Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)
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vendredi 9 octobre 2026

Les BRICS+

Les BRICS+ regroupent le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine, l'Afrique du Sud, l'Iran, l'Égypte, les Émirats arabes unis (EAU), l'Indonésie et l'Éthiopie. Se réunissant en sommets annuels, ils se veulent un "contre-G 7" (Groupe des 7) et se montre en représentant le Sud Global. Arte diffusera le 13 octobre 2026 à 21 h « Chine, Russie, Inde et Co, nouveaux maitres du monde ? », documentaire de Sophie Lepault.

Des Etats et entités arabes ont encore politisé la récente réunion du Comité du Patrimoine Mondial (CPM) 
Le Comité du Patrimoine mondial de l'UNESCO a "palestinisé" Battir/Beitar 

En 2009, Brésil, Russie, Inde et Chine se regroupent pour créer un organisme dont l'acronyme reprend l'initiale de ces quatre Etats : « BRIC ».Ce vocable a été créé en 2001 par Jim O'Neill, économiste de Goldman Sachs.

En 2010, avec l'adhésion de l'Afrique du Sud (South Africa), l'acronyme devient BRICS.

En 2023, l'essayiste Amir Taheri a étudié les relations entre les BRICS et l'Iran dans son article "Iran: With Friends Like That" ("Iran : Avec des amis comme ça") publié par le Gatestone Institute (30 juillet 2023) :
"La République islamique demande à être admise au sein du groupe BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud] depuis 2010, date à laquelle le « Guide suprême », l'ayatollah Ali Khamenei, a annoncé son intention de créer un « Nouvel Ordre Mondial » par le biais d'une triple alliance entre l'Iran, la Chine et la Russie.
Selon des sources téhéranes, la demande iranienne, bien que soutenue par l'Afrique du Sud et l'Inde, a été discrètement bloquée par la Russie et froidement ignorée par la Chine.
Le rêve de Khamenei d'un « Nouvel Ordre Mondial » dirigé par l'Iran, la Chine et la Russie s'est révélé être une chimère forgée dans l'esprit d'un dirigeant évoluant dans un univers fantasmé.
Ce rêve illusoire a été en partie brisé la semaine dernière lorsque le président turc Recep Tayyip Erdogan a effectué sa première visite à l'étranger après sa victoire électorale en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar, ignorant totalement l'Iran.
Depuis des années, l'ancien chef de la Commission de sécurité nationale du Majlis islamique, Heshmatallah Falahat-Pisheh, avertit que la Chine et la Russie n'ont traité la République islamique que comme une source de profit pour elles-mêmes.
'ancien ministre du Pétrole, Bijan Zangeneh, a averti que la Russie, après avoir évincé l'Iran du marché pétrolier européen, tente désormais de faire de même sur les marchés indien et chinois en proposant des rabais alléchants. Depuis mars dernier, les importations chinoises de pétrole iranien ont chuté de près de 40 %, selon des estimations non officielles, la Russie revendiquant la part perdue par l'Iran.
Par ailleurs, face à ce que certains Iraniens perçoivent comme une atteinte à l'intégrité nationale de la part de Lavrov, nombreux sont ceux qui déplorent le refus, voire l'incapacité, de Raïssi à recadrer fermement les Russes. Ils craignent que l'absence de réaction de Téhéran aux initiatives russes et chinoises n'incite d'autres nations à adopter une position similaire à l'égard de l'Iran.
Khamenei, âgé de 84 ans, semble peu susceptible d'abandonner ce qu'il espérait être son « héritage historique », ou, selon ses propres termes, « chasser le Grand Satan et ses alliés de la région ». C'est peut-être pourquoi, tant que Khamenei sera au pouvoir, ni Pékin ni Moscou ne craignent de s'attirer les foudres de l'Iran, quoi qu'ils fassent."
En 2024, avec l'élargissement à l'Égypte, aux Émirats arabes unis (E.A.U.), à l'Éthiopie et à l'Iran, le groupe devient les BRICS+.

L'année suivante, l'Indonésie rejoint les BRICS+.

En 2026, ces dix Etats membres des BRICS+ se réunissent en sommets annuels et s'opposent au Groupe des Sept (G7). Ils représentent environ la moitié de la population mondiale et 35 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial en valeur courante, contre 44 % pour les pays du G7. Contrant la suprématie du dollar américain, ils utilisent dans leurs échanges internationaux le yuan, devise chinoise. Leur but est de créer leur monnaie commune afin de détrôner le dollar américain.

Les BRICS+ ont bénéficié de l'action de désinformation de la Chine dans les réseaux sociaux où ils sont "présentés comme un groupe pacifique, coopératif et respectueux de la souveraineté", à la différence de l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique-nord). 

Les BRICS+ sont fragilisés par leur absence de valeurs et d'intérêts communs, leurs divergences : le régime des ayatollahs iraniens veut détruire Israël qui est lié par les accords d'Abraham avec les E.A.U., l'Iran a attaqué de février à avril 2026 les E.A.U. après la guerre américano-israélienne contre le régime iranien, la Russie et la Chine sont rivales dans la domination du groupe, la Chine et l'Inde sont des rivales économiques, l'Inde entend préserver ses bonnes relations avec les Etats-Unis et Israël, etc.

Dans "Un bref aperçu du XXIe siècle jusqu'à présent" (Gatestone Institute, 9 février 2024), le juriste et philosophe Drieu Godefridi a écrit :
"Nombreux sont ceux qui prédisent le remplacement du dollar américain par le yuan comme monnaie internationale – une transformation que la Chine s'efforce manifestement d'opérer – mais si vous étiez un pays, préféreriez-vous être protégé par la Chine ou par le monde libre ?...
Il y a ensuite le reste du monde, ce qu'on appelait au XXe siècle le « Tiers Monde ». Comparé au siècle précédent, le Tiers Monde, du moins par endroits, se porte mieux : certains pays se sont considérablement enrichis grâce à l'économie de marché et à l'ouverture au capitalisme international. Les experts nous disent que les pays des BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud] incarnent l'avenir, tout comme ils nous disaient hier que le XXIe siècle serait chinois. Le problème, c'est que les deux principaux pays des BRICS – la Chine et l'Inde – sont quasiment en guerre à leur frontière commune, et que les points de divergence entre les pays membres sont bien plus nombreux que les points d'union. De plus, une organisation ne peut décider qu'en fonction du principe du plus grand dénominateur commun, qui, dans le cas des BRICS, semble proche de zéro.
Les pays BRICS s'enrichissent, des milliards de personnes sortent de la pauvreté, et nous nous en réjouissons. Il est frappant de constater que des pays comme la grande démocratie brésilienne envisagent un avenir moins dépendant de l'Occident. Cependant, l'idée que les BRICS façonneront le XXIe siècle ne résiste pas à l'analyse. Le professeur Jyrki Käkönen écrivait en 2014 : « Il n’est pas aisé de supposer que les BRICS seraient une organisation capable de transformer le système international tant que leurs membres nourrissent des attentes différentes quant au futur ordre mondial. À cet égard, les pays les plus importants des BRICS sont la Chine et l’Inde, qui ont également des intérêts et des attentes contradictoires concernant l’avenir de l’Asie et de l’ordre mondial dans son ensemble. »
L'Argentine a récemment annoncé qu'elle renonçait à sa candidature pour rejoindre les BRICS."
Dans "Slavery: The Ostentatious Hypocrisy of BRICS towards Black Africans" ("L’esclavage : l’hypocrisie ostentatoire des BRICS envers les Africains noirs") publié par le Gatestone Institute (30 août 2023), Paul Trewhela a fustigé l'occultation par les BRICS des massacres d'Africains noirs par des milices Arabes islamistes :
"Dans un exemple flagrant d'hypocrisie collective étatique antidémocratique et anti-occidentale, les dirigeants du bloc BRICS — représentant le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud — réunis en Afrique du Sud pendant trois jours la semaine dernière ont invité quatre États musulmans et deux autres à rejoindre le bloc, tout en gardant un silence total sur le massacre raciste et islamiste de civils africains noirs perpétré par des milices arabes lourdement armées au Darfour occidental, au Soudan, au cours des semaines précédentes...
Le Forum africain de la défense a révélé le 16 mai que le groupe russe Wagner supervisait l'exploitation minière de l'or au Darfour et faisait sortir clandestinement du pays près de 2 milliards de dollars d'or.
Pourtant, les « grands et les bons » — le président chinois Xi Jinping, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, et le président russe Vladimir Poutine s'adressant à l'assemblée par vidéo pour soutenir la guerre de la Russie en Ukraine — n'ont fait aucune mention de ce massacre génocidaire.
Au lieu de cela, les dirigeants des BRICS ont invité à les rejoindre des États ayant la plus longue histoire d'esclavage des Africains noirs au monde.
L'agence de presse chinoise Xinhua a rapporté comment le président iranien Ebrahim Raisi, qui a participé à la conférence des BRICS, a salué cette initiative comme une « mesure louable qui facilitera le développement mondial tout en respectant les principes de justice ».
Justice ? Raisi était procureur général adjoint au sein d'un comité de quatre membres surnommé la « commission de la mort » en Iran en 1988, responsable de l'exécution de milliers de prisonniers politiques fidèles à un mouvement d'opposition interdit, « sur ordre de Raisi et de ses trois collègues ».
Pire encore, bien que l'esclavage ait persisté légalement en Iran jusqu'en 1929, « il n'a jamais disparu ». — iranwire.com, 30 avril 2020. L'article présentait une série de photos d'esclaves africains noirs en Iran, comme celle-ci datant des années 1880. — Denise Hassanzade Ajiri, « Le visage de l'esclavage africain dans l'Iran qajar – en images », The Guardian , 14 janvier 2016.
La question de l’esclavage et de l’oppression des Africains noirs – qui perdure encore aujourd’hui au Darfour et ailleurs – est une question occultée par les BRICS."

« Chine, Russie, Inde et Co, nouveaux maitres du monde ? »
Arte diffusera le 13 octobre 2026 à 21 h « Chine, Russie, Inde et Co, nouveaux maitres du monde ? », documentaire de Sophie Lepault.

« L'organisation des Bric a été lancée en 2009 par le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine avec l'ambition affichée de "dédollariser" et "désoccidentaliser" l'ordre mondial. »

« Les Brics (le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) représentent plus de la moitié de la population mondiale et 40% des richesses de la planète, plus que le G7. Ils ont déjà leur propre banque, leurs propres médias, leurs entraînements militaires… »

« Dix-sept ans après sa fondation, la coalition des Bric, aujourd'hui Brics+ - des États comme l'Iran, l'Égypte, l'Éthiopie, l'Indonésie et les monarchies du Golfe l'ont rejointe (le "+" de l'acronyme) – a plus que jamais le vent en poupe. »

« De nombreux autres Etats attendent à la porte de ce club opulent, dont la Turquie, pourtant membre de l'Otan… »

« Face à la multiplication des conflits et à l'urgence climatique, aggravés par l'erratique présidence Trump, le bloc occidental se fragmente et la faiblesse de l'ONU et de ses agences apparaît au grand jour. »

« Les Brics+, qui disent représenter le "Sud global", ont le sentiment que leur moment est venu. » 

« Lors de leur sommet annuel 2025, à Rio, ils ont plaidé pour un nouvel ordre multipolaire, affranchi de l'hégémonie américaine mais aussi des valeurs dont ils contestent l'universalisme : la démocratie libérale et le respect des droits humains, aux fondements du droit international. Quel monde alternatif construisent-ils tandis que l'Occident regarde ailleurs ? L’Europe peut-elle y trouver une place ? »

« Partant du 17e sommet des Brics+, en 2025 à Rio – le 18e vient d'avoir lieu les 12 et 13 septembre à New Delhi –, ce passionnant état des lieux géopolitique et historique fait entendre la parole convergente d'observateurs et de responsables chinois, russes, brésiliens, indiens et africains. »

« Comme le journaliste brésilien d'extrême gauche Pepe Escobar et le philosophe russe d'extrême droite Alexandre Douguine, ils appartiennent parfois pourtant à des bords politiques opposés. »

« En parallèle, les archives montrent comment cette coalition de puissances émergentes, majoritairement dirigée par des pays autoritaires, se structure, depuis presque vingt ans, en dénonçant le "deux poids deux mesures" d'un Occident qui n'hésite pas à sacrifier ses grands principes à ses intérêts. »

« Les Brics+ disposent déjà de leurs propres banque et médias, et travaillent à créer une force militaire, une monnaie et un Parlement communs. »

« Même si deux puissances impériales, la Chine et la Russie, font figure de leaders, ils prônent la souveraineté absolue des États et se revendiquent héritiers de l'anticolonialisme et du Mouvement des non-alignés. »

« Une majorité de pays du Sud a ainsi refusé de s'associer aux sanctions contre Moscou après l'invasion de l'Ukraine. »

« Alors que les États-Unis manifestent eux aussi leur hostilité au droit international, comment l'Europe peut-elle continuer à le défendre ? Peut-être, comme l'y invitent les protagonistes de ce documentaire, en décentrant le regard pour prendre acte de sa propre fragilité, et de la légitime aspiration à une autre répartition du pouvoir, politique comme économique. »


France, 2026, 92 min
Coproduction : ARTE GEIE, Studiofact Productions
Production : Studiofact Presse & Docs,
Productrice : Véronique BLANC
Auteure : Sophie Lepault,
Sur Arte les 13 octobre 2026 à 21 h,19 octobre 2026 à 9 h 50
Sur arte.tv du 12/09/2026 au 20/03/2027


lundi 21 septembre 2026

L’université Paris VIII-Vincennes

Créé en décembre 1968, le Centre universitaire expérimental de Vincennes devient en 1970-1971 l’université Paris VIII-Vincennes. Ouvert aux salariés non bacheliers, à la périphérie de Paris, ce Centre universitaire expérimentale propose des méthodes innovantes – nombre restreint d’étudiants par TD - et des études en sciences sociales sous la houlette d’intellectuels de gauche ou gauchistes qui se cooptent souvent. Minée par les combats entre communistes, trotskystes dont Henri Weber, et maoïstes dont André Glucksmann, ternie par des pratiques répréhensibles – diplômes bradés par le Département de Philosophie – induisant la suppression de l’habilitation dudit Département à délivrer des diplômes -, atteinte par le trafic de drogues, l’université est transférée à Saint-Denis puis ses bâtiments sont détruits en 1980. Arte diffusera les 24 septembre et 1er octobre 2026 à 20 h 55 « Camarades », « comédie d’archives » de Benjamin Charbit et Dominique Baumard.

« Les territoires perdus de la République. Antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire » sous la direction d’Emmanuel Brenner 

A l’initiative en août 1968 du professeur de Lettres Raymond Las Vergnas secondé par des intellectuels, Edgar Faure, ministre français de l'éducation nationale, institue, à l'automne 1968, le Centre universitaire de Vincennes ou Centre universitaire expérimental de Vincennes, rebaptisé en 1970-1971 université Paris VIII-Vincennes. 

Ce Centre universitaire de Vincennes est vite édifié sur un terrain anciennement militaire, appartenant à la ville de Paris, alors gérée par l’Etat et un Conseil d’élus, dans le bois de Vincennes. Il y dispose de 40 000 m2 de bâtiments. Une ligne de bus spéciale le relie à Paris.
Il va vite diverger de son contemporain, le centre universitaire Dauphine (devenu université Paris IX-Dauphine) qui a emménagé dans les anciens locaux de l'OTAN. Deux réponses du ministère de l’Education nationale au mouvement estudiantin de mai 1968.

En octobre 1968, une « commission d'orientation », composée de Las Vergnas et d’une vingtaine d'enseignants, est critiquée notamment pour avoir confié à Michel Foucault, en Tunisie durant Mai 68, le département de philosophie. 

Le 6 novembre 1968, à la Sorbonne, une assemblée générale (AG) se réunit. Un « comité d'action » d’étudiants gauchistes mené par Jean-Marc Salmon et André Glucksmann, ancien élève de Raymond Aron, proposent que la plate-forme pour la nouvelle université, présentée dans le journal Action, soit une base d'action politique vers l'extérieur.

Doté d'un statut dérogatoire – autogestion en matière de disciplines enseignées -, ce Centre universitaire expérimental ouvre en janvier 1969. Il est présidé jusqu’en 1969 par Raymond Las Vergnas, angliciste et chef de cabinet adjoint du ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-arts Jean Zay durant le Front populaire.

Le 23 janvier 1969, dix jours après son ouverture, l’université est occupée par des étudiants et enseignants solidaires de leurs confrères occupant la Sorbonne. Menés par Jean-Marc Salmon et André Glucksmann, les maoïstes affrontent violemment les CRS qui les interpellent. Le lendemain, la presse, illustrée de photographies des dégâts, fustige les « casseurs ». Ministre de l’Éducation nationale, Edgar Faure est considéré coupable d'avoir offert par un excès de libéralisme et avec l'argent public, « un trop beau joujou aux gauchistes ».

L’université de Vincennes se voulait un foyer d'innovations et ouvert sur le monde contemporain : admission de salariés non bacheliers, cours le soir, disciplines nouvelles, groupes réduits, étudiants libres de choisir leur parcours...

En sciences sociales, des cours sont donnés par des enseignants-dirigeants de partis politiques. Ainsi en 1971-1972, dirigeant de la Ligue Communiste fondée en mai 1969, Henri Weber enseigne la « Structure de l'extrême gauche en France » et Daniel Bensaid « De la nature des États ouvriers ». La normalienne Jeannette Colombel professe sur « Nihilisme et contestation », son gendre André Glucksmann, de la Gauche Prolétarienne, sur « l’Écriture politique » et Alain Badiou sur « La science dans la lutte des classes ».

Michel Foucault s’efforce d’attirer « ce qu'il y a de mieux en philosophie » alors en France : Gilles Deleuze vient à Vincennes en 1971, une jeune génération de normaliens philosophes, dont les élèves de Louis Althusser et de Jacques Lacan. 

Les affiliations politiques importent lors de recrutements souvent par cooptations : Judith Miller, Alain Badiou, Jacques Rancière, François Regnault, le trotskyste Henri Weber, le communiste Étienne Balibar. Dès 1969, l'Union des étudiants communistes de Vincennes défend la « philosophie classique » contre le « mandarinat » des « gauchistes ».

Les gauchistes, notamment maoïstes, parviennent à l’emporter sur d'autres courants de gauche révolutionnaire, et se divisent en tendances et micro-partis, en particulier un « Comité de base pour l'abolition du salariat et la destruction de l'Université » dirigé par Jean-Marc Salmon, Jean-Paul Dollé, cofondateur d'Action, et André Glucksmann, qui s’ancre plus à gauche que des fondateurs de la Gauche prolétarienne menés par Gérard Miller et Jean-Claude Milner.

André Glucksmann et Jean-Paul Dollé, avec une cinquantaine de militants perturbent le cours d'Henri Weber, maitre assistant en philosophie, intitulé « A quoi pense Mao ? » sur les relations sino-soviétiques de 1928. Un groupe dirigé par Alain Badiou interrompt aussi des cours..
 
A vingt-six ans, le maoïste Jean-Marc Salmon fait figure de vétéran et de « vrai patron du lieu » : ancien responsable du service d'ordre de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) et des manifestations de 1968 contre l'extrême-droite, puis à Renault-Flins, il s’affirme en maitre pour contrôler des AG.

La « folie ultragauchiste », le caractère « marxiste-léniniste » d’enseignements et la délivrance sans rigueur par le Département de philosophie de Vincennes de diplômes reconnus par l'Éducation nationale induisent en janvier 1970 la décision du ministre de l’Education nationale, Olivier Guichard, de supprimer l'habilitation dudit Département de philosophie à délivrer ces diplômes. Ils discréditent l’université.

Finalement, l’université Paris VIII-Vincennes est transférée à Saint-Denis, dans la banlieue au nord de Paris, et est dénommée université de Paris 8-Vincennes à Saint-Denis. Puis, du 27 au 29 août 1980, durant les vacances estivales, ses bâtiments sont détruits, malgré l’opposition de ses dirigeants et de ses étudiants. 

Pour certains salariés sans le Bac, cette université a permis, par une formation additionnelle diplômante, de gravir des échelons de la société. Mais la politisation de cette université a réduit la valeur de leurs diplômes.

Arrivée au pouvoir en 1981, la gauche s’est bien gardée de recréer une « université expérimentale ». Elle a préféré généraliser l’expérience Vincennes à tout l’enseignement public : cours idéologisés – wokisme, intersectionnalité, "changement climatique anthropique" -, fin de la transmission des savoirs, destruction du « récit national » remplacé par un récit culpabilisant la France pour tous les maux - esclavage, colonialisme, racisme systémique -, vision négative de l'entrepreneur et de l'entreprise présentée comme lieu de discrimination et souffrance, dévalorisation de diplômes par l’effondrement du niveau scolaire résultant du pédagogisme, de l’immigration de masse, de la discrimination positive et de l’objectif d'amener 80 % d'une génération au niveau du baccalauréat annoncé en 1985 - le taux était alors de 29% -, sous la Présidence de François Mitterrand, par le ministre socialiste de l'Éducation nationale Jean-Pierre Chevènement, repris par un successeur socialiste Lionel Jospin en 1989 et atteint en 2019, refus de la sélection à l’entrée à l’université, trafic de drogues aux abords d’écoles, cours perturbés par des élèves refusant l’autorité du professeur ou certains thèmes du programme scolaire (rapport Obin), ouverture sur le monde par des conférences dans des collèges et lycées, dans les années 2000, d’anti-Israéliens dont Leïla Shahid alors ambassadrice de l’Autorité palestinienne (AP) en France, par l’agrément Éducation nationale accordé depuis 2024 à l’association Fier.e.s & Queer, par la campagne en 2019 « Collèges et lycées engagés contre l’homophobie et la transphobie : tous égaux, tous alliés » lancée par ce ministère et par la séance de questions-réponses sur la transidentité assurée  par l’association TRANSpire en 2026 au collège/lycée public Jules-Ferry (Paris)... 
Mission Destruction accomplie malgré l’alternance politique de gouvernements de droite.

Quant aux enseignants, beaucoup ont poursuivi leurs carrières dans des lieux universitaires prestigieux en France, comme l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), ou aux Etats-Unis. Des militants gauchistes ont fait parfois leur mea culpa, ont continué une carrière politique – Henri Weber, sénateur puis eurodéputé socialiste -, ont gravité dans des cabinets ministériels auprès de ministres socialistes - Jean-Marc Salmon conseiller du Secrétaire d’Etat Max Gallo -, ont tissé leur réseau relationnel notamment dans les médias, etc.

« Vincennes, l'université perdue »
« Vincennes, l'université perdue » est un documentaire de Virginie Linhart.

« Dans le bois de Vincennes, jadis, il existait une université révolutionnaire. Ouverte à tous, l'université de Vincennes, créée à l'automne 1968 et détruite en 1980, incarnait la possibilité d'un autre système d'enseignement et un lieu d’expérimentation : suppression des cours magistraux, des limites d'âge, ouverture aux paysans, aux ouvriers, aux non diplômés, naissance d'un département de psychanalyse et de cinéma, création de cours du soir pour les salariés, d'un souk, d'une crèche... Autant de choses impensables pour un pouvoir gaulliste à bout de souffle, protecteur d'un monde ancien. »

« Les fils de bonne famille pouvaient s'instruire aux côtés d'étudiants venus du monde entier, le bachelier studieux côtoyait des femmes et des hommes aux parcours sinueux. »

« Pendant douze ans, Vincennes s'agite, dérange, attirant les meilleurs professeurs du pays, marqués (très) à gauche : Michel Foucault, Gilles Deleuze, Jacques Lacan, Hélène Cixous, François Châtelet, Jacques Derrida, Jean-François Lyotard, Madeleine Rebérioux, Jacques Rancière ou encore Robert Castel. »

« La forêt pensante » devient « le lieu de référence mélangeant militantisme et apprentissage. Les luttes sont quotidiennes. La castagne aussi, entre gauchistes et communistes, étudiants et policiers, anarchistes et démocrates. »

« Mais ce joyeux chaos se trouve notamment miné par des affaires de drogue. Le prétexte idéal pour détruire Vincennes à l’été 1980. »

« Que reste-t-il de ces douze années bouillonnantes ? Physiquement, rien, pas même une plaque. Vincennes a tout simplement été effacée de la surface de la terre, telle une pustule défigurant le visage lisse de la France giscardienne. Mais Vincennes reste vivante dans les esprits de ceux qui la fréquentèrent. Leurs souvenirs, associés à des images d'archives rares, nourrissent ce superbe documentaire tout à la fois touchant et politique. À travers son film, la réalisatrice Virginie Linhart - fille de Robert, qui enseigna la philosophie à Vincennes - rappelle qu'une autre façon d'enseigner, moins compétitive, moins discriminante, a existé en France. Et que ce modèle a fonctionné. Vincennes vit toujours ».

« Entre nostalgie et réflexion, ce brillant documentaire rend hommage à une histoire oubliée. Retour sur cette aventure. »

« Camarades »
Arte diffusera les 24 septembre et 1er octobre 2026 à 20 h 55 « Camarades », « comédie d’archives » de Benjamin Charbit et Dominique Baumard sur ce « foyer bouillonnant d'intellectuels, d'enseignants et d'étudiants engagés à gauche. Les RG mandatent Claudine, prostituée du bois, pour infiltrer un groupe maoïste. »

« Mai 68. L’État français vacille sous le coup d’une révolte menée par des étudiants et des professeurs d’université. Pour contenir cette marée subversive, le pouvoir gaulliste imagine une solution aussi perverse que brillante : créer une université expérimentale loin des pavés parisiens. Bienvenue à l’université de Vincennes. Claudine, prostituée du Bois, accepte d’infiltrer pour les Renseignements généraux (RG) ce nid de gauchistes qui a fait fuir sa clientèle bourgeoise. Mais à Vincennes, ce ne sont pas seulement les étudiants qui sont révolutionnaires : Foucault, Bourdieu, Cixous, Wittig… la fine fleur de la « French Theory ». La voilà propulsée dans un univers d’idées explosives. Elle y est allée pour De Gaulle. Restera-t-elle pour Deleuze ? »

« Respectivement passés par le talentueux pool de scénaristes de Sous contrôle et du Bureau des légendes, deux séries qui observent de près le fonctionnement des organes politiques français, Benjamin Charbit (Zorro, Le Sens des choses) et Dominique Baumard (Les Règles de l’art) investissent avec Camarades  le monde des idées et du contre-pouvoir. »

« En connivence constante avec le spectateur, cette réjouissante série en huit épisodes nous invite – par le truchement de Claudine, fausse ingénue – à vivre les grandes heures du flambant neuf « centre universitaire expérimental » de Vincennes. Avec pour boussole l’horizontalité de son titre, Camarades plonge dans l’effervescence de la période post Mai-68, grâce à une panoplie de personnages bien campés, dont la pensée politique en perpétuel mouvement bouillonne au sein du chaudron universitaire. »

« Propulsée par une foule d’idées formelles – dont l’incrustation audacieuse et très probante du petit groupe au sein de jouissives images d’archives – et une facétieuse tonalité comique, une série au diapason de l’élan révolutionnaire qui fit vibrer Vincennes, un court mais précieux instant.

« Cette « comédie d’archives  » aux mille idées formelles retrace  avec panache un moment d'effervescence politique unique. »

Prix de la meilleure actrice, Compétition française pour Manon Kneusé à Séries Mania 2026

« Dans le sillage de Mai 68, le pouvoir gaulliste ouvre à Vincennes une université expérimentale qui devient rapidement le foyer bouillonnant d'intellectuels, d'enseignants représentant la fine fleur de la "French Theory". et d'étudiants engagés à gauche. Opposés à l'élection d'un nouveau directeur, Gérard, professeur contestataire, Françoise, étudiante opiniâtre, et Amadéo, militant fantasque, fondent les Mauv, un groupe maoïste qu'infiltre bientôt Claudine, prostituée qui vit dans une caravane du bois de Vincennes, à la demande de son amant, un agent des Renseignements généraux. »

« Alors que le jeune mouvement s’active pour recruter, la direction tourne un film de propagande sur la fac. » 

« Les femmes s’organisent pour penser et agir en non-mixité. Grimés, Gérard et Amadéo tentent de les infiltrer. »

« Au sein de la cellule féminine des Mauv, Claudine et Françoise comptent s'armer pour passer à l'action. »

« Françoise suspecte la présence d’une taupe au sein du groupe. Jacques subit la pression de sa hiérarchie. »

« Suite au licenciement révoltant d'Ahmed, Jimmy, Gérard et Françoise s'insurgent en amphi et… en musique. »

« Les Mauv séquestrent M. Merloux pendant que Jacques met les bouchées doubles pour faire arrêter la bande. »

« Jacques tente de reconquérir Claudine et fait chanter Merloux avec un enregistrement compromettant. »




« Créé à l’automne 1968 au cœur du bois, le Centre universitaire expérimental de Vincennes fut une réponse offerte par le gouvernement gaulliste à la jeunesse qui réclamait une réforme profonde de l’enseignement supérieur. L’établissement, pensé comme un laboratoire d’innovations pédagogiques et de disciplines émergentes, telles l’urbanisme ou le cinéma, formera côte à côte non-bacheliers, étudiants étrangers ou encore jeunes mères de famille. Vincennes deviendra bientôt un haut lieu de l’effervescence intellectuelle et militante, accueillant pendant une décennie de grandes figures de la pensée contemporaine, parmi lesquelles Michel Foucault, Gilles Deleuze ou Hélène Cixous. En août 1980, le centre universitaire est démoli en quelques jours seulement, après le transfert de l’université à Saint-Denis, contre la volonté de ses responsables et de ses usagers. »


Benjamin Charbit et Dominique Baumard, cocréateurs de Camarades, reviennent sur la genèse d’une « série libre sur une fac libertaire ». Propos recueillis par Laura Pertuy.

« Comment est née l’idée de porter à l’écran cette période unique de la vie socio-politique française ?
Benjamin Charbit : J’avais envie de faire une série sur l’université de manière générale et en écoutant l’un des cours de Deleuze, philosophe qui m’intéresse beaucoup, j’ai appris l’existence de Vincennes. Avec Dominique, à qui j’ai pensé tout de suite, on s’est dit qu’on tenait là une très belle façon d’aborder le sujet d’origine en se penchant sur… l’anti-université. Plus on s’intéressait aux années 1970, plus on avait l’impression de vivre, de nos jours, dans une sorte d’écho déformé des idées de cette époque, qui ont été regroupées sous le terme « French Theory ». Beaucoup d’entre elles sont nées à Vincennes. C’était Woodstock-sur-Seine, une utopie !
Dominique Baumard : Il y avait quelque chose de joyeux à se replonger dans cette époque révolutionnaire. Avec Camarades, on souhaite transmettre les idées qui s’y sont déployées, sans péage à l’entrée, sans austérité. Ce sont des idées qui nous animent, qui sont très vivantes, et qu’on a voulu rendre accessibles à tous, sans pour autant faire une série de propagande, sans dire aux gens ce qu’ils doivent penser. Vincennes était l’endroit de la contradiction !

Emaillée d’images d’archives, la série regorge de trouvailles formelles, d’expérimentations stylistiques, de tentatives de donner vie à l’émulation d’alors. Comment avez-vous travaillé son esthétique ?
D. B : On ne voulait pas faire un pastiche des films des années 1970, alors on s’est demandé comment un réalisateur de cette époque aurait appréhendé les différents genres, les différentes manières de raconter. Côté images d’archives, on en a visionné des milliers et on s’est assez vite dit qu’on ne voulait pas faire incarner les penseurs d’alors, par respect pour leur manière de formuler, notamment. Car chez Deleuze, il y a la pensée, mais aussi l’énergie, la façon d’être… L’écouter, ce n’est pas exactement comme le lire.
B. C : La pensée ou l’intelligence peuvent être sexy, et on avait très envie de faire une série libre sur une fac libertaire, d’où cette approche formelle à l’allure de patchwork, qui puise dans différentes textures. Dès l’écriture, on a théorisé un bouillonnement esthétique, une générosité, d’où la présence d’archives que l’on confronte à nos images filmées, de photogrammes fixes, les citations de penseurs amenées de manière élégante et détournée, pour éviter le côté documentaire ou « retour à l’école ».

L’excellence du casting joue beaucoup dans cette vitalité qui s’immisce, par contagion, dans tous les aspects de Camarades…
D. B : On s’est assez naturellement dirigés vers des comédiens qui venaient plutôt du théâtre parce que la série porte un plaisir du texte, des mots, ce qui rejoint la raison pour laquelle il y a fréquemment des choses écrites à l’écran.
Le tournage a été très ludique, peu de prises se ressemblaient. Et puis Manon Kneusé, qui joue Claudine, est hyper forte, elle peut partir dans toutes les directions ; ça a été un vrai bonheur de la diriger. »

PORTRAITS DE PERSONNAGES PRINCIPAUX

« CLAUDINE
MANON KNEUSÉ
Prostituée du bois de Vincennes, Claudine mène une existence précaire ponctuée par les visites de Jacques, son amant, policier de secteur. Lorsqu’il lui propose d’infiltrer l’un des groupes militants de la nouvelle université expérimentale bâtie non loin, elle accepte, motivée par la rémunération et la perspective d’un nouveau départ. D’abord étrangère aux idéaux révolutionnaires dont elle est témoin, Claudine se laisse peu à peu séduire par l’effervescence intellectuelle et les promesses d’émancipation qui agitent Vincennes.
Entre loyauté à l’homme qu’elle aime, bourgeonnement d’une pensée féministe et maoïste, nouvelles amitiés et mensonges en cascades, la jeune infiltrée se trouve bientôt dépassée par sa mission.

GÉRARD
PIERRE-FRANÇOIS GAREL
Charismatique, exigeant et profondément convaincu de la nécessité d’une transformation radicale de la société, Gérard enseigne à Vincennes – ou du moins en avait-il l’habitude, jusqu’à ce que son positionnement politique ne le conduise à arrêter de donner cours. À l’approche de l’élection d’un nouveau président de l’université, il enjoint ses étudiants à réfléchir à leur désir d’obéissance à un chef. Au contact de Françoise, venue étudier à Vincennes après avoir lu son ouvrage Vers la révolution, Amadéo, militant fantasque, et Claudine, Gérard crée un groupe maoïste qui appelle les classes populaires à se soulever. Mais derrière son assurance et son aisance à prendre la parole, le fougueux professeur n’est pas dénué de contradictions.

FRANÇOISE
LULJA COMAR
Étudiante brillante et déterminée, Françoise s’est inscrite au Centre universitaire expérimental de Vincennes après avoir dévoré l’essai de Gérard, Vers la révolution. Issue d’un milieu bourgeois de province, elle s’investit pleinement aux côtés de Gérard et d’Amadéo, dans la construction de Mauv : un groupe maoïste auquel son intransigeance et sa force de conviction devra beaucoup.

JACQUES
VINCENT ELBAZ
Policier de secteur, Jacques fréquente Claudine, maîtresse à qui il promet de quitter sa femme pour s’installer en couple dans le Loiret. Lorsqu’un soir elle lui confie s’être rendue à la nouvelle université du bois de Vincennes, l’agent y voit le moyen rêvé de surveiller ce qui se fomente au sein de ce lieu mis en place par le gouvernement, façon pernicieuse de contenir la fronde de Mai-68. Pragmatique et fidèle aux institutions, Jacques considère les mouvements révolutionnaires comme une menace potentielle pour l’ordre public, mais son attachement à Claudine chamboulera ses convictions.

AMADÉO
MICHA LESCOT
Militant aussi fantasque qu’infatigable, Amadéo s’investit dans plusieurs groupes en parallèle – un coup chez les trotskistes, un coup chez les maoïstes –, peu regardant sur les nuances du débat politique tant qu’il peut s’inscrire dans le sens de l’action concrète et de la rigolade.
Doté d’un infaillible esprit pratique et d’un sens du détail souvent comique, il pousse sans cesse les Mauv de l’avant. Très généreux, à l’égard de ses camarades comme dans ce qu’il dévoile de lui-même (parfois aux oreilles défendantes de son entourage), Amadéo, dont on ne sait jamais vraiment s’il est étudiant, fait figure d’indétrônable optimiste du groupe.

MERLOUX
GRÉGORY GADEBOIS
Élu président de l’université selon des modalités contestées, Merloux incarne un pouvoir sans cesse attaqué par les étudiants et les professeurs. Pour autant, et sans que ceux-ci ne s’en rendent forcément compte, il adhère bien souvent aux projets et demandes de ses détracteurs, y compris lorsque ces derniers se moquent ouvertement de lui. Rongé par le syndrome de l’imposteur depuis qu’il a découvert que les élections avaient été truquées en sa faveur, Merloux se trouve en perpétuelle remise en question, un sentiment qui culmine au contact de l’inspectrice du ministère de l’Éducation nationale. L’inscription inopinée à Vincennes de Claudine, en qui il voit un modèle du projet progressiste et anti-classiste de l’université, lui redonne de l’allant. »


« Camarades » de Benjamin Charbit et Dominique Baumard
France, 2026, 8 x 35’
Produite par Muriel Meynard et Marc Bordure 
Coproduction : ARTE France, Agat Films, Sunday Afternoon
Série créée par Benjamin Charbit, en collaboration avec Dominique Baumard 
Producteurs : Muriel Meynard, Marc Bordure, Benjamin Charbit
Scénario : Benjamin Charbit, Dominique Baumard, Homeïda Behi 
Directrice de la photographie : Céline Bozon, AFC
Directeur de production : François Drouot
Image : Céline Bozon
Montage : Frédéric Baillehaiche, Camille Adelin, Cécile Lapergue
Musique originale : Julie Roué
Son : Mathieu Descamps, Damien Boitel, Aymeric Dupas, Arnaud Rolland
Chef décorateur : Mathé, ADC
Créatrice de costumes : Anne-Sophie Gledhill
Avec  Manon Kneusé (Claudine), Pierre-François Garel (Gérard), Lulja Comar (Françoise), Grégory Gadebois (Merloux), Micha Lescot (Amadéo), Emilie Incerti Formentini (Nino), Vincent Elbaz (Jacques), Reda Bendahou (Jimmy), Constance Dollé (Bénédicte)
Sur Arte :
1ère partie (33 min) : le jeudi 24 septembre 2026 à 20 h 55
2e partie (31 min) : le jeudi 24 septembre 2026 à 21 h 30
3e partie (30 min) : le jeudi 24 septembre 2026 à 22 h 00
4e partie (35 min) : le jeudi 24 septembre 2026 à 22 h 35
5e partie (30 min) : le jeudi 1er octobre 2026 à 20 h 55
6e partie (30 min) : le jeudi 1er octobre 2026 à 21 h25
7e partie (30 min) : le jeudi 1er octobre 2026 à 22 h 00
8e partie (44 min) : le jeudi 1er octobre 2026 à 22 h 30
Sur arte.tv du 16/09/2026 au 14/03/2027


« Vincennes, l’université perdue » de Virginie Linhart
France, 2016, 1 h 35
Écrit par Tiffany Tavernier, Virginie Linhart
Production : Agat Films, Muriel Meynard
Coproduction : ARTE France
Partenaires : CNC Région Ile-de-France, Procirep / Angoa
Visuel : © Virgine Linhart / Agat Films & Cie

lundi 12 janvier 2026

Le Groenland

Peuplé essentiellement par des Inuits, le Groenland est un 
territoire autonome du Royaume du Danemark. Le Président Donald Trump a annoncé son intention d'acquérir ce territoire septentrional convoité, notamment par la Chine et la Russie, pour sa position géostratégique et ses minerais. Arte diffusera le 13 janvier 2026 à 22 h 30 « Groenland, l’Eldorado des glaces » de Jean Yves Cauchard et Vivien Meltz.


"L’Arctique englobe l’océan Arctique et les régions les plus septentrionales du Canada, du Groenland (Danemark), de l’Islande, de la Norvège, de la Suède, de la Finlande, de la Russie et des États-Unis. Ces huit États forment le Conseil de l’Arctique , un forum intergouvernemental créé en 1996, où la Chine a le statut d’observateur."

Le Groenland est localisé entre les océans Arctique et Atlantique, à l'est de l'archipel arctique canadien. Il fait partie du continent nord-américain, dont il est géographiquement proche. Cette île a une frontière de 1,2 kilomètre avec le Canada sur l'île Hans. L'île Kaffeklubben, au large de la côte nord du Groenland, est le point terrestre le plus septentrional du monde. 

Le Groenland "fut habité de façon intermittente par des Inuits originaires d'Asie et d'Amérique du Nord dès 2500 av. J.-C. environ. Vers 985 apr. J.-C., des Vikings, menés par Erik le Rouge, s'installèrent dans le sud du Groenland, y pratiquant l'agriculture et y construisant des églises. À peu près à la même époque, arrivèrent les ancêtres des Inuits actuels, qui vivaient de la chasse et de la cueillette. Ils devinrent la culture dominante, repoussant les colons vikings vers 1400."

"Le Danemark a colonisé le Groenland au XVIIIe siècle avec l'arrivée du missionnaire Hans Egede en 1721, marquant le début de l'ère coloniale. Une statue d'Egede se dresse toujours au sommet d'une colline du port colonial de Nuuk, la capitale, et est considérée par de nombreux Groenlandais comme un symbole des traditions inuites disparues".

"En 1916, les États-Unis achetèrent les Antilles danoises (aujourd'hui les îles Vierges américaines) pour 25 millions de dollars en or. Aux termes de ce traité, Washington déclara qu'il ne s'opposerait pas à ce que le gouvernement danois étende ses « intérêts politiques et économiques à l'ensemble du Groenland », reconnaissant ainsi formellement la souveraineté danoise."



"Le Groenland est passé du statut de colonie à celui de territoire officiel en 1953, conformément à la Constitution danoise, sans que les Groenlandais n'aient été consultés. Toute vente nécessiterait une modification constitutionnelle. Depuis 2009, le Groenland peut déclarer son indépendance par le biais d'un processus d'autonomie qui requiert un référendum et l'approbation du Parlement danois. L'autonomie est étendue, mais exclut les affaires étrangères et la défense, sauf accord contraire. Le Groenland compte environ 57 000 habitants, des infrastructures limitées et aucune route ne relie ses quelque 17 villes."

"Les relations entre le Groenland et le Danemark se sont tendues suite à des révélations sur des irrégularités historiques. Dans les années 1950, les autorités danoises ont déplacé de force des Inuits vers des villes plus importantes, marginalisant ainsi les pratiques et les langues de ce peuple autochtone qui représente près de 90 % de la population. Le Danemark a présenté ses excuses en 2022 pour une expérience menée dans les années 1950, consistant à envoyer des enfants groenlandais au Danemark. Des documents révèlent que des milliers de femmes et de jeunes filles, parfois âgées de seulement 13 ans, ont été équipées de dispositifs intra-utérins sans leur consentement entre 1966 et 1991, date à laquelle le Groenland a pris le contrôle de son système de santé. Le Danemark a présenté ses excuses en 2025 pour cette campagne de contrôle des naissances menée pendant des décennies."

Un "documentaire de 2025 affirmait que le Danemark et des entreprises avaient profité d'une mine de cryolite entre 1853 et 1987 sans que les populations locales n'en bénéficient. La cryolite, utilisée dans la production d'aluminium, était extraite au Groenland, dans le plus grand gisement du monde."

Le Groenland avait adhéré à la Communauté européenne (CEE) en 1973 via le Danemark, "mais s'en est retiré en 1985 après avoir obtenu son autonomie". Il est actuellement un territoire autonome du Royaume du Danemark, un territoire d'outre-mer de l'Union européenne (UE) au régime de pêche spécifique, et "membre du Conseil de l'Europe. Sa capitale est Nuuk. Le Groenland dépend de l’aide du Danemark qui représente environ la moitié des recettes publiques totales du territoire". 

En 2025, les 56 542 habitants du Groenland, dont la plupart sont des Inuits, ont la citoyenneté danoise.

"En 1946, le président Harry S. Truman envisagea d' acquérir le Groenland." 

"En 1951, le président Truman négocia un traité avec le Danemark garantissant aux États-Unis le droit de construire et d'entretenir des bases militaires sur l'île et de faire circuler librement leurs forces sur son territoire. L'armée américaine maintient une présence permanente sur la base aérienne de Pituffik, dans le nord-ouest du Groenland, en vertu de cet accord de 1951 autorisant la construction de bases après notification aux autorités danoises et groenlandaises. Sous la présidence de George W. Bush, les États-Unis acceptèrent d'amender et de compléter ce traité en 2004, limitant ainsi leur présence à la base aérienne de Thulé. Le président Trump souhaite renégocier l'accord. Pourquoi ? Parce que la Russie et la Chine représentent une menace réelle et actuelle pour le Groenland, et par conséquent pour le continent nord-américain." "Historiquement, le Danemark a toléré la présence américaine car Copenhague n'a pas les moyens de défendre le Groenland et bénéficie des garanties de sécurité américaines via l'OTAN. "

John Richardson, chercheur basé aux États-Unis, a écrit dans "Communist China's Quest for Dominance in Antarctica" (La quête de domination de la Chine communiste en Antarctique) pour le Gatestone Institute (28 avril 2021) :
"Les ambitions de la Chine dans l'Arctique sont multiples : en 2018, elle a publié son premier document de politique arctique, intitulé « Politique arctique de la Chine », se déclarant sans ambages « État quasi-arctique » et aspirant à la création d'une « Route de la soie polaire ». Or, la Chine se situe à quelque 3 000 kilomètres du cercle polaire arctique [1] . Cette « Route de la soie polaire » créerait de nouvelles voies maritimes reliant l'Asie et l'Europe via l'Arctique, dans le cadre de l'initiative « la Ceinture et la Route », un gigantesque projet de développement, d'infrastructures et d'investissement visant à accroître considérablement l'influence mondiale de la Chine en rendant les pays du monde entier de plus en plus dépendants d'elle.
La Route de la Soie polaire semble également fortement motivée par la volonté de la Chine d'accroître son accès au pétrole, au gaz et aux autres ressources naturelles de la région arctique. Le Groenland, par exemple, joue un rôle clé dans les projets chinois relatifs à la Route de la Soie polaire, car ce territoire autonome, qui fait partie du Danemark, posséderait les plus importants gisements non exploités de terres rares au monde, en plus d' uranium et d'importantes réserves de pétrole et de gaz supposées se trouver au large de ses côtes. Les terres rares sont des composants essentiels à la fabrication de divers équipements tels que les avions de combat, les systèmes d'armement, les éoliennes et les véhicules électriques, entre autres. Elles sont disponibles dans différentes régions du monde, mais leur traitement est complexe. L'année dernière, la Chine a produit 90 % des terres rares mondiales."
"La Chine, qui ne possède aucun territoire au-delà du 54e parallèle, se revendique désormais comme une « puissance quasi-arctique ». En juillet 2024, les garde-côtes américains ont croisé des navires de la marine chinoise en mer de Béring. La Chine déploie des brise-glaces dans l'Arctique depuis cinq ans et, plus récemment, a commencé à utiliser la route maritime du Nord pour recevoir des cargaisons de pétrole brut, évitant ainsi  à ses pétroliers de passer  par la mer Rouge et le canal de Suez. Ni le Danemark ni l'Union européenne ne peuvent se défendre contre une agression russe ou chinoise au Groenland ou dans l'Arctique. Seuls les États-Unis le peuvent, mais cette protection a un prix", a analysé Kenneth R. Timmerman dans Yes, Greenland is Strategic (FrontPage magazine, 15 janvier 2025). 

"Les études géologiques consolidées en 2025 estiment que le sous-sol du Groenland renferme environ 1,5 million de tonnes de terres rares, dont le néodyme et le praséodyme. Ces métaux sont indispensables aux aimants permanents utilisés dans les systèmes d’armement de nouvelle génération, les drones, la robotique et certaines applications spatiales. Dans ce contexte, l’accès sécurisé à ces matériaux n’est plus une option industrielle : c’est une condition de souveraineté. Au-delà du sous-sol, le Groenland occupe une position centrale dans le contrôle de l’Atlantique Nord. La fonte accélérée des glaces arctiques rend de plus en plus praticable la Route maritime du Nord, qui raccourcit considérablement les distances entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord. Pour Washington, laisser cette artère sous une autorité européenne jugée insuffisamment armée serait une erreur majeure. La base de Pituffik, déjà essentielle au dispositif de défense antimissile, constitue une tête de pont que le Pentagone souhaite transformer en véritable centre de commandement arctique."

« Pour des raisons de sécurité nationale et de liberté dans le monde entier, les États-Unis d’Amérique estiment que la possession et le contrôle du Groenland sont une nécessité absolue », a écrit le Président américain Donald Trump le 22 décembre 2025 sur X, ex-Twitter. 

Le 6 janvier 2026, l
a Maison Blanche a déclaré que "le Président Donald Trump discutait des options pour acquérir le Groenland, y compris l'utilisation potentielle de l'armée américaine, dans le cadre d'une relance de son ambition de contrôler l'île stratégique malgré les objections européennes. Donald « Trump considère l’acquisition du Groenland comme une priorité de sécurité nationale américaine nécessaire pour dissuader nos adversaires dans la région arctique », a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué. 

"La route la plus courte entre l'Europe et l'Amérique du Nord passe par le Groenland, ce qui en fait un élément important du système d'alerte avancée antimissile balistique américain. Nuuk est plus proche de New York que de Copenhague. Le Groenland se trouve à un carrefour géopolitique, dans un contexte de militarisation de l'Arctique par l'OTAN, la Russie et la Chine. Les États-Unis souhaitent étendre leur présence militaire, notamment en déployant des radars pour surveiller les eaux fréquentées par les navires et sous-marins russes. L'île recèle également d'importantes ressources minières, pétrolières et gazières, dont l'exploitation reste toutefois lente."

"Selon les responsables de l'administration, l'île est cruciale pour les États-Unis en raison de ses gisements de minéraux essentiels aux hautes technologies et aux applications militaires. Ces ressources restent inexploitées du fait de la pénurie de main-d'œuvre, du manque d'infrastructures et d'autres difficultés."

"Ces options comprennent l'achat pur et simple du Groenland par les États-Unis ou la conclusion d'un accord de libre association avec le territoire. Un tel accord ne permettrait pas d'atteindre l'objectif de Trump d'intégrer cette île de 57 000 habitants aux États-Unis. Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré aux parlementaires que les récentes menaces de l'administration contre le Groenland ne présageaient pas d'une invasion imminente et que l'objectif était d'acheter l'île au Danemark, lors d'une réunion d'information confidentielle tenue le 5 janvier au soir à l'intention des dirigeants du Congrès, selon deux sources proches du dossier. Le Wall Street Journal a été le premier à rapporter les propos de Rubio."

"Le Groenland a maintes fois affirmé ne pas vouloir faire partie des États-Unis. "Les sondages indiquent qu'une majorité de Groenlandais soutiennent l'indépendance en principe. Cependant, nombreux sont ceux qui mettent en garde contre toute précipitation, compte tenu de la dépendance économique vis-à-vis du Danemark et du risque de dépendance excessive aux États-Unis si l'indépendance est entreprise trop rapidement. La pêche représente plus de 90 % des exportations, tandis que les subventions danoises couvrent environ la moitié du budget public, finançant les hôpitaux et les écoles et soutenant les infrastructures de ce vaste territoire peu peuplé. L'indépendance pourrait permettre une association avec les États-Unis dans le cadre d'un pacte de libre association, similaire aux accords conclus avec la Micronésie, les Palaos et les Îles Marshall. L'accord COFA fournit généralement des services et une protection militaire américains en échange d'un accès à la défense, mais les bénéfices que le Groenland pourrait en retirer dépendent de l'ampleur du soutien et du rythme de diversification économique au-delà de la pêche."

"Lorsque Trump a proposé d'acheter l'île durant son premier mandat présidentiel, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a qualifié cette proposition d'« absurde ». Frederiksen et le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, ont réaffirmé en décembre 2025 que le Groenland ne pouvait être annexé et que la sécurité internationale ne justifiait pas une telle mesure."

"Les dirigeants des principales puissances européennes et du Canada ont apporté leur soutien à ce territoire arctique, déclarant qu'il appartient à son peuple. Une prise de contrôle du Groenland par l'armée américaine, au détriment du Danemark, allié de longue date, provoquerait une onde de choc au sein de l'OTAN et creuserait davantage le fossé entre Trump et les dirigeants européens." Membre de l'Union européenne, l'île de Chypre est en partie illégalement occupée, dans sa partie septentrionale, par la Turquie.

"Des membres du Congrès, y compris certains républicains proches de Trump, ont réagi aux propos de l'administration sur le Groenland, soulignant que le Danemark, membre de l'OTAN, était un allié fidèle des États-Unis. « Lorsque le Danemark et le Groenland indiquent clairement que le Groenland n'est pas à vendre, les États-Unis doivent honorer leurs obligations conventionnelles et respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Royaume du Danemark », ont déclaré dans un communiqué la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen du New Hampshire et le sénateur républicain Thom Tillis de Caroline du Nord, coprésidents du Groupe d'observateurs de l'OTAN au Sénat."

"La forte opposition n'a pas dissuadé Trump d'étudier la possibilité de faire du Groenland une plateforme américaine dans une région où l'intérêt de la Russie et de la Chine ne cesse de croître. Cet intérêt, initialement manifesté en 2019 lors de son premier mandat, s'est ravivé ces derniers jours suite à l'arrestation par les États-Unis du Président vénézuélien Nicolas Maduro. Encouragé par la capture de Maduro le week-end dernier, Trump a exprimé sa conviction que « la domination américaine dans l'hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question » et a exercé des pressions sur la Colombie et Cuba. Il a également recommencé à parler du Groenland après l'avoir mis de côté pendant des mois."

Le 15 janvier 2026, lors de son discours de vœux aux armées, prononcé depuis la base aérienne d’Istres, le Président de la République Emmanuel Macron "a confirmé l’envoi de soldats français au Groenland : « Une première équipe est déjà sur place. [Elle sera] renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes ». Ces quelques dizaines de soldats participeront à l’exercice Arctic Endurance organisé par Copenhague. « L’objectif est de former la capacité à opérer dans les conditions uniques de l’Arctique et de renforcer l’empreinte de l’Otan (dans la région), au bénéfice de la sécurité européenne et transatlantique », précise le gouvernement danois dans un communiqué laconique, qui ne dit rien de la tension grave et inédite qui menace l’île." Quinze soldats français iront au Groenland. Curieusement, le Président Emmanuel Macron, si prompt à fustiger la Russie dans le conflit Ukraine-Russie, omet les convoitises de la Russie et de la Chine, et concentre ses attaques sur les Etats-Unis.

"Dans un message publié samedi sur son réseau Truth Social, Trump a précisé que le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande seraient concernés. La taxe passerait à 25 % le 1er juin si aucun accord n’était conclu pour "l'acquisition complète et totale du Groenland" par les États-Unis".


« Groenland, l’Eldorado des glaces »
Arte diffusera le 13 janvier 2026 à 22 h 30 « Groenland, l’Eldorado des glaces » de Jean Yves Cauchard et Vivien Meltz.

« Entre enjeux économiques, urgences écologiques et tensions géostratégiques, une enquête passionnante sur les défis du Groenland, territoire au centre de toutes les convoitises. » 

« Partout dans le monde, la fonte des glaciers, véritables climatiseurs du globe, s'accélère sous l’effet du changement climatique. Si l’Arctique se réchauffe deux à quatre fois plus vite que le reste de la planète, le Groenland, touché de plein fouet, se retrouve au cœur d’un triste paradoxe : plus ses glaces fondent, plus s’aiguisent les appétits de ses voisins. » Certains scientifiques nie ce "réchauffement climatique" et avancent l'hypothèse d'une période de refroidissement. L'hiver, la banquise se reconstitue dans l'Arctique.

« Au carrefour entre l’Amérique du Nord, l’Europe et la Russie, la position stratégique de ce territoire autonome, qui dépend du Danemark, ne cesse de se renforcer, à mesure que l’océan Arctique s’ouvre à la navigation. »

« Surtout, les ressources naturelles de ses sous-sols – pétrole, gaz, or et minerais, dont ces terres rares indispensables à la transition énergétique et à l’industrie de l’armement – attisent toutes les convoitises, à commencer par celles de Donald Trump. »

« Prétextant une défaillance du Danemark face à la montée des tensions, le président des États-Unis, qui instrumentalise les aspirations à l’indépendance, réclame de prendre le contrôle du Groenland, supervisé par l’OTAN, où son fils Donald Trump Jr a fait une escale remarquée en janvier 2025. »

"Le Groenland n’est pas à vendre !", clamaient des pancartes après les fracassantes déclarations de Trump. »

« Entre fantasmes et réalités, que se joue-t-il derrière les menaces à peine voilées du président américain envers le Danemark, l’un de ses plus fidèles alliés ? De quelle marge de manœuvre dispose l’Europe dans cette âpre partie ? Le Groenland, qui veut prendre son destin en main, peut-il tirer son épingle du jeu dans ce grand bouleversement international, entre appétits américains, velléités russes et expansionnisme chinois ? »

« Donnant la parole aux Groenlandais, cette passionnante enquête géopolitique retrace le destin de ce territoire au douloureux passé colonial, pour décrypter les défis auxquels il est désormais confronté. »

« Alors que l’île manque d’infrastructures pour exploiter ses ressources et que 54 % de ses revenus proviennent de subventions extérieures (Danemark et Union européenne), comment peut-elle préparer son avenir, auquel celui de la planète est étroitement lié ? »

« Comme le pointe un géologue, "la véritable valeur du Groenland, c’est sa glace, car si elle se détache de la Terre, elle fera monter le niveau mondial de la mer de sept mètres […] et un demi-milliard de personnes devront être déplacées".


« Groenland, l’Eldorado des glaces » de Jean Yves Cauchard et Vivien Meltz 
France, 2025, 1h29 mn
Coproduction : ARTE GEIE, Temps noir
Raconté par Elsa Lepoivre, de la Comédie-Française
Sur Arte le 13 janvier 2026 à 22 h 30
Sur arte.tv du 23/12/2025 au 12/04/2026
Visuels : © Temps Noir, DR