pas de couler » et signée par Gwenaelle Lenoir.

Réservé aux abonnés, cet article débute ainsi :
"Il y a vingt-cinq ans, le 30 septembre 2000, Mohammed al-Dura mourait dans les bras de son père, tué par des balles israéliennes, derrière un cylindre de béton, à un carrefour de la bande de Gaza. Ce père, Jamal al-Dura, vit toujours dans le camp d’Al-Bureij. Mediapart a pu le joindre et l’écouter.

L’image est mauvaise, le son se hache avant de revenir et puis de repartir, la liaison coupe souvent. Mais les mots et les traits de Jamal al-Dura nous parviennent quand même, depuis le camp d’Al-Bureij, dans la partie centrale de la bande de Gaza. Son visage est long et émacié, ses cheveux gris, sa peau semble un peu jaune. « Je me suis rendu chez des amis pour vous parler, dit-il à Mediapart, le 15 septembre en fin d’après-midi. Chez moi, c’est impossible, j’habite dans les ruines de ma maison, j’ai réussi à y aménager un coin, mais obtenir une liaison internet"

Co-fondateur de Mediapart, Edwy Plenel a annoncé ainsi cet article sur X, ex-Twitter à 11 h13 :
"Il y a 25 ans, le 30 septembre 2000, Mohammed al-Dura mourait dans les bras de son père, tué par des balles israéliennes à un carrefour de la bande de #Gaza. Ce père, Jamal  al-Dura, vit toujours dans le camp d’Al-Bureij. @Mediapart  a pu le joindre."

Pourquoi ce regain d'intérêt pour l'affaire al-Dura ? Pour tenter d'effacer le souvenir des fakes, notamment sur "la famine dans la bande de Gaza" ? Pour renforcer l'image diffamant Israël et ses soldats présentés faussement comme "tueurs d'enfants" depuis des décennies, notamment auprès de la génération née en 2000 (génération Z ou Gen Z) ?

Richard Landes
Le 30 septembre 2026, Richard Landes a publié sur son blog "Al Durah, The First Post-Modern Blood Libel. Pallywood’s Most Spectacular Success" ("Al Durah, la première accusation de meurtre rituel post-moderne. Le succès le plus spectaculaire de Pallywood") :
"Le 30 septembre 2000, Charles Enderlin, correspondant de France 2 au Moyen-Orient, a présenté une cinquantaine de secondes d'images floues, filmées par son caméraman palestinien Tala abu Rahmeh, comme illustrant l'histoire d'un garçon et de son père pris entre deux feux, cachés derrière un baril au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, visés et tués « par des tirs provenant d'une position israélienne ». En réalité, les images ne montrent rien de tel : les tirs proviennent d'une position opposée (c'est-à-dire palestinienne ), ils n'ont pas été pris au piège mais placés là, comme le révèlent des images de l'AP et de Reuters, il n'y a aucune trace de sang sur le mur ni sur le père (qui a reçu 11 blessures), et le garçon, après avoir été déclaré mort par Enderlin, lève le coude et regarde la caméra (une scène qu'Enderlin a coupée au montage).
Rien dans les images utilisées par Enderlin ne confirme le récit qu'il a diffusé avec son caméraman : une pluie de balles, une blessure à l'estomac, un meurtre de sang-froid, un ambulancier tué en venant à la rescousse. S'il avait fait preuve d'un tant soit peu du scepticisme professionnel qu'exigeait un reportage aussi sensationnaliste, Enderlin n'aurait certainement pas utilisé ces images (comme CNN l'avait fait auparavant). Au lieu de cela, il n'a pas raisonné selon le principe : « Est-ce crédible ? » mais plutôt : « Que puis-je rendre crédible ? »
Et, hélas, l'histoire se propagea comme une traînée de poudre. Dans le monde musulman, elle devint la preuve irréfutable que les Infidèles – les Juifs ! – tuaient des musulmans innocents, justifiant ainsi le ciblage des « civils » infidèles. En Occident, elle fut largement adoptée par les progressistes comme un moyen d'« effacer, de remplacer » l'icône de l'Holocauste : une échappatoire à la honte de l'Holocauste . L'inversion de l'Holocauste – les Juifs sont les nouveaux nazis, les Palestiniens les nouvelles victimes juives du génocide – se banalisa.
Al Durah était le saint patron de Durban, le cri de ralliement de la vague d'antisémitisme qui a déferlé sur ces événements, la présence dominante au mariage des progressistes occidentaux et des suprémacistes musulmans.
Il s'agissait de la première accusation de crime rituel « post-moderne », la première à réussir en Occident après la Shoah, la première diffusée par un Juif (et Israélien), la première relayée par des médias d'information modernes et professionnels. Pourtant, à ce jour, les journalistes occidentaux, y compris israéliens, ont-ils manifesté une grande réticence à envisager la possibilité d'une mise en scène, le plus grand succès de Pallywood, cette industrie cinématographique vouée à accuser Israël de crimes de guerre. Cette affaire a électrisé le monde entier, attisant une haine qui a lié les progressistes occidentaux aux suprémacistes djihadistes.
À l'instar de la blessure infligée par la lame de Morgul dans Le Seigneur des Anneaux (Lord of the Rings), tant que ce fragment de l'œuvre la plus malveillante de Pallywood restera ancré dans le récit des médias traditionnels, présenté comme une information plutôt que comme une erreur professionnelle colossale, la couverture occidentale d'Israël et de ses ennemis sera gangrenée par la propagande de guerre djihadiste : ce sont les Israéliens (et non les Palestiniens) qui ciblent les enfants ; ce sont les Israéliens (et non les Palestiniens) qui commettent un génocide. L'Occident est littéralement aveuglé, désorienté, moralement écœuré par ce journalisme de guerre contre-productif et son appétit apparemment insatiable pour les récits de Juifs se comportant mal."


Articles à lire sur
- l'affaire al-Dura/Israël
- la France
- le Judaïsme/Juifs
- le Monde arabe/Islam
- Articles in English

Cet article a été modifié le 15 octobre 2011 puis les 13 mai 2011, 30 septembre 2016, 2 octobre 2018, 29 septembre 2019, 2 octobre 2020, 28 septembre 2022, 28 septembre 2023, 30 septembre 2024, 30 septembre 2025.

mercredi 2 septembre 2026

Interview de Bat Ye’or sur Eurabia (1/2)

Bat Ye’or est une essayiste spécialiste des minorités religieuses dans le monde islamique. Elle a forgé le terme « dhimmitude » pour désigner le statut cruel des minorités non-musulmanes (dhimmis) dans les pays islamiques ou « terre d’islam ». Elle a aussi analysé Eurabia, alliance euro-arabe visant à fondre l’Europe dans un ensemble méditerranéen. Interview réalisée en janvier 2008. Yana Grinshpun, linguiste, analyste du discours, maîtresse de conférences en sciences du langage à l'université Paris-III Sorbonne-Nouvelle, a lancé la cagnotte "Sauver les documents de Bat Ye'or" sur GoFundMe afin de numériser les documents rassemblés par l'essayiste et les mettre à la disposition des chercheurs. Au 2 septembre 2026, 4 164 € ont été récoltés sur 4,5 k €.

Comment vous êtes-vous intéressée à Eurabia (1) ?

Mes recherches sur les processus d’islamisation des pays chrétiens par les conquêtes arabes et turques m’ont mise sur la piste d’Eurabia (2).

Malgré des siècles d’intervalle, je découvrais des similitudes entre les comportements et les politiques de dirigeants chrétiens qui avaient collaboré à la conquête de leur pays (3) et ceux d’intellectuels européens islamophiles contemporains. De nombreux documents des siècles passés semblaient se réincarner dans des événements actuels, les échos des vies et des voix de ces personnages remontaient à la surface du temps dans d’autres tonalités.

Je voyais le tableau mais je n’en avais pas la clé. C’est par hasard que je l’ai découverte en lisant en 2002 l’opuscule intitulé Eurabia de 1975 (4). J’ai alors commencé mes recherches sur ce sujet.

Comment définissez-vous Eurabia ?

C’est difficile à dire, c’est un continent en transition porteur de futurs conflits très graves de quelques côtés que l’on regarde.

Eurabia est née de la soumission de la Communauté économique européenne (CEE), devenue l'Union européenne (UE), au terrorisme palestinien et au boycott pétrolier ; ce boycott provenait principalement des pays arabes producteurs (5), et était dirigé aussi contre les Etats-Unis en novembre 1973.

Les Neuf (6) acceptèrent alors les conditions de la Ligue Arabe : soutien à la cause palestinienne et adoption d’une politique pro-palestinienne, anti-israélienne et anti-américaine, reconnaissance d’un peuple palestinien qui jusqu’alors n’était pas mentionné, reconnaissance de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine [7]) et de son chef Yasser Arafat comme ses seuls représentants.

Cette politique se développa dans un cadre informel d’accords entre les pays de la CEE et ceux de la Ligue Arabe. On attribue au politicien français Michel Jobert (8) l’appellation Dialogue euro-arabe (DEA) pour ce type de politique discrète.

Ces accords se faisaient au plus haut niveau entre, du côté européen, les ministres des Affaires étrangères et le président de la Commission et, du côté arabe, leurs homologues et le représentant de la Ligue des Pays arabes.

En 1974, fut créée à Paris l’association parlementaire pour la coopération euro-arabe. Elle rassemblait des députés des parlements de chaque pays de la CEE chargés de gérer avec leurs collègues arabes tous les aspects de cette collaboration euro-arabe par une infrastructure de comités et de réseaux.

Le DEA visait à développer l’immigration des pays arabes jusqu’alors fort réduite, à renforcer la coopération politique, économique, culturelle, universitaire, syndicale et médiatique entre l’Europe et les pays arabes sur la base des conditions de la Ligue arabe concernant la diffusion de la culture et de la langue arabes en Europe, le soutien à Arafat et à l’OLP et la création de la Palestine.

Le but de cette politique était de créer un vaste ensemble méditerranéen euro-arabe où le multiculturalisme et la fusion des populations et des langues, grâce à l’immigration, imposeraient la destruction des frontières, des identités nationales et religieuses, gages de la paix en Méditerranée. Un continent doté d’une telle puissance pourrait rivaliser avec l’Amérique sur la scène mondiale.

Comment est né le Partenariat euro-méditerranéen ?

Cette stratégie méditerranéenne, commune à l’ensemble de la CEE et adoptée plus tard par l’Union européenne (UE), nécessita la création d’un organe adéquat afin de coordonner les relations entre l’Europe et les pays arabes.

En 1974, les Neuf créèrent à Paris l’Association parlementaire européenne pour la coopération euro-arabe qui rassemblait des membres des plus importants partis européens. Les réunions bisannuelles des membres de l’Association avec leurs collègues arabes comptaient des observateurs de la CEE, dont ceux de la Commission européenne, de la Ligue arabe et d’autres organisations internationales.

Cette structure prit une extension beaucoup plus large dans le Partenariat euro-méditerranéen créé en 1995 sur trois piliers : le partenariat politique et de sécurité ; le partenariat économique et financier ; le partenariat social, culturel et humain. Leurs objectifs furent définis à la première Conférence euro-méditerranéenne tenue à Barcelone les 27-28 novembre 1995 (9).

Ce Partenariat suscita la création de nombreuses institutions dont je donne une liste non exhaustive dans mon livre Eurabia, l’axe euro-arabe ; des directives et des textes juridiques planifièrent le suivi et l’application de cette politique dans l’UE. Même le langage politiquement correct (10) doit obéir aux directives politiques de Bruxelles.

Les rouages du Partenariat connectaient le monde arabe et l’UE par le truchement d’éditeurs, d’universités, de syndicats, de journalistes, de sphères politiques, économiques et sociales.

Des réseaux structurés répartis sur l’UE orchestrèrent la campagne anti-israélienne qui accompagna l’Intifada II.

C’est ainsi que le Partenariat aida et soutint moralement Arafat.

Sur la scène intérieure des pays de l’UE, une campagne de dénigrement visait à intimider, humilier et réduire au silence les communautés juives. C’est ce qu’on appela « la nouvelle judéophobie » (11) au tournant du XXIe siècle.

L’affaire al-Dura (12) et l’affaire Rachel Corrie (13) illustrent ces dénigrements d’Israël. En 2002, le nettoyage par les Israéliens d’un pâté de maisons bourrées d’explosifs à Djénine provoqua des accusations démentes (14).

Eurabia, c’est, à l’échelle d’un continent, une dhimmitude imposée par ses leaders.

Mais attention : Eurabia ne représente pas tous les Européens, d’où précisément ces risques de conflits et de rejets. Eurabia, c’est un projet développant une stratégie pour l’imposer dans la réalité concrète - politique, société, culture –, mais tous les Européens n’y adhèrent pas.

Pourriez-vous nous donner des exemples d’attitudes européennes à l’égard de l’antisémitisme et du conflit au Proche-Orient ?

Dès le déclenchement de l’Intifada II en 2000, dans tous les pays de l’UE se développa la vague antisémite avec les synagogues incendiées, les écoliers juifs attaqués et les nombreux incidents (15) qui conduisirent les responsables juifs à organiser plusieurs conférences internationales sur la recrudescence d’actes antisémites, notamment dès 2001 à Paris (16).

En 2003, l’EUMC (Observatoire européen sur le racisme et la xénophobie) refusa de publier son rapport sur l’antisémitisme en Europe (17). Elaboré par le Centre de recherche sur l'antisémitisme de l'Université de Berlin, ce rapport concluait à la présence de musulmans et de groupes pro-palestiniens derrière les actes antisémites en Europe (18). Il fut rendu public par diverses organisations juives.

En novembre 2003, l’Eurobaromètre de la Commission européenne publiait un sondage réalisé auprès de 7 515 habitants des 15 Etats de l’UE (19). Israël représentait pour 59% des Européens interrogés, la plus grande « menace pour la paix dans le monde » !

Fin 2003, ces faits suscitèrent l’indignation. Une crise grave éclata entre la Commission européenne présidée par Romano Prodi et des organisations juives mondiales majeures (20).

La Commission européenne, le Congrès juif européen (CJE) et la Conférence des rabbins européens décidèrent d’organiser le 19 février 2004 le séminaire L'Europe contre l'antisémitisme, Pour une Union des diversités.

Romano Prodi, président de la Commission européenne, y déclarait :
« Historiquement et culturellement, les Juifs sont l'archétype de la minorité européenne. Le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme sont une violation patente de tout ce que l'Union incarne. Nos valeurs fondatrices et notre caractère multiculturel et pluriethnique peuvent nous vacciner contre les manifestations récentes d'antisémitisme et les nouvelles formes de préjugés. L'Europe d'aujourd'hui a condamné sans réserve l'antisémitisme des années 30 et 40 et continue à condamner toute nouvelle expression d'antisémitisme. En Europe, nous observons que ce conflit [non résolu du Moyen-Orient] nourrit les frustrations sociales des nouvelles minorités issues de l'immigration dans bon nombre d'États membres de l'Union. Ces frustrations importées se traduisent parfois par des actes antisémites, dans certains pays plus que dans d'autres. Certaines critiques adressées à Israël sont inspirées par une forme de ressentiment ou de préjugé antisémite. Elles doivent être reconnues comme telles et traitées comme il convient. Les institutions de l'Union européenne sont unies dans leur condamnation de l'antisémitisme. Il n'y a pas place pour l'antisémitisme dans une Union des diversités » (21).
L’UE a financé des organisations partiales sur le conflit au Proche-Orient (22) : le Comité israélien contre la démolition des maisons (ICAHD), Mossawa, Adallah, etc.

L’alliance euro-arafatienne, scellée en 1973 par la trêve du terrorisme palestinien en Europe, se manifestait par une campagne continue anti-israélienne. En 2001, elle s’exprima par la campagne de diabolisation d’Ariel Sharon (23) et d’exonération d’Arafat initiateur de la politique du chaos et des attaques-suicides (24), dont on a vu les effets à Madrid et à Londres et dont on voit les conséquences en Irak, au Maghreb, au Pakistan.

Dans son livre Cousins and Strangers. America, Britain, and Europe in a New Century (25), Chris Patten, commissaire européen pour les Affaires étrangères de 1999 à 2004, décrit sans complexe la politique, qu’il considère légitime de l’UE, consistant à exercer des pressions continues sur Israël tout en protégeant, parrainant et finançant l’OLP.

Cette position de l’UE motiva l’opposition de Chris Patten à la proposition de l’eurodéputé François Zimeray de constituer une commission d’enquête parlementaire sur l’utilisation des fonds européens par l’Autorité palestinienne, pour savoir s’ils finançaient les manuels scolaires prônant la haine des Juifs, des Israéliens, et glorifiant le terrorisme (26).

La Cause palestinienne occupe une place importante dans Eurabia…

Le palestinisme ou théologie politique du remplacement d’Israël par la Palestine, est le point focal d’Eurabia. Pour marquer sa solidarité avec les Palestiniens, l’Europe adopta vis-à-vis d’Israël les positions de l’OLP dans sa Déclaration de Londres de 1977 (27), reprise sous une forme plus sévère dans la Déclaration de Venise en 1980 (28).

A la demande du monde musulman, le plan sous-jacent à Eurabia attribuait à la Palestine, c’est-à-dire à la destruction de l’Etat d’Israël (29), un rôle essentiel, d’où la palestinisation de la culture et de la politique d’Eurabia.

Cette idéologie reprend, mais sur un plan mondial et dans un contexte de jihad, l’idéologie nazie. L’antisémitisme/antisionisme y a été délibérément développé comme élément central de sa politique, de sa culture et de ses médias, car le palestinisme ou la haine d’Israël furent les catalyseurs de la genèse d’Eurabia.

Quel but poursuit la Cause palestinienne à l’égard des chrétiens ?

Aujourd’hui, la théologie de la libération palestinienne (30) vise à dissocier le christianisme de sa matrice juive afin de le purger de toute judéité, reproduisant le processus nazi de l’aryanisation de l’Eglise. C’est par le truchement du « Jésus palestinien » coupé de la Bible hébraïque, que s’opère le processus d’islamisation du christianisme.

Quelles causes ont présidé à la création d’Eurabia ?

Les principales furent la peur du terrorisme palestinien, le boycott du pétrole en 1973 et les chocs pétroliers, l’attrait des pétrodollars, des considérations commerciales (31), l’ambition de dominer l’Amérique et, dans des milieux économiques influents liés au monde arabe, la haine d’Israël.

Des communistes y voyaient le moyen de se débarrasser du judéo-christianisme et les courants néo-nazis tentaient de lui substituer l’islamo-christianisme, comme au XXe siècle la politique de déjudaïsation des Eglises par leur aryanisation.

Mais le véritable objectif derrière toutes ces politiques demeurait l’impératif de paix avec le monde arabo-musulman. L’unification de l’Europe s’était construite sur la paix (32) et sur le refus définitif de toute guerre.

Pour ne pas irriter ses alliés arabes, l’Europe imputait le terrorisme à la politique américaine et surtout israélienne. Se faisant l’avocat d’Arafat, elle ne cessait d’envoyer des émissaires à Washington pour infléchir sa politique et l’amener à abandonner Israël. Dans son livre, Cousins and Strangers, Chris Patten exhale dans des pages virulentes sa fureur envers le Premier ministre britannique Tony Blair. Il lui reproche entre autres de n’avoir pas su influencer le président George Bush pour l’amener à modifier sa politique au Proche Orient et s’offusque du plan américain en 2004 qui refuse le retour des « réfugiés » palestiniens en Israël ! A une réunion des ministres européens des Affaires étrangères, les Irlandais qui présidaient alors l’UE considéraient ce plan « un échec criminel ».

Dans son désir de maintenir la paix (33), l’UE niait le terrorisme jihadiste et préconisait une politique de concessions politiques et le paiement de fonds considérables en prétendant que la misère, et non l’idéologie jihadiste, provoquait le terrorisme (34). Elle obtempérait ainsi aux lois du jihad qui lient la paix au paiement d’un tribut.

Alors que les Etats-Unis et Israël résistent au jihad, l’UE s’est soumise aux conditions de la trêve prévue par le droit musulman (35). C’est ainsi que l’Europe est devenu le continent de la da’wa, la prédication et la pénétration pacifique de l’islam.

Quels sont les objectifs, les moyens et les résultats d’Eurabia ?

Ses objectifs sont nombreux, stratégiques, économiques et culturels.

Dans le long terme, on anticipe l’instauration d’une paix universelle sur la mort des nations, des identités nationales et culturelles par le mélange des peuples (immigration) et des cultures (multiculturalisme).

La symbiose méditerranéenne n’est qu’une étape vers la construction d’une humanité réconciliée, libérée des pesanteurs de l’histoire et des particularismes religieux et nationaux. Le gouvernement de cette humanité nouvelle serait conduit par les instances internationales comme l’ONU par exemple, ou le Tribunal international.

C’est pourquoi l’on assiste à une prolifération d’institutions internationales comme l’Alliance des Civilisations (36), ou la Fondation Anna Lindh (37), disposant d’énormes budgets et dont les comités internationaux de Sages détiennent des pouvoirs politiques.

L’ennui avec ces nobles idéaux, c’est que la démocratie se perd, les contrepoids au pouvoir ne fonctionnent plus : va-t-on aller se plaindre à un comité de Sages des orientations politiques ? Aura-t-on encore besoin de parlements nationaux ? Va-t-on vraiment supprimer tout risque de guerre par le mélange des peuples ? Il faudrait pour cela convertir à la paix les civilisations qui se sont construites par la guerre.

Dans son étude sur le fondamentalisme islamique, le professeur allemand d’origine syrienne Bassam Tibi (38) note :

« Les musulmans sont obligés par leur religion de disséminer la foi islamique sur toute la terre (Cor. 34 :28). Si les non-musulmans acceptent la conversion ou la soumission, l’appel (da’wa) peut être poursuivi pacifiquement. S’ils refusent, les musulmans sont obligés de les combattre. Dans l’islam, la paix exige que les non-musulmans se soumettent à l’appel de l’islam, soit par la conversion soit par l’acceptation du statut de minorité religieuse (dhimmi) et en payant la capitation obligatoire, jizya. La paix du monde, dans le stage final de la da’wa est atteint seulement avec la conversion ou la soumission de toute l’humanité à l’islam ».

Bassam Tibi explique que, pour les musulmans, l’expansion par la guerre n’est pas une agression, mais l’accomplissement du commandement coranique de propager l’islam pour imposer la paix. Les opposants incroyants, qui créent des obstacles et résistent, sont responsables de la guerre. L’Europe adopta cette vue en qualifiant d’agression la résistance d’Israël au terrorisme.

Les moyens d’Eurabia résident dans la possibilité pour l’UE de mener une politique opaque sans consulter les populations et sans réels contre-pouvoirs ni contrôle, et ses résultats sont consternants.

Des exemples ?

Respecter les susceptibilités des populations étrangères au détriment de nos valeurs et des droits de l’homme (39), les éventuelles poursuites pour blasphème (40), la « diffamation des religions » (41)…

Comment votre étude d’Eurabia a-t-elle été accueillie ?

Elle a suscité un énorme intérêt dans beaucoup de milieux européens et aux Etats-Unis.

Les commentaires sur Internet sont innombrables alors que la presse européenne n’en a pas parlé, excepté en Italie où j’ai découvert, à l’occasion de mes nombreuses conférences, un climat beaucoup plus libre et ouvert. Le combat national pour la souveraineté et l’indépendance de l’Italie est encore très présent, même le langage, les concepts et les discussions se déroulent à un niveau beaucoup plus direct et libre qu’ailleurs.

En Amérique aussi le « politiquement correct » est ouvertement contesté.

Dans les milieux italiens chrétiens où j’ai évolué, je n’ai trouvé ni antisémitisme ni antisionisme, mais une sympathie enthousiaste pour Israël.

En Italie, le mot « liberté » contient encore un potentiel de courage et d’indépendance intellectuelle que je n’ai pas trouvé en France, en Belgique et en Angleterre. Non par manque d’écrivains remarquables et courageux – bien au contraire –, mais par l’épaisseur du politiquement correct qui étouffe tout débat, la profondeur insondable et incurable de la haine d’Israël entretenue par des réseaux euro-arabes, et par la palestinisation de la politique et de la société.

Il est clair que la dénonciation de la politique eurabienne m’attire de très nombreux ennemis.

En 1995, l’UE a signé un accord d’association avec l’Etat d’Israël (42). Elle a adopté des mesures pour lutter contre le terrorisme. Les tentatives de boycott universitaire et de désinvestissement (43) d’Israël ont été réprouvées par les autorités nationales et européennes. Le 22 janvier 2008, Franco Frattini, vice-président de la Commission européenne, chargé de la justice, de la liberté et de la sécurité, a reconnu que longtemps l’UE a ignoré les craintes légitimes d’Israël à l’égard de la terreur (44) qu’il n’a cependant pas qualifiée d’islamiste (45). La France a donné un nouvel élan à ses relations bilatérales avec l’Etat d’Israël depuis quelques années (46)…

Si l’on doit se réjouir de ces observations, on doit aussi se demander pourquoi l’UE a ignoré si longtemps ces craintes.

Le climat politique, universitaire et culturel de l’UE, les déclarations partiales de certains de ses leaders, la désinformation propagée par une presse hostile – des terroristes palestiniens ont été qualifiés de résistants – et le culte de la palestinité ont créé un climat propice à la diabolisation d’Israël.

Ce qui constitue un véritable scandale moral compte tenu des prétentions éthiques dont se targue l’Europe.

La large couverture dans la presse américaine sur le retour de l’antisémitisme européen (47) a obligé la Commission sous la présidence de Romano Prodi (48) et avec Chris Patten, commissaire aux Affaires étrangères, à faire marche arrière.

D’ailleurs, de nombreux députés – Willy de Clercq, Ana Palacio, Marco Panella, Frédérique Ries, Ilka Schröder, François Zimeray - et politiciens européens réprouvaient la politique déséquilibrée (49), antisioniste et la rupture avec l’Amérique. Ils purent modifier ces tendances par l’émergence d’autres politiques avec Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.

La politique de l’UE n’est pas uniforme ou monolithique, elle est traversée de plusieurs courants .

Qu’est-ce qui pourrait ébranler Eurabia, freiner sa constitution ?

Il faudrait d’abord que les Européens prennent conscience des implications de la politique méditerranéenne imposée par leurs leaders, des conséquences d’une immigration incontrôlée dont des membres exigent le multiculturalisme parce qu’ils refusent l’intégration et les lois des pays d’accueil.

Les contribuables européens devraient exiger un contrôle sévère des dépenses de l’UE et de l’utilisation par les bénéficiaires des milliards d’euros provenant des prélèvements fiscaux.

L’opacité des politiques est inhérente à la ramification des réseaux de contrôle et d’influences, aussi devraient-ils exiger une plus grande clarté et imposer le respect de leurs droits constitutionnels et de leurs libertés.

Enfin, la connaissance de l’islam comme civilisation, histoire, théologie et jurisprudence – au-delà des fables andalouses – s’impose puisque nous sommes destinés à nous unir à l’islam par le mélange des cultures prévu dans la politique méditerranéenne et l’entrée de la Turquie dans l’UE.

Tous ces sujets et les débats d’idées qui y sont liés sont aujourd’hui tabous.

Ce qui est clair, c’est qu’Eurabia est née de la terreur du conflit des civilisations et que l’Europe refuse toute idée de guerre. Eurabia est la réponse du pacifisme européen à l’idéologie de guerre permanente du jihad.

L’opération Liberté en Iraq en 2003 a montré au sein de l’UE un double clivage entre d’une part des pays ou plutôt des dirigeants pro-américains, atlantistes – Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Pologne, etc. – et, d’autre part, des pays opposés à la diplomatie américaine et à la guerre (France), ainsi qu’à l’intérieur de ces deux ensembles, le rôle majeur des opinions publiques, composées notamment d’une rue arabe, en phase avec ses dirigeants (France) ou en opposition avec ses leaders (Italie, Espagne). Quelles réflexions suscitent chez vous ces faits ?

Ces oppositions démontrent les divergences de politique et d’opinion qui traversent les démocraties européennes.

Les partis de gauche qui cultivent l’antiaméricanisme et la haine d’Israël sont les instruments de la politique arabe en Europe.

Le Premier ministre britannique Tony Blair fut rejeté et désavoué par son propre parti travailliste qui l’accusa de provoquer le terrorisme islamiste par son alliance avec le président américain George Bush.

Mais on pourrait en dire de même de certains partis de droite liés par des intérêts économiques aux puissances pétrolières (51).

Le poids de l’immigration pèse aussi considérablement sur les politiques européennes. Cela était à prévoir. Les liens de ces populations avec leur pays d’origine affaiblissent énormément l’indépendance politique de l’Europe, déjà bien diminuée par la menace terroriste.

Comment interprétez-vous les émeutes en France à l’automne 2005 et à la fin 2007 ? Avaient-elles un caractère économico-social ou ethnico-religieux ?

Pour moi, ce sont des Intifadas (52) à caractère ethnico-religieux mais qui incluent aussi un aspect économico-social.

Ce dernier est lié au caractère ethnico-religieux de revendication agressive et de rejet contre un Etat et une société considérés comme illégitimes d’un point de vue religieux.

En effet, dans les pays musulmans où règnent une misère et un chômage bien plus graves qu’en France, de telles violences ne se sont jamais manifestées parce que l’élément religieux y est exclu.

D’ailleurs les revendications sociales d’autres groupes européens défavorisés n’ont jamais impliqué de tels débordements.

L’identité de la France a été un thème majeur et porteur du candidat Nicolas Sarkozy en 2007. Le Président de la République Nicolas Sarkozy souligne les racines judéo-chrétiennes et l’identité de la France, suscitant les critiques de la plupart des intellectuels. Il avance un projet d’Union méditerranéenne… N’y a-t-il pas, dans ces exemples, des ferments de résistance à l’acculturation en cours ?

Le renoncement aux racines judéo-chrétiennes est motivé par l’entrée de la Turquie dans l’UE et le désir de satisfaire une population musulmane déjà considérable en Europe et destinée à s’agrandir encore.

L’islam d’ailleurs ne reconnaît pas la notion de judéo-christianisme car il affirme que ces deux religions sont des falsifications de l’islam. La filiation du christianisme par un Jésus juif est rejetée puisque, dans le Coran, Jésus (Isa) est un prophète musulman ayant prêché l’islam.

On voit à présent dans différents pays de l’UE, des ferments de résistance à la politique imposée par le Conseil européen et la Commission aux populations réduites au silence par des tabous et par de nombreux médias serviles palestinisés.

On peut même craindre l’explosion, et c’est ce qui est dangereux, car une population non négligeable d’immigrés s’est bien intégrée et adhère aux valeurs démocratiques et laïques de l’Occident (53).

Le conflit ne porte pas sur des personnes, mais sur des idéologies.

Par ailleurs, l’UE déjà bien engagée dans sa politique fusionnelle avec le monde arabe ne pourrait maintenant faire marche arrière sans essuyer les ripostes d’un terrorisme intérieur déjà bien implanté, contre lequel elle est désarmée, et sans subir des représailles économiques et même sanglantes contre les chrétiens dhimmis.

Ce scénario, qui s’est déjà produit dans l’affaire des caricatures danoises (54), servait d’avertissement.


Site Internet de Bat Ye’or :

Yana Grinshpun, linguiste, analyste du discours, maîtresse de conférences en sciences du langage à l'université Paris-III Sorbonne-Nouvelle, a lancé la cagnotte "
Sauver les documents de Bat Ye'or" sur GoFundMe afin de numériser les documents rassemblés par l'essayiste et les mettre à la disposition des chercheurs. Au 2 septembre 2026, 4 164 € ont été récoltés sur 4,5 k €.

"Bat Ye’or possède des documents exceptionnels, à l’origine de travaux majeurs sur les relations entre l’Europe, le monde arabe et Israël, notamment son ouvrage Eurabia. Ces documents, rapports, notes et témoignages, constituent un patrimoine historique et intellectuel précieux.
Faute d’institution prête à les accueillir et à les préserver, ces documents risquent de disparaître ou de rester inaccessibles aux chercheurs. Nous lançons donc cette cagnotte afin de les sauvegarder, les inventorier et, à terme, les rendre accessibles au public.
Chaque contribution compte pour préserver ce fonds documentaire unique et transmettre ce travail aux générations futures."

La vidéo de l'interview de Bat Ye'or par Yana Grinshpun sur ces archives est visible aussi sur Youtube

(1) Bat Ye'or, Eurabia : L'axe Euro-Arabe. Ed. Jean-Cyrille Godefroy, 2006. 347 pages. ISBN : 2865531899

(2) Bat Ye'or, Le dialogue Euro-Arabe et la naissance d’Eurabia, in Observatoire du monde juif, bulletin 4/5, décembre 2002, p.44-55, à http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/omj04-05.pdf

Michel Gurfinkiel, Eurabia/ Bat Ye'or, la sentinelle, 12 juillet 2006, à http://michelgurfinkiel.com/articles/29-Eurabia-Bat-Yeor,-la-sentinelle.html

(3) Bat Ye'or, Les chrétientés d'Orient entre jihâd et dhimmitude : VIIe-XXe siècle. Préface de Jacques Ellul. Éditions du Cerf, collection « L'histoire à vif », Paris, 1991. 529 p. ISBN 2-204-04347-8.

(4) Eurabia est le titre d’une publication éditée par le Comité européen de coordination des associations d’amitié avec le monde arabe (Paris) et réalisée avec la collaboration de Middle East International (Londres), France-Pays arabes (Paris) et le Groupe d’études sur le Moyen-Orient (Genève).

(5) En décembre 1973, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) décide d’un quadruplement du prix du brut.

(6) Instituée par le traité de Rome (1957), la CEE était composée de la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la République fédérale d'Allemagne (RFA), auxquels s’étaient joints depuis 1973 le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni. La CEE, avec ses élargissements progressifs, est l’un des piliers de l’Union européenne (UE) créée en 1992 par le traité de Maastricht.

(7) Adoptée en 1964, bien avant la guerre des Six-jours et « l’occupation des territoires », la charte de l’OLP condamne Israël à la destruction (art.1, 2 et 3). http://www.amitiesquebec-israel.org/textes/charteolp.htm

(8) Michel Jobert (1921-2002) fut ministre français des Affaires étrangères en 1973-1974 sous la présidence de Georges Pompidou (http://www.doc.diplomatie.gouv.fr/BASIS/epic/www/doc/DDD/1133051905.doc).

(9) http://www.doc.diplomatie.gouv.fr/BASIS/epic/www/doc/DDW?M=2&K=975159306&W=TITRE+PH+IS+%27d%E9claration+de+Barcelone%27+ORDER+BY+DATE/Descend

(10) "Révision du vocabulaire de l'UE, pour éviter l’expression "terrorisme islamique", 17 avril 2006, à http://www.upjf.org/union-europeenne/article-11157-122-4-revision-vocabulaire-ue-eviter-lexpression-terrorisme-islamique.html

''Comme l'ont souligné de nombreux musulmans, il n'y a rien d'islamique dans le souhait de terroriser, de comploter pour tuer et causer de la douleur. Ces actions sont anti-islamiques'', a déclaré Jacqui Smith, ministre britannique de l'Intérieur, le 17 janvier. Elle exprimait la volonté du gouvernement de ne plus parler de terrorisme islamique et de qualifier les terroristes de criminels sans motivation religieuse. Elle estimait : ''Internet n'est pas une zone de non-droit pour le gouvernement. Il nous faut prendre des mesures contre ceux qui forment ces gens vulnérables pour les besoins de l'extrémisme violent''. Elle a déclaré au Sunday Times qu'elle aurait peur de se promener la nuit à Londres. Le Times avait raillé cette confidence : ’’Les ministres de l’Intérieur sont censés instiller la peur dans le cœur des criminels et non pas se cacher derrières les rideaux’’. (Guysen, 30 janvier 2008)

(11) De Pierre-André Taguieff aux éditons Les mille et une nuits :
La nouvelle judéophobie. 2002. 240 pages. ISBN : 9782842056506
Prêcheurs de haine : Traversée de la judéophobie planétaire. 2004. 962 pages. ISBN : 978-2842057206

(12) Articles de Véronique Chemla (avec renvois en fin d’articles vers d’autres articles) :
Interview de Richard Landes, 6 janvier 2008 sur l’affaire al-Dura
Mohamed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 !, 15 novembre 2007

(13) Activiste du Mouvement de solidarité internationale (ISM), la jeune Américaine Rachel Corrie est morte le 16 mars 2003 dans la bande de Gaza, près de la frontière entre l’Egypte et Israël. Elle s’opposait à une action militaire israélienne : Tsahal procédait à la destruction d’une maison vide servant à dissimuler un des tunnels de contrebande d’armes, etc. Le chauffeur du véhicule israélien ne pouvait pas la voir, car elle était cachée par un monticule de débris. Ces faits ont été présentés faussement par la propagande palestinienne qui a inspiré une pièce de théâtre controversée Mon nom est Rachel Corrie. Sources : http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/myths/mf24.html et http://rachelcorriefacts.org/default.aspx

(14) A la suite des multiples attentats terroristes palestiniens, notamment après celui au Park Hôtel de Netanya lors du Seder de Pessah le 27 mars 2002, Israël lance l’opération Remparts afin de démanteler l’infrastructure terroriste islamiste. Une partie infime de Jenine fait l’objet d’une opération militaire. Les Palestiniens allèguent un massacre de 500 individus. Cette opération prend fin en mai 2002. Le 1er août 2002, le rapport du secrétaire général des Nations unies recense 52 morts palestiniens, pratiquement tous sont des terroristes. Tsahal déplore la mort de 23 de ses soldats. Une campagne a été alors lancée pour boycotter la société Caterpillar dont certains véhiculent ont été utilisés par Israël à Jenine.

(15) L’Observatoire du monde juif, n° 1, novembre 2001, http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/omj01.pdf

(16) A l'initiative du B'nai Brith France, s'est tenu le 14 octobre 2001, au Sénat, le colloque Les nouveaux visages des antisémitismes articulé autour de deux thèmes : De l'antisionisme à l'antisémitisme et Après Durban.

(17) En juillet 2003, quatre sénateurs américains demandaient à Romano Prodi, président de la Commission européenne, et à Javier Solana, Haut représentant pour la politique de sécurité commune (PESC), de publier ce rapport. Le 22 novembre 2003, The Financial Times révélait que l’EUMC avait refusé de publier, en février 2003, pour des raisons politiques, ce rapport. Le Congrès juif européen (CJE) déclarait : ce ''refus de publier un rapport sur la montée préoccupante de l'antisémitisme en Europe, en particulier sur les actes antisémites commis par des jeunes d'origine arabo-maghrébine, laisse peser un lourd soupçon sur des institutions chargées d'informer et d'éduquer l'opinion publique européenne. Cacher la gravité de la situation ne permettra pas aux autorités européennes de gérer la réalité du problème''. Source : Guysen International news, 25 novembre 2003.
L’EUMC est devenu en mars 2007 l’Agence européenne pour les droits fondamentaux (AFR)
Bat Ye’or. Eurabia, p. 168.

(18) Deux articles de Véronique Chemla :
Le rapport sur l'antisémitisme en Europe que son commanditaire l'EUMC refuse de publier !, 3 décembre 2003
L’EUMC publie un rapport sur l’antisémitisme dans l’Union européenne (2001-2005), 21 juin 2006

(19) Eurobaromètre de la Commission européenne, Irak et la paix dans le monde, novembre 2003 à http://ec.europa.eu/public_opinion/flash/fl151_iraq_full_report_fr.pdf. Selon ce sondage effectué entre le 8 et le 16 octobre 2003, l'Etat juif devançait l'Iran (53%), la Corée du Nord, les Etats-Unis (53%), l’Irak. La Syrie (37%), l’Arabie saoudite et la Libye (36%) arrivaient aux 8e et 9e rangs. Le CJE estimait qu'il eut fallu ''parler du conflit israélo-palestinien ou de celui au Proche-Orient. Tout institut de sondage le sait ''la réponse est dans la question''. Comment l'UE peut-elle expliquer son incapacité, depuis deux ans, à produire un rapport sur l'antisémitisme en Europe, alors qu'elle a produit une enquête incendiaire sur la guerre en Irak six mois seulement après les évènements ?'' Source : Guysen International News, 3 novembre 2003.

(20) Edgar Bronfman, président du Congrès juif mondial (CJM), et Cobi Benatoff, président du CJE, écrivaient dans The Financial Times : "L'antisémitisme peut s'exprimer de deux façons : par l'action ou par l'inaction. De manière remarquable, la Commission européenne est coupable dans les deux cas de figure". (Guysen International News, 6 janvier 2004). Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères, a regretté auprès du quotidien Il Corriere Della Sera que la Commission ait tardé à se prononcer sur l'antisémitisme et ait peu agi. Il a stigmatisé la longue opacité du financement par l'UE d’organisations palestiniennes et la méfiance de l'UE à l'égard d'Israël. (Guysen International News, 7 janvier 2004). La Commission européenne a formellement rejeté les affirmations selon lesquelles une critique légitime des actions de l'Etat d'Israël par des institutions européennes ''aient un rapport avec l'antisémitisme''. (Guysen International News, 7 janvier 2004).

(21) http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/04/85&format=HTML&aged=1&language=FR&guiLanguage=fr

(22) European Union Support for Extremist and Politicized NGOs, 24 octobre 2006, à http://www.ngo-monitor.org/article/_european_union_support_for_extremist_and_politicized_ngos_
EU Funds for NGOs Misused, 11 septembre 2003, à http://www.ngo-monitor.org/article/eu_funds_for_ngos_misused

(23) En mars 2001, Imad Falouji, ministre palestinien de la Communication, déclare : « Ce serait une erreur de croire que la raison de l'irruption de l'intifada était la visite de Sharon sur l'Esplanade des Mosquées…Cela a été planifié depuis le retour d'Arafat de Camp David [juillet 2000], où il a refusé les propositions de Clinton ».

(24) Peu après la signature des accords d’Oslo, Yasser Arafat a exhorté les fidèles à la mosquée de Johannesburg (Afrique du Sud), en arabe, le 10 mai 1994 : « Le jihad continuera... Vous devez venir participer au jihad pour libérer Jérusalem, votre précieux reliquaire ».

(25) Times Book, New York, 2006.

(26) « En 2002, quelques députés dont François Zimeray ont du "arracher avec les dents" les 170 signataires nécessaires à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Bloquant cette initiative, la Conférence des Présidents a refusé de mettre la question en débat. Elle a décidé la mise en place d’un groupe de travail informel qui ne dispose pas des pouvoirs d’investigation légaux d’une commission d’enquête. Certains partis politiques ont désigné pour siéger à ce groupe de travail des personnalités notoirement hostiles à Israël », déclarait François Zimeray en avril 2004.
Interview de François Zimeray par Véronique Chemla, 1er juin 2004 et http://www.medbridge.org/
Yohanan Manor. Les manuels scolaires palestiniens, une génération sacrifiée. Berg International, 2003. 128 pages. ISBN : 978-2911289538,

(27) Déclaration du Conseil européen des 29/30 juin 1977 à Londres à http://cuej.u-strasbg.fr/archives/europe/europe_conclusion/cons_01_42/08_londres_30_06_77.html

(28) Déclaration du Conseil européen sur le Moyen-Orient le 13 juin 1980 à Venise à http://www.medea.be/index.html?page=0&lang=fr&doc=52

(29) « La Palestine, dans les frontières du mandat britannique, constitue une unité territoriale indivisible » précise l’article 2 de la charte de l’OLP à http://www.amitiesquebec-israel.org/textes/charteolp.htm

(30) Naissance d’une théologie chrétienne de la libération de la Palestine (p.14-p.18) et Les déchirures des chrétiens d’Orient (p.24-p.26), in L’Observatoire du monde juif, n° 6/7, juin 2003 à http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/omj06-07.pdf

(31) Eric Conan, Mort de Raymond Barre : l’amnésie des médias, 30 août 2007 à http://www.marianne2.fr/Mort-de-Raymond-Barre-l-amnesie-des-medias_a1808.html


(32) Romano Prodi, président de la Commission européenne, a déclaré lors du séminaire L'Europe contre l'antisémitisme, pour une Union des diversités le 19 février 2004, à Bruxelles : « L'Union européenne a proscrit la guerre en tant que moyen de régler les différends entre ses membres. Nous profitons tous de la paix, de la stabilité et de la prospérité qui en découlent. La paix, en Europe comme à l'étranger, est la valeur fondamentale de l'Union. La paix et la sécurité sont un objectif primordial pour les Européens ». http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/04/85&format=HTML&aged=1&language=FR&guiLanguage=fr

(33) Roger Cukierman, alors président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), écrivait dans Le Figaro (18 février 2004) : « L’Europe aujourd’hui ne rêve que de paix, de tranquillité… Elle n’a pas envie de se battre. Et s’il y a des violences, elle préfère ne pas les affronter. Il reste à espérer que la situation actuelle n’a rien de commun avec la période de Munich… On occulte le développement en Europe d’un islamisme intégriste fanatique et conquérant… Les dirigeants politiques européens ont commencé par nier le phénomène antijuif. C’est que le poids politique d’une population musulmane estimée en Europe à plus de 15 millions de personnes commence à compter. La politique européenne, généralement très critique à l’égard d’Israël, a contribué au laisser-faire et à l’indifférence générale. La Commission européenne porte une responsabilité dans le retard à affronter cette situation… Que penser du fait que M. Tariq Ramadan, partisan d’un moratoire sur la lapidation des femmes adultères et qui dresse des listes d’intellectuels juifs, figure parmi les conseillers de M. Romano Prodi ? »

(34) En marge du Conseil européen (25-26 mars 2004), Lydie Polfer, ministre luxembourgeoise des Affaires étrangères, a déclaré : « Il faut prendre un ensemble de mesures, pas seulement policières ou militaires, mais surtout diplomatiques et humanitaires [pour lutter contre le terrorisme], en aidant les pays en conflit, comme le Moyen-Orient, et les plus pauvres, la misère et la frustration étant le meilleur terreau du terrorisme », http://www.gouvernement.lu/salle_presse/actualite/2004/03/26juncker/index.html
Parmi les projets de l’Union européenne, « s'attaquer aux causes profondes du terrorisme, notamment en favorisant l'aide au développement pour effriter la base de soutien aux réseaux terroristes, en privilégiant la réduction de la pauvreté et la bonne gouvernance, et en promouvant les processus de développement participatif » in Lutte contre le terrorisme - Rapport dédié à la mémoire des victimes du terrorisme, rapport du Conseil de l’Union européenne, p. 10, 23 février 2005 à http://register.consilium.europa.eu/pdf/fr/05/st06/st06681.fr05.pdf
Véronique Chemla, Des donateurs pour l’Etat palestinien grugés, mais toujours généreux, 23 décembre 2007

(35) Véronique Chemla, Mythes et réalités du « processus de paix : le roc des refus palestiniens », 10 janvier 2008

(36) http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=10989&Cr=Annan&Cr1= et http://www.aidh.org/txtref/2006/onu-ka01.htm

(37) http://www.euromedalex.org/fr/AboutUs.htm

(38) Bassam Tibi est professeur de relations internationales dans les universités de Göttingen (Allemagne) et Cornell (U.S.A). Il est l’auteur de The Challenge of Fundamentalism: Political Islam and the New World Disorder. Berkeley: University of California Press, 1998; 2e édition en 2002. ISBN 0-520-23690-4. http://www.bassamtibi.de

(39) Bat Ye’or explique que, s’il est « important de respecter autrui, cette demande particulière de respecter les susceptibilités des musulmans rappelle des éléments de la dhimmitude ». Conférence le 30 janvier 2008, à Paris, organisée par l’UPJF (Union des patrons juifs de France).
Lors de l’affaire des « caricatures de Mahomet », avec l'Union européenne et l'OCI, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, a lancé, le 7 février 2006, « un appel au calme et au dialogue, soulignant que si la liberté de la presse devait s'exercer avec responsabilité, les récentes attaques dépassaient les limites acceptables des protestations pacifiques ».
A la mi-février 2006, Javier Solana, Haut représentant européen pour la politique étrangère et de sécurité commune, s'est rendu en Arabie Saoudite, en Egypte, en Jordanie et dans l’Autorité palestinienne pour promouvoir le respect mutuel entre l'Europe et le monde islamique. Il a déclaré : « La liberté de la presse suppose responsabilité et sagesse et doit respecter les croyances et les principes de toutes les religions ».
La Cour d’appel a relaxé le 26 septembre 2006 trois membres – parents et frère - d’une famille originaire d’Afrique du Nord qui avaient séquestré et battu leur fille Fatima pour avoir voulu vivre « à l’occidentale ». Réformant le jugement condamnant les agresseurs, elle estimait que la jeune fille avait subi des sévices « pour son bien ». Le parquet a formé un pourvoi en cassation. Le 2 août 2007, la Cour de cassation italienne a rejeté ce pourvoi. Elle expliquait que la famille voulait punir des « comportements incorrects, parce [que la jeune fille] avait menacé de se suicider, terrorisée par les rétorsions que sa famille n'aurait pas manqué d'exercer sur elle pour avoir rencontré un homme au lieu de se rendre au travail ».
Véronique Chemla et Guy Senbel, Notre liberté chérie, Guysen, 6 octobre 2006

(40) ''La liberté d'expression et de caricatures étant un fondement de la démocratie, il est surprenant d'entendre des déclarations d'intention de poursuites judiciaires pour blasphème contre l'organe de presse qui a reproduit les caricatures de Mahomet'', déclare la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) le 8 février 2006. La LICRA ''rappelle que le blasphème n'est pas un délit au pays de Voltaire. La liberté de critique ou de caricature des dogmes religieux et des idéologies doit être défendue et préservée comme un bien précieux. La LICRA met en garde contre les tentatives de manipulations qui ne profitent qu'aux extrémistes de tous bords et de toutes croyances, cette affaire ayant été sciemment gonflée et exploitée plus de quatre mois après la première publication des dessins incriminés''.

(41) Le 25 décembre 2007, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté par 108 voix pour, 51 contre et 25 abstentions, une résolution, présentée par le Pakistan au nom de l'OCI (Organisation de la conférence islamique), sur la lutte contre ''la diffamation des religions''. Parmi les Etats ayant voté contre figurent les Etats-Unis, des pays européens et asiatiques. Cette résolution ne cite qu’une seule religion - l’islam -, dénonce ’’l’image négative de l’islam dans les médias’’ et ’’exprime son inquiétude face à l’association fréquente et à tort de l’islam avec les violations de droits de l’homme et le terrorisme’’. (Source : Guysen International News)

(42) http://europa.eu/scadplus/leg/fr/lvb/r14104.htm et http://www.medea.be/index.html?page=0&lang=fr&doc=5

(43) Trois articles de Véronique Chemla sur Guysen :
Deux soirées à Paris, contre et pour le boycott d'Israël, 24 novembre 2002
Dossier : Vives réactions aux motions universitaires françaises prônant le boycott d’Israël, 6 janvier 2003
Après le refus de l’Université Paris VII de boycotter Israël, le combat continue, 9 janvier 2003

(44) Discours prononcé lors de la conférence d’Herzliya, à Jérusalem. Selon F. Frattini, Commissaire européen à la sécurité, l’Europe n’a pas été équitable envers Israël à http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-13683-122-4-f-frattini-commissaire-europeen-securite-leurope-na-pas-ete-equitable-envers-israel.html

(45) Eurabia, p. 197-p.200
Révision du vocabulaire de l'UE, pour éviter l’expression "terrorisme islamique", 17 avril 2006, à http://www.upjf.org/union-europeenne/article-11157-122-4-revision-vocabulaire-ue-eviter-lexpression-terrorisme-islamique.html

(46) Véronique Chemla, La Fondation France-Israël vise à améliorer les relations entre les deux pays par une meilleure connaissance réciproque, Guysen, 11 juin 2006

(47) Articles sur l’antisémitisme dans le Bulletin n°1 (novembre 2001) de L’Observatoire du monde juif, à http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/omj01.pdf

(48) Organisé par le cabinet du président de la Commission européenne Romano Prodi (1999-2004) et le Groupe de conseillers politiques (GOPA), un Groupe consultatif de haut niveau était chargé de définir les « moyens d'encourager et de développer le dialogue interculturel dans le bassin méditerranéen ». Présidé par Assia Bensalah Alaoui et Jean Daniel, il comprenait notamment Umberto Ecco et Tariq Ramadan. http://www.ec.europa.eu/archives/commission_1999_2004/prodi/group/spirit_fr.htm

(49) Frédérique Ries, Une impression de déséquilibre, 26 juin 2003 à http://www.guysen.com/articles.php?sid=1241. Discours prononcé lors du Forum parlementaire euro-méditerranéen.

(50) ''Les fonctionnaires de la commission Affaires étrangères du Parlement européen viennent de diffuser un mail a priori purement administratif. Ils précisent aux membres de la délégation qui doit se rendre les 3 et 4 novembre en Syrie et au Liban que leur passeport ne peut en aucun cas comporter de visa israélien'', déclare Frédérique Ries, eurodéputé belge (MR, Mouvement réformateur). Elle ''s'est immédiatement adressée au président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, pour dénoncer ce type d'exigences contraires à nos pratiques et nos valeurs''. Elle ''demande qu'une réaction au plus haut niveau soit envisagée pour le faire savoir aux pays concernés et leur demander d'y mettre fin''. Elle ''trouve totalement inacceptable que nous permettions que des pays Euromed, avec lesquels en outre nous avons signé des accords d'association, spécifient que les passeports de députés appartenant à une délégation officielle de l'Union européenne ne puissent porter de cachet israélien. Nous ne saurions laisser les autorités de ces pays tiers décider des déplacements que nous pouvons ou non effectuer. Nous ne saurions les laisser décider à notre place de la politique étrangère que nous souhaitons mener. Il y va du respect de notre liberté de mouvement et de notre liberté de pensée''. Source : Guysen International News, novembre 2007.

(51) Michel Gurfinkiel, Livres/ Scandale du siècle, casting planétaire, 9 avril 2006, à http://michelgurfinkiel.com/articles/59-Livres-Scandale-du-siecle,-casting-planetaire.html

(52) Véronique Chemla et Guy Senbel, La violence partout, tout le temps…, Guysen, 11 novembre 2005

(53) Interview de Nonie Darwish, journaliste et écrivain américaine d'origine égyptienne, le 17 avril 2009

(54) Le 30 septembre 2005, le journal danois Jyllands-Posten publiait 12 dessins sur le prophète Mahomet repris par un journal égyptien. Après plusieurs semaines, voire des mois, après une campagne mensongère menée par quelques dirigeants musulmans, des émeutes ont parcouru certains Etats musulmans. Daniel Pipes, Caricatures et impérialisme islamique, 7 février 2006, http://fr.danielpipes.org/article/3363 et Media-Ratings, Caricatures danoises : l’intolérable manipulation face à l’inacceptable capitulation, 17 février 2006 à http://www.m-r.fr/actualite.php?id=1285


Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié le 16 janvier 2010, puis le :
- 25 mai 2014 en ce jour d'élection des eurodéputés et du président de la Commission, et alors que la FRA (Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne) chargée notamment de combattre l'antisémitisme) n'intègre plus depuis 2013 dans son site la définition de l'antisémitisme élaborée par l'Union européenne ;
- 9 mars 2015. Lors du colloque annuel de l'UPJF du 8 mars 2015, Bat Ye'or a évoqué Eurabia ;
- 7 septembre 2015. Tablant sur la crédulité et l'émotion d'Européens peu ou mal informés, des pays d'Europe occidentale - France, Allemagne - ont accepté l'entrée massive sur leur territoire de dizaines de milliers de "migrants" - combien de "migrants économiques" ? Combien de terroristes islamistes parmi eux ? Combien de "migrants" accueillis par des pays musulmans moyen-orientaux ? -. En outre, l'Union européenne songe à imposer des quotas de "migrants" à ses Etats-membres, et considère légal, juste et urgent l'étiquetage des produits fabriqués en Judée et en Samarie, plutôt que le combat militaire contre l'Etat islamique. 

- 18 mars 2017. Le 19 mars 2017, Bat Ye'or a introduit le colloque organisé par l'UPJF (Union des patrons et professionnels juifs de France) et dont le thème est La République face à l'islamisme.